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Fragiler Sprachfrieden

Rennwald Jean-Claude · Mit-M · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion

Lorsque l'on aborde la question des rapports entre les différentes communautés linguistiques d'un pays, il y a au fond trois attitudes possibles: la première est celle qui consiste à dramatiser le problème, à jouer les martyrs - c'est souvent ce que font les minoritaires; la deuxième consiste à banaliser le problème - c'est ce que font généralement les majoritaires; la troisième consiste à trouver une voie moyenne - c'est manifestement celle que le Conseil fédéral a choisie, c'est d'ailleurs aussi celle que j'ai choisie. Mais, si je me suis déclaré partiellement satisfait de la réponse donnée, c'est qu'il y a quand même quelques petites différences d'appréciation assez importantes.

J'aimerais faire cinq remarques à ce propos. En ce qui concerne les votations fédérales, vous dites dans votre réponse, et c'est vrai, que les clivages qui apparaissent ne se limitent pas aux clivages linguistiques et que, depuis un certain nombre d'années, notamment pour les questions qu'on peut appeler de "vote d'ouverture", le clivage ville/campagne a pris une importance tout à fait décisive. Mais j'aimerais quand même souligner que, selon une étude que j'ai faite sur une certaine période, les cantons romands se retrouvent trois fois plus souvent que les cantons alémaniques dans le camp des perdants. Et puis, si on procède à cette analyse politico-linguistique, je crois qu'il ne faut pas la limiter aux seules votations fédérales. Il faut aussi souligner qu'il y a une certaine partition géopolitique du pays, car s'il est vrai que l'UDC a opéré une certaine progression en Suisse romande ces dernières années, il n'en reste pas moins que son fief est toujours la Suisse alémanique.

J'observe aussi ces choses au niveau des relations professionnelles et conventionnelles. J'ai de la chance au niveau syndical de m'occuper plus spécialement d'une branche qui est celle de l'horlogerie où, de façon générale, les rapports sociaux me paraissent moins tendus que dans d'autres secteurs. A mes yeux, une des raisons à cela - mais ce n'est pas la seule -, c'est que le patronat horloger est en majorité romand. Je constate aussi qu'il y a une différence d'appréciation entre la Suisse alémanique et la Suisse latine s'agissant du rôle des syndicats, parce que le taux de syndicalisation est nettement plus élevé en Suisse latine qu'en Suisse alémanique.

Je remarque également qu'on assiste tout de même à une détérioration de la langue française. Je disais hier que je ne pourrais jamais dire SUVA et que je disais CNA. Je suis un grand amateur de football mais je ne supporte pas les appellations "Challenge League" ou "Super League". Quand je vois près de chez moi des magasins qui s'appellent "Landi", cela me fait grimper aux murs. Et mon collègue Berberat sait encore mieux que moi qu'il y a au moins une région dans ce monde, qui est le Québec, qui travaille mieux et où, par exemple, au lieu de dire "shopping", on dit "magasiner", et au lieu de dire "bed and breakfast", on dit "couette et café".

Je n'allonge pas sur la question des commandes de la Confédération. Je crois qu'il y a tout de même de fortes discriminations qui subsistent. Par exemple, le canton de Berne, a un volume de commandes deux fois supérieur par rapport à sa population alors que celui de Vaud a un volume inférieur proportionnellement à sa population. Je crois que là, j'ai pris des choses comparables.

Je persiste en outre à croire que la question - mais je n'ai pas le temps de développer - des cadres latins dans l'administration n'est pas réglée.

Enfin, je vous encourage, Madame la chancelière de la Confédération, à vraiment approfondir cette étude, s'agissant de la délocalisation d'un certain nombre d'offices administratifs. Je conçois bien que la tâche n'est pas facile. Mais, une fois encore, les régions non seulement romandes, mais à l'intérieur de la Romandie les régions périphériques, sont plus touchées ou sont moins bien servies. Je vous rappelle que Bienne a eu l'OFCOM, que Neuchâtel a eu l'Office fédéral de la statistique, Granges l'Office fédéral du logement et, jusqu'ici, le canton du Jura rien du tout. Mais je pense bien que, grâce à vous, et à nous, cela va changer.

Huber-Hotz Annemarie · BK-F · Bern

Ich kann Ihre Bemühungen, sehr verehrter Herr Nationalrat, nur unterstützen. Ich glaube, der Sprachfrieden ist für den Zusammenhalt in der Schweiz und insbesondere zwischen den Sprachregionen existenziell. Wir müssen alles unternehmen, um hier Massnahmen zu ergreifen, damit die Sprachenvielfalt in der Schweiz gewahrt bleibt.

Wo gibt es auf der Ebene des Bundes Massnahmen zu ergreifen? Ich bin froh, dass das Parlament das Sprachengesetz wieder auf die Traktandenliste gesetzt hat. In der Herbstsession wird sich zeigen, in welcher Form dieses Gesetz eben die Bemühungen, die Sie erwähnt haben, unterstützen kann.

Sie haben auch das Problem der Volksabstimmungen erwähnt. Hier vielleicht nur so viel: Ich bin natürlich froh, dass mit der nun generellen Einführung der brieflichen Stimmabgabe die Stimmbeteiligung, insbesondere im Kanton Waadt, erhöht werden konnte. Ich glaube, das trägt auch dazu bei, dass die Westschweiz hier ein grösseres Gewicht erhält. Bemühungen muss der Bund natürlich auch auf den praktischen Ebenen wahrnehmen; Sie haben das Beschaffungswesen erwähnt. Ich unterstütze, was Sie gesagt haben: dass wir hier sorgfältig mit den Vergaben umgehen müssen; dass wir aber auch im Sprachgebrauch versuchen, alle Abkürzungen auch in der französischen Sprache in den Alltag zu bringen. Sie bestehen zwar in den schriftlichen Texten; darauf schaut die Bundeskanzlei im Detail. Sie setzt sich auch für die Mehrsprachigkeit in der Verwaltungssprache und vor allem bei den amtlichen Publikationen ein. Wir haben uns in der Bundeskanzlei die Mehrsprachigkeit wieder als Jahresziel für dieses Jahr vorgenommen, damit wir uns noch mehr als bis anhin für die Mehrsprachigkeit einsetzen. Dies sowohl bei den amtlichen Publikationen und bei der Verwendung der Amtssprachen, als auch bei der Besetzung von Stellen in der Bundeskanzlei. Zusammen mit dem Personalamt setzen wir uns auch dafür ein, dass die Weisungen für die Bundesverwaltung betreffend die Mehrsprachigkeit in die Tat umgesetzt werden. Das geht bis und mit Stellenausschreibungen in allen drei Amtssprachen.

Aber der Bund ist nicht in allen Teilen zuständig, sondern einen wesentlichen Beitrag müssen auch die Kantone liefern. Ich bin froh, dass die EDK sich dafür einsetzt, dass der Fremdsprachenunterricht in der Primarschule nun durchgängig mit zwei Sprachen durchgeführt wird. Ich hoffe auch, dass die Deutschschweizer Kantone das Französische und umgekehrt die Westschweizer Kantone das Deutsche als die erste Fremdsprache bezeichnen werden. Ich glaube, diese Diskussion ist im Gange. Aber es geht um ein ständiges Bemühen im Alltag, auch von privater Seite. Zum ständigen Bemühen gehört meines Erachtens auch, dass man das Thema immer wieder auf die Traktandenliste setzt. Deshalb bin ich Ihnen sehr dankbar für Ihre Interpellation.

Ich möchte auch noch darauf hinweisen, dass die Kantone bzw. die CH-Stiftung der Kantone dieses Thema ebenfalls aufgegriffen haben und in der vergangenen Woche ein Sprachenmanifest publiziert haben. Sie wollen sich mit verschiedenen Massnahmen dafür einsetzen, dass die Mehrsprachigkeit wieder vermehrt traktandiert und diskutiert wird und auch entsprechende Massnahmen ergriffen werden.