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Suppression du goulet d'étranglement de Crissier au point mort

Texte déposé

A la suite de la dénonciation de la Commune de Chavannes de la convention conclue entre l’OFROU, le Canton de Vaud et les 8 Communes de l’Ouest lausannois, la situation est au point mort s’agissant du grand projet de suppression du goulet d’étranglement de Crissier.

Ce qui était vrai avant que la commune de Chavannes dénonce la convention, l’est toujours aujourd’hui, à savoir :

  • Avec 118’000 véhicules par jour, ce tronçon est toujours le 2e nœud autoroutier de Suisse

  • Une solution pour apaiser la région et fluidifier le trafic doit toujours être trouvée.

  • Le gouvernement vaudois est, à ce jour, toujours favorable à la suppression du goulet d’étranglement de Crissier tel qu’articulé dans la convention

Un fait nouveau est néanmoins à souligner, une pétition lancée dans les 8 communes concernées sera déposée cette semaine à la Chancellerie fédérale.

Les pétitionnaires demandent au Conseil fédéral et au Conseil d’Etat vaudois, de mettre tout en œuvre pour résoudre, au plus vite, la problématique du goulet d’étranglement de Crissier, supprimer les bouchons dans l’Ouest lausannois et ses communes asphyxiées par le trafic.

Ainsi, j’ai l’honneur de poser les questions suivantes :

  1. Le Conseil fédéral est-il conscient de l’importance toujours vitale de la suppression du goulet de Crissier sur l’A1 dans une région qui compte près de 90'000 habitants et 70'000 emplois ?

  2. Le Conseil fédéral peut-il réaffirmer sa volonté de supprimer le goulet d’étranglement de Crissier ?

  3. Quelles alternatives réalistes le Conseil fédéral est-il prêt à mettre en œuvre pour dégripper ce dossier?

  4. Dans sa réponse à l’interpellation d’Olivier Feller, L’Office fédéral des routes (OFROU) annonçait mener des analyses complémentaires avec le Canton Vaud afin de définir les mesures à mettre en place pour assurer un fonctionnement adéquat des différents réseaux, malgré la potentielle non-réalisation de la jonction de Chavannes. Le Conseil fédéral peut-il articuler les résultats de ces analyses complémentaires ainsi que ses conclusions ?

Avis du Conseil fédéral

1 et 2. Des infrastructures bien aménagées renforcent la compétitivité économique, ouvrent de nouvelles perspectives et garantissent des conditions de vie comparables dans toute la Suisse, ainsi qu’un développement territorial équilibré. De plus, grâce à un réseau autoroutier performant, la zone urbaine peut être délestée du trafic de contournement. Pour le Conseil fédéral, il est dès lors essentiel de garantir un réseau de routes nationales sûr et performant. Le Conseil fédéral réaffirme ainsi sa volonté de supprimer le goulet d’étranglement de Crissier et déplore l’absence d’avancées dans ce projet. À la demande du canton et des communes concernées, le projet actuel prévoit des sorties autoroutières supplémentaires. Ces aménagements nécessitent des mesures complémentaires sur le réseau cantonal et communal et un cofinancement de la part du canton et des communes. En 2016, le Conseil fédéral a décidé qu’il ne mettrait en œuvre ce projet que si les aménagements autoroutiers étaient réalisés en même temps que les mesures d’accompagnement cantonales et communales en ce qui concerne les routes d’accès nécessaires au bon fonctionnement de la jonction.

3. Avant de pouvoir se prononcer sur les différentes options, le Conseil fédéral doit disposer d’orientations claires et fiables de la part du canton et de la région, tant sur le plan de la solution technique que sur celui du calendrier. Une solution consisterait à réaliser le projet sans la jonction de Chavannes et à lancer en parallèle des études à grande échelle concernant le tronçon autoroutier jusqu’à la Maladière, avec d’éventuels compléments au niveau des jonctions. Renoncer au projet actuel, y compris à la jonction de Chavannes, signifierait qu’il ne serait pas réaliste d’envisager la suppression du goulet d’étranglement de Crissier au cours des 15 à 20 prochaines années, car la procédure de planification devrait être reprise depuis le début. Le Conseil fédéral estime qu’un tel ajournement serait préjudiciable au développement de l’ensemble de la région lausannoise. Il est absolument nécessaire de disposer d’un réseau de routes nationales performant pour assurer la desserte des agglomérations urbaines.

4. L’étude montre que le projet tel qu’il était prévu, sans la jonction de Chavannes, peut fonctionner. Toutefois, la redistribution de la charge de trafic sur le réseau local est importante. Des mesures d’accompagnement sont envisageables mais n’ont pas encore été examinées en détail, car le canton et les communes ne se sont pas encore prononcés définitivement sur l’abandon de la jonction de Chavannes. Les propositions du canton et de la commune de Chavannes consistant à réaliser d’autres jonctions en combinaison avec un réaménagement du tronçon autoroutier jusqu’à la Maladière ne peuvent pas s’inscrire comme mesure d’accompagnement mais nécessitent des études et procédures propres. Elles n’ont toutefois pas le même effet sur la région (desserte et répartition de la charge de trafic) que le projet de suppression du goulet d’étranglement de Crisser mis à l’enquête avec la jonction de Chavannes.