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Tendance baissière dans l'industrie chimico-pharmaceutique. Causes, conséquences possibles et mesures ?

Texte déposé

Les chiffres récents publiés par le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) pour le premier trimestre 2026 signalent que l’industrie chimico-pharmaceutique a perdu 3,4 % de sa valeur ajoutée, en termes réels, ce qui représente un net recul (SECO, « Produit intérieur brut au 1er trimestre 2026 », 1er juin 2026). En même temps, les exportations dans ce secteur se sont effondrées, perdant 10 %. Il ne s’agit pas de faits isolés, mais d’une tendance négative qui se manifeste pour le quatrième trimestre consécutif. Étant donné que cette branche est la colonne vertébrale de l’économie suisse, tant sur le plan de la valeur ajoutée que sur celle des exportations, cette tendance à la baisse est extrêmement préoccupante et présage de mauvaises perspectives pour l’économie nationale.

Dans ce contexte, le Conseil fédéral est prié de répondre aux questions suivantes.

  • D’après son analyse, quels sont les causes et les facteurs (tels que la concurrence internationale ou les barrières réglementaires) de cette tendance persistante dans la valeur ajoutée, en termes nominaux et en termes réels, et dans les exportations de l’industrie chimico-pharmaceutique ?

  • Que pense-t-il du fait que la valeur ajoutée nominale se situe aujourd’hui au même niveau qu'il y a cinq ans ? Quel est le rôle des prix dans l'évolution de la valeur ajoutée nominale de l’industrie pharmaceutique ?

  • Le Conseil fédéral prend-il en compte cette tendance dans ses prévisions pour le marché du travail, les recettes fiscales et la croissance du PIB ?

  • Dans le cas contraire, quelles sont ses conjectures quant aux conséquences à moyen terme pour l’économie nationale – notamment pour le marché du travail, les recettes fiscales et la croissance du PIB – si cette tendance devait perdurer ?

  • Estime-t-il que la situation actuelle appelle des mesures urgentes ? Dans l’affirmative, quelles mesures concrètes envisage-t-il dans l’immédiat pour améliorer les conditions économiques (élimination des obstacles réglementaires, amélioration de l’accès au marché, encouragement de l’innovation, etc.) ?

Avis du Conseil fédéral

Le Conseil fédéral est conscient de l'importance de l'industrie chimico-pharmaceutique pour l'économie suisse et suit de près son évolution conjoncturelle, en se concentrant sur les données réelles, c'est-à-dire corrigées des variations de prix. Ces dernières années, la valeur ajoutée de l'industrie chimico-pharmaceutique a progressé nettement plus fortement que l'économie suisse dans son ensemble. Au premier trimestre 2026, elle dépassait d’environ 37 % le niveau enregistré cinq ans auparavant. Le PIB a quant à lui progressé de 12 % au cours de la même période. Sur un trimestre donné, la valeur ajoutée et les exportations présentent une évolution très volatile. Depuis 1995, le taux de croissance trimestriel de la valeur ajoutée réelle du secteur chimico-pharmaceutique a oscillé entre −7,3 % et +11,9 % ; celui des exportations réelles de produits pharmaceutiques a quant à lui varié entre −14,1 % et +27,7 %. L’évolution récente, qui s’inscrit dans le contexte de la politique douanière américaine, n’est donc pas inhabituelle au regard de la volatilité historique. Il convient en outre de tenir compte du fait que les données relatives à la valeur ajoutée pour les années 2025 et 2026 ont un caractère provisoire. Les résultats définitifs pour l’année 2025 ne seront par exemple intégrés dans le calcul du PIB qu’à l’été 2027.

En moyenne sur les dix dernières années, l’industrie chimico-pharmaceutique a contribué à hauteur de 0,7 point de pourcentage par an à la croissance du PIB. Cela correspond à une part de 40 % de la croissance économique. Dans le cadre des prévisions conjoncturelles de la Confédération, l’évolution des différentes branches est suivie de près. Un ralentissement substantiel de la contribution à la croissance de l’industrie chimico-pharmaceutique aurait donc également un impact négatif sur la croissance du PIB.

Le chef du DEFR et la cheffe du DFI ont conjointement mis en place un groupe de travail chargé de garantir les meilleures conditions-cadres possibles pour les sciences de la vie en Suisse. Ce groupe de travail, placé sous la direction externe du conseiller d'État bernois Pierre Alain Schnegg, présentera un rapport d'ici fin 2026. Aucune communication ne sera faite avant la fin de ses travaux. Le groupe de travail a pour mission d’adopter une approche globale, c’est-à-dire d’examiner tous les facteurs qui influencent la place économique suisse pour ce secteur. Le Parlement a par ailleurs renvoyé la motion 25.3685 Herzog Eva au Conseil fédéral. Celui-ci a ainsi été chargé d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie visant à renforcer la place pharmaceutique et biotechnologique suisse.