Recommandation relative à l’évaluation des odeurs

Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication DETEC

Aide à l’exécution UV-2656

Recommandation relative à l’évaluation des odeurs (Recommandation sur les odeurs)

État 09/2026 Versions précédentes aucune

Base légale OPair, art. 2, al. 5, let. b

Annexe 1 Détermination de la nuisance olfactive à l’aide de facteurs spécifiques à l’espèce animale Annexe 2 Questionnaire Annexe 3 Glossaire

Thématiques spécialisées concernées ● Air

Paysage Biodiversité

Biotechnologie

Climat

EIE Bruit

Eaux Accidents majeurs

Déchets

Forêts et bois

Sols Dangers naturels

Electrosmog et lumière

Produits chimiques

Sites contaminés Droit

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Impressum

Valeur juridique La présente publication est une aide à l’exécution élaborée par l’OFEV en tant qu’autorité de surveillance. Destinée en premier lieu aux autorités d’exécution, elle concrétise les exigences du droit fédéral de l’environnement (notions juridiques indéterminées, portée et exercice du pouvoir d’appréciation) et favorise ainsi une application uniforme de la législation. Si les autorités d’exécution en tiennent compte, elles peuvent partir du principe que leurs décisions seront conformes au droit fédéral. D’autres solutions sont aussi admissibles dans la mesure où elles sont conformes au droit en vigueur.

Éditeur Office fédéral de l’environnement (OFEV) L’OFEV est un office du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC).

Contributeurs ecolot GmbH, Haute école spécialisée de Suisse orientale (FH OST)

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Cette publication est également disponible en allemand et en italien. La langue originale est l’allemand.

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1 Introduction

1.1 But

Le but premier de cette recommandation est de montrer comment il est possible de déterminer méthodiquement, au moyen de procédés standardisés, si les immissions d’odeurs d’une installation sont excessives au sens de l’art. 2, al. 5, let. b, de l’ordonnance du 16 décembre 1985 sur la protection de l’air (OPair ; RS 814.318.142.1). En vertu de cette disposition, les immissions d’odeurs sont considérées comme excessives s’il est établi, sur la base d’une enquête, qu’elles incommodent sensiblement une importante partie de la population. Les calculs sur modèle et les inspections sur le terrain, dans la mesure où ils sont réalisés conformément à la présente recommandation, remplissent les critères d’une enquête au sens de l’art. 2, al. 5, let. b, OPair. Par ailleurs, la recommandation renseigne sur la façon de traiter les plaintes relatives aux odeurs et elle décrit des procédures simplifiées et des évaluations sommaires pouvant être utilisées, par exemple, pour une première évaluation de la situation. Elle définit également des standards pour la mesure des concentrations d’odeur (olfactométrie) et pour le dimensionnement correct des cheminées rejetant de l’air chargé d’odeurs.

1.2 Champ d’application

Cette recommandation a pour champ d’application la détermination et l’évaluation des émissions et des immissions d’odeurs provenant d’installations stationnaires nouvelles ou existantes. S’agissant des immissions, elle sert principalement de base à l’évaluation des immissions d’odeurs, effectives ou prévues, qui sont liées à des activités industrielles, artisanales ou agricoles. Le critère d’appréciation déterminant est la part d’heures odorantes, c’est-à-dire la fréquence à laquelle une odeur est perçue au cours d’une période donnée. La présente recommandation définit la part d’heures odorantes à partir de laquelle une odeur est considérée comme une immission excessive. De son côté, la recommandation Cercl’Air no 36 « Exécution des distances minimales pour les installations d’élevage » sert à calculer les distances minimales à respecter, à titre préventif, entre une installation d’élevage projetée et des zones habitées, conformément à l’annexe 2, ch. 512, OPair. Selon une règle générale, il faut s’attendre à des immissions excessives lorsque les distances minimales réduites ne sont pas respectées pour les installations d’élevage nouvelles ou existantes. Il convient de se baser sur cette règle générale tant qu’aucune autre conclusion ne ressort de clarifications plus précises réalisées à l’aide de la recommandation relative aux odeurs (arrêt du Tribunal fédéral 1A.58/2001 du 12 novembre 2001).

1.3 Détermination des immissions d’odeurs

Nombreux sont les processus de production qui entraînent la formation de petites ou très petites quantités de substances chimiques qui, une fois arrivées dans l’air, peuvent être perçues par l’odorat humain. Ces substances odorantes peuvent être à l’origine de conflits si elles atteignent les zones d’habitation voisines. La perception des odeurs varie d’une personne à l’autre en fonction de son expérience ou de son exposition. Si l’exposition à des immissions d’odeurs est importante en termes de fréquence ou d’intensité, les personnes concernées peuvent ressentir une gêne insupportable et réagir, par exemple, en déposant plainte auprès des autorités. Cette recommandation décrit différentes méthodes de détermination des immissions d’odeurs et présente les critères d’évaluation correspondants. Avant d’appliquer ces méthodes, il est également possible d’employer des méthodes auxiliaires simples, telles que la tenue d’un journal de bord, la réalisation d’essais fumigènes, la collecte de données météorologiques ou la mise en place d’une gestion des conflits ou d’une ligne d’assistance téléphonique (cf. point 6.1).

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Tableau 1 : Méthodes de détermination et d’évaluation des odeurs

Domaine Méthode Principe Paramètre Critères Normes d’évaluation de référence

Transmission / Calcul sur Modélisation de la Part d’heures Recommandation VDI 3783, immission modèle dispersion sur la base du odorantes sur les odeurs feuillet 13 champ de vent et de la (fréquence de (point 3.1) VDI 3945, topographie l’odeur en %) feuillet 3

Immission Inspection sur Déploiement de panélistes Part d’heures Recommandation SN EN 16841-1 le terrain dûment formés, selon un odorantes sur les odeurs plan d’échantillonnage (fréquence de (point 3.2) prédéfini l’odeur en %)

Immission Sondage Sondage auprès des Niveau de gêne Recommandation VDI 3883, riverains de la zone sur les odeurs feuillet 1 d’habitation impactée (point 4.1)

Émission Olfactométrie Dilution d’échantillons Concentration Recommandation SN EN 13725 d’odeurs jusqu’à leur seuil d’odeur (uo/m3) sur les odeurs VDI 3880 de perception olfactive (point 4.2) VDI 3882, feuillets 1 et 2 VDI 3884, feuillet 1

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2 Évaluation sur la base de critères standardisés

2.1 Procédure

Conformément au principe de prévoyance défini à l’art. 11, al. 2, de la loi du 7 octobre 1983 sur la protection de l’environnement (LPE ; RS 814.01), il importe, indépendamment des nuisances existantes, de limiter les émissions dans la mesure que permettent l’état de la technique et les conditions d’exploitation et pour autant que cela soit économiquement supportable. En cas de plaintes ou de litiges liés à des immissions d’odeurs, il convient donc, avant d’enquêter sur l’ampleur possible de ces immissions, de vérifier dans un premier temps si les limitations préventives des émissions imposées par la LPE et l’OPair sont respectées. Les prescriptions concrètes (p. ex. distances minimales pour les installations d’élevage, valeurs limites pour des composés organiques, hauteur des cheminées) et les exigences générales en matière de limitation des émissions (état de la technique visé à l’art. 4 OPair) doivent être prises en compte pareillement. En vertu de l’art. 11, al. 3, LPE, les émissions seront limitées plus sévèrement s’il appert ou s’il y a lieu de présumer que les atteintes, eu égard à la charge actuelle de l’environnement, seront nuisibles ou incommodantes. Il convient donc de clarifier dans un deuxième temps si des immissions d’odeurs excessives existent ou sont à prévoir malgré la limitation préventive des émissions, par exemple en raison de la localisation concrète du site. Sont considérées comme excessives les immissions pour lesquelles il est établi, sur la base d’une enquête, qu’elles incommodent sensiblement une importante partie de la population (art. 2, al. 5, let. b, OPair). S’il appert ou s’il y a lieu de présumer qu’une installation individuelle entraînera à elle seule des immissions excessives, d’autres mesures seront ordonnées afin de rendre la limitation des émissions plus sévère (p. ex. valeurs limites d’émissions plus strictes, meilleur captage ou meilleure évacuation des émissions, mesures d’exploitation complémentaires) (cf. art. 5 et 9 OPair). À cette fin, les autorités peuvent s’inspirer de la figure 1 ci-après. Lorsque plusieurs installations entraînent ensemble des immissions excessives, les étapes susmentionnées doivent être exécutées pour chacune d’entre elles. Si les immissions restent excessives alors que chaque installation individuelle respecte la limitation préventive des émissions (et n’occasionne à elle

seule aucune immission excessive), l’autorité cantonale compétente impose une limitation des émissions complémentaire ou plus sévère, dans le cadre d’un plan de mesures (cf. art. 44a LPE et art. 9, al. 4, et 31 ss OPair).

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Figure 1 : Déroulement d’une évaluation d’immissions d’odeurs (exemple d’une installation existante)

Dépôt d’une plainte pour nuisance olfactive

Au moins l’un des quatre critères suivants est rempli :

  • les valeurs limites préventives qui s’appliquent à l’émission de substances dégageant de mauvaises odeurs (annexe 1 OPair) sont dépassées ;

  • la limitation préventive des émissions est insuffisante ;

  • les distances minimales prévues par l’OPair pour les installations d’élevage ne sont pas respectées ;

  • les exigences prévues à l’art. 6 OPair ou dans les recommandations sur les cheminées ne sont pas remplies.

Non Oui

Des odeurs excessives sont-elles probables ?* Assainissement de la source d’odeurs**

Oui Peut-être Non

Clarifications Assainissement de la Aucune mesure complémentaires source d’odeurs** requise (cf. chap. 3 à 6)

* C’est souvent le cas lorsque la source d’odeurs se situe en plein secteur résidentiel ou sur un terrain en pente ou lorsque la topographie laisse présager des vents ascendants ou descendants ou des lacs d’air froid. ** ou rétablissement de la situation conforme au droit

2.2 Évaluation

L’évaluation d’une nuisance olfactive repose principalement sur la notion d’heure odorante. Une mesure individuelle d’un relevé olfactif compte pour une heure odorante si l’odeur a été identifiée sans le moindre doute pendant au moins 10 % de la durée de la mesure (cf. norme SN EN 16841-1 [16]). Le caractère excessif d’une immission d’odeur est donc déterminé principalement par la fréquence de celle-ci. Initialement, la gêne occasionnée par des immissions d’odeurs était recensée au moyen d’un sondage auprès de la population directement concernée (cf. [8] pour les investigations en Suisse). L’analyse des résultats s’appuyait sur la grille d’évaluation des immissions de bruit, qui détermine l’intensité de la gêne d’après le pourcentage de personnes fortement incommodées. Dans le domaine des mesures de bruit, ce pourcentage présente une bonne corrélation avec l’intensité sonore objectivement mesurable. Dans les zones d’habitation, les immissions de bruit sont considérées comme excessives lorsque le pourcentage de personnes fortement incommodées atteint 10 %. Cette valeur a été reprise pour l’évaluation des immissions d’odeurs.

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Plusieurs études ont montré que la fréquence des immissions d’odeurs présente une meilleure corrélation avec la gêne de la population que l’intensité de l’odeur ou sa qualité (caractère hédonique). Le caractère hédonique peut toutefois jouer un rôle important dans la classification correcte des immissions d’odeurs et devrait donc être pris en considération, en particulier pour les odeurs provenant d’installations d’élevage. En revanche, les études ont montré que la prise en compte de l’intensité d’une odeur n’a qu’une incidence marginale sur les résultats (cf. résumé de plusieurs études dans [1]) tant que cette intensité n’est pas très élevée (odeurs engendrant des nausées ou un dégoût). En Suisse, l’appréciation du niveau de gêne par des observateurs riverains et non riverains a été étudiée en particulier par Josef Wüest, dans le cadre de ses travaux de thèse [36]. Les résultats ont permis d’établir une table d’évaluation (cf. tableau 2) qui met en rapport la détermination de la fréquence sur la base d’une inspection et le recensement de la gêne sur la base d’un questionnaire.

Tableau 2 : Table d’évaluation pour les sondages [7]

Gêne Recensement de la gêne Détermination de la fréquence sur la base d’un questionnaire sur la base d’une inspection

moyenne 3à5 10 à 25 %

Pour les zones d’habitation, il a été établi que les immissions d’odeurs sur une année sont excessives lorsque la limite entre une gêne supportable et une gêne moyenne est atteinte (tableau 3 en relation avec le tableau 2). Considérées sur 30 jours, elles sont excessives lorsque la limite entre une gêne moyenne et une gêne forte est atteinte (tableau 3 en relation avec le tableau 2). Toujours par analogie avec l’évaluation des immissions de bruit, des valeurs d’appréciation plus élevées ont été fixées pour les points d’immission d’odeurs situés en dehors de la zone d’habitation (zones mixtes avec degré de sensibilité [DS] III au sens de l’ordonnance du 15 décembre 1986 sur la protection contre le bruit [OPB ; RS 814.41] et zones industrielles avec DS IV). Dans son commentaire sur l’annexe 7 de la réglementation allemande relative à la qualité de l’air (ci-après « la TA Luft ») [3], la Communauté de travail de la Fédération allemande et des Länder sur la protection contre les immissions (LAI) fournit des informations sur d’autres études au niveau international. Les valeurs d’appréciation en fonction des zones sont présentées dans le tableau 3. Il convient d’utiliser en principe la valeur d’appréciation sur un an (qui repose sur 104 mesures individuelles). Toutefois, pour les installations dont les émissions présentent de fortes fluctuations saisonnières, il se peut que la valeur d’appréciation sur un an ne suffise pas et doive être complétée par la valeur d’appréciation sur 30 jours. Cette dernière doit toutefois être utilisée avec prudence dans la pratique. À partir d’une inspection annuelle (104 mesures individuelles) ou d’une inspection semestrielle (52 mesures individuelles) réalisée conformément au point 3.2 de la présente recommandation, il n’est pas possible de déduire une valeur d’immission sur 30 jours, car le nombre de points de mesure pendant cette période est insuffisant (voir à ce sujet le chap. 5 dans [36]). Il faut soit compléter cette enquête par un calcul sur modèle, soit réaliser des mesures individuelles supplémentaires (pour atteindre au minimum un total de 18 mesures individuelles sur 30 jours, conformément au point 3.2.2) pendant la période de 30 jours à évaluer.

Tableau 3 : Part maximale admissible d’heures odorantes par point de mesure, en pourcentage de toutes les mesures individuelles réalisées à ce point de mesure (= 100 %) ; colonne de droite = périodes d’évaluation de courte durée

Zones / DS au sens de l’OPB Valeur d’appréciation Valeur d’appréciation sur un an sur 30 jours

Toutes les zones d’habitation* 10 % 25 %

Zones mixtes et agricoles / DS III 15 % 40 %

Zones industrielles / DS IV 20 % 50 %

* et autres zones avec un niveau de protection comparable

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Conformément à l’art. 38a de l’ordonnance du 28 juin 2000 sur l’aménagement du territoire (RS 700.1), l’autorité compétente accorde des assouplissements à l’intérieur de la zone agricole lorsque certaines conditions sont remplies. Si tel est le cas, la valeur d’appréciation applicable aux odeurs agricoles à l’intérieur de cette zone peut être multipliée par deux au maximum, soit une part maximale admissible d’heures odorantes de 30 %. Les valeurs d’appréciation indiquées dans le tableau 3 se prêtent surtout aux odeurs provenant de l’industrie et de l’artisanat. Pour d’autres qualités olfactives (en particulier dans le cas d’odeurs provenant d’installations d’élevage), le niveau de gêne de la population ne peut pas être reflété fidèlement par ces valeurs si aucun facteur de pondération ne leur est appliqué (voir ci-dessous) (cf. commentaires dans [1] et [7]). Ainsi, l’odeur des bovins, par exemple, n’est perçue comme une nuisance qu’à partir d’une part d’heures odorantes plus élevée. Pour les odeurs provenant d’installations d’élevage, il est recommandé de calculer la part d’heures odorantes déterminante en appliquant la méthode de la TA Luft basée sur les qualités olfactives (annexe 7, ch. 4.6, TA Luft). La procédure consiste à déterminer des facteurs de pondération spécifiques à l’espèce animale et au système de détention, puis à les utiliser pour calculer, au lieu d’immission, un facteur global pondéré en fonction de la fréquence. Cette méthode implique de recenser non seulement la part horaire globale des immissions d’odeurs mais également, dans la mesure du possible, la part horaire des odeurs spécifiques aux différentes espèces animales. Si aucune donnée propre à la Suisse n’est disponible, il est recommandé d’appliquer les facteurs spécifiques à l’espèce qui sont définis à l’annexe 7, ch. 4.6, TA Luft. Les odeurs qui ne peuvent pas être attribuées à une espèce se voient appliquer le facteur de pondération « 1 ». Dans le calcul de la dispersion, cette méthode peut être appliquée de manière analogue à une inspection sur le terrain. S’il existe, pour une seule installation, plusieurs types d’odeurs avec des facteurs de pondération 𝑓𝑖 différents, le facteur de pondération pour la nuisance totale est calculé au moyen de la formule suivante (cf. exemple à l’annexe 1) :

𝑓𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 =

Les facteurs de pondération doivent être classés par ordre décroissant, 𝑓1 > 𝑓2 > ⋯ > 𝑓𝑛 , et

𝑖−1

𝐻𝑖 = min(𝑟𝑖 , 𝑟 − ∑ 𝐻𝑗 )

𝑟 Fréquence olfactive non évaluée résultant de la somme de toutes les émissions 𝑟𝑖 Fréquence olfactive des odeurs avec le facteur de pondération 𝑓𝑖 𝐻𝑖 Fréquence olfactive (pertinente pour la pondération) de l’odeur avec le facteur de pondération 𝑓𝑖

La fréquence olfactive non évaluée 𝑟 doit ensuite être multipliée par le facteur de pondération 𝑓𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 , de sorte que 𝐼 = 𝑓𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 ∙ 𝑟. Puis l’immission pondérée 𝐼 doit être évaluée d’après les valeurs figurant dans le tableau 3. La tonalité hédonique des immissions d’odeurs peut être l’un des facteurs de la gêne olfactive. Elle peut être quantifiée lors d’une inspection sur le terrain (directive allemande VDI 3940 / feuillet 3 [33]) ou à l’aide du concept des profils de polarité (VDI 3940 / feuillet 4 [34]). Il ne faut pas se fier à des mesures olfactométriques réalisées directement à la sortie de la cheminée (VDI 3882 / feuillet 2 [28]), car la qualité olfactive sur le terrain sera ensuite modifiée par le transport et la dilution de l’air évacué. Pour cette raison, il convient de toujours se baser sur la qualité olfactive au lieu d’immission.

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Pour tenir compte du caractère hédonique des odeurs agréables, les valeurs d’appréciation peuvent être multipliées par deux au maximum. Dans le cas d’odeurs particulièrement déplaisantes, les valeurs d’appréciation peuvent être divisées par deux au maximum.

2.3 Choix de la méthode

Les procédés d’évaluation des odeurs sont généralement onéreux et fastidieux. Dans un premier temps, il est donc recommandé d’auditionner les parties concernées et de trouver un consensus sur la démarche à suivre (choix de la méthode, financement de l’enquête, consignation de la décision). Il convient également de recourir à une personne externe pour la médiation. Les différentes méthodes à disposition sont décrites ci-après. Seules les méthodes « Calcul sur modèle » et « Inspection sur le terrain » décrites au chapitre 3 se prêtent en principe à la détermination du caractère excessif d’une nuisance olfactive. La méthode « Olfactométrie » (cf. point 4.2) et le calcul de la hauteur de cheminée (cf. chap. 5) aident à établir si les mesures requises en matière de prévention ont été mises en œuvre. Comme les méthodes décrites au chapitre 3 sont complexes, une estimation approximative peut souvent s’avérer utile pour une première évaluation de la situation ; les indications fournies aux chapitres 5 et 6 (Démarche en cas de plainte pour nuisance olfactive) sont d’une grande utilité à cet égard. La méthode « Sondage » (cf. point 4.1) permet d’évaluer le niveau de gêne des personnes concernées par une nuisance olfactive, tandis que la méthode « Relevé de panache » (cf. point 4.3) mesure la présence d’odeurs identifiables pour une situation d’émission donnée et dans des conditions météorologiques spécifiques.

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3 Méthodes de détermination des immissions excessives

3.1 Calcul sur modèle

3.1.1 Description et champ d’application

Les calculs sur modèle sont utilisés principalement lors de la planification des installations. Ils peuvent également servir à évaluer la réussite de mesures d’assainissement ou à définir des exigences en vue d’un assainissement. Beaucoup moins fastidieux que les inspections sur le terrain, les calculs sur modèle sont souvent employés pour une première estimation de la situation. Ces calculs nécessitent des indications chiffrées sur l’émission d’odeurs à la source, les conditions de vent, l’état de turbulence de l’atmosphère à l’emplacement de l’installation et la topographie (profil du terrain et obstacles environnants). Les immissions d’odeurs sont calculées au moyen de modèles basés sur un champ de vent. Ces modèles requièrent des données d’entrée de grande qualité spécifiques à l’emplacement de l’installation et ils exigent une puissance de calcul légèrement supérieure à celle des modèles gaussiens fréquemment utilisés par le passé. Les calculs basés sur un champ de vent donnent toutefois des résultats plus fiables que les modèles gaussiens, notamment lorsque la situation en matière d’obstacles est complexe ou lorsque les émissions à la source sont variables dans le temps. Encore fréquents dans les pays anglophones (p. ex. modèle AERMOD de l’agence américaine de protection de l’environnement [EPA]), les modèles gaussiens ne doivent pas être utilisés pour modéliser des immissions d’odeurs, car ils n’intègrent pas la notion d’heure odorante. Les données d’entrée des modèles doivent inclure le type, le lieu et le volume des émissions. Pour des installations projetées et pour des sources passives et diffuses, l’intensité de la source est souvent inconnue. Des valeurs standard sont disponibles pour différents types de sources, mais il convient de les considérer d’un œil critique au moment de les utiliser. L’incapacité des modèles de dispersion à varier en fonction de la nature de l’odeur est l’une des principales restrictions à leur utilisation. Ce point est problématique car, de manière générale, il n’est pas possible d’additionner différents types d’odeurs pour obtenir une odeur globale.

3.1.2 Choix du modèle

Le modèle de dispersion utilisé doit être adapté aux particularités du cas à évaluer. Les modèles AUS- TAL, LASAT (cf. point 3.1.2.1) et GRAL/GRAMM (cf. point 3.1.2.2) présentés dans ce chapitre ont fait leurs preuves (au regard de leurs restrictions d’utilisation) et sont validés pour le calcul des fréquences d’heures odorantes. Si un autre modèle est utilisé, il y a lieu d’en justifier le choix et de prouver que le modèle a été validé selon des critères reconnus (p. ex. annexe D de la directive VDI 3945 / feuillet 3 [35] ou autre norme comparable). Le choix du modèle doit répondre aux questions suivantes :

1 Le modèle intègre-t-il une évaluation fiable de la part d’heures odorantes par an ?

2. Sur la base des données de mesure disponibles, le modèle peut-il modéliser la situation météorologique (compte tenu de la topographie) dans la zone d’évaluation ?

3 Le modèle peut-il prendre suffisamment en compte la situation environnante (obstacles architecturaux, zones boisées) ?

4 Le modèle peut-il reproduire correctement l’émission dans le temps et dans l’espace ?

Les prescriptions relatives aux modèles de dispersion telles qu’elles sont définies à l’annexe 2 TA Luft ou dans la directive VDI 3945 / feuillet 3 [35] peuvent être considérées comme une norme minimale. Les modèles utilisés devraient au moins respecter cette norme ou une autre norme équivalente.

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Voici quelques précisions concernant les points susmentionnés :

1 Détermination de la part d’heures odorantes : l’évaluation d’une immission d’odeurs grâce à des

calculs sur modèle se fonde sur la notion d’heure odorante. Du point de vue métrologique, une heure odorante est une heure pendant laquelle l’odeur évaluée est perçue pendant 10 % du temps au moins (indépendamment de la zone). Le modèle prévisionnel ne peut pas effectuer directement ce calcul en raison d’une résolution temporelle insuffisante. La conversion des résultats du modèle en parts d’heures odorantes doit donc être comprise dans le modèle (cf. point 3.1.3 pour plus d’informations).

2 Données météorologiques et champs de vent :

a. Collecte des données : il convient de s’appuyer autant que possible sur les données de mesure de l’Office fédéral de météorologie et de climatologie (MétéoSuisse). Si d’autres données sont utilisées ou spécialement collectées pour le projet, leur qualité doit être comparable à celle des données de MétéoSuisse. En l’espèce, les prescriptions de l’Organisation météorologique mondiale sont déterminantes (cf. IOM Report 126 [6]). b. Outre la direction et la vitesse du vent, des informations sur la stabilité de la stratification atmosphérique sont nécessaires. Elles sont fournies par la longueur de Monin-Obukhov ou par une classification appropriée des stabilités. La détermination des classes de stabilité à partir des données de mesure usuelles en Suisse est exposée dans le rapport de travail no 177 de l’Institut suisse de météorologie (désormais MétéoSuisse) [18]. c. La topographie influence sensiblement la dispersion des odeurs en déviant les vents et en générant des systèmes de vents (thermiques) locaux. Elle ne doit pas être prise en compte si la zone d’évaluation est essentiellement plate et si aucun système de vents local n’est à prévoir sur le site, ou si un tel système est intégré aux données de mesure disponibles. Si la topographie de la zone d’évaluation joue un rôle et si d’éventuels systèmes de vents locaux sont intégrés aux données météorologiques, la topographie peut être prise en compte grâce à un simple modèle diagnostic de champ de vent. Si en revanche il faut s’attendre, sur le site, à des systèmes de vents locaux qui ne figurent pas dans les données météorologiques disponibles, la topographie doit être prise en compte à l’aide d’un modèle prévisionnel de champ de vent à méso-échelle qui répond au moins aux exigences de la directive VDI 3783 / feuillet 7 [20]. Il faut alors prouver que l’application concrète de ce modèle convient pour illustrer ces systèmes de vents locaux. La prudence est de mise pour les sources proches du niveau du sol qui se trouvent sur un terrain pentu car, dans certaines circonstances, les flux d’air froid de faible épaisseur ne peuvent pas être recensés dans un quadrillage sommaire et donc comptabilisés. Vu les conditions topographiques de la Suisse et la variabilité à petite échelle des systèmes de vents thermiques locaux, mieux vaut généralement utiliser un modèle prévisionnel de champ de vent

lorsqu’il n’existe aucune mesure de vent à l’emplacement même de l’installation. En effet, il est rarement possible de reprendre les données de vent d’une station de mesure située en dehors de la zone d’évaluation. La directive VDI 3783 / feuillet 20 [24] contient des informations sur les critères de reprise. d. Les données de vent utilisées pour l’emplacement de l’installation doivent être documentées de manière appropriée. L’indication d’une rose des vents (répartition par vitesse du vent et/ou par stabilité) ainsi qu’une distribution des fréquences entre la vitesse du vent et la stabilité ont fait leurs preuves.

3 Obstacles : l’influence que les zones construites ou boisées exercent sur les transmissions doit être

prise en considération. a. Zones construites ou boisées à considérer : pour les émissions rejetées par une cheminée, il est possible de s’appuyer sur les règles empiriques suivantes (voir aussi l’annexe 2, section 11, TA Luft [1] et la directive VDI 3783 / feuillet 13 [22]) : si la hauteur de construction de la cheminée est supérieure à 1,7 fois la hauteur de l’obstacle, ce dernier peut être pris en compte via la longueur de rugosité ; si la distance entre un obstacle et la cheminée est supérieure à 10 fois la hauteur de l’obstacle, ce dernier n’a plus d’influence sur la dispersion de l’air émis par la cheminée.

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Dans le cas de sources proches du niveau du sol, la prise en compte des obstacles doit s’appuyer sur l’étendue probable de la zone d’immission. b. Choix du modèle d’écoulement : si la zone d’évaluation se situe dans la zone d’influence immédiate d’obstacles situés à proximité de la source, il convient de privilégier un modèle prévisionnel pour le calcul de l’écoulement autour des obstacles. Ce modèle doit se conformer à la directive VDI 3783 / feuillet 9 [21] ou à une norme comparable. Si tel n’est pas le cas, l’écoulement peut également être calculé à l’aide d’un modèle diagnostic.

4 Recensement des sources dans le temps et dans l’espace :

a. Le recensement dans l’espace peut être compliqué, notamment en cas de sources diffuses (p. ex. air sortant par des fenêtres ou provenant d’une étable sans paroi frontale). En l’espèce, il faut retenir des hypothèses adaptées à la situation. Il convient de noter que les sources diffuses proches du niveau du sol peuvent avoir une influence prépondérante sur une immission d’odeurs, même lorsque leur charge odorante ne constitue qu’une fraction de la charge odorante totale de l’installation. Ainsi, la présence éventuelle de sources diffuses doit toujours être examinée avec soin et, le cas échéant, leur influence doit être modélisée séparément. b. Les sources dont les émissions sont variables dans le temps ne doivent pas être modélisées comme des sources constantes sur la base d’une charge odorante moyenne. En pareil cas, il faut soit choisir une source variable dans le temps, soit baser systématiquement la modélisation sur la charge odorante maximale en vue d’obtenir une estimation prudente. La variabilité dans le temps des autres paramètres de la source (p. ex. débit volumique d’une aération, température des effluents gazeux) doit également être prise en compte dans la mesure du possible. La situation réelle étant souvent inconnue (p. ex. aération des étables pilotée par des capteurs de gaz nocifs), il est souvent nécessaire de formuler des hypothèses simplificatrices. c. Les fluctuations des paramètres d’une source sur une échelle de temps nettement inférieure à une heure ne peuvent pas être prises en considération de manière explicite. En général, les valeurs utilisées pour la modélisation des paramètres d’émission sont les moyennes horaires. Dans des cas particuliers (p. ex. émissions par à-coups de courte durée), une telle modélisation donnerait des résultats incorrects. Il faut donc décider au cas par cas de la façon dont la source doit être modélisée. d. Si des mesures par hotte ont été réalisées au niveau de sources passives (conformément à la section 5.3 de la directive VDI 3880 [25] ou à une norme comparable), leurs résultats doivent faire l’objet d’un examen avant d’être utilisés en tant que valeurs d’entrée dans un calcul de dispersion. En effet, beaucoup d’études ont montré que ces résultats dépendent fortement de la technique d’échantillonnage utilisée et ne sont pas représentatifs des émissions effectives (lire les diverses contributions à

ce sujet dans [19]). e. Les sources passives induites par le vent (p. ex. tas de compost, partie extérieure des installations d’élevage d’animaux de rente) peuvent être considérées comme des sources variables dans le temps à condition que l’émission totale soit connue. En général, la charge d’émission est proportionnelle à la racine carrée de la vitesse du vent. f. La surélévation du panache sortant de la cheminée doit être prise en compte à l’aide de modèles appropriés. Si la libre dispersion du panache n’est pas garantie (cheminée située dans la zone d’influence directe d’un obstacle), il faut s’assurer que le modèle de surélévation choisi permet de prendre en compte cette influence de manière dynamique. Si tel n’est pas le cas, la surélévation ne doit pas être prise en compte.

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3.1.2.1 Modélisation conforme à la TA Luft (AUSTAL)

Le modèle AUSTAL (ou l’application LASAT conforme à la TA Luft) permet de mettre en œuvre la norme minimale susmentionnée, ainsi que les exigences de l’annexe 2 TA Luft pour le calcul de la dispersion [4] et celles de l’annexe 7 TA Luft [5]. Il présente les avantages et les inconvénients suivants. Avantages – AUSTAL est un modèle fiable et relativement simple. Il a fait l’objet de tests approfondis et il est régulièrement employé par un large cercle d’utilisateurs. Ses possibilités et ses limites sont donc bien connues. – En raison de sa relative simplicité, AUSTAL offre peu de marge de manœuvre aux experts (du moins lorsqu’il est utilisé sans aucune extension). De manière générale, ses résultats sont donc facilement comparables et reproductibles. – La TA Luft, les directives VDI et d’autres aides à l’exécution provenant d’Allemagne fournissent de nombreuses indications sur l’utilisation de ce modèle. Comme ces bases ont été élaborées spécialement pour des modélisations conformes à la TA Luft, elles ne sont pas toujours applicables à d’autres modèles. Inconvénients La modélisation conforme à la TA Luft est rarement possible en Suisse, pour les raisons suivantes. – AUSTAL n’a pas de modèle de calme (modèle de dispersion par diffusion en l’absence de vent ou à une vitesse de vent très faible). Conformément à l’annexe 2, section 9.3, TA Luft [1], le modèle considère toute vitesse de vent inférieure à 0,8 m/s à la hauteur de l’anémomètre (en général, 10 m au-dessus du sol) comme une vitesse de 0,7 m/s. Or les vitesses de vent inférieures à 0,7 m/s en moyenne horaire sont plutôt fréquentes dans les vallées suisses (10 à 30 % du temps, voire plus). – AUSTAL n’a pas de modèle prévisionnel pour le calcul de l’écoulement autour des obstacles. Il est donc difficilement applicable aux situations à petite échelle dans lesquelles les points d’immission se trouvent à proximité immédiate d’obstacles. – AUSTAL n’a pas de modèle de végétation. – AUSTAL ne permet pas de calculer un champ de vent thermique à méso-échelle pour la prise en compte des systèmes de vents locaux. Si aucune donnée de vent à l’emplacement de l’installation n’est disponible, la création d’une rose des vents locale n’est que rarement possible avec le modèle AUSTAL. Conclusion

Quelques-unes de ces limitations peuvent être supprimées, ou au moins atténuées, grâce à des extensions externes (ou à une application LASAT non conforme à la TA Luft). Mais l’application devient immédiatement beaucoup plus complexe et elle requiert alors des connaissances spécialisées. Il est notamment possible de calculer des champs de vent à l’aide de modèles indépendants, puis de les importer dans AUSTAL. Cela permet ensuite de calculer des écoulements prévisionnels autour des obstacles (et, dans certaines circonstances, autour de la végétation). De la même façon, il est possible de calculer des champs de vent thermique à méso-échelle, puis de les importer dans AUSTAL. Précisons toutefois que la procédure correspondante, telle qu’elle est décrite dans la directive VDI 3783 / feuillet 16 [23], est alors très simplifiée et ne livre pas de résultats réalistes pour la thermique locale, contrairement au modèle GRAMM présenté ci-après. L’absence d’un modèle de calme ne peut pas être palliée. Si AUSTAL est utilisé malgré tout, il convient d’indiquer comment ce défaut sera géré. L’une des particularités de la modélisation selon la TA Luft est la conversion des résultats en surfaces d’évaluation. Celles-ci correspondent à l’immission telle qu’elle doit être déterminée avec la méthode de la grille décrite dans la norme SN EN 16841-1 [16]. Il est possible de renoncer à cette conversion, car elle n’est pas appliquée lors de la procédure parallèle d’inspection (cf. chap. 4). Le choix du maillage dans le modèle revêt toutefois une importance majeure, car le résultat du calcul (à savoir la détermination

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des valeurs d’appréciation) en dépend. Par conséquent, il est préférable que la grille de calcul ne soit pas générée automatiquement, en particulier pour les calculs comparatifs (p. ex. différentes hauteurs de cheminée). Tous les cas à comparer doivent être calculés avec la même largeur de mailles.

3.1.2.2 Prise en compte du champ de vent thermique avec GRAL/GRAMM

Le paquet de programmes GRAL/GRAMM (GRAz Lagrangian Model et GRAz Mesoscale Model) de l’Université technique de Graz (Autriche) est un exemple de modèle applicable en Suisse, qui permet de prendre en compte une topographie marquée et des champs de vent thermique. À partir de données de mesure extérieures à la zone du modèle (p. ex. données météorologiques des stations de MétéoSuisse), GRAL/GRAMM peut prévoir les conditions de vent dans cette zone. Comme AUSTAL, ce paquet de programmes est librement disponible (licence publique générale). GRAMM est un modèle prévisionnel de champ de vent à méso-échelle conforme à la directive VDI 3783 / feuillet 16 [23]. Il permet de calculer avec une résolution relativement sommaire (largeur de mailles de 100 à 200 m en général) les champs de vent régionaux dans une zone plus vaste (d’env. 100 km de côté). Comme AUSTAL, GRAL est un modèle de particules lagrangien. Les champs de vent calculés dans GRAMM sont importés dans GRAL, où ils sont convertis dans une résolution plus fine. GRAL comprend un modèle prévisionnel pour le calcul de l’écoulement autour des obstacles, conforme à la directive VDI 3783 / feuillet 9 [21]. L’utilisation de GRAL/GRAMM présente les avantages et les inconvénients suivants. Avantages – GRAMM est un modèle de champ de vent développé spécialement pour les zones alpines. Appliqué correctement, il fournit de bons résultats dans un grand nombre de cas. – Sur la base des champs de vent issus de GRAMM, GRAL permet un calcul des conditions de vent qui est nettement plus détaillé et plus proche de la réalité que dans n’importe quelle application du modèle AUSTAL, y compris avec une extension. – GRAL est conçu pour s’appliquer aux sites très peu venteux et il comprend un modèle de calme. – En plus de la topographie, les prévisions de GRAL peuvent tenir compte des obstacles architecturaux et des zones boisées. Inconvénients – La puissance de calcul requise pour les modélisations est bien plus importante dans GRAL/GRAMM que dans AUSTAL. Même un ordinateur de bureau moderne n’est pas en mesure d’effectuer un calcul de champ de vent complet. Les champs de vent peuvent toutefois être calculés au préalable, et il est possible de les mettre à la disposition d’experts de manière centralisée. Sans le calcul des champs de vent, la puissance de calcul requise est comparable à celle d’AUSTAL.

– L’utilisation de GRAMM nécessite de vastes connaissances spécialisées, sous peine de produire des résultats erronés. – Par rapport à une application standard d’AUSTAL, l’utilisation de GRAL offre aux experts une vaste marge de manœuvre. Comme elle est moins bien documentée et réglementée que celle d’AUS- TAL, les utilisateurs doivent toutefois disposer des connaissances nécessaires au fonctionnement du modèle. Conclusion Le paquet de programmes GRAL/GRAMM constitue actuellement le modèle plus complet et le plus performant pour la réalisation d’expertises par les bureaux d’études environnementales et d’ingénierie. Son utilisation requiert toutefois des connaissances spécialisées, au risque de générer des résultats erronés. Si la topographie dans la zone d’évaluation n’a pas besoin d’être prise en compte, GRAL peut également être utilisé sans les champs de vent issus de GRAMM.

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3.1.3 Calcul de la part d’heures odorantes et évaluation du caractère excessif

Les modèles de dispersion présentés ici calculent la concentration d’odeur moyenne pour chaque heure de la période de modélisation et pour chaque cellule de la grille. La part d’heures odorantes doit ensuite être déterminée à partir de ces valeurs (méthode comparable à celle de l’inspection sur le terrain ; cf. chap. 4). Il convient en l’espèce d’opter pour le procédé décrit dans la TA Luft [4]. Une heure est considérée comme « odorante » lorsque la moyenne horaire calculée de la concentration d’odeur est supérieure à 0,25 uo/m3 (= unité d’odeurs par mètre cube). Cette méthode d’évaluation relativement simple fournit de bons résultats pour la modélisation de cheminées individuelles suffisamment hautes. La part d’heures odorantes peut toutefois être (fortement) surestimée dans le cas d’une source proche du niveau du sol et d’une combinaison de plusieurs sources différentes. Il existe des méthodes de calcul plus proches de la réalité [9], mais leur mise en œuvre est relativement complexe. GRAL intègre une procédure validée qui réduit cette surestimation [13], [14]. La part calculée des heures odorantes est évaluée comme lors d’une inspection sur le terrain. En principe, les immissions doivent être considérées comme excessives si les valeurs d’appréciation figurant dans le tableau 3 sont dépassées. Pour les émissions issues de l’agriculture, il convient d’appliquer les facteurs de pondération spécifiques à l’espèce qui sont mentionnés à l’annexe 1. L’évaluation doit tenir compte des erreurs de calcul. Dans les modèles lagrangiens basés sur un champ de vent, tels que GRAL et AUSTAL, les émissions d’odeurs d’une source sont distribuées entre de nombreuses particules, dont le modèle calcule les trajectoires. Si le taux de libération de ces particules est suffisamment élevé dans le modèle, les erreurs statistiques sont faibles, en particulier en ce qui concerne le plafond des immissions. Dans AUSTAL, le nombre de particules par unité de temps peut être défini grâce au niveau de qualité qs ; dans GRAL, il peut être indiqué directement en tant que valeur d’entrée. Des indications sur le taux de libération minimal figurent à l’annexe F des instructions d’utilisation d’AUS- TAL. Compte tenu des capacités de calcul actuellement disponibles, il devrait toujours être possible de

dépasser largement ce taux minimal. Ainsi, les erreurs statistiques jouent un rôle tout au plus dans les zones d’immission périphériques. Les erreurs systémiques et les simplifications sont déterminantes dans la prise en compte des erreurs. Elles comprennent notamment les erreurs relatives à la rose des vents et au calcul des champs de vent locaux, les erreurs et les simplifications dans le calcul de la situation environnante et les simplifications concernant les caractéristiques de la source. Cependant, l’erreur la plus importante réside souvent dans la méconnaissance de l’intensité exacte de la source. Il est important que les erreurs – du fait de l’évaluation binaire « heure odorante / heure non odorante » – ne se répercutent pas de manière linéaire sur le résultat final lorsque le modèle est linéaire par rapport à la grandeur erronée. À titre d’exemple, une sous-estimation des émissions de l’ordre de 50 % ne doit pas signifier pas que les immissions seront également sous-estimées de 50 % (bien que le modèle de calcul soit linéaire par rapport à l’intensité de la source). Une analyse de sensibilité est donc recommandée pour estimer l’influence des erreurs systémiques. Sa mise en œuvre concrète dépend du type et de l’ampleur des erreurs attendues. Les conseils ci-après ont fait leurs preuves dans la pratique. – Si, au regard des incertitudes connues, des hypothèses ont été formulées à la limite supérieure de la plage d’incertitude (dans le sens d’une analyse du pire scénario), aucune erreur ne doit plus être ajoutée au résultat du calcul. En effet, les modèles validés de prévision des immissions ont tendance à surestimer les immissions. Si une marge d’erreur supplémentaire était appliquée, les émissions maximales admissibles seraient alors soumises à des limites strictes irréalistes. Dans ce cas également, une analyse de sensibilité peut être réalisée afin de montrer comment les parts d’heures odorantes évoluent lorsque l’émission s’écarte de la valeur d’entrée. – Une analyse de sensibilité est recommandée lorsque les émissions d’une nouvelle installation sont estimées à partir de valeurs conventionnelles qui reposent sur des valeurs moyennes. En principe,

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cela implique de doubler l’émission ou de la diviser par deux. L’évaluation suivante s’applique alors.

Tableau 4 : Évaluation d’une modélisation avec analyse de sensibilité (valeur calculée pour l’intensité de source indiquée ; valeur d’appréciation d’après le tableau 3)

Résultat de la modélisation Évaluation du caractère excessif

double de la valeur calculée ≤ valeur d’appréciation valeur d’appréciation respectée

moitié de la valeur calculée ≤ valeur d’appréciation < double dans la fourchette de la valeur d’appréciation de la valeur calculée

moitié de la valeur calculée > valeur d’appréciation valeur d’appréciation dépassée

Si cela se justifie sur le plan technique, il est possible d’appliquer une marge d’erreur plus faible en veillant à ce que, dans l’analyse de sensibilité, le facteur de multiplication ou de division soit inférieur à deux. – Normalement, les plages d’incertitude sont plus étroites dans le cas d’une installation existante, car les données d’émission de l’installation sont connues la plupart du temps, de même que l’estimation des immissions actuelles. En l’absence d’incertitude spécifique à cette installation, il est recommandé d’augmenter l’intensité de la source de 50 %. L’évaluation s’effectue de la même manière que pour une nouvelle installation.

3.1.4 Documentation et contrôle de la qualité

Toutes les bases de la modélisation devraient être documentées de manière claire. De plus, un rapport sur le calcul de dispersion devrait préciser comment les questions visées au point 3.1.2 ont été abordées. La directive VDI 3783 / feuillet 13 [22] décrit une procédure possible pour le contrôle de la qualité. Cette directive est toutefois fortement axée sur des applications AUSTAL conformes à la TA Luft ; elle n’est donc applicable que dans une mesure limitée.

3.2 Inspection sur le terrain

3.2.1 Description de la méthode

L’inspection sur le terrain est une méthode qui s’appuie directement sur l’odorat humain. Elle utilise comme grandeur de mesure le prorata temporis d’une odeur, c’est-à-dire la fréquence à laquelle une odeur est perçue sans ambiguïté dans l’air extérieur. Lors d’une inspection réalisée conformément à la présente recommandation, le prorata temporis de l’odeur est déterminée sur le terrain, à plusieurs points de mesure. Concrètement, plusieurs panélistes étrangers au site se postent à différents points de mesure selon un plan d’échantillonnage prédéfini et détectent la présence éventuelle de l’odeur dans l’air ambiant pendant un temps de mesure précis (fixé à 10 minutes). Cette inspection permet de déterminer la part d’heures odorantes à chaque point de mesure. L’intensité de l’odeur n’est prise en compte que de façon indirecte. Les immissions perçues doivent pouvoir être attribuées sans ambiguïté à la source d’odeur considérée. Si, à un ou plusieurs points de mesure, le nombre d’heures odorantes dépasse la valeur d’appréciation définie dans le tableau 3 (erreurs de mesure prises en compte ; cf. point 3.2.4), les immissions d’odeurs à ces endroits sont considérées comme excessives au sens de l’art. 2, al. 5, let. b, OPair. L’inspection sur le terrain est une méthode particulièrement indiquée : – lorsqu’il est nécessaire d’appliquer une procédure standardisée pour procéder à l’évaluation différenciée des immissions d’odeurs au sens de l’OPair ; – lorsque l’évaluation doit être indépendante de l’estimation personnelle des riverains concernés ; – lorsqu’il s’agit de déterminer la fréquence des heures odorantes dans des zones exposées à de potentielles immissions d’odeurs.

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Les prescriptions de la présente recommandation se fondent en principe sur la norme SN EN 16841-1 « Air ambiant – Détermination de la présence d’odeurs par mesures de terrain – Partie 1 : méthode de la grille » [16]. La méthode de la grille est toutefois conçue pour de vastes étendues, puisque la surface couverte peut atteindre plusieurs centaines d’hectares. Des investigations ont montré que, sur une telle échelle, le niveau de gêne de la population résidente est mieux représenté par des valeurs rapportées à une surface que par des valeurs rapportées à un point. Une inspection conforme à la norme SN EN 16841-1 vise donc à définir une valeur d’appréciation pour chaque surface (cellule) d’une grille, les quatre coins de la surface étant les points inspectés. La norme recommande une longueur de côté de 250 m (ou 50 m pour les espaces moins vastes). Les surfaces typiquement concernées en Suisse par les immissions sont trop petites pour ce procédé, de sorte qu’une inspection d’après la méthode de la grille est souvent inappropriée. C’est la raison pour laquelle la présente recommandation décrit une inspection basée sur des points et s’écarte de la norme SN EN 16841-1 en renonçant au calcul de valeurs rapportées à une surface. Lors d’une inspection sur le terrain conforme à cette recommandation, les différents points de mesure sont évalués séparément et aucun d’eux ne doit détecter une immission d’odeurs excessive. De manière générale, il faut veiller à ce que la totalité des points de mesure soient inspectés lors de chaque ronde d’inspection (contrairement à la méthode de la grille). Pour une inspection annuelle, il est prévu un total de 104 mesures individuelles par point de mesure.

3.2.2 Réalisation des mesures

Les paramètres de mesure qui sont déterminants pour la réalisation d’une inspection basée sur des points sont présentés dans le tableau 5.

Tableau 5 : Vue d’ensemble des paramètres de mesure déterminants

Durée de l’inspection Généralement 12 mois ; en cas d’émissions homogènes, une durée de 6 mois est possible (cf. point 3.2.2.1), mais elle doit couvrir à la fois la saison chaude et la saison froide.

Zone d’évaluation Les immissions doivent être représentées dans la zone d’évaluation de manière exhaustive. La norme SN EN 16841-1 fournit des indications sur les distances usuelles, mais ces distances fixes sont rarement adaptées à la Suisse (situations à petite échelle, topographie). En cas de doute, un calcul de dispersion indicatif peut s’avérer utile.

Nombre de points de mesure dans la Au maximum 10 points de mesure par ronde d’inspection zone d’impact

Qualité d’un point de mesure Représentatif d’une zone d’immission ou de ses environs

Distribution spatiale des points de me- Points situés à une distance régulière et croissante de la source ; sure prise en compte de la direction du vent et du point de contrôle ; absence de sources odorantes locales

Localisation d’un point de mesure Il convient d’indiquer le point de mesure exact et d’en déterminer les coordonnées.

Nombre de mesures individuelles à À chaque point de mesure sont réalisées 52 mesures individuelles chaque point de mesure par semestre ou 104 mesures individuelles par an, soit 2 mesures individuelles par semaine. Pour une durée d’inspection de 30 jours seulement, le nombre de mesures individuelles est doublé (4 par semaine), soit un total de 18 mesures individuelles sur une période de 30 jours. Si la valeur d’appréciation est abaissée en raison d’odeurs particulièrement désagréables, le nombre de mesures individuelles doit être augmenté en conséquence. Pour une valeur d’appréciation

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réduite de moitié, il faut donc au moins 104 mesures individuelles par semestre, ou 208 par an.

Jour et heure des mesures individuelles Représentation équilibrée des jours de la semaine et des heures de la journée

Durée d’une mesure individuelle 10 minutes

Réalisation d’une mesure individuelle D’après la méthode décrite dans la norme SN EN 16841-1, sur un laps de temps de 10 minutes

Heure odorante Mesure individuelle jugée « positive » d’après la norme SN EN 16841-1, ce qui signifie que l’odeur a été identifiée pendant au moins 10 % de la durée de la mesure

3.2.2.1 Explications complémentaires

Durée de l’inspection Dans la mesure du possible, une inspection doit s’étendre sur une année. Une inspection sur un semestre est admise uniquement dans les cas suivants : – la production d’odeurs est homogène tout au long de l’année ou un semestre est suffisant pour refléter l’ensemble de l’année (pas de fluctuations significatives au cours de l’année pour des raisons liées à l’exploitation) ; – les fluctuations éventuelles sont uniquement d’origine météorologique (p. ex. aération pilotée par des capteurs de température) ; – des pics d’odeurs se produisent selon des cycles réguliers (p. ex. rotations dans une exploitation de poulets). Dans ce cas, il faut toutefois pouvoir représenter un nombre suffisant de cycles sur une période de six mois. Une inspection semestrielle doit couvrir à la fois la saison froide et la saison chaude. Dans les situations qui relèvent du droit sur la protection contre les immissions, la durée d’inspection ne peut pas être réduite sans l’accord des autorités concernées. Par exemple, une inspection concernant des étables dont l’aération est pilotée par des capteurs de température peut durer moins d’une année si elle couvre à la fois la saison froide et la saison chaude. Les fluctuations des émissions sont alors d’origine météorologique uniquement. Pour les exploitations de compostage et les usines d’asphalte, les inspections doivent couvrir une année, car les fluctuations des émissions ne résultent pas uniquement des conditions météorologiques. Lorsque des nuisances olfactives s’accumulent sur une courte période, il convient d’examiner la pertinence d’une valeur d’appréciation sur 30 jours. Les prescriptions correspondantes figurent au point 2.2. Jour et heure des mesures individuelles Les mesures individuelles doivent être programmées à des moments qui garantissent la représentativité des différentes périodes de la journée, de la semaine et de l’année. En principe, des mesures doivent donc être réalisées également les dimanches et jours fériés, ainsi que la nuit. S’il n’est pas opportun de prendre des mesures durant la nuit ou le week-end, car les émissions d’odeurs sont très peu probables à ces moments-là, le plan d’échantillonnage doit tout de même comprendre un

total de 104 mesures individuelles par point de mesure, de sorte que l’enquête soit complète. Par définition, toutes les mesures individuelles non réalisées (la nuit, le dimanche, etc.) doivent se voir attribuer le résultat « 0 heure odorante ». Dans tous les cas, la part de mesures individuelles obtenues uniquement par le calcul doit être signalée dans les résultats. Il n’est possible de renoncer à une inspection (p. ex. la nuit) que si, pour des raisons liées à l’exploitation, aucune immission d’odeurs ne se produit effectivement pendant cette période. Il ne suffit pas que la source d’odeurs (principale) ne soit pas en exploitation à ce moment-là. Souvent, des sources d’émission diffuses (sites de stockage ouverts, locaux de fabrication chargés d’odeurs, etc.) contribuent elles aussi

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à la pollution olfactive considérée. Par ailleurs, une fois émises, certaines substances odorantes peuvent persister dans les lacs d’air froid atmosphériques et être perçues durablement comme une gêne olfactive. À chaque point de mesure, la part de mesures individuelles effectivement réalisées doit atteindre au moins 50 %. En principe, le personnel des installations ou des sources d’odeurs qui ont une incidence sur la zone d’évaluation ne doit pas être informé de la date et de l’heure des mesures. Anémomètre Un anémomètre stationnaire doit fonctionner pendant toute la durée de l’inspection, de sorte que les données de vent (vitesse et direction) puissent être prises en compte lors de l’évaluation. Ces données sont un élément important de l’assurance qualité des protocoles de mesure. Les exigences relatives à la mesure du vent sont décrites à la section 7.2.7.3 de la norme SN EN 16841-1. La qualité de l’anémomètre et la hauteur de mesure doivent être adaptées à la situation sur place et il doit être possible d’enregistrer de manière fiable les directions de vent, importantes pour le transport des odeurs. À cette fin, il faut parfois s’écarter de la hauteur de mesure usuelle (10 m au-dessus du sol), en particulier lorsque des flux d’air froid influencent le transport des odeurs de manière décisive. La qualité de la mesure doit être garantie par des moyens appropriés.

3.2.2.2 Panélistes

Seules peuvent être employées comme panélistes des personnes dont les capacités olfactives ont été préalablement testées. Afin d’éviter tout parti pris, les panélistes doivent être recrutés en dehors de la zone de conflit faisant l’objet de l’inspection. Exigences concernant le groupe de panélistes et la planification des mesures : – Conformément à la norme SN EN 13725, la sensibilité olfactive (seuil olfactif) de chaque panéliste par rapport au butanol (gaz de référence) doit se situer entre 62 et 246 μg/m3. Elle doit être déterminée grâce à trois mesures individuelles au moins. – Le panéliste doit être âgé de seize ans au moins. Il doit être capable de reconnaître différentes odeurs et être familiarisé avec l’utilisation d’échelles (p. ex. échelle d’intensité) et avec les descriptions verbales d’odeurs (p. ex. caractère hédonique). – Une inspection sur une année requiert au moins huit panélistes compétents. Comme des absences sont probables sur une période aussi longue, il est conseillé de prévoir si possible un panel de seize personnes. – Aucun panéliste ne doit réaliser à lui seul plus de 20 % des mesures individuelles d’une inspection. En outre, deux panélistes au maximum sont autorisés à réaliser un taux de 20 %. Il convient de répartir les missions de manière équilibrée entre tous les panélistes, en tenant compte également des moments de la journée et de l’année. – Les panélistes doivent être accueillis sur place et familiarisés avec leur mission. Pour des raisons pratiques, il est recommandé d’instruire tous les panélistes ensemble ou, au plus, en deux groupes. – Les panélistes doivent pouvoir expérimenter l’odeur de l’installation dans les conditions réelles. Cette expérimentation peut se faire sur place, c’est-à-dire à proximité de la source d’odeurs, ou à l’aide de sachets ou d’autres porte-échantillons appropriés.

3.2.2.3 Réalisation d’une mesure individuelle

– Dans le cadre d’une inspection sur le terrain, une mesure individuelle est une mesure (perception) d’une immission d’odeurs en un point de mesure donné, pendant un laps de temps de dix minutes. – Les impressions olfactives doivent être consignées à l’aide d’un questionnaire papier ou d’un appareil électronique d’acquisition de données. – Le panéliste effectue une observation (test olfactif) toutes les dix secondes et, si une odeur est identifiée, il en évalue le type. Au total, une mesure individuelle comprend donc 60 observations.

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– Pour chaque ronde d’inspection, les conditions météorologiques actuelles doivent être décrites en des termes qualitatifs.

3.2.3 Interprétation des résultats de mesure

Pour chaque mesure individuelle, la part d’observations positives est calculée d’après la formule suivante :

𝑎𝑚 𝑤𝑚

ℎ𝑚 Part d’observations positives (en %) 𝑎𝑚 Nombre d’observations positives 𝑤𝑚 Nombre d’observations (en principe 60)

Une mesure individuelle compte pour une heure odorante si au moins 10 % de ses observations sont positives. La proportion de mesures individuelles considérées comme des heures odorantes, rapportée à l’inspection dans son ensemble (généralement 52 ou 104 mesures individuelles), donne la part d’heures odorantes au point de mesure. Si des mesures individuelles n’ont pas été réalisées au point de mesure mais ont été obtenues par le calcul, cette indication doit figurer dans le rapport de mesure. Pour les odeurs issues de l’élevage d’animaux de rente, il est recommandé d’appliquer des facteurs de pondération spécifiques à l’espèce (cf. point 2.2). Pour le calcul de la part d’heures odorantes, les odeurs sont alors pondérées en fonction de leur caractère hédonique. Des consignes d’évaluation figurent à l’annexe 7, section 4.6, TA Luft. Le facteur de pondération spécifique à l’espèce ne peut être appliqué que si l’odeur est attribuable à cette espèce sans le moindre doute. Si tel n’est pas le cas (p. ex. odeurs mélangées), il convient d’appliquer le facteur de pondération « 1 ». Les odeurs qui ne proviennent pas directement des animaux eux-mêmes (p. ex. odeur du fourrage ensilé) doivent être exclues de la pondération et se voir appliquer le facteur « 1 ». Si l’odeur d’une installation est pondérée par un facteur tenant compte de sa nature agréable (cf. point 2.2), l’évaluation doit se faire comme dans le cas d’un facteur de pondération spécifique à l’espèce.

3.2.4 Évaluation des résultats de mesure

L’inspection sur le terrain est une méthode d’enquête dont les principales incertitudes sont les suivantes : 1. erreurs de mesure des mesures individuelles ; 2. représentativité de la période de mesure choisie (année d’inspection) ; 3. représentativité des jours et des heures d’inspection par rapport à l’ensemble de la période de mesure. L’erreur statistique d’une mesure individuelle et son influence sur le résultat final peuvent être estimées d’après les indications figurant à la section 9.2 de la norme SN EN 16841-1 [16]. La section 7.2.7.2 décrit une procédure particulière pour garantir la représentativité de la période de mesure. La troisième source d’erreur mentionnée n’est pas prise en compte par la norme SN EN 16841-1. Pourtant, elle peut être à l’origine d’erreurs importantes, en particulier dans le cas d’une source variable dans le temps ou à proximité d’une source diffuse, car la réalisation de 104 mesures individuelles sur un total annuel de 8760 heures ou de 52 mesures individuelles sur un total semestriel de 4380 heures constitue un échantillonnage très restreint. Il est donc essentiel de vérifier la représentativité des jours et des heures d’inspection choisis, par rapport à l’ensemble de la période de mesure. En règle générale, la représentativité météorologique peut être vérifiée par une mesure du vent sur le terrain (cf. section 7.2.7 de la norme SN EN 16841-1).

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Il convient de documenter les différences entre les conditions météorologiques observées sur l’ensemble de la période d’inspection et celles enregistrées au moment des relevés. L’impact de ces différences sur la fréquence des nuisances olfactives aux points d’évaluation doit faire l’objet d’un examen. Par exemple, les directions du vent issues des données de mesure peuvent être réparties en secteurs de 30°, sur la base des moyennes horaires. Pour chaque secteur, il faut ensuite indiquer la fréquence relative à l’ensemble de la période d’inspection et la fréquence relative aux moments des mesures individuelles. Les résultats des différents points de la grille sont ensuite mis à l’échelle de façon linéaire par rapport aux fréquences de l’ensemble de la période d’inspection. Si cela entraîne une modification de l’évaluation à un point de mesure (immission excessive d’après l’inspection mais non excessive par rapport à l’ensemble de la période d’inspection ; immission non excessive d’après l’inspection mais excessive par rapport à l’ensemble de la période d’inspection), la validité du résultat individuel doit être vérifiée spécifiquement. Si les sources d’odeurs pertinentes sont soumises à une forte variation dans le temps, une vérification serait judicieuse également (p. ex. à l’aide d’un journal d’exploitation). La vérification de la représentativité météorologique des jours et des heures d’inspection par rapport à l’ensemble de la période de mesure peut se traduire par une augmentation significative de l’incertitude à certains points de mesure. Deux cas sont possibles : – la part d’heures odorantes à un point de mesure est inférieure à la valeur d’appréciation ; les conditions météorologiques favorisant le transport des odeurs vers le point de mesure sont sous-représentées dans l’inspection ; – la part d’heures odorantes à un point de mesure est supérieure à la valeur d’appréciation ; les conditions météorologiques favorisant le transport des odeurs vers le point de mesure sont surreprésentées dans l’inspection. Dans ces deux cas de figure, les incertitudes doivent être augmentées afin de tenir compte de la sousestimation ou de la surestimation et les valeurs mesurées à chaque point de mesure doivent être interprétées de la façon suivante.

Tableau 6 : Évaluation des résultats de l’inspection

Résultat de l’inspection Évaluation du caractère excessif

valeur mesurée + incertitude ≤ valeur d’appréciation valeur d’appréciation respectée

valeur mesurée - incertitude ≤ valeur d’appréciation < valeur dans la fourchette de la valeur d’appréciation mesurée + incertitude

valeur mesurée - incertitude > valeur d’appréciation valeur d’appréciation dépassée

Si les valeurs d’appréciation telles qu’elles sont réparties dans le tableau 6 sont dépassées à un ou plusieurs points de mesure, il est établi avec un degré de certitude suffisant que les immissions d’odeurs à ces endroits sont considérées comme sensiblement incommodantes par une importante partie de la population riveraine. Dans ce cas, les immissions d’odeurs sont excessives au sens de l’art. 2, al. 5, let. b, OPair.

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4 Autres méthodes de détermination et d’évaluation d’une nuisance

olfactive

4.1 Sondage

4.1.1 Description et champ d’application

Le sondage est une méthode servant à recenser le niveau de gêne auprès de la population résidente concernée. Le remplissage d’un questionnaire permet d’établir si une situation de nuisance olfactive existe dans un secteur donné et, le cas échéant, dans quelle mesure. Le principe consiste à déterminer la réaction moyenne face à la gêne, exprimée en pourcentage de personnes se sentant fortement incommodées (par opposition à une réaction individuelle subjective, qui peut être influencée par d’autres facteurs). Ainsi, le sondage peut représenter une part importante de la gestion des plaintes. Le sondage est une méthode particulièrement indiquée pour : – vérifier le caractère plausible de plaintes relatives à une zone de nuisance potentielle ; – évaluer l’efficacité des mesures de réduction des émissions ; – vérifier des fréquences d’odeurs calculées ou mesurées et les pics correspondants ; – distinguer les zones de nuisance et les zones de contrôle ; – pondérer la gêne olfactive par rapport à d’autres nuisances comme le bruit. Un sondage devrait toujours être réalisé avec le soutien de spécialistes scientifiques. La directive VDI 3883 / feuillet 1 [29] fournit de plus amples informations sur son exécution. Le sondage à lui seul n’est pas considéré comme une méthode permettant de déterminer si des immissions sont excessives au sens de l’art. 2, al. 5, let. b, OPair.

4.1.2 Délimitation des zones de sondage

La délimitation des zones de sondage dépend de la zone de nuisance considérée, qui peut être définie par le recoupement des plaintes reçues, par des entretiens informels avec la population résidente, par des inspections exploratoires ou par des calculs de dispersion indicatifs (cf. chap. 3). Les limites des zones de sondage (périmètres) doivent être définies de manière à pouvoir considérer qu’à l’intérieur de ces zones, la pollution olfactive est homogène et peut être attribuée clairement aux odeurs d’installation considérées. Cela suppose de prendre en compte de manière appropriée la distance par rapport aux sources, la direction principale du vent et la topographie. Il est recommandé de définir les zones de sondage en collaboration avec les autorités et les exploitants et, le cas échéant, avec d’autres experts, de manière à éviter les corrections ou les discussions ultérieures. En fonction de l’emplacement de l’installation, il peut être nécessaire de définir plusieurs zones de sondage distinctes pour chaque source d’odeurs. En général, il convient de délimiter au maximum dix zones de sondage. Il est impératif de définir également une zone de contrôle, c’est-à-dire une zone dans laquelle la présence d’immissions d’odeurs provenant des sources à étudier est hautement improbable. Lors d’un sondage, il est important d’écarter toutes les influences susceptibles de fausser les résultats (p. ex. influence des médias).

4.1.3 Réalisation d’un sondage

Un sondage peut être réalisé oralement (entretiens, également par téléphone) ou par écrit (voie postale, questionnaire en ligne). Les éléments indispensables à la réussite d’un sondage sont présentés ci-après. Ils concernent la structure du questionnaire et l’exécution du sondage.

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Le sondage se fonde sur le questionnaire figurant à l’annexe 2, dont la structure est conforme aux instructions de la directive VDI 3883 / feuillet 1. Il peut être complété par des questions spécifiques au cas considéré. La pertinence d’un sondage dépend fortement du questionnaire et des personnes en charge de son exécution. Il est donc recommandé de faire appel à des spécialistes scientifiques pour diriger et planifier le sondage. Si des entretiens sont menés, le personnel doit être formé en conséquence (cf. directive VDI 3883 / feuillet 1, section 6.2). Si la zone de sondage compte d’importantes communautés allophones qui, à cause de la barrière de la langue, pourraient avoir du mal à remplir le questionnaire, il convient de prévoir des mesures adaptées (traduction, présence physique d’un sondeur). Tous les questionnaires doivent être codés de manière à pouvoir être rattachés à la zone de sondage correspondante. Pendant la durée du sondage / le délai d’envoi, il doit être possible d’attribuer les réponses aux différents destinataires afin de contrôler le taux de retour. À la fin du sondage, cette attribution ne doit plus être possible pour des raisons tenant à la protection des données. Les questionnaires envoyés doivent être accompagnés d’un courrier personnel et d’une enveloppe-réponse affranchie. Ces deux mesures contribuent à augmenter le taux de retour. L’expérience montre qu’il faut solliciter au minimum 50 ménages dans chaque zone de sondage. Pour qu’un sondage puisse être jugé représentatif, le taux de retour doit être de 50 % au moins. Si ces conditions ne sont pas remplies, cela indique que la méthode du sondage ne convient pas pour déterminer la pollution olfactive.

4.1.4 Interprétation des résultats

L’échelle de mesure de la gêne olfactive (« thermomètre de gêne olfactive ») se lit de la façon suivante.

Figure 2 : Thermomètre de gêne olfactive

10 äusserst belästigend extrêmement gênant

0 pas nicht gar gênant du tout belästigend

Si la personne sondée n’a tracé aucun repère sur le thermomètre, il faut vérifier si la réponse qu’elle a donnée à la question 7 est « Odeurs : Non » (R18). Si tel est le cas, le niveau de gêne correspond au chiffre 0. Si le repère tracé se trouve sur un chiffre, le niveau de gêne correspond à ce chiffre. Si le repère est tracé entre deux chiffres, le niveau de gêne correspond à la valeur du plus petit chiffre, augmenté de 0,5. Si le repère est tracé au-dessus du chiffre 10, le niveau de gêne correspond au chiffre 10. Pour chaque zone de sondage, il faut calculer les valeurs moyennes, l’écart-type et l’erreur-type et déterminer le pourcentage de personnes fortement incommodées, c’est-à-dire qui ont indiqué sur le thermomètre un niveau de gêne égal ou supérieur à 8.

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D’autres analyses statistiques (test t) peuvent apporter des explications sur les différences constatées entre les zones de sondage. – Représentativité de l’échantillon : la répartition par âge et par sexe est représentée graphiquement pour chaque zone de sondage. Si l’échantillon n’est pas représentatif et si le nombre de questionnaires exploitables est trop faible, les résultats doivent être considérés comme peu fiables (cf. informations au chap. 7 de la directive VDI 3883 / feuillet 1 [29]). – Plausibilité : la correction des données est une opération nécessaire pour garantir la qualité du sondage. Elle consiste en premier lieu à vérifier la présence d’indications lacunaires, ambiguës ou invraisemblables dans chaque questionnaire. L’évaluation de la plausibilité des données repose sur la relation linéaire, confirmée à plusieurs reprises, entre les indications fournies sur l’échelle verbale et celles fournies sur l’échelle du thermomètre. Un questionnaire ne sera pas pris en compte dans la suite de l’évaluation si les indications relatives à la gêne olfactive se situent en dehors des fourchettes d’acceptabilité définies dans le tableau 7.

Tableau 7 : Fourchettes d’acceptabilité pour les niveaux de gêne

Échelle verbale Échelle du thermomètre de gêne olfactive

pas gênant du tout 0à3

un peu gênant 1à5

moyennement gênant 2à8

fortement gênant 5 à 10

extrêmement gênant 7 à 10

Exemple 1 : la réponse « un peu gênant » a été cochée sur l’échelle verbale alors que le niveau de gêne « 9 » a été choisi sur le thermomètre. Ce questionnaire est exclu de la suite de l’analyse. Exemple 2 : la réponse « un peu gênant » a été cochée sur l’échelle verbale et le niveau de gêne « 5 » a été choisi sur le thermomètre. Ce questionnaire est pris en compte dans la suite de l’analyse.

4.1.5 Évaluation des résultats

Une série de sondages réalisés aux alentours d’installations émettant des odeurs a révélé que, pour une gêne de niveau 3 sur le thermomètre, 10 % des personnes se sentent fortement incommodées [8] ; ce taux monte à 25 % pour une gêne de niveau 5. Sur la base de ces considérations, il convient de se référer à la table suivante pour évaluer les résultats d’un sondage.

Tableau 8 : Table d’évaluation pour les sondages

Niveau de gêne Pourcentage de personnes Classification de sur le thermomètre fortement gênées l’immission ou de la gêne (≥ 8 sur le thermomètre)

3à5 10 à 25 % moyenne

Pour que le résultat d’un sondage soit considéré comme représentatif, il faut au moins 20 questionnaires exploitables par zone de sondage. Afin de pouvoir conclure à une forte gêne, au moins l’une des deux conditions suivantes doit être remplie : – les repères tracés sur les thermomètres doivent dépasser en moyenne le niveau 5 ou – plus de 25 % des ménages potentiellement concernés se disent « fortement gênés ».

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4.2 Olfactométrie

4.2.1 Introduction et méthode

Les odeurs se composent généralement d’une multitude de substances chimiques, dont l’effet conjoint sur l’organe olfactif peut varier en fonction de leur nature et de leur proportion. L’analyse chimique de chacune de ces substances est impossible en raison du nombre considérable de composants, et la détermination quantitative de tous les composants d’un échantillon odorant ne permet pas, de toute façon, de décrire la sensation olfactive provoquée par celui-ci. Pour déterminer et évaluer des odeurs, il faut donc recourir à des « nez humains », c’est-à-dire des panélistes. Il s’agit de personnes dotées d’un odorat de sensibilité moyenne, qui ont été testées et entraînées à détecter des gaz de référence. Les panélistes doivent être représentatifs de la population totale. L’olfactométrie consiste à exposer les panélistes à des substances odorantes de manière contrôlée, puis à enregistrer la sensation qu’elles provoquent chez eux. En général, elle permet de déterminer le seuil olfactif d’un mélange de substances. Par seuil olfactif, on désigne la concentration minimale d’une substance odorante ou d’un mélange odorant qui provoque une sensation olfactive notable chez une personne dotée d’un odorat moyen. Par définition, il s’agit de la concentration à laquelle 50 % d’un groupe de panélistes perçoivent une sensation olfactive. En olfactométrie, la concentration d’odeur dans un échantillon d’air est déterminée à l’aide de panélistes. Elle se mesure en définissant le facteur de dilution nécessaire pour atteindre le seuil olfactif (c’est-à-dire le seuil de perception olfactive : concentration d’odeur à partir de laquelle la probabilité de perception est de 0,5). La concentration d’odeur au seuil de perception olfactive correspond, par définition, à 1 unité d’odeurs par mètre cube (1 uo/m3). La concentration d’odeur dans un échantillon d’air est ensuite exprimée sous la forme d’un multiple du seuil de perception olfactive. La valeur chiffrée de la concentration d’odeur est appelée « facteur de dilution au seuil de perception olfactive » ou « valeur olfactive Z ». L’olfactométrie n’est pas considérée comme une méthode permettant de déterminer si des immissions sont excessives au sens de l’art. 2, al. 5, let. b, OPair, les échantillons étant prélevés côté émissions. La présente section décrit les principaux éléments qui permettent de déterminer une concentration

d’odeur grâce à l’olfactométrie. D’autres informations sont disponibles dans la norme SN EN 13725 [15] et la directive VDI 3884 / feuillet 1 [31]. Une mesure olfactométrique permet aussi de déterminer l’intensité [27] et le caractère hédonique [28] d’une odeur ; ces méthodes sont plus rarement utilisées et ne sont pas décrites dans la présente section.

4.2.2 Principe de mesure

L’analyse est réalisée à l’aide d’un olfactomètre, dans lequel l’air échantillonné est mélangé à de l’air neutre. Ce mélange est présenté à un groupe de panélistes dûment sélectionnés et testés, en alternance avec de l’air neutre. La proportion d’air échantillonné est augmentée progressivement, jusqu’à ce qu’il soit possible de déterminer le facteur de dilution auquel l’odeur est perçue dans 50 % des cas (Z50 ≡ ZITE,pan). À partir de la dilution avec de l’air neutre, il est ensuite possible de calculer le nombre d’unités d’odeurs contenues dans l’air échantillonné.

4.2.3 Exigences de qualité pour les mesures (SN EN 13725)

4.2.3.1 Ligne de mesurage / laboratoire d’essai

Les principales exigences de la norme SN EN 13725 [15] portent sur les critères de qualité relatifs à la performance globale du procédé de mesure sensorielle. Tout laboratoire d’essai qui réalise des mesures de réception doit satisfaire à ces critères de qualité et en attester par un examen d’aptitude, généralement effectué par un organisme externe. À intervalle régulier, le laboratoire procède lui-même à des mesures d’étalonnage à titre de contrôle qualité. Les deux paramètres évalués sont la précision de répétition et l’exactitude. Le matériau de référence pour les deux procédures d’étalonnage est le n-butanol (no CAS 71-36-3).

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4.2.3.2 Olfactomètre

L’unité de dilution (olfactomètre) doit être étalonnée à l’aide d’un gaz d’essai au minimum une fois par an. Le gaz d’essai ayant fait ses preuves dans la pratique est le propane. Le panéliste évalue l’air ou le mélange air-odeur dans un flux qui est acheminé jusqu’à lui à travers un masque. Ce dernier doit être exempt de toute odeur et façonné de telle sorte que le panéliste ne puisse inspirer aucun air parasite (air ambiant) pendant l’évaluation et ne soit pas incommodé par la force du débit. Le débit de l’air sortant du masque doit atteindre au moins 20 l/min, avec une vitesse d’air de L’air utilisé pour la dilution des échantillons d’odeurs doit être exempt de toute odeur. Il peut, par exemple, être pré-épuré au moyen d’un filtre à charbon actif placé en amont de l’olfactomètre.

4.2.3.3 Panélistes

Conformément à la norme SN EN 13725, les panélistes doivent être âgés de seize ans au moins, disposer de capacités olfactives suffisantes et parvenir à rester concentrés pendant toute la durée des mesures. Leurs capacités olfactives sont testées au moyen d’une substance de référence : le n-butanol (no CAS 71-36-3). Chaque panéliste doit avoir effectué au moins douze estimations de seuil valides (« valeurs d’étalonnage »), dont la dernière il y a moins d’un an, et satisfaire aux exigences suivantes : – la moyenne géométrique des estimations individuelles de seuil olfactif (ITE) 1 doit être comprise entre 62 et 246 μg de butanol/m3 ; – l’écart-type des mesures individuelles d’étalonnage doit être inférieur à 2,3. Il est calculé à partir des logarithmes décimaux des estimations individuelles de seuil olfactif. L’annexe D de la norme SN EN 13725 [15] contient des exemples de critères de sélection pour les panélistes. L’historique métrologique de chaque panéliste doit être enregistré et conservé. La taille du groupe de panélistes à employer pour une mesure est fonction de la problématique. Toutefois, il convient de toujours recourir à quatre panélistes au minimum. Lors du classement des panélistes, ceux dont l’estimation ITE diffère trop de la moyenne du panel (écart au-delà d’un facteur 5) sont écartés.

4.2.3.4 Laboratoire de mesure

Les mesures doivent être réalisées dans une salle sans odeurs. Toutes les dispositions nécessaires doivent être prises afin qu’aucune odeur extérieure parasite ne puisse entrer, que la température intérieure soit agréable et que la salle puisse être correctement ventilée. Il faut également veiller à ce que les panélistes ne soient pas déconcentrés par des bruits parasites pendant la mesure. Les mesures sur site supposent de prendre des précautions afin que la salle de mesure et l’air de référence ne contiennent aucune odeur émise par l’installation.

4.2.4 Prélèvement d’échantillons

4.2.4.1 Stratégie de mesure

La perception d’une immission d’odeurs est un phénomène de courte durée, déterminé par la structure d’émission de l’installation émettrice et par les conditions météorologiques. Pour évaluer une immission d’odeurs, les valeurs pertinentes sont donc les valeurs de pointe et non les valeurs moyennes (p. ex. sur une heure). De fait, la stratégie de mesure doit avoir pour objectif d’enregistrer, d’une part, les valeurs de pointe de l’installation et, d’autre part, les conditions d’exploitation normales. En règle générale, le prélèvement d’échantillons dure entre 2 et 30 minutes (en fonction de la problématique à résoudre).

Individual threshold estimates

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4.2.4.2 Techniques de prélèvement d’échantillons

Les exigences minimales d’un prélèvement d’échantillons olfactométriques sont présentées ci-dessous. La technique de prélèvement doit se fonder sur la norme SN EN 13725 [15] et la directive VDI 3880 « Olfaktometrie – Statische Probenahme » [25]. Le prélèvement statique est la technique la plus appropriée pour les échantillons olfactométriques, car il permet d’obtenir une concentration d’odeur constante tout au long de la mesure. En effet, l’échantillon odorant est versé dans un récipient approprié, transporté jusqu’à l’olfactomètre, puis raccordé à celui-ci pour être analysé ; ainsi, la concentration d’odeur reste constante pendant toute la durée de la détermination. Lors d’un prélèvement dynamique (non recommandé), un flux partiel est prélevé en continu à la source et acheminé directement vers l’olfactomètre. Le prélèvement d’échantillons doit remplir les exigences suivantes.

Tableau 9 : Exigences applicables à un prélèvement d’échantillons olfactométriques

Pré-dilution En cas de suspicion d’un phénomène de condensation ou d’adsorption, une pré-dilution des échantillons peut s’avérer nécessaire. Le facteur de dilution ne doit pas être supérieur à 15. Les dilutions jusqu’à un facteur de pré-dilution de 5 peuvent être effectuées de manière statique. L’air inodore doit alors être introduit dans le sachet peu de temps avant le prélèvement de l’échantillon.

Systèmes de prélèvement statique Si le gaz d’échantillonnage est sous pression, le sachet d’échantillonnage peut être rempli directement. Sinon, un système de prélèvement d’échantillons en dépression doit aspirer le gaz d’échantillonnage (cf. informations détaillées dans la directive VDI 3880, point 4.4 [25]). Il faut veiller à ce que le gaz d’échantillonnage n’entre pas en contact avec la pompe lors du prélèvement.

Durée du prélèvement La durée du prélèvement dépend de la tâche à effectuer [15]. Toutefois, lorsque les concentrations d’odeur sont constantes, il convient de garantir un prélèvement en continu pendant au moins dix minutes. La durée du prélèvement peut être adaptée en cas d’exploitation non continue ou d’émissions discontinues. Pour des mesures de réception, le gaz épuré doit être prélevé au total pendant 30 minutes ; le prélèvement peut être réparti en plusieurs échantillons (3 x 10 min, p. ex.).

Volume d’échantillonnage L’échantillon d’air doit avoir un volume minimal de 5 litres.

Nombre d’échantillons On procède généralement à un double échantillonnage (prélèvement de deux échantillons). En cas d’émissions discontinues, il est toutefois possible de prélever trois échantillons afin de vérifier les valeurs d’émission. Lorsqu’il s’agit de déterminer un degré d’efficacité, le gaz brut et le gaz épuré doivent être prélevés dans le même laps de temps.

Échantillonnage selon différentes Sources actives captées : dans le cas d’un écoulement laminaire (cf. sources d’émissions point 2.3.1 des recommandations de l’OFEV sur la mesure des émissions [2]), la mesure doit être réalisée au point médian de la cheminée. Sources actives diffuses (p. ex. biofiltres ; vitesse de ventilation > 30 m/h) : couverture totale de la source ou échantillonnage ponctuel de surfaces partielles avec une hotte de prélèvement (taille minimale de la hotte : 1 m2). Le nombre de points de mesure dépend de la superficie et de l’homogénéité de la ventilation. Sources passives diffuses (p. ex. tas de compost) : ces sources ne peuvent être échantillonnées qu’à l’aide d’une hotte de prélèvement spéciale à ventilation prédéfinie (cf. informations complémentaires dans la directive VDI 3880).

Les échantillons doivent être analysés dans les douze heures qui suivent leur prélèvement. S’il est établi (par un justificatif spécifique à la source) que la concentration d’odeur dans les échantillons ne change pas, ce délai peut être porté à 30 heures [25]. Pour les substances très réactives, une mesure sur place peut être envisagée.

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4.2.4.3 Matériaux

Les matériaux utilisés en olfactométrie doivent présenter les propriétés suivantes (cf. SN EN 13725, chap. 6 [15]) : – ils doivent être sans odeur et ne transférer aucune substance odorante à l’échantillon ; – ils doivent être sélectionnés de manière à limiter autant que possible les réactions physiques ou chimiques entre l’échantillon et les matériaux du dispositif de prélèvement ; – ils doivent être étanches à l’air autant que possible, afin de réduire la perte d’échantillon par diffusion ; – leur surface doit être lisse. Les matériaux adaptés au prélèvement d’échantillons sont notamment le verre, l’acier inoxydable, le PFTE et le PET. Les échantillons sont à conserver de préférence dans des sachets en Nalophan® ou en Tedlar®.

4.2.5 Incertitude des mesures

Pour calculer l’incertitude de mesure d’une série de mesures donnée, il est recommandé de se baser sur un intervalle de confiance de 95 %, comme le prévoyait l’ancienne version de la directive VDI 3881 / feuillet 1 [26]. La formule de calcul est la suivante (LI = limite inférieure, LS = limite supérieure) :

𝑠 𝑠 log 𝑍𝐿𝐼 = 𝑀 + 𝑡 log 𝑍𝐿𝑆 = 𝑀 − 𝑡 √𝑁 √𝑁

où M est la moyenne arithmétique des logarithmes des points de retournement, s est l’écart-type, t est le facteur de Student adapté à la mesure, N est la taille de l’échantillon (nombre de passages multiplié par le nombre de panélistes) et log est le logarithme décimal. Outre l’incertitude statistique propre à une série de mesures donnée, les incertitudes au sein du laboratoire (sélection du groupe de panélistes, différences entre les substances odorantes de référence et les échantillons prélevés dans l’environnement, etc.) et les incertitudes entre les laboratoires jouent également un rôle. Pour tenir compte de ces incertitudes de mesure, il convient de se référer aux explications de la norme SN EN 13725 [15].

4.2.6 Valeurs limites d’émission des installations d’épuration des effluents gazeux

De manière générale il est recommandé d’appliquer la valeur limite d’émission suivante pour les installations d’épuration des effluents gazeux visant à réduire les émissions d’odeurs : La concentration d’odeur ne doit pas dépasser 500 uo/m3. Cette limite est respectée lorsque la valeur moyenne des mesures d’émissions (calculée sans tenir compte de l’incertitude de mesure) ne la dépasse pas. Si les effluents gazeux sont traités avec des biofiltres, des épurateurs d’air biologiques ou des procédés biologiques comparables, l’odeur du gaz brut ne doit pas être perceptible du côté du gaz épuré.

4.3 Relevé de panache

Un relevé de panache est une méthode qui consiste à mesurer la présence d’odeurs identifiables pour une situation d’émission donnée et dans des conditions météorologiques spécifiques (direction du vent, vitesse du vent et stabilité de la stratification atmosphérique). Pour la situation donnée, il permet de déterminer l’étendue du panache odorant ainsi que son intensité et son caractère hédonique. La méthode de mesure est décrite dans la norme SN EN 16841-2 [17]. Son principe est identique à celui d’une inspection sur le terrain conforme à la présente recommandation (cf. point 3.2). Il consiste à déterminer, dans la direction de dispersion du panache odorant, la zone dans laquelle le moment de la

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mesure compte pour une heure odorante. Le résultat de la mesure peut aussi être comparé directement avec le calcul d’un modèle de dispersion. Les inspections sur le terrain, sous forme de mesures par quadrillage ou par point (cf. point 3.2), sont principalement utilisées pour déterminer la précharge d’odeur et/ou la charge d’odeur totale dans la zone d’évaluation. S’agissant des problématiques suivantes, les relevés de panache sont plus appropriés : – déterminer la portée d’un panache odorant ainsi que la distribution des fréquences et l’évolution de l’intensité à l’intérieur de ce panache ; – identifier des sources d’émission et calculer rétrospectivement l’intensité de la source à l’aide de modèles de dispersion appropriés ; – calibrer et valider des modèles de dispersion ; – déterminer des valeurs conventionnelles d’intensité de source pour des calculs de dispersion. Une ronde dure généralement dix minutes. Comme le relevé de panache ne détermine que les immissions observées pendant dix minutes dans une combinaison spécifique d’émissions et de conditions météorologiques, il ne permet pas à lui seul d’établir si les immissions d’odeurs sont excessives. Pour la réalisation d’un relevé de panache, il convient d’appliquer les consignes de la norme SN EN 16841-2 [17], qui décrit deux procédés distincts : la mesure dynamique du panache et la mesure statique du panache. Dans le cas d’une mesure statique, les panélistes sont placés à des distances déterminées le long de lignes de coupe perpendiculaires à l’axe du panache. Pendant le temps de la mesure, chaque panéliste détermine la perception olfactive à l’endroit où il se trouve. Dans le cas d’une mesure dynamique, les panélistes traversent le panache selon un parcours en zigzag en réalisant des mesures individuelles à intervalles rapprochés. Le coût d’un relevé dynamique est nettement inférieur à celui d’un relevé statique, mais son résultat est nettement moins probant. Le relevé dynamique ne peut déterminer que l’étendue (les bords) du panache, car seuls les points de transition peuvent être définis de manière fiable. De plus, comme chaque point de transition n’est parcouru qu’une seule fois, il n’est pas possible d’établir la fréquence des perceptions olfactives (p. ex. méandres du panache). Le relevé statique est donc préférable au relevé dynamique.

Le moment du relevé doit être choisi en fonction de la problématique à résoudre. La norme SN EN 16841-2 [17] exige que la vitesse du vent à 10 m de hauteur soit comprise entre 2 et 8 m/s pendant la mesure. Or, dans de vastes régions du Plateau, la vitesse médiane du vent est inférieure à 2 m/s, souvent même à 1,5 m/s. Si le relevé doit porter sur une situation météorologique typique de la Suisse, il n’est donc pas toujours possible de respecter cette consigne. De même, en fonction de la problématique, il faut parfois s’écarter de la valeur prescrite par la norme SN EN 16841-2 [17] concernant la stabilité de la stratification atmosphérique. À la place de la fréquence de l’odeur, il est possible d’en déterminer l’intensité et le caractère hédonique. L’une des méthodes permettant d’y parvenir est décrite dans la directive VDI 3940 / feuillet 3 [33]. Une variante adaptée à la détermination des intensités est présentée dans Keck et al. [11], [12]. Cette procédure a été utilisée pour déterminer les distances minimales des installations d’élevage conformément à l’annexe 2, ch. 512, OPair. Le relevé de panache n’est pas considéré comme une méthode permettant de déterminer si des immissions sont excessives au sens de l’art. 2, al. 5, let. b, OPair.

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5 Détermination de la hauteur de cheminée

En vertu de l’art. 6 OPair, les émissions d’odeurs doivent être captées aussi complètement que possible et évacuées au-dessus des toits. La hauteur de la cheminée doit être déterminée conformément aux calculs présentés dans les recommandations de l’OFEV sur les cheminées et, pour les installations de moyenne puissance, conformément à l’annexe 6 OPair (si elle s’applique). Pour calculer la hauteur d’une cheminée d’après ces recommandations, il manque toutefois une valeur d’immission de courte durée (valeur S) applicable aux odeurs. La grandeur S limite à une certaine valeur (= valeur S) les immissions maximales de courte durée dues à l’installation (annexe 6, ch. 31, al. 3, OPair). Le calcul de la hauteur d’une cheminée est conçu de telle sorte que la valeur S n’est pas dépassée aux alentours de l’installation, même dans des conditions de dispersion (calculables) défavorables [10]. Par définition, une concentration d’odeur égale ou supérieure à 1 uo/m3 est perçue par plus de la moitié de la population. Dans le cas d’un calcul sur modèle, une heure compte pour une heure odorante si l’immission calculée dépasse 0,25 uo/m3. Il est donc judicieux de limiter l’immission de courte durée à des valeurs comprises entre 0,25 et 1 uo/m3. Sur la base de calculs de test et de comparaison, la valeur S a été fixée à 0,5 [uo/m3]. Afin de tenir compte du caractère hédonique des odeurs agréables, cette valeur peut être multipliée par deux. Pour calculer correctement la hauteur d’une cheminée, le débit massique Q doit être indiqué en Muo/h. Cela permet de calculer, à l’aide de la valeur S définie ci-dessus, le quotient Q/S habituel [10 6 m3/h] (cf. annexe 6 OPair). Exemple de calcul : si la concentration d’odeur dans le flux d’air évacué atteint 1500 uo/m3 et si le débit volumique est de 600 m3/h, alors le débit massique Q est égal à 0,9 Muo/h. Le quotient Q/S s’établit donc à 1,8. Pour déterminer la hauteur de cheminée, il est possible de suivre les indications suivantes : – Q/S inférieur à 1 : hauteur d’après le ch. 5.2 des recommandations sur les cheminées ; – Q/S entre 1 et 5 : hauteur d’après le ch. 5.3 des recommandations sur les cheminées ; – Q/S supérieur à 5 : hauteur d’après l’annexe 6 OPair. Le calcul à l’annexe 6 OPair est prévu pour des effluents gazeux dont la température atteint au moins

55 °C. Dans le cas d’un air évacué chargé d’odeur, il s’applique donc uniquement de manière limitée. La formule permet seulement de déterminer la limite basse de la hauteur de cheminée requise. Dans ce cas, un calcul sur modèle conforme à la présente recommandation peut être nécessaire en vertu de l’OPair (art. 5, al. 1, et 28). Dans certaines circonstances, lorsque la concentration ou la charge d’odeur est élevée, une cheminée dont la hauteur a été calculée conformément aux recommandations de la Confédération (ci-après « cheminée conforme ») peut donc s’avérer insuffisante pour éviter des immissions d’odeurs excessives. La table ci-dessous (cf. tableau 10) permet d’évaluer sommairement ces situations impliquant une cheminée conforme (vitesse minimale d’évacuation de 6 m/s et hauteur calculée d’après la valeur S susmentionnée). Une clarification au cas par cas peut s’avérer nécessaire dans ces situations également.

Tableau 10 : Évaluation sommaire en fonction de la concentration/charge d’odeur évacuée par une cheminée conforme (appliquer la première ligne pour laquelle la condition de la colonne 1 est remplie)

Plage de concentration/charge d’odeur Effet attendu pour une source captée avec cheminée conforme

≤ 500 uo/m3 et ≤ 2,5 Muo/h Très vraisemblablement aucune immission d’odeurs excessive aux points d’immission situés à plus de 100 m de la cheminée

≤ 1000 uo/m3 et ≤ 10 Muo/h Très vraisemblablement aucune immission d’odeurs excessive aux points d’immission situés à plus de 250 m de la cheminée

> 1000 uo/m3 ou > 10 Muo/h Immission d’odeurs excessive possible

Si des immissions excessives ne peuvent pas être exclues de manière hautement vraisemblable sur la base du tableau 10 et si l’annexe 6 OPair n’est pas applicable (p. ex. température inférieure à 55 °C), les autorités doivent décider au cas par cas de la marche à suivre.

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Aucune évaluation sommaire ne peut être effectuée sur la base du tableau 10 si les odeurs s’échappent de l’installation de manière diffuse ou si les évacuations d’air vicié ne sont pas conformes aux recommandations sur les cheminées. Le niveau d’émissions à partir duquel des immissions excessives peuvent se produire en pareil cas dépend fortement de la situation locale. Des immissions excessives sont à prévoir principalement à proximité de l’installation, mais elles peuvent couvrir de plus grandes distances dans certaines conditions (en particulier dans le sens d’écoulement du courant d’air froid local). Les biofiltres prennent souvent la forme de filtres de grande surface. L’air évacué ne s’échappe pas par une cheminée, mais peut aussi sortir à proximité du sol (en fonction du type de construction). Les biofiltres ayant une odeur propre, ils constituent en théorie une source odorante non négligeable. L’expérience montre toutefois que l’odeur propre des filtres n’est pas incommodante si les valeurs limites d’émission mentionnées au point 4.2.6 sont respectées, de même que la distance minimale de 200 m par rapport au lieu d’immission le plus proche (cf. commentaire de la LAI sur l’annexe 7 de la TA Luft [1]). Si ces conditions ne peuvent pas être remplies, l’utilisation d’un biofiltre doit faire l’objet d’un examen au cas par cas. Pour les installations agricoles équipées de biofiltres auxquelles s’applique l’annexe 2, ch. 512, OPair, les distances minimales correspondantes doivent être respectées.

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6 Démarche en cas de plainte pour nuisance olfactive

6.1 Première estimation et évaluations sommaires

Lorsque les autorités doivent gérer une plainte pour nuisance olfactive, il est souvent bénéfique de procéder à une évaluation sommaire avant de recourir aux méthodes complexes de détermination des immissions d’odeurs exposées aux chapitres 3 et 4 de la présente recommandation. Cette démarche permet de vérifier la plausibilité de la plainte. Certaines évaluations sommaires peuvent également s’avérer utiles pour juger de l’emplacement d’une nouvelle installation projetée. Le transport d’odeurs peut notamment être estimé grâce aux évaluations sommaires suivantes. – Côté source, il convient d’examiner en premier lieu si les prescriptions relatives à la réduction des odeurs sont respectées (cf. figure 1). Il faut vérifier en particulier : – la mise en œuvre des obligations et des conditions liées à l’autorisation de construire ; – le bon fonctionnement des installations d’épuration des effluents gazeux et le respect des valeurs limites d’émission ; – le captage insuffisant des émissions diffuses et les émissions d’odeurs à l’air libre (p. ex. stockage de substances odorantes) ; – la conformité des hauteurs de cheminée ; – les changements au niveau de l’exploitation qui ont modifié les émissions ; – les pannes d’exploitation et les travaux de maintenance qui ont causé un accroissement provisoire des émissions ; – le respect des distances minimales applicables aux installations d’élevage (annexe 2, ch. 512, OPair). – Des observations directes sur le terrain (essais fumigènes, observations du brouillard, etc.) peuvent fournir des indications très précieuses, notamment sur le déplacement des odeurs (en particulier si l’on soupçonne un courant d’air froid local). Elles contribuent également à déterminer si les aérations fonctionnent correctement et si l’air sortant des cheminées peut se disperser de manière suffisamment libre. Toutefois, elles ne permettent pas de tirer des conclusions sur la fréquence d’éventuelles gênes olfactives. – Des modèles simples de flux d’air froid (p. ex. le modèle KLAM_21 du service météorologique allemand) sont spécialement conçus pour estimer l’influence de ces flux sur la pollution olfactive en terrain vallonné. Ils permettent de modéliser de vastes secteurs moyennant un effort relativement faible et de présenter les résultats avec un géoréférencement. Au même titre que les observations

directes, ils ne permettent aucune affirmation sur la fréquence d’éventuelles gênes olfactives. Par ailleurs, les modèles tels que KLAM_21 (modèles d’écoulement des eaux peu profondes) ne conviennent pas pour calculer les parts d’heures odorantes dans la zone de dispersion. – Côté immissions (sites impactés), les évaluations sommaires ne permettent pas de déterminer les nuisances olfactives avec suffisamment de précision pour confirmer ou exclure le caractère excessif des immissions. Il est toutefois possible de recourir à certaines procédures simplifiées : – des calculs de dispersion simplifiés, réalisés sur la base des modèles présentés au chapitre 3, permettent par exemple de déterminer (malgré l’absence de données sur le vent) des situations météorologiques typiques avec un vent soufflant depuis l’installation vers le lieu d’immission ou de calculer (malgré l’absence de données sur l’intensité de la source) des facteurs de dilution moyens. Ces calculs donnent des indications sur la taille de la zone d’immission, mais sont généralement insuffisants pour déterminer la part d’heures odorantes ; – certaines substances odorantes majeures peuvent être facilement détectées par des analyses. Des capteurs passifs permettent par exemple d’identifier à moindre coût une charge moyenne d’ammoniac. La résolution temporelle des mesures effectuées par ces capteurs est toutefois insuffisante pour conclure directement à une pollution olfactive. Ces mesures contribuent néanmoins à définir des zones présentant en principe une pollution élevée et ainsi à vérifier la plausibilité de la répartition spatiale des plaintes pour nuisance olfactive ;

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– s’agissant d’installations d’élevage d’animaux de rente, il est possible d’évaluer sommairement les immissions excessives en s’appuyant sur le calcul des distances minimales au sens de l’annexe 2, ch. 512, OPair ; – les retours directs de la population (notamment par une ligne d’assistance téléphonique dédiée à la question) et les sondages simplifiés comptent également parmi les évaluations sommaires fréquemment utilisées. En l’espèce, il est important de collecter autant d’informations que possible sur la situation olfactive : – où se produisent précisément les odeurs ? – quand se produisent-elles (date et heure) ? – combien de temps dure la gêne ? – qu’est-ce que ça sent ? Lorsque les plaintes sont bien documentées, leur plausibilité peut être vérifiée à l’aide de données de vent et de journaux d’exploitation, ce qui peut être précieux en cas d’investigations plus poussées (impliquant par exemple des calculs sur modèle). La directive VDI 3883 / feuillet 4 [30] fournit d’autres instructions pour gérer les conflits de voisinage nécessitant des investigations sur les émissions, la transmission et les immissions. La directive VDI 3886 / feuillet 1 [32] peut servir de base complémentaire pour des évaluations sommaires. Elle indique quelles étapes de vérification peuvent être réalisées avant de procéder à une détermination plus complexe de la pollution olfactive conformément aux points 3 à 4.2. Cette directive s’aligne sur la procédure prévue par la TA Luft ; certaines étapes de vérification requièrent déjà une connaissance approfondie du site.

6.2 Démarche en cas d’émetteurs multiples

6.2.1 Évaluation des immissions d’odeurs

Une inspection sur le terrain ou un sondage ne permet pas de différencier plusieurs émetteurs de manière fiable, notamment lorsqu’ils produisent des odeurs identiques ou similaires. La procédure décrite ci-après aide à traiter les problèmes d’odeurs ayant plusieurs émetteurs potentiels. Dans le souci de gérer les plaintes de manière appropriée, il peut être judicieux d’effectuer un relevé de la situation actuelle avant de mettre en œuvre des mesures et de procéder à un suivi des effets après la mise en œuvre. Une inspection sur le terrain et/ou un sondage peuvent s’y prêter.

Tableau 11 : Étapes d’investigation en cas d’émetteurs multiples

Étapes d’investigation Paramètres à examiner Méthodes possibles

1 Détermination du périmètre Principalement en fonction de la – Calcul de la rose des vents du

(différenciation des sources distance et des conditions de vent site susceptibles de générer des – Installation éventuelle d’un anémomètre sur place odeurs dans la zone d’immission) – Calcul de dispersion – Détermination des flux d’air froid

2 Évaluation du respect de la Valeurs limites d’émission fixées – Contrôle du respect des valeurs

limitation préventive des émissions dans l’OPair, hauteurs de limites d’émission, des hauteurs de cheminée, des distances mipar les différents émetteurs cheminée, distances minimales, nimales, etc. etc.

3 Relevé de la situation actuelle Fréquences des heures odorantes – Calcul de dispersion

et/ou niveau de gêne – Inspection sur le terrain – Sondage

4 Relevé de l’intensité des sources Concentration et charge d’odeur – Pour les sources captées : oldes différents émetteurs situés factométrie

dans le périmètre

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Étapes d’investigation Paramètres à examiner Méthodes possibles

– Pour les sources diffuses : estimation sur la base de valeurs conventionnelles

5 Le cas échéant, définition de – Construction / rehaussement

mesures garantissant le respect des cheminées d’évacuation de la limitation préventive des – Installation d’épuration des effluents gazeux émissions prévue par l’OPair – Mesures constructives, etc.

6 Suivi des effets produits par les Fréquence des heures odorantes – Inspection sur le terrain

mesures de réduction des et/ou niveau de gêne – Sondage (conçu dans le sens émissions d’une gestion des plaintes)

6.2.2 Immissions d’odeurs excessives

Lorsque plusieurs installations stationnaires occasionnent des immissions excessives en dépit de limitations préventives des émissions, il y a lieu, en application de l’art. 44a LPE et de l’art. 9, al. 4, OPair, de compléter ou de renforcer ces limitations en élaborant un plan de mesures relatif aux pollutions atmosphériques2 conforme aux art. 31 à 34 OPair. En vertu de l’art. 32 OPair, les plans de mesures cantonaux relatifs à la protection de l’air doivent essentiellement indiquer : – les sources des émissions responsables des immissions excessives, les mesures propres à réduire les immissions excessives ou à y remédier, les délais dans lesquels les mesures doivent être arrêtées et exécutées, ainsi que – l’efficacité de chacune de ces mesures. Si un plan cantonal contient des mesures qui sont de la compétence de la Confédération ou suppose la participation d’un autre canton, les exigences prévues à l’art. 34 OPair doivent être prises en compte.

Les plans de mesures sont des instruments de coordination pour les autorités. Cependant, les prescriptions et les dispositions (p. ex. une décision d’assainissement) basées sur un tel plan sont contraignantes pour les différents émetteurs.

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Annexe 1 Détermination de la nuisance olfactive à l’aide de facteurs spécifiques à l’espèce animale La présente annexe montre, à l’aide d’un exemple, comment il est possible de déterminer la nuisance olfactive d’une installation d’élevage en appliquant des facteurs de pondération spécifiques aux espèces animales en présence. Dans cet exemple, les sources d’odeurs de l’installation sont un stockage de substrats (fourrage fermenté, fumier), une porcherie fermée et une étable à bovins. Conformément aux dispositions de l’annexe 7 TA Luft, les facteurs de pondération qui s’appliquent sont les suivants : 1. stockage de substrats et odeurs non attribuables : 𝑓1 = 1 Il faut d’abord déterminer, au point d’immission, les parts d’heures odorantes résultant de la somme de toutes les émissions, réparties en fonction des différents facteurs de pondération. Soit, dans l’exemple : 1. odeur totale r = 0,2 2. substrats et odeurs non attribuables 𝑟1 = 0,046 Les fréquences pertinentes pour la pondération, par facteur de pondération, sont donc les suivantes : Le facteur de pondération total f est ensuite calculé comme suit :

À ce point d’immission, la part d’heures odorantes déterminante est donc :

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Annexe 2 Questionnaire Expéditeur

Questionnaire Veuillez remplir ce questionnaire de la façon la plus complète possible, puis le renvoyer dans l’enveloppe affranchie fournie. Veuillez répondre aux questions en cochant les cases prévues à cet effet (exemple : Τ). Pour corriger une réponse, merci de barrer proprement la case cochée par erreur (exemple : Τ). Vos réponses seront traitées dans la plus stricte confidentialité. Nous vous remercions par avance de votre compréhension et de votre coopération.

1 Depuis combien de temps occupez-vous votre logement ?

Depuis moins d’un an 1 Depuis 1 à 3 ans 2 Depuis 4 à 10 ans 3 Depuis plus de 10 ans 4 R1

2 Utilisez-vous à cet endroit un balcon, une terrasse ou un jardin ?

3. Pendant un jour ouvrable ordinaire, combien d’heures passez-vous hors de votre logement (p. ex. pour faire des courses, aller travailler ou exercer d’autres activités) ? Environ … heures par jour R3

4 Lorsque vous recherchez un logement, quelle importance accordez-vous à certains aspects de son

environnement ? très peu sans important important importance Commerces 1 2 3 R4 Espaces verts 1 2 3 R5 Odeurs extérieures 1 2 3 R6 Conditions de circulation 1 2 3 R7 Loisirs 1 2 3 R8 Tranquillité 1 2 3 R9

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5 Quel est votre degré de satisfaction à l’égard de ces différents aspects dans votre environnement

actuel ? Satisfaction grande moyenne nulle Commerces 1 2 3 R10 Espaces verts 1 2 3 R11 Odeurs extérieures 1 2 3 R12 Conditions de circulation 1 2 3 R13 Loisirs 1 2 3 R14 Tranquillité 1 2 3 R15

6 Quelle est l’intensité des odeurs que vous percevez à l’intérieur de votre logement ?

Odeurs non perceptibles 1 Odeurs très faiblement perceptibles 2 Odeurs faiblement perceptibles 3 Odeurs nettement perceptibles 4 Odeurs fortement perceptibles 5 Odeurs très fortement perceptibles 6 Odeurs extrêmement fortes 7 R16

7 Dans votre environnement résidentiel/jardin, des bruits ou des odeurs vous incommodent-ils ?

Bruits Oui  1 Non  2 R17 Odeurs Oui  1 Non  2 R18

8 Supposons qu’il existe un thermomètre capable de mesurer l’intensité des odeurs ou des bruits qui

vous incommodent dans votre logement. Le repère 10 signifie que les odeurs ou les bruits sont extrêmement gênants ; le repère 0 indique qu’ils ne le sont pas du tout. Personnellement, à quel niveau estimez-vous la gêne olfactive ou sonore que vous ressentez dans votre logement ? Cochez ce niveau sur le thermomètre. Odeurs Bruits

äusserst belästigend 10 äusserst belästigend 10 extrêmement gênant extrêmement gênant 9 9 8 8 7 7 6 6 5 5 4 4 3 3 2 2 1 1 0 gar nicht pas gênantbelästigend du tout 0 gar gênant pas nicht belästigend du tout

9 Comment jugez-vous la gêne olfactive ou sonore ressentie à votre domicile ?

Gêne sonore : supportable  1 non supportable  2 R23 Gêne olfactive : supportable  1 non supportable  2 R24

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10 Si des odeurs ou des bruits vous incommodent, quelle est la source principale de cette gêne ?

Source de la gêne sonore de la gêne olfactive Trafic routier 1 1 Entreprises industrielles 2 2 Agriculture 3 3 Installations de chauffage 4 4 Entreprises artisanales 5 5 Autre 6 6

11 Veuillez indiquer dans quelle mesure des odeurs provenant de l’extérieur vous incommodent chez

vous. Logement Balcon/terrasse Jardin/environnement Pas du tout 1 1 1 Un peu 2 2 2 Moyennement 3 3 3 Fortement 4 4 4 Extrêmement 5 5 5

12 Pouvez-vous décrire l’odeur qui vous incommode le plus ?

Par exemple : odeur de brûlé, odeur douceâtre, piquante, putride, fécale, etc. __________________________________________________________ R30 13. Indiquez la fréquence moyenne à laquelle vous entendez du bruit provenant de l’extérieur. Pour ainsi dire jamais 1 Une fois par mois ou moins 2 Deux à trois fois par mois 3 Une fois par semaine 4 Presque chaque jour 5 R31

14 Indiquez la fréquence moyenne à laquelle vous sentez, dans votre logement, des odeurs provenant

de l’extérieur. Pour ainsi dire jamais 1 Une fois par mois ou moins 2 Deux à trois fois par mois 3 Une fois par semaine 4 Presque chaque jour 5 R32

15 Que faites-vous lorsque ces odeurs vous incommodent (veuillez vous baser sur l’année écoulée) ?

jamais parfois la plupart du temps J’appelle la commune pour me plaindre 1 2 3 R33 J’essaie de m’adapter à la situation (p. ex. en fermant les fenêtres) 1 2 3 R34 J’utilise un (spray) désodorisant 1 2 3 R35 J’accepte la situation olfactive 1 2 3 R36 Je n’étends pas mon linge à l’extérieur 1 2 3 R37

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16 Dans votre voisinage, croyez-vous que le bruit représente une gêne pour la population résidente ?

Oui  1 Non  2 R38

17 Dans votre voisinage, croyez-vous que l’odeur représente une gêne pour la population résidente ?

Oui  1 Non  2 R39

18 Quel est votre degré de satisfaction à l’égard de votre état de santé ?

Très élevé 1 Relativement élevé 2 Moyennement élevé 3 Peu élevé 4 Nul 5 R40

19 Indiquez si, au cours des deux dernières années, vous avez souffert plus ou moins durablement des

maux ci-dessous ou si vous en souffrez encore. Ne cochez que les maux dont l’origine exacte n’a pas été identifiée par des médecins et qui ont notablement altéré votre bien-être. jamais rarement parfois souvent durablement Maux de tête 5 4 3 2 1 R41 Goût désagréable dans la bouche 5 4 3 2 1 R42 Fièvre 5 4 3 2 1 R43 Détresse respiratoire 5 4 3 2 1 R44 Perte d’appétit 5 4 3 2 1 R45 Étranglements 5 4 3 2 1 R46 Vomissements 5 4 3 2 1 R47 Éructations répétées 5 4 3 2 1 R48 Nausées 5 4 3 2 1 R49

20 Êtes-vous régulièrement exposé/e au tabagisme (le vôtre ou celui des autres) ?

Oui  1 Non  2 R50 Voici quelques questions à visée statistique, qui seront elles aussi traitées dans la plus stricte confidentialité :

21 Âge :

19 à 30 ans 1 31 à 40 ans 2 41 à 50 ans 3 51 à 65 ans 4 plus de 65 ans 5 R51

22 Sexe :

Féminin  1 Masculin  2 Aucune indication  3 R52

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23 Activité professionnelle :

Salarié/e 1 Cadre, indépendant/e 2 Retraité/e 3 Sans activité (au foyer, étudiant/e) 4 R53

24 Formation :

École primaire 1 École secondaire, école professionnelle 2 École secondaire supérieure, haute école 3 R54

Veuillez nous envoyer ce questionnaire rempli dans l’enveloppe-réponse déjà libellée et affranchie. Nous vous remercions de votre collaboration.

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Annexe 3 Glossaire

Air froid Apparition localisée d’air froid le soir et la nuit, lorsque la couche Flux d’air froid d’air proche du niveau du sol refroidit plus rapidement que la couche supérieure On parle de flux d’air froid lorsque l’air froid local se met en mouvement à cause d’une pente. Calme Épisode marqué par une (quasi) absence de vent Caractère hédonique Évaluation d’une odeur sur une échelle allant de « extrêmement Tonalité hédonique agréable » à « extrêmement désagréable » Cas de pollution olfactive Situation en lien avec des immissions d’odeurs nécessitant une évaluation de la part des autorités Champ de vent Champ vectoriel spatial qui attribue à chaque point d’un espace donné, sous la forme de vecteurs, la direction et la vitesse du vent à cet endroit Durée de l’inspection Période durant laquelle sont réalisées toutes les mesures individuelles qui composent une inspection sur le terrain Facteur de dilution Valeur de dilution Z : rapport entre le flux d’air mélangé (air échantillonné mélangé à de l’air neutre dans l’olfactomètre lors du test olfactif) et le flux d’air échantillonné Fréquence d’une odeur Nombre d’heures odorantes rapporté au nombre total de mesures individuelles Gêne Désagrément dans le bien-être d’une personne, provoqué par la perception de stimuli ambiants non souhaités Heure odorante Mesure individuelle jugée positive, c.-à-d. établissant que le prorata temporis d’une odeur identifiable sans ambiguïté atteint ou dépasse un pourcentage préalablement défini Immission d’odeurs Impact produit par une substance odorante sur l’être humain, qui peut être décrit par sa fréquence, sa qualité, son intensité et son caractère hédonique sur site Intensité d’une odeur Force d’une sensation olfactive sur une échelle allant de « aucune odeur » à « odeur extrêmement forte » Mesure individuelle Mesure réalisée en un point de mesure donné pendant un intervalle de temps défini Mesure par point Détermination de la part d’heures odorantes à un point de mesure fixe grâce à une inspection sur le terrain ; voir « mesure par quadrillage » Mesure par quadrillage Détermination de la part d’heures odorantes sur une surface quadrillée grâce à une inspection sur le terrain, les valeurs étant mesurées aux quatre coins de la surface ; voir « mesure par point » Odeur d’une installation Odeur pouvant être attribuée sans le moindre doute à l’installation considérée

Panéliste Personne formée pour détecter les odeurs lors d’une inspection ou à l’olfactomètre. La norme SN EN 13725 utilise le terme « juge sensoriel ». Point de transition (relevé de Point équidistant du dernier point sans odeur et du premier point panache) avec odeur à la limite du panache perceptible considéré

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Pourcentage de personnes Part de personnes indiquant un niveau égal ou supérieur à 8 sur le fortement gênées thermomètre de gêne olfactive (convention) Prorata temporis d’une odeur Somme des laps de temps (à l’intérieur d’une période de mesure prédéfinie) durant lesquels les panélistes ont identifié l’odeur en un point de mesure donné Qualité d’une odeur Description comparative d’un type d’odeur (« ça sent comme... ») Rugosité Irrégularité de la surface d’un terrain Longueur de rugosité La longueur de rugosité indique la hauteur (par rapport au sol) à laquelle la vitesse moyenne du vent devient nulle sous l’influence de la rugosité. Seuil de perception Concentration de substances odorantes dont la probabilité de perception s’élève à 0,5 dans des conditions d’essai Seuil olfactif Seuil de perception olfactive qui s’applique à un groupe de panélistes ; voir « seuil de perception » Sondage Enquête d’opinions sur la base d’une liste de questions préétablie, réalisée sous la forme d’un contact écrit ou par l’intermédiaire d’une personne dûment formée Stabilité de la stratification Stabilité thermodynamique ou labilité de l’atmosphère en raison atmosphérique des gradients de température atmosphérique Classe de stabilité Les stabilités sont réparties en différentes classes allant de « très stable » à « très instable » selon plusieurs modèles, les plus connus étant ceux de Klug et Manier (système TA Luft, six classes), de Pasquill et Gifford (six classes) et de Pasquill et Turner (sept classes). Thermomètre de gêne olfactive Échelle de gradation de la gêne éprouvée, allant de 0 (pas gênant du tout) à 10 (extrêmement gênant) Unité d’odeurs (uo) Quantité minimale à laquelle une substance (répartie dans 1 m3 d’air neutre) déclenche une sensation olfactive Valeur conventionnelle Valeur d’émission fixée sur la base d’une norme ou d’une directive Valeurs d’appréciation Valeurs indicatives qui, contrairement aux valeurs limites, ne constituent pas une limite absolue pour évaluer le caractère excessif des émissions d’odeurs. L’autorité d’exécution dispose ainsi d’une certaine marge d’appréciation. Zone d’évaluation Zone définie en vue de mesurer et d’évaluer ou de modéliser les immissions de substances odorantes Zone d’impact Zone dans laquelle des immissions de substances odorantes sont générées par le ou les émetteurs considérés

Zone de contrôle Zone d’habitation située en dehors de la zone de nuisance, mais à proximité immédiate, dont la structure comparable permet de contrôler l’absence d’immissions d’odeurs en provenance des installations considérées Zone de nuisance Zone située autour d’une ou de plusieurs sources, dans laquelle peuvent survenir des immissions de substances odorantes spécifiques à ces sources Zone de sondage Zone d’habitation pouvant être délimitée à l’intérieur de la zone d’évaluation

Recommandation relative à l’évaluation des odeurs UV-2656

Bibliographie

[1] OFEV, 2013 : Hauteur minimale des cheminées sur toit. Recommandations sur les cheminées. 1re édition actualisée, décembre 2018 ; 1re édition 2013. Office fédéral de l’environnement, Berne. L’environnement pratique n° 1328 : 23 p. [2] OFEV, 2020 : Mesure des émissions des installations stationnaires. Recommandations sur la mesure des émissions. 2ème édition actualisée 2020. 1re édition 2013. Office fédéral de l’environnement, Berne. L’environnement pratique n° 1320 : 162 p. [3] Bund/Länder-Arbeitsgemeinschaft Immissionsschutz (LAI), Kommentar zu Anhang 7 TA Luft 2021; Version 08.02.2022 [4] Erste Allgemeine Verwaltungsvorschrift zum Bundes-Immissionsschutzgesetz (TA Luft), Anhang 2 "Ausbreitungsrechnung"; Version 18. August 2021 [5] Erste Allgemeine Verwaltungsvorschrift zum Bundes-Immissionsschutzgesetz (TA Luft), Anhang 7 "Feststellung und Beurteilung von Geruchsimmissionen"; Version 18. August 2021 [6] Fisler, J., Kube, M., Stocker, C., Grüter, E. : Quality Assessment using METEO-Cert, Instruments and Observing Methods Report No. 126; World Meteorological Organization, 2017 [7] Hangartner, M. : Geruchshäufigkeiten als Mass der Geruchsbelästigung. Staub – Reinhaltung der Luft 54 (1994) Nr. 2; S. 45-49 [8] Hangartner, M. : Bewertung von Geruchsbelästigungen, Staub - Reinhaltung der Luft 48; (1988), S. 81 – 85 [9] Janike, L., Janike, U. : Die Entwicklung des Ausbreitungsmodells AUSTAL2000G, Berichte zur Umweltphysik Nr. 5; März 2007 [10] Jansen, U. : Bedeutung der S-Werte nach Anhang 6 LRV; Mitteilung des Bundesamts für Umweltschutz, Abteilung Luftreinhaltung; Dezember 1987 [11] Keck, M., Frei, M., Steiner, B., Schrade, S. : Synthesis of the Attenuation of Odour Intensity with Distance of Cattle and Pig Husbandry as well as Animal Husbandry combined with Biogas Facilities; Chemical Engineering Transactions 68 (2018), p. 109-114 [12] Keck, M., Schrade, S. : Optimierte Fahnenbegehung zur Ermittlung von Geruch aus der Tierhaltung; VDI-Berichte Nr. 2383 (2021), S. 219-224 [13] Oettl, D., Ferrero, E. : A simple model to assess odour hours for regulatory purposes; Atmospheric Environment 155 (2017), p. 162-173 [14] Oettl, D., Kropsch, M., Mandl, M. : Odour assessment in the vicinity of a pig-fatting farm using field inspections (SN EN 16841-1) and dispersion modelling; Atmospheric Environment 181 (2018), p. 54-60

[15] SN EN 13725 : Émissions de sources fixes – Détermination de la concentration d’odeur par olfactométrie dynamique et du taux d’émission d’odeurs, 2022 [16] SN EN 16841-1 : Air ambiant – Détermination de la présence d’odeurs par mesures de terrain – Partie 1 : méthode de la grille, 2016 [17] SN EN 16841-2 : Air ambiant – Détermination de la présence d’odeurs par mesures de terrain – Partie 2 : méthode du panache, 2016 [18] Philippe Tercier : Climatologie de la dispersion atmosphérique – Bilan du rayonnement : paramètre de stabilité atmosphérique ; rapports de travail de l’ISM no 177, 1994 [19] VDI Berichte 2315 (2017), 2383 (2021) und 2430 (2023); VDI Verlag GmbH, Düsseldorf [20] VDI 3783 Blatt 7 : Umweltmeteorologie – Prognostische mesoskalige Windfeldmodelle – Evaluierung für dynamisch und thermisch bedingte Strömungsfelder; Mai 2017

Recommandation relative à l’évaluation des odeurs UV-2656

[21] VDI 3783 Blatt 9 : Umweltmeteorologie – Prognostische mikroskalige Windfeldmodelle – Evaluierung für Gebäude- und Hindernisumströmung; Mai 2017 [22] VDI 3783 Blatt 13 : Umweltmeteorologie – Qualitätssicherung in der Immissionsprognose – Anlagenbezogener Immissionsschutz – Ausbreitungsrechnung gemäss TA Luft; Januar 2010 [23] VDI 3783 Blatt 16 : Umweltmeteorologie – Prognostische mesoskalige Windfeldmodelle; Verfahren zur Anwendung in Genehmigungsverfahren nach TA Luft; November 2020 [24] VDI 3783 Blatt 20 : Umweltmeteorologie – Übertragbarkeitsprüfung meteorologischer Daten zur Anwendung im Rahmen der TA Luft; März 2017 [25] VDI 3880 : Olfaktometrie – Statische Probenahme; Oktober 2011 [26] VDI 3881 Blatt 1 : Olfaktometrie - Geruchsschwellenbestimmung - Grundlagen; Mai 1986 [27] VDI 3882 Blatt 1 : Olfaktometrie – Bestimmung der Geruchsintensität; November 2021 [28] VDI 3882 Blatt 2 : Olfaktometrie – Bestimmung der hedonischen Geruchswirkung; November [29] VDI 3883 Blatt 1 : Wirkung und Bewertung von Gerüchen – Erfassung der Geruchsbelästigung – Fragebogentechnik; September 2015 [30] VDI 3883 Blatt 4 : Wirkung und Bewertung von Gerüchen – Bearbeitung von Nachbarschaftskonflikten wegen Geruch; Juni 2014 [31] VDI 3884 Blatt 1 : Olfaktometrie, Bestimmung der Geruchsstoffkonzentration mit dynamischer Olfaktometrie, Ausführungshinweise zur DIN EN 13725; Februar 2015 [32] VDI 3886 Blatt 1 : Ermittlung und Bewertung von Gerüchen – Geruchsgutachten – Ermittlung der Notwendigkeit und Hinweise zur Erstellung; Dezember 2023 [33] VDI 3940 Blatt 3 : Bestimmung der Geruchsstoffimmission durch Begehungen – Ermittlung der Geruchsintensität und hedonischer Geruchswirkung im Feld; Januar 2010 [34] VDI 3940 Blatt 4 : Bestimmung der hedonischen Geruchswirkung – Polaritätenprofile; Juni 2010 [35] VDI 3945 Blatt 3 : Umweltmeteorologie – Atmosphärische Ausbreitungsmodelle – Partikelmodell; April 2020 [36] Wüest, J. : Beurteilung von Geruchsimmissionen in der Umgebung von Industriebetrieben; Diss. ETH 1993, Nr. 9644

Recommandation relative à l’évaluation des odeurs UV-2656

Liste des figures

Figure 1 : Déroulement d’une évaluation d’immissions d’odeurs (exemple d’une installation

Liste des tableaux

Tableau 3 : Part maximale admissible d’heures odorantes par point de mesure, en pourcentage de toutes les mesures individuelles réalisées à ce point de mesure (= 100 %) ; Tableau 4 : Évaluation d’une modélisation avec analyse de sensibilité (valeur calculée pour Tableau 10 : Évaluation sommaire en fonction de la concentration/charge d’odeur évacuée par une cheminée conforme (appliquer la première ligne pour laquelle la condition de la