Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2009-06-11
Wortprotokoll
Par la motion que je défends aujourd'hui devant vous, je demande au Conseil fédéral de mettre en place un plan de mobilité à destination de l'ensemble du personnel de la Confédération. En effet, un tiers de nos déplacements nous mènent, souvent quotidiennement, de notre lieu de domicile à notre lieu de travail. Dès lors, ces trajets, si on les additionne tous, ont un très fort impact en termes d'émissions de CO2.
Qu'est-ce qu'un plan de mobilité? Il s'agit d'un système de gestion des déplacements des collaborateurs, offert par la direction d'une entreprise ou d'une collectivité publique pour encourager le transfert modal ou, plus simplement, pour décourager les employés d'utiliser leur voiture pour aller travailler en encourageant généralement les trajets en train ou l'utilisation de la mobilité douce.
Les plans de mobilité comportent toute une série d'instruments potentiels, tout un éventail, dont je vais vous énumérer quelques exemples. On peut bien entendu subventionner les abonnements aux transports publics; on peut aussi encourager les collaborateurs à utiliser le covoiturage en leur offrant un système leur permettant de s'informer les uns les autres de leurs trajets en voiture. On peut attribuer les places de parc disponibles au lieu de travail de manière sélective, en favorisant les personnes qui sont obligées de prendre leur véhicule et en défavorisant celles qui pourraient utiliser les transports publics. On peut également faciliter la vie des personnes qui pourraient venir travailler à vélo, en offrant des places pour les vélos justement, mais aussi des douches et des casiers pour que les cyclistes puissent passer de leur habit de cycliste à un habit de travail convenable.
Les déplacements professionnels sont également pris en compte dans le cadre des plans de mobilité: on peut essayer de minimiser les trajets en voiture en encourageant le train, mais aussi minimiser l'impact du parc automobile lié à l'entreprise ou à la collectivité publique en utilisant des services comme Mobility ou en achetant des véhicules écologiques.
On peut également, de manière plus fondamentale, encourager le télétravail ou le recours à des conférences téléphoniques pour éviter les déplacements inutiles. De nombreuses entreprises aujourd'hui se sont engagées dans la mise en place de tels plans de mobilité, et ce ne sont pas de petites entreprises: je citerai comme exemple Rolex, Philip Morris, Migros, Novartis ou encore Pictet & Cie. Dans le secteur public également, des collectivités s'engagent; c'est le cas notamment du Département des infrastructures du canton de Vaud, mais aussi de l'Organisation des Nations Unies à Genève.
Il ne s'agit pas seulement de limiter les émissions de CO2 dans un but écologique: ce type de mesures permet aussi de faire des économies. A titre d'exemple, le Département des infrastructures du canton de Vaud, dont je vous parlais à l'instant, en mettant en place son plan de mobilité, a réussi à économiser plus de 100 000 francs chaque année.
La Confédération n'a actuellement pas de stratégie globale et systématique dans le domaine des plans de mobilité. Cependant - et le Conseil fédéral le relève dans sa réponse à ma motion -, certains départements font des efforts louables, notamment au niveau des voyages de service et aussi en offrant des abonnements à prix réduit à leurs collaborateurs. Malgré le fait que ces initiatives restent cantonnées à certains départements et ne sont pas - je dirai - généralisées, le Conseil fédéral refuse d'agir. Je ne demande pourtant pas une révolution, je demande tout simplement qu'une stratégie globale soit mise en place et que les bonnes pratiques qui se sont développées dans certains départements soient connues des autres départements, soient encouragées dans l'ensemble des départements. Je demande qu'on complète ce qui est déjà fait et qu'on systématise ces bonnes mesures.
En effet, la Confédération doit servir d'exemple, doit être exemplaire dans son comportement en termes de mobilité puisque nous demandons tous, aujourd'hui, à la population de faire des efforts pour limiter ses émissions de CO2 et notamment de changer de comportement dans le domaine de la mobilité. C'est donc là une question de cohérence et de crédibilité. La Confédération doit, avant de demander des efforts aux citoyens, commencer par elle-même et servir d'exemple.