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Moutons et pâturages secs

BAFU 3-LXH7KYGVES · Office fédéral de l’environnement (OFEV)

Del 8 apr 2009

https://lexipedia.io/it/docs/ch/bafu-ofev-ufam/3-lxh7kygves/fr/moutons-et-paturages-secs

Consultato il 1 set 2026

  1. Documenti
  2. Confederazione
  3. Ufficio federale dell’ambiente (UFAM)
Fonte

Moutons et pâturages secs

> L'environnement pratique > Biotopes

Prairies et pâturages secs Moutons et pâturages secs Les terrains reculés et en forte pente sont de plus en plus utilisés comme pâturages à moutons. Cette pratique sur des pâturages secs est-elle conforme aux objectifs de protection et quelles en sont les limites ? Trop exigeant pour la fauche, trop en pente pour des bovins…

Contexte et défis pacage à moutons gagne à nouveau en Le pacage de moutons a une longue importance pour des raisons pratiques. tradition en Suisse. En effet, des moutons Les clôtures modernes permettent une gardés par un berger parcouraient jadis pâture flexible et complète de petites de vastes espaces en peu de temps. surfaces à topographie variable – la Plus tard, cette pâture très extensive a réduction du temps consacré à la pose été remplacée par la fauche ou le pacage des clôtures permet de rapprocher les de bovins. Aujourd’hui, la pâture avec passages. Il en découle le risque d’une des moutons est à nouveau davantage utilisation maximale des repousses, pratiquée sur des surfaces marginales entraînant un appauvrissement des sur- et en forte pente. En conditions compa- faces riches en espèces telles que les rables, les pâturages à moutons sont plus milieux secs. Dans tous les cas, la gestion pauvres en espèces que les pâturages du pâturage, l’expérience et la sensibilité à bovins. Dans les régions sèches à sols des exploitant(e)s sont primordiales. superficiels, les pâturages à moutons peuvent pourtant présenter une valeur La plupart des cantons sont réticents à faunistique et floristique importante. Les conclure des contrats pour des pâturaconditions sont particulièrement bonnes ges à moutons. Les objets de l’inventaidans les régions qui reçoivent peu de re des prairies et pâturages secs (PPS) précipitations comme le Valais par exem- doivent être exploités conformément ple. La poursuite d’une pâture extensive aux objectifs de protection. adaptée et généralement exigeante en La conclusion d’un contrat ne peut être main-d’œuvre n’est souvent pas assurée envisagée que si cette condition est par manque d’un successeur intéressé. remplie. Dans tous les cas, on contac- Les pâturages s’embroussaillent. Sur des tera le service cantonal de la protection terrains plus facilement accessibles, le de la nature.

Modes de conduite du Plus il y a de rotations, mieux les repous- callune, les ronces et les ligneux. Ils se pâturage ses sont utilisées, et moins bonnes sont prêtent donc bien, comme les chèvres, à Environ la moitié des pâturages à mou- les conditions pour satisfaire les objectifs limiter l’embroussaillement. tons PPS se situent en région d’estivage, de protection liés aux PPS. où les moutons paissent sur de grandes surfaces durant plusieurs semaines. Cette pâture continue entraîne souvent une sur-pâture de la partie supérieure du pâturage tandis que la partie inférieure s’embroussaille. Une subdivision horizontale du pâturage ou l’installation des

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Beaucoup de pâturages à moutons PPS Le besoin en fourrage des animaux ainsi sont des mayens parcourus par le bétail que leurs exigences quant à la qualité du avant l’inalpe et après la désalpe. Durant fourrage sont, en principe, plus imporla longue période de non-utilisation – tants que les différences dues aux races. jusqu’à 3 mois ! – se développent une Seuls des animaux dont on n’attend ni flore et une faune diversifiées (2). fertilité élevée ni rentabilité économique

1 Dans les pâturages fauchés, les carac- devraient être réservés aux pâturages

téristiques typiques des pâturages à secs. L’orientation économique de l’exploiabreuvoirs dans la partie inférieure amé- moutons sont quelque peu effacées par la tation ainsi que la motivation écologique liorent l’utilisation régulière des surfaces. fauche. Une utilisation extensive – pâture des exploitant(e)s jouent donc ici un rôle Dans les pâturages de grande taille, les de printemps et fauche à la fin de l’été ou prépondérant. fortes pentes et les pentes plus dou- inversement – peut également engendrer ces, les cuvettes humides et les buttes des habitats riches en espèces. Sur des Pour tous les modes de conduite du séchardes sont broutées avec une inten- surfaces maigres pouvant encore être pâturage : une charge en bétail élevée sité variable (1). Ces sur- et sous-exploi- fauchées, il faudrait pourtant renoncer à la (beaucoup d’animaux par unité de surtations locales génèrent une richesse en pâture en faveur d’une utilisation uniqueface) et de longues périodes de pâture éléments structurels et en petits habitats. ment par fauche. entraînent une perte de diversité en élé- Cette hétérogénéité exige à long terme ments structurels et l’homogénéisation une gestion attentive du pâturage et un Races de la végétation. Si les périodes de nonentretien ciblé, exigeant en main-d’œuvre. Pour l’exploitation des pâturages secs, utilisation sont courtes, les conditions des moutons à viande peu exigeants pour la biodiversité et notamment la Le gardiennage avec des chiens a repris quant au fourrage sont bien adaptés : le diversité faunistique sont moins favorade l’importance. Ce mode de conduite nez noir du Valais, le mouton de l’Oberbles. Seules les plantes qui se régénèpermet de s’adapter aux différences land grison, le mouton miroir ou le roux du rent rapidement et qui résistent bien à locales et de favoriser par une pression Valais (3). Ces derniers, comme le mouton l’abroutissement peuvent survivre. Ceci de pâture différenciée la diversité en des landes de Lueneburg (Allemagne), est surtout valable pour des unités de habitats et en éléments structurels. Cha- broutent non seulement les graminées et pâture de petite taille. que pâture correspond à une rotation. autres plantes herbacées mais aussi la

Où se trouvent les pâturages à moutons PPS les plus riches en espèces ? L’inventaire des prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) recense au total 2’495 ha de pâturages à moutons d’importance nationale, représentant près de 10% de la surface totale inventoriée. Les pâturages à bovins réunissent, en comparaison, 45% de la surface totale.

La couleur indique la richesse en plantes caractéristiques PPS. Points vert foncé : faible ; points rouge foncé : grande ; points jaunes : moyenne.

• Avec près de 40% de la surface totale • Plus de 80% des pâturages à moutons • Dans les Alpes septentrionales et dans des pâturages à moutons PPS, le Valais PPS se situent au-dessus de 1000 m, le Jura (6), quelques pâturages à moureprésente le canton par excellence des la plupart en région de mayens ou tons riches en espèces peuvent être pâturages secs à moutons (4). Vien- d’estivage (1400-1800 m) (5). Ils sont observés, principalement en région nent ensuite les Alpes septentrionales presque toujours exposés au sud ou d’estivage (FR, VD, BE, GR). Ils corres- (30%) et les Grisons (20%). Le Valais et sud-ouest, les moins ensoleillés étant pondent aux types de végétation «prail’Engadine abritent aussi les pâturages généralement les moins riches. En ries maigres de montagne» et «prairies à moutons les plus riches en espèces, basse altitude, il n’existe pratiquement mésophiles» et occupent souvent des correspondant le plus souvent aux «pe- pas de pâturages secs à moutons bio- stations extrêmes dont la forte déclivité louses sèches caractéristiques». logiquement intéressants. rend difficile la pâture par des bovins.

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Pâturage sec en Valais -– Pâturage d'estivage dans les Alpes septentrionales – Pâturage mésophile du Jura

Que signifie riche en espèces ? La végétation des pâturages à moutons et à bovins Les meilleurs pâturages à moutons PPS régions biogéographiques et pour tous les correspondent dans la plupart des cas aux groupements végétaux un nombre d’espè- «pelouses sèches caractéristiques». Ces ces végétales en moyenne plus élevé que stations sont caractérisées par une forte les pâturages à moutons. pente, des sols superficiels et une exposi- Espèces-clé : les espèces-clé, c’est-à-dire tion sud. La pâture extensive par des mou- les espèces caractéristiques des milieux tons n’a donc que très peu d’impact sur secs, sont généralement plus fréquentes les milieux arides extrêmes tandis qu’elle dans les pâturages à bovins. Certaines conduit à un appauvrissement rapide de s’observent pourtant plus souvent dans les la végétation des milieux plus productifs et pâturages à moutons comme p. ex. dans 7 8 plus frais : sur des surfaces plus riches en les prairies mésophiles : la sauge des prés éléments nutritifs, p. ex. prairies à fromen- (7), l’œillet des Chartreux (8) ou l’épiaire tal, des pâturages à moutons floristique- droite (9). D’une manière générale, la presment intéressants ne sont guère possibles. sion des graminées est plus forte dans En revanche, les pâturages à bovins PPS les pâturages à moutons; les graminées se trouvent plutôt sur des surfaces plus caractéristiques sont le brome dressé (10), riches en éléments nutritifs avec des in- la fétuque ovine (11) ou le brachypode dicateurs des prairies grasses riches en penné (12). Dans les pâturages à bovins corespèces. respondants, on observe plus souvent des Nombre d’espèces de plantes : Les plantes à fleurs typiques telles que l’anthylpâturages à bovins présentent dans toutes lide, le cirse sans tige ou le plantain moyen. 9 10 Répartition des pâturages à bovins et à moutons en fonction du nombre total d'espèces. Les pâturages à bovins sont généralement plus riches en espèces que les pâturages à moutons. Distribution des objets partiels : nombre total d’espèces

% de tous les objets partiels

11 12

20 40 60 80 Nombre total d’espèces 3 Pâturages à bovins Pâturages à moutons

Comportement de pâture du mouton : impact sur la flore, les structures et la faune Les moutons ont la réputation, non sans Espèces menacées : du point de vue raison, d’être des tondeuses à gazon et de la protection de la nature, il est intédes gourmets. Ceci s’observe facilement ressant d’observer que les pâturages à lorsque la pâture est intensive, avec de bovins présentent non seulement plus courtes périodes de non-utilisation. Des d’espèces mais aussi plus d’espèces surfaces marginales et des talus clôturés de plantes menacées, notamment dans sont rapidement tondus (13). Les taches les prairies mésophiles et les peloude couleur caractéristiques comme la ses sèches caractéristiques ainsi que, 13 scabieuse, la centaurée ou la campanule de manière générale, au Tessin. Des ainsi que les espèces de trèfles jaunes orchidées telles que la nigritelle, l’orchis disparaissent du peuplement. La raison brûlé (14) ou l’orchis grenouille sont en est le comportement spécifique des plus fréquentes dans les pâturages à moutons qui, en cas de pâture intensive, bovins ; d’autres espèces caractérisa un impact durable sur la composition tiques des pelouses steppiques sont botanique. mieux représentées dans les pâturages à moutons, ce qui s’explique par une D’autre part, le mouton joue un rôle imporconcentration des pâturages à moutons 14 tant dans la dispersion des graines et justement dans ces milieux extrêmes. autres organismes piégés dans sa laine.

Broutage sélectif pâture tardive avec des moutons engen- les framboisiers se développent fortement. Plus que les bovins, les moutons sélection- dre donc souvent une végétation dominée Le nettoyage du pâturage joue dès lors un nent leurs plantes favorites et les broutent par le brachypode penné, le brome dres- rôle central. de manière ciblée. Ils préfèrent de nom- sé, le nard et la fétuque ovine, espèces breuses légumineuses telles que le trèfle qui ne sont alors plus broutées malgré la Faible poids mais petits pieds des montagnes, l’esparcette, l’anthyllide, pression de pâture. Leur faible poids permet aux moutons de l’hippocrépide à toupet mais aussi d’autres pâturer des surfaces en forte pente sans espèces indicatrices de prairies sèches Ce que le mouton n’apprécie pas pour autant endommager la couverture comme la pimprenelle ou la germandrée Les plantes à fort parfum sont systé- végétale. Une sur-pâture locale combinée petit chêne. Ce sont notamment ces plan- matiquement évitées. C’est ainsi que la au piétinement peut néanmoins engendrer tes qui constituent la nourriture de base de verveine, l’origan et le thym (15) peuvent beaucoup d’insectes. fortement dominer dans un pâturage. Des plantes toxiques ou non comestibles telles que le dompte-venin (16), le vératre, l’euphorbe et la callune sont également dédaignées et donnent au pâturage son aspect typique. Dans la strate herbacée abondent aussi plusieurs espèces de géranium, le boucage saxifrage ou le lin purgatif qui sont des espèces PPS à favoriser et qui tirent profit de la pâture par les moutons. Contrairement aux chè- 17 15 vres, la majorité des races de moutons dédaignent les plantes épineuses et des problèmes d’érosion. Le même phépiquantes. Sans entretien, les ronces et nomène peut s’observer dans les endroits Préférence pour le fourrage jeune et sous-pâturés à forte déclivité, évoluant vers tendre des friches et avec un mauvais enracine- Les moutons préfèrent le fourrage jeune. ment. A petite échelle, cette dynamique Ils évitent les graminées restées sur pied est biologiquement intéressante (17) : des et plus coriaces et cherchent, de manière plantes pionnières, des araignées et des ciblée, les feuilles tendres des plantes à insectes profitent du sol nu et des niches fleurs qui bourgeonnent plus tardivement particulières ainsi créées. Si l’érosion

ou qui repoussent. Selon la gestion du devient trop importante, la remise en état pâturage et la composition floristique, les 16 d’une couverture végétale fermée exige graminées s’étendent rapidement. Une cependant un investissement considérable.

Structures La grande majorité des pâturages secs l’églantier, l’aubépine et le sureau ou 18a (ovins et bovins) sont très peu embrous- encore de quelques massifs de ronces saillés (0-3%) ; un quart montrent un taux est très important pour la faune. Cet d’embuissonnement compris entre 3 et entretien sélectif du pâturage demande 20%. D’un point du vue faunistique, ces un grand effort ; les buts recherchés et derniers sont les plus intéressants. les dédommagements possibles devraient De nombreux pâturages d’altitude s’em- être clai-rement expliqués à l’agriculteur. broussaillent lentement, de façon à peine D’autres éléments structurels naturels ou perceptible, depuis la lisière. La partie cen- semi-naturels, tels que les blocs rocheux, trale de la plupart des pâturages fait l’objet les murgiers, les murs et les tas de brande coupes de nettoyage systématiques, ches sont colonisés par des lézards et des pratiquées à intervalle régulier. L’entretien serpents (18a). Des guêpes et des cicinse fait généralement de manière mécani- dèles spécialisées (18b) construisent leurs que, mais on utilise souvent des moyens nids dans les endroits sableux. Les cours chimiques contre les ligneux épineux. d’eau ainsi que des petites zones humides 18b Le maintien de buissons isolés tels que sont particulièrement intéressants.

Faune des pâturages à moutons L’aspect typique d’un pâturage à moutons Les chenilles de la plupart des azurés Les pâturages à moutons peuvent parfois est d’autant plus visible que le pâturage se nourrissent exclusivement de «leur» être riches en espèces animales. Plus la est productif, la période de pâture longue espèce de trèfle. La prédilection des charge en bétail est élevée, plus le pâtu- et le nombre de passages élevé. Certaines moutons pour les légumineuses peut rage est pauvre en espèces animales. De espèces de criquets, de cercopes et d’arai- donc être fatale à ces chenilles. L’azuré longues périodes de non-utilisation sont gnées profitent de la structure de la végé- zéphyr, dont une des rares populations essentielles pour la survie des insectes et tation et des pelouses riches en graminées existe en Suisse, dépend de l’astragale des araignées. Dans les pâturages peu caractéristiques de tels pâturages. Des sans tige (22). On sait aujourd’hui que productifs, riches en fleurs et en éléments satyridés largement répandus tels que le ce papillon est en voie d’extinction en structurels, la diversité faunistique est com- demi-deuil (21), les moirés ou le myrtil trou- raison d’une gestion inadaptée des parable à celle des pâturages à bovins. vent des sites de ponte même si la palette pâturages à moutons. Plusieurs espèces de nacrés et de damiers de fleurs reste modeste. Globalement, (19), p. ex. la mélitée du mélampyre, ainsi cette flore uniforme a cependant un effet que l’élégant ascalaphe et des zygènes négatif sur la diversité faunistique. Il manpeuvent être observés. Un peuplement que essentiellement du nectar et du pollen, végétal riche en thym favorise l’azuré du nourriture de base des papillons ainsi que serpolet (20) dont les chenilles se nourris- de nombreuses punaises, d’abeilles sent exclusivement de thym et de larves sauvages (24) et de syrphes. De plus, de fourmis. Des criquets comme la decti- diverses plantes-hôtes dont dépendent de celle chagrinée (23), des cicindèles et des nombreuses chenilles et larves font défaut abeilles sauvages complètent cette diver- dans les pâturages à moutons uniformes 22 sité en insectes. (cf. encadré).

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20 21 24

Gestion du pâturage La gestion du pâturage à moutons dans sont très peu productives. La repousse est délicate. La consommation rapide de l’objectif du maintien de la biodiversité est broutée de manière régulière ; la la repousse nécessite en effet une charge est plus exigeante que celle du pâturage végétation permet une certaine souplesse en bétail excessive d’un point de vue écoà bovins. Les bovins permettent une d’exploitation et peut être pâturée sur une logique. La pression de la pâture, la moutilisation plus souple, notamment grâce longue période sans risque d’envahis- bilisation des éléments nutritifs ainsi que à un comportement de pâture différent. sement par les mauvaises herbes. Plus les excréments des moutons, qui ont un Les pâturages secs à moutons les plus une surface est hétérogène, productive et impact plus important en milieu humide, riches en espèces sont toujours utilisés fraîche, plus la compatibilité entre pâture sont autant de facteurs qui nuisent à la de manière extensive. Les conditions par des moutons et protection de la nature diversité en espèces.

D’une manière générale, deux systèmes de pâture sont envisageables : Pâturages de plus grande taille (26) : Pâturages de petite taille (25) : adapter la pâturer de manière extensive avec une faipériode de pâture et la charge en bétail ble charge en bétail mais sur une longue de sorte que la repousse soit largement période. La repousse n’est pas consombroutée en peu de temps (env. 20% de mée assez rapidement, les graminées refus). La première pâture doit être préco- ne sont plus broutées et vieillissent. Les ce pour que les graminées qui mûrissent moutons se spécialisent sur les plantes rapidement soient encore consommées. à fleurs et les broutent d’une manière Ainsi les plantes à fleurs qui sont expo- ciblée. Il en résulte l’aspect typique d’un sées à l’abroutissement dès leurs pre- pâturage à moutons caractérisé par des miers stades de développement profitent 25 surfaces sur-exploitées et sous-exploide l’apport supplémentaire de lumière. tées, une dominance de graminées et de La deuxième rotation devrait s’effectuer mauvaises herbes dédaignées (27). Cette après une longue période de repos (8-14 végétation ainsi structurée et intéressante semaines selon l’altitude) pour que les pour la faune exige à long terme un bon plantes à fleurs, les insectes et autres entretien pour éviter l’envahissement par animaux puissent se développer sans être les graminées et les mauvaises herbes. dérangés. La fauche comme deuxième La conduite du pâturage devrait permettre utilisation peut être une solution (elle des refus sur les surfaces plus broutées. peut s’effectuer aussi tardivement que nécessaire et permet l’exportation des On peut périodiquement renoncer à éléments nutritifs). Des petites surfaces l’utilisation des pâturages peu producnon fauchées devraient être préservées tifs à peuplement végétal équilibré, ce pour que les petits animaux – incapables qui permet aux espèces affaiblies de à certains stades de leur développement se rétablir. Une date de première pâture de se déplacer – ne soient pas détruits variable (précoce une année, tardive 26 l’année suivante) donne également par la fauche. des résultats intéressants. La pâture d’automne doit se réaliser uniquement si la repousse est suffisante. Dans le 300 cas contraire, les rosettes de feuilles pourraient être fortement affaiblies. Charge réalisée moutons

150 Tendance

0 500 1000 1500 2000

Altitude 27

Charge réalisée en fonction de l'altitude de 9 pâturages à moutons PPS riches en espèces (tiré de Martin, M. et al. 2007). Le rendement, variable selon l'altitude, l'endroit et la saison, est déterminant. Deux pâturages de l'étude mentionnée sont décrits à la page suivante.

Foppa, Luzein, GR (Alpes septentrionales) Altitude 1320 m Surface objet partiel 1.13 ha Exposition Sud Pente 40-70% Groupement végétal Végétation mésophile Nbr. total d’espèces/ 37/27 Nbr. d’espèces caractéristiques Mode de conduite Pâturage tournant Caractéristique du pâturage : du pâturage jours en tout. Les prairies de fauche sont Végétation mésophile avec laiche des pâturées entre mi-août et fin septembre. Taille des parcelles A: 0.84 ha; B: 0.44 ha montagnes et indicateurs d’acidité sur Débroussaillement annuel pour empêcher Durée d’occupation A: dès le 15.6.: 30 jours; oct.: 15 jours pente forte ; présence de bosquets, haies la forêt et les bosquets d’avancer. B: dès le 15.7.: 15 jours; et roches affleurantes ; endroits pauvres Perspectives : avec le temps, les surfa- oct.: 15 jours en espèces et surfaces présentant des ces sont moins fauchées (investissement Charge en bétail A: 3, resp. 0.6 UGB/ ha/ refus. en temps) ; la charge va probablement passage légèrement augmenter dans le futur et les B: 3.6, resp. 0.5 UGB/ ha/ passage Utilisation : chèvres seront admises. Pâture très extensive depuis plus de 20 Charge de travail Clôtures : 15 JT/ an Entretien pâturage : 20 JT/ an ans, entre mi-juin et mi-août. Période de Appréciation : non-utilisation de 10 semaines avant la Pâturage en grande partie brouté ; charge. Dans la partie inférieure, pâturage pâture d’automne. Nettoyage du pâturage pelouse dense plutôt riche en graminées. à bovins envisageable. par secteur. Le pâturage fait partie d’un La pâture avec des moutons est adaptée Espèces rares : anthéricum à fleurs de lis. ensemble de prairies et pâturages mai- à cette surface en forte pente et riche en gres parcourus par 8 brebis durant 90 éléments structurels. Plutôt augmenter la

Les Viollards, Château-d’Oex, VD (Alpes septentrionales) Altitude 1650 m Surface objet partiel 12.9 et 12.9 ha Exposition Est Pente 30-70% Groupement végétal Végétation mésophile de montagne Nbr. total d’espèces/ 38/24 Nbr. d’espèces caractéristiques Mode de conduite Partie de l’estivage du pâturage 29a Taille des parcelles 26 ha Durée d’occupation Dès le 3 juin : 27 jours Caractéristique du pâturage : broutent essentiellement le matin et le soir. Septembre : 7 jours Végétation mésophile de montagne très Au printemps et en plein été, les moutons Charge en bétail 1 UGB/ ha/ passage riche avec espèces d’ourlet, de pelouse à paissent sur un alpage voisin. Charge de travail Environ 50 JT pour seslérie et de pelouse à laiche ferrugineu- Perspectives : actuellement pas de l’ensemble de l’alpage se. Forte pression des graminées (fétuque débroussaillement ; sans entretien régulier rouge) par endroits ; pauvre en éléments les parties inférieures vont progressivestructurels, embroussaillement en bordure ment se fermer. L’avenir du pâturage reste uniquement, sol nu par endroits. incertain car il n’y a pas de successeur.

Utilisation : Appréciation : La parcelle fait partie d’un alpage pâturé La pâture ovine de cet alpage en forte 29b depuis 30 ans par 300 brebis et agneaux pente est justifiée. La gestion extensive (Charollais) durant le mois de juin. Les permet le maintien d’une grande diversité ture, les parties inférieures du pâturage se reposoirs et l’abreuvoir se situent à l’ex- floristique. Il est par ailleurs difficile de fermeraient. térieur du pâturage PPS, où les animaux trouver des bovins à estiver et, sans pâ-

Recommandations pour le pacage de moutons : Conditions générales : - Pâture continue uniquement sur de très

  • Motivation écologique de l’exploitant(e) : grandes unités de pâturage. le pâturage à moutons en tant que pres- - Prévoir suffisamment de grandes surfatation professionnelle d’entretien. ces en plus du pâturage sec (changer

  • Bonne indemnisation des prestations en cas de pénurie de fourrage). réalisées. - Renoncer de temps à autre à une année

  • Renoncement à des surfaces propres et d’utilisation dans des endroits peu prodépourvues de refus et d’éléments struc- ductifs et caractérisés par une végétaturels, ainsi qu’à un rendement important tion équilibrée. par animal. - Pâture d’automne uniquement si la re-

  • En cas de changement de l’exploitant(e): pousse est suffisante. Bibliographie la poursuite du pacage de moutons - Clôturer les endroits particulièrement Martin, M. et al. (2007) : Schafe auf Trockenweiden (TWW) nécessite un bon accompagnement. riches en espèces et sensibles au piéti- Fallstudie, Bundesamt für Umwelt BAFU nement.

  • Contrôler régulièrement l’embuisson- Impressum nement, en particulier en bordure ; Editeurs entretien annuel et sélectif du pâturage ; Office fédéral de l’environnement (OFEV), CH-3003 Bern choisir une charge faible qui permet aux L’OFEV est un office du département fédéral de l’environnement, buissons de se maintenir (jusqu’à 20%), des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC). favoriser des structures en pierres. AGRIDEA, CH-8315 Lindau et CH-1000 Lausanne

  • En cas de forte pression des buissons, Valeur juridique utiliser des races adaptées (Roux du La présente publication est une aide à l’exécution élaborée par l’OFEV en tant qu’autorité de surveillance. Destinée en premier Valais, mouton des landes de Luenelieu aux autorités d’exécution, elle concrétise des notions ju- Où ? burg). ridiques indéterminées provenant de lois et d’ordonnances et

  • Surfaces pâturées depuis de nombreu- favorise ainsi une application uniforme de la législation. Si les ses années par des moutons et dont la autorités d’exécution en tiennent compte, elles peuvent partir du principe que leurs décisions seront conformes au droit fédéral. richesse floristique s’est maintenue. D’autres solutions sont aussi licites dans la mesures où elles

  • Endroits qui ne peuvent être utilisés sont conformes au droit en vigueur.

d’une autre manière (fauche, pacage de Auteures bovins). Corina Schiess, AGRIDEA Lindau ; Monika Martin, Oekoskop,

  • Pour maintenir ouvertes des surfaces à 31 Basel forte déclivité (>60%) et difficiles d’ac- Traduction cès. R. Benz, AGRIDEA Lausanne

  • Plutôt dans des endroits peu productifs Quand renoncer à la pâture ovine ? Concept/rédaction à sol superficiel et sec et en forte pente. - Petites surfaces marginales (31), talus : Corina Schiess, AGRIDEA Lindau si possible préférer la fauche ; surfaces Collaboration et consultation Comment ? <50 ares, courte période de pâture et R. Benz, AGRIDEA Lausanne ; A. Brülisauer, Fachstelle Natur-

  • Pâture extensive : charge faible, lon- longues périodes de non-utilisation. schutz SG ; M. Dipner, Oekoskop, Basel ; R. Fivian, Caprovis ; R. Gilgen, FÖN ; Ch. Hedinger, UNA ; B. Krüsi, HSW ; F. Obrist, gues périodes de non-utilisation (8-14 - Surfaces accidentées et à humidité Office de consultation agricole VS; P. Oser, Steg ; A. Perrenoud, semaines) ; pas de fumure ni d’affoura- variable. Le Foyard ; W. Schmid, PÖL ; F. Stadler, J. Troxler, ACW ; G. gement. - Régions très pluvieuses et sur sols pro- Volkart, atena ; E. Wyss, Inspection de la protection de la nature

  • Première pâture précoce (surtout quand fonds (p. ex. sols sur moraines). Berne ; Th. Walter, ART la proportion de graminées mal brou- - Prairies grasses riches en espèces Accompagnement OFEV tées est importante) ; depuis fin avril/ avec indicateurs de maigreur et peu- Christine Gubser, Division gestion des espèces mai selon l’altitude ; en présence d’or- plements à nard. Graphisme chidées, pâturer après leur floraison, ou - Surfaces sensibles à l’érosion. Michael Knipfer, AGRIDEA Lindau alterner pâture précoce et tardive. - Surfaces irriguées : mobilisation d’élé- Illustrations

  • Ne pas laisser brouter trop court (20% ments nutritifs. A. Krebs, Agasul (7, 18b, 19, 23, 24); M. Martin, oekoskop, de refus sur les surfaces les plus brou- - Anciennes prairies de fauche et friches : Basel (page de titre, 6, 11); A. Perrenoud, Le Foyard, Bienne (3); C. Purro, atena, Fribourg (8, 9); C. Schibli, oekoskop, Basel (26, tées) ; dès que les moutons reviennent un examen attentif de la situation est 28); A. Rey, Zürich (20), C. Schiess, AGRIDEA Lindau (10, 13,

sur des surfaces déjà broutées, chan- indispensable ; pâture précoce lorsque 16, 22, 25, 31); J. Troxler, RAC (12); G. Volkart, atena, Fribourg ger de pâturage ! la pression des graminées est forte, uti- (1, 2, 4, 5, 14, 15, 17, 18a, 21, 27, 29a, 29b, 30) - Favoriser des unités de pâturage de liser des races robustes. Commande grande taille ; intégrer si possible un - Clairières en régions de montagnes for- OFEV, Documentation, CH-3003 Berne pâturage sec dans une unité de pâtu- tement boisées (prédateurs). Internet : environnement-suisse.ch/publications Numéro de commande : UV-0814-F rage plus grande. © AGRIDEA 2008