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Meyer-Kaelin Thérèse · Nationalrat · Freiburg · Fraktion CVP/EVP/glp · 2009-06-10

Wortprotokoll

Les primes d'assurance-maladie vont augmenter de 10 à 12 pour cent l'an prochain: l'annonce est brutale et nous arrive en pleine figure. Tout le monde s'agite et propose ses recettes. J'ose vous dire ici que la difficulté d'avancer dans la révision - bonne et nécessaire - de l'assurance obligatoire des soins est due à l'entêtement des uns à vouloir une caisse unique avec des primes selon le revenu, et des autres à vouloir instaurer un libéralisme à tous crins qui initierait la suppression décriée de l'obligation de contracter ou, alors, un retrait insidieux de la solidarité sur le modèle: "si tu es en bonne santé et aisé, tant mieux pour toi, sinon malheur à toi!"

Le peuple s'est prononcé à plusieurs reprises contre ces deux modèles; la solution est donc ailleurs. Notre système de santé est performant, il donne accès à tous à des soins de qualité; il est aussi solidaire puisque avec des réductions de primes de l'ordre de 3,5 milliards de francs, 40 pour cent des ménages peuvent bénéficier de cette réduction. Mais il doit cependant subir une mutation car nous devons convenir qu'il est cher. Cette mutation doit atteindre le but suivant: une qualité au coût juste et non pas un nouveau transfert de charges sur les ménages qui, dans notre pays, paient déjà 66 pour cent des coûts totaux de la santé. Le Conseil fédéral a les compétences pour fixer les prix et les tarifs et pour influencer le prix des médicaments; nous souhaitons qu'il exerce ses compétences sans démanteler la médecine de premier recours. Monsieur Robbiani détaillera les mesures demandées dans le domaine des médicaments; ces mesures peuvent s'établir rapidement.

Je pense cependant que le Parlement doit maintenant tirer à la même corde pour appeler tous les acteurs de la santé à davantage de responsabilité dans l'assurance obligatoire de base. Nous devons exiger la transparence des comptes des assurances par régions de primes: actuellement, il n'est pas possible d'évaluer la hausse de primes proposée car ces données précises, qui doivent aussi comporter les provisions et les réserves, ne sont pas à disposition. La transparence crée la confiance et actuellement, elle manque malheureusement - je le dis - cruellement. Nous devons développer des réseaux de soins intégrés auxquels devront participer les médecins de premier recours, les spécialistes, les pharmaciens et les autres prestataires de soins, pour trouver ensemble le meilleur traitement au prix juste.

La prise en charge des patients par ces réseaux de soins pourrait être la règle de base dans l'assurance obligatoire des soins. Ceci est un changement de paradigme, c'est vrai, qui demande une discipline nouvelle des prestataires de soins et des patients. Une bonne couverture médicale à un coût maîtrisé passe par une médecine de premier recours de qualité. Il faut donc soutenir spécialement ces intervenants, pour autant qu'ils ne fassent pas de bénéfices sur les prestations annexes qu'ils prescrivent et effectuent eux-mêmes - bien sûr, la couverture des coûts doit être assurée -, pour autant qu'ils assurent un service d'urgence et collaborent dans des réseaux.

Nous devons retrouver un partenariat réel entre prestataires de soins, patients et assureurs. Actuellement on a l'impression qu'ils sont tous comme chien et chat, et cela conduit à des coûts supplémentaires puisqu'il n'y a pas ce respect mutuel pour trouver la qualité au meilleur prix.

Nous sommes persuadés qu'il faut décloisonner la couverture des soins et exiger une collaboration accrue des cantons entre eux pour mieux attribuer les missions. Pourquoi pas au sein de régions plus grandes dont, en première ligne, la médecine de pointe. La prise en charge des patients en général peut-elle aussi faire l'objet d'une distribution qui mise sur la qualité à un prix meilleur? Je puis le dire, puisque je viens d'une région qui a fait des efforts en instituant le premier hôpital intercantonal de Suisse, ce qui a permis le maintien des emplois et l'attribution de missions différentes pour les deux établissements situés sur deux cantons différents.

Le projet de carte de santé doit aussi avancer. Des résultats très positifs sont enregistrés au Danemark par exemple. La seule solution est d'abandonner les idéologies au profit de solutions pragmatiques, pour la qualité des soins au prix juste pour le bien de notre population.