Lombardi Filippo · Ständerat · 2000-12-07
Lombardi Filippo · Ständerat · Tessin · Christlichdemokratische Fraktion · 2000-12-07
Wortprotokoll
Nous n'allons pas refaire ici le débat sur la politique régionale, que nous avons déjà tenu lors de la session d'automne, lorsqu'il était question de fonds de cohésion nationale et autres projets similaires. Du reste, les interventions qui ont précédé la mienne ont déjà suffisamment clarifié le sujet. Cependant, puisque Mme Leumann nous a fait part de son hésitation entre ses principes de politique économique et ses principes de politique régionale, je me permettrai d'ajouter une seule pensée à ce sujet. Les lois de l'économie jouent évidemment - j'en suis un partisan convaincu - lorsque les "Rahmenbedingungen" sont correctes, et qu'elles sont équitables et comparables partout. Or, cela n'est pas le cas, et nous le savons bien, surtout dans un pays fédéraliste et composé comme la Suisse de différentes réalités. C'est pour cela que nous avons toujours voulu soutenir la cohésion nationale et que nous voulons une politique régionale.
Sur le principe, tout le monde semble être d'accord. Seulement voilà, dès que l'on passe à l'application, à l'examen d'un domaine concret d'intervention dans cette politique régionale, le consensus s'effrite et l'on s'empresse de souligner que ce n'est pas dans ce domaine-là qu'il faut faire de la politique régionale, mais ailleurs.
Petite anecdote: la députation tessinoise a eu le plaisir de rencontrer hier soir M. Gygi, directeur général de la Poste, qui nous a expliqué que la Poste ne peut plus faire de la politique régionale en Suisse. Un de nos collègues a dit: "Monsieur Gygi, vous étiez dans l'administration il y a quelques années, et vous nous aviez expliqué que les commandes militaires qui devaient se faire au Tessin ne pouvaient plus l'être au Tessin, parce que l'armée ne pouvait pas faire de la politique régionale, et qu'il convenait d'acheter les bonnets finlandais à Taïwan." Alors, nous nous retrouvons un peu partout avec la même logique. Ce n'est jamais là qu'il faut faire de la politique régionale, c'est toujours ailleurs. Le grand projet qui devait tout résoudre et qui est la nouvelle péréquation financière, on le sait bien, se trouve dans une situation d'impasse dont nous ne pouvons qu'espérer qu'elle va sortir rapidement, parce que la principale réponse que la Suisse voulait donner à ce sujet semble être paralysée, renvoyée à on ne sait trop quand.
La question qui se pose évidemment est de soutenir le projet présenté aujourd'hui, mais aussi de demander au monde politique suisse, au Conseil fédéral, au Parlement, de réfléchir sur l'ensemble de la politique régionale que ce pays veut mener. Ce ne sont pas une ou deux mesures prises séparément qui vont résoudre le problème; il nous manque un cadre général de réflexion et d'action qui puisse justifier cette politique régionale.
Cette politique régionale ne se fait pas seulement pour certaines régions; suivant les domaines de la vie économique et sociale du pays, toutes les régions peuvent un jour ou l'autre avoir besoin de politique régionale. Mais c'est bien un concept global qu'il nous faut avoir pour que, suivant les domaines, la Confédération soit en mesure véritablement de passer des paroles aux actes et de faire de la cohésion nationale une de ses priorités constantes.