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Für klare Regeln bei Lebensmittelimporten

Engler Stefan · P-M · Ständerat · Graubünden · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP.

Antrag der Mehrheit

Der Initiative keine Folge geben

Antrag der Minderheit

(Sommaruga Carlo, Herzog Eva)

Der Initiative Folge geben

Proposition de la majorité

Ne pas donner suite à l'initiative

Proposition de la minorité

(Sommaruga Carlo, Herzog Eva)

Donner suite à l'initiative

Präsident (Engler Stefan, Präsident): Es liegt Ihnen ein schriftlicher Bericht der Kommission vor.

Moser Tiana Angelina · Mit-F · Ständerat · Zürich · Grünliberale Fraktion

Die Initiative des Kantons Jura verlangt, dass der Import von Lebensmitteln, deren Herstellung nicht den Schweizer Vorschriften entspricht, verboten wird. Die Kommission hat die Initiative am 13. November beraten und empfiehlt Ihnen mit 10 zu 2 Stimmen, ihr keine Folge zu geben.

Die Initianten vertreten die Auffassung, dass die Schweiz im internationalen Vergleich strenge Regeln für die landwirtschaftliche Produktion kennt, und verweisen dabei beispielsweise auf die Nutztierhaltung oder den Einsatz von Antibiotika. Sie stören sich daran, dass diese Regeln nicht für den Import von Produkten gelten. Als Beispiel wird etwa das Verbot der Käfighaltung von Hühnern gebracht. Diese Haltung ist seit 1992 in der Schweiz verboten. Gleichzeitig ist es aber nach wie vor möglich, Produkte mit Eiern aus Käfighaltung in die Schweiz zu importieren. Diese Situation bezeichnen die Initianten als aus Sicht der Schweizer Produzentinnen und Produzenten unlauteren Wettbewerb. Sie wollen deshalb den Import eben dieser Produkte, die dem Schweizer Standard nicht entsprechen, verbieten.

Die Kommission brachte grosses Verständnis für diese unbefriedigende Situation auf. Insbesondere für die Produzenten ist sie sehr unbefriedigend. Die Kommission empfiehlt Ihnen aber aus mehreren Gründen, der Standesinitiative keine Folge zu geben.

Gemäss Artikel 2 Absatz 3 des Lebensmittelgesetzes müssen importierte Produkte bereits heute dem Schweizer Recht entsprechen. Ausgenommen sind jedoch Verfahren und Produktionsmethoden, die sich nicht in den physischen Eigenschaften des Produktes niederschlagen. Deshalb dürfen zum Beispiel Eier aus Batteriehaltung gemäss geltendem Recht importiert werden. Diese Situation ist zugegebenermassen unbefriedigend. Die Schweiz hat für den Umgang mit dieser Situation den Weg der Deklarationspflicht gewählt. Die Landwirtschaftliche Deklarationsverordnung sieht für bestimmte Produkte aus in der Schweiz bereits verbotenen Produktionsmethoden Deklarationspflichten vor, beispielsweise für Fleisch, das von Tieren stammt, die mit hormonellen oder nicht hormonellen Leistungsförderern behandelt wurden, oder für Eier und Fleisch von Hühnern aus Batteriehaltungen. Auch Kaninchenfleisch muss entsprechend deklariert werden. Das ist zwar kein Verbot, es führt aber dazu, dass der Anteil des Imports von Produkten mit dieser Herstellungsmethode substanziell reduziert wird. Die Deklarationspflicht hat somit eine indirekte Wirkung, allerdings selbstverständlich nicht so umfassend und absolut, wie es die Initianten verlangen.

Mit der Motion 20.4267 der WAK-S, "Deklaration von in der Schweiz verbotenen Produktionsmethoden", werden die Deklarationsvorschriften zurzeit ausgeweitet. Dem Anliegen wird also auf diesem Weg bereits ein Stück weit Rechnung getragen. Die Motion befindet sich in der Umsetzung. Der Weg über die Deklarationspflicht ist zudem - im Gegensatz zum Verbot - mit den internationalen Verträgen der Schweiz kompatibel. Ein Verbot stünde im Konflikt mit dem WTO-Abkommen, dem Übereinkommen über technische Handelshemmnisse, den Abkommen mit der EU und ebenfalls mit dem eben unterzeichneten Mercosur-Abkommen; auch mit den zukünftigen Bilateralen III hätten wir einen Konflikt.

Die Initiative würde zudem auch substanzielle Umsetzungs- und Vollzugsprobleme mit sich bringen. Das Verbot betrifft nicht nur den gewerblichen oder kommerziellen, sondern auch den privaten Import. Sie können sich vorstellen, dass das gerade mit Blick auf den Einkauf im nahen Ausland kaum umsetzbar ist. Aber auch beim gewerblichen oder kommerziellen Import ist die Kontrolle der Produktionsmethoden kaum umsetzbar. Im Lebensmittelrecht gibt es eine Verpflichtung zur Rückverfolgbarkeit. Das bedeutet, dass klar sein muss, von wem das Produkt bezogen und wem es geliefert wurde. Angaben zu den Produktionsbedingungen sind jedoch nicht vorgeschrieben.

Die Kommission lehnt die Motion auch mit Blick auf den Selbstversorgungsgrad ab. Der Selbstversorgungsgrad der Schweiz beläuft sich auf rund 50 Prozent. In der Kommission wurde zum Beispiel auf den Selbstversorgungsgrad beim Gemüse verwiesen, der ebenfalls bei rund 50 Prozent liegt. Die Schweiz stünde also vor substanziellen Herausforderungen, die Versorgung mit entsprechenden Produkten überhaupt sicherzustellen.

Aus all diesen Gründen empfiehlt Ihnen die Kommission mit 9 zu 2 Stimmen, der Standesinitiative keine Folge zu geben.

Eine Minderheit empfiehlt Ihnen, in der ersten Phase Folge zu geben. Für sie ist es eine Frage der Politikkohärenz sowie auch eine moralische Frage. In einer zweiten Phase müsste dann ein pragmatischer Weg für die Umsetzung gesucht werden. Ich gehe aber davon aus, dass die Minderheit ihre Argumente noch selbst darlegen wird.

Sommaruga Carlo · Mit-M · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion

La demande du canton du Jura est simple : il veut que les standards de production des denrées alimentaires valables dans notre pays soient également valables pour toutes les denrées alimentaires importées en Suisse et donc qu'il y ait une interdiction d'importation lorsqu'ils ne sont pas respectés.

Les normes de production alimentaire adoptées en Suisse ont des objectifs sanitaires et également de protection des animaux. C'est ainsi que la Suisse - comme cela a été rappelé par la rapporteuse - a été le premier pays à avoir interdit l'élevage de poulets en batterie. En effet, depuis 1992, plus aucune poule ne peut être élevée ou détenue de cette manière cruelle et génératrice de souffrance. Pourtant, il est toujours possible d'importer des produits fabriqués à partir de poules élevées en batterie à l'étranger. De même, en Suisse, s'il est interdit de détruire la forêt pour créer des terres agricoles, l'importation de produits agricoles plantés et récoltés sur des terrains pris sur les forêts, notamment tropicales, essentielles à la préservation du climat n'est aucunement interdite.

L'approvisionnement en denrées alimentaires de Suisse couvre 56 pour cent des besoins. Cela signifie donc que pratiquement pendant la moitié de l'année, les consommatrices et les consommateurs se trouvent confrontés à des denrées alimentaires qui ne sont pas forcément conformes à nos standards. L'Union suisse des paysans a rappelé que cette année 2025, le "Food Overshoot Day", c'est-à-dire le jour du dépassement alimentaire, était le 17 juillet.

En résumé, la non-application des normes suisses aux denrées alimentaires importées correspond notamment à l'exportation de la souffrance animale, au renforcement de la déforestation, etc. Il s'agit d'une aberration et d'une incohérence totale. Cette pratique hypocrite crée ainsi également une concurrence déloyale à l'égard de nos agricultrices et agriculteurs, dès lors que le respect des standards élevés de notre pays génère des coûts de production supérieurs à ceux des producteurs étrangers. Il y a donc bien nécessité d'agir ; nécessité d'agir sous l'angle de la protection des animaux, de la protection des consommatrices et consommateurs et également de la protection contre la concurrence déloyale.

Vous l'avez entendu : la majorité et le Conseil fédéral répondent qu'il y a des limites posées par le droit international, à savoir les règles du Gatt et celles nous liant à l'Union européenne, qui empêcheraient l'adoption d'une interdiction générale d'importation de toutes les denrées alimentaires ne répondant pas aux réglementations requises en Suisse. Dès lors, une telle interdiction demandée par le canton du Jura constituerait une entrave au commerce au sens de l'OMC et une disposition contraire à la libre circulation des marchandises avec l'Union européenne. Cependant, il convient de relever que dans une note remise en commission, le SECO n'est pas aussi affirmatif sur ce thème. Il indique d'ailleurs de manière potestative les conséquences d'une interdiction telle que proposée par le canton du Jura. Il dit ainsi qu'une telle mesure "peut aboutir à une violation de ces obligations" et non pas que cela aboutit forcément à une violation de ces obligations.

Dans les faits, pour aller dans le sens de l'initiative, il y a une marge de manoeuvre que la Suisse peut exploiter. C'est justement cette marge de manoeuvre qu'a utilisée le Conseil fédéral le 28 mai 2025 lors de l'introduction de l'interdiction d'importation et de commercialisation des fourrures provenant d'animaux ayant subi des mauvais traitements. En commission, il a également été souligné l'impossibilité de contrôler le mode de production des denrées alimentaires importées dans le cadre du tourisme d'achat. La minorité partage cet avis, mais rien n'empêche, dans le cadre de la mise en oeuvre de l'initiative, dans la deuxième phase, de concéder des exemptions pour l'importation dans le cadre d'achats transfrontaliers effectués directement par les consommatrices et les consommateurs, comme cela existe d'ailleurs pour l'exemption de taxes à l'importation. Par ailleurs, pour les importations commerciales, à l'étranger, il existe des labels qui garantissent des standards de production égaux, voire supérieurs à ceux imposés par la législation suisse. Il est donc possible de faire une loi qui interdit les importations, sauf pour les produits qui ont un label. Ces labels existent ; cela nous a été confirmé dans le cadre des auditions de la commission.

Le Conseil fédéral et la majorité de la commission rappellent que la stratégie actuelle consiste à s'appuyer sur la responsabilité individuelle des consommatrices et des consommateurs et à passer par la déclaration obligatoire pour les denrées alimentaires importées, de façon à informer les consommatrices et les consommateurs de l'utilisation de méthodes de production interdites en Suisse. Toutefois, l'ordonnance du DFI concernant l'information sur les denrées alimentaires, dans les dispositions relatives à la déclaration des denrées alimentaires importées dont le mode de production n'est pas conforme aux normes en vigueur en Suisse, fixe à l'article 4 la taille des caractères de la mention à 1,2 millimètre au minimum et à 0,9 millimètre lorsque le paquet fait moins de 80 centimètres carrés. En d'autres termes, il s'agit d'une indication purement alibi : personne ne se promène avec une loupe pour lire un texte de cette taille. Les consommatrices et les consommateurs ne peuvent pas en prendre conscience au moment du choix du produit alimentaire. Il faudrait que l'indication soit bien plus grande, permettant ainsi de faire un réel choix au moment de l'achat.

Vous le constatez : le texte de l'initiative du canton du Jura est certes absolu, mais il a pour lui la cohérence, la protection animale, celle des consommateurs et consommatrices, et celle des agriculteurs et agricultrices contre la concurrence internationale déloyale. Surtout, il existe des marges de manoeuvre effectives pour en atténuer la portée lors de la mise en oeuvre dans la deuxième phase de traitement de l'initiative.

Pour ces raisons, je vous invite à suivre la minorité.

Crevoisier Crelier Mathilde · 2VP-F · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion

La Commission de l'économie et des redevances persiste à ne pas donner suite aux initiatives de mon canton, qui pourtant - je trouve - mettent le doigt sur des thèmes qui sont brûlants d'actualité. Ainsi, avant, nous n'avons pas donné suite à l'initiative qui visait à prendre en compte le Règlement européen contre la déforestation et la dégradation des forêts ; pourtant, d'ici une année - une année et douze jours pour être exacte -, lorsqu'il entrera en vigueur, il posera d'immenses problèmes à notre industrie d'exportation dans un contexte économique qui est déjà compliqué. Pour ce qui est de cette initiative, elle est également d'une actualité brûlante, puisque nous discutons actuellement de l'importation, notamment, des fameux poulets au chlore des États-Unis. Une motion que j'ai déposée a été commodément transmise à la commission. Il ne s'agit pas uniquement des obstacles économiques à l'importation ; il s'agit aussi de procédés de traitement et de production alimentaire qui sont déjà interdits, puisqu'actuellement, notre législation - vous le savez - interdit la production de viande de volaille désinfectée au bain chloré.

Nous voyons donc qu'il y a une marge de manoeuvre dans l'interdiction que peut promulguer la Suisse pour des denrées alimentaires qui ne sont pas fabriquées dans le respect de nos réglementations. Nous savons également que l'agriculture suisse connaît des difficultés ; malgré le subventionnement assez important que nous lui apportons, elle subit la concurrence déloyale des pays qui ne respectent pas les standards à la fois sanitaires et écologiques que nous avons fixés pour la production de notre pays.

Je veux encore revenir sur un argument que je trouve un peu particulier, qui a été mentionné par la rapporteuse : c'est notre taux d'autoapprovisionnement qui reste bas - 50 pour cent selon le Conseil fédéral. Cependant, si, justement, nous mettions en oeuvre des mesures qui permettraient d'augmenter ce taux d'approvisionnement, en mettant plus sur un pied d'égalité les denrées importées et les denrées produites en Suisse, cela nous permettrait d'augmenter ce taux et de favoriser la consommation de produits suisses au bénéfice de l'agriculture locale, de l'agriculture nationale. Enfin, un élément encore, je rappelle que la grande distribution est, elle aussi, très réticente à ces denrées alimentaires importées et issues de modes de fabrication interdits en Suisse, parce que les consommateurs et les consommatrices sont plutôt exigeants - et ils ont raison de l'être - sur les produits qu'ils et elles consomment. C'est pourquoi, typiquement, pour revenir à la question de la viande de volaille chlorée, les consommateurs ne souhaitent absolument pas en consommer chez eux.

Comme cela a été dit, je crois donc que ce n'est pas la première fois qu'on donnerait suite à une initiative qui ne répond pas trait pour trait à ce que nous souhaiterions mettre en oeuvre, mais nous en reconnaissons le bien-fondé, nous reconnaissons l'intérêt d'y donner suite pour examiner plus avant la question.

Je vous invite à suivre la minorité et à donner suite à cette initiative du canton du Jura.

Abstimmung

Abstimmung - Vote

Für Folgegeben ... 10 Stimmen

Dagegen ... 32 Stimmen

(1 Enthaltung)