Geltung: Wie spätere Gerichte diesen Entscheid behandelt haben, wurde nicht ausgewertet. Keiner der 2 zitierenden Entscheide wurde ausgewertet.

ATA/611/2006

ATA/611/2006

Rubrum

POUVOIR JUDICIAIRE

A/3883/2006-DES ATA/611/2006 DÉCISION DU PRÉSIDENT DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF

du 21 novembre 2006

sur mesures provisionnelles et de jonction

dans la cause

SOCIÉTÉ P S.A.

et

MINISTÈRE PUBLIC DU CANTON DE NEUCHÂTEL

et

JUGES D’INSTRUCTION DU CANTON DE NEUCHÂTEL contre

COMMISSION DU SECRET PROFESSIONNEL et Monsieur F

Vu la décision prise le 16 octobre 2006 par la commission du secret professionnel (ci-après : la commission ou l'autorité administrative) relevant du département de l'économie et de la santé (ci-après : le DES) de refuser de délier le docteur F , interniste FMH, de son secret professionnel, à l'encontre du juge d'instruction compétent du canton de Neuchâtel (ci-après : le juge d'instruction) ;

vu le recours interjeté le 24 octobre 2006 par le Ministère public du canton de Neuchâtel (ci-après : le Ministère public) ;

vu les recours déposés le 25 octobre 2006 par le juge d’instruction et la société P S.A. de siège à Genève (ci-après : la société) ;

vu les conclusions prises par les trois recourants sur mesures provisionnelles tendant à ce que le DrF soit invité à déposer immédiatement en main de

l’autorité de recours le support contenant la liste des patients reçus le 26 août 2005 ainsi que leurs coordonnées ;

vu les conclusions prises le 1” novembre 2006 par la commission, tendant principalement au rejet des requêtes précitées et, subsidiairement, au dépôt par le DrF d’une photocopie sous scellé de la page pertinente de son agenda ;

vu les conclusions prises le 7 novembre 2006 par le Dr F , se ralliant à la position prise par la commission ;

vu les faits des trois causes, soit un brigandage commis au détriment de la société sur le territoire du canton de Neuchâtel en date du 17 août 2006 ;

vu la découverte dans un véhicule automobile ayant pu servir au brigandage d’une carte de rendez-vous à l’en-tête du cabinet du Dr F ;

Considérants

qu’en application de l’article 70 alinéa 1° de la loi sur la procédure administrative du 12 septembre 1985 (LPA - E 5 10), l’autorité peut joindre en une procédure des affaires se rapportant à une situation identique ou à une cause juridique commune ;

qu’en l’espèce tant la situation que la cause juridique sont communes ;

qu’il convient dès lors de joindre les trois recours n°s A/3883/2006, A/3898/2006 et A/3899/2006 sous le n° A/3883/2006 ;

qu’à teneur de l’article 12 de la loi genevoise sur la santé du 7 avril 2006 (n° 9328 - K 1 03), une commission composée de trois membre statue sur les demandes de levée du secret professionnel ;

que l’alinéa 5 de la même disposition légale prévoit une voie de droit dans les 10 jours auprès du Tribunal administratif ;

que cette mention fait double emploi avec les dispositions de droit commun contenues dans l’article 63 alinéa 1° lettre b LPA ;

que la compétence du tribunal de céans, autorité supérieure ordinaire de recours en matière administrative au sens de l’article 56 A alinéa 1° de la loi sur l'organisation judiciaire du 22 novembre 1941 (LOJ - E 2 05), paraît prima facie acquise ;

qu'aucune des exceptions prévues à l’article 56B LOJ ne paraît réalisée ;

qu’à teneur de l’article 21 alinéa 1° LPA, l’autorité peut d’office sur requête ordonner les mesures provisionnelles en exigeant au besoin des sûretés ;

que ces mesures sont ordonnées par le président s’il s’agit d’une autorité collégiale ou d’une juridiction administrative (art. 21 al. 2 LPA) ;

que cette disposition est insérée dans la partie générale de la loi cantonale de procédure administrative, dans le corps du chapitre III, consacré à l’établissement des faits ;

que les requêtes déposées tendent à la conservation d’un moyen de preuve dans le cadre d’une enquête pénale ;

qu’elles n’en visent pas la communication à des tiers avant dire droit ; qu’elle ne se confondent dès lors pas avec l’objet du litige ;

qu’elles ne sauraient dès lors être prohibées pour ce motif (cf. a contrario ATA/523/206 du 28 septembre 2006 et les décisions citées) ;

qu’à teneur de l’article 45 alinéa 1°” LPA, l’autorité peut interdire la consultation du dossier si l’intérêt public ou des intérêts privés prépondérants l’exigent ;

qu’en l’état, nul intérêt public ne semble s’opposer au dépôt en main du tribunal des documents écrits ou des supports recueillant la liste des patients reçus le 26 août 2005 par le Dr F ;

que l’intérêt privé de ces personnes pourrait en revanche constituer un motif de rejet de la demande ;

qu’en application de l’article 45 alinéa 1° LPA, la consultation du dossier peut toutefois être interdite aux parties ;

qu’il suffit dès lors d’ordonner une telle mesure pour préserver l’intérêt privé des patients du médecin concerné ;

que l’intérêt public à la conservation sous main de justice de la liste des patients reçus le 26 août 2005 par le Dr F et de leurs adresses l’emporte sur l’intérêt privé desdits patients ;

que cette pesée des intérêts ne préjuge en rien la question de la transmission éventuelle desdites données à une autorité pénale ;

que le litige au fond relève de la compétence du Tribunal administratif statuant in corpore ;

qu’il convient dès lors d’inviter le Dr F à déposer au greffe du Tribunal administratif une copie lisible de son agenda à la date précitée, voire l’impression de la page d’un éventuel agenda électronique ainsi qu’une liste contenant les noms, prénoms, adresses et numéros de téléphone des patients reçus ce jour-là ;

que l’ensemble de ces documents sera soustrait aux parties jusqu’à droit jugé définitif, l’accès au dossier étant interdit aux parties, à l’exception des mémoires à produire au fond ;

qu’il y a lieu en outre d’assortir la présente décision de la menace prévue par l’article 292 Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0) punissant des arrêts ou de l’amende celui ne se conformant pas à une décision à lui signifiée ;

vu l'article 5 du règlement du Tribunal administratif du 30 septembre 2003 ;

LE PRÉSIDENT DU TRIBUNAL ADMINISTRATIF

prononce la jonction des causes nos A/3883/2006, A/3898/2006, A/3899/2006 sous le no de cause A/3883/2006 ;

interdit aux parties la consultation du dossier au sens des considérants ;

invite le Dr F à déposer dans les 10 jours suivant la réception de la présente décision, une copie de son agenda professionnel à la date du 26 août 2005 ainsi qu’une liste desdits patients comportant leurs noms, prénoms, adresses et numéros de téléphone ;

l’y condamne en tant que de besoin ; réserve le sort des frais de la procédure jusqu’à droit jugé au fond ;

communique la présente décision, en copie, à la société P S.A., au juge d'instruction du canton de Neuchâtel, au ministère public du canton de Neuchâtel, ainsi qu'à la commission du secret professionnel et au Dr F

Le président du Tribunal administratif :

F. Paychère

Copie conforme de cette décision a été communiquée aux parties.

Genève, le la greffière :

Seither geänderte Bestimmungen

Dieser Entscheid legt Bestimmungen aus, deren Erlass seither erneut konsolidiert wurde. Ob der Artikel selbst geändert hat, ist nicht erfasst.

  • Schweizerisches Strafgesetzbuch, Art. 5 und Art. 292 — gelesen in der Fassung vom 1. Juli 2006; der Erlass wurde am 1. Dezember 2006, 1. Januar 2007, 1. Januar 2008, 1. Juni 2008, 1. August 2008, 1. Oktober 2008, 5. Dezember 2008, 1. Januar 2009, 1. Februar 2009, 1. April 2009, 1. Januar 2010, 1. Dezember 2010, 1. Januar 2011, 1. Juli 2011, 1. Oktober 2011, 1. Januar 2012, 1. Juli 2012, 16. Juli 2012, 1. Oktober 2012, 1. Januar 2013, 19. März 2013, 1. April 2013, 1. Mai 2013, 1. Juli 2013, 1. Januar 2014, 1. Juli 2014, 1. Januar 2015, 1. Januar 2016, 1. Juli 2016, 1. Oktober 2016, 1. Januar 2017, 11. Juli 2017, 1. September 2017, 12. Dezember 2017, 1. Januar 2018, 1. März 2018, 1. März 2019, 1. Juli 2019, 1. November 2019, 1. Februar 2020, 3. März 2020, 1. Juli 2020, 1. Juli 2021, 1. Januar 2022, 1. Juni 2022, 22. November 2022, 1. Januar 2023, 23. Januar 2023, 1. Juli 2023, 1. August 2023, 1. September 2023, 6. Dezember 2023, 1. Januar 2024, 1. Juli 2024, 1. Januar 2025, 1. August 2025, 1. Januar 2026 und 12. Juni 2026 erneut konsolidiert.
  • Loi sur l’organisation judiciaire, Art. 21 und Art. 56B — der Erlass wurde am 16. August 2025 und 1. Juni 2026 erneut konsolidiert.
  • Loi sur la procédure administrative, Art. 21 — der Erlass wurde am 1. Juni 2025 erneut konsolidiert.

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