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Sportbetrug. Technische und andere Formen
Bourgeois Jacques · Mit-M · Nationalrat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion
Nous le savons tous, le sport est un vecteur très important pour l'image de notre pays. Les derniers succès de Fabian Cancellara, médaillé d'or aux Jeux olympiques de Rio en 2016, de Roger Federer, qui vient de remporter son 18e titre de "Grand Chelem" à l'Open d'Australie, ou les récentes médailles acquises par la délégation suisse aux Championnats du monde de ski alpin à Saint-Moritz ne peuvent que l'attester.
Le sport a non seulement un impact considérable sur l'image de notre pays, mais il est également à l'origine d'importantes retombées économiques. Vu cet état de fait, nous devons veiller à préserver les activités sportives en particulier des tricheries qui pourraient nuire considérablement à l'image de notre pays et influencer négativement les retombées économiques. Tout doit par conséquent être entrepris pour lutter contre le dopage et les fraudes qui nuisent à la réputation des sportifs propres et honnêtes ainsi qu'au sport en général.
Non seulement le dopage doit être combattu, mais d'autres formes de tricherie comme la fraude technologique ou l'escroquerie sportives doivent également l'être. L'année dernière, aux Mondiaux Espoirs féminins de cyclocross d'Heusden-Zolder, la championne d'Europe en titre s'est fait prendre avec un vélo motorisé. Aurait-on jamais pensé, jusqu'à ce jour, qu'on puisse tricher de la sorte?
Même si les instances sportives ont en principe les moyens de sanctionner les sportifs, par exemple en leur retirant leur licence, il n'en va pas de même pour celles ou ceux qui ont aidé l'athlète à tricher ou à se doper et qui se trouvent en dehors du giron de la fédération sportive en question. Il est dès lors à mes yeux important de modifier notre législation de sorte que les personnes qui aident à se doper, à tricher, puissent également être poursuivies en vertu du droit pénal suisse, tout comme les athlètes qui se dopent ou trichent. Des discussions similaires ont également lieu actuellement en France.
Dans son avis, le Conseil fédéral mentionne qu'il incombe en définitive aux fédérations sportives de mettre en place un système de sanctions efficace. Oui, les fédérations peuvent sanctionner le sportif concerné, mais qu'en est-il pour celui qui aide à tricher ou à se doper? Les fédérations sportives n'ont aucune emprise sur ces personnes.
Le Conseil fédéral mentionne également dans son avis sur ma motion que l'Etat peut punir des tiers si l'on parvient à prouver qu'ils ont commis un délit lié au dopage. J'aimerais poser, à Monsieur le conseiller fédéral Parmelin, les questions suivantes: combien de tiers ont été, au cours de ces dix dernières années, sanctionnés sur la base de cette législation? Celle-ci applique-t-elle également la fraude technologique? Qu'en est-il de l'escroquerie sportive? Si la réponse à la deuxième question est non, ne devrait-on pas adapter notre législation afin de faire face aux nouvelles formes de tricherie, comme dans le cadre de la fraude technologique?
Le sport est, comme cela a été relevé, un vecteur très important pour l'image de notre pays, qui est source de retombées économiques, alors mettons tout en oeuvre afin d'éviter d'écorner cette magnifique image.
Vu ce qui précède, je vous invite à soutenir ma motion et à garder ainsi une activité sportive la plus propre possible avec des sanctions sévères à appliquer non seulement aux athlètes qui se dopent ou trichent, mais également à toutes celles et tous ceux qui participent au processus de triche.
Parmelin Guy · BR-M · Bundesrat · Waadt
Les valeurs du sport, comme le respect des règles, l'égalité des chances, la loyauté de la compétition et la promotion de la santé à travers l'activité physique, sont dignes de protection. Cela participe à la vision humaniste, et, à ce titre, cela joue un rôle important dans l'éducation des jeunes et leur développement. Sur le plan social et sociétal, il y a donc un intérêt public évident important à protéger l'intégrité du sport.
Toutefois, un autre principe de base reconnu est celui de l'autonomie du sport. Le sport est par essence une activité de droit privé et celle-ci est autonome. L'autonomie du sport, c'est, dans le cadre légal, la possibilité pour les organisations sportives d'établir, de modifier, d'interpréter librement les "règles du jeu" de leur sport sans influence politique ou économique indue. L'influence de l'Etat sur le sport par l'édiction de dispositions pénales doit donc se limiter aux situations dans lesquelles le sport ne peut pas réagir aux menaces par ses propres moyens ou dans lesquelles la santé ou la vie des sportifs et des tiers est menacée. Une intervention de l'Etat est indiquée par exemple lorsque le sport est utilisé à des fins criminelles, pour réaliser des gains illégaux au travers de la manipulation de compétitions sportives, de même lorsque quelqu'un remet à des sportifs des produits dopants susceptibles de nuire gravement à leur santé. Par contre, l'Etat doit laisser aux fédérations sportives le soin de sanctionner des infractions aux règles du sport. L'utilisation d'engins de sport non conformes fait partie de ces infractions, et cela d'autant plus que les règles sportives ne sont pas édictées par l'Etat et qu'elles ne découlent pas d'un processus de décision démocratique.
La prise de sanctions étatiques en cas d'infraction à des règles privées contredit un principe fondamental du droit pénal, le principe de légalité. En effet, les règles privées peuvent être modifiées en tout temps et, le cas échéant, arbitrairement. Or, selon l'article 1 du Code pénal suisse, nul ne peut être puni s'il n'a commis un acte expressément réprimé par la loi et pouvant donc donner lieu à une incrimination suffisamment précise. Une norme pénale générale établissant que toute personne qui contrevient aux règles du sport doit être punie ne serait jamais conforme à ce principe de la précision des normes pénales. Dès lors, c'est aux fédérations sportives qu'il incombe de sanctionner, en vertu de leur règlement, l'utilisation d'engins de sport non autorisés, comme elles le font d'ailleurs déjà pour toutes les autres infractions aux règles du sport. Les fédérations disposent pour cela d'arbitres et de commissions disciplinaires.
Permettez-moi de vous donner une série d'exemples. Aux Championnats du monde de bob à quatre de 1997, les trois premiers bobs du classement, des bobs suisses, ont été disqualifiés parce que les axes des patins des bobs n'étaient pas conformes au règlement. En 2009, le sauteur à ski Simon Ammann a réalisé le meilleur saut lors des qualifications à une épreuve de la Tournée des quatre tremplins, mais il a été disqualifié en raison de sa combinaison non conforme au règlement. En 2013, le skieur Silvan Zurbriggen a été disqualifié lors de l'épreuve de super-G des Championnats du monde de ski parce que les plaques de ses fixations étaient trop hautes. La même mésaventure est arrivée à Didier Défago en 2005 lors du super-combiné de Val-d'Isère. En février de cette année, lors d'une épreuve de Coupe du monde de bob à quatre à Innsbruck, l'Allemand qui avait initialement terminé à la deuxième place du classement a été disqualifié, car les patins de son bob étaient trop chauds. Cette année, la Fédération internationale de ski a mis en place une nouvelle règle prévoyant qu'en ski de fond les bâtons utilisés pour le style classique ne devront désormais pas dépasser 83 pour cent de la grandeur du corps. Entamera-t-on des poursuites pénales - je me tourne vers Monsieur Bourgeois - à l'encontre des skieurs qui utilisent des bâtons trop longs?
Tous ces cas peuvent ou devraient être qualifiés sans autre de dopage technique au sens de la motion. Il n'est ni possible ni souhaitable que, pour des raisons pratiques, les ministères publics et les tribunaux aient à traiter de tels cas.
Vous venez d'expliquer, Monsieur le conseiller national, que votre motion ne vise pas tant les sportifs, que les fédérations peuvent sanctionner, mais plutôt les tiers qui aident les sportifs à frauder. Etant donné que le principe de la légalité oblige à formuler les dispositions pénales de manière très précise, il est impossible d'appliquer les normes pénales relatives au dopage à la fraude technologique. Introduire un nouvel élément constitutif d'infraction, c'est-à-dire une réglementation générale sur la fraude sportive, ou une norme spécifique concernant la fraude technologique créerait plus de problèmes que cela n'en résoudrait, comme le montrent les exemples que je viens de vous donner.
Aux questions complémentaires que vous avez posées, Monsieur Bourgeois, je réponds comme suit. La Confédération n'a connaissance d'aucune condamnation de tiers en vertu des dispositions sur le dopage figurant dans la loi sur l'encouragement du sport. Nous enregistrons tout au plus quelques condamnations pour importation ou commerce de substances dopantes. Cela montre qu'appliquer ces normes n'est en pratique pas si simple, ce que confirment d'ailleurs les expériences faites dans d'autres Etats et les discussions qui ont régulièrement lieu en la matière. De manière générale, on constate que les sanctions infligées par les fédérations sportives sont beaucoup plus efficaces que les condamnations prononcées par les tribunaux publics.
Pour ce qui concerne plus particulièrement la manipulation des compétitions dans le cadre des paris truqués, vous avez examiné dernièrement le projet de nouvelle loi sur les jeux d'argent. Dans ce projet, il y a non seulement des mesures préventives, mais aussi des dispositions pénales spécifiques permettant de sanctionner les manipulations des compétitions sportives.
Pour toutes ces raisons, qui sont avant tout aussi pratiques, le Conseil fédéral vous propose de rejeter la motion Bourgeois.
Bourgeois Jacques · Mit-M · Nationalrat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion
Monsieur le conseiller fédéral, je vous remercie pour les réponses fournies aux questions soulevées dans le développement de ma motion. Tout à l'heure, je n'ai pas parlé de la longueur des bâtons de ski, mais plutôt des cyclistes qui ont une assistance électrique dissimulée dans leur vélo, ce qui est nouveau dans cette discipline. Je sais que les fédérations sportives peuvent sanctionner les athlètes, vous l'avez dit, mais un tiers peut-il également être poursuivi pour fraude technologique selon la base légale en vigueur?
Parmelin Guy · BR-M · Bundesrat · Waadt
Je le répète: nous n'avons pas de norme pénale spécifique. Mais dans le cas qui nous occupe, la fédération a sanctionné très durement l'athlète en question pour la fraude technologique. S'il a été prouvé - ce dont je ne me souviens pas - qu'un tiers avait participé à la fraude, celui-ci aura certainement aussi été sanctionné. C'est le cas régulièrement lorsqu'il y a preuve qu'un tiers a encouragé quelqu'un à violer les règlements d'une fédération, quelle qu'elle soit.
Abstimmung
Abstimmung - Vote
Für Annahme der Motion ... 79 Stimmen
Dagegen ... 102 Stimmen
(2 Enthaltungen)