14.4020

Die Armee als Trägerin des nationalen Zusammenhalts

Comte Raphaël · 1VP-M · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion

Le président (Comte Raphaël, premier vice-président): Monsieur Berberat n'est pas satisfait de la réponse écrite du Conseil fédéral. Il demande l'ouverture de la discussion. - Ainsi décidé.

Berberat Didier · Mit-M · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion

Effectivement, comme vous l'avez rappelé, Monsieur le Président, je me déclare non satisfait de la réponse du Conseil fédéral. Je ne vous cacherai pas que j'estime cette réponse un peu frileuse, je vais expliquer pourquoi.

S'il est vrai - la réponse du Conseil fédéral le mentionne - que l'armée est un des piliers de la cohésion nationale en ce qui concerne l'intégration sociale et la mixité sociale - ce qu'on ne peut pas contester -, un gros problème se pose au niveau de la mixité linguistique. Je trouve que la réponse du Conseil fédéral à propos du plurilinguisme n'est pas satisfaisante puisqu'il y a peu, à ma connaissance, de recrues qui profitent de faire leur service militaire auprès d'une troupe parlant une autre langue que leur langue maternelle. A ce sujet, j'aurais voulu savoir si le Conseil fédéral peut nous dire combien de recrues, chaque année, font une école de recrues dans une autre langue que la leur ou demandent eux-mêmes à pouvoir aller dans une autre région linguistique pour faire leur service militaire.

Certes, l'armée suisse dispense une formation dans toutes les régions du pays et des personnes de différentes régions linguistiques participent à ce genre d'exercice. Je peux prendre comme exemple ma brillante carrière militaire qui s'est quand même terminée par la distinction prestigieuse d'appointé! J'ai commencé ma carrière militaire à Thoune, dans la police des routes. Nous étions deux compagnies, une compagnie romande et tessinoise et une compagnie suisse alémanique. Ce qui était dommage, c'est que nous n'avons jamais eu de contacts les uns avec les autres. En tout cas, je n'ai retiré de cette expérience militaire que peu de choses - heureusement j'ai eu d'autres expériences de plurilinguisme par la suite - à part le fait que j'ai appris les mots "Fassmannschaft" et "Gamasche". Effectivement, cela a enrichi mon vocabulaire allemand, mais je pense qu'il y avait là des occasions rêvées d'avoir plus de contacts entre les recrues de différentes régions linguistiques.

Bien entendu, le Conseil fédéral nous dit que ce genre de choses pourrait mettre à mal la capacité combattive de l'armée suisse. Il n'est nullement dans mes intentions d'affaiblir l'armée suisse en demandant que des cours de langue y soient donnés. Cependant, je pense malgré tout que le fait de donner par exemple deux heures de cours de français à des Alémaniques, d'allemand à des Romands ou d'italien permettrait réellement de mieux rapprocher les communautés linguistiques. En outre, ce n'est pas au niveau de l'école de recrues - il faut bien le dire - que les gens seront appelés à se battre. Bien entendu la priorité doit être donnée à l'instruction militaire, mais je pense qu'on devrait quand même arriver, dans le programme des 21 semaines de l'école de recrues à trouver quelques périodes pour faire en sorte de mieux sensibiliser les recrues aux autres cultures de notre pays.

Ensuite, il est vrai que des troupes mixtes pourraient poser des problèmes au niveau du commandement si par malheur l'armée suisse était engagée dans des combats. Je pense qu'on devrait profiter en tout cas de la période consacrée à l'instruction de base pour faire une sensibilisation.

Je répète que, pour ce qui concerne la mixité sociale, cela se passe très bien parce que l'armée suisse a au moins le mérite de faire cohabiter des gens d'horizons sociaux différents. J'ai aussi consulté l'étude conduite à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, qui démontre que les personnes qui sont issues de l'immigration ont beaucoup plus d'intérêt pour la politique et les questions nationales après avoir fait leur service militaire. De ce point de vue, l'exercice est réussi. Par contre, plus d'ouverture au niveau du Conseil fédéral pour inciter à profiter du service militaire pour inculquer des notions de langue et de culture des autres régions linguistiques serait important.

Maurer Ueli · BR-M · Bundesrat · Zürich

Das Anliegen, das Herr Berberat in der Interpellation darlegt, ist auch für uns ausserordentlich wichtig. Die Armee ist nach wie vor ein Teil der Klammer des nationalen Zusammenhalts. Wir fördern auch den sprachlichen Austausch, wo immer es geht, wobei man vielleicht noch etwas zwischen dem Überwinden von kulturellen Grenzen zwischen den Sprachen und dem eigentlichen Sprachenlernen unterscheiden muss. Aber es ist so, dass fast die Hälfe der Rekruten die Rekrutenschule in einem Landesteil der anderen Sprache absolviert. Für viele ist es das erste Mal, dass sie Wochen in einem anderen Sprachgebiet verbringen, wenn sie entweder im deutsch- oder französischsprachigen Teil ihre Rekrutenschule absolvieren. Sie lernen damit auch andere Mentalitäten kennen und bewegen sich im Ausgang in diesem Sprachumfeld.

Nach Abschluss der Rekrutenschule werden 52,4 Prozent der Absolventen, also mehr als die Hälfte, in Formationen eingeteilt, die zweisprachig sind, 37,5 Prozent sind sogar in dreisprachigen Formationen eingeteilt. Dieser sprachliche Austausch findet also statt. Wir versuchen, es so zu handhaben, dass in Stäben, spezialisieren Einheiten und Betriebsdetachementen in der Regel zweisprachig gesprochen wird, in Kampfeinheiten dagegen nicht, weil dort Missverständnisse entstehen könnten, wenn es in den Einsatz geht. Deshalb sind wir dort sprachlich so aufgestellt. Kader haben in jedem Fall die Möglichkeit, fremd eingeteilt zu werden - mit Ausnahme der italienischsprechenden Panzertruppen. Wir haben leider keine italienischsprechenden Panzertruppen mehr, aber mit diesen kleinen Anteilen ist es eben so.

Wozu es nicht reicht, sind Sprachkurse. Wir reduzieren jetzt noch einmal die Ausbildungszeit auf 225 Tage, das militärische Programm bleibt das gleiche. Effektive Sprachkurse bieten wir in Rekrutenschulen und Truppenkursen nicht an. Wir versuchen aber, durch die Kader in der Ausbildung so zu wirken, dass man beide Sprachen irgendwie verstehen solle. Doch ich denke, wir müssen es auch nicht übertreiben. Die RS bzw. das Militär ist keine Schule für die jeweils andere Sprache, sondern es ist eine Organisation, in der man die Schweiz kennenlernt, andere Inhalte, andere Kulturen, andere Sprachen, und sich damit befasst. Sie kennen das ja selbst aus Ihrem Umfeld; irgendwann ist man einem oder mehreren Französischsprechenden begegnet oder umgekehrt, und man hat sich irgendwie verstanden und arrangiert. Ich glaube, das ist durchaus eine Qualität.

Wo immer es möglich ist, nehmen wir das sehr ernst; wir überschreiten die Grenzen und versuchen, uns in der jeweils anderen Sprache auszudrücken. Wir würden jedoch die Grenze dort machen, wo es sozusagen darum gehen würde, organisierte Sprachkurse anzubieten; dazu haben wir die Mittel nicht. Aber in all diesen Punkten, die Sie angesprochen haben, sind wir, eben beim Mischen von Einheiten, weitergegangen.

Auch beim E-Learning gibt es durchaus einmal die Gelegenheit, dass jemand das in einer anderen Sprache machen muss. Dann lernt er automatisch einige Begriffe. Ich denke, wir sind auf dem richtigen Weg. Ich möchte nicht zu viel versprechen. Aber ich denke, hier leistet die Armee einen wichtigen Beitrag zur Kohäsion des Landes, zum Austausch zwischen den Kulturen und den Sprachgemeinschaften.

Comte Raphaël · 1VP-M · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion

Le président (Comte Raphaël, premier vice-président): L'interpellation est ainsi liquidée.

Schluss der Sitzung um 12.35 Uhr

La séance est levée à 12 h 35