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Réduction des effectifs à Agroscope. Quelles conséquences pour la sécurité alimentaire et la recherche agronomique ?

Texte déposé

Le projet de suppression de 58 postes à plein temps au sein d’Agroscope suscite de vives inquiétudes. Cet institut constitue un pilier essentiel de la recherche agronomique suisse, en particulier dans les domaines de la durabilité, de la protection des cultures et de l’adaptation aux changements climatiques. Les compétences qui y sont développées jouent un rôle stratégiques tant pour l’économie agricole régionale que pour l’approvisionnement alimentaire du pays.

Cette décision intervient dans un contexte international marqué par des tensions sur les chaînes d’approvisionnement en intrants agricoles, ainsi que par un besoin accru de renforcer la résilience de la Suisse.

Dans ce contexte, une réduction des capacités de recherche publique apparaît difficilement conciliable avec les objectifs de sécurité alimentaire et de transition vers une agriculture plus durable.

Développement

  1. Comment le Conseil fédéral justifie-t-il les suppressions de postes à Agroscope?

  2. Quel sera l'impact précis en termes de postes supprimés et de projets abandonnés sur les différents sites et les filières agricoles qu’ils soutiennent ?

  3. Quelle évaluation a été réalisée concernant les conséquences de ces réductions sur la capacité de recherche appliquée en Suisse, notamment dans des domaines sous tension comme la viticulture ou d'autres qui jouent un rôle central comme l'arboriculture et les grandes cultures ?

  4. Comment le Conseil fédéral entend-il garantir, dans ce contexte, le maintien d’une expertise scientifique suffisante pour renforcer la sécurité alimentaire et la résilience de l’agriculture suisse ?

  5. Le Conseil fédéral envisage-t-il des mesures compensatoires ou un renforcement ciblé des moyens à moyen terme pour éviter une perte durable de compétences dans la recherche agronomique ?

  6. Aux yeux du Conseil fédéral, est-il cohérent de réclamer des moyens supplémentaires pour soutenir les investissements dans l'agriculture tout en réduisant les moyens de la recherche agricole publique?

Avis du Conseil fédéral

Ad 1) Agroscope est aussi touché par les différentes mesures d’économies que le Conseil fédéral et le Parlement ont décidé de prendre dans leurs domaines propres pour respecter un budget conforme à la politique du frein à l’endettement. Or, pour atteindre cet objectif, l’institut de recherche doit recentrer son portefeuille de recherche.

Ad 2) Agroscope ne poursuivra pas ses activités de recherche financées par les moyens propres de la Confédération dans les domaines de l’alimentation saine et des nouveaux produits alimentaires, des cultures alternatives de niche, des plantes aromatiques et médicinales ainsi que du vertical farming. Dans d’autres domaines, des activités seront réduites et des projets, redimensionnés. Les principaux sites impactés par ces mesures d’économies sont Liebefeld, Reckenholz, Posieux et Conthey. Les autres sites ne sont que faiblement, voire pas du tout, impactés.

Ad 3) et 4) Le Conseil fédéral recentre les activités d’Agroscope sur les principales missions de la station de recherche, à savoir la production de connaissances scientifiques pour la pratique agricole, la fourniture des bases nécessaires aux décisions de politique agricole et l’accomplissement des tâches liées à l’application de la législation. Ce recentrage des activités s’appuie sur des décisions de principe du Conseil fédéral et du Parlement. Agroscope continuera de fournir les prestations requises pour renforcer la sécurité alimentaire, notamment dans la recherche sur la sélection végétale, l’examen variétal et la protection des végétaux. Il poursuivra ses recherches pour améliorer la résilience de l’agriculture suisse, en collaboration avec d’autres instituts du système d’innovation et de connaissances agricoles (LIWIS).

Ad 5) et 6) Il est indispensable, si l’on veut respecter les contraintes budgétaires, de recentrer le portefeuille de recherche d’Agroscope, en concentrant la fourniture de prestations sur ses tâches principales. Même avec un portefeuille condensé, la station de recherche de la Confédération pourra continuer à assumer son rôle en faveur de l’agriculture et du secteur agroalimentaire au sein du LIWIS.