FF 2025 2861
Message concernant un crédit d’engagement destiné à la transformation numérique de la Centrale de compensation pour les années 2026 à 2032
1 Contexte
Par le présent message, le Conseil fédéral soumet au Parlement une demande de crédit d’engagement de 66,1 millions de francs, pour les années 2026 à 2032. Ce crédit vise à moderniser intégralement l’organisation, les processus métier et les systèmes d’information de la Centrale de compensation (CdC), en particulier ceux de la Caisse suisse de compensation (CSC) et de l’Office AI pour les assurés résidant à l’étranger (OAIE). Cette transformation a pour objectif de passer d’une organisation cloisonnée par domaines à une organisation transversale basée sur quatre processus mutualisés: transmission d’informations aux assurés et tiers; calcul et gestion des prestations; évaluation du taux d’invalidité; recouvrement et contentieux.
1.1 Présentation du problème principal
La CdC agit comme une véritable colonne vertébrale des assurances sociales du 1er pilier: l’assurance-vieillesse et survivants (AVS), l’assurance-invalidité (AI) et les allocations pour perte de gain (APG). À ce titre, elle gère sous un même toit les activités suivantes:
– sa division Finances et registres centraux (FRC) est garante de la gestion centralisée des registres du 1er pilier, de la comptabilité et de la surveillance des flux financiers de toutes les caisses de compensation du pays;
– sa division CSC verse et gère les rentes AVS et AI et s’occupe de l’assurance facultative (Afac), pour près d’un million de bénéficiaires résidant à l’étranger; elle joue également un rôle de liaison incontournable pour l’échange d’informations avec les institutions étrangères en matière d’assurance sociale du 1er pilier;
– sa division OAIE examine le droit à des prestations de l’AI pour environ 37 000 rentes à l’étranger;
– sa division Caisse fédérale de compensation (CFC) gère également les prestations du 1er pilier et les APG du personnel fédéral et des institutions proches de la Confédération ainsi qu’une caisse d’allocations familiales.
Avec les années, la CdC et ses divisions se sont développées au fur et à mesure des évolutions légales. D’un côté, chaque entité juridique a construit son modèle de fonctionnement propre avec ses processus, lesquels touchent toutes les divisions, ou presque, de la CdC. De l’autre, les systèmes d’information de la CdC ont créé un système général qui met en relation toutes les entités avec des mêmes applications, ce qui les rend interdépendantes les unes des autres, à l’exception de la CFC, qui utilise son propre système développé par une coopérative externe (IGAKIS). Sur le plan technique, depuis plusieurs années, l’évolution constante des besoins métier et des adaptations législatives ont entraîné l’accumulation de nombreuses nouvelles fonctionnalités ou de nouveaux services. Ces derniers sont dispersés dans plus d’une quarantaine d’applications, la plupart anciennes (certaines en service depuis plus de 30 ans) et basées sur des technologies hétérogènes aujourd’hui souvent dépassées.
Sur le plan des processus métier et de l’organisation, cet émiettement n’a pas permis une prise en compte transversale des processus métier, malgré une tentative au début des années 2000 qui n’a pas abouti. Les processus métier (essentiellement pour la CSC et l’OAIE) restent donc majoritairement organisés en sous-processus successifs hyperspécialisés et peu numérisés (pas de processus de bout en bout).
Ce manque de vision globale lors des adaptations successives, notamment en raison de modifications légales régulières, a généré une intégration complexe, difficile à maintenir et très coûteuse. Concrètement:
– Une demande réglementaire ou l’introduction d’une nouvelle prestation implique souvent des modifications lourdes sur de multiples applications à la fois. Cela peut coûter plusieurs millions de francs, mais surtout exiger de longs délais de mise en œuvre, ce qui nuit à la flexibilité attendue par le législateur et l’autorité de surveillance et pourrait freiner les évolutions du 1er pilier. Par exemple, la mise en conformité avec AVS 21 ou l’intégration de la 13e rente AVS nécessitent d’importants projets d’adaptation (chacun peut concerner plus de dix applications et coûter plusieurs millions de francs, avec des délais pouvant durer plus de trois ans). Or, le Parlement impose des délais de mise en place de plus en plus courts.
– Chaque modification augmente la dette technique, multiplie les risques de défaillance, la complexité des interfaces, et expose la CdC et ses divisions à une vulnérabilité croissante (pannes, sécurité, difficultés à trouver des spécialistes pour des technologies dépassées).
– Les processus métier actuels ne peuvent pas être automatisés de bout en bout, mais sont contraints de maintenir de nombreuses étapes manuelles et des bases de données multiples et peu compatibles, rendant la transition numérique du service client très difficile et freinant les économies d’échelle. Par exemple, malgré la nouvelle application d’échange électronique d’informations sur la sécurité sociale (EESSI) avec les pays de l’Union européenne (UE), le processus standard de la CSC et de l’OAIE ne peut pas reprendre automatiquement les données transmises.
En l’état actuel, les systèmes d’information métier existants:
– menacent la capacité de la CdC à faire face à l’augmentation attendue des volumes (accroissement démographique, mobilité internationale);
– rendent plus difficile l’application rapide des nouvelles exigences légales, au risque de ne pas respecter les futures échéances fixées par le législateur;
– compliquent la transformation numérique et la modernisation attendues par la Confédération, les partenaires institutionnels, et les assurés eux-mêmes (parcours numérique, services en ligne, sécurité des données).
En revanche, la migration réussie du mainframe IBM vers une infrastructure open source fortement distribuée (programme «Rehosting») a permis à la CdC de bâtir les premières fondations techniques pour la modernisation de ses applications. Cette expérience démontre la capacité de la CdC et de ses divisions à mener à bien des projets informatiques ambitieux. Il est aujourd’hui impératif d’aller plus loin avec une refonte globale de l’organisation, des processus métier et du système d’information, au service d’une CdC et de ses divisions modernes, efficaces et résilientes.
Dans ce but, un programme de transformation numérique et organisationnelle (PTNum) est initié. Afin de préparer les fondements pour le lancement de ce programme, diverses études ont été réalisées au sein de la CdC entre 2023 et 2024, qui s’inscrivent dans le cadre du plan stratégique de la CdC.
1.2 Avantages et bénéfices attendus de la transformation numérique
À la fin de la transformation numérique, la CdC aura les caractéristiques principales suivantes:
– les processus métier seront transversaux et informatisés de bout en bout pour tous les cas standards, tout en assurant aux assurés au moins la même fiabilité et qualité de service qu’actuellement;
– à chaque étape, les cas spéciaux seront traités par des services experts avant d’être réintroduits dans le processus métier standard;
– les applications informatiques spécialisées nécessaires seront construites autour d’une application de base du marché, fournissant ainsi à la CdC des services standardisés à l’aide d’une logique de gestion des données unifiée et conforme aux standards de sécurité les plus élevés;
– les prestations centralisées du 1er pilier, gérées par la CdC, seront identiques aussi bien pour les caisses internes à la CdC que pour les caisses externes à la CdC, et seront au cœur des efforts de la transformation numérique du 1er pilier par l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS);
– la CdC sera apte à s’adapter plus rapidement et à moindre coût qu’actuellement aux évolutions légales futures du 1er pilier;
– l’organisation de la CdC aura été adaptée pour tenir compte d’une manière optimale des changements apportés par le numérique, de l’approche transversale des processus, de l’évolution des prestations centralisées et des besoins en fonction de support;
– il y aura une moins grande proportion de gestionnaires généralistes et d’employés travaillant dans un seul domaine sans en être experts, ainsi qu’une plus grande proportion d’experts métier et de spécialistes processus;
– l’augmentation future prévisible du nombre de rentes AVS/AI en gestion, liée notamment à l’effet «baby-boomer», pourra, sous certaines conditions, être absorbée sans augmentation des effectifs. Le potentiel d’économie est ciblé à environ 80 équivalents temps plein (ETP) sur dix ans, sous réserve du degré d’automatisation atteint, de la stabilité des processus et des risques techniques et organisationnels;
– les outils informatiques de la CdC auront implémenté tous les standards de la Confédération, notamment en réintégrant l’infrastructure de l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT) et en utilisant les services disponibles au sein de l’administration (gestion des identités et des accès [IAM], exploitation des systèmes et des services partagés, services d’infrastructure, Swiss Government Cloud [SGC], etc.) dans une optique de limitation des coûts et d’interopérabilité.
1.3 Description de la situation actuelle de la CdC
L’unité administrative CdC est une division principale de l’Administration fédérale des finances (AFF), faisant partie du Département des finances (DFF; cf. art. 175 du règlement du 31 octobre 1947 sur l’assurance-vieillesse et survivants [RAVS]1, en relation avec l’art. 1, al. 1, de l’ordonnance du 3 décembre 2008 sur la CdC2). Son organisation est réglée dans l’ordonnance sur la CdC. La CdC (et ses divisions métier) est l’organe d’exécution centrale des assurances sociales suisses du 1er pilier (AVS, AI, prestations complémentaires [PC]) ainsi que des APG et des allocations familiales (AFam). En fonction des obligations légales, elle regroupe sous un seul toit les différentes activités d’exécution du 1er pilier et d’autres assurances sociales (p. ex. AVS, AI ou PC) au niveau de la Confédération et prévues par des lois spéciales.
Ces activités sont regroupées en quatre groupes de prestations selon le plan intégré des tâches et des finances:
– Les prestations centralisées de la division FRC pour l’ensemble des acteurs du 1er pilier: gestion des opérations financières entre caisses de compensation et fonds, gestion de la comptabilité du 1er pilier, administration des sept registres centraux (dont le registre UPI des assurés), paiement des prestations individuelles AI, et fourniture de logiciels métier (p. ex.: ACOR pour l’aide au calcul des prestations).
– Les prestations de la CSC (art. 62, al. 2, de la loi fédérale du 20 décembre 1946 sur l’assurance-vieillesse et survivants [LAVS]3 et art. 113 RAVS): cette division de la CdC, expressément mentionnée dans la loi, est chargée de gérer toutes les prestations de l’AVS concernant les assurés résidant à l’étranger, y compris l’Afac, en conformité avec la LAVS et selon les conventions internationales conclues par la Suisse.
– Les prestations de l’OAIE (art. 56 de la loi fédérale du 19 juin 1959 sur l’assurance-invalidité [LAI]4 et art. 43 du règlement du 17 janvier 1961 sur l’assurance-invalidité5): cette division, expressément mentionnée dans la loi, est chargée de gérer toutes les prestations de l’AI concernant les assurés résidant à l’étranger, en conformité avec la LAI et selon les conventions internationales conclues par la Suisse.
– Les prestations de la CFC (art. 62, al. 1, LAVS et 110 RAVS): cette division, mentionnée expressément dans la loi, gère la caisse de compensation des employés de la Confédération et de ses proches institutions ainsi que sa caisse d’allocations familiales.
Depuis plusieurs années, la CdC est confrontée à une évolution profonde de son environnement. Les réformes législatives dans le domaine des assurances sociales s’enchaînent, à l’instar de l’entrée en vigueur en 2024 de la réforme AVS 21, du paiement prochain de la 13e rente, ou encore des discussions déjà lancées pour la réforme AVS 2030. Non seulement les exigences réglementaires s’intensifient, mais le droit tend aussi vers une individualisation toujours plus marquée. Cela a pour conséquence d’augmenter significativement la complexité des tâches à réaliser, par exemple concernant la flexibilité de l’âge de la retraite.
La CdC est également confrontée à une croissance continue des volumes à traiter. La proportion importante de la population atteignant l’âge de la retraite, couplée à une mobilité internationale accrue, se traduit par une hausse constante du nombre de rentes à gérer. Selon les registres, il est à prévoir que plus de 150 000 dossiers supplémentaires devront être pris en charge d’ici 2035, ce qui impliquera une charge de travail conséquente pour la CSC, qui paie et gère les prestations des assurés à l’étranger et qui assure les échanges d’informations institutionnelles entre les différents pays concernés.
Par ailleurs, la pression sur les ressources humaines s’intensifie: près d’un tiers du personnel de la CdC partira à la retraite au cours des dix prochaines années (effet «baby-boomer»), ce qui rend nécessaire la simplification et l’automatisation des processus de travail pour garantir la pérennité des missions fondamentales dans un contexte budgétaire contraignant. Dans ce contexte, une simplification des processus est indispensable pour garantir l’efficience à long terme.
Dans le même temps, la CdC modernise une architecture informatique existante mais hétérogène, marquée par un parc applicatif fragmenté et vieillissant. Cette modernisation vise à consolider les acquis techniques tout en réduisant la dette technologique accumulée. La complexité actuelle engendre des coûts élevés, limite l’agilité face aux changements législatifs et présente des défis croissants en matière de sécurité et de conformité.
Face à cette accumulation de défis – juridiques, démographiques, technologiques et humains –, la CdC a entrepris une analyse approfondie de ses processus et de son organisation dans le cadre de sa stratégie 2022–2026. Ce programme de transformation vise donc à doter l’institution des moyens nécessaires pour garantir à la fois l’adaptation de l’environnement actuel vers celui du futur ainsi que la continuité d’un service public fondamental pour la Suisse.
1.4 Explication du paysage informatique existant et de son vieillissement
La CdC compte quatre divisions métier avec des dispositions légales propres. Avec les années, des processus métier ont été mis sur pied par chacune des divisions pour répondre aux volumes croissants de cas à traiter, mais aussi des modifications légales propres, tout cela avec un système d’information centralisé interdépendant des différentes divisions. Résultat: le paysage informatique de la CdC s’est développé au fil des décennies, aboutissant aujourd’hui à un ensemble de 44 applications distinctes, chacune supportant une partie des nombreuses activités de l’institution. Parmi elles, plus d’un quart sont en fonctionnement depuis 30 à 40 ans et forment la base des processus critiques de la CSC et de l’OAIE.
Si ces applications anciennes ont le mérite d’être stables, elles sont aujourd’hui dépassées sur le plan technologique et ne sont plus en mesure de répondre aux évolutions rapides du métier. Aujourd’hui, une application informatique différente est utilisée à chaque étape de gestion, par exemple une pour la gestion de la demande de rente, une autre pour la gestion de l’adresse de l’assuré, etc. Un gestionnaire doit faire appel à une dizaine d’applications pour mener à bien ses tâches. Pour limiter la charge de saisie manuelle et tenter d’assurer des échanges directs entre ces applications, des interfaces de plus en plus complexes ont dû être développées. Ces intégrations ont engendré des coûts additionnels persistants ainsi qu’une rigidité croissante du système dans son ensemble.
Les évolutions légales ont jusqu’à présent toujours pu être implémentées dans les délais. En contrepartie, les coûts d’implémentation ont considérablement augmenté, d’autres activités ont dû être dépriorisées, et le risque de ne pas pouvoir les mettre en œuvre dans les délais légaux augmente.
Lorsque de nouvelles fonctionnalités nécessitaient l’adoption de technologies plus récentes, les anciennes technologies n’étaient pour ainsi dire jamais remplacées. Cela a engendré une complexité croissante dans l’intégration des systèmes, menant à une dette technique et architecturale. Ceci implique également qu’un changement législatif impacte souvent un grand nombre d’applications, ce qui, en raison de leur hétérogénéité et de leur ancienneté, entraîne un coût d’évolution important et un risque grandissant de dysfonctionnement pour la mise en œuvre. Par conséquent, faire évoluer ces applications et les adapter pour être conforme aux changements légaux demande la mise en place de projets de longue durée (généralement plus de trois ans), est coûteux (de l’ordre de plusieurs millions de francs) et est particulièrement complexe en raison du cumul de cette dette technique et des spécificités du parc applicatif de la CdC. À titre d’exemple, les projets EESSI-CH, MOSAR et la 13e rente impactent plus de dix applications chacun et coûteront entre 4 et 14 millions de francs. À relever que l’environnement législatif dans le domaine des assurances sociales est en constante évolution et engendre au minimum un projet majeur chaque année, dont les coûts se chiffrent en millions de francs.
À cette situation s’ajoutent les besoins croissants en termes de sécurité de l’information, notamment dus à l’ouverture des services internet. Sur ce sujet également, en plus des technologies obsolètes, les bonnes pratiques de développement n’ont pas toujours suivi les nouvelles normes, ce qui amène à des difficultés de mise en conformité.
1.5 Aperçu des ressources en personnel pour la gestion des prestations et perspectives à moyen terme
Pour évaluer les enjeux du PTNum, les quelque 800 ETP de la CdC (état au 31 décembre 2024) peuvent être regroupés dans les fonctions suivantes:
les tâches relevant de la CSC et de l’OAIE sont exécutées par 544 ETP, y compris les fonctions de support (soit 96 ETP de la division Systèmes d’information [SI], de la section Gestion de documents, de l’entraide administrative internationale, des finances, etc.);
les tâches relevant des prestations centralisées sont exécutées par 171 ETP, y compris les fonctions de support (soit 34 ETP de la division SI, etc.); l’entraide administrative internationale (35 ETP) est comprise dans ces 171 ETP;
la CFC occupe 65 ETP, y compris les fonctions de support.
CSC et OAIE: en raison du nombre croissant de travailleurs migrants ayant séjourné en Suisse et qui font valoir leur droit à des prestations ainsi que du nombre de Suisses domiciliés à l’étranger (effet «baby-boomer» et départ de Suisses à l’étranger), le nombre de rentes en gestion croît continuellement, comme le montre le schéma suivant:
Figure 1
Évolution du nombre de rentes AVS/AI en gestion
Sur la base des données disponibles, la CdC prévoit une augmentation moyenne des rentes AVS/AI en gestion pour les assurés résidant à l’étranger d’environ 1,5 % par an, ce qui représente plus de 150 000 rentes AVS/AI en gestion supplémentaires sur dix ans.
Ces dernières années, les augmentations de volume ont été partiellement couvertes par des augmentations de productivité liées aux adaptations des applications actuelles. Cependant, les travaux d’amélioration de la productivité devenant de plus en plus limités dans le contexte des processus métier et du paysage informatique actuels, la croissance des volumes se traduirait, en l’absence de transformation numérique cohérente, par une augmentation des besoins en personnel. Il est estimé qu’environ 5 ETP supplémentaires par an seraient nécessaires dans les métiers pour absorber ces volumes, ainsi que 3 ETP pour les fonctions de support, soit une hausse cumulée de l’ordre d’environ 80 ETP sur dix ans. La mise en œuvre des mesures prévues dans le cadre du programme vise précisément à éviter cette évolution. Toutefois, l’ampleur effective des économies dépendra du degré d’automatisation atteint, de la stabilité des processus et de l’absence de complexité imprévue lors de la migration.
Prestations centralisées: les tâches nécessaires aux services centraux des assurances sociales (p. ex. comptabilité du 1er pilier, gestion des registres) sont assumées par 90 ETP. Ce domaine des prestations centralisées étant fortement automatisé, il permet d’absorber les augmentations de volumes, concernant par exemple l’échange électronique des données. Néanmoins, la CdC voit ses missions évoluer dans ce domaine: l’ajout de nouvelles tâches, en particulier dans le cadre de la transformation numérique du 1er pilier pilotée par l’OFAS, implique également une hausse des besoins en ressources humaines. On observe ainsi, pour le domaine des prestations centralisées, une augmentation des effectifs de l’ordre de 15 ETP sur la période 2015–2024.
Le service des registres centraux pourrait être sollicité pour la gestion de registres ou de services additionnels, tels que le registre des comptes individuels, celui des attestations de formation ou encore celui des allocations pour frais de garde. Sans informations détaillées, ni base légale, la CdC n’est pas en mesure d’estimer les besoins en ressources.
CFC: malgré les augmentations de volume et quelques tâches supplémentaires dans le domaine des AFam, les effectifs de la CFC sont assez stables, le logiciel du marché utilisé ayant permis depuis longtemps un passage au numérique et une transversalité des processus.
1.6 Importance des services de la CdC pour les parties prenantes
Avec ses divisions CSC et OAIE, la CdC gère, pour les assurés résidant à l’étranger, les prestations AVS/AI/APG et l’affiliation à l’assurance facultative.
Cela comprend des volumes importants de traitement, en particulier:
– le paiement des rentes AVS et AI aux assurés résidant à l’étranger (plus de 1 million de versements chaque mois, pour un montant annuel de 8,3 milliards de francs); les prestations sont versées dans 153 pays différents;
– la gestion des rentes et les conseils aux assurés (près de 600 000 opérations annuelles);
– le traitement annuel de près de 73 000 demandes de rentes AVS et l’examen de 5100 demandes de prestations AI ainsi qu’environ 3000 révisions AI;
– l’envoi et la réception annuels de 1,9 million de courriers et la numérisation de 4 millions de pages.
Dans son rôle d’organisme de liaison entre la Suisse et les institutions étrangères de sécurité sociale, la CdC doit également:
– introduire 107 000 demandes de pension étrangères par année;
– garantir l’échange d’informations entre les instituts suisses et étrangers (350 000 échanges par an en entrée et 290 000 échanges par an en sortie).
La CdC doit également s’occuper des tâches qui doivent être exécutées de manière centralisée par le système des assurances sociales du 1er pilier et des APG. Elles sont notamment les suivantes:
– la tenue et la consolidation des comptes AVS/AI/APG et la gestion des mouvements de fonds en provenance et à destination des caisses de compensation.; les flux entrants, constitués des cotisations et contributions des pouvoirs publics, s’élevaient à 70 milliards de francs, en 2024; les flux sortants, soit les fonds mis à disposition des caisses de compensation pour le versement des prestations et des subventions sur le plan national, s’élevaient à 68 milliards de francs;
– la gestion des banques de données centrales du 1er pilier (registre des assurés/UPI, prestations courantes en espèces, des allocations familiales, des APG, des PC et des prestations en nature) et la garantie d’un accès sûr à ces données; en 2024, 13,5 millions d’annonces ont été traitées dans les différents registres et 508,5 millions de requêtes ont été enregistrées au registre UPI;
– la mise à disposition et la maintenance du numéro AVS pour tous les utilisateurs systématiques de cette donnée, tels qu’Infostar (registre centralisé de l’état civil), E-Vera (registre des Suisses de l’étranger), Ordipro (registre des personnes avec un statut diplomatique ou travaillant pour l’ONU ou d’autres organisations internationales à Genève), pour le Secrétariat d’État aux migrations, les universités et écoles polytechniques fédérales, les caisses-maladie et hôpitaux.; pour ces derniers, par exemple, le service doit être assuré 24h/24;
– la mise à disposition et la maintenance du numéro du dossier électronique du patient pour les communautés de soins;
– la mise à disposition des dates de décès des personnes décédées en Suisse à l’intention de certains de ses partenaires européens dans le contexte de l’échange automatisé des dates de décès (STEDA) et réciproquement;
– l’enregistrement de 2,3 millions de factures pour des prestations individuelles AVS/AI ainsi que leur contrôle et leur paiement (2,6 milliards de francs); il s’agit, par exemple, de factures pour des traitements médicaux et des moyens auxiliaires.
En tant que fournisseur interne de prestations informatiques, la CdC:
– met à disposition le système expert d’aide au calcul et à l’octroi des rentes AVS et AI (ACOR), utilisé par toutes les caisses de compensation en Suisse ainsi qu’au Liechtenstein; à ce titre, la CdC doit garantir la maintenance et les futurs développements du logiciel;
– gère et exploite des formulaires de contact des institutions du 1er pilier du site web AVS/AI;
– offre un support technique aux caisses pour les accès au système sécurisé pour l’échange de formulaires électroniques avec l’Union européenne (RINA).
1.7 Nécessité d’agir
1.7.1 Limites technologiques des systèmes existants
Les systèmes informatiques actuels de la CdC, bien qu’ayant répondu aux besoins jusqu’à présent, atteignent aujourd’hui leurs limites face aux nouvelles exigences liées à la transformation numérique et à la cybersécurité. Pour accompagner les ambitions de modernisation de la Confédération, renforcer la cybersécurité et répondre aux attentes croissantes des bénéficiaires et partenaires en matière d’accès en ligne aux informations, une évolution vers des solutions reposant sur des architectures modernes et évolutives est désormais nécessaire.
Les conséquences des limites technologiques actuelles sont visibles dans l’organisation du travail et impactent le cœur de métier de la CdC de plusieurs manières:
– L’organisation actuelle par domaine (AVS, AI, Entraide administrative internationale) est silotée. Les mêmes tâches sont effectuées dans différents secteurs, sous des hiérarchies différentes, avec des procédures propres. Par exemple, le calcul et la gestion des rentes sont effectués dans deux secteurs différents, et les modifications des données personnelles sont gérées dans trois secteurs différents (cf. figure 3). Cette prise en charge différenciée de la même tâche n’est pas efficiente, n’assure pas des délais de traitement uniformes que la CdC doit garantir à ses assurés, complexifie le traitement et empêche la nécessaire simplification et standardisation des processus dans le but de les faire passer au numérique.
– L’organisation du travail est centrée actuellement sur le gestionnaire client qui assume une palette très diversifiée de tâches telles que le changement d’adresse, l’envoi de formulaires, les réponses à des questions simples et complexes, la prise en charge de tout type d’appel téléphonique, le calcul et la gestion simple et complexe de la rente. Les possibilités d’automatisation de certaines tâches ainsi que la complexification grandissante d’autres tâches devraient entraîner une redistribution du travail entre des rôles distincts en fonction de sa complexité et ainsi permettre une modernisation des processus et leur simplification.
– Même si certaines tâches sont partiellement automatisées, par exemple le calcul des rentes, d’autres tâches sont pour la plupart manuelles et peu automatisées. La gestion quotidienne repose fortement sur l’expertise individuelle des gestionnaires.
– Bien que permettant le paiement et la gestion de plus d’un million de rentes par mois, le système de gestion des rentes de la CdC devient de plus en plus difficile et coûteux à adapter aux modifications législatives et procédurales.
– Le système d’information ne permet pas, ou difficilement, la reprise de données structurées, dont le volume ira grandissant ces prochaines années. À titre d’exemple, la CdC a reçu 350 000 documents structurés en provenance de ses partenaires européens via le canal de transmission numérique de l’UE pour la période de mai 2024 à avril 2025. Malgré l’arrivée des données structurées et numérisées pour l’AVS et l’AI (application EESSI), elles sont actuellement transformées et saisies manuellement dans le workflow pour traitement, le système d’information actuel ne pouvant pas les prendre en charge de manière automatisée.
1.7.2 Présentation des risques concrets en cas d’inaction
Les applications existantes ne permettent plus d’assurer la conformité aux standards actuels de sécurité informatique sans des efforts importants et coûteux. Les audits réalisés révèlent régulièrement de nouvelles non-conformités sur ces anciennes solutions. Qui plus est, les règles sur la gestion de la sécurité informatique sont en constante évolution.
Le recours à des technologies propriétaires anciennes augmente la dépendance envers certains fournisseurs («vendor lock-in», soit une dépendance absolue à un fournisseur), limitant la capacité de la CdC à évoluer ou à négocier. Cette situation peut engendrer des hausses de coûts imprévues (licences, prestations), ou alors la perte du support technique entraîne un risque de non-continuité des opérations, comme ce fut le cas pour une technologie clé abandonnée en 2023, qui concernait le support de Natural Adabas sur zOs.
En outre, la pénurie de spécialistes maîtrisant ces environnements vieillissants rend difficiles le recrutement et le maintien de personnel qualifié, comme constaté lors d’un projet majeur en 2020. Ce manque allonge les délais de résolution des problèmes, engendre des surcoûts et met en péril la réussite des projets de transformation.
À terme, l’ensemble de ces risques compromet la pérennité, l’agilité et la capacité d’évolution du système d’information de la CdC, exposant l’organisation à des interruptions de service, à des coûts croissants et à une perte de contrôle stratégique.
1.7.3 Recommandations issues des rapports d’audit
Plusieurs recommandations d’un audit réalisé par le Contrôle fédéral des finances (CDF)6 concernant les processus établis ou les solutions informatiques déployées à la CdC sont encore en traitement ou n’ont pu être que partiellement acceptées en raison de la complexité à les mettre en œuvre dans l’environnement informatique actuel de la CdC. Celles-ci portent notamment sur la saisie unique des données dans les applications, l’introduction d’un système d’identification électronique en remplacement des certificats de vie, l’intégration de solutions de suivis directement dans les systèmes informatiques (et ne nécessitant pas un traitement en dehors de ceux-ci), l’automatisation des flux de paiement au travers d’un nouveau processus, la gestion des accès et le respect de la protection des données.
En appui des recommandations du CDF, la CdC doit également suivre des recommandations formulées par son service de révision interne (SRI), notamment concernant des questions de stratégie et d’architecture informatique, de gouvernance des données, de gestion des droits d’accès, d’amélioration des processus par le biais d’évolutions techniques.
La mise en œuvre des recommandations d’audits externes et internes fait partie intégrante des objectifs du programme de transformation numérique de la CdC.
1.7.4 Développements technologiques nécessitant une modernisation
La division SI pilote la transformation technologique de la CdC en adoptant des standards fédéraux, en favorisant la réutilisation et la standardisation des solutions, tout en intégrant l’innovation et le cloud-first pour garantir l’agilité, la sécurité et l’efficacité dans la gestion des services numériques. Pour bénéficier pleinement de cette transformation numérique et se conformer aux architectures cibles définies par le secteur Transformation numérique et gouvernance de l’informatique (TNI) de la Chancellerie fédérale, la CdC doit développer de nouvelles capacités dans les domaines suivants:
– technologies de portail: création de nouveaux portails et intégration avec ceux des partenaires;
– technologies IAM: adoption et intégration de nouveaux outils de gestion des identités électroniques et des droits d’accès (p. ex. l’identité électronique [e‑ID] ou le service d’authentification des autorités suisses AGOV) pour les assurés et partenaires à l’étranger;
– informatique en nuage (cloud): adaptation des applications afin de permettre leur hébergement sur le SGC ou l’utilisation de solutions cloud;
– gouvernance et gestion des données: mise à disposition des données sous forme d’interfaces standards pour mettre en œuvre le principe «once only» et assurer l’interopérabilité avec les partenaires;
– orchestration des processus avec les partenaires: coordination prenant en compte les législations sur la protection des données personnelles et la cybersécurité, ainsi que les évolutions politiques;
– intégration de solutions: capacité d’acquisition et d’intégration de solutions standards du marché;
– technologies d’intelligence artificielle: automatisation de processus (reconnaissance de documents, extraction de données structurées, amélioration de la qualité des données, assistance en ligne).
1.8 Importance du projet à financer
1.8.1 Importance stratégique
La démarche de transformation numérique de la CdC s’inscrit pleinement dans la stratégie de la Confédération et vise à augmenter la performance afin de relever plusieurs défis stratégiques:
– assurer la continuité opérationnelle (exploitation normale) ainsi que le niveau de service requis;
– développer la capacité à traiter l’augmentation du volume des bénéficiaires et des prestations en raison de l’évolution démographique, ainsi que la complexité accrue des demandes en raison des réformes de l’AVS/AI/PC/APG/AFam;
– absorber et implémenter efficacement et facilement les fréquentes évolutions réglementaires et structurelles nécessaires à la modernisation et à la transformation numérique du 1er pilier et des APG au niveau suisse et international;
– répondre aux objectifs d’économies de la Confédération et à la nécessité de réduire les coûts dans un contexte de pression budgétaire croissante;
– moderniser le système informatique de la CdC et l’adapter aux nouvelles normes de numérisation et de sécurité;
– trouver une solution à la suite de l’exception accordée par le secteur TNI, qui autorise la CdC à héberger ses systèmes d’information dans ses locaux de Genève jusqu’à 2030 mais pas au-delà.
Alors qu’un tiers de son personnel partira à la retraite dans les dix prochaines années, la CdC voit dans l’automatisation et la numérisation des processus une opportunité pour préserver la qualité du service tout en réduisant ses coûts. Cela implique de moderniser les technologies, d’organiser le travail autour des principaux processus métier et de réduire la complexité opérationnelle, afin de rendre le système plus résilient face aux changements à venir. Il faut capitaliser le savoir actuel pour mieux l’appliquer sur les technologies à venir.
Au travers de son projet de transformation numérique, la CdC vise à adapter son organisation, ses processus métier et sa structure de manière à assumer les évolutions législatives et les besoins de ses assurés et partenaires institutionnels, tout en assurant de conserver un personnel qualifié et adapté aux besoins. Elle a pour objectif d’apporter des gains en efficacité pour pouvoir absorber les augmentations attendues des volumes de travail et la complexité grandissante, tout en soutenant les efforts budgétaires de la Confédération.
Trois objectifs devront être garantis en parallèle, à savoir assurer l’exploitation normale, mettre en place les modifications légales (notamment les projets de transformation numérique de l’OFAS) et enfin réussir la transformation numérique d’ici 2032.
1.8.2 Pertinence économique et sociale
Le projet de transformation numérique de la CdC remplit les buts économiques et sociaux suivants:
– permettre d’adapter aisément les processus et les systèmes d’information de la CdC à l’environnement législatif qui est en constante évolution, par exemple la modernisation du 1er pilier et des autres assurances sociales par la future mise en œuvre de la loi fédérale sur les systèmes d’information des assurances sociales (LSIAS) au niveau suisse et international;
– prendre en charge des volumes de travail en constante augmentation dans le cadre budgétaire donné et avec un nombre important de départs à la retraite sur les dix prochaines années (env. 30 %);
– automatiser, standardiser et structurer l’échange de données ainsi que communiquer de manière simple et transparente avec les assurés et partenaires;
– permettre des économies en optimisant les processus et les applications informatiques (cf. ch. 5.1.1);
– permettre, bien qu’il ne s’agisse pas d’un but direct du programme, aux collaborateurs de la CdC de passer un cap dans leur formation et l’organisation du travail en les initiant à l’utilisation des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.
1.8.3 Dépendance avec d’autres projets fédéraux et stratégies informatiques de la Confédération
Le PTNum est mis sur pied pour répondre aux initiatives externes de modernisation et de passage au numérique du monde du travail et donc des assurances sociales. Il faudra composer avec plusieurs projets de l’administration fédérale dont la mise en œuvre aura lieu parallèlement à celle du PTNum. Il s’agira de suivre et de coordonner l’alignement entre ces initiatives au travers d’une gouvernance clairement définie afin d’assurer la cohérence des objectifs et des exigences envers les processus et les systèmes élaborés dans le cadre du PTNum.
Dans ce contexte, il est utile de faire la distinction entre les projets de l’administration fédérale comme suit:
– Les projets de transformation numérique du 1er pilier pilotés par l’OFAS, dont certains issus de la LSIAS. Ces projets auront un impact important sur les systèmes d’information de la CdC. Il s’agit en particulier des initiatives suivantes:
– modernisation des services offerts aux assurés et aux collaborateurs de l’AVS (MOSAR): dépendance fonctionnelle forte liée à l’évolution des processus métier et automatisation des prestations,
– single Source of Truth: dépendance technique et organisationnelle concernant la centralisation et la fiabilité des données maîtres (impact direct sur la gouvernance des données et les flux intersystèmes),
– plateforme en ligne des assurances sociales (E-SOP): la coordination interprojets sera assurée par un comité transversal, afin d’aligner les dépendances fonctionnelles et techniques; cela inclut notamment les services numériques aux assurés, l’harmonisation de l’expérience utilisateur ainsi que la responsabilité, pour la CdC, d’assurer l’intégration avec les systèmes d’identification et les interfaces utilisateurs de la Confédération;
– Les services transverses de l’administration fédérale. Il s’agit en particulier des initiatives suivantes:
– SGC: dépendance technique en matière d’infrastructure cloud, hébergement sécurisé et conformité aux standards de souveraineté numérique (projet mené par l’OFIT); en cas de retard dans la mise à disposition du SGC, une phase transitoire basée sur les services existants de l’OFIT sera possible, sans mettre en cause la faisabilité du programme,
– e-ID: dépendance critique pour l’identification des usagers, la gestion des accès, et la conformité aux exigences de sécurité numérique (projet mené par le Département fédéral de justice et police); en cas de retard, la mise à disposition de certains services prévus dans le PTNum devrait être repoussée,
– AGOV: dépendance technique et réglementaire en matière d’authentification forte et d’accès sécurisé aux services numériques fédéraux (projet Confédération et cantons).
1.8.4 Contribution à la transformation numérique de l’administration fédérale
Le programme de transformation numérique de la CdC contribue de manière directe à la transformation numérique de l’administration fédérale.
Stratégie Cloud, SGC
Le programme s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie de cloud de l’administration fédérale. Il vise notamment à permettre à la CdC de ne plus avoir à gérer sa propre infrastructure de serveurs (centre de données) pour ses applications spécialisées. La mise en service des fonctionnalités annoncées dans le cadre du PTNum est prévue pour 2030. Cela coïncidera avec le projet SGC, car les services cloud seront alors disponibles pour l’ensemble des unités administratives de la Confédération suisse.
Accès aux services de la Confédération suisse
Les services concernant les accès, comme AGOV, ainsi que l’identité numérique, comme l’e-ID, sont des composantes qui seront intégrées dans le programme dès le début de la conceptualisation des nouveaux systèmes. La CdC contribuera ainsi à faire adopter par le public ces nouveaux services, notamment à l’étranger, étant donné que les assurés de la CSC et de l’OAIE sont domiciliés pour l’essentiel hors de Suisse.
Finalement, la modernisation des applications soutient également les initiatives stratégiques en matière de gestion de l’information et de données de l’administration fédérale, telles que le principe du «once only» et l’approche «Orientation client». À noter également que la CdC va participer au projet de «stratégie des données» de l’OFAS, qui va tendre à uniformiser l’utilisation des données au sein des assurances sociales suisses (catalogue et standards).
2 Objectifs et approche
2.1 Vision cible de la transformation numérique
2.1.1 Description de l’état cible après achèvement du projet
A priori, la transformation numérique touchera l’organisation de toute la CdC et de ses divisions. Le modèle devrait ainsi changer, en visant une organisation basée sur les processus. Cette nouvelle manière de faire devrait amener une plus grande flexibilité et une plus grande agilité dans la gestion des changements à venir, quels qu’ils soient.
La vision globale de la transformation numérique s’articule essentiellement à Genève autour des trois domaines que sont d’une part les divisions CSC et OAIE, d’autre part les prestations centralisées de la CdC et enfin les systèmes d’information. Les chapitres suivants décrivent l’approche choisie pour réaliser cette vision globale (ch. 2.1.2), l’impact sur le modèle opérationnel cible (ch. 2.1.3) et les bénéfices attendus sur la qualité (ch. 2.1.4).
A. Prestations de la CSC et de l’OAIE: pour les activités de la CSC et de l’OAIE qui seront les plus impactées, l’accent sera mis prioritairement sur l’efficience opérationnelle et la stabilité des services. Dans ce contexte, le programme vise à passer d’une organisation par tâches séparées à une organisation en quatre grands processus transverses (cf. ch. 2.1.3).
Une organisation par processus permettra de réduire la complexité opérationnelle, condition essentielle pour renforcer la résilience de l’ensemble du système face aux évolutions futures. En particulier:
– processus transverses: les processus sont soutenus par la transformation numérique de la CdC, la diminution de l’utilisation du papier, des canaux d’entrée numériques généralisés et un degré d’automatisation amélioré, en particulier en ce qui concerne le canal européen d’échange électronique (EESSI) et le portail assurés CdC (portail eCdC);
– automatisation: les données reçues via les canaux électroniques sont reprises automatiquement dans le workflow; face à l’augmentation attendue des échanges électroniques (> 350 000 documents structurés provenant de l’UE pour la seule période de mai 2024 à avril 2025), seule l’automatisation des workflows assure la maîtrise des délais et de la qualité; les requêtes simples, quand elles constituent des volumes importants (p. ex. attestations fiscales à l’intention des assurés), sont traitées de manière intégralement automatisée;
– rôles et responsabilités adaptés: les tâches des gestionnaires seront redistribuées selon leur complexité et regroupées par type, ce qui optimisera les ressources;
– centré sur la valeur ajoutée: le système guide les gestionnaires dans la prise de décision.
À noter que 20 cantons ont déjà fusionné leur caisse AVS et leur office AI dans le but de mettre en place le passage au numérique et les processus transversaux visés par le PTNum.
B. Prestations centralisées: les prestations centralisées sont en cours de transformation dans le cadre de la stratégie de transformation numérique et d’innovation de l’OFAS visant à la transformation numérique du 1er pilier (programme en cours). Cette transformation des services centraux fournis par la CdC pour l’ensemble du système du 1er pilier en Suisse générera de la valeur pour l’écosystème dans son ensemble. Cette création de valeur s’appuiera notamment sur des données intégrées et des plateformes partagées, au service de tous les acteurs du système, et bénéficiera des synergies issues des projets transversaux du 1er pilier. Mais cette transformation étant déjà engagée et le pilotage n’en incombant pas à la CdC, les prestations centralisées ne seront impactées que par les deux aspects suivants du PTNum:
– les logiciels futurs de la CSC et de l’OAIE devront communiquer avec les prestations centralisées, de la même manière que les autres 90 caisses de compensation et 27 offices AI, afin d’éviter les solutions internes particulières à la CdC, lesquelles ont été génératrices de complexité;
– avec le PTNum, l’organisation de la CdC devra être optimisée en y incluant les services s’occupant des prestations centralisées, ces derniers devant s’adapter à la nouvelle organisation processus de la CdC.
La division CFC à Berne, en tant que membre d’IGAKIS, utilise déjà le système d’information AKIS. Elle ne devrait donc pas être touchée dans son fonctionnement professionnel par le PTNum, donc par le périmètre du programme, mais seulement au niveau de l’organisation future et la gouvernance des données. De même, pour les services support de la CdC (notamment l’État-major de direction, les ressources humaines [RH] et le SRI), l’organisation future de la CdC devra en tenir compte pour les optimiser et pour soutenir la mise en œuvre du principe «once only».
C. Les systèmes d’information: d’une part, la division SI soutient le passage au numérique des activités de l’OAIE et de la CSC en mettant à disposition des outils modernes, efficaces, qui permettent d’intégrer facilement les changements légaux, tout en améliorant l’efficience, en réduisant les coûts et en garantissant la continuité du service. D’autre part, elle contribue de manière significative à la modernisation de l’ensemble de l’écosystème du 1er pilier en Suisse, notamment au travers de l’échange électronique d’informations et du développement de plateformes communes. La SI soutient également la capacité de la CdC à assurer la consistance des données tout au long de leur cycle de gestion.
Pour réaliser cette stratégie, la division SI va transformer de manière significative l’architecture, les technologies et l’organisation de ses activités. Les principes qui vont guider la SI seront les suivants:
– implémentation des standards de la Confédération, notamment en réintégrant l’infrastructure à l’OFIT et en utilisant les services disponibles au sein de l’administration (IAM, exploitation des systèmes et des services partagés, services d’infrastructures, SGC, etc.) dans une optique de standardisation et de limitation des coûts;
– intégrateur d’innovation: la division SI identifie, propose et implémente les innovations technologiques existantes et éprouvées («follower») qui sont pertinentes pour soutenir la performance des processus; pour des outils standards, elle assure la fourniture du support opérationnel;
– sourcing IT rationalisé selon le principe «prioriser la réutilisation avant l’achat d’une solution standard et avant le développement d’une solution propre» (Re-Use): la réponse à un nouveau besoin passe prioritairement par la réutilisation d’éléments existants, en second lieu par l’acquisition d’éléments standards sur le marché, et en dernier recours par le développement interne d’éléments spécifiques;
– standardisation: adoption de solutions standardisées du marché pour les processus opérationnels standards, avec la volonté de remplir prioritairement les exigences légales, de limiter autant que possible les exceptions et les développements spécifiques et de permettre l’externalisation de l’exploitation des applications standards; cela permet également de réduire les coûts en mutualisant les risques et les adaptations futures, et de renforcer la standardisation, par exemple en intégrant un des groupes de solutions collectives de logiciels, comme la suite SUMEX, qui a été développée en collaboration avec la SUVA, ou d’autres pools informatiques du 1er pilier;
– non-prolifération des technologies pour garantir la maîtrise de son écosystème: utilisation de bases de données open-source et containérisation; cela va passer par une réduction des technologies utilisées actuellement;
– modularité: mutualisation des besoins et des choix et implémentation des solutions, des services et des composants techniques de manière modulaire et générique, afin qu’ils puissent répondre à plusieurs besoins différents et spécifiques, dans plusieurs contextes ou pour plusieurs utilisateurs;
– simplification de l’architecture de la division SI et pilotage proactif de l’évolution de la division dans l’optique de décomplexifier, réduire les coûts, faciliter les évolutions futures et garantir l’interopérabilité entre les systèmes;
– nouvelles compétences: la division SI développe les compétences nécessaires à l’intégration des processus et des outils, au service management, à l’innovation et à l’agilité opérationnelle;
– approche cloud-first: tant pour les infrastructures et les systèmes partagés que pour les applications propres à la CdC;
– sécurité renforcée: la sécurité est intégrée dès le début des nouveaux projets et à toutes les étapes du cycle de vie («security by design», soit «sécurité dès la conception», une approche consistant à intégrer la sécurité de l’information dès les premières étapes de la conception d’une solution);
– organisation des produits numériques: les activités informatiques sont organisées de manière à soutenir la création de valeur pour chaque activité et à disposer d’équipes autonomes gérant l’ensemble du cycle de vie pour chaque service.
Ces changements devront s’appuyer sur une évolution de la structure et du modèle opérationnel de la division SI. Cette transformation entraînera également une redéfinition des responsabilités au sein de la direction, afin de garantir une gouvernance cohérente, une efficience accrue et une meilleure gestion des ressources transversales.
2.1.2 Présentation des étapes avec jalons
La transformation numérique de la CdC est organisée sous forme de programme. Selon les bonnes pratiques de la méthode de gestion de projets HERMES 2022, les trois principales phases «Initialisation» (de début 2025 à juin 2026, en cours), «Exécution» (de juin 2026 à début 2032) et «Clôture» (de début 2032 au troisième trimestre 2032) sont prévues, ainsi que les jalons obligatoires 1, 2, 3 et 8 qui libèrent les phases (figure 2). En outre, des jalons supplémentaires optionnels sont prévus pour des revus intermédiaires (jalons 3 à 6).
La phase de conception se fera sur le niveau des projets qui sont lancés à l’intérieur de la phase d’exécution du programme.
Figure 2
Planification du PTNum avec les 3 phases et les 8 jalons prévus
InitialisationExécution du programmeClôture2718202620272028202920302031203220253456
2.1.3 Transformation du modèle opérationnel
La transformation du modèle opérationnel prévoit de casser les silos des domaines actuels (AVS, AI, Entraide administrative internationale). Les mêmes tâches ne seront plus effectuées dans différents secteurs, sous des hiérarchies différentes, avec des procédures propres (état actuel illustré en figure 3). Par exemple, les démarches administratives ou les transmissions d’informations qui sont aujourd’hui effectuées dans trois secteurs différents seront gérées dans un seul processus transverse (illustré en figure 4).
Figure 3
Les processus métier pour le traitement des prestations AVS/AI/APG sont actuellement silotés, et les mêmes activités se font dans plusieurs secteurs (redondance)

Figure 4
Les processus métier cibles pour le traitement des prestations AVS/AI/APG sont transverses aux différents services, avec des activités et ressources mutualisées pour créer des synergies
Transmission d’informations aux assurés et tiers, contrôles administratifsCalcul, gestion et paiements des prestations vieillesse, survivants, invalidité et AfacEvaluation de taux d’invaliditéRecouvrement, réclamations, litiges et recoursEntréeSortieEntréeProcessus métiercibles: transverses et mutualisés
Le nouveau modèle opérationnel se basera sur seulement quatre processus transverses aux différents services de la CSC et de l’OAIE avec des tâches et ressources mutualisées. De manière générale, le passage au numérique des processus transverses va amener une forte diminution des besoins en gestionnaires généralistes, qui aujourd’hui traitent une large gamme de tâches variées, ce qui nécessite environ deux ans de formation.
En effet, les cas simples seront automatisés et standardisés de bout en bout et ne demanderont plus d’interventions humaines lors de chaque étape de leur traitement, et, pour les cas simples, l’augmentation des volumes n’amènera pas d’augmentation de travail.
Les besoins se répartissent notamment dans les catégories professionnelles suivantes:
– des collaborateurs administratifs amenés à effectuer manuellement des tâches administratives répétitives (contrôle, saisie, transferts de formulaires, support client de niveau 1, etc.) dans les domaines où la transition numérique ne sera pas encore effective; ces postes diminueront progressivement après la fin du programme sous l’effet d’améliorations qui seront amenées progressivement, mais seront importants au début; à noter qu’aujourd’hui, la durée de formation interne d’un nouveau gestionnaire généraliste est d’environ deux ans, tandis que les employés administratifs pourront, à l’avenir, être formés en beaucoup moins de temps;
– des experts métier spécialisés dans la résolution des cas spéciaux que le processus de base ne peut pas traiter, et qui maîtrisent leur domaine de manière très approfondie, y compris pour les aspects techniques et juridiques (p. ex.: calcul de rente, demandes AI, contentieux, comptabilité, support client de niveau 3);
– des spécialistes processus qui seront chargés de contrôler, évaluer la plausibilité des besoins envers les applications, et de les faire évoluer, afin que les traitements effectués par la CdC respectent le cadre juridique, soient parfaitement fiables et améliorent progressivement leur taux d’automatisation.
L’introduction des rôles dédiés et la transition de métiers principalement généralistes vers des métiers plus spécialisés augmenteront l’efficacité globale des services.
Au vu des changements prévus au niveau des processus transversaux et des rôles adaptés, un changement organisationnel sera nécessaire pour assurer la cohérence et l’efficacité des services. Pour s’adapter à ces évolutions, la fusion, la disparition ou la création de services ou de divisions au sein de l’organisation est prévue.
Cette transformation organisationnelle entraînera également des répercussions significatives sur la structure de la direction de la CdC. La transition vers un modèle transversal impliquera une redéfinition des responsabilités, une possible fusion ou restructuration de certains services, ainsi qu’une adaptation des effectifs pour répondre aux nouveaux rôles spécialisés. Ces changements viseront à améliorer la cohérence et l’efficacité globale tout en assurant une gestion optimale des ressources humaines et des processus.
2.1.4 Amélioration de qualité attendue
La transformation se traduira concrètement par une réduction des délais de traitement, une meilleure affectation des ressources humaines et une plus grande agilité face aux évolutions législatives. À travers une transformation numérique transversale et complète des processus standards, la CdC offrira un service au moins aussi fiable qu’aujourd’hui, tout en augmentant son efficience.
Actuellement, les gestionnaires doivent recourir à une multitude d’applications distinctes pour traiter un seul dossier. Cette fragmentation des outils entraîne une perte de temps considérable et nuit à la cohérence de l’information. Grâce à la modernisation, les gestionnaires travailleront avec un nombre restreint d’applications intégrées, permettant une consultation rapide et centralisée des données nécessaires à la prise de décision. Cela se traduira par un gain immédiat d’efficacité dans l’exécution quotidienne des tâches.
Aujourd’hui, la majorité des documents entrants sont analysés et introduits manuellement dans le système par les gestionnaires, même lorsque les données sont déjà disponibles sous forme structurée. Par exemple, environ 350 000 demandes structurées reçues via les canaux électroniques (projet EESSI) sont automatiquement transformées en fichiers PDF, perdant ainsi leur caractère exploitable pour un traitement automatisé. Ces données sont ensuite saisies manuellement, ce qui mobilise inutilement du personnel.
La mise en place de formulaires numériques permettra de catégoriser automatiquement les demandes, de les intégrer directement dans les processus et, pour les cas simples (p. ex. attestations de rente ou envoi d’informations courantes), d’effectuer un traitement entièrement automatisé. Cela engendrera un gain d’efficience immédiat, en réduisant les tâches répétitives et en fiabilisant les processus.
Dans la situation actuelle, même les informations personnelles et de calcul reçues sous format structuré doivent être ressaisies par les gestionnaires, ce qui accroît les risques d’erreurs et augmente les délais. Avec la modernisation, ces données seront intégrées automatiquement dans les systèmes de la CSC et de l’OAIE. La suppression des ressaisies permettra non seulement de gagner en qualité et en fiabilité, mais aussi de réduire considérablement le temps de traitement par dossier.
L’ensemble de ces optimisations permettra une réduction du temps de traitement des demandes d’au moins 15 % sur dix ans, malgré une hausse attendue du volume des assurés.
La structure actuelle des équipes, organisée par domaine et nationalité, avec des gestionnaires généralistes, freine l’adaptation aux exigences des processus modernes. De plus, la formation initiale d’un gestionnaire prend jusqu’à deux ans, ce qui ralentit la montée en compétence. Grâce à des outils informatiques plus adaptés, la nouvelle organisation permettra de mettre en place une différenciation claire des rôles: gestionnaires administratifs, spécialistes et experts. Cette segmentation rendra possible une réduction du temps de formation, une plus grande efficacité individuelle et une meilleure spécialisation des compétences, adaptées aux exigences des processus automatisés.
Enfin, la transformation s’inscrit dans une logique de pérennité et de compatibilité avec les services transversaux de la Confédération (IAM, services partagés, SGC, etc.). En garantissant l’intégration aux infrastructures existantes et le respect des normes de sécurité les plus élevées, la CdC sera capable de s’adapter plus rapidement et à moindre coût aux évolutions législatives futures du 1er pilier, tout en assurant une qualité de service constante.
2.2 Solutions étudiées
2.2.1 Présentation d’approches alternatives
Trois approches possibles ont été identifiées:
1re approche: statu quo – maintien du mode de gestion actuel, tant informatique qu’organisationnel
Dans cette approche, les processus et les outils actuels sont maintenus.
Le statu quo organisationnel permet à court terme d’assurer, mais difficilement, les activités opérationnelles:
– pérennité des silos et du cloisonnement organisationnel: les processus restent décidés et gérés distinctement par chaque secteur, risquant des doublons, un manque d’harmonisation et la nécessité de créer des instances décisionnelles supplémentaires pour une gouvernance minimale;
– faible réactivité et qualité de service: les outils informatiques obsolètes freinent la rapidité de réponse, la fourniture de données structurées et l’adaptation aux attentes des assurés et partenaires institutionnels;
– rigidité de la gestion RH: l’organisation silotée se répercute sur la gestion des ressources humaines, rendant difficile l’élaboration d’une politique globale de recrutement, de gestion des talents et de mobilité, ce qui sera critique au vu du départ à la retraite prévu d’environ 30 % des effectifs dans les dix prochaines années;
– technologies dépassées et lourdeur des évolutions: les systèmes d’information, bien que robustes, ne permettent pas d’intégrer facilement de nouvelles exigences (p. ex.: accès à des portails en ligne pour les assurés); les adaptations légales se font dans la difficulté, avec des coûts et délais élevés, tandis que les recommandations des audits internes (SRI) et externes (CDF, notamment) restent en partie inapplicables et que leur nombre va augmenter;
– maîtrise des coûts compromise: l’absorption de l’augmentation des volumes passera directement par l’augmentation des ressources internes, et l’obsolescence du parc informatique alourdira la maintenance; ces deux éléments sont des facteurs directs de coûts.
En persistant dans cette voie, la CdC s’expose à des risques majeurs: incapacité à répondre aux évolutions légales et aux standards de sécurité, accumulation de non-conformités, hausse des dysfonctionnements opérationnels et perte d’attractivité pour les profils informatiques. À terme, ce statu quo deviendrait intenable, rendant inévitable le lancement d’un programme de transformation.
2e approche: modernisation échelonnée
Cette alternative propose de remplacer progressivement les applications obsolètes, «application par application», en introduisant la numérisation des processus étape par étape. L’organisation serait ajustée au fil de l’eau, en fonction des besoins immédiats. Ses principales caractéristiques sont:
– frein à la transformation globale: cette variante ne permettra ni de transformer les métiers ni d’amener la transversalité des processus et d’optimiser la distribution des rôles; elle risque de générer des outils et processus différents par domaine au lieu de solutions mutualisées, ralentissant la transformation organisationnelle de la CdC et compromettant l’ambition d’une vision unifiée à l’horizon 2030–2035;
– progressivité et adaptabilité limitée: bien qu’elle permette d’introduire des améliorations ciblées, la modernisation reste contrainte par la structure actuelle; chaque évolution nécessite d’importantes adaptations d’interfaces entre systèmes de générations et de technologies variées, engendrant des coûts et des délais significatifs;
– risques informatiques multipliés: l’hétérogénéité du parc informatique persiste, alourdissant la gestion des interfaces, complexifiant la gouvernance des données et augmentant les risques de dysfonctionnement et d’erreur;
– charge accrue sur les ressources: les équipes doivent cohabiter avec des outils anciens et nouveaux, gérant en parallèle l’évolution des applications et la maintenance du socle existant, ce qui accroît les besoins en effectifs informatiques;
– coûts à terme supérieurs au PTNum: l’absorption de l’augmentation des volumes passera principalement par l’augmentation des ressources internes, comme identifié dans une étude de la division SI; l’effort d’intégration et de maintenance d’un environnement hétérogène pourrait, sur la durée, dépasser l’investissement d’une transformation globale et cohérente.
Bien que cette approche offre une certaine souplesse et une modernisation partielle, elle reporte les enjeux de fond sans les résoudre et cumule, voire aggrave, les limites du statu quo.
3e approche: transformation globale des processus et des systèmes d’information (PTNum)
La troisième option consiste à engager un véritable programme de transformation numérique et organisationnelle. Cette démarche globale vise:
– l’optimisation transverse des processus: refondre l’organisation autour de macro-processus métier transversaux, cassant les silos historiques et réduisant la complexité opérationnelle, conditions indispensables pour assurer la résilience et la performance futures du système;
– la mutualisation, la modernisation et la sécurité: s’appuyer sur des solutions technologiques modernes, automatiser les processus, renforcer la sécurité et garantir l’agilité face à toute évolution légale ou réglementaire;
– la gestion du changement programmée: un découpage en projets cohérents, articulés au sein d’une structure de programme, permet de piloter les dépendances, d’impliquer les métiers à chaque étape et de garantir une vision holistique de la transformation;
– la maîtrise des coûts et l’alignement fédéral: le PTNum répond aux exigences de réduction des coûts de la Confédération, tout en assurant la compatibilité avec les initiatives fédérales et les futurs projets du 1er pilier (LSIAS);
– la gestion des risques et la planification de la transition: cette solution nécessite un effort (financier, RH) important lors du lancement et impose un pilotage particulièrement vigilant pour limiter les éventuels effets «big bang», garantir la qualité du service pendant la transition et accompagner la montée en compétences des équipes.
Cette approche est la seule à même de répondre durablement aux défis stratégiques, opérationnels et technologiques de la CdC et de ses divisions. Elle permet à la fois la modernisation complète du système, la sécurisation des processus, l’alignement avec les standards et la création de valeur à long terme pour les métiers.
2.2.2 Choix de l’approche privilégiée et justification
Le Conseil fédéral recommande la mise en œuvre du PTNum. Cette option se distingue par sa capacité à clarifier et à optimiser les processus métier tout en modernisant l’ensemble des applications de gestion du 1er pilier. Elle garantit en outre la pleine cohérence avec les initiatives portées par l’administration fédérale, ainsi qu’avec les futurs projets initiés par l’OFAS, tels que la LSIAS.
Compte tenu de l’ampleur du portefeuille applicatif impliqué et de la diversité des fonctionnalités à faire évoluer, il s’avère nécessaire d’organiser la transformation sous la forme d’un programme composé de projets interdépendants. Cette structuration assure une vision globale, facilite la coordination des chantiers, et permet d’adapter les processus métier de façon cohérente et progressive.
Par ailleurs, le découpage en programme permet de gérer efficacement les nombreux liens, interdépendances et synergies entre les différents volets de la modernisation, tout en maîtrisant les risques et en assurant une gouvernance adaptée à la complexité du programme.
Il est important de préciser qu’à ce stade – la présente demande de crédit d’engagement intervenant en amont de la finalisation de la phase d’initialisation du programme –, l’analyse détaillée et le choix de la solution cible interviendront en aval dans la phase d’initialisation du programme. Les différentes variantes techniques et fonctionnelles feront alors l’objet d’études approfondies, afin de garantir le choix le plus pertinent pour la CdC, en adéquation avec les exigences stratégiques et réglementaires.
3 Procédure de consultation
Selon l’art. 3, al. 1, let. d, de la loi du 18 mars 2005 sur la consultation7, une consultation est organisée lors des travaux préparatoires concernant notamment les projets qui ont une grande portée financière.
En l’occurrence, le présent programme n’a pas une grande portée au sens de l’article précité. Il n’était donc pas nécessaire de procéder à une consultation.
4 Contenu de l’arrêté de crédit
4.1 Proposition du Conseil fédéral, avec exposé des motifs
4.1.1 Présentation des coûts totaux et de leur répartition
Le programme de transformation numérique de la CdC implique une dépense totale de 123,3 millions de francs pour les années 2026 à 2032.
Un peu moins de la moitié de ce montant concerne l’utilisation de ressources internes à la CdC, qui sont comprises dans son budget ordinaire de fonctionnement.
L’autre moitié concerne des prestations qui devront être acquises auprès de tiers et qui composent le crédit d’engagement. Ces dépenses seront inscrites et réévaluées annuellement dans le cadre du budget ordinaire de fonctionnement.
4.1.2 Contributions propres de la CdC
Pendant la durée de réalisation du programme, la CdC fournira des prestations propres sous forme de ressources en personnel (tant métier qu’informatique) à hauteur de 57,1 millions de francs (57 100 jours-personnes). La charge annuelle ne devrait pas dépasser les 11 500 jours-personnes répartis entre la division SI et les divisions métier (soit 11,5 millions et un peu plus de 50 ETP) au plus fort de la réalisation des projets. Ces ressources (comprises dans le budget ordinaire de fonctionnement de l’unité administrative, dont 120 millions environ composent les dépenses de personnel) seront utilisées prioritairement en faveur des projets du PTNum et au détriment de la maintenance évolutive des applications et d’autres projets, moins prioritaires.
4.1.3 Explication du crédit d’engagement
Par le présent message, le Conseil fédéral requiert, pour les années 2026 à 2032, un crédit d’engagement total de 66,1 millions de francs, qui permettra:
– à la CdC d’atteindre sa vision cible (ch. 2.1.3) de la transformation numérique et, notamment, de passer à une organisation par processus permettant de réduire la complexité opérationnelle, d’être plus flexible et agile pour l’avenir;
– de soutenir le passage au numérique des activités des divisions OAIE et CSC en mettant à disposition des outils modernes, efficaces, permettant d’intégrer facilement les changements légaux;
– de réaliser, au terme du PTNum, des économies annuelles et récurrentes dans le domaine de la maintenance informatique estimés à 15 % du budget actuel;
– d’adresser le risque actuel concernant la continuité opérationnelle;
– de contribuer à la modernisation de l’ensemble de l’écosystème du 1er pilier en Suisse, notamment au travers de l’échange électronique d’informations et du développement de plateformes communes;
– de garantir une cohérence optimale avec les initiatives de l’administration fédérale et avec les projets qui seront initiés par l’OFAS (LSIAS).
Compte tenu de l’ampleur de son programme de transformation numérique, la CdC sollicite l’octroi d’un crédit d’engagement en une seule tranche pour l’ensemble des projets constituant celui-ci.
4.2 Description détaillée du contenu
4.2.1 Calendrier de mise en œuvre
Selon les bonnes pratiques de HERMES 2022, les phases suivantes sont prévues pour le PTNum:
| de février 2025 à juin 2026 (en cours) |
| de juin 2026 à début 2032 |
| de début 2032 au 3e trimestre 2032 |
Les jalons suivants sont prévus pour évaluer si les objectifs sont toujours en ligne avec la vision et s’assurer que le retour sur investissement justifie la suite du programme:
| libération de l’exécution du programme |
| évaluation intermédiaire (annuelle) |
| libération de la phase de clôture |
Le programme sera clôturé avec le jalon 8.
4.2.2 Principaux jalons et résultats attendus
Le PTNum se déroulera selon les phases de programme définies dans la méthodologie HERMES 2022, qui est la méthodologie standard de la Confédération.
Figure 5
Phases, jalons et planification du programme de transformation et de ses projets
Légendes:Initialisation duprogrammeExécution du programmeClôture2718PhasesdeprogrammeJalon202620272028202920302031203220253456Projet 1 : Organisation cible métierProjet 3 :TOM SI*Projet 4 :SEC**Projet6:Solution StandardProjet5:MigrationProjet 7 : Développement de solutions spécifiquesProjet 8 :Données***Projet 2 : RHProjet 10 : Gestion du changementProjet 9 : Formations métier & ITRôles transversaux du programme pour les projets* TOM (Modèle opérationnel cible) & urbanisation**Sécurité informatique et gestion des risques cybernétiques*** Nettoyage des données
Afin d’optimiser la gouvernance et la prise de décisions dans les organisations de projet, les projets suivants, avec leur organisation de pilotage et de conduite, sont envisagés:
Projets du programme
Nom du projet | Période | Objectif et résultat attendu | Activités et livrables | |
|---|---|---|---|---|
1 | Organisation cible métier | 2026 | Garantir que le métier travaille selon les nouveaux rôles et processus de manière efficace et que les collaborateurs ont été embarqués dans le changement |
|
2 | RH | 2027 | Assurer que les effectifs et profils correspondent aux besoins de la nouvelle organisation cible, dans une logique de transition équitable et transparente |
|
3 | Modèle opérationnel cible et urbanisation de la division SI (TOM SI) | 2026 | Transformer la division SI pour qu’elle soutienne efficacement les nouveaux processus et missions de la CdC, en s’alignant sur une architecture cible cohérente |
|
4 | Sécurité informatique et gestion des risques cybernétiques (SEC) | 2026 | Assurer la conformité des systèmes d’information aux standards de sécurité de la Confédération et intégrer les principes de sécurité dès la conception |
|
5 | Migration et modernisation des infrastructures informatiques (Migration Infra) | 2026 | Migrer les infrastructures existantes vers les infrastructures de la Confédération et le SGC dans un cadre sécurisé, performant et interopérable |
|
6 | Acquisition et déploiement de solutions standards | 2026 | Sélectionner et mettre en œuvre une solution standard du marché répondant aux besoins fonctionnels cibles de la CdC |
|
7 | Développement de solutions spécifiques | 2028 | Concevoir et développer les solutions spécifiques non couvertes par les logiciels standards pour répondre aux besoins métier ciblés |
|
8 | Nettoyage des données | 2030 | Garantir l’intégrité, la cohérence et la qualité des données avant la migration et l’exploitation dans les nouveaux systèmes |
|
9 | Formations métier et informatique | 2027 | Permettre aux collaborateurs de maîtriser les nouveaux outils et processus et d’assurer une montée en compétence efficace |
|
10 | Gestion du changement | 2026 | Piloter et accompagner l’évolution organisationnelle et culturelle liée au programme de transformation, pour assurer une appropriation durable |
|
Lots de travail transversaux
– Gouvernance et coordination du programme (2025–2032);
Piloter le programme dans son ensemble, assurer la cohérence entre les projets, et arbitrer les décisions stratégiques.
– Suivi des risques, de la qualité et du budget (2025–2032);
Assurer une maîtrise globale des risques, de la qualité des livrables et du respect du budget sur l’ensemble du programme.
– Assurer une communication cohérente, transparente et engageante sur toute la durée du programme.
La planification prend en compte la planification des ressources pour assurer la continuité opérationnelle et l’optimisation des charges selon la progression des projets.
Les descriptions contiennent le périmètre des projets dans les grandes lignes. Cependant, la concrétisation des paquets de travail spécifiques dépend du choix de variante qui se basera sur l’étude de la phase d’initialisation, selon HERMES 2022.
Les livrables et les critères de validation de chaque phase sont définis dans la méthodologie HERMES 2022.
La planification sera révisée annuellement pour tenir compte des résultats obtenus. Il convient de distinguer entre la mise en exploitation des nouvelles solutions et la migration complète des applications métier. L’exploitation parallèle de certaines fonctions pourra se prolonger au-delà de 2030 pour garantir la continuité. La désactivation complète des systèmes existants est planifiée pour 2031.
4.3 Hypothèses pour l’estimation des coûts
4.3.1 Bases des calculs financiers, facteurs d’incertitude et risques
La marge d’incertitude est de ± 10 % pour les fonctions de pilotage, de conduite et de soutien transverse et de ± 20 % pour la réalisation des projets et des phases de tests, dont les coûts dépendent fortement des variantes retenues.
Les estimations reposent en outre sur les hypothèses suivantes:
– un renchérissement annuel faible (2026: +0,6%; 2027: +0,8%; 2028: +0,9%; à partir de 2029: +1,0 %);
– l’absence de nouvelles directives ou réglementations clés;
– des conditions accordées par l’OFIT conformes aux tarifs actuellement en vigueur;
– le besoin de disposer d’un personnel bien formé et disponible en nombre suffisant pour la mise en œuvre du projet;
– la capacité à anticiper et assurer une gestion efficace des pics de charge liée aux 10 projets avec le support d’un contrôle de gestion ad hoc;
– un coût journalier des ressources externes estimé à 1500 francs, basé sur les tarifs actuels du marché pour les profils informatiques et numérisation;
– une capacité limitée de l’organisation à gérer efficacement simultanément des ressources externes au-delà de 30 ETP;
– l’achat, dans la mesure du possible, de solutions standards sur le marché et le recours à des développements internes uniquement pour les besoins non couverts par ces solutions;
– l’assurance de la continuité opérationnelle: les budgets prennent en compte en permanence les coûts et/ou ressources internes nécessaires pour garantir le bon fonctionnement opérationnel.
4.3.2 Ventilation des coûts par année et par catégorie (interne et externe)
Les tableaux 1 et 2 présentent une vue d’ensemble de la planification des dépenses totales du PTNum sur les années 2026 à 2032. Les bases des calculs financiers et facteurs d’incertitude et risques sont énoncés au ch. 4.3.1. L’essentiel des dépenses externes est attendu dès la mi-2027 et jusqu’à fin 2030, avec un pic en 2029. Ces dépenses seront inscrites et réévaluées annuellement dans le cadre du budget ordinaire de fonctionnement.
Tableau 1
Ventilation des coûts totaux du PTNum splittés en ressources internes et externes pour les phases exécution et clôture du programme de transformation (2026–2032)

Tableau 2
Ventilation des coûts totaux du PTNum splittés en ressources internes et externes (avec domaines de dépense) pour les phases exécution et clôture du programme de transformation (2026–2032)

4.3.3 Transparence des coûts sur toute la durée du programme
Les dépenses annuelles inhérentes au programme de transformation numérique de la CdC sont incluses dans l’enveloppe globale allouée à l’unité administrative. Elles peuvent être consultées de manière détaillée au travers de l’outil de controlling du portefeuille de la Confédération et font l’objet d’explications dans l’exposé des motifs publié avec le compte d’État annuel.
4.4 Cadre de mise en œuvre et gestion des risques
4.4.1 Organisation du projet et structure de gouvernance
Le programme ainsi que les projets qui en découlent seront intégralement gérés via la méthodologie officielle de la Confédération suisse, HERMES 2022.
L’organisation du programme (figure 6) comprend le pilotage et la conduite globale du programme, ainsi que les dix projets identifiés avec leur organisation de pilotage et de conduite respective. La phase d’initialisation du programme n’étant pas terminée à ce stade, des ajustements dans la structure finale des projets sont possibles.
Au vu de l’importance et de la transversalité du PTNum, le mandant du programme PTNum est le directeur de la CdC. Il se fait accompagner par un responsable de la gestion de la qualité et des risques (QRM).
Les décisions majeures seront validées en comité de pilotage, dans lequel siègera l’ensemble des membres du Comité de direction de la CdC (ComDir). L’AFF y sera également représentée afin d’assurer un suivi proche.
Le programme met en place une gouvernance transversale qui assure la gestion du programme et soutient les projets, par exemple pour le suivi des coûts avec un contrôleur financier de programme, la mitigation des risques, la communication, la gestion du changement et la gestion des interdépendances. La gouvernance transversale porte également une attention particulière aux parties prenantes, notamment aux interactions et dépendances avec le domaine des prestations centralisées, afin d’assurer une coordination efficace entre les acteurs internes et externes impactés par le programme.
Il est prévu d’avoir non seulement cette structure de pilotage et de conduite au niveau du programme qui assure la cohérence et détient des compétences transversales pour l’ensemble du programme, mais aussi un pilotage au niveau des projets. Les mandants de projets piloteront les projets dans les domaines dont ils ont la responsabilité opérationnelle afin de prendre les décisions au plus proche du métier et des organisations qui seront le plus impactés par ces décisions.
Figure 6
Organisation du programme de transformation. Dix projets avec des mandants et comités de pilotage séparés sont prévus

Afin d’assurer les différentes études nécessaires, une équipe sera constituée avec des spécialistes métier, des représentants du management, des architectes d’entreprise, des responsables d’application et des représentants des autres parties prenantes. Des supports externes accompagneront l’analyse, l’intégration ou le développement de nouvelles solutions ainsi que la gestion du programme et ses projets.
Une partie des prestations du programme nécessitera un recours à des prestataires externes spécialisés, notamment dans les domaines de la gestion de projet, de la conduite du changement ou de l’architecture technique. Malgré les capacités RH internes disponibles, certaines expertises spécifiques en transformation numérique (p. ex. conduite du changement, architecture d’entreprise) requièrent un appui externe ponctuel. Ces mandats seront limités dans le temps et accompagnés d’un transfert de savoir‑faire vers les équipes internes.
4.4.2 Mécanismes de contrôle et système de rapports
Les contrôles seront assurés par:
– les divers organes de prescription de l’organisation permanente de la CdC:
– le ComDir avec des représentants de l’AFF, qui reçoit un rapport mensuel décrivant l’état de situation incluant les avancements, les points d’attention ainsi que les risques les plus importants,
– l’équipe de gestion de projet, qui est responsable d’assurer l’exhaustivité des livrables ainsi que de consolider les besoins en ressources humaines et financières,
– le contrôleur des finances interne, qui est prévu pour le suivi des coûts internes et externes et la projection des ressources (investissement de temps jusqu’à 0,25 ETP tout le long du programme),
– SRI, qui pourra intervenir en cas de besoin et de manière ponctuelle sur le programme,
– le service Finances et controlling de la CdC, pour la consolidation des données financières et pour assurer le lien avec Secrétariat général du DFF et l’AFF,
– le service Achats, pour assurer la conformité des acquisitions faites dans le cadre du programme (système des marchés publics),
– le groupe Risques et sécurité d’entreprise, qui assurera les contrôles par rapport aux divers règlements en lien avec la protection des données et la cybersécurité,
– le comité des architectes, qui assurera la cohérence du système d’information cible à réaliser par rapport aux évolutions de la Confédération suisse et veillera au respect des normes et standards de la Confédération suisse;
– un responsable QRM; dès la phase d’exécution du programme, la CdC réalisera des évaluations régulières concernant la santé du programme, de manière indépendante de l’organisation de programme; un responsable QRM externe prévu à 60 % pendant la durée entière du programme aidera le mandant du programme à évaluer objectivement la santé du programme; sa fonction au niveau du pilotage du programme l’amènera à formuler des recommandations sur les mesures à prendre pour atteindre les objectifs.
4.4.3 Processus de gestion des risques et mesures d’atténuation
L’identification et la qualification de la probabilité ainsi que la célérité de l’impact des risques seront réalisées par le responsable QRM. Aussi, des séances régulières de suivi des risques seront organisées. Le responsable QRM rendra compte directement au mandant du programme.
Ces risques seront systématiquement présentés lors des comités de pilotage afin de mettre en place les plans de mitigation pour les atténuer; ils seront régulièrement présentés au ComDir et discutés avec le gestionnaire des risques de la CdC.
Les risques seront gérés conformément à HERMES et enregistrés de manière exhaustive dans l’outil de controlling du portefeuille de la Confédération; leur traitement sera réalisé conformément aux exigences de la Chancellerie fédérale (secteur TNI).
Dans le cadre de la mise en œuvre du programme, la plus grande attention doit être accordée aux trois risques suivants:
– Manque de coordination entre le programme et les initiatives exogènes au programme qui peuvent impacter les choix de variantes techniques, les processus métier ainsi que l’organisation cible à mettre en place. Réaliser ce type de changements en cours d’exécution de programme peut entraîner des surcoûts importants (qui sont aujourd’hui difficiles à estimer et à évaluer). La CdC a mis en place un dispositif, via notamment le comité des architectes, qui a comme objectif de veiller à ce que les différentes initiatives de transformation numérique de la Confédération et du 1er pilier soient identifiées et analysées le plus en amont possible afin d’anticiper les risques liés aux changements en cours de programme. Un organe de coordination avec les associations a également été mis sur pied de façon à assurer un suivi proactif des prestations effectué par la CdC pour les partenaires du 1er pilier. Cet organe assurera la synchronisation avec le PTNum.
– La gestion et la priorisation des ressources disponibles pour tenir compte des demandes cumulées du PTNum, des prestations centralisées pour contribuer au passage au numérique du 1er pilier et des projets légaux prioritaires seront garanties par le ComDir au moyen de l’introduction d’une planification des ressources à 24 mois, en plus de la planification opérationnelle en place.
– L’adhésion des parties prenantes, internes comme externes, a été identifiée dès le démarrage du programme comme un facteur clé de succès. Une implication insuffisante des utilisateurs peut entraîner une mauvaise compréhension entre les spécialistes impliqués dans la réalisation du programme et les utilisateurs finaux. Par ailleurs, écarter les parties prenantes peut occasionner de la résistance aux changements. Afin de mitiger ce risque, les groupes de travail impliqués dans le programme ont été constitués par des collaborateurs de toutes les divisions de la CdC, et les différents niveaux hiérarchiques sont également impliqués dans la définition des solutions cibles. Enfin, une attention particulière sera accordée à la communication ainsi qu’au plan de gestion du changement au niveau des états-majors de la CdC, comme les RH.
4.4.4 Garantie de continuité pendant la transformation
Le concept concernant la planification détaillée de la transition sera élaboré dans le cadre des projets qui seront lancés une fois la phase d’initialisation terminée. Il va de soi que la continuité des services que la CdC fournit à ses assurés ainsi qu’aux acteurs du 1er pilier sera assurée tout au long du programme, dont c’est l’un des objectifs majeurs. C’est pour cette raison qu’une transition par étape avec diverses itérations et des lots de déploiement successifs sera favorisée autant que possible. Une mise en service type «big bang», qui consiste à remplacer l’ancien système par le nouveau en une seule opération, à une date précise et qui, de ce fait, engendre plus de risques au niveau de la continuité, veut être évitée.
5 Conséquences
5.1 Conséquence pour la Confédération
5.1.1 Conséquences financières
Dépenses totales
Au cours de l’année 2024, des travaux préparatoires dans le cadre d’une étude ont représenté en tout 0,3 million de francs, exclusivement sous forme de prestations propres de ressources en personnel. Ensuite, depuis le 1er janvier 2025 (et avec une fin attendue à la fin juin 2026), la CdC mène les travaux relatifs à la phase d’initialisation du PTNum pour un coût estimé à 2,4 millions de francs, dont 1,7 million correspondant à des prestations propres sous forme de ressources en personnel. Ces dépenses ne sont pas prises en compte dans les dépenses liées au programme.
Selon les estimations actuelles, le coût total du programme de transformation numérique de la CdC (après la phase d’initialisation) s’élèvera à 123,3 millions de francs. Un crédit d’engagement de 66,1 millions de francs au total est requis pour les coûts externes du projet (cf. tableaux 1 et 2, ch. 4.3.2).
Les coûts externes du programme (nécessitant un crédit d’engagement) sont répartis entre les postes de dépenses suivants:
Tableau 3
Détails des coûts externes du PTNum de transformation, ressources faisant l’objet du crédit d’engagement

Pilotage, conduite et QRM
La CdC prévoit des dépenses à hauteur de 1,3 million de francs pour le pilotage du programme. Cette gouvernance intégrée garantit un suivi rigoureux des risques, de la qualité et des budgets, essentiels pour l’harmonisation et la cohérence globale du programme. Ce pilotage transversal facilite la prise de décision proactive et la gestion coordonnée de tous les volets du programme, renforçant ainsi la résilience organisationnelle. Elle porte sur une charge annuelle estimée à 200 jours-personnes. La charge du mandant n’est pas comptée, vu qu’elle fait partie de ses responsabilités ordinaires.
D’autre part, pour la conduite du programme, la CdC mobilise à hauteur de 12,2 millions des ressources externes expertes (4 ETP/an prévues principalement durant les années 2027 à 2029) pour renforcer la capacité interne à gérer des projets complexes, garantissant ainsi le respect des échéances et la coordination entre toutes les parties prenantes. De même, la fonction de chef de programme est externalisée (2 ETP/an). Cette organisation flexible permet d’adapter les ressources selon l’évolution des besoins, optimisant l’efficacité et la réussite des livrables.
Enfin, la CdC renforce ses fonctions transverses à hauteur de 1,1 million. Ces ressources jouent un rôle en fournissant des supports et des outils modulaires communs à tous les projets, favorisant une harmonisation des pratiques et une communication fluide. Elles créent un socle organisationnel partagé, qui améliore la synergie entre les équipes de projet et maximise la valeur collective du programme, principalement durant les années 2027 à 2029.
Migration et modernisation des infrastructures informatiques et sécurité
Le volet Migration et modernisation des infrastructures informatiques, financé à hauteur de 13,6 millions, modernise durablement les infrastructures en migrant vers des solutions fédérales standardisées et interopérables, garantissant une continuité de service sans rupture. Cette migration sécurisée crée une base technologique stable et évolutive, indispensable pour intégrer efficacement les futurs développements numériques. Ce projet prévoit de même un parallèle opérationnel des infrastructures d’une durée d’une année, assurant ainsi une continuité de service sans interruption lors de la migration.
Parallèlement, avec un investissement ciblé, le volet Sécurité informatique et gestion des risques cybernétiques institue une approche «security by design», intégrant la cybersécurité et la sécurité de l’information dès la conception et tout au long du cycle de vie des systèmes et des composants. Cette stratégie proactive réduit significativement les vulnérabilités, protège les données sensibles et garantit la confiance des parties prenantes. Par ailleurs, elle permet d’aborder de manière plus efficace et efficiente les enjeux centraux de la sécurité de l’information dans l’ensemble des projets, renforçant ainsi la cohérence et la robustesse globale du dispositif de sécurité.
Acquisition et déploiement de solutions standards et spécifiques
Le programme vise à privilégier, dans la mesure du possible, des solutions standards du marché tout en complétant ces dernières par des modules spécifiques adaptés aux particularités métier (total estimé à 26,4 millions de francs, incluant licences, support externe, intégration et développement). Cette approche combine efficacité, personnalisation maîtrisée et agilité. L’externalisation partielle permet d’accéder à une expertise pointue, accélérant le développement tout en maîtrisant les risques. L’évaluation continue des besoins spécifiques de la CdC guidera les ajustements stratégiques futurs.
Réorganisation de la division SI (projet TOM et implémentation de la nouvelle organisation)
La réorganisation de la division SI, via le projet TOM, vise à aligner les processus et la gouvernance sur une architecture cible cohérente et efficace. Ce processus, soutenu par des experts externes, inclut la définition des nouveaux modèles opérationnels, la gestion des fournisseurs, le soutien aux divisions métier internes, ainsi que la garantie de la fonction de fournisseur de prestations informatiques pour les partenaires du 1er pilier, pour laquelle la CdC a reçu une base légale. Cette transformation est essentielle pour améliorer la performance et la conformité aux exigences légales.
Projet RH et gestion du changement
Ce projet assure une gestion du changement participative, intégrant formation, communication et accompagnement personnalisé, afin de maximiser l’adhésion tout en tenant compte des évolutions des effectifs et des nouvelles exigences. Il crée les conditions nécessaires pour que les collaborateurs adoptent durablement les nouveaux rôles et processus, assurant ainsi la réussite globale et la pérennité du programme. Un recours à une expertise externe est prévu pour des tâches temporaires ou des expertises ponctuelles, la priorité étant donnée aux experts internes qui connaissent très bien l’environnement interne et externe de la CdC.
Indication sur le financement compensatoire des dépenses
En vertu des art. 95, al. 1, let. a et b, LAVS, 66 LAI et 29 de la loi fédérale du 25 septembre 1952 sur les allocations pour perte de gain8, les Fonds de compensation AVS, AI et APG remboursent à la Confédération l’intégralité des dépenses de la CdC liées au 1er pilier, à l’exception de celles de la CFC. Les coûts résultant de la mise en œuvre de l’assurance facultative ne sont remboursés que jusqu’à concurrence du montant non couvert par les contributions aux frais d’administration. En application des dispositions légales précitées au périmètre du PTNum, l’intégralité des coûts dudit programme seront remboursés à la Confédération par les Fonds de compensation AVS, AI et APG.
Bénéfices
– La réalisation du programme a pour objectif de permettre à la CdC d’absorber les volumes d’activités supplémentaires en évitant l’engagement de 5 ETP par an dans les métiers et de 3 ETP par an dans les fonctions de support, sous réserve du degré d’automatisation et en fonction du déroulement du programme. Le potentiel d’économie maximal, estimé à environ 80 ETP sur dix ans, suppose une automatisation cohérente des processus, une absence de redondances techniques et un déroulement sans surcharge liée à la gestion parallèle. Ce potentiel est soumis à des incertitudes techniques et organisationnelles propres aux projets de transformation de grande envergure.
– Le changement dans l’organisation des processus et la distribution du travail, prévu dans le cadre du programme, permettra une économie de 1,4 million à l’horizon 2032, notamment au travers de la mise en œuvre de trois profils: gestionnaire administratif, spécialiste et expert (actuellement un seul profil). Ces mêmes changements dans l’organisation des processus doivent en outre permettre une économie à hauteur d’un demi-million de francs dans les fonctions de support. Ces estimations d’économie sont soumises à la prise d’effet progressive de toutes les réorganisations, et leur plein effet est attendu au-delà de 2032.
– Après la réalisation du programme, la mise en œuvre des changements légaux au niveau des processus et des solutions informatiques de la CdC sera rendue moins complexe. Une économie globale de 25 % sur les dépenses de ces projets (au-delà de 2032) est attendue, soit une économie annuelle estimée à 1,3 million de francs (estimation basée sur les dépenses effectives des projets liés à des changements légaux réalisés entre 2020 et 2024). Cependant, l’expérience a montré que les modifications législatives nécessitent souvent des ajustements imprévus. Cette hypothèse de 25 % de gains pourrait être réduite à une plage plus réaliste de 15 à 20 % au final.
– La réalisation du programme vise à sécuriser la continuité des activités opérationnelles. Cette cible sera à valider lors des points d’avancement du programme.
– La numérisation des processus d’affaires permettra par ailleurs de réduire l’utilisation des documents physiques et, par conséquent, les frais postaux.
5.1.2 Conséquences sur l’état du personnel
Il est prévu de consacrer en tout 79 400 jours-personnes à la réalisation du PTNum, dont une part (22 300 jours-personnes) sera prise en charge par des ressources externes. Le solde (57 100 jours-personnes) pourra être fourni avec les ressources en personnel déjà en poste au sein de la CdC.
Au terme du programme, l’effectif de la CdC est appelé à se réduire, conformément aux hypothèses énoncées précédemment au ch. 5.1.1. En outre, le personnel des divisions informatique et métier sera formé sur de nouvelles technologies et de nouveaux processus.
5.1.3 Charges d’exploitation
En supposant que les exigences essentielles auxquelles doit satisfaire l’exploitation ne subissent pas de modifications significatives, la CdC part du principe, en l’état actuel des choses, que les coûts d’exploitation des applications de la CSC et de l’OAIE, qui incluent notamment les coûts de l’exploitation technique et de la maintenance des systèmes informatiques ainsi que les frais de personnel et qui s’élèvent aujourd’hui à environ 10,6 millions de francs par an (soit près de la moitié des coûts d’exploitation des applications informatiques de la CdC dans son ensemble), ne connaîtront pas d’augmentation significative. En effet, les économies liées à la réduction du nombre et à la simplification des applications devraient compenser les éventuels surcoûts non anticipés. La réalisation de ces économies dépendra fortement de la structure réelle des coûts de base et du renouvellement du portefeuille.
5.1.4 Autres conséquences au niveau fédéral
Conséquences dans le domaine informatique
Le programme de transformation numérique de la CdC entraînera des répercussions positives sur le domaine informatique de la Confédération, puisque les services standards existants seront intégrés le mieux possible et que les interfaces entre les diverses applications seront davantage uniformisées. En outre, le recours à des solutions modulaires standardisées permettra de réduire la charge de travail et les coûts liés à des travaux de transformation ou d’extension ou à l’utilisation de nouveaux composants.
Conséquences pour les cantons, les communes et les autres parties prenantes
La mise en œuvre du projet ne change rien à la répartition des tâches et des compétences entre la Confédération et les cantons. Durant la réalisation du programme, la CdC continuera à assurer un niveau de qualité inchangé dans la fourniture de ses prestations aux assurés et à ses partenaires.
Afin que le Parlement et les cantons soient informés en temps utile de l’état d’avancement des travaux, de même que les différents acteurs du 1er pilier, la gestion de la communication sera garantie concernant aussi bien le suivi normal du programme que les problèmes rencontrés dans son développement, surtout si des impacts externes touchent les assurés ou les partenaires du 1er pilier.
5.2 Conséquences économiques
En plus des bénéfices économiques directs de la modernisation détaillée dans le ch. 5.1.1, les avantages économiques suivants sont attendus.
Ces effets macro-économiques restent toutefois hypothétiques et dépendront de la réalisation effective des objectifs de modernisation et des jalons concernant la qualité du programme.
Les données et les informations ainsi que le fonctionnement de la CdC exercent une influence directe ou indirecte importante sur le monde du travail et des assurances sociales. Une CdC numérique répondra dès lors aux nouveaux besoins du monde du travail et des assurances sociales.
Étant donné l’effet d’amortissement des dépenses publiques en matière d’assurances sociales sur la volatilité de la consommation, les versements mensuels réguliers des rentes AVS/AI par la CdC contribuent à stabiliser le pouvoir d’achat des retraités et, par conséquent, la demande globale au niveau de la Suisse et de l’étranger.
La CdC, en tant qu’organe d’exécution du 1er pilier, exerce une influence directe et indirecte significative sur l’économie nationale à travers ses activités opérationnelles. En garantissant le versement fiable et régulier des rentes, elle assure le pouvoir d’achat et la stabilité financière de plus de 2,5 millions de bénéficiaires. Le respect rigoureux des délais légaux et la gestion efficace des cotisations aux assurances sociales contribuent à la sécurité de planification tant pour les ménages que pour les entreprises, renforçant ainsi la confiance dans le système suisse des assurances sociales. En tant que pilier institutionnel de la sécurité sociale, la CdC réduit les risques économiques en garantissant un transfert monétaire continu entre les actifs et les bénéficiaires de rentes, ce qui contribue à la stabilité économique et sociale globale.
Les fabricants de composants liés aux TIC ainsi que de matériel informatique et de logiciels s’efforcent de fabriquer des produits en ménageant les ressources naturelles et en améliorant le bilan énergétique de leurs produits. Le recours à des moyens TIC modernes permettra, par conséquent, de réduire peu à peu l’impact sur l’environnement, notamment en réduisant le nombre de technologies utilisées pour garantir le fonctionnement actuel de la CdC.
6 Aspects juridiques
6.1 Constitutionnalité et légalité
6.1.1 Respect des lois et ordonnances existantes
Vu l’art. 112, al. 1, de la Constitution (Cst.)9, les art. 49a, 49c, 49d et 71, al. 4, et 4bis, LAVS prévoient que la CdC gère des systèmes d’information et tienne des registres pour accomplir ses tâches légales. En plus, la CdC peut rester un fournisseur de prestations informatiques pour le 1er pilier selon l’exception permanente accordée par arrêté du Conseil fédéral en 2012.
Sécurité de l’information
La loi du 18 décembre 2020 sur la sécurité de l’information10 et des ordonnances d’application (ordonnance du 8 novembre 2023 sur la sécurité de l’information11, ordonnance du 8 novembre 2023 sur les contrôles de sécurité relatifs aux personnes12, ordonnance du 19 octobre 2016 sur les systèmes de gestion des données d’identification et les services d’annuaires de la Confédération13, ordonnance du 8 novembre 2023 sur la procédure de sécurité relative aux entreprises14) visent à garantir la sécurité du traitement des informations relevant de la compétence de la Confédération et posent les exigences requises afin de garantir la confidentialité, la disponibilité, l’intégrité et la traçabilité des informations.
La loi fédérale du 17 mars 2023 sur l’utilisation de moyens électroniques pour l’exécution des tâches des autorités (LMETA)15 et son ordonnance d’application (ordonnance du 2 avril 2025 sur la numérisation16) posent les bases juridiques nécessaires à une transformation numérique efficace de l’administration fédérale ainsi qu’à la collaboration entre les autorités de différentes collectivités et des tiers dans le domaine de la cyberadministration, avec notamment le principe de la publication des codes sources des logiciels qu’elles développent ou font développer pour l’exécution de leurs tâches (art. 9 LMETA) et la publication des données sous forme de données ouvertes, lorsque les conditions d’une telle publication sont remplies (art. 10 LMETA).
Marchés publics
En cas d’acquisition de solutions sur le marché, les procédures inscrites dans la loi fédérale du 21 juin 2019 sur les marchés17 devront être respectées.
6.2 Comptabilité avec les obligations internationales de la Suisse
Le programme ne va à l’encontre d’aucune obligation internationale en vigueur. Au contraire, l’optimisation des processus et des applications informatiques de la CdC lui permettra d’intégrer plus aisément les modifications législatives du domaine des assurances sociales, en particulier.
6.3 Forme de l’acte à adopter
Conformément aux art. 163, al. 2, Cst. et 25, al. 2, de la loi du 13 décembre 2002 sur le Parlement18, l’acte à adopter revêt la forme de l’arrêté fédéral simple (qui n’est pas sujet au référendum).
6.4 Frein aux dépenses
L’art. 1 de l’arrêté fédéral, objet du présent message, est soumis au frein aux dépenses en vertu de l’art. 159, al. 3, let. b, Cst., puisqu’il prévoit une dépense unique de 20 millions de francs. Par conséquent, le crédit d’engagement de 66,1 millions de francs au total doit être adopté à la majorité des membres de chaque conseil.
6.5 Protection des données
La loi fédérale du 25 septembre 2020 sur la protection des données19 et son ordonnance d’application (ordonnance du 31 août 2022 sur la protection des données20) posent les règles et les principes généraux à respecter lors de traitement de données. Elles définissent, entre autres, la notion de décision individuelle automatisée et pose les exigences de transparence et d’explicabilité de la décision ainsi prise. Les différents projets incluront tous l’objectif de pouvoir répondre à ces règles.
Spécifiquement, dans le domaine des assurances sociales du 1er pilier, l’art. 49f LAVS habilite les organes d’exécution à traiter ou faire traiter les données personnelles, y compris les données sensibles, qui sont nécessaires à l’accomplissement des tâches assignées par les lois du domaine des assurances sociales et les conventions internationales de sécurité sociale. Les art. 32 de la loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (LPGA)21 et 50a LAVS présentent les exceptions à l’obligation générale de garder le secret, inscrite à l’art. 33 LPGA.
Une priorité absolue est donc accordée à la protection et à la sécurité des données. Avec le PTNum, la CdC et ses divisions mettront l’infrastructure et les processus appropriés en place pour traiter des données conformément aux dispositions applicables en matière de protection des données.
Liste des abréviations utilisées
ACOR | système expert d’aide au calcul et à l’octroi des rentes AVS et AI |
Afac | assurance facultative |
AFam | allocations familiales |
AFF | Administration fédérale des finances |
AGOV | service d’authentification des autorités suisses |
AI | assurance-invalidité |
AKIS | système d’information de IGAKIS utilisé par la CFC |
APG | allocation pour perte de gain |
AVS | assurance-vieillesse et survivants |
CdC | Centrale de compensation |
CDF | Contrôle fédéral des finances |
CFC | Caisse fédérale de compensation |
ComDir | Comité de direction de la CdC |
CSC | Caisse suisse de compensation |
Cst. | Constitution (RS 101101) |
DFF | Département fédéral des finances |
EESSI | système informatique européen d’échange électronique d’informations sur la sécurité sociale |
e-ID | identité électronique |
E-SOP | plateforme en ligne des assurances sociales |
ETP | équivalent temps plein |
FRC | division Finances et registres centraux de la CdC |
HERMES | méthode de gestion de projet utilisée par la Confédération |
IAM | gestion des identités et des accès (Identity and Access Management) |
IGAKIS | Communauté d’intérêts des caisses de compensation et proposant le système d’information AKIS |
LAI | loi fédérale du 19 juin 1959 sur l’assurance-invalidité (RS 831.20831.20) |
LAVS | loi fédérale du 20 décembre 1946 sur l’assurance-vieillesse et survivants (RS 831.10831.10) |
LMETA | loi fédérale du 17 mars 2023 sur l’utilisation de moyens électroniques pour l’exécution des tâches des autorités (RS 172.019172.019) |
LPGA | loi fédérale du 6 octobre 2000 sur la partie générale du droit des assurances sociales (RS 830.1830.1) |
LSIAS | loi fédérale sur les systèmes d’information des assurances sociales (pas encore en vigueur) |
MOSAR | modernisation des services offerts aux assurés et aux collaborateurs de l’AVS (projet) |
OAIE | Office AI pour les assurés résidant à l’étranger |
OFAS | Office fédéral des assurances sociales |
OFIT | Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication |
PC | prestations complémentaires |
PTNum | programme de transformation numérique de la CdC |
QRM | gestion de la qualité et des risques (Quality and Risk Management) |
RAVS | règlement du 31 octobre 1947 sur l’assurance-vieillesse et survivants (RS 831.101831.101) |
RH | ressources humaines |
registre UPI | registre des assurés (UPI pour «Unique Person Identifier») et par extension des personnes possédant un numéro AVS |
SGC | Swiss Government Cloud |
SI | division des systèmes d’information de la CdC |
SRI | service de révision interne de la CdC |
secteur TNI | secteur Transformation numérique et gouvernance de l’informatique de la Chancellerie fédérale |
TIC | technologies de l’information et de la communication |
TOM | modèle opérationnel cible (Target Operating Model) |
UE | Union européenne |