Lexipedia

Décision

PE.2019.0360

CDAP - PE.2019.0360 - 2020-04-28 - A._____, B._____ /Service de la population (SPOP)

28 avril 2020Français15 min

reconnaître la qualité de réfugié. Depuis le 21 janvier 2016, il bénéficie d'une

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants:

A.

B.________, apatride, né le ******** 1983 en Syrie, est arrivé en Suisse

en août 2008 et y a déposé une demande d'asile. Le 5 juillet 2011, il s'est vu

reconnaître la qualité de réfugié. Depuis le 21 janvier 2016, il bénéficie d'une

autorisation d'établissement.

A.________, ressortissante éthiopienne née le ********

1985, est quant à elle arrivée en Suisse le 28 septembre 2011. Elle y a

également déposé une demande d'asile, laquelle a été rejetée par le Secrétariat

d'Etats aux migrations (SEM) le 1er décembre 2015. Cette décision a

été confirmée le 9 février 2016 par le Tribunal administratif fédéral

(E-48/2016). Le 22 février 2016, le SEM lui a imparti un délai au 21 mars 2016

pour quitter la Suisse.

B.________ et A.________ ont eu ensemble deux

enfants, C.________, née en août 2016, et

D.________,

né en juillet 2018.

B.

Le 12 juin 2017, A.________ a demandé au SPOP de lui octroyer une

autorisation de séjour. Elle a relevé qu'elle vivait en Suisse depuis le 28

novembre 2011, qu'elle avait obtenu un diplôme d'infirmière en Ethiopie et

qu'elle avait effectué deux "pré-stages en soins infirmiers" au CHUV

en 2014, ce qui lui avait permis de se familiariser avec le système de soins en

Suisse (cf. certificat de travail du CHUV du 13 janvier 2015 qui atteste que

l'intéressée a effectué deux pré-stages à plein temps, soit du ******** dans le

service ******** et du ********* dans le service ********), et qu'elle et le

père de sa fille avaient entrepris des démarches pour se marier.

Répondant au SPOP, elle lui a transmis, en date du 5

février 2018, divers documents, dont un extrait du registre des poursuites du 9

février 2018 concernant B.________ qui atteste que ce dernier ne fait l'objet

ni de poursuites ni d'actes de défaut de biens, une attestation du Centre

social régional de la Riviera du 23 novembre 2017 qui indique que B.________

bénéficie du revenu d'insertion depuis le 1er juillet 2011 et un

contrat de travail à durée indéterminée daté du 30 janvier 2018 aux termes

duquel il est engagé à partir du 1er mars 2018 dans une

blanchisserie à 40% pour un salaire mensuel net de 1'183 francs.

Par décision du 1er mars 2018, le SEM a

reconnu la qualité de réfugiée à A.________, afin de préserver l'unité

familiale (art. 51 al. 1 de la loi fédérale du 26 juin 1998 sur l'asile [LAsi;

RS. 142.31]) et l'a admise provisoirement en Suisse. Ses deux enfants, C.________

et D.________ bénéficient aussi du statut de réfugié (cf. décisions du SEM des

16 décembre 2016 et 29 janvier 2019).

Le 3 avril 2018, le SPOP a notamment demandé à A.________

de lui indiquer, si, dès lors qu'elle était au bénéfice d'une admission

provisoire, elle était en mesure de présenter un contrat de travail ou les

preuves de ses recherches d'emploi.

Le 25 avril 2018, A.________ a répondu qu'elle avait

une petite fille âgée d'une année et huit mois et qu'elle était enceinte de six

mois et demi, de sorte qu'elle n'était pas en mesure de chercher du travail.

Selon une attestation établie le 20 juin 2018 par le

Centre social régional de Montreux cette famille bénéficie des prestations de

l'aide sociale, étant précisé qu'elles sont allouées à B.________ depuis le 1er

juillet 2011, le montant global des prestations versées depuis cette date

jusqu'au 31 mai 2018 s'élevant à 146'459 francs.

Le 8 novembre 2018, le SPOP a informé A.________ qu'il

entendait refuser de lui délivrer une autorisation de séjour sur la base de

l'art. 30 al. 1 let. b de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers

(LEtr ; depuis le 1er janvier 2019, loi fédérale sur les

étrangers et l’intégration [LEI ; RS 142.20]), et d'octroyer à ses enfants

des autorisations d'établissement, au motif que toute la famille bénéficiait

des prestations de l'assistance publique. Le SPOP a imparti à A.________ un

délai pour se déterminer.

C.

Le 28 novembre 2018, B.________ et A.________ se sont mariés.

Le 11 mars 2019, le SPOP, reprenant le dossier de

A.________ suite à son mariage, lui a demandé de lui fournir divers

renseignements au sujet de la situation financière de son couple, notamment de

lui indiquer ses intentions pour ne plus dépendre de l'assistance publique.

Dans sa réponse du 1er avril 2019, A.________

a indiqué que son mari travaillait depuis mars 2018 à 40% dans un pressing et

qu'il cherchait à augmenter son taux de travail, soit auprès du même employeur

soit en prenant un autre emploi. Elle a ajouté qu'elle allaitait encore son

deuxième enfant mais que dès qu'elle arrêterait, elle prévoyait d'entreprendre

une formation dans le domaine des soins, afin de valoriser ses compétences

acquises en qualité d'infirmière dans son pays d'origine et pouvoir trouver rapidement

un emploi. Elle a rappelé qu'elle avait déjà effectué des stages dans le

domaine de la santé. Elle a transmis les fiches de salaire de son mari de

janvier, février et mars 2019, desquelles il ressort qu'il a réalisé un salaire

net de 1'171 francs pour les deux premiers mois et 1'521 francs pour le

troisième mois, allocations familiales comprises.

Le 30 avril 2019, le SPOP a informé A.________ du

fait qu'il avait l'intention de refuser de lui octroyer ainsi qu'à ses enfants

des autorisations de séjour par regroupement familial au motif que son mari ne

disposait pas des moyens financiers suffisants pour subvenir aux besoins d'une

famille de quatre personnes. Le SPOP a relevé que B.________ bénéficiait du

revenu d'insertion depuis 2011, les prestations versées depuis cette date se

montant à 178'392 francs. Le SPOP a imparti à A.________ un délai au 29 mai

2019 pour se déterminer.

Elle n'a pas réagi dans le délai imparti.

Par décision du 2 septembre 2019, notifiée à A.________

le 10 septembre 2019, le SPOP a refusé d'octroyer des autorisations de séjour

par regroupement familial à l'intéressée et à ses deux enfants, au motif que

cette famille dépendait de l'aide sociale, le montant total des prestations

sociales versées jusqu'au mois d'août 2019 s'élevant à 196'981 francs.

D.

Le 1er octobre 2019, A.________ et B.________ ont recouru

contre cette décision devant la Cour de droit administratif et public du

Tribunal cantonal. Ils concluent à l'annulation de la décision attaquée et à ce

que la cause soit renvoyée au SPOP pour qu'il délivre des autorisations de

séjour, respectivement d'établissement, par regroupement familial à la

recourante et à ses enfants. Ils relèvent qu'il convient de tenir compte du

fait que B.________ a subi plusieurs opérations en Syrie et en Suisse et qu'il

est encore lourdement handicapé, de sorte qu'il lui est impossible de

travailler à un pourcentage plus élevé dans la blanchisserie où il est employé.

Ils précisent qu'il a déposé une demande à l'Office fédéral de l'assurance-invalidité

(Office AI). Les recourants font valoir que la décision attaquée, qui a pour

conséquence de laisser A.________ et ses enfants au bénéfice d'une simple

admission provisoire, viole l'art. 8 de la Convention de sauvegarde des droits

de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH; RS 0.101).

Ils produisent les fiches de salaire du recourant pour les mois d'avril et mai

2019, desquelles il ressort qu'il a réalisé un revenu mensuel net de 1'521

francs, respectivement 1'705 francs, allocations familiales comprises.

Le 7 octobre 2019, ils ont transmis au tribunal un

certificat médical établi le 1er octobre 2019 par la Doctoresse E.________

qui relève que B.________ a été victime d'un accident en 2004 ayant entraîné

plusieurs fractures de sa cheville et de sa hanche du côté droit et qu'il

souffre actuellement d'une sciatique en raison d'une hernie discale à gauche,

de sorte qu'il ne peut plus travailler à 100% depuis son accident. La

doctoresse précise que son patient ayant eu son accident en Syrie, son cas n'est

pas pris en charge par l'assurance accident. Elle ajoute qu'elle a initié une

demande AI afin que B.________ puisse exercer une activité adaptée.

Dans sa réponse du 12 novembre 2019, le SPOP a

indiqué qu'il maintenait sa décision.

Les recourants n'ont pas déposé de réplique ni

requis d'autres mesures d'instruction dans le délai qui leur était imparti au

13 décembre 2019.

E.

Le juge instructeur a octroyé le 1er novembre 2019

l'assistance judiciaire dès le 1er octobre 2019, comprenant

l'exonération des frais judiciaires et des avances.

Considérants

1.

Déposé en temps utile et selon les formes prescrites par la loi vaudoise

du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD, BLV 173.36; cf.

art. 75, 79, 95 et 99 LPA-VD), le recours est recevable, de sorte qu'il y a

lieu d'entrer en matière sur le fond.

2.

Les recourants contestent le refus de l'autorité intimée de leur délivrer

des autorisations de séjour, respectivement d'établissement, par regroupement

familial, en faisant valoir que cette décision viole l'art. 8 CEDH.

a) Les conditions d'octroi d'une autorisation de

séjour au conjoint et aux enfants étrangers du titulaire d'une autorisation

d'établissement sont réglées à l'art. 43 LEI. Dans sa teneur en vigueur

jusqu'au 31 décembre 2018 (applicable en l'espèce, la décision attaquée ayant

été rendue suite à la demande formulée le 12 juin 2017 par la recourante

d'obtenir une autorisation de séjour par regroupement familial et à son mariage

qui a eu lieu le 28 novembre 2018, soit antérieurement à l'entrée en vigueur de

la LEI; cf. art. 126 al. 1 LEI), l'art. 43 LEI dispose que le conjoint étranger

du titulaire d'une autorisation d'établissement a droit à l'octroi d'une

autorisation de séjour et à la prolongation de sa durée de validité, à

condition de vivre en ménage commun avec lui (al. 1); les enfants de

moins de 12 ans ont droit à l'octroi d'une autorisation d'établissement (al. 3).

L'art. 51 al. 2 let. b LEI précise toutefois que les

droits prévus à l'art. 43 LEI s'éteignent s'il existe des motifs de révocation

au sens de l'art. 62 al. 1 LEI. Selon cette dernière disposition, l'autorité

compétente peut révoquer une autorisation, à l'exception de l'autorisation

d'établissement, notamment si l'étranger lui-même ou une personne dont il a la

charge dépend de l'aide sociale (let. e).

L'art. 43 al. 1 let d LEI, dans sa teneur actuelle,

dispose quant à lui que le conjoint étranger du titulaire d’une autorisation

d’établissement ainsi que ses enfants célibataires étrangers de moins de 18 ans

ont droit à l’octroi d’une autorisation de séjour et à la prolongation de sa

durée de validité, à condition qu'ils ne dépendent pas de l'aide sociale.

Il apparaît ainsi que tant l'ancien que le nouveau

droit posent comme condition à l'octroi de l'autorisation de séjour l'absence

de dépendance à l'aide sociale.

Selon la jurisprudence, il faut qu'il existe un

risque concret de dépendance à l'aide sociale, de simples préoccupations

financières ne suffisant pas. Pour évaluer ce risque, il sied non seulement de

tenir compte des circonstances actuelles, mais aussi de considérer l'évolution

financière probable à plus long terme compte tenu des capacités financières de

tous les membres de la famille. Une révocation entre en considération

lorsqu'une personne a reçu des aides financières élevées et qu'on ne peut

envisager qu'elle puisse pourvoir à son entretien dans le futur. L'art. 62 al.

1.

let. e LEI ne prévoit toutefois pas que la personne dont il est question de

révoquer l'autorisation de séjour dépende "durablement et dans une

large mesure" de l'aide sociale, au contraire de l'art. 63 al. 1 let.

c LEI s'agissant de la révocation de l'autorisation d'établissement (arrêts du TF

2C_923/2017 du 3 juillet 2018 consid. 4.2;2C_547/2017 du 12 décembre 2017

consid. 3.1).

La révocation respectivement le refus d'octroi de

l'autorisation de séjour ne se justifie que si la pesée des intérêts à

effectuer fait apparaître la mesure comme proportionnée aux circonstances (cf.

art. 96 LEI; ATF 135 II 377 consid. 4.3; TF 2C_265/2011 du 27 septembre 2011

consid. 6.1; CDAP PE.2015.0152 du 13 juin 2016; PE.2015.0373 du 8 février

2016). Les autorités compétentes doivent notamment prendre en compte, en

exerçant leur pouvoir d'appréciation, des intérêts publics, de la situation

personnelle de l'étranger, ainsi que son degré d'intégration (ATF 135 II 377

consid. 4.3).

b) En l'occurrence, il apparaît que les recourants

dépendent de l'aide sociale depuis de nombreuses années et qu'en septembre

2019, le montant des prestations versées s'élevait à 196'981 francs. Le 1er

avril 2019, la recourante a certes indiqué au SPOP qu'elle comptait

entreprendre une formation dans le domaine de la santé dès qu'elle aurait

arrêté d'allaiter son fils, né en juillet 2018, ce qui lui permettrait de

trouver un travail. Dans son acte de recours déposé le 1er octobre

2019, elle n'a toutefois pas fait valoir qu'elle aurait entrepris des démarches

concrètes pour entamer une formation et/ou trouver un emploi. Quant au

recourant, il relève qu'il ne peut pas exercer son activité professionnelle

actuelle à plus de 40% en raison de ses problèmes physiques et que son médecin

généraliste a déposé pour lui une demande de mesures de reclassement

professionnel auprès de l'Office AI. Rien n'indique toutefois que cette

démarche serait sur le point d'aboutir et qu'elle permettrait aux recourants

d'acquérir leur indépendance financière dans un avenir proche.

Aucun élément figurant au dossier ne permet ainsi de

penser que la situation actuelle devrait se modifier prochainement. Il en

découle qu'il existe un risque important que les recourants continuent à

dépendre de l'aide sociale.

Les recourants ont certes un intérêt privé important

à ce qu'ils puissent demeurer en Suisse ensemble avec leurs deux enfants

communs. Le droit de présence en Suisse de la recourante et des enfants n'est

toutefois pas remis en question par la décision entreprise puisqu'ils se sont vus

tous les trois accorder le statut de réfugié, précisément pour préserver

l'unité de la famille. Par ailleurs, les recourants ont toujours la faculté de

présenter une nouvelle demande d'autorisation de séjour, respectivement

d'établissement, lorsque le motif ayant conduit au refus aura disparu, c'est à

dire s'ils acquièrent une certaine indépendance financière.

Dans ces circonstances, l'autorité intimée n'a pas

violé le droit fédéral en refusant à la recourante et à ses enfants des

autorisations par regroupement familial fondées sur l'art. 43 LEI.

c) Les recourants estiment que la

décision attaquée viole l'art. 8 CEDH qui garantit le respect de la vie familiale.

Pour que cette garantie puisse être

invoquée, il faut toutefois être en présence d'une mesure étatique

d'éloignement qui aboutit à la séparation des membres d'une famille, ce

qui n’est pas le cas en l'espèce, la recourante et ses enfants pouvant

continuer à demeurer en Suisse au bénéfice de leur permis F (TF 2C_689/2017 du

1er février 2018;2C_916/2017 du 30 octobre 2017 et les réf.cit;

PE.2017.0018 du 16 mai 2017).

3.

Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la

confirmation de la décision attaquée.

Les frais de justice, arrêtés à 600 francs (art. 4

al. 1 du tarif des frais judiciaires et des dépens en matière administrative du

28.

avril 2015 [TFJDA; BLV 173.36.5.1]), devraient en principe être supportés

par les recourants, qui succombent (art. 49 al. 1 LPA-VD). Les recourants ayant

été mis au bénéfice de l'assistance judiciaire par décision du 1er

novembre 2019, ces frais seront toutefois laissés à la charge de l'Etat (art.

122.

al. 1 let. b du code de procédure civile du 19 décembre 2008 [CPC; RS 272],

applicable par renvoi de l'art. 18 al. 5 LPA-VD). Les recourants sont rendus

attentifs au fait qu'ils sont tenus de rembourser le montant ainsi avancé dès

qu'ils sont en mesure de le faire (art. 123 al. 1 CPC). Il incombe au Service

juridique et législatif de fixer les modalités de ce remboursement (art. 5 RAJ).

Vu le sort du recours, il n'est pas alloué de dépens

(art. 55 al. 1 et 56 al. 3 LPA-VD).

Par

ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.

Le recours est rejeté.

II.

La décision du Service de la population du 2 septembre 2019 est

confirmée.

III.

Les frais judiciaires, arrêtés à 600 (six cents) francs, sont laissés à

la charge de l'Etat.

IV.

Les bénéficiaires de l'assistance judiciaire sont, dans la mesure de

l'art. 123 CPC applicable par renvoi de l'art. 18 al. 5 LPA-VD, tenus au

remboursement des frais de justice laissés à la charge de l'Etat.

V.

Il n'est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 28 avril 2020

Le

président: La

greffière:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de

l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu’au Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM).

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa

notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000

Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des

articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS

173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss

LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.

Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.

Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,

pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la

décision attaquée.

Related decisions