BGE 20 I 695
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1. Januar 1894Deutsch24 min
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meno nessun caso contrario, quantunque fatti di simile natura implicitamente gia nella riforma costituzionale. Gli attori stessi si siano presentati pin volte in seguito aIle frequenti riforme non hanno pin insistito su quanto essi avevano affermato nella eostituzionali di quest' ultimi anni. E il motivo si e, che se- lorn esposizione, dopo che furono contradetti dallo Stato nel condo l' opinione generale si presume ehe Ie cariche pubbliehe suo allegato di risposta. vengano conferite colla riserva sottintesa, che esse non ab- 3. I considerandi di cui sopra trovano pertanto la lofO biano a durare per tutto i1 tempo st3 bilito dalle leggi, che piena applicazione nel caso presente. II rapporto esistito fra qualora durante questo periodo di tempo non avvenga una gli attori e 10 Stato del cantone Tieino e un rapporto di diritto riorganizzazione delle autorita dello Stato mediante riforma pubblico, e la rimozione degli attori dall' impiego ha avuto la costituzionale. Ora, dato questo principio, un diritto al paga- sua causa in un decreto di riforma costituzionale. La questione mento dell' onorario per il tempo che rimarrebbe ancora a di sapere, se la rimozione da un impiego mediante legge so- deeorrere dopo cessata la carica, non esisterebbere neppure lamente obblighi 0 non obblighi 10 Stato a risarcimento, non se il rapporto fra 10 Stato ed i suoi funzionari fosse da ri fa dunque bisogno di essere risolta. guardarsi come di diritto privato. Tuttavia iI giudice partendo da ragioni d' equita, crede giu- 2. Non vi e dubbio ehe nel caso concreto si tratti di pub- stificato di non mettere a carico degli attori Ie spese ripetibili. blid funzionari. Le funzioni aIle quali attendevano gli attori Per questi motivi erano funzioni giudiziarie, e come tali form anti parte dei po- teri pubblici dello Stato. E cio che del resto non hanno con- It Tribunale federale pronuncia : testato neppure gli attori. Invece essi hanno sostenuto nella L' azione d' indennizzo inoltrata dai signori Dre in legge 101'0 esposizione di causa che illoro licenziamento e stato ref- Gerolamo Riva e avvocato Giuseppe Albrizzi e respinta. fetto della legge 2 dicembre 1892. Pero a torto. L'art. 1 delle disposizioni transitorie della riforma costituzionale 2 luglio 1892 prescrive : « Le funzioni dei membri del Consiglio di » Stato, del Tribunale di appelIo, della Camera di accusa e 108. Arret du 5 Juillet 1894 dans la cause » dei TrilmnaJi di prima istanza, eletti 0 da eleggersi in con- Zimmermann contre Vattd. » formita delle disposizioni costituzionali e legislative vigenti » prima dell' entrata in vigore della presente riforma costitu- Le mouvement anarchiste d'Avril 1892 s'est egalement » zionale, continuano sino alla rinnovazione integrale delle manifeste a Lausanne, on l'on avait signaIe la presence de » autorita suddette, da farsi a norma delle disposizioni degli plusieurs anarchistes etrangers ; des ecrits seditieux y furent » art. 15, 18, 19, 21 e 22, la quale dovra avvenire nell' epoea decouverts, et notamment Ie prefet de ce district reQut une » prevista delY art. 32, tosto che saranno state definitivamente lettre, datee du 12 Avril 1892, signee «Antoine Zimmermann, » accettate Ie relative Ieggi di esecuzione. La Legge deterrni- bottier, Halle 33, et mon camarade Neeser, bottier, Petit- » nera il termine da cui deve decorreTe it periodo di scadenza SainWean. :I> Cette lettre est de la teneur suivante : » delle auto rita elette in conformita delle disposizioni della « Nous avons decide de vous faire passer a la dynamite » presente riforma. » La legge 2 dicembre 1892 non ha fatto » pour Ie 1 er mai, pour vous apprendre a expulser des com- altro dunque che di stabilire il termine suddetto; il principio » pagnons commp, Germani. Attention a vous et a votre com- invece che la rinnovazione delle autorita esistenti e l' entrata » mandant de gendarmes. » in carica deBe nuove dovesse avvenire prima del 1895, ppoca Le 27 Avril, Ie me me fonctionnaire reQut une nouvelle in cui sarebbero spirate Ie funzioni degli attori, e contenuto lettre, sans signature, portant uniquement en grosses lettres
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ce mot « Demain. » Les rapports de la police paraissaient Une perquisition domiciliaire fut faite dans Ie courant de etablir que Zimmermann etait anarchiste. l'apres-midi dans l'appartement de Zimmermann par Ie juge Ces faits furent communiques, entre autres par office du d'instruction. Peu apres l'inculpe fut interroge par Ie prefet 28 du meme mois, au Conseil federal, en sa qualite de surveil- et il en resulta que les soupgons formes contre lui n'etaient lant superieur de la police des etrangers sur Ie territoire de pas fondes. la Confederation. (Constitution federaIe, art. 102, chiffres go Le 30 Avril, a 7 1/2 heures du soil', Zimmermann fut mis en et 100 .) liberte. Par teIegramme du 29 Avril, Ie procureur-general de la Zimmermann, age aujourd'hui de 29 ans environ, est origi- Confederation intima au departement de Justice et Police du naire de Miltenberg, royaume de Baviere ; il est cordonuier canton de Vaud l'ordre « d'arreter Mari et Cazenave, ainsi de son etat et son etablissement aLausanne date de 1889 ; il » que to us autres individus suspects de menees anarchistes s'y est marie avec une Bernoise et deux enfants sont issus de » dangereuses, de proceder a des perquisitions dans leur cette union. » domicile, de saisir leurs correspondances it la poste, en ge- Par exploit du 11 Mai 1892, Zimmermann a cite l'Etat de » neral de faire une enquete, dont vous voudrez bien nous Vaud en conciliation, sur l'action qu'il lui intente pour faire » communiqueI' les resultats sans retard. » prononcer it ses depens que Ie dit Etat est son debiteur et Le juge d'instruction cantonal avait cm toutefois devoir se doit lui faire paiement de la somme de 3001 francs avec in- declarer incompetent pour executer les mesures requises. terMs au 5 % des la dite date, a titre de dommages-interets. Par teIegramme du meme jour, Ie procureur-general de la A l'audience du juge de paix du 20 Mai, l'Etat de Vaud a » Confederation repondit qu' «il ne s'agit pas pour Ie moment declare ce qui suit: » d'une enquete judiciaire; que les rapports du departement 1 0 Les autorites vaudoises de police n' ont agi que sur direc- » de Justice et Police du canton de Vaud etablissant des tions des autorites federales competentes. Elles n'ont commis » soupgons suffisamment motives contre les anarchistes etran- aucune faute dans l'execution des ordres regus et aucun dom- » gel's, il incombe a Ia police de se procurer les preuves ne- mage n'a ete cause a Zimmermann, dont les agissements jus- » cessaires pour procedercontre eux par voie administrative tifient amplement une arrestation preventive. Toutefois, et » ou judiciaire. L'arrestation devra done et1'e executee et dans Ie but unique d'eviter un proces, l'Etat de Vaud offre a » l'enquete provisoire faite par les autorites de police. » Zimmermann 10 francs et les frais faits a ce jour, pour la Par lettre adressee sous la meme date au prefet du district journee de detention qu'il a subie. Si cette offre n'est pas de Lausanne, Ie departement vaudois de Justice et Police in- acceptee au cours de la presente audience, elle est d'ores et vite ce fonctionnaire it lui faire connaitre kt nationalite, la deja retiree. filiation et la profession du nomme Zimmermann, Antoine, 20 Si Ie proces doit suivre son cours, l'Etat de Vaud, invo- mentionne dans son rapport du 26 Avril 1892. quant l'art. 27 § 40 de la loi du 27 Juin 1874 sur l'organisa- Par office du 29 Avril, Ie departement vaudois, en trans- tion judiciaire federale, requiert que Ie Tribunal federal soit mettant au prefet les deux teIegrammes du procureur general nanti de la cause a l'exc1usion des tribunaux vaudois. susmentionnes, Ie charge de pourvoir, sans delai, au necessaire Le demandeur a repousse l'oft're de l'Etat de Vaud. et de lui adresser un prompt rapport sur l' execution. Sous date du 7 Avril 1893, Zimmermann a depose au Tri- Le lendemain, 30 Avril, Zimmermann fut arrete a 6 heures bunal federal une demande concluant a ce qu'il soit prononce du matin it son domicile, rue de l'Halle, conduit d'abord au avec depens que l'Etat de Vaud est son debiteur et doit lui bureau de police, puis transfere aux prisons de l'Eveche. faire prompt paiement de la somme de 3000 francs, avec in-
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terets au 5 % des Ie 13 Mai 1892. En meme temps Ie deman- porteur d'un mandat d'arret, cette piece n'a pas ete commu- deur requiert d' etre mis au benefice du pauvre. niquee au demandeur. Cette demande se fonde, en fait et en resume, sur Ies alIe- Ell droit, la demande fait vaIoir que Ie sieur Zimmermann gues ci-apres : a ete victime d'une arrestation arbitraire, operee dans des Le samedi 30 Avril 1892, a 6 heures du matin, alors que formes autres que celles prescrites par Ia Ioi. Comme etran- Zimmermann etait encore au lit, deux agents de police sont ger, au benefice de traites qui Ie mettent sur Ie meme pied venus frapper a sa porte; iIs Ie sommerent de les suivre chez que nos nationaux, il a Ie droit d'exiger que les memes for- Ie pretet de Lausanne, mais au lieu de l'y conduire ils l'em- malites soient observees a son egard. Cette arrestation revet menerent anx prisons de I'EvecM. II n'a ete signifie a Zim- son caractere de gravite ensuite de sa pro pre cause; signale mermann aucun mandat d'amener, de depot ou autre, et aucun et traite a tort comme anarchiste, ses chances de gain sont mandat pareil ne lui a ete remis (C. p. p. vaudois, art. 31- diminuees, sa clientele a soufIert, par la faute du preiet de 37). A cet egaI'd Ie demandeur fait etat de Fart. 4 de la cons- Lausanne, qui emploie des subaIternes mal eduques, et par la titution cantonale, aUK termes duquel nul ne peut etre pour- faute des agents qui ont provo que l'arrestation du demandeur suivi ou arrete que dans les cas determines par la Ioi et selon en negligeant les formalites les plus eIementaires. Ces fautes les formes qu'elle prescrit, et des dispositions du C. p. p., engagent la responsabilite de l'Etat de Vaud. obligeant les agents de la force publique, a part les cas de L'Etat defendeur a cru devoir, tout d'abord, denoncer l'in- flagrant delit, a etre porteurs d'un maudat et a I'emettre ce stance it. la Confederation, qui, par office du 25 Mai 1893, a mandat a la personne qu'ils arretent. Le demandeur invoque, toutefois declare expressement se refuser a prendre part au en outre, les art. 34, 35, 44 et suivants, entre autres 47, 66 proces. et suivants, 116 et suivants, 166 a 202, plus specialement les Dans les faits de sa reponse, l'Etat de Vaud conteste ex_ art. 189 et suivants et 198 du C. p. p. precite. L'arrestation pressement I'illegalite de l'arrestation et il allegue que Zim- de Zimmermann est iIIegale; il a ete conduit a l'Eveche entre mermann aurait ete signale au pretet comme anarchiste; il deux agents de police et il a traverse ainsi plusieurs rues et insiste, en outre, sur Ie mouvement anarchiste a Lausanne en places, un jour de marche. Ce n'est que dans Ie courant de 1892, sur les Iettres de menaces susmentionnees et sur. Ies 1'apres-midi que Ie juge informateur est venu v:isiter Ie de- faits que, Ie 12 Avril 1892, deux individus suspects s'etalent mandenr et lui a fait connaitre qu'il etait arrete comme anar- presentes a Ia prefecture so us pretexte de demander des ren- chiste. La lettre adressee au pretet de Lausanne, et signee seignements et que Ie 27 du meme mois un anarchiste connu Zimmermann et Neeser, est l' ffiuvre d'nn faussaire. Le deman- declarait dans un cafe de Lausanne que Ie pretet etait menace deur n'a jamais ete anarchiste ; au contraire iI a fait pendant de sauter. La reponse mentionne en suite la correspondance longtemps partie du « Katholischer Gesellenverein. » Son ar- echangee entre Ie procm'eur general de Ia Confederation et Ie restation lui a cause un grave prejudice, moral et pecuniaire ; departement de ;Justice et Police vaudois, ainsi que Ia circons- elle a fait l'objet d'interpellations et de debats au Grand Con- tance que, dans Ia nuit du 29 au 30 Avril 1892, une explosion seil du canton de Vaud et aux Chambres federales. Le chef se produisit a Prilly sous la fenetre de Ia chambre habitee du departement de Justice et Police de Vaud a reconnu lui- par la mere du prMet de Lausanne. meme qu'aucun mandat d'arret n'a ete notifie a Zimmermann; Apres Ie narre de l'arrestation, qui coIncide dans ses lignes que Ie personnel charge de l'arrestation n'avait pas l'habitude principales avec les allegues de Ia demande, la reponse ajoute de teIles operations et que bien que chacun des agents fut que Ie prefet avait procede, alors, immediatement a l'audition
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de Zimmermann, ainsi qu'a cene des temoins; que l'enquete tenee, a ordonne l'arrestation de Zimmermann et la visite a reveIe que Ie demandeur avait bien fait partie du groupe domieiliaire qui a eu lieu chez lui. Le departement de Justice anarchiste, mais qu'il s'en etait retire pour entrer dans l'eglise et Police vaudois ne saurait, des 10rs, encourir aucune res- methodiste allemande; que Zimmermann fut relache Ie jour ponsabilite, puisqu'il n'a fait qu'exeeuter les ordres de .J'auto- meme de son arrestation et que, sur Ie vu de l'enquete, Ie rite federale. Si done l'arrestation de Zimmermann etait illi- Conseil federal decida de n'y pas donner suite, ni administra- cite, - ce qni est eonteste, - Ie demandeur peut attaquer tivement, ni par voie judiciaire. L'Etat de Vaud declare enfin les autorites federales, conformement a Ia loi federale du 9 que Ie dossier de l' enquete de police se trouve entre les mains Decembre 1850. La question de savoir si l'arrestation de du procureur-general et que celui-ci n'en autorise pas la pro- Zimmermann etait arbitraire et non justifiee eoncerne les auto- duction. ~ rites federaies et, en particulier, Ie procureur-general de Ia En droit, Ia reponse de I'Etat de Vaud presente, en subs- Confederation. Le demandeur ne parait pas d'ailleurs avoir ete tance, les considerations suivantes: arrete sans motifs; il frequentait a. Lausanne des anarchistes Le droit applicable est Ie droit cantonal; par denombreux et passait pour tel; d'apres Ie dire d'un de ses coreligion- arrets Ie Tribunal fedel'al a prononce que la responsabilite de naires politiques, Zimmermann faisait partie du groupe anar- l'Etat pour Ie dommage cause par les actes de ses employes, chiste. Une leUre adressee au prefet de Lausanne Ie 12 Avril - en tant que ces actes ne se rattachent pas a l'exercice 1892, sous la signature de NeeseI' et Zimmermann, mena(jait d'une industrie, - est regIee par Ie droit cantonal. L'art. 3 de faire sauter la prefecture. Tous ces faits indiquent que de de la loi vaudoise du 25 Novembre 1863 place l'adion en justes soup(jons pesaient sur la conduite de Zimmermann. responsabilite contre I'Etat sous l'application des art. 1039 Quant a la question de savoir si Ie departement de Justice et et suivants du C. C. vaudois, lesquels ont ete abroges par la Police de Vaud et ses subalternes ont commis des fautes dans Ioi vaudoise du 31 Aout 1882 et remplaces par les art. 50 l'execution des ordres donnas par Ie procureur-general de la. et suivants C. O. C'est donc Ie C. O. qui fait regIe dans l'es- Confederation et se sout rendus coupables d'actes illegau.'{, il pece, sinon comme loi federale, tout au moins comme loi can- faut d'abord preciser les regles de droit qui regissent la ma- tonale. Pour qu'il y ait responsabilite, il faut qu'il y ait une tiere. II s'agit, dans l'espece, (l'un cas renb'ant dans la police faute et un dommage. En premier lieu Zimmermann reproche des etrangers telle qu'elle est prevue a. l'art. 70 de la Consti- it l'Etat de s'etre rendu coupable vis-a.-vis de lui d'une arres- tution federale ; Zimmermann, en effet, est etranger. II s'agit tation arbitraire et, en second lieu, que les formes dans les- donc d'un acte de police politique qui n'a rien affaire avec les queUes cette arrestation a ete faite sont illegales. Sur Ie pre- codes penaux et les codes de procedure penale fedeI'au.'{ ou mier point, ce n'est pas l'Etat de Vaud, ni ses agents qui ont cantonaux. La police des etrangers, pnrement politique, n'a ordonne l'arrestation de Zimmermann et la visite domiciliaire ; pas pour but la recherche et la repression d'nn delit; elle ne l'ordre a ete donne au defeudeur par les autorites federales vise pas necessairement des actes delietueux au point de vue competentes. A teneur de la Constitution federale, la police de la loi penale, mais seulement des actes de nature politique, des etrangers est placee dans la competence des autorites pouvant compromettre la surete interieure ou exterieure de la. federales (art. 70 C. F.) et notamment du Conseil federal Suisse. L'expulsion prevue a. l'art. 70 de la Constitution fede- (art. 102, chiffres 9 et 10 ibidem). Le procureur-general de rale n'est pas une peine, mais bien une me sure de simple la Confederation, institue par La loi du 28 Juin 1889 sur Ie police politique. Pour autoriser cette expulsion, il n'est pas. Ministere public federal, est charge tout specialement de la necessaire que l'etranger se soit rendu coupable d'un delit; police des etrangers ; c'est ce magistrat qui, dans sa compe- iI s'ensuit que toute cette matiere fait partie de la police ad-
702 C. Civiirechtspfiege. X. Civilstreitigkeiten zwischen Kantonen und Privaten, etc. :,\0 f08. 700 ministrative ou politique. L'art. 70 pre cite donne a la Confe- deration un droit d'expulsion, lequel en implique d'autres, trairement a l'opinion du procureur-general de Ia Confedera- eomme Ie droit d'enquete et, comme mayens, l'arrestation tion, Ie temoin estime qu'en matiere de perquisitions a domi- provisoire de l' etranger incrimine et la visite domiciliaire. Le cile, de saisies de correspondances a la poste, etc., la Consti- droit d'arrestation se justifie encore en vue de s'assurer de la tution et les lois canton ales doivent etre respectees et que personne de l'etranger dans Ie but de son expulsion possible. seul un magistrat judiciaire a Ie droit de fouiller un domicile L'argnmentation de Zimmermann consistant a dire que les et d'arretcr les Iettres a la poste. Cette divergence a eu pour regles du Code de procedure penale vaudois n'ont pas ete efi'et de prolonger quelque temps la detention de Zimmer- observees il'est done nullement justitiee en droit, puisque ce mann. Le prefet de Lausanne, se conformant aUK instructions Code n'est d'aucune application dans l'espece. En tout cas, du temoin, avait fait les mandats et les avait remis aux agents puisqu'il s'agit d'un acte de police federale, Ie C. p. p. fede- charges de I'arrestation. Le temoin a appris que Ie commis- ral serait seul applicable; aux termes des art. 13 et 14 de ce missaire de police n'avait pas montre a Zimmermann Ie man- Code, meme dans Ie cae ou Ia poursuite contre Zimmermann dat d'arrestation lorsqu'il penetra chez ce dernier. devrait etre consideree comme une instruction judiciaire pro- La deposition de M. Ie prefet de Lausanne, A. Pingoud, prement dite, Ie procureur-general de la Confederation avait porte, en substance, ce qui suit: Ie droit de prendre des mesures provisoires pour rassembler Le temoin avait charge Ie commissaire de police Chambaz les preuves necessaires et pour s'assurer en cas de besoin de pro ceder a l'arrestation de Zimmermann; a cet efi'et, Ie de la personne des coupables. prefet avait etabli Ie mandat SUI' un formulaire, en y ajoutant, Enfin, en ce qui touche Ie dommage cause, l' arrestation de en tete, la mention «Par ordre du procureur-general de la Zimmermann a dure quelques heures seulement ; Ie dommage Confederation suisse. » Le temoiu a appris depuis que Ie pre- materiel est donc de minime importance et Ie demandeur n'a dit commissaire, au lieu de proceder a l'arrestation reguliere pas accepte les ofi'res suffisantes que l'Etat de Vaud lui faisait de Zimmermann par signification du mandat, a remis cette en vue de sa reparation. Le dommage moral est completement piece au geolier Musy, a l'Eveche, et pas a Zimmermann. Ce nul. dernier a ete mis en liberte dans Ia soiree, immediateE.1ent Dans leur replique et duplique,les parties reprennent, avec apres avoir ete entendu. Le connnissaire Chambaz a cleclare ~uelqu~s nouveaux developpements,·leurs conclusions respec- au temoin avoir dit a,Zimmermann, pour proceder it son ar- tives. restation sans scandaIe, qu'on Ie demandait a Ia prefecture i Les 12 Mars et 17 Avril 1894, il fut pro cede, par l'offtce du au lieu d'etre conduit vel'S Ie prefet, il fut incarcere, en rea- Tribunal federal, a l'audition d'un certain nombre de temoins: lite, dans les prisons de l'Eveche. Apres avoir re~u la lettl'e les principales de ces depositions sont con~ues, en resume, de menaces, signee ~ eeser et Zimmermann, Ie tell10in a donne comme suit: des ordres pour faire surveiller celui-ci et il resuite de rap- M. Ie conseiller d'Etat Virieux, chef du departement de ports d'agel1ts que les anarchistes consideraient Zimmermann Justice et Police du canton de Vaud, a declare que les rap- cOll1ll1e etant des leurs. On Ie :filait tous les jours et on per- ports relatifs aux menees anarchistes etaient consideres par dait regulierement sa trace au bas de la rue Cheneau-de- lui comme absolument confidentiels et destines uniquement Bourg; or un anarchiste, qui avait heberge en son temps pen- au procureur-general de la Confederation. D'apres les rapports dant quelques jours PadIewsky, l'assassin du general russe -de police, Zimmermann etait compris dans les suspects. Con- Seliverstofi', et qui faisait d'ailleurs montre d'anarchisme, ha- bitait dans ces parages; c'etait un cordonnier italien du nom xx - 1894
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de Nottaris, que Ie temoin a fait arreter par Ia meme occasion. Le temoin avait communique Ie mandat a Zimmermann, qui En presence de ces faits et les allures passablement sus_ l'a Iu au poste de police. pectes du demandeur, Ie prefet n'a pas doute que Zimmermann Le commissaire Chambaz confirme d'une maniere generale ne fltt anarchiste et peut-etre l'auteur de la lettre de menaces la deposition qui precede, en ajoutant que Zimmermann n'a sl1smentionnee. Tous les jours, a cette epoque, les agents fait aucune resistance; il lui avait ete donne connaissance au charges de surveiller les anarchistes signalaient Ie depart ou poste dn mandat d'arret. II y avait fort pen de monde sur la l'arrivee d'un certain nombre de personnes qui se reudaient rue lors du transfert de Zimmermann a I 'EvecM ; les voisins all domicile des individus connus comme anarchistes a Lau- ne se sont meme apergus de rien; Ies reponses et la tenue sanue ; Ie pamphlet intitule « Unione revoluzionaria interna- dn demandeur ont ete tres con venables. zionale » a ete redige et compose pour I'impression a Lau- Le tel110in Taillens, secretaire a Ill, prefecture, confirme la sanne; ce pamphlet, ceuvre du sieur Mari, etait d'une violence deposition de son chef. extreme; il preconisait Ie meurtre, l'assassinat, Ie pillage, etc. Les autres temoins declarent n'avoir eu aucune connais- Le sieur Nottaris a eftectivement tenu les propos menattants sauce qne Zimmermann ait appartenu a la secte des anar- sllsmentionnes a l'adresse du temoin. Le prefet ajoute qu'apres chistes; ils Ie considerent comme jouissant, au contraire, avoir entendu Zimmermann, il l'a fait mettre en liberte, at- d'nne bonne reputation et ils estiment que son arrestation a tendu qu'il n'etait evidemment pour rien dans les faits objets du. nuire plus ou moins a son gain comme cordonnier. de l'enquete. Le pasteur de l'Eglise methodiste allemande a Stalnant sur ces faits et considerant en droit: dit au temoin que Zimmermann avait cesse toute relation avec 1° La demande du sieur Zimmermann se caracterise comme ses anciens amis politiques, mais qu'il avait precedemment une reclamation civile d'un particulier a l'adresse d'un canton· fait partie d'une association politique secrete; l'anarchiste La somme reclamee atteint Ie chiffre de 3000 francs et la Cazenave a dit que Zimmermann avait ete des leurs, mais qu'il competence du Tribunal federal existe, des lors, aux termes s'etait retire, voyant qu'il n'y avait rien a gagner, et qu'il de I'art. 27 chiffre 40 de l'ancienne 10i sur l'organisation judi- avait fait ensuite des demarches pour se faire admettre ciaire federale. comme membre de l'Eglise methodiste allemande; dans cette 20 II res sort aussi bien des ecritures des parties que des situation, la lettre adressee au prefet et signee Ant. Zimmer- plaidoyers de ce jour que Ia demande se fonde a Ia fois sur mann peut bien avoil' ete une vengeance des anarchistes nne arrestation arbitraire quant au fond et illegale quant ala contre ce dernier. Le temoin termine sa deposition en ajou- forme. tant qu'il y a eu un moment ou Zimmermann etait un ana1'- 3° A l'un comme a l'autre de ces points de vue, il y a lieu chiste dangereux et repute comme tel. d'examiner avant tout l'exception de defaut de qualite, soit L'agent de police Dubosson accompagnait Ie commissaire de legitimation passive de l'Etat defendenr, exception soule- Chambaz lors de I'arrestation de Zimmermann, Ie 30 Avril, a vee par ce dernier. 6 heures du matin; les agents 1'0nt attendu dans Ie corridor A cet egard il faut constater que Ie role des autorites vau- et ne sont pas meme entres dans l'appartement; ils 1'ont doises a ete essentiellement passif en la cause. Alors que les somme de venir au poste de Saint-Laurent et de la Ie temoin clites autorites, en se conformant a de precedentes instruc- l'a conduit a la prison de l'EvecM, en passant par Ill, rue tions, se sont bornees a denoncer les individus suspects, il est Neuve et la place de la Riponne; arrive a l'Eveche, l'agent etabli que l'ordre de proceder a l'arrestation et a l'incarcera- a remis Ie mandat d'arret au geMier Musy, a 6 1/l> heures. tion du demandeur est emane de l'office du procureur-general Pendant ce transfert, il y avait peu de monde dans les rues. de la Confederation. Cette circonstance resulte avec evidence
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de Ia teneur du teIegramme adresse Ie 29 Avril 1892 par Ie dit procureur-general au departement de Justice et Police du canton de Vaud, teIegramme reproduit textuellement dans les faits du present arret. A. STAATSRECHTLICHE ENTSCHElDUNGEN L'intervention officielle et autonome du Ministere public federal s'est manifestee d'une maniere plus evidente encore, si ARRETS DE DROIT PUBLIC possible, dans Ie second teiegramme, de la me me date, dans lequelle procureur-general declare positivement qu'il ne a'a- git pas pour Ie moment d'une enquete judiciaire, mais seule- ment d'une enquete provisoire a instruire par les autorites cle police. Les agents de police cantonaux, ainsi que leurs supe- rieurs charges d'executer l'arrestation cle Zimmennann a la Erster Abschnitt. - Premiere section. requete du Ministere public de la Confederation apparaissp,nt, des lors, uniquelIlent comme les organes au moyen desque~s Bundesverfassung. - Constitution federale. les ordres d'une autorite federale superieure ont ete transmlS et executes. 11 est de toute evidence que, dans cette situation, 1'0n ne saurait pretendre a bon droit que l'Etat defendeur puisse etre declare responsable des agents qui ont prOCel1e al'arrestation I. Rechtsverweigerung. - Deni de justice. incriminee. 40 L'Etat de Vaud n'apparait, des 10rs, point comme Ie 109. UrteH bom 25. DUooer 1894 in SQel)en veritable defendeur en la cause et il n'y a pas lieu d' entrer ~roen '5ieg\l.1Qrt. plus amplement en matiere sur les conclusi~ns cle la demand~, ill sur les questions litigieuses qu'elles serment de nature a A. iJCQel)bem ~nbe 1892 xQ\)er Sieg\l.1Qrt in ~ergi~\l.1t)( ge:: faire surgir. ftoroen \l.1Qr, TQm e~ QnlCij3ficf) ber ~etrung be~ iJCQcf){Qife~ 3\l.1t::
Par ces motifs, fel)en ben ~roen 3u '5treitigfeiten, htbem einige berfefben unb in Le Tribunal federal erfter mnie Q. '2>egeffer 6e~Qu~teten, ein anberer Weiter6e, ~not~ prononce: '2>iegll.1Qrt, ~a6e fiel) uerfel)iebene ®tucte QU~ bem iJCael){affe ange:: La demande du sienr Zimmermann dirigee contre l'Etat de eignet Cfie~e bie oeafrgHcf)e Qu~fu~dicf)e :varf±eUung im 6unbe~:: Vand est repoussee comme mal fondee, dans Ie sens des con- gericf)tnel)en ~ntfdleib bom 16. ®e~temoer 1893). \!Uoi~ ®teg; siderants qui precedent. \l.1Qrt er\l.1irfte bQt'(tuf am 17. Weat 1893 oei ber 06ergericf)t~:: fommiffton be~ stanton~ i)eiilll.1alben ein 113robofation~befretf burel) \l.1elel)e~ bie u6rigen ~rlien aufgeforbert \l.1urben, inned oeftimmter ~rif± i~re q3rcttenfion, al~ ~&tte er au~ bem i)cael){Qffe be~ xQuer ®ieg\l.1art fel)on einen ~et( in ~mpfang genommen, gerid)tliel) gel:: tenb 3u mael)en, \l.1ibrigeltfaU~ angenommen \l.1erbe, "baj3 bte ~erren xx - 1894 46 Lausanne. - Imp. C-eorges Bridel & G'