Geltung: Wie spätere Gerichte diesen Entscheid behandelt haben, wurde nicht ausgewertet. Keiner der 4 zitierenden Entscheide wurde ausgewertet.

PE.2014.0201

CDAP - PE.2014.0201 - 2014-09-12 - X.____________ c/Service de la population (SPOP)

Rubrum

N° affaire: PE.2014.0201

Autorité / Date décision: CDAP, 12.09.2014

Juge: FK

Greffier: LSR

Parties: X.____________ c/Service de la population (SPOP)

Descripteurs: AUTORISATION D'ÉTABLISSEMENT · AUTORISATION DE SÉJOUR · ASSISTANCE PUBLIQUE

Références légales: LEI-34-2, LEI-62-e, OASA-60

TRIBUNAL CANTONAL

COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

Arrêt du 12 septembre 2014

Composition

M. François Kart, président; MM. Roland Rapin et Raymond Durussel, assesseurs; Mme Liliane Subilia-Rouge, greffière.

Recourante

X._________________, à Lausanne, représentée par le CENTRE SOCIAL PROTESTANT - VAUD, à Lausanne

Autorité intimée

Service de la population (SPOP)

Objet

Refus de délivrer

Recours X._________________ c/ décision du Service de la population (SPOP) du 24 février 2014 refusant de transformer son autorisation de séjour en autorisation d'établissement

Résumé

Recourante qui a bénéficié avec sa famille depuis 2005 de prestations de l'assistance publique pour un montant qui s'élevait au 25 février 2013 à fr. 340'583.25. Rien n'indique que la situation financière de la recourante devrait connaître une amélioration. En outre, depuis quelques années en tout cas, le caractère non fautif de son indigence est discutable. C'est à juste titre que l'autorité intimée a refusé de transformer son autorisation de séjour en autorisation d'établissement. La recourante conserve dès lors la faculté de présenter une nouvelle demande lorsque les motifs ayant conduit au refus de transformer son autorisation de séjour en autorisation d'établissement auront disparu.

Faits

A.

X._________________, née le 6 juin 1960, de nationalité afghane, est arrivée en Suisse en 1996. Elle a obtenu le statut de réfugiée et est au bénéfice d’une autorisation de séjour. Elle a cinq enfants, nés en 1987, 1991, 1996, 1998 et 2000, les quatre derniers étant titulaires du passeport suisse. Elle est mariée à Y._________________, né le 12 décembre 1955, qui n’exerce plus d’activité lucrative depuis le début de l’année 2012.

B.

X._________________ et sa famille ont bénéficié périodiquement de l’aide sociale depuis décembre 2005 et sans interruption depuis janvier 2012, pour un montant d’au moins fr. 340'583.25.

C.

Le 16 février 2011, X._________________ a été condamnée à 20 jours-amende, avec un sursis de deux ans, pour injure et opposition aux actes de l’autorité à l’occasion d’un contrôle de police. L’arrêt du Tribunal d’arrondissement de Lausanne précise ce qui suit:

D.

X._________________ déclare avoir cherché du travail depuis août 2013.

E.

Le 7 janvier 2014, X._________________ a demandé la transformation de son autorisation de séjour en autorisation d’établissement.

F.

Par décision du 24 février 2014, le Service de la population (SPOP) a refusé de transformer l’autorisation de séjour de X._________________ en autorisation d'établissement. Il a relevé que sa situation financière n’était pas favorable et qu’elle avait été condamnée pour injures et insoumission aux actes de l’autorité. Le SPOP a précisé que l’intéressée gardait la faculté de présenter une nouvelle demande dès qu’elle estimerait que les motifs qui ont conduit à la décision négative ne lui seraient plus opposables. Quant à son permis B, il allait être renouvelé.

G.

X._________________ (ci-après: la recourante) a recouru contre cette décision le 9 mai 2014 devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP), en concluant sous suite de frais et dépens à l’admission du recours, préalablement, à la dispense d’une avance de frais, principalement, à la réforme de la décision entreprise en ce sens que qu’une autorisation d’établissement lui est délivrée, subsidiairement, à l’annulation de la décision entreprise et au renvoi à l’autorité précédente pour nouvel examen et nouvelle décision dans le sens des considérants. Elle estime être suffisamment intégrée selon les critères de l’Office des migrations (ODM). De son point de vue, le refus d’autorisation d’établissement est disproportionné.

H.

Le SPOP (ci-après aussi: l’autorité intimée) a répondu le 19 mai 2014 et a conclu au rejet du recours.

I. Le 26 mai 2014, la recourante a déclaré ne pas avoir d’observations complémentaires.

Considérants

1.

Déposé dans le délai et les formes requises auprès du tribunal compétent, le recours est manifestement recevable (art. 75, 79, 92, 95, 96 et 99 de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; RSV 173.36]). Il y a donc lieu d'entrer en matière sur le fond.

2.

L'autorité intimée a refusé de délivrer une autorisation d'établissement à la recourante, titulaire d'une autorisation de séjour, au motif que sa situation financière n’était pas favorable et que son comportement en Suisse n’était pas exempt de tout reproche (condamnation pénale).

a) Selon l'art. 34 al. 2 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers (LEtr; RS 142.20), l'autorité compétente peut octroyer une autorisation d'établissement à un étranger aux conditions qu'il ait séjourné en Suisse au moins dix ans au titre d'une autorisation de courte durée ou de séjour, dont les cinq dernières années de manière ininterrompue au titre d'une autorisation de séjour (let. a) et qu'il n'existe aucun motif de révocation au sens de l'art. 62 LEtr (let. b). L'autorisation d'établissement peut être octroyée au terme d'un séjour plus court si des raisons majeures le justifient (al. 3). Elle peut être octroyée au terme d'un séjour ininterrompu de cinq ans au titre d'une autorisation de séjour lorsque l'étranger s'est bien intégré en Suisse, en particulier lorsqu'il a de bonnes connaissances d'une langue nationale (al. 4).

En vertu de l'art. 62 let. e LEtr, l'autorité compétente peut révoquer une autorisation, à l'exception de l'autorisation d'établissement, ou une autre décision fondée sur la présente loi, si lui-même ou une personne dont il a la charge dépend de l'aide sociale. Le motif de révocation de l’art. 62 let. e LEtr est réalisé notamment lorsqu’un étranger "émarge de manière durable" à l’aide sociale, "sans qu’aucun élément n’indique que cette situation devrait se modifier prochainement" (ATF 2C_547/2009 du 2 novembre 2009 consid. 3; voir aussi ATF 2C_44/2010 du 26 août 2010 consid. 2.3.3). Le Tribunal fédéral a encore précisé dans l'ATF 2C_74/2010 du 10 juin 2010 que la question de savoir si et dans quelle mesure les intéressés se trouvent fautivement à l'aide sociale ne procède pas des conditions de révocation, mais de l'examen de la proportionnalité au sens de l'art. 96 LEtr précité (consid. 3.4) (voir également arrêts PE.2013.0094 du 4 juin 2013; PE.2012.0243 du 19 octobre 2012).

L'art. 60 de l'ordonnance du 24 octobre 2007 relative à l'admission, au séjour et à l'exercice d'une activité lucrative (OASA; RS 142.201) prévoit qu'avant d'octroyer une autorisation d'établissement, il convient d'examiner quel a été le comportement du requérant jusqu'ici et de vérifier si son degré d'intégration est suffisant.

L'art. 34 al. 2 LEtr a un caractère potestatif et ne confère à l'étranger aucun droit à l'obtention d'une autorisation d'établissement (ATF 2C_382/2010 du 4 octobre 2010, consid. 5.3;2C_705/2012 du 24 juillet 2012, consid. 3.1). Ainsi, le SPOP dispose-t-il en la matière d'un libre pouvoir d'appréciation, dans l'exercice duquel il doit néanmoins tenir compte des intérêts publics, de la situation personnelle de l'étranger, ainsi que de son degré d'intégration (cf. art. 54 al. 2 et 96 al. 1 LEtr).

3.

a) En l'espèce, la recourante a bénéficié avec sa famille depuis 2005 de prestations de l'assistance publique (revenu d'insertion) pour un montant qui s'élevait au 25 février 2013 à fr. 340'583.25. Ce montant est extrêmement important.

Rien n'indique aujourd’hui que la situation financière de la recourante devrait connaître une amélioration. Les offres d’emploi figurant au dossier montrent notamment les difficultés auxquelles elle se heurte pour trouver un travail. La recourante invoque le fait que son indigence ne serait pas fautive, vu qu’elle est mère de cinq enfants dont le dernier n’a que quatorze ans. A cet égard il faut relever qu’il est généralement possible d’exercer un travail à temps partiel en tout cas dès qu’un enfant a atteint une dizaine d’année. En particulier, en l’espèce, cet enfant étant le cadet, ses aînés auraient pu le garder, ce qui aurait permis à la recourante de travailler sans devoir chercher de solution de garde. Enfin, depuis début 2012, moment à partir duquel son époux n’a plus travaillé, celui-ci pouvait s’occuper des enfants. En conclusion, depuis quelques années en tout cas, le caractère non fautif de l’indigence de la recourante est discutable. D’ailleurs même si les cas d'indigence non fautive ne doivent pas conduire automatiquement, à eux seuls, à une révocation de l'autorisation de séjour fondée sur la dépendance à l'aide sociale, cela ne signifie toutefois pas que l'autorité doive non seulement renoncer à révoquer l'autorisation de séjour, mais encore franchir une étape supplémentaire en faveur de la personne étrangère concernée, en transformant son titre de séjour en un permis d'établissement, à savoir en lui conférant un statut plus favorable en dépit de l'existence d'un motif de révocation au sens de l'art. 34 al. 2 let. b LEtr (voir arrêts PE.2013.0094 et PE.2012.0243 précités). Dans un arrêt PE.2010.0169 du 19 novembre 2010, le tribunal de céans a du reste déjà considéré, dans le même sens, que les réels efforts des recourants pour ne plus dépendre de l'aide sociale ne permettaient pas de considérer le refus de transformer leur permis F (autorisation provisoire) en permis B (autorisation de séjour) comme contraire au principe de la proportionnalité. Ainsi, selon cet arrêt, le caractère non fautif de la dépendance n'empêche pas un refus de transformation. En l'espèce par conséquent, à supposer même que la recourante se trouve dans un cas d'indigence non fautive, ce qui est discutable depuis quelques années comme on l’a vu, cela n'obligerait pas l'autorité à transformer son autorisation de séjour en autorisation d'établissement.

C’est à juste titre que l’autorité intimée a considéré que la recourante remplit en l’état actuel les conditions objectives de l'art. 62 let. e LEtr et, partant, ne réalise pas la condition de l'art. 34 al. 2 let. b LEtr. Dans ces circonstances, l'autorité intimée n'a pas abusé de sa liberté d'appréciation ni n'a excédé celle-ci en refusant de transformer l'autorisation de séjour de la recourante en autorisation d'établissement pour des motifs de dépendance à l'aide sociale (dans le même sens, arrêt PE.2013.0094 précité).

Pour le surplus, il est rappelé que la décision litigieuse ne porte pas sur la révocation de l'autorisation de séjour de la recourante, laquelle a au contraire été renouvelée. La recourante conserve dès lors la faculté de présenter une nouvelle demande lorsque les motifs ayant conduit au refus de transformer son autorisation de séjour en autorisation d'établissement auront disparu.

b) Au vu de ce qui précède, l'autorité intimée n'a dès lors pas abusé de son pouvoir d'appréciation en refusant de délivrer à la recourante une autorisation d'établissement, de sorte que le recours doit être rejeté.

4.

Il résulte de ce qui précède que le recours doit être rejeté et la décision attaquée, confirmée. Vu les circonstances, il paraît équitable de statuer sans frais. Succombant, la recourante n'a pas droit à des dépens (art. 49, 55, 91 et 99 LPA-VD).

Dispositif

Par ces motifs la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal arrête:

I. Le recours est rejeté.

II.

La décision du 24 février 2014 du Service de la population est confirmée.

III.

Il est statué sans frais ni dépens.

Lausanne, le 12 septembre 2014

Le président: La greffière:

Seither geänderte Bestimmungen

Dieser Entscheid legt Bestimmungen aus, deren Erlass seither erneut konsolidiert wurde. Ob der Artikel selbst geändert hat, ist nicht erfasst.

  • Verordnung über Zulassung, Aufenthalt und Erwerbstätigkeit, Art. 60 — gelesen in der Fassung vom 1. September 2014; der Erlass wurde am 1. November 2014, 1. Januar 2015, 1. März 2015, 1. Juli 2015, 20. Juli 2015, 1. September 2015, 15. Oktober 2015, 1. Januar 2016, 16. Mai 2016, 1. August 2016, 1. Januar 2017, 1. März 2017, 1. Mai 2017, 1. Januar 2018, 1. Juli 2018, 15. September 2018, 1. Januar 2019, 1. Juni 2019, 1. November 2019, 1. Januar 2020, 1. April 2020, 1. Januar 2021, 1. Januar 2022, 12. März 2022, 22. November 2022, 1. Januar 2023, 23. Januar 2023, 1. Februar 2023, 1. September 2023, 1. Januar 2024, 1. Juni 2024, 1. Januar 2025, 1. Dezember 2025, 1. Januar 2026, 22. April 2026 und 12. Juni 2026 erneut konsolidiert.
  • Bundesgesetz über die Ausländerinnen und Ausländer und über die Integration, Art. 34 und Art. 96 — gelesen in der Fassung vom 1. Februar 2014; der Erlass wurde am 1. März 2015, 1. Juli 2015, 20. Juli 2015, 29. September 2015, 1. Oktober 2015, 1. Oktober 2016, 1. Januar 2017, 1. Januar 2018, 1. Juli 2018, 15. September 2018, 1. Januar 2019, 1. März 2019, 1. Juni 2019, 1. Dezember 2019, 1. April 2020, 1. Juli 2021, 2. Oktober 2021, 1. Mai 2022, 1. Juni 2022, 1. September 2022, 22. November 2022, 17. Dezember 2022, 1. April 2023, 1. Juli 2023, 1. September 2023, 15. Oktober 2023, 1. Juni 2024, 1. Juli 2024, 1. Januar 2025, 1. April 2025, 28. Mai 2025, 15. Juni 2025, 1. August 2025, 1. Februar 2026 und 12. Juni 2026 erneut konsolidiert.
  • LOI sur la procédure administrative, Art. 49, Art. 55, Art. 75, Art. 79, Art. 91, Art. 92, Art. 95, Art. 96 und Art. 99 — gelesen in der Fassung vom 1. Januar 2011; der Erlass wurde am 1. Februar 2017, 1. April 2018, 1. Dezember 2020 und 1. September 2025 erneut konsolidiert.

Zitiert in