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Entscheid

2004-1164-2903-

Verwaltungsbehörden 29.06.2004 2004-1164 2903

29. Juni 2004Deutsch22 min

Source admin.ch

Erwägungen

10.

avril 2002 envoyée à votre délégation, vous a adressé un rapport circonstancié, classifié SECRET, sur la coopération des services de renseignement suisses avec des services étrangers, rapport qui traite globalement et juge l’utilité de tels contacts. Malheureusement, cet avis d’importance politique que le Conseil fédéral vous a donné n’a pas trouvé d’écho dans votre rapport. Malgré ces remarques et ces divergences, le Conseil fédéral est tout à fait d’avis que le rapport global de votre délégation stimulera le développement constant des instruments de gestion et de contrôle concernant les services de renseignement. Il approuve la plupart des recommandations et constate que le DDPS – et le RS en particulier – a, par le passé déjà, pris diverses mesures en ce sens.

1.

Art. 99, al. 4, LAAM, RS 510.10

2.

Art. 17, al. 7, LMSI, RS 120

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2906.

Du point de vue du Conseil fédéral, les diverses recommandations et constatations tirées du rapport ont été jugées comme suit (cf. ch. 13 du rapport): A propos de la recommandation 13.1 Instrumentaire de la DélCdG sur la surveillance des services de renseignement La commission considère souhaitable que la loi sur le Parlement accorde à la DélCdG la possibilité d’interdire ou d’interrompre des enquêtes administratives ou disciplinaires sur des faits ou des personnes qui font l’objet de ses propres investigations. La recommandation 13.1 n’est pas jugée ici: Le Conseil fédéral ne s’étend pas, ici, sur cette recommandation; celle-ci constitue toutefois le sujet principal d’un autre rapport de la DélCdG (sur la limitation des enquêtes de la Délégation des Commissions de gestion aux enquêtes administratives internes, à l’exemple des révélations sur «l’Afrique du Sud»; rapport de la DélCdG du 30 septembre 2003) qui sera approuvé et publié sous peu. En ce qui concerne ce rapport complémentaire, le Conseil fédéral donnera également son avis à la DélCdG d’ici à la fin 2003. A propos de la constatation 13.2 Direction politique et définition des besoins des services de renseignement La commission, depuis la publication de son dernier rapport (1999), salue les efforts du département sur la voie des réformes entreprises. Même si ces dernières n’ont pas encore abouti, la DélCdG renonce à émettre d’autres recommandations à ce propos. La Délégation du Conseil fédéral pour la sécurité fixe les priorités dans l’établissement des rapports des services de renseignement. Les instruments de travail qui s’y rapportent ont fait leurs preuves, comme l’a également démontré, au printemps 2002, un rapport final de cette même délégation sur une procédure d’évaluation spécialement mandatée pour traiter ce thème. Le Conseil fédéral considère comme allant de soi que l’organe de direction de ces instruments de gestion en matière de politique de sécurité soit, à l’avenir aussi, soumis à un contrôle régulier et continue de se développer. A propos de la constatation 13.3 Primauté de la politique La commission espère un effet à long terme de la révision, décidée par le Parlement, de la loi fédérale sur l’armée et l’administration militaire, laquelle précise que le Renseignement stratégique est désormais directement subordonné au chef du DDPS. En subordonnant directement le RS au chef du DDPS à compter du 1 er janvier 2004, le Parlement a suivi les précédentes recommandations de la DélCdG sur le Service -- 4 of 11 -2907 de renseignement. En retirant le RS de l’Etat-major général pour l’intégrer au Secrétariat général du DDPS, la recommandation selon laquelle le RS devrait être dans les environs immédiats de la direction politique s’est concrétisée en 2001 déjà. Depuis quelque temps, des entretiens entre le chef du DDPS et le directeur du RS ont lieu tous les mois. La subordination directe formelle, et pas simplement de facto, au chef du DDPS montre désormais – même aux yeux de l’étranger – que les autorités politiques suisses sont désireuses de donner au Renseignement stratégique de notre pays l’importance qu’il mérite et d’assumer la responsabilité politique de sa direction. A propos de la recommandation 13.4 Contrôle de l’efficacité et de la qualité La commission considère qu’il est impératif que le rapport entre les coûts et l’utilité des activités des services de renseignement soit analysé sur un plan général. Elle invite donc le Conseil fédéral à prendre les mesures qui s’imposent pour que la plus-value que constitue le Service de renseignement suisse pour la sécurité du pays, et en particulier son efficacité, puisse être mesurée. Le Conseil fédéral considère que la recommandation 13.4 mérite d’être étudiée: La demande de la DélCdG d’analyser la relation entre les coûts et l’utilité des activités des services de renseignement afin que la «plus-value qui en résulte, et en particulier son efficacité, puisse être mesurée» est, pour le Conseil fédéral, envisageable. Quant à savoir jusqu’à quel point cette demande peut obtenir un résultat pratique, seules des investigations poussées pourront, à l’avenir, fournir des renseignements précis. A l’instar de tous les pays, la Suisse sait aussi que le gouvernement peut prendre des décisions en se fondant sur une source d’information qui soit aussi indépendante que possible. Dans le domaine de la politique de sécurité en particulier, des informations qui ne peuvent être rendues publiques sont souvent nécessaires et doivent donc être acquises par le biais des services de renseignement. La vraie valeur de telles informations, en raison des décisions prises sur le plan de la politique de sécurité et qui les concernent, ne se vérifie généralement qu’après coup, et vraisemblablement aussi dans des dimensions qui n’intéressent, au premier chef, que les historiens. Tout aussi difficile est l’appréciation de l’utilité d’une analyse des services de renseignement qui, de par sa nature, doit traiter les possibilités futures de l’évolution de la situation, ainsi que d’éventuels scénarios et autres conjectures. C’est la tâche évidente de tout bénéficiaire des produits des services de renseignement que d’ambitionner, par le dialogue avec le fournisseur, un accroissement continu de la qualité. D’ailleurs, le Renseignement stratégique du DDPS a, ces derniers temps, fourni de gros efforts pour institutionnaliser ce contrôle de la qualité. Votre délégation a été informée par le DDPS, en automne 2003, de l’avancement des travaux. La question de l’efficacité de ces prestations fournies par le RS est une tâche relevant de la gestion d’entreprise qui doit être menée dans le cadre du développement du processus de gestion appliqué au domaine des services de renseignement. Au train où va l’introduction du nouveau modèle comptable de la Confédération, et en particulier avec le compte coûts-prestations, le Conseil fédéral s’attend à d’autres -- 5 of 11 -2908 progrès dans la direction espérée par la DélCdG. Dans ce sens, la recommandation de la DélCdG peut et doit être suivie. A propos de la recommandation 13.5 Prescriptions relatives au maintien du secret La commission recommande au Conseil fédéral d’examiner la pratique du maintien du secret appliquée par le Service de renseignement et, au besoin, d’adapter les prescriptions correspondantes au contexte politique actuel. Le Conseil fédéral est prêt à concrétiser la recommandation 13.5: Du point de vue du Conseil fédéral, rien ne s’oppose à ce que les bases juridiques en vigueur soient examinées dans le détail pour ce qui concerne d’éventuelles lacunes au niveau des prescriptions relatives à la protection de l’information et à ce que, le cas échéant, des révisions soient menées à bien. Dans la pratique, il existe effectivement diverses réglementations pour les services de renseignement du DDPS et du DFJP. Dès lors, le Conseil fédéral accueille favorablement, dans son ensemble, l’uniformisation de ces prescriptions et leur concentration sur les intérêts des services de renseignement dignes d’être protégés. Dans tous les cas, ces prescriptions doivent garantir une surveillance et un contrôle conséquents et transparents des activités par les organes habilités à le faire. Le Conseil fédéral est d’avis que cette problématique de la protection des informations doit être traitée dans le cadre d’un mandat donné par la Délégation pour la sécurité aux services administratifs compétents issus du processus de direction de la politique de sécurité. Par ailleurs, renvoi est fait à toutes les dispositions précédentes prises dans la perspective de la protection des informations des services de renseignement. A propos de la recommandation 13.6 Archivage et gestion des dossiers La commission invite le Conseil fédéral, en vue de la révision imminente de l’Orens, à édicter des prescriptions sur la gestion des dossiers du Service de renseignement et de veiller à l’application de la loi sur l’archivage, même dans ce domaine des activités de l’Etat. La recommandation 13.6 est en passe de se concrétiser: Depuis quelques temps déjà, le RS coopère en effet avec les Archives fédérales en vue de concrétiser cette recommandation. Cette coopération sera intensifiée, dans un proche avenir, par la mise en application des règles définies par l’art. 12 de l’ordonnance entièrement révisée du 26 septembre 2003 sur l’organisation des services de renseignements au sein du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (Orens; RS 510.291; en vigueur à compter du 1er janvier 2004) pour tout ce qui concerne les documents classifiés obtenus dans le cadre de contacts directs avec des services étrangers ou dans le cadre de l’acquisition opérative. Le Conseil fédéral est d’avis que le bon déroulement et la transparence des activités de l’administration n’ont de rapport immédiat ni avec la livraison de dossiers aux -- 6 of 11 -2909 Archives fédérales, ni avec la classification de documents. Ils résultent plutôt d’une gestion ordonnée, conforme à la loi et systématique des dossiers. Dans le cadre d’un projet interne au DDPS, les prescriptions spécifiques relatives à l’organisation de l’administration des affaires, de la gestion des dossiers et de l’archivage au RS sont également émises en collaboration avec les Archives fédérales. A propos de la recommandation 13.7 Coopération avec les sources et les informateurs La commission considère qu’il est indispensable que des règles standard claires soient élaborées pour donner un cadre à la sélection, à l’instruction et au financement d’informateurs du Service de renseignement, et que des mécanismes de contrôle appropriés soient introduits. De telles dispositions devraient indubitablement concerner tous les services de renseignement de la Confédération et pas uniquement ceux du DDPS. Le Conseil fédéral est d’avis – contrairement à la définition de la protection des sources – qu’une réglementation standard de la gestion des sources n’est pas opportune pour tous les services de renseignement et que la recommandation est déjà partiellement appliquée: La gestion des sources est un thème crucial de l’instruction de plusieurs mois donnée aux gestionnaires des sources du RS. Il existe, dans ce cadre, des directives contraignantes pour le recrutement, la gestion et le financement de prestations relevant des sources HUMINT. Le contrôle de la gestion des sources est assuré par «l’Intelligence Reporting» avec lequel les activités et les prestations des sources HUMINT sont enregistrées et documentées. Le déroulement du financement – en fonction des prestations – des sources HUMINT est soumis à un contrôle interne à plusieurs échelons dans lequel les supérieurs directs des gestionnaires des sources et la direction du RS sont impliqués. En outre, les gestionnaires des sources doivent, chaque année, rendre des comptes, à la façon d’un sondage, au représentant de l’inspection des finances. Au DDPS, le RS est le seul service de renseignement à gérer et à indemniser les sources HUMINT. La gestion des sources du RS n’est comparable avec celles des autres services de renseignement de la Confédération que dans des proportions limitées. C’est pour cette raison que le Conseil fédéral considère inopportunes la standardisation et la généralisation, pour des raisons techniques, de la réglementation de la gestion des sources. Au DFJP, la gestion des sources du Service d’analyse et de prévention (SAP), et de l’ancienne Police fédérale, est décrite depuis des années dans un manuel interne. Le DFJP l’a déjà présenté dans les détails à la DélCdG. Il est valable tant pour le SAP que pour les organes de protection de l’Etat des cantons, si tant est que ces derniers gèrent des sources et des informateurs dans le champ d’application de la loi fédérale du 21 mars 1997 instituant des mesures visant au maintien de la sûreté intérieure (LMSI). A ce propos, le manuel ne règle pas de façon contraignante et exclusive la gestion des sources. Pour une part, il ne peut, du reste, établir des règles dérogatoires en sortant du cadre légal; d’autre part, chaque cas de mise en service d’une source potentielle, et de sa gestion future, doit être jugé individuellement sur la base de son éventuelle utilité, des coûts engendrés et des risques encourus.

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2910.

Le manuel du SAP est actuellement mis à jour. Le DFJP tient la délégation informée des éventuelles nouveautés. Par ailleurs, la gestion opérative des sources est aussi contrôlée dans le cadre du paquet de révision de la LMSI II sur le besoin d’agir au niveau législatif. Le Conseil fédéral est d’avis que la responsabilité directionnelle des responsables des services de renseignement revêt une importance cruciale, tout particulièrement dans le domaine des activités opératives. S’ajoute à cela que, dans le champ d’application de la LMSI, sont définis des devoirs spécifiques de fournir aux organes politiques des rapports sur les opérations en cours impliquant la gestion des sources des services de renseignement. En relation avec les activités d’investigation des services de renseignement du DDPS et du DFJP, il faut encore prendre en considération le fait que les conditions régissant les investigations menées sur le territoire national (SAP, en se fondant sur la LMSI) et celles menées à l’étranger (RS, en se fondant sur l’art. 99 LAAM) diffèrent beaucoup. Les investigations sur le sol national se déroulent toujours en fonction du cadre juridique propre à la Suisse ou selon les règles de la coopération avec des services partenaires étrangers approuvées sur la base de la LMSI. Les investigations à l’étranger sont régies par la LAAM, mais peuvent aussi, dans les cas de nécessité, s’effectuer en dehors du domaine d’application du droit suisse. Par conséquent, l’acquisition et la gestion des sources doivent être adaptées aux particularités de chaque cas. L’élaboration de directives générales pour ces deux modes d’activités fondamentalement différents ne s’avère, dès lors, pas opportune. A propos de la constatation 13.8 Projet «Coast» La commission arrive à la conclusion qu’il n’existe aucun indice prouvant que le Service de renseignement suisse, le Groupement de l’armement ou un de leurs collaborateurs, et en particulier Peter Regli, ont été impliqués dans l’affaire du projet «Coast». C’est avec satisfaction et soulagement que le Conseil fédéral prend connaissance de cette constatation. A propos de la constatation 13.9 Coopération de l’administration dans le cadre des investigations de la DélCdG La commission proteste contre le fait qu’en diverses circonstances, les services et les employés concernés par ses investigations ont parfois mis de la mauvaise volonté à fournir des renseignements, renseignements d’ailleurs toujours lacunaires. Pour la DélCdG, la méfiance de l’administration à son égard, allant même jusqu’à des manœuvres d’obstruction, est intolérable.

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2911.

Le Conseil fédéral rejette les reproches lorsqu’ils sont adressés globalement à des services ou à l’administration en général: Le Conseil fédéral regrette que la DélCdG ait été confrontée à de pareilles difficultés au cours de ses investigations. Il est cependant convaincu qu’il ne s’agit pas là de l’expression d’une méfiance fondamentale de l’administration à l’encontre de la DélCdG. Selon les estimations du Conseil fédéral, les investigations de la DélCdG, tout comme celles des autres services, se sont parfois déroulées dans un climat politique animé. De temps à autre, l’objectivité en a fait les frais. Le Conseil fédéral et l’administration fédérale reconnaissent sans réserve le pouvoir de haute surveillance du Parlement sur les services de renseignement. Mais parler d’obstruction pour définir les difficultés rencontrées est une interprétation que le Conseil fédéral ne partage pas. Le Conseil fédéral remercie la DélCdG de l’occasion qui lui a été donnée de prendre position sur ce sujet. Par ailleurs, le Conseil fédéral, de même que les départements principalement concernés par le rapport, se déclarent prêts à informer, à l’avenir également, la DélCdG sur l’évolution des travaux relatifs à ses recommandations. En vous remerciant de l’attention que vous aurez bien voulu porter au présent avis, nous vous prions Monsieur le Président, Madame la Conseillère aux Etats, Messieurs les Conseillers nationaux et les Conseillers aux Etats, d’agréer notre haute considération.

19.

décembre 2003 Au nom du Conseil fédéral suisse: Le président de la Confédération, Pascal Couchepin La chancelière de la Confédération, Annemarie Huber-Hotz

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2912.

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Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali Examen des contacts des services de renseignement suisses avec l'Afrique du Sud du temps de l'apartheid. Rapport de la Délégation des Commissions de gestion des Chambres fédérales du 18 août 2003. Avis du Conseil fédéral In Bundesblatt Dans Feuille fédérale In Foglio federale Jahr 2004 Année Anno Band 1 Volume Volume Heft 25 Cahier Numero Geschäftsnummer --Numéro d'affaire Numero dell'oggetto Datum 29.06.2004 Date Data Seite 2903-2912 Page Pagina Ref. No 10 137 730 Die elektronischen Daten der Schweizerischen Bundeskanzlei wurden durch das Schweizerische Bundesarchiv übernommen. Les données électroniques de la Chancellerie fédérale suisse ont été reprises par les Archives fédérales suisses. I dati elettronici della Cancelleria federale svizzera sono stati ripresi dall'Archivio federale svizzero.

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