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Message relatif à la modification de la loi fédérale concernant l'amélioration du logement dans les régions de montagne

05.064

Message relatif à la modification de la loi fédérale concernant l’amélioration du logement dans les régions de montagne

du 17 août 2005

Madame la Présidente, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Nous vous soumettons par le présent message un projet de modification de la loi fédérale concernant l’amélioration du logement dans les régions de montagne en vous demandant de l’approuver. Nous vous proposons également de classer l’inter- vention parlementaire suivante:

2004 M 04.3227 Assainissement des logements dans les régions de montagne

(N 05.05.04, Imfeld)

Nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, l’assurance de notre haute considération.

17 août 2005 Au nom du Conseil fédéral suisse: Le président de la Confédération, Samuel Schmid La chancelière de la Confédération, Annemarie Huber-Hotz

2005-1300 4973

Message

1 Présentation de l’objet

1.1 Contexte

Le Parlement a adopté la loi fédérale concernant l’amélioration du logement dans les régions de montagne (LALM; RS 844) le 20 mars 1970. Lors de la dernière révision de cette loi, le 15 décembre 2000, il a prolongé la période d’octroi des aides finan- cières jusqu’au 31 décembre 2005. La Confédération et les cantons, et, parfois, des communes et des tiers, versent des aides financières sur la base de la LALM. La Confédération n’intervient qu’à titre subsidiaire, afin de soutenir les efforts des cantons pour améliorer les conditions de logement dans les régions de montagne. Le montant de l’aide fédérale dépend de la capacité financière des cantons. Du 1er janvier 1971 (date d’entrée en vigueur de la loi) au 31 décembre 2004, 469,5 millions de francs en tout ont été alloués pour subventionner 24 050 logements. De 1990 à fin 2004, 8838 logements ont bénéficié de cette aide, pour un montant de 204,2 millions de francs. La participation de la Confédération aux aides financières accordées durant cette période s’élève à la moitié du montant total (voir graphiques 1, 2 et 3 en annexe). Les aides financières destinées à l’amélioration du logement dans les régions de montagne sont octroyées dans le cadre d’un crédit annuel d’engagement. De 1997 à 2000, tant le crédit d’engagement que le crédit de paiement ont été réduits chaque année. En 2000, ils s’élevaient respectivement à 5 millions et 9 millions de francs. En 2001, le crédit d’engagement a été relevé à 8 millions de francs environ. En 2002, 9,9 millions de francs ont été alloués. En 2003, les engagements ont représenté quelque 9,4 millions et en 2004 environ 9,3 millions (voir graphiques 4 et 5 en annexe). Les engagements ouverts étaient d’environ 15 millions de francs le 31 décembre

2004. Il faut y ajouter le crédit d’engagement pour 2005, qui se monte à quelque

10 millions de francs. Il est prévu de verser ces 25 millions de francs entre 2005 et 2007. A cet effet, 9 millions de francs sont inscrits dans les comptes 2005 ainsi qu’au budget 2006. Le plan financier prévoit 7 millions de francs pour 2007. La LALM constitue un ensemble de mesures efficaces en faveur de la population des régions de montagne, telle est la conclusion d’une évaluation achevée en 1998. Elle atteint son groupe cible: des ménages à revenu modeste, en majorité de grande taille, actifs pour la plupart dans le secteur agricole. En encourageant les rénovations et la construction de nouvelles habitations en remplacement des anciennes, elle améliore considérablement la qualité du logement dans ces régions. Elle contribue de cette manière à freiner l’exode de la population montagnarde vers les vallées et à assurer une occupation décentralisée du territoire. L’aide accordée donne également des impulsions économiques sur le plan régional. Les rénovations donnent très opportunément du travail aux artisans et aux commerçants locaux. Le besoin en rénovation de logements est estimé à 900 unités par an.

1.2 Motifs de la modification de loi

Le délai d’octroi des aides financières expire le 31 décembre 2005. Or, il est prévu de déléguer cette tâche aux cantons au titre de la réforme de la péréquation finan- cière et de la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons (RPT). En conséquence, le Conseil fédéral voulait, dès 2000, renoncer à proroger la LALM. Cependant, les motions déposées le 31 août 1999 par le conseiller national Fritz Abraham Oehrli, la conseillère nationale Milli Wittenwiler et le conseiller aux Etats Theo Maissen, et transmises par les Chambres fédérales, exigeaient la prolongation de l’aide fédérale jusqu’à l’entrée en vigueur de la RTP. Le Conseil fédéral a donc proposé, dans son message du 6 septembre 2000, de proroger la compétence en matière d’octroi d’aides financières jusqu’à l’entrée en vigueur de la RPT, mais au plus tard jusqu’au 31 décembre 2005. Le Parlement a approuvé cette proposition le 15 décembre 20001. Une modification de l’art. 21 a donc permis de verser les aides financières jusqu’à la fin de 2005. Le peuple et les cantons ont accepté la RPT le 28 novembre 2004. Celle-ci devrait entrer en vigueur selon les prévisions actuelles le 1er janvier 2008. En réponse à une motion Imfeld transmise par les Chambres fédérales, le Conseil fédéral propose, par le présent message, de continuer à verser des aides financières jusqu’à l’entrée en vigueur de l’arrêté fédéral du 3 octobre 2003 concernant la réforme de la péréqua- tion financière et de la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons2. Les crédits nécessaires devront être pris sur des économies faites dans d’autres domaines du Département fédéral de l’économie. Rien ne change à la conception actuelle de la loi.

1.3 Procédure de consultation

Le 10 juin 2005, le Conseil fédéral a renoncé à une procédure de consultation.

2 Commentaire

La révision porte uniquement sur l’art. 21 de la loi, dont la nouvelle teneur est la suivante: «Les aides financières accordées en vertu de la présente loi peuvent être allouées jusqu’à l’entrée en vigueur de l’arrêté fédéral du 3 octobre 2003 concernant la réforme de la péréquation financière et de la répartition des tâches entre la Confé- dération et les cantons.» Le volume de subventions a été fortement réduit à partir du milieu des années 90 dans la perspective du transfert de l’aide aux cantons. Les aides financières ne pourront être prolongées qu’à un niveau réduit. Il est prévu de rénover entre 200 et 250 logements chaque année. Ce chiffre couvre à peine les besoins les plus urgents.

3 Conséquences

3.1 Conséquences pour les finances et le personnel

3.1.1 Pour la Confédération

Pour 200 à 250 logements subventionnés par an, le Conseil fédéral prévoit des crédits annuels d’engagement de 4 millions de francs environ. L’Office fédéral du logement a réduit à moins d’un poste l’effectif affecté au traite- ment des aides financières accordées en vertu de la LALM. Aucune augmentation n’est nécessaire pour poursuivre l’octroi des aides financières prévues par la LALM.

3.1.2 Pour les cantons

Le versement de l’aide fédérale est lié à une contribution financière des cantons. Plus les cantons recourent à l’aide fédérale, plus leur participation est élevée, en fonction de leur capacité financière.

3.2 Conséquences économiques

La LALM, en tant qu’instrument de la politique régionale, bénéficie principalement aux personnes actives dans le secteur agricole. Elle permet d’améliorer les condi- tions de vie des bénéficiaires, dont le revenu est modeste, dans une mesure qui peut être déterminante pour leur bien-être personnel. Elle génère également des investis- sements non négligeables à l’échelle locale, dont profitent d’abord les artisans et commerçants locaux. Pourtant, en raison du faible volume de l’aide fédérale et de sa durée limitée, il ne faut pas en attendre un impact économique global. D’après l’évaluation de 1998, l’exécution de ces mesures est simple et efficace et demande peu de réglementation. Il est possible de s’adapter aux particularités régionales et aux besoins des bénéficiaires. En conséquence, il n’y a rien lieu de changer. On n’a donc pas examiné d’autre modèle de subventionnement, d’autant plus que les cantons auront la pleine responsabilité de cette tâche après l’entrée en vigueur de la RPT.

4 Programme de la législature

Le projet n’est pas annoncé dans le Rapport sur le Programme de la législature

2003 à 20073 . Le présent message répond cependant au mandat donné au Conseil

fédéral par la motion Imfeld.

5 Compatibilité avec le droit européen

Dans l’Union européenne, la législation sur le logement relève de la compétence nationale. Le projet ne présente donc pas d’incompatibilités avec le droit européen.

3 FF 2004 1035

6 Base juridique

La loi fédérale, y compris l’article modifié, se base sur l’art. 108 de la Constitution, selon lequel la Confédération encourage la construction de logements ainsi que l’acquisition d’appartements et de maisons familiales destinés à l’usage personnel de particuliers et les activités des maîtres d’ouvrage et des organisations œuvrant à la construction de logements d’utilité publique, en prenant notamment en considération les intérêts des familles et des personnes âgées, handicapées ou dans le besoin.

Annexe

Graphique 1

Taux de participation de la Confédération, des cantons, des communes et des tiers aux aides financières accordées de 1990 à 2004

7% 8% Confédération

Cantons

Communes

35% 50%

Tiers

Graphique 2

Répartition entre les cantons des aides financières versées par la Confédération de 1990 à 2004

Fr. 35 000 000

Fr. 30 000 000

Fr. 25 000 000

Fr. 20 000 000

Fr. 15 000 000

Fr. 10 000 000

Fr. 5 000 000

Fr. 0 AI TG TI ZG ZH AG AR BE BL FR GL GR JU LU NE NW OW SG SO SZ UR VD VS

4980 0 200 400 600 800 1'000 1'200 1'400 1'600 1'800 2'000

AG Fr. 0 Fr. 5'000'000 Fr. 10'000'000 Fr. 15'000'000 Fr. 20'000'000 Fr. 25'000'000

1970 Fr.3'997'781 AI

1971 Fr.7'499'024

AR

1972 Fr.7'995'625

1973 Fr.8'998'747 BE

1974 Fr.9'000'041

Fr.10'846'285 BL

1976 Fr.11'999'811

FR

1977 Fr.12'998'936

1978 Fr.12'500'428 GL

1979 Fr.14'999'653

GR

1980 Fr.12'150'388

1981 Fr.15'002'289 JU

1982 Fr.15'001'253

1983 Fr.19'927'368 LU

1984 Fr.14'001'816

NE

1985 Fr.13'999'590

1986 Fr.18'749'061 NW

1987 Fr.17'983'987

OW

1988 Fr.20'699'702

1989 Fr.20'899'744 SG

1990 Fr.20'899'617

Nombre de logements subventionnés de 1990 à 2004

1991 Fr.20'900'016 SO

1992 Fr.21'996'764

SZ

1993 Fr.22'000'000

1994 Fr.18'507'701 TG

1995 Fr.17'514'713

TI

1996 Fr.17'621'907

1997 Fr.12'986'987 UR

Crédits annuels d’engagement de la Confédération de 1971 à 2004

1998 Fr.4'998'769

1999 Fr.4'994'081 VD

2000 Fr.4'999'770

VS

2001 Fr.7'999'211

2002 Fr.9'999'887 ZG

2003 Fr.9'424'935

ZH

2004 Fr.9'336'525 Graphique 4 Graphique 3

Fr. 5'000'000 Fr. 0 Fr. 10'000'000 Fr. 15'000'000 Fr. 20'000'000 Fr. 25'000'000

1970 Fr. 2'272'794

1971 Fr. 3'498'406

1972 Fr. 5'499'982

1973 Fr. 6'999'958

1974 Fr. 8'033'571

1975 Fr. 7'956'607

1976 Fr. 10'211'757

1977 Fr. 12'439'130

1978 Fr. 10'203'760

1979 Fr. 12'096'939

1980 Fr. 13'293'623

1981 Fr. 12'746'479

1982 Fr. 13'300'057

1983 Fr. 13'873'405

1984 Fr. 16'045'630

1985 Fr. 15'111'077

1986 Fr. 13'713'600

1987 Fr. 15'242'011

1988 Fr. 18'134'591

1989 Fr. 16'800'092

Crédits de paiement de la Confédération de 1971 à 2004

1990 Fr. 20'000'016

1991 Fr. 20'000'087

1992 Fr. 21'000'049

1993 Fr. 23'499'899

1994 Fr. 20'000'008

1995 Fr. 18'999'740

1996 Fr. 18'000'040

1997 Fr. 15'500'095

1998 Fr. 16'598'723

1999 Fr. 6'620'250

2000 Fr. 7'530'219

2001 Fr. 6'292'047

2002 Fr. 6'799'614

2003 Fr. 8'017'834

2004 Fr. 8'304'611

Graphique 5