20.489 · Initiative parlementaire · 2020-12-16
Parlement
Liquidé
Wortlaut
Conformément à l'art. 1 de la loi fédérale du 12 décembre 2014 interdisant les groupes "Al-Qaïda" et "État islamique" et les organisations apparentées, les groupes suivants sont interdits :
a. le groupe "Al-Qaïda";
b. le groupe "État islamique";
c. les groupes de couverture, ceux qui émanent du groupe "Al-Qaïda" ou du groupe "État islamique" et les organisations et groupes dont les dirigeants, les buts et les moyens sont identiques à ceux du groupe "Al-Qaïda" ou du groupe "État islamique" ou qui agissent sur son ordre.
La présente initiative propose d'ajouter 2 lettres à cette énumération :
d. le Conseil central islamique suisse (CCIS) ;
e. l'Association des savants musulmans (ASM).
Begründung
Le Tribunal pénal fédéral (TPF) a récemment condamné Nicolas Blancho, président du Conseil central islamique suisse (CCIS) et Qaasim Illi, responsable des relations publiques du CCIS, respectivement à 15 et à 18 mois de détention avec sursis, pour propagande interdite en faveur d'Al-Quaïda et d'autres organisations extrémistes. Il leur était reproché d'avoir rencontré et interviewé Abdallah Al-Muhaysini, dirigeant de l'organisation faîtière Jaysh al-Fath, à laquelle le Front al-Nosra est également affilié. Ce dernier est la branche syrienne d'Al-Qaïda. La rencontre et l'interview ont été filmées en Syrie en 2015.
Internet est une mine d'informations sur des enquêtes et des événements qui ont un lien avec la Suisse.
Par exemple, les noms de deux membres de la famille al-Thani sont cités dans des enquêtes et des affaires judiciaires occidentales. Il s'agit de deux frères de l'actuel émir Tamim Bin Hamad Bin Khalifa al-Thani. Le premier, Fahad Bin Hamad Bin Khalifa al-Thani, dont les penchants salafistes sont un secret de polichinelle connu de toutes les chancelleries occidentales, est cité dans une enquête ciblant une association qui finance une médersa (école coranique) radicale au Pakistan. Quant au second, Khalid Bin Hamad Bin Khalifa al-Thani, il fait l'objet d'une plainte fédérale aux États-Unis, depuis le 23 juillet dernier, pour avoir commandité un meurtre visant deux citoyens américains.
Le quatrième membre de la famille princière, suspecté de financement du terrorisme est Abdulaziz Abdulrahman al-Thani. Personnage clé des " oeuvres caritatives " qataries, il a été successivement le PDG de la fondation Qatar Charity, du Qatari Royal Family Council et du Qatari Joint Committee for Relief. Il préside actuellement deux associations islamiques en Suisse, Qoranona et Aziz Aid, codirigées par Nicolas Blancho, un islamiste converti Suisse très controversé, qualifié par la presse suisse d'" islamiste le plus dangereux du pays " et surnommé le " Ben Laden de Bienne ".
Blancho a mis en place deux associations suisses, qui servent de parachutes, à travers lesquels Qoranona et Aziz Aid apportent un soutien financier à des réseaux salafistes. Il s'agit du CCIS) et de l'ASM').
Or, le secrétaire général du CCIS, le qatari Ali Bin Abdullah al-Suwaidi, figure sur la liste noire américaine des personnalités finançant le terrorisme, en raison de son soutien financier à Al-Qaïda. Le président de l'ASM, Abdulmohsen al-Mutairi (Blancho n'en est que le secrétaire général), a lui aussi été inscrit par le Trésor américain, en décembre 2016, sur la liste des personnalités finançant le terrorisme. Il en est de même pour Abdel Wahab al-Homaiqani, membre la direction de l'ASM, épinglé pour avoir fourni du soutien logistique à Al-Qaïda au Yémen (AQPA). Et Shefqet Krasniqi, un cadre du WSA, a été condamné au Kosovo, en février 2017, pour financement du terrorisme et évasion fiscale.
Ces faits et ces enquêtes internationales démontrent que le CCIS et l'ASM représentent un danger pour la sécurité publique et qu'il convient de les ajouter à la liste des organisations interdites.