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Entscheid

E-854/2014

Asile et renvoi

27. Februar 2014Deutsch10 min

Asile et renvoi; décision de l'ODM du 17 janvier 2... Asile et renvoi; décision de l'ODM du 17 janvier 2014 Ice.modal.stop('form:resultTable:17:tt_ps'); Ice.modal.stop('form:resultTable:17:tt_reg');

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Erwägungen

18.

avril 1999 (Cst., RS 101) et concrétisé par l'art. 35 PA, l'obligation pour l'autorité de motiver sa décision, afin que le destinataire puisse la comprendre, l'attaquer utilement s'il y a lieu et que l'autorité de recours puisse exercer son contrôle, que, pour répondre à ces exigences, il suffit que l'autorité mentionne, au moins brièvement, ses réflexions sur les éléments de fait et de droit essentiels, autrement dit les motifs qui l'ont guidée et sur lesquels elle a fondé sa décision, de manière à ce que l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en connaissance de cause; elle n'a toutefois pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens de preuve et griefs invoqués par les parties, mais peut au contraire se limiter à l'examen des questions décisives pour l'issue du litige (cf. ATF 138 IV 81 consid. 2.2; 129 I 323 consid. 3.2, ATF 126 I 97 consid. 2a et les arrêts cités, cf. aussi Jurisprudence et informations de la -- 3 of 7 -E-854/2014 Page 4 Commission suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 2006 n° 4 consid. 5), qu'il y a violation du droit d'être entendu si l'autorité ne satisfait pas à son devoir minimum d'examiner et traiter les problèmes pertinents (cf. ATF 122 IV 8 consid. 2c, ATF 118 Ia 35 consid. 2e), qu'en l'occurrence, dans sa motivation concernant le refus de reconnaissance de la qualité de réfugié, l'ODM a estimé que les motifs d'asile avancés par l'intéressée n'étaient pas pertinents en la matière, dans la mesure où les "préjudices imputables à des tiers ne sont déterminants sous l'angle de l'art. 3 LAsi que s'ils revêtent le caractère de persécutions étatiques indirectes", qu'après un bref exposé théorique, reprenant en substance la théorie de l'imputabilité, l'office a relevé que les violences alléguées provenant de tiers et n'ayant fait l'objet d'aucune plainte auprès des autorités judiciaires ou des forces de l'ordre éthiopiennes, l'intéressée "ne pouvait prétendre n'avoir pas pu obtenir aide et protection" dans son pays d'origine, de sorte que l'Etat éthiopien ne pouvait être tenu pour responsable des préjudices allégués par la recourante, que force est de constater que la motivation de l'autorité de première instance est, d'une part, erronée et, d'autre part, incomplète, qu'en effet, la théorie de l'imputabilité, à laquelle se réfère implicitement l'ODM dans la décision attaquée, a été abandonnée au profit de la théorie dite de la protection (cf. Jurisprudence et informations de la Commission suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 2006 n° 18), que depuis ce changement de pratique, la reconnaissance de la qualité de réfugié ne dépend plus de l'auteur de la persécution, mais de la possibilité d'obtenir, dans l'Etat d'origine, une protection effective contre cette persécution, qu'en cas de persécution non étatique, répondant aux critères de l'art. 3 LAsi, la protection nationale est adéquate lorsque la personne concernée bénéficie sur place d'un accès concret à des structures efficaces de protection et qu'il peut être raisonnablement exigé d'elle qu'elle fasse appel à ce système de protection interne, -- 4 of 7 -E-854/2014 Page 5 que l'autorité est tenue de vérifier l'existence d'une telle protection dans le pays d'origine et de motiver sa décision en conséquence (cf. JICRA 2006 n° 18 précitée, consid. 10.3), qu'en l'espèce, l'autorité de première instance n'a pas procédé à cet examen, qu'une analyse minutieuse de la situation s'imposait d'autant plus in casu au vu des importantes déficiences constatées en matière de protection des femmes victimes de violences conjugales en Ethiopie (cf. JICRA n° 2006/32), que l'ODM ne pouvait pas se contenter de reprocher à la recourante de ne pas avoir dénoncé ses ennuis aux autorités de son pays, sans examiner au préalable si une protection adéquate pouvait effectivement être assurée par celles-ci, étant précisé que l'intéressée avait expressément prétendu, alors qu'il lui avait demandé si elle avait requis protection auprès des autorités, qu'elle "savait qu'elle n'avait pas la possibilité de gagner" contre son mari, que la décision du 17 janvier 2014 doit être annulée pour ce motif déjà, que la décision entreprise souffre d'un défaut de motivation encore sur la question de l'exécution du renvoi, qu'en effet l'ODM mentionne certes les dispositions applicables en la matière ou brièvement leur contenu, indiquant en outre que l'Ethiopie ne connaît à l'heure actuelle ni guerre, ni guerre civile, ni situation de violence généralisée, qu'il n'examine cependant aucunement la situation concrète de la recourante, qu'il n'est ainsi pas possible à l'intéressée de déceler les éléments qui ont permis à l'autorité d'estimer qu'aucun motif individuel ne s'opposait à l'exécution de son renvoi, que vu la nature des motifs d'asile invoqués, dont la vraisemblance n'a pas été formellement mise en cause par l'ODM et dont aucun examen n'a été fait dans la partie II (asile) de la décision, le manque d'explication sur ce point est particulièrement grave, que partant, l'ODM a violé le droit d'être entendu de la recourante, -- 5 of 7 -E-854/2014 Page 6 qu'au vu de ce qui précède, la décision du 17 janvier 2014 doit être annulée, le recours admis et la cause renvoyée à l'autorité de première instance pour nouvelle décision, que vu l'issue de la cause, les autres griefs de la recourante n'ont pas à être examinés, que le recours s'avérant manifestement fondé, il est admis dans une procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge (cf. art. 111 let. e LAsi), qu'il est renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant motivé que sommairement (cf. art. 111a al. 1 et 2 LAsi), qu'il est statué sans frais (cf. art. 63 al. 1 et 2 PA), que, cela étant, et dans la mesure où il est statué immédiatement sur le fond, la demande de dispense de paiement des frais de procédure (comme celle de l'avance de ceux-ci) est sans objet, que la recourante ayant obtenu gain de cause, il se justifie de lui allouer des dépens (cf. art. 64 al. 1 PA et art. 7 ss du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral [FITAF, RS 173.320.2]), dont l'octroi prime sur le montant accordé au titre de l'assistance judiciaire telle que requise, que le mandataire de la recourante a présenté au Tribunal un relevé de prestations, selon lequel le montant dû est de 765 francs, que l'ODM est invité à verser l'intégralité de cette somme à l'intéressée à titre de dépens, que ce montant couvre l'indemnité pour l'activité déployée en tant que mandataire dans la présente procédure de recours, (dispositif page suivante)

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E-854/2014 Page 7 le Tribunal administratif fédéral prononce:

1.

Le recours est admis.

2.

La décision du 17 janvier 2014 est annulée et la cause est renvoyée à l'ODM, pour nouvelle décision au sens des considérants.

3.

Il n'est pas perçu de frais.

4.

Un montant de 765 francs est alloué à la recourante à titre de dépens, à charge de l'ODM.

5.

Le présent arrêt est adressé à la recourante, à l'ODM et à l'autorité cantonale compétente. Le juge unique: La greffière: William Waeber Camilla Mariéthoz Wyssen

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