Standing: How later courts treated this decision has not been analysed.

CDP.2012.318

Absence ou insuffisance de recherches d'emploi. Suspension du droit aux indemnités.

N° dossier: CDP.2012.318

Autorité: CDP

Date décision: 05.06.2014

Publié le: 27.06.2014

Titre: Absence ou insuffisance de recherches d'emploi. Suspension du droit aux indemnités.

Résumé: Il est admissible et compréhensible que durant les premiers mois de son chômage, un assuré recherche avant tout un nouvel emploi dans son ou ses anciens domaines d’activités professionnelles. Lorsque ce chômage se prolonge, l’ORP est en droit d’exiger que l’assuré étende son domaine de recherches, notamment dans des secteurs où il a déjà travaillé.

Faits

A. X. s'est inscrit au chômage le 1er avril 2011 et était au bénéfice d'un délai-cadre d'indemnisation de deux ans. En date du 5 avril 2012, il a signé un rapport d'audition dans lequel il indiquait désirer orienter ses recherches dans le secteur industriel et y obtenir un emploi, voire une formation. Il avait une possibilité de test chez A. SA afin d'évaluer ses aptitudes pour un apprentissage (CFC d'opérateur sur machines). En cas de réponse négative, X. s'était engagé à effectuer des recherches au minimum à 50 % dans le domaine de la restauration, domaine où il avait travaillé en dernier durant trois ans (aide de cuisine). Ledit test, passé les 2 et 3 mai 2012, s'est soldé par un échec.

Par décision du 19 juillet 2012, l'ORP a suspendu ses indemnités de chômage pour une durée de trois jours en raison de l'insuffisance de preuves de recherches d'emploi dans le secteur de la restauration pour le mois de mai 2012. X. s'est opposé à cette décision le 23 août 2012 considérant qu'il n'avait pas de qualification particulière dans ce domaine et qu'il ne tenait pas nécessairement à travailler comme aide de cuisine. Il a également estimé qu'il avait plus de chances de trouver rapidement un emploi polyvalent plutôt que de répondre à une annonce pour laquelle il n'avait pas de formation. Il a enfin argué du fait qu'il avait travaillé plus longtemps dans l'industrie que dans la restauration. Par décision du 5 octobre 2012, l'ORP a rejeté l'opposition formulée par X. estimant qu'il n'avait pas amené, dans son écrit, d'éléments pouvant être pris en considération.

B. Agissant seul, X. recourt devant la Cour de céans contre la décision précitée, en concluant à son annulation. En substance, il invoque les mêmes motifs que ceux figurant dans son opposition du 23 août 2012.

C. L'ORP a renoncé à formuler des observations et conclut au rejet du recours.

Considérants

en droit

1. Interjeté dans les formes et délai légaux, le recours est recevable.

2. a) Selon l'article 30 al. 1 let. c LACI, le droit de l'assuré à l'indemnité est suspendu lorsqu'il est établi que celui-ci ne fait pas tout ce qu'on peut raisonnablement exiger de lui pour trouver un travail convenable. Une telle mesure – qui n'a pas un caractère pénal, mais constitue une sanction de droit administratif (ATF 124 V 225 cons. 2b) – vise à faire participer l'assuré de façon équitable au dommage qu'il cause à l'assurance-chômage, en raison d'une attitude contraire aux obligations qui lui incombent (ATF 125 V 197 cons. 6a, 122 V 34 cons. 4c/aa). Cette disposition doit être mise en relation avec l'article 17 al. 1 LACI, aux termes duquel l'assuré qui fait valoir des prétentions d'assurance doit, avec l'assistance de l'office du travail compétent, entreprendre tout ce qu'on peut raisonnablement exiger de lui pour éviter le chômage ou l'abréger; il lui incombe, en particulier, de chercher du travail, au besoin en dehors de la profession qu'il exerçait précédemment. Cette obligation ne doit cependant pas être appliquée trop strictement au début de la période de chômage. Un travailleur peut ainsi, dans un premier temps, limiter ses recherches à son secteur habituel d'activité, pour autant toutefois que celui-ci offre des places vacantes (ATF 139 V 524). Pour trancher le point de savoir si l'assuré a fait des efforts suffisants pour trouver un travail convenable, il faut tenir compte aussi bien de la quantité que de la qualité des démarches entreprises (ATF 124 V 225 cons. 4).

b) Conformément à l'article 26 al. 2 OACI, en s'inscrivant pour toucher des indemnités, l'assuré doit fournir à l'office compétent la preuve des efforts qu'il entreprend pour trouver du travail.

3. a) En l'espèce, X. était au chômage depuis un an déjà et avait signé un rapport d'audition, lequel mentionnait très clairement son obligation d'entreprendre des recherches à 50 % dans les autres secteurs où il avait de l'expérience, à savoir essentiellement celui de la restauration, en cas d'échec à un test d'aptitude dans le secteur industriel. Cet examen s'est effectivement soldé par un revers et le dossier ne fait état que d'une seule preuve de recherche d'emploi dans le domaine de la restauration. Par ailleurs, le recourant admet lui-même, dans son mémoire, qu'il ne souhaitait pas particulièrement travailler en tant qu'aide de cuisine. En agissant de la sorte, il n'a pas tenu l'engagement qu'il avait signé, si bien qu'il faut considérer son comportement comme fautif.

b) D'après l'article 30 al. 3 LACI, la durée de la suspension dans l'exercice du droit à l'indemnité est proportionnelle à la gravité de la faute. Elle est de 1 à 15 jours en cas de faute légère, 16 à 30 jours en cas de faute d'une gravité moyenne et 31 à 60 jours en cas de faute grave (art. 45 al. 2 OACI). La fixation de la durée de la suspension relève du large pouvoir d’appréciation de l’autorité de première instance et l’autorité de recours n’intervient qu’en cas d’arbitraire ou d’abus manifeste du pouvoir d’appréciation. La Cour de céans ne dispose en effet pas en matière d'assurance-chômage d'un pouvoir d'examen en opportunité (art. 33 let. d LPJA) de sorte qu'elle ne peut sanctionner en matière de suspension du droit aux indemnités, prononcé selon l'article 45 OACI, qu'un excès ou un abus du pouvoir d'appréciation (ATA du 23.05.2008 [TA.2008.98] cons. 2d). Au demeurant, dans ce domaine, le juge ne s'écarte de l'appréciation de l'administration que s'il existe de solides motifs (ATF 123 V 150 cons. 2).

c) La durée de la suspension du droit à l'indemnité de chômage est fixée compte tenu non seulement de la faute, mais également du principe de proportionnalité. En tant qu'autorité de surveillance, le SECO a adopté un barème (indicatif) à l'intention des organes d'exécution (Bulletin LACI IC, D72). Un tel barème constitue un instrument précieux pour ces organes lors de la fixation de la sanction et contribue à une application plus égalitaire dans les différents cantons. Cela ne dispense cependant pas les autorités décisionnelles d'apprécier le comportement de l'assuré compte tenu de toutes les circonstances – tant objectives que subjectives – du cas concret, notamment des circonstances personnelles, en particulier celles qui ont trait au comportement de l'intéressé au regard de ses devoirs généraux d'assuré qui fait valoir son droit à des prestations (arrêt du TF du 26.06.2012 [8C_64/2012] cons. 2.1). La sanction infligée s'avérant être la suspension minimale prévue dans un tel cas (Bulletin LACI IC, D72, ch. 1.C.1), la Cour de céans estime que l'autorité intimée n'a ni excédé ni abusé de son pouvoir d'appréciation, de sorte que sa décision ne prête pas le flanc à la critique.

4. Au vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté. Il est statué sans frais, la procédure étant en principe gratuite (art. 61 let. a LPGA). La recourante, qui succombe, n’a pas droit à des dépens.

Dispositif

Par ces motifs,
la Cour de droit public

1. Rejette le recours.

2. Statue sans frais ni allocation de dépens.

Neuchâtel, le 5 juin 2014

Art. 171LACI

Devoirs de l'assuré et prescriptions de contrôle

1 L'assuré qui fait valoir des prestations d'assurance doit, avec l'assistance de l'office du travail compétent, entreprendre tout ce qu'on peut raisonnablement exiger de lui pour éviter le chômage ou l'abréger. Il lui incombe, en particulier, de chercher du travail, au besoin en dehors de la profession qu'il exerçait précédemment. Il doit pouvoir apporter la preuve des efforts qu'il a fournis.

2 En vue de son placement, l'assuré est tenu de se présenter à sa commune de domicile ou à l'autorité compétente aussitôt que possible, mais au plus tard le premier jour pour lequel il prétend à l'indemnité de chômage; il doit ensuite se conformer aux prescriptions de contrôle édictées par le Conseil fédéral.2

3 L'assuré est tenu d'accepter tout travail convenable qui lui est proposé. Il a l'obligation, lorsque l'autorité compétente le lui enjoint, de participer:3

a.4

aux mesures relatives au marché du travail propres à améliorer son aptitude au placement;

b.5

aux entretiens de conseil, aux réunions d'information et aux consultations spécialisées visées à l'al. 5;

c.

de fournir les documents permettant de juger s'il est apte au placement ou si le travail proposé est convenable.

4 Le Conseil fédéral peut partiellement libérer de leurs obligations les assurés âgés frappés par un chômage de longue durée.

5 L'office du travail peut, dans des cas particuliers, diriger les assurés sur des institutions publiques ou d'utilité publique adéquates pour des consultations d'ordre psycho-social ou professionnel pour autant que cette mesure se révèle utile après examen du cas. Ces institutions perçoivent une indemnité dont le montant est fixé par l'organe de compensation.

1 Nouvelle teneur selon le ch. I de la LF du 23 juin 1995, en vigueur depuis le 1er janv. 1996 (RO 1996 273; FF 1994 I 340).
2 Nouvelle teneur selon le ch. I de la LF du 22 mars 2002, en vigueur depuis le 1er juil. 2003 (RO 2003 1728; FF 2001 2123).
3 Nouvelle teneur selon le ch. I de la LF du 22 mars 2002, en vigueur depuis le 1er juil. 2003 (RO 2003 1728; FF 2001 2123).
4 Nouvelle teneur selon le ch. I de la LF du 22 mars 2002, en vigueur depuis le 1er juil. 2003 (RO 2003 1728; FF 2001 2123).
5 Nouvelle teneur selon le ch. I de la LF du 22 mars 2002, en vigueur depuis le 1er juil. 2003 (RO 2003 1728; FF 2001 2123).

Provisions amended since

This decision construes provisions whose act has since been consolidated again. Whether the article itself changed is not recorded.

  • Verordnung über die obligatorische Arbeitslosenversicherung und die Insolvenzentschädigung, Art. 26 and Art. 45 — read in the version of January 1, 2013; the act was consolidated again on February 1, 2016, January 1, 2017, August 1, 2017, July 1, 2018, January 1, 2019, March 13, 2020, March 21, 2020, April 9, 2020, September 1, 2020, October 1, 2020, January 1, 2021, April 1, 2021, July 1, 2021, October 1, 2021, January 1, 2022, April 1, 2022, February 7, 2023, September 1, 2023, January 1, 2024, August 1, 2024, August 1, 2025, November 1, 2025, January 1, 2026, and August 1, 2026.
  • Bundesgesetz über die obligatorische Arbeitslosenversicherung und die Insolvenzentschädigung, Art. 17 and Art. 30 — read in the version of January 1, 2014; the act was consolidated again on January 1, 2017, September 1, 2017, January 1, 2018, July 1, 2018, January 1, 2019, January 1, 2020, September 26, 2020, January 1, 2021, March 20, 2021, July 1, 2021, December 18, 2021, January 1, 2022, January 1, 2023, September 1, 2023, January 1, 2024, May 1, 2025, September 27, 2025, and January 1, 2026.
  • Bundesgesetz über den Allgemeinen Teil des Sozialversicherungsrechts, Art. 61 — read in the version of January 1, 2012; the act was consolidated again on October 1, 2019, January 1, 2021, June 18, 2021, November 10, 2021, January 1, 2022, and January 1, 2024.