00.3133 · Recommandation · 2000-03-23
Département de l'économie, de la formation et de la recherche
Transmis au Conseil fédéral
Wortlaut
Je demande au Conseil fédéral de repenser en profondeur l'organisation et le fonctionnement tant des domaines de l'emploi que de la formation et d'élaborer une politique nationale, fondée sur l'analyse stratégique des défis à relever, liés notamment à l'évolution exponentielle des nouvelles technologies de l'information et de la communication, de la concurrence mondiale et des progrès de la recherche.
- Je demande au Conseil fédéral la mise en réseau des partenaires de l'emploi et de la formation par la création d'un pôle "Emploi/Formation".
- À cet effet, je demande au Conseil fédéral de mettre sur pied un groupement de l'emploi et de la formation qui soit le pendant, au Département fédéral de l'économie (DFE), du Groupement de la science et de la recherche au Département fédéral de l'intérieur.
- Je demande au Conseil fédéral de créer un observatoire susceptible de procéder à une étude des métiers du futur et de forger une politique cohérente en la matière.
Begründung
Le morcellement institutionnel actuel du domaine de l'emploi et de la formation au DFE est le produit de l'éclatement de l'ex-Ofiamt :
Le marché du travail, les offices régionaux de placement (ORP) et la formation des demandeurs d'emploi sont du ressort de la Direction du travail au SECO.
La formation professionnelle, les HES et l'orientation scolaire et professionnelle sont du ressort de l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie au DFE.
Les études du marché du travail sont intégrées dans le domaine de prestations "Analyses et politiques économiques" au SECO.
Cet éclatement empêche la concertation entre l'économie, les services de l'emploi, de la formation professionnelle. Il ne permet pas d'anticiper les besoins futurs de l'économie, ni de développer des visions novatrices fixant les grands axes de la formation future. Or, nous avons suffisamment d'exemples parmi les pays qui nous entourent pour démontrer que le succès de l'innovation, de la création d'entreprises et d'emplois dépend de manière prépondérante d'une étroite corrélation entre le tissu économique, la politique de formation et la politique de l'emploi. Faute de visions à moyen et long terme, toute conduite d'un processus intégré de l'orientation, de la formation et du placement, et toute anticipation de pénurie - telle que nous la connaissons actuellement dans le domaine de l'informatique - paraissent aléatoires.
Ce manque d'anticipation nous a également contraints d'improviser une politique de formation des demandeurs d'emploi coûteuse et peu efficace. L'existence depuis un an de l'Observatoire romand et tessinois de l'emploi illustre l'importance d'un organisme capable d'études prospectives. Son analyse a permis de mieux cerner les dysfonctionnements du marché de l'emploi, par exemple dans l'hôtellerie-restauration, expliquant pourquoi il y a des chômeurs dans ces branches pourtant avides de main-d'oeuvre.
Nous ne sentons pas vraiment de souffle visant à valoriser la voie professionnelle et les HES de manière à offrir aux jeunes et à nos entreprises une formation équivalente, mais spécifique à la voie académique.
La formation continue est un des grands enjeux d'une société du savoir, permettant, grâce notamment aux systèmes modulaires et à la reconnaissance des acquis, d'élever le niveau de connaissance de notre population. Nous devons, en ce domaine aussi, avoir une politique visionnaire, coordonner les efforts et exiger l'excellence.
Antrag des Bundesrates
Le Conseil fédéral propose de transformer la recommandation en postulat.
Stellungnahme des Bundesrates
En 1998, dans le cadre de la réforme du Gouvernement et de l'administration, la Division formation professionnelle a été séparée de l'ex-Office fédéral du développement économique et de l'emploi et réunie à la plupart des services de l'ex-Office fédéral des questions conjoncturelles pour former le nouvel Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT).
Dans l'administration fédérale, il existe de nombreux points de contact où les tâches de différents services se recoupent. Citons comme exemples : le marché du travail primaire et secondaire (SECO/OFAS), la promotion régionale et l'encouragement de la technologie (SECO/OFFT), l'emploi et l'immigration (SECO/OFE), la formation professionnelle et la formation universitaire (OFFT/GSR, OFES), l'économie domestique et l'économie extérieure (DFAE/DFE, Bureau de l'intégration) et - comme le dit très justement l'auteur de l'intervention - l'emploi et la formation (SECO/OFFT).
Le Conseil fédéral et l'administration doivent veiller en permanence à garantir pour ces points de contact une collaboration efficace entre les différents services concernés. Cette collaboration peut revêtir la forme d'une division des tâches. Pour valoriser la formation professionnelle - un objectif que le Parlement a d'ailleurs appelé de ses voeux -, le Conseil fédéral a décidé en 1998 d'organiser une telle division des tâches pour les domaines de l'emploi et de la formation.
Compte tenu du lien étroit existant entre l'emploi et la formation, le DFE étudie en ce moment des solutions pour renforcer davantage encore la collaboration au niveau fédéral. L'idée principale est la création d'un organe de coordination pour le SECO, l'OFFT et l'OFE, qui permettrait une meilleure gestion des projets en cours (Forum Formation continue, groupe de travail "Forecastsystem Beschäftigung und Bildung", etc.).
Le Conseil fédéral propose de transformer la recommandation en postulat.