22.3033 · Motion · 2022-02-28
Département de la défense, de la protection de la population et des sports
Liquidé
Wortlaut
La guerre en Ukraine marque un tournant dans la politique de sécurité en Europe. Dans un contexte où la menace s'accentue, le Conseil fédéral est chargé de faire ce qui suit :
1. augmenter immédiatement et de façon substantielle les dépenses consacrées à la défense (à 1 % au moins du PIB, soit 7 milliards de francs par année).
2. augmenter la performance de l'armée. Ce qui va de pair avec une augmentation aussi rapide que possible de l'effectif de l'armée, qui doit passer à 120 000 militaires. L'effectif réglementaire doit continuer d'augmenter à moyen terme. Les ressources nécessaires doivent être mises à disposition.
3. acheter au plus vite l'avion de combat F-35 qui a fait l'objet d'une évaluation.
4. garantir la capacité d'engagement de l'armée.
Begründung
L'Europe est en guerre. L'intervention militaire de la Russie en Ukraine marquera un tournant dans l'histoire européenne. La renaissance de la politique de puissance est installée en Europe, de sorte que les menaces perçues comme vagues auparavant se sont accentuées. La situation est d'une clarté tragique : il n'y a plus de dividendes de la paix en Europe. Il faut donc maintenant tirer les bonnes conclusions pour pouvoir représenter la neutralité armée en restant crédible et défendre la population suisse. Ce faisant, on pourra également contribuer à la liberté en Europe.
Notre engagement à rester neutre interdit à la Suisse de participer à des alliances militaires (par ex. OTAN). Il s'agit là de la voie suisse, qui a été la bonne par le passé et qui le restera à l'avenir. Mais rester à l'écart a un prix : la Suisse doit être capable de se défendre par ses propres moyens. Si les membres d'une alliance consacrent 2 % de leur PIB pour se protéger, la Suisse doit dépenser au moins 1 % du sien, sinon plus.
Mais augmenter les finances n'est pas suffisant : le rapport Avenir des forces terrestres préconise d'augmenter l'effectif des troupes au sol à 120 000 militaires. L'armée sera ainsi prête à relever les défis qui l'attendent, car les dividendes de la paix ont fait baisser régulièrement les ressources humaines (et matérielles) de l'armée qui ne compte aujourd'hui plus qu'un effectif réglementaire de 100 000 personnes. L'augmentation de l'effectif de la troupe et la modernisation du matériel doivent tenir suffisament compte des exigences en matière de capacité de défense en cas de guerre conventionnelle. Les conflits modernes exigent toutefois également une défense dans le quatrième théâtre d'opérations qu'est le cyberespace. Il faut par conséquent accorder une priorité élevée à la mise en place et au développement des cybercapacités suisses. La pandémie nous a appris, qu'il y a souvent un fossé entre la préparation en théorie et en pratique. Il faut que l'armée soit régulièrement exercée pour que cette expérience pandémique reste un cas isolé regrettable. C'est la seule façon de trouver et de corriger les erreurs dans les processus. On pourrait ainsi par exemple envisager de vérifier la capacité de défense réelle de l'armée au moyen d'un exercice de mobilisation.