15.3736
Importverbot für Jagdtrophäen
de Buman Dominique · 1VP-M · Nationalrat · Freiburg · CVP-Fraktion
Le président (de Buman Dominique, premier vice-président): La motion Trede a été reprise par Madame Maya Graf.
Graf Maya · Mit-F · Nationalrat · Basel-Landschaft · Grüne Fraktion
Wir wechseln nun vom Gleichstellungsthema zum Tierschutz; Sie haben ja ein reichhaltiges Departement, Herr Bundesrat.
Ich vertrete hier die Motion Trede 15.3736, "Importverbot für Jagdtrophäen". Diese Motion hat zum Ziel, dass die Schweiz an den Grenzen die Einfuhr und den Transit von Trophäen geschützter Tierarten wie Elefanten, Nashörner, Eisbären sowie von Primaten und Raubtieren unterbindet, indem sie ein einfach zu vollziehendes Importverbot erlässt. Zudem soll das Importverbot auch die in der Schweiz aus ethischen Gründen verbotene Gatterjagd betreffen.
Hobbyjägerinnen und -jäger, auch rund 1500 Schweizer pro Jahr, reisen um den Globus, um seltene Tiere zu erlegen und deren Trophäen mit nach Hause zu nehmen. Bei Jagden im Ausland werden zudem Waffen und Methoden eingesetzt, deren Verwendung in der Schweiz aus Tierschutzgründen verboten ist. Zudem belegen Zahlen, dass in den acht afrikanischen Ländern mit der stärksten Trophäenjagd-Industrie nur gerade 1,8 Prozent des Tourismuseinkommens durch Trophäenjagd generiert werden können. Nur gerade 0,9 Promille des Tourismuseinkommens kommen wirklich dem Artenschutz zugute. Es kann also keine Rede davon sein, dass es hier um Tourismuseinnahmen oder um Artenschutz geht. Dem stehen nämlich Landenteignungen, illegale Abschüsse, Tierquälereien sowie Schmuggel unter dem Deckmantel der Trophäenjagd gegenüber.
Alleine in Afrika werden jährlich rund 100 000 Grosskatzen, Elefanten, Büffel, Giraffen, Zebras und Antilopen Opfer von Trophäenjägern. In den Jahren 2010 bis 2016 wurden alleine 80 Elefantentrophäen in die Schweiz eingeführt. Stellen Sie sich das vor, das sind 10 tote Elefanten, die jährlich auf das Konto von Schweizer Jagdtouristen gehen! Ausserdem wurden 38 Leoparden, 30 Flusspferde und Dutzende von Braun- und Schwarzbären gejagt. Das ist die Bilanz, und wir müssen sagen: Die Schweiz hat hier Verantwortung, sie muss handeln. Und sie ist nicht alleine. Auch andere Länder werden aktiv. Frankreich hat als Reaktion auf jüngste Trophäenjagdskandale in Afrika Importrestriktionen für Nashorn- und Löwentrophäen erlassen. Die Niederlande verbieten den Import von Trophäen von rund 200 Tierarten, und in der EU fordern 143 Europaparlamentarierinnen und -parlamentarier eine Verschärfung der Importbedingungen für Jagdtrophäen in die EU.
Wie das Importverbot für Hunde- und Katzenfelle oder das Importverbot für Robbenprodukte zeigen, sind Importbeschränkungen aus Tierschutzgründen rechtens und bestehen auch vor der Welthandelsorganisation. Die Motion, die wir Ihnen hier vorlegen, ist pragmatisch genug formuliert, um unbedenkliche Trophäenimporte - etwa Hirschgeweihe aus Europa - weiterhin zu ermöglichen. Gleichzeitig setzt sie aber ein deutliches Zeichen gegen das Töten von bedrohten Tieren aus blossen Prestigegründen. Auch die Bevölkerung unterstützt dieses Anliegen: Am 4. April 2017 wurde eine Petition mit 12 400 Unterschriften eingereicht, die von Ocean Care, der Stiftung für das Tier im Recht, Animal Trust und Pro Wildlife organisiert worden war.
Ich bitte Sie daher heute, diese Motion anzunehmen. Bei der Trophäenjagd werden die grössten und für die Arterhaltung wichtigsten Tiere getötet. Die Trophäenjagd fördert die Wilderei, und die Kontrolle des internationalen Handels mit bedrohten Tier- und Pflanzenarten durch das Cites-Abkommen wird untergraben. Bei der Trophäenjagd werden tierschutzrechtlich nicht tolerierbare Methoden eingesetzt, und die ökonomischen Einnahmen aus der Trophäenjagd leisten einen absolut unerheblichen Beitrag zum Arten- und Biodiversitätsschutz.
Aus all diesen Gründen bitte ich Sie, diese Motion zu unterstützen.
Rime Jean-François · Mit-M · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei
Je déclare tout d'abord mes liens d'intérêts: je suis chasseur. Mais je n'ai jamais tiré ni un éléphant, ni un lion, ni d'autres animaux protégés.
Il me semble que vous faites une erreur dans votre motion: savez-vous que l'éléphant n'est pas systématiquement protégé, qu'il y a trop d'éléphants dans certains pays et que la chasse, bien réglementée, y est organisée?
Vous avez également évoqué la France, un pays que nos collègues de gauche aiment bien - pour le moment en tout cas. Or, vous savez que le gouvernement français organise des chasses dans des réserves grillagées et clôturées et que des parlementaires - je ne sais pas si certains d'entre eux sont ici présents; pour ma part, j'y ai été invité, mais je n'y suis jamais allé - sont allés chasser dans ces parcs où vous voulez interdire la chasse?
Graf Maya · Mit-F · Nationalrat · Basel-Landschaft · Grüne Fraktion
Geschätzter Herr Kollege, was ich ganz bestimmt weiss, ist, dass all jene Jägerinnen und Jäger in der Schweiz, die Tierschutz und Tierwürde achten, diese Motion unterstützen.
Berset Alain · VPBR-M · Bundesrat · Freiburg
Je crois pouvoir dire, au nom du Conseil fédéral, que c'est un problème que nous prenons au sérieux et qui nécessite notre attention. Toutefois, nous sommes absolument convaincus, profondément convaincus, que ce n'est que dans le cadre international multilatéral que nous pourrons le régler. Nous pesons de tout notre poids dans ce sens et nous menons nos activités, notamment en nous engageant dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Dès lors, la circulation internationale des trophées de chasse - cela concerne aussi leur importation en Suisse - est soumise aux dispositions de cette convention.
C'est vrai, cette convention n'interdit pas fondamentalement tout commerce. Par contre, elle veille à ce que le commerce international des animaux sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent; elle garantit que le commerce ne nuit pas à la conservation de la biodiversité en se basant sur une utilisation durable des espèces sauvages, et elle soumet ce commerce à des règles très strictes, et d'autant plus strictes si l'espèce visée pourrait être menacée. Par exemple, dans le cas de certaines espèces, le commerce n'est possible qu'exceptionnellement et est soumis à des conditions extrêmement strictes.
Nous sommes convaincus que ce n'est que dans ce cadre que nous pouvons agir, parce que le problème ne vient souvent pas de la manière dont nous traitons ces questions en Suisse, mais de la manière dont la question est gérée dans les pays d'origine. Nous sommes convaincus que pour pouvoir avoir une certaine influence, pour pouvoir accompagner ces questions, pour pouvoir faire bouger les choses, eh bien, nous devons nous engager sur le plan international, et c'est ce que nous faisons.
Le commerce des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction dépasse le cadre national. Sa réglementation relève d'une coopération internationale. La CITES a précisément été conçue dans un esprit de coopération. C'est pour cela que nous privilégions l'engagement sur le plan international.
Il existe des programmes qui permettent d'éviter la surexploitation. C'est ce qui nous paraît être l'objet principal. Une interdiction unilatérale de la part de la Suisse - nous partons de cette idée - ne résoudrait pas grand-chose puisque c'est en fait la surexploitation sur place que nous devons pouvoir éviter. Il faut encourager les populations locales à donner les meilleures conditions de vie possibles aux espèces sauvages. Il existe des programmes qui aident les populations locales à préserver ces animaux. Interdire tout commerce reviendrait, en tout cas potentiellement, à torpiller en partie ces efforts.
Le dernier point concerne la chasse en enclos. Concernant l'interdiction d'importer des trophées issus de la chasse en enclos, c'est la législation de l'Etat dans lequel a lieu la chasse qui s'applique. Je répète que nous croyons à une implication dans le cadre de la CITES. C'est ce qui, jusqu'à aujourd'hui, nous a permis, je crois, d'obtenir le plus d'effets. Il faut bien voir que si nous devions décider de ce qui est ou n'est pas chez nous une chasse en enclos, cela ouvrirait la porte à toute une série de questions de délimitation. Ce n'est pas toujours d'une immense clarté, notamment pas si on pense à la question des réserves: on n'est pas toujours en mesure de savoir exactement à partir de quand on peut définir qu'une chasse en enclos a été organisée. Il nous paraît donc difficile, voire impossible, de faire la différence. A la frontière, au moment de l'importation, la différence est aussi difficile à faire si ce n'est pas réglé dans un cadre multilatéral.
Tous nos efforts, tout notre engagement se concentrent sur l'application de la CITES, dont le siège est d'ailleurs situé à Genève. Donc, nous avons une responsabilité particulière à l'égard de cette convention et nous prenons cette responsabilité très au sérieux. Nous pensons que c'est dans ce cadre que nous devons mettre l'accent pour déployer nos efforts.
C'est l'argumentation par laquelle le Conseil fédéral vous invite à rejeter la motion Trede.
Chevalley Isabelle · Mit-F · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion
Monsieur le conseiller fédéral, la motion ne vise pas à interdire la chasse, mais elle prévoit uniquement d'interdire l'importation des trophées de chasse. Ne trouvez-vous pas un peu hypocrite, de la part de la Suisse, de s'engager à l'étranger pour lutter contre le massacre d'animaux en voie de disparition et, dans le même temps, de laisser importer des trophées de chasse?
Berset Alain · VPBR-M · Bundesrat · Freiburg
Madame Chevalley, je pourrais vous rétorquer, au nom du Conseil fédéral, que nous estimerions plutôt hypocrite de nous mettre la tête dans le sable, d'interdire l'importation de trophées de chasse sans nous engager sur le terrain pour que la situation s'améliore, afin d'éviter une surexploitation sur le terrain. C'est dans ce sens que nous nous engageons.
Nous pensons qu'une interdiction d'importation en Suisse ne ferait pas autre chose que de nous donner bonne conscience. Nous ne pensons pas qu'une simple interdiction d'importation en Suisse permettrait d'améliorer véritablement la situation là où il faut l'améliorer, c'est-à-dire dans les pays dans lesquels la chasse est pratiquée. Nous sommes convaincus que l'engagement dans le cadre de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, qui a son siège à Genève, nous permet d'améliorer la situation.
C'est par cette argumentation, je le répète, que je vous invite à rejeter la motion.
Graf Maya · Mit-F · Nationalrat · Basel-Landschaft · Grüne Fraktion
Herr Bundesrat, Sie haben gesagt, die Schweiz könne nicht alleine handeln, und Sie möchten das mit anderen Ländern tun. Das ist gut, aber man sollte das eine tun und das andere nicht lassen.
Können Sie mir sagen, warum dann Frankreich Importrestriktionen für Nashorn- und Löwentrophäen erlassen hat und die Niederlande den Import von Trophäen von rund 200 Tierarten verbieten?
Berset Alain · VPBR-M · Bundesrat · Freiburg
Je ne vais certainement pas répondre pour les Etats voisins, souverains, qui prennent leurs responsabilités. J'aimerais toutefois vous rappeler, Madame Maya Graf, qu'il est possible, y compris dans notre pays, que le Parlement agisse contre la volonté du Conseil fédéral et prenne de telles décisions.
Nous avons eu par le passé une assez longue discussion sur l'interdiction d'importer des ailerons de requin, cela avait suscité un grand débat dans le pays, jusqu'au moment où nous nous sommes rendu compte qu'il n'y avait aucune importation d'ailerons de requin. Peut-être qu'il vaudrait la peine, pour cette question également, d'examiner la situation réelle.
Nous avons eu affaire à une motion au sujet de laquelle il a fallu donner une réponse rapidement. Nous privilégions véritablement l'engagement sur le plan international, parce que nous sommes convaincus qu'il faut pouvoir, autant que possible, mettre en lumière les situations qui peuvent être améliorées dans les pays d'origine, et nous sommes effectivement convaincus que ce n'est pas avec une interdiction d'importation que nous réglerons le problème de manière unilatérale.
Dans le cadre de la CITES, il est naturellement possible d'avoir des restrictions très, très fortes, et c'est comme cela que nous arrivons vraiment à faire bouger les choses. Lorsque ce n'est pas seulement un seul pays, sur un nombre très important de pays, qui interdit l'importation de telles choses, mais que l'ensemble des parties à la convention décident de limiter ou d'interdire un commerce, alors cela a vraiment un effet sur le terrain.
Abstimmung
Präsident (Stahl Jürg, Präsident): Der Bundesrat beantragt die Ablehnung der Motion.
Abstimmung - Vote
Für Annahme der Motion ... 72 Stimmen
Dagegen ... 118 Stimmen
(2 Enthaltungen)