02.3576 · Postulat · 2002-10-03
Département des affaires étrangères
Liquidé
Wortlaut
Le 20 novembre prochain, la Journée mondiale des enfants sera cofinancée par l'entreprise McDonald's international.
Je demande au Conseil fédéral d'intervenir auprès de l'Unicef avec la plus grande fermeté, afin que la journée anniversaire mondiale de l'adoption de la Convention relative aux droits de l'enfant ne soit pas exploitée commercialement par un partenariat privé.
Le Conseil fédéral se doit de défendre une conception de l'enfant à considérer comme un citoyen qui doit s'épanouir et non comme un employé qu'il faut exploiter et un client qu'il faut racoler.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
La Journée mondiale des enfants de McDonald's est une initiative privée, lancée par McDonald's et sa fondation Ronald McDonald House Charities dans le but de récolter des fonds devant servir la cause des enfants. Elle se déroule en parallèle de la Journée mondiale de l'enfance (20 novembre) organisée par l'ONU.
L'Unicef, après avoir été approchée par McDonald's, a estimé que toutes les conditions pour un partenariat satisfaisant n'étaient pas remplies et n'a pas désiré s'associer à son initiative au niveau international. En revanche, aux États-Unis, Unicef a accepté que McDonald's s'associe à l'initiative "Trick or treat pour l'Unicef " qui a lieu chaque année depuis plus de cinquante ans lors d'Halloween. Dans ce cadre, McDonald's est associé aux partenaires habituels de l'initiative (écoles, ONG, entreprises). L'Unicef espère ainsi augmenter la portée de ce programme dont les bénéfices iront entièrement au combat contre la poliomyélite.
En Suisse, il n'y a aucune collaboration entre l'Unicef et McDonald's.
Il convient de relever que l'Unicef a une longue histoire de collaboration avec le secteur privé. Elle est l'agence onusienne qui a le plus développé ce type de partenariats. L'Unicef a établi des règles et critères précis encadrant ces partenariat, refusant systématiquement des entreprises d'armement ou de produits interdits aux enfants, et exigeant notamment un engagement concret en faveur des droits de l'homme. De plus, l'Unicef étudie et évalue constamment sa coopération avec le secteur privé afin de s'assurer que ses partenaires s'acquittent de leurs obligations.
Le Conseil fédéral estime que le secteur privé a un rôle majeur à jouer dans la promotion et la protection des droits de l'enfant et des droits de l'homme en général, ainsi que dans la poursuite des buts des Nations Unies, en particulier les objectifs de développement du millénaire. Reconnaissant l'existence de limites à cet engagement du secteur privé ainsi que la nécessité d'un contrôle régulier, le Conseil fédéral partage l'approche de partenariats constructifs et lucides appliquée par l'Unicef et les autres institutions des Nations Unies.
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.