23.433

Schutz bedeutender Gebäude und Denkmäler vor Vandalismus und anderem politischen Pseudoaktivismus

Page Pierre-André · P-M · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Antrag der Mehrheit

Der Initiative Folge geben

Antrag der Minderheit

(Schneider Meret, Dandrès, Flach, Funiciello, Gaillard Benoît, Glättli, Jaccoud, Mahaim, Schmezer)

Der Initiative keine Folge geben

Proposition de la majorité

Donner suite à l'initiative

Proposition de la minorité

(Schneider Meret, Dandrès, Flach, Funiciello, Gaillard Benoît, Glättli, Jaccoud, Mahaim, Schmezer)

Ne pas donner suite à l'initiative

Le président (Page Pierre-André, président): Vous avez reçu un rapport écrit de la commission.

Amaudruz Céline · Mit-F · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Le sujet qui nous occupe aujourd'hui est la protection de notre patrimoine bâti. Dans tous nos cantons, nous disposons d'un patrimoine d'une grande richesse, notamment nos bâtiments et nos monuments publics. Des politiques cantonales de protection du patrimoine ont été mises en place, mais elles visent avant tout à éviter des atteintes involontaires de la part des propriétaires eux-mêmes, par exemple, lors de rénovations mal conçues.

En revanche, il n'existe pas à ce jour de protection pénale spécifique contre les atteintes commises par des tiers à l'encontre de ces biens particulièrement remarquables. Certes, l'article 144 du code pénal réprime déjà les dommages à la propriété, mais, comme vous le savez, la nature intrinsèque du bien endommagé ne joue, en principe, aucun rôle dans l'application de cette disposition. À l'alinéa 1, ce qui est sanctionné, c'est uniquement le fait d'altérer une chose dans sa substance ou dans son usage. La nature du bien touché n'entre pas davantage en considération dans les formes aggravées prévues aux alinéas 2 et 3. L'alinéa 2 s'intéresse à la méthode employée, en particulier lorsque les déprédations sont commises en groupe de manière à menacer la paix publique. L'alinéa 3 porte sur l'ampleur du dommage, le Tribunal fédéral retenant un seuil d'environ 10 000 francs pour admettre l'infraction qualifiée. Or, il est évident que les bâtiments et monuments publics méritent une protection renforcée en tant que telle. Leur forte visibilité et leur valeur symbolique en font des cibles idéales. Sous couvert d'un prétexte politique, certains militants extrémistes ou pseudo-activistes n'hésitent pas à souiller ou à endommager des bâtiments ou des monuments pour attirer l'attention médiatique sur leur cause. Nous avons tous en tête des exemples récents : des façades et des monuments maculés de peinture ou d'huile de vidange par des groupes se revendiquant d'une cause politique ou climatique, ou encore des manifestations qui dégénèrent et laissent derrière elles des dégâts considérables. La ville de Berne, tout particulièrement, en a fait les frais lors de la dernière grande manifestation, avec des tags, des vitrines brisées, des bâtiments publics dégradés et des coûts de nettoyage et de remise en état qui se chiffrent en centaines de milliers de francs, pour ne pas dire millions, entièrement à la charge des contribuables.

En temps de paix, la protection dont bénéficient aujourd'hui ces bâtiments et monuments contre ce type d'acte de vandalisme est insuffisante. Il ne s'agit pas d'un banal dommage à la propriété comme un autre, c'est une atteinte directe à notre patrimoine commun, à notre histoire, à notre identité. C'est pourquoi il est nécessaire de renforcer les sanctions pénales à l'encontre de celles et ceux qui endommagent, détruisent ou mettent hors d'usage un bâtiment ou un monument public faisant l'objet d'une mesure de protection patrimoniale, cantonale ou fédérale. L'introduction d'un nouvel alinéa à l'article 144 permettra de tenir compte de manière ciblée et proportionnée du besoin de protection particulier de ces infrastructures. La peine proposée s'inscrit d'ailleurs dans un rapport adéquat avec celle prévue pour d'autres formes qualifiées de dommage à la propriété, comme mentionné à l'alinéa 3. Il s'agit de reconnaître que la valeur intrinsèque d'un bien protégé sur le plan historique, culturel ou architectural peut être assimilée à celle d'un bien dont la détérioration causera un dommage matériel de plus de 10 000 francs. Il n'y a pas de disproportion. La gravité de l'atteinte symbolique et patrimoniale justifie un traitement équivalent. Nos voisins l'ont bien compris depuis longtemps. En France, par exemple, la destruction, la dégradation ou la détérioration d'un immeuble ou d'un objet inscrit au patrimoine peuvent être punies de 7 ans de privation de liberté et de 100 000 euros d'amende. Quant à l'Italie, vous connaissez toutes et tous la sévérité de sa législation. De simples graffitis sur des monuments historiques peuvent se traduire par de lourdes peines de détention pour leurs auteurs.

Les cantons et leurs habitants sont profondément attachés à leur patrimoine culturel, historique et architectural. Dans un climat où les déprédations se banalisent, où certaines formes de violence symboliques sont presque tolérées au nom de la protestation, nous avons le devoir de fixer des limites claires et crédibles. Il ne s'agit pas de museler l'expression politique, mais de dire fermement que le débat démocratique ne passe ni par la destruction ni par la souillure de ce que notre pays a de plus précieux et de plus représentatif.

Pour toutes ces raisons, je vous remercie par avance de donner suite à mon initiative parlementaire.

Schneider Meret · Mit-F · Nationalrat · Zürich · Grüne Fraktion

Zuallererst muss hier festgehalten werden, dass Sachbeschädigungen und Vandalismus zu verurteilen sind und im Folgenden mit keinem Wort legitimiert werden sollen. Wer ein Gebäude oder Denkmal beschädigt, zerstört oder unbrauchbar macht, gehört bestraft, genau wie dies bereits heute der Fall ist. Das gilt selbstverständlich für alle Gebäude, und zwar unabhängig davon, ob das entsprechende Objekt Gegenstand einer Denkmalschutzmassnahme auf Kantons- oder Bundesebene ist oder ob es sich um ein privates oder um ein öffentliches Gebäude handelt.

Das Strafmass, und um dieses scheint es in der parlamentarischen Initiative primär zu gehen, kann im Rahmen des Täterverschuldens bereits heute angepasst werden. Bei einem grossen Schaden wird der Täter oder die Täterin härter bestraft. Dies entspricht dem Grundsatz in Artikel 47 des Strafgesetzbuchs, der besagt, dass das Gericht den Strafrahmen dem Verschulden des Täters und nicht dem Objekt zumisst. Würde man hier zwischen öffentlichen und privaten Gebäuden unterscheiden, würden wir verschiedene Kategorien von Eigentum schaffen, die einen unterschiedlich ausgeprägten Schutz geniessen, was auch gemäss der Kommission für Rechtsfragen des Ständerates nicht opportun ist. Hinzu kommt, dass man mit dieser parlamentarischen Initiative aus jeder Sachbeschädigung ein Offizialdelikt machen würde und somit in jedem Fall ein Verfahren eröffnet würde, auch wenn es keine Hinweise auf die Täterschaft gibt. Das führt dazu, dass die Staatsanwaltschaften Ermittlungen führen müssten, ohne eine Aussicht auf Erfolg zu haben. Letztlich schaden wir damit auch dem Staat, den Strafverfolgungsbehörden und unserer eigenen Glaubwürdigkeit, wenn überall Verfahren eröffnet werden, die dann eingestellt werden müssen, weil nicht festzustellen ist, wer die Beschädigung begangen hat.

Zu guter Letzt führt diese parlamentarische Initiative auch dazu, dass die Mindeststrafe auch für den leichtesten Fall Anwendung findet, egal, wie hoch der Schaden ist. Es müsste schlicht ein öffentliches Gebäude oder ein öffentliches Denkmal, das Gegenstand einer Denkmalschutzmassnahme ist, betroffen sein. Die Strafbarkeitsschwelle bei Sachbeschädigungen liegt dabei sehr tief, weil bereits die Minderung der Ansehnlichkeit bzw. die blosse Beeinträchtigung des Erscheinungsbildes strafbar sein kann. Für sehr geringe Beschädigungen kann daher die in der parlamentarischen Initiative vorgesehene Mindeststrafe von 90 Tagessätzen kaum mehr als verhältnismässig betrachtet werden, auch wenn natürlich auch geringfügige Beschädigungen zu sanktionieren sind.

Ich bitte Sie daher, der parlamentarischen Initiative im Sinne der bisherigen Rechtsprechung, der Glaubwürdigkeit der Strafverfolgungsbehörden und um keine neuen, unnötigen Kategorien von Eigentum einzuführen, keine Folge zu geben und dem Antrag meiner Minderheit zuzustimmen.

Gianini Simone · Mit-M · Nationalrat · Tessin · FDP-Liberale Fraktion

Ihre Kommission für Rechtsfragen hat an ihrer Sitzung vom 9. Oktober 2025 die von Nationalrätin Céline Amaudruz am 1. Juni 2023 eingereichte parlamentarische Initiative erneut vorgeprüft. Die parlamentarische Initiative verlangt, dass eine Sachbeschädigung an öffentlichen Gebäuden oder an Gebäuden, die auf Bundes- oder Kantonsebene unter Denkmalschutz stehen, von Amtes wegen verfolgt und mit einer Freiheitsstrafe von bis zu fünf Jahren oder einer Geldstrafe von mindestens 90 Tagessätzen bestraft wird.

Ihre RK hatte der Initiative bereits am 2. Mai 2024 mit 12 zu 9 Stimmen Folge gegeben, während die Schwesterkommission diesem Beschluss am 15. Mai 2025 mit 10 zu 2 Stimmen nicht zustimmte. Damit ging das Geschäft zur erneuten Beratung an die RK-N zurück. Ihre Kommission hält nun mit 13 zu 11 Stimmen an ihrem Beschluss fest und beantragt Ihnen, der parlamentarischen Initiative Folge zu geben.

Eine Minderheit der Kommission, wir haben es gehört, bestreitet ebenso wie die ständerätliche Kommission den Mehrwert der vorgeschlagenen Regelung. Sie argumentiert, dass das Strafmass bereits heute an das Ausmass des Schadens angepasst werden könne und es nicht angezeigt sei, öffentliche Gebäude im Strafrecht anders zu behandeln als private, die ebenfalls unter Denkmalschutz stehen können.

Die Mehrheit der Kommission sieht den wesentlichen Mehrwert einer Umsetzung dieser Initiative darin, dass Sachbeschädigungen an öffentlichen Gebäuden oder - so der deutsche Text und die Absicht der Initiantin - an Denkmalen, die "Gegenstand einer Denkmalschutzmassnahme auf Kantons- oder Bundesebene" sind, unabhängig vom Schadenswert von Amtes wegen verfolgt würden. Die Bestimmung würde somit über den bereits bestehenden Artikel 144 Absatz 3 des Strafgesetzbuches hinausgehen, der eine Verfolgung von Amtes wegen und eine Freiheitsstrafe von bis zu fünf Jahren für Täter vorsieht, die einen grösseren Schaden verursachen, sowie von der Teilnahme an öffentlichen Zusammenrottungen unabhängig sein, welche gemäss Artikel 144 Absatz 2 des Strafgesetzbuches bereits heute von Amtes wegen bestraft wird. In der Tat: Wo die Schwellen für eine Verfolgung von Amtes wegen heute nicht erreicht sind, fehlt bei offensichtlichen öffentlichen Institutionen häufig der Anreiz, Strafanzeige zu erstatten. Problematisch ist dies insbesondere deshalb, weil der symbolische Wert öffentlicher und denkmalgeschützter Bauten höher ist als ihr reiner Immobilienwert.

Die Kommission ist daher der Ansicht, dass höhere Strafen und eine zwingende Verfolgung, unabhängig von der Höhe des Schadens und auch ausserhalb öffentlicher Ansammlungen, eine abschreckende Wirkung entfalten und damit der Prävention zunehmend häufig auftretender Fälle von Sachbeschädigungen dienen könnten, die nichts mit der Meinungsäusserungsfreiheit zu tun haben bzw. jede Grenze des verfassungsmässig Erlaubten überschreiten.

Ogni città, ogni Cantone possiede un ricco patrimonio edilizio composto da edifici pubblici e monumenti storici. La popolazione è orgogliosa del proprio patrimonio storico, culturale e architettonico. Per garantirne la protezione, sono state messe in atto politiche il cui obiettivo principale è quello di tutelare questo patrimonio da interventi nefasti da parte dei proprietari, ad esempio al momento di ristrutturazioni, ma paradossalmente non da interventi di terzi.

La grande notorietà di simili edifici e monumenti li espone oggi alla minaccia accresciuta di chi, con un pretesto politico, non esita a imbrattarli e danneggiarli nella speranza di attirare i riflettori dei media sulla loro causa. La maggioranza della vostra Commissione degli affari giuridici ritiene pertanto che la modifica del Codice penale nel senso proposto dall'autrice dell'iniziativa parlamentare sia necessaria per aggiornarlo al periodo storico attuale, a tutela dei beni di interesse collettivo dall'attivismo estremo o altro vandalismo.

Barandun Nicole · Mit-F · Nationalrat · Zürich · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP.

Geschätzter Herr Kollege, ich habe Verständnis für die Idee, dass man das von Amtes wegen verfolgen möchte. Ist es aber nicht so, dass in der Regel, wenn kein Strafantrag gestellt wird, der Täter oder die Täterschaft nicht bekannt ist und die Strafverfolgungsbehörde mit Bagatellfällen sowieso schon überlastet ist?

Gianini Simone · Mit-M · Nationalrat · Tessin · FDP-Liberale Fraktion

Der Einwand ist verständlich, und dies war auch Anlass zur Vertiefung in der Kommission. Aber die Mehrheit hat den Eindruck, dass hier ein Signal gegeben werden muss. Ich unterstreiche auch, dass wir in der ersten Phase der Behandlung sind. Man könnte allenfalls in der zweiten Fassung noch etwas korrigieren.

Golay Roger · Mit-M · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

L'initiative parlementaire 23.433, dont l'auteure est notre collègue Céline Amaudruz, vise à punir d'office d'une peine privative de liberté de 5 ans, au plus, ou d'une peine pécuniaire de 90 jours-amende, au moins, toute personne qui aura endommagé, détruit ou mis hors d'usage un bâtiment ou un monument public faisant l'objet d'une mesure de protection patrimoniale cantonale ou fédérale.

À la suite du refus de la Commission des affaires juridiques du Conseil des États, le 15 mai 2025, cet objet est revenu à la Commission des affaires juridiques du Conseil national. Le 9 octobre 2025, elle a réétudié le sujet et décidé d'y donner suite, par 13 voix contre 11.

Cette initiative parlementaire concerne donc le patrimoine public bâti et envoie le signal très fort que notre pays n'entend sous aucun prétexte tolérer sa déprédation volontaire.

L'article 144 du code pénal suisse punit certes aujourd'hui déjà les dommages à la propriété. Cependant, comme vous le savez probablement, le fait que le bien endommagé soit particulier, historique, émotionnel ou symbolique n'a pas d'influence, en principe, sur l'application de cet article. L'article 144 punit un dommage matériel selon sa gravité sous l'unique spectre de l'usage que l'on peut encore en faire une fois le dommage causé.

L'initiative parlementaire traite d'un autre dommage, négligé à ce jour : l'atteinte à ce qui est cher à notre mémoire nationale ou à notre culture, à notre histoire ou à ce qui nous inspire. L'atteinte immatérielle peut alors être bien pire que l'estimation froide du coût de remplacement d'un objet cassé. Il s'impose donc de protéger les monuments publics contre les actes de vandalisme, et ce, indépendamment de la cause. Les déprédateurs causent souvent, hélas, un dommage à un monument, parce qu'ils estiment porter un message politique ou, en tout cas, à large portée. Ces délinquants choisissent sciemment l'objet de leurs déprédations dans le but précis de donner un écho amplifié à leurs revendications. Rappelons-nous encore, il y a peu, les dommages conséquents et inadmissibles visant des bâtiments historiques de la ville de Berne durant l'émeute du 11 octobre dernier, qui avaient choqué toute la Suisse.

Ce n'est pas ainsi qu'en Suisse nous concevons l'exercice d'une démocratie qui nous tient infiniment à coeur ! Nous valorisons la liberté de parole et de manifester dans le respect, mais non pas la liberté de saccage. Donnons suite à l'initiative parlementaire qui nous est soumise. Nous le disons haut et fort et je vous encourage à le faire.

Relevons finalement que la quotité de la peine proposée dans le texte de cette initiative est proportionnée. Notre législation en vigueur est donc trop permissive vis-à-vis de ces actes.

Mme la conseillère nationale Amaudruz l'a dit précédemment. En ce qui concerne l'étranger, les exemples ont déjà été donnés. En France, la peine prévue est de 7 ans de privation de liberté et 100 000 euros d'amende lorsque la destruction, la dégradation ou la détérioration porte sur un immeuble ou un objet mobilier inscrit au patrimoine. En Italie, le moindre graffiti sur un monument public peut coûter plusieurs années d'emprisonnement - il est bon de le rappeler.

Pour tous ces motifs, je vous invite à soutenir la proposition de la Commission des affaires juridiques de donner suite à cette initiative parlementaire.

Abstimmung

Le président (Page Pierre-André, président): La majorité de la commission propose de donner suite à l'initiative. Une minorité Schneider Meret propose de ne pas donner suite à l'initiative.

Abstimmung - Vote

Für Folgegeben ... 109 Stimmen

Dagegen ... 75 Stimmen

(3 Enthaltungen)