Conservation des marais - Contrôle des résultats
Erfolgskontrolle Contrôle des résultats Verifica dei risultati
FRIDLI MARTI
Suivi de la conservation des marais 6.1 La conservation des marais constitue jusqu'ici le plus important ADRESSE DE VAUTEUR programme de la protection de la nature et du paysage couvrant l'ensemble de la Suisse. Elle se base sur "l'article de Rothenthurm" de la FridIi Marti Constitution fédérale. Le suivi de la conservation des marais doit mon- quadra GmbH Beratungsgemeinschaft für Naturtrer si le mandat donné par la Constitution est rempli et quelles sont schutz und Landwirtschaft les raisons d'éventuels insuccès. Il doit en outre fournir des indications Klosbachstr. 4 sur les possibilités d'améliorer la mise en œuvre et vérifier si les me- 8032 Zurich sures prises permettent de conserver les marais et les sites marécageux. Le suivi de la conservation des marais en Suisse sert en premier lieu à Manuel l'OFEFP (l'Office fédéral de l'environnement, de la forêt et du pay- Conservation des marais sage) d'instrument de direction pour assurer la qualité de la protection en Suisse 1 des marais telle qu'elle a été formulée dans la Constitution et dans les lois. A cet effet, des indications valables pour toute la Suisse devront être élaborées pour les biotopes marécageux (hauts et bas-marais) de même que pour les sites marécageux, comme le prévoient les inventaires fédéraux. Le suivi de la conservation des marais sera réalisé de manière aussi précise que nécessaire dans un cadre financier acceptable. Il servira aux praticiens et sera basé sur les besoins des acteurs de la conservation des marais. C'est pourquoi il ne doit pas englober des tâches relevant de la recherche fondamentale. Il est essentiel que les résultats du suivi soient intégrés dans les travaux de la conservation des marais. Ce sera la fonction d'un rapport approprié.
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
FRIDU MARTI
Concept de suivi de la conservation des marais 6.1.1 1 CONTEXTE ET STRUCTURE
Les premiers relevés en vue du suivi de la conservation des marais sont en cours depuis 1997. Les relevés détaillés débuteront en 1998. Par la suite, il est prévu tant des interprétations annuelles que des études plus complètes tous les cinq ans (voir chiffre 5). La protection des données est garantie dans tous les cas. L'OFEFP est le mandant du suivi. Le concept et le relevé des données sont en grande partie effectués par des bureaux mandatés ainsi que par le FNP (Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage, Birmensdorf). Au niveau de la conception, le suivi de la conservation des marais se réfère aux recommandations de la Conférence des délégués cantonaux à la protection de la nature et du paysage (CDPNP, 1997). En ce sens, le suivi de la conservation des marais se distingue clairement d'une simple observation à long terme. Les résultats de ces deux instruments (suivi et observation à long terme) peuvent toutefois se compléter et seront en conséquence combinés dans le rapport sur l'état de l'environnement (voir fig. 1). Le rapport servira simultanément de lien avec les suivis d'efficacité réalisés pour d'autres inventaires fédéraux. En outre, différentes synergies seront mises à profit entre les différents projets, en particulier en ce qui concerne la conception, le choix des méthodes ou le relevé des données.
Fig. 1 : Le rapport coordonné sur l'état de l'environnement regroupe - Observation COOT- --
les résultats du suivi et de l'observation à long terme et tire les conclunement - pour un vironnement (obser- sions de l'évaluation (rétroaction) développement dura- vation à long terme) ble respectueux de ( 1 l'environnement Rapport _ Buts .. 2 coordonné sur .. - Conditions-cadre ).. l'état de l'environnement 1 CONSER·
-- DES MARAIS EN ;:- ! Programme / Suivi des SUISSE Projets / Mesures programmes / (étatiques) projets / mesures
Divers cantons ont également prévu ou effectuent des suivis d'efficacité de la conservation des marais. Pour autant que cela s'avère judicieux et réalisable, des synergies (projets communs ou transfert de données) devraient être réalisées entre les cantons et le suivi de la conservation des marais Suisse. La base conceptuelle du suivi de la conservation des marais Suisse repose sur les recommandations de la CDPNP (1997). Selon celles-ci, les trois dimensions suivantes d'un suivi sont distinguées:
Le contrôle de l'effectivité évalue l'effet d'une mesure sur les espèces et les habitats. L'effectivité comme mesure de succès ressort de la comparaison de l'effet visé avec celui obtenu. La comparaison de l'effet obtenu avec des valeurs de référence est plus compliquée.
Le suivi de la mise en œuvre permet d'évaluer la concrétisation d'une mesure. Il permet de vérifier si la voie suivie amène l'effet visé. Un point essentiel de l'évaluation réside dans l'effectivité du processus de mise en œuvre (comparaison buts-résultats dans le sens "Qu'est-ce qui a été atteint?") ainsi que l'efficience (rapport coûts-bénéfices dans le sens "Quels moyens ont-ils été utilisés pour quels résultats?").
La vérification des objectifs sert à vérifier l'adéquation et l'utilité d'un projet. A cet effet, les objectifs formulés sont comparés en premier lieu avec les conditions ou exigences ayant, le cas échéant, subi Fig. 2 : Conception et exécution du des changements. suivi de la conservation des marais
Objectifs La conception et l'exécution du suivi de la conservation des marais se com- impulsion posent des quatre phases suivantes:
• Analyse de la situation + A quelles questions le suivi de la conservation des marais Suisse doit-il four- Problématique nir des réponses?
• Méthodes et organisation t Méthodes Quelles sont les méthodes à utiliser pour répondre à quelles questions?, organisation Qui entreprend quelles tâches à quel moment?
• Acquisition et gestion des données t Relevé et gestion des Quelles sont les données à relever et où et comment les sauvegarder? données
• Evaluation et rapport Sous quelle forme les résultats du suivi de la conservation des marais Suisse + Evaluation seront-ils présentés? rapport
6.1.1 2 PROBLEMATIQUE DU SUIVI DE LA CONSERVATION DES MARAIS
La problématique du suivi de la conservation des marais Suisse com- Objectifs prend sept questions principales: impulsion
1 Dans quelle mesure les objectifs de protection (conservation de
biotopes et de sites marécageux) sont-ils atteints? +
2 Où et dans quels domaines les objectifs de protection (objectifs des Problématique
mesures) ne sont-ils pas atteints?
3 Dans quelle mesure la mise en œuvre de la conservation des marais
a-t-elle progressé? La Confédération et les cantons ont-ils rempli leurs tâches? • Méthodes organisation
4 Quels sont les points qui ont posé des problèmes lors de la mise en
œuvre auprès de la Confédération et des cantons?
5 Où et comment la conservation des marais peut-elle être rendue plus
• Relevé et gestion des données efficace, en particulier dans le cadre des activités de la Confédération?
6 Comment et dans quels domaines les objectifs peuvent-ils être
atteints de manière plus efficiente?
7 Quelle est l'efficacité de la conservation des marais?
• Evaluation rapport
Le suivi de la conservation des marais doit fournir des réponses à ces questions principales. Celles-ci se rapportent à différents aspects de la conservation des marais (voir fig. 3). Le suivi de la conservation des marais comprend en effet aussi bien des questions de mise en œuvre (contrôle de la mise en œuvre) que d'efficience (contrôle de l'efficience).
Fig. 3: Vue d'ensemble du déroule- Constitution, LPN, ordonnances ment de la conservation des marais sur les bas-marais, les hauts-ma- et relations des sept questions prin- rais et les sites marécageux cipales +-
3 Etat de la mise en
œuvre? - Mise en œuvre par la Confédération (princ. OFEFP) mise en œuvre? + ~ MANUEL Mise en œuvre par les cantons ... 6 Où et comment être plus efficient? CONSER-
VATION DES
1 Dans quelle mesure + 2 Où les buts de pro-
MARAIS EN SUISSE les buts de protection --. Effets dans les marais et les sites marécageux ... tection ne sont-ils pas sont-ils atteints? atteints? , servation des marais? ~ plus efficace?
Toute une série de questions de détail ont été formulées pour le suivi de la conservation des marais à partir des sept questions principales.
Choix d'importantes questions de détail du suivi de la conservation des marais Suisse
Biotopes marécageux
Quelle est l'évolution quantitative des bas et hauts-marais sur l'ensemble de la Suisse? Quelle est la tendance de l'évolution future? Quelles particularités régionales peuvent être mises en évidence?
Quelle est l'évolution qualitative des bas et hauts-marais sur l'ensemble de la Suisse? Quelle est la tendance de l'évolution future?
Quelle est l'évolution dans l'ensemble de la Suisse en ce qui concerne les constructions et installations dans les bas et hauts-marais?
Les conseils et le soutien de la Confédération suffisent-ils à répondre aux besoins des cantons? Sont-ils offerts de manière compétente et en temps utile?
Quelles sont les exploitations agricoles ou les mesures d'entretien réalisées? Correspondent-elles aux plans d'exploitation et de protection?
Quelles sont les atteintes les plus fréquentes et les plus graves dans les bas et hauts-marais? Leurs responsables sont-ils des personnes directement concernées (agriculteurs) ou d'autres utilisateurs?
Sites marécageux
La définition des objectifs de protection par le canton pour le site marécageux X correspond-elle aux exigences légales? Les buts généraux de protection ont-ils été respectés et des objectifs spécifiques à l'objet ont-ils été déterminés? Sont-ils conformes à l'ordonnance?
La délimitation précise du site marécageux a-t-elle été réalisée correctement? Quels ont été les critères utilisés? Existe-t-il des divergences importantes par rapport à l'inventaire fédéral? Pourquoi et où?
De nouvelles constructions et installations sont-elles ou ont-elles été érigées dans les sites marécageux?
Les marais englobés dans le site sont-ils conservés? Quelle est l'évolution des marais dans les sites marécageux?
Les populations d'espèces animales protégées ou menacées sont-elles conservées dans les sites marécageux?
L'exploitation forestière des sites marécageux est-elle conforme aux objectifs de protection?
Les éléments culturels contribuant à l'importance nationale sont-ils conservés dans les sites marécageux?
3 ORGANISATION ET METHODES
3.1 Organisation
Pour des raisons historiques, techniques et d'organisation, le déroulement interne du suivi de la conservation des marais Suisse est subdivisé en quatre parties:
Suivi des effet de la protection des sites marécageux
Suivi des effet de la protection des biotopes marécageux
Suivi de la mise en œuvre de la protection des sites marécageux
6.1.1 • Suivi de la mise en œuvre de la protection des biotopes maré- Objectifs cageux impulsion Cette répartition n'a de l'importance qu'au niveau de l'acquisition des données; au niveau du rapport (voir chiffre 5), les données et les con- + clusions seront regroupées. Problématique
3.2 Méthodes
+ Méthodes organisation Différentes méthodes et procédures sont envisagées en fonction des diverses questions de détail pour le suivi de la conservation des marais. J Relevé et gestion des Pour chaque question de détail, il existe un concept qui décrit précisé- données ment la procédure. Trois méthodes sont présentées ici à titre d'exemple.
Exemple 1: Contrôle de la conservation totale des bas et hauts-marais • Evaluation rapport
sur la base de la végétation Un contrôle de l'évolution de la végétation doit tirer au clair les questions de détail suivantes:
Quelle est l'évolution quantitative des bas et hauts-marais sur l'ensemble de la Suisse?
Quelle est l'évolution qualitative des bas et hauts-marais sur l'ensemble de la Suisse?
Quelle est la tendance de l'évolution future?
Pour pouvoir tirer des conclusions représentatives pour l'ensemble de la Suisse qui soient explicites à la fois pour différents types d'espaces naturels et pour différentes altitudes tout en restant dans des limites financières supportables, il est fait recours à un échantillonnage stratifié. La surface totale couvre 2033 kilomètres carrés, qui renferment chacun au moins un objet marécageux d'importance nationale. Un échantillonnage d'environ 100 éléments (kilomètres carrés) est tiré de cette surface. Les objets et objets partiels inclus servent de "marais échantillons". Les surfaces marécageuses d'aspect homogène sont délimitées à l'aide , MANUEL CONSER· de photos aériennes et classifiées en fonction de leur coloration et de VATION DES leur répartition ("surfaces isophènes"). Quelques surfaces sont exami- MARAIS EN SUISSE nées dans chaque classe. Une liste pratiquement complète des plantes vasculaires et des mousses est établie sur le terrain pour les surfaces isophènes choisies. La couverture des espèces est estimée à l'aide d'une échelle logarithmique grossière. C'est finalement l'interpréta-
tion des valeurs indicatrices qui est importante pour le suivi en fournissant des informations sur le degré d'acidité et l'approvisionnement en substances nutritives, de même que sur l'humidité du sol. La comparaison des données ainsi acquises avec celles du premier relevé permettra de tirer des con~lusions sur les modifications de surface et de qualité des bas et hauts-marais. Les relevés seront probablement répétés tous les cinq ans.
Exemple 2: Contrôle des plans de protection élaborés par les cantons par le moyen d'une consultation Un certain nombre de questions de détail peuvent être éclaircies au cours de la consultation. En font partie les questions suivantes:
La définition des objectifs de protection pour le site marécageux X par le canton correspond-elle aux exigences légales?
Les buts généraux de protection ont-ils été respectés et des objectifs spécifiques à l'objet ont-ils été déterminés?
Sont-ils conformes à l'ordonnance?
Afin de simplifier l'évaluation, tout en garantissant sa reproductibilité, une liste de rappel est utilisée pour la consultation. Les dispositions des ordonnances sur les hauts-marais, les bas-marais et les sites marécageux constituent les bases essentielles de cette liste de rappel. Les consultations en vertu de l'art. 17 OPN (Ordonnance sur la protection de la nature et du paysage) sont réalisées depuis des années déjà. Cette procédure a maintenant été introduite dans le suivi après l'élaboration de la liste de rappel pour l'évaluation. La consultation ne permet pas d'obtenir des informations représentatives pour tous les objets marécageux. Elle fournit uniquement des indications sur l'état de la mise en œuvre, mais permet de faire des propositions spécifiques aux objets en vue d'optimaliser la planification de la protection.
Exemple 3: Contrôle d'éventuelles nouvelles constructions dans les sites marécageux La question de détail "De nouvelles constructions et installations sontelles ou ont-elles été érigées dans les sites marécageux?" poursuit un aspect capital de la protection des sites marécageux. Pour répondre à cette question, une procédure basée sur la carte nationale (1: 25'000) a été élaborée. Les cartes nationales sont mises à jour tous les six ans, ce qui permet une comparaison avec les années de référence antérieures. Bien qu'il faille contrôler tous les sites marécageux (relevé complet), le volume de travail occasionné est relativement modeste.
6.1.1
4 ACQUISITION ET GESTION DES DONNEES Objectifs
impulsion La procédure méthodologique est largement décrite dans les concepts de détail. Il existe en outre un "mode d'emploi" qui précise d'autres t questions, surtout d'organisation. Ces documents donnent une struc- Problématique ture préétablie à la phase d'acquisition des données. Des contrôles de qualité sont réalisés dans le cadre des travaux sur le terrain, ce qui devrait garantir une qualité constante. Une collaboration avec certains t Méthodes projets de suivi réalisés par les cantons est recherchée, pour autant que organisation cela soit possible et judicieux. La gestion des données s'effectue en plusieurs étapes: dans une pre- t Relevé et gestion des mière étape, les données (brutes) relatives à chaque question de détail données sont interprétées de manière décentralisée par les responsables respectifs. Les données sont ensuite fournies à une banque de données centrale dans un format défini. Celle-ci sert au stockage à long terme t Evaluation et aux interprétations à plus large échelle. Toutes les données acquises rapport
par le suivi sont décrites dans un catalogue de données détaillé (Métabanque de données). Ce catalogue renferme par exemple des indications sur les méthodes de relevé, les sources d'erreurs et la précision, la couverture géographique, etc. Cette documentation garantit que les données resteront utilisables pour des interprétations futures.
5 EVALUATION ET RAPPORT Objectifs
impulsion Les données récoltées et les résultats du suivi de la conservation des marais doivent d'une part être intégrés dans le travail technique et administratif de la conservation des marais et d'autre part servir à l'information du public. Sans cela, le travail effectué perdrait sa légiti- • Problématique
mité. Le rapport doit interpréter et présenter les résultats du suivi de la conservation des marais. Il contribuera à faire connaître les dét Méthodes marches réussies, mais aussi les sources d'erreurs possibles et les obs- organisation 1 MANUEL tacles. Il est donc une partie importante du contrôle et de la garantie de la qualité. • Relevé et gestion des données CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
t Evaluation rapport
Un rapport adéquat doit permettre ce retour d'informations. A cet effet, il faut distinguer plusieurs niveaux ou groupes de produits en fonction des divers destinataires (voir fig. 4).
Fig. 4: Les quatre groupes de pro- Informations ciblées pour ,----. les décideurs duits du rapport:
Information des décideurs
Information du public
Projets de partenariat Information générale - Administration nature et Suivi de la .-. du public paysage (état des choses) conservation Rapport des marais Suisse Interprétation de questions pluridisciplinaires à l'intention des praticiens avec des partenaires
Indications sur la gestion et le déroulement des projets (optimalisation / correction)
Le rapport est destiné à des médias et niveaux de communication très divers. Donnons comme exemple:
Bref rapport annuel sur l'état de la mise en œuvre de la conservation des marais sous forme d'une vue d'ensemble des résultats des questions principales 3, 4 et 6 (voir chiffre 2).
Entretiens avec certains cantons sur l'optimalisation des plans de protection d'un objet sur la base des constatations faites lors de la consultation.
Compilation des expériences réalisées avec les zones-tampon sur la base des résultats du suivi.
Catalogue détaillé des données du suivi des marais échantillons (suivi des effets sur les biotopes marécageux).
Le rapport fournira, outre les produits qui ne concernent que le domaine de la conservation des marais, des informations plus globales dans le domaine de la protection de la nature. Celles-ci seront produites en collaboration avec d'autres suivis de l'OFEFP.
6.1.1 BmLIOGRAPHIE ADRESSE DE L'AUTEUR
KBN (Konfereoz der Beauftragten Fridli Marti Wr Natur- und Landschaft SChUIZ) quadra GmbH (1997): Er[olgskontrolle von Ma - Beralungsgemein chaft für Naturnahmen im Natur- und Land chafts- chutz und Landwirt cbaft schutz:Empfehlungell zur BcgTiff- Klo bacbslr. 4 bHdung. Recommandations. Rédjgé 8032 Zurich par R. MaureT / F. Marti, 24 p.
TRADUCTION
Yves Berger Ingénieur fore lier EPFZlSIA Cherrùn Montant 14 2017 Boudry
Manuel Conservation des marai en Sui 'se 1 111997
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
ANDREAS GRÜNIG
Suivi des effets de la protection des biotopes marécageux 6.1.2 1 INTRODUCTION ET OBJECTIFS
L'objectif principal des suivis des effets dans la protection de la nature consiste à reconnaître en temps utile les modifications dans l'espace et dans le temps. Il est essentiel de déceler les évolutions indésirables aussitôt que possible, en particulier dans les régions ayant une grande valeur pour la protection de la nature. Mais il est également important, d'un point de vue financier et politique, de contrôler l'efficacité dans le terrain de programmes de protection de la nature vastes et coûteux.
En principe, les suivis des effets devraient également être un instrument pour l'observation de processus plutôt diffus et d'évolutions La condition à l'acquisition lentes. Il faut donc les concevoir de manière à ce que même des modi- d'une base de données brutes irréprochable consiste dans un fications minimes puissent être détectées de manière fiable. En règle plan de recherche ou d'observagénérale cependant, de telles entreprises sont très exigeantes, si bien tion bien conçu avec que précision et coût doivent être soigneusement évalués afin de ne • un échantillonnage clairement défini, pas compromettre leur faisabilité à long terme.
un nombre suffisant d'échantillons, Au niveau conceptionnel, le "Suivi des effets de la protection des bio- • des critères de stratification judicieux, topes marécageux" constitue un module du projet "Suivi de la protec-
des échantillons définis cortion des marais de Suisse" (cf. volume 1, contribution 6.1.1; WALDIS, rectement, 1998; MARTI / WALDIS, 1998), basé sur les recommandations de la • des indicateurs significatifs, CDPNP et de MAURER / MARTI (1997). A court terme, c'est-à-dire • des méthodes de relevés conséq uen tes. jusqu'à la fin de la première phase du projet en l'an 2001, le suivi des effets doit fournir des indications suffisamment précises sur les conditions effectives des surfaces et sur l'état actuel des hauts et bas-marais à protéger. A moyen et à long terme, le module doit permettre de répondre à la question de savoir si les marais d'importance nationale sont conservés intacts aussi bien du point de vue quantitatif (surface) que qualitatif (station). Les indications spatiales et temporelles devraient être représentatives pour la Suisse et ses principaux espaces naturels, pour les surfaces marécageuses étendues, moyennes et petites, pour trois étages (altitudes) et pour les hauts et bas-marais, de même que pour chacun des objets marécageux étudiés. , MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
On veillera particulièrement, durant lout la durée du projet, à ce que les résultats et les observations du suivi des effets soient intégrés le pl us rapidement possible da ns la mise en œuvre. Le mod ule "Compte rend u" (cf. volume 1, contribution 6.1.5) cst prévu à cet effet, le suivi des effet s devant lui fournir des données objectives ct scientifiquement irréprochables. CclH pcrmeura de juger si et/ou dans quelle proportion les mesures prises et les moyens engagés ont permis d'att.eindre les buts de protection prescrits.
Une harm onisa tion avec les suivis des effets can tonaux est recherchée tant au niveau conceptionnel, sous fo rme de projets communs ou de densification loca le du résea u d'échanti llonnage, qu'au niveau tech- ., nique et méthodologique, sous fo rme de transrert de données et de soutie n logistique. Les synergies entre les différents proj ets sont recherchées et mises fi profil.
6.1.2 2 CONCEPT DE RECHERCHE
La récolte des données du "Suivi des effets de la protection des biotopes marécageux" repose sur un échantillonnage aléatoire stratifié, car il serait trop coûteux de vouloir observer l'évolution quantitative (surface) et qualitative (phytosociologique et stationnelle) des marais d'importance nationale par un relevé systématique. En outre, une légère concentration géographique des placettes d'observation est recherchée en vue d'optimiser les coûts d'organisation et de déplacement. Pour satisfaire aux perspectives à long terme du projet, les données produites ne seront pas interprétées ou extrapolées. Il s'agira uniquement de données brutes bien définies et facilement reproductibles.
Le premier relevé doit décrire précisément la situation actuelle des marais, tant quantitativement que qualitativement et de manière reproductible. La base sera ainsi créée pour les relevés suivants qui permettront de mettre en évidence en temps utile et de façon conséquente les modifications éventuelles survenant dans les réserves naturelles. Les relevés suivants seront en principe effectués de manière groupée à intervalle de 4 à 5 ans (évt. 10) dans les mêmes marais ou placettes d'observation que le premier inventaire. A chaque fois, une partie (lO-12 %) des placettes d'origine seront remplacées par des nouvelles (sampling with partial replacement).
Enfin, quelques marais de référence devraient être observés de manière plus intensive et/ou sous forme d'étude de cas en plus des placettes. Des modèles de développement et prévisionnels sur l'évolution des marais de référence permettraient d'élargir notablement la valeur informative du projet "Suivi de la protection des marais de Suisse".
2.1 Définition de l'échantillonnage, de son étendue et des
échantillons , MANUEL CONSER- Pour déterminer l'échantillonnage, le centre de gravité (resp. le point VATION DES MARAIS d'ancrage) de chacun des 500 objets de hauts-marais et des 3'300 bas- EN SUISSE marais d'importance nationale numérisés a été déterminé au moyen du système d'information géographique ArcInfo et recoupé par le réseau de coordonnées nationales de 1 km x 1 km (cf. fig. 1). Le résultat est un échantillonnage de 2'033 surfaces d'un km2 renfermant chaque fois au moins un haut-marais ou un bas-marais d'importance
nationale. Ce procédé a permis de réaliser la concentration souhaitée des placettes d'observation.
Font partie d'un échantillon (cf. fig. 2) les objets partiels dont le point d'ancrage est situé à l'intérieur du carré kilométrique. Les objets partiels sont examinés dans leur intégralité, même si leur surface déborde des limites de l'échantillon. En revanche, les objets partiels
Fig. 1: Localisation des 103 échantillons de l'échantillonnage stratifié "Suivi des effets de la protection des biotopes marécageux" .
Fig. 2: Structuration d'un échantillon (surfaces marécageuses). Les objets à examiner sont marqués en gris. + Coordonnées du centre de l'échantillon
Limites de l'échantillon de 1 km xlkm
Point d'ancrage d'un objet partiel
6.1.2 dont la surface empiète sur l'échantillon mais dont le point d'ancrage se situe à l'extérieur des limites de l'échantillon (cf. fig. 2) ne sont pas relevés. Les objets partiels d'importance régionale ou locale ne sont pas examinés non plus.
2.2 Plan d'observation et d'échantillonnage
Un échantillonnage stratifié Vu la marge de manœuvre financière relativement étroite, l'échantil- dans lequel le choix aléatoire intègre différents critères et lonnage a dû être limité à quelque 100 échantillons de 1 km x 1 km. pondérations permet d'obtenir Avec un nombre aussi restreint, un échantillonnage purement aléa- les résultats représentatifs toire n'aurait pas satisfait l'exigence de fournir des résultats représen- nécessaires et une appréciation valable pour l'ensemble du tatifs au moins au niveau suisse, étant donné que les sites marécageux pays. sont très irrégulièrement répartis dans le pays et que leur distribution Il est prévu de changer systémaau niveau, par exemple, de leur superficie est très diverse. C'est pour- tiquement une partie des échanquoi l'échantillonnage regroupant 2'033 éléments a été stratifié sur la tillons lors des relevés suivants. Cela permet d'évaluer un évenbase des critères espace naturel, altitude, superficie de l'objet maréca- tuel "effet du suivi" (p. ex. par geux national et type de marais. Il en est résulté un échantillonnage suite du traitement préférentiel stratifié représentatif comptant 103 échantillons (carré de 1 km x de certains échantillons par les autorités exécutives) qui pour- 1 km, cf. fig. 2) qui inclut les points d'ancrage de 336 objets partiels au rait compromettre la représentotal. Font partie de ces objets 91 hauts-marais et 245 bas-marais inclus tativité de l'échantillonnage à dans 66 objets de hauts-marais et 67 de bas-marais. long terme et de prendre les mesures de prévention nécessaires.
2.3 Choix des indicateurs et de la méthode
Différents indicateurs et méthodes ont été examinés en vue de l'observation quantitative et qualitative et de la description de l'état et de l'évolution des biotopes marécageux et de leurs zones de contact dans l'espace et dans le temps (GRÜNIG et aL, 1996). Les résultats les plus convaincants ont été fournis par la cartographie de surfaces unitaires à partir de photos aériennes, pour laquelle des données géométriques (à partir de photos aérienn es) et des données phytosociologiques brutes (sur le terrain) ont été relevées dans le cadre du premier inventaire. La méthode permet de décrire les biotopes marécageux et leurs zones , MANUEL CONSERde contact de manière bien reproductible et conforme à la situation, VATION DES tant au niveau quantitatif que qualitatif. MARAI S EN SUISSE
Le "Suivi des effets de la protection des biotopes marécageux" repose principalement sur les indicateurs suivants: Lors du choix des échantillons
superficie des biotopes marécageux, resp. des surfaces unitaires; • les espaces naturels pauvres en marais ont été relativement
état et évolution de la végétation, resp. structure et composition de privilégiés par rapport à ceux la flore; qui sont riches en marais;
état et évolution des constructions et installations; • les altitudes élevées et basses ont été privilégiées par
état et évolution des atteintes et des impacts. rapport aux étages moyens plus riches en marais; Les constatations suivantes ont été déterminantes pour le choix de la • les surfaces d'étude à forte méthode et des indicateurs: proportion de marais ont été traitées plus intensément que
Les différentes espèces d'un peuplement végétal réagissent de ma- celles à proportion plus faible ; nière très individuelle aux modifications de la station. En consé- • les hauts-marais se sont vus quence, la végétation, respectivement la composition de la flore d'un attribuer un poids plus grand que les bas-marais, plus nommarais, reflète généralement de manière fiable les conditions de station. breux et beaucoup plus étendus.
Les cartographies de végétation traditionnelles, avec une clé de détermination des espèces, fournissent souvent des résultats non reproductibles ou trop peu informatifs (cf. SElLER / SCHMlD, 1995; KEL- LER, 1992), du fait que p. ex. le processus d'interprétation proprement dit entraîne une réduction incontrôlée des données. TI en va de même des relevés portant sur un petit nombre d'espèces indicatrices.
La récolte de données interprétées sur le terrain ne permet guère à elle seule d'atteindre l'objectif du suivi des effets, en particulier pour la description qualitative des marais. Autant que possible, on relèvera des données brutes. L'interprétation et la réduction des données devraient dans tous les cas être soumises à une appréciation particu- / .
lière.
Dans des surfaces unitaires bien définies, il est possible de réaliser un relevé de végétation presque complet, c'est-à-dire des listes de phanérogames et de mousses, avec un coût supportable. TI en résulte des données brutes qui peuvent être interprétées de manière très flexible et conforme aux besoins.
Un relevé qualitatif complet s'avère trop coûteux dans les sites marécageux étendus comptant plus de 200 surfaces unitaires. Dans ces cas, le choix des surfaces à inventorier se fera de préférence sur la base de photos aériennes.
Les photos aériennes constituent des illustrations (relativement) objectives d'une portion de la surface terrestre au moment de la prise de vue. Contrairement à la représentation sur une carte, l'information géométrique est contenue sous forme brute sur la photo aérienne et peut être interprétée de manière routinière avec les moyens appropriés.
6.1.2 3 METHODES
3.1 Evolution quantitative des surfaces marécageuses
Les modifications du périmètre doivent être reconnues de manière sûre pour l'observation de l'évolution quantitative des biotopes marécageux. Cela implique que, lors du premier relevé, le périmètre du biotope marécageux déterminant pour le suivi des effets soit défini avec suffisamment de précision ou avec un degré d'erreur connu dans chaque échantillon. A cet effet, les biotopes marécageux sont délimités au stéréoscope sur des photos aériennes en fausses couleurs infrarouges et à grande échelle (= échelle 1: 10'000 ou plus grand).
Les limites sont ensuite contrôlées sur le terrain au niveau de la plausibilité et de l'exactitude de la situation et, le cas échéant, corrigées. Les constructions et installations, de même qu'une situation simplifiée (cours d'eau, routes, fossés de drainage, etc.) sont relevées photo grammétriquement en même temps.
3.2 Description de l'état qualitatif des biotopes marécageux
Pour décrire l'état qualitatif des biotopes marécageux, on délimite, comme pour la détermination de leur surface ou de leur périmètre, des surfaces unitaires sur la photo aérienne, surfaces aussi homogènes que possible du point de vue de la couleur, de la structure et de la texture (cf. fig. 3). Une surface unitaire couvre en général quelques centaines ou quelques milliers de mètres carrés dans la nature. Pour les marais les plus étendus, le nombre des surfaces unitaires à examiner est réduit au nombre plus maîtrisable, mais encore suffisamment représentatif, de 100 à 200 surfaces, au moyen de l'interprétation des photos et de la statistique. Il en résulte des bases de cartographie sous forme de plan orthophotographique avec des surfaces unitaires numé- MANUEL rotées et choisies pour les relevés (cf. fig. 3). Pour les marais plus petits CONSERrenfermant moins de 100 surfaces unitaires, un relevé systématique est VATION DES MARAIS généralement indiqué. EN SUISSE
Les travaux sur le terrain consistent pour l'essentiel à effectuer des relevés de végétation de toutes les surfaces unitaires à inventorier. Une liste pratiquement complète des espèces est établie pour chaque surface à étudier en une demi-heure au maximum et le degré de couver-
ture des plantes vasculaires et des mousses évalué au moyen d'une Vue d'ensemble échelle logarithmique. En outre, 7 caractéristiques structurelles, comme p. ex. le degré de couverture total des sphaignes, des buissons nains ou de la nécromasse (= litière) sont reportées sur une échelle en % (voir formulaire de relevé en annexe). Une équipe de contrôle indépendante est engagée pour garantir la qualité des données et apprécier la régularité du cartographe.
Fig. 3: Extrait du plan orthophoto- Tourbières de la Chaux d'Abel graphique en fausses couleurs de SP 14/Cartographie 1999 l'échantillon No 14 (Tourbière de la Cartographe: Chaux d'Abel BE).
D Périmètre des surfaces unitaires choisies pour un relevé phytosociologique sur le terrain
Périmètre des surfaces unitaires non choisies
Surfaces environnantes pour la description de la zone de contact du marais
637 Surfaces
186 Surfaces sélectionnées
32 Surfaces adjacentes
Feuille 6/11
© Office fédéral de topographie / KSL / production d'orthophotos
6.1.2
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
4 RESULTATS ET FIABILITE
4.1 Description de l'état
Les données brutes récoltées dans le cadre du premier inventaire "Suivi des effets de la protection des biotopes marécageux" (p. ex. relevés de végétation, interprétations photogrammétriques des photos aériennes) sont tout d'abord interprétées systématiquement pour chacune des surfaces unitaires examinées sur le terrain. Ces résultats peuvent être appliqués aux surfaces qui n'ont pas été examinées sur le terrain au moyen de méthodes de traitement des images. Le produit est combiné avec les documents des cantons et d'autres sources de données (p. ex. tableaux de valeurs indicatives, banques de données de la végétation, listes d'espèces, résultats du "Suivi des sites marécageux", etc.) et représenté sous forme cartographique. Il est possible entre autres de calculer des bilans de surfaces et des longueurs de limites ou d'analyser le recouvrement spatial de différentes variables au moyen d'un SIG. On peut ainsi, par exemple pour chaque surface unitaire étudiée ou pour chaque objet, ou encore pour chaque échantillon:
mettre en évidence la composition des espèces, le type de végétation ou sa structure;
décrire les conditions de station en analysant des valeurs indicatives et produire les cartes correspondantes (cf. fig. 4);
produire de nouvelles valeurs indicatives pour n'importe quelle question intéressante et groupe de facteurs, comme p. ex. valeurs indicatives de la pâture, indice de dégradation en lande ou un indice d'appartenance au haut-marais.
Etant donné que le système est conçu pour être ouvert, il est possible de représenter sans difficulté d'autres variables, comme p. ex. le degré d'embroussaillement ou de boisement, des atteintes ou des indications relatives à l'exploitation des surfaces, pour autant que celles-ci puissent être attribuées aux surfaces unitaires délimitées. En outre, il est possible d'évaluer la probabilité de la présence d'une espèce définie par le calcul du potentiel des espèces basé sur la comparabilité floristique pour chacune des surfaces unitaires pour lesquelles la végétation est documentée. Les interprétations et expériences réalisées jusqu'ici sur le terrain montrent que la représentation des présences potentielles (KÜCHLER, 1996) facilite grandement la re-
6.1.2 Tourbières de la Chaux d'Abel; Saint-Irnier (BE), Sonvillier (BE) Valeur de réaction selon Landolt 1Küchler
1:5000 N
A
L ) 1.2-1 .6 D 1.6-2.0 C:..J non traité
~_e/lIâ"" !.dorr.o,ho
cherche de certaines espèces de petite taille ou difficiles à reconnaître. Fig. 4: Chiffre de réaction moyen Ceci est particulièrement intéressant, p. ex. pour le suivi d'espèces fi- dérivé des surfaces examinées de l'échantillon No 14 (Tourbière de la gurant sur les listes rouges. Chaux d'Abel BE).
Les résultats basés sur les premiers relevés 1997-2001 pourraient se présenter à peu près comme suit pour l'ensemble du pays:
Dans 7'670, soit 53%, des 14'553 surfaces unitaires examinées, on n'a trouvé aucun buisson, 2'630, soit 19%, de toutes les surfaces étaient légèrement embroussaillées, 2'072 surfaces (= 14%) étaient moyennement embroussaillées et 1'931 surfaces (= 13 %) étaient do- 1 MANUEL minées par les buissons. CONSER-
L'analyse des 336 objets partiels de l'échantillon indique que 100 VATION DES objets partiels présentent des fossés de drainage d'une longueur totale MARAIS EN SUISSE de 100 km. Sur une surface totale observée de 300 ha, cela donne une densité moyenne de fossés de 333 mètres courants par ha de biotope marécageux.
Grâce à l'échantillonnage stratifié, il devrait en principe être possible d'obtenir des résultats semblables pour les différentes strates (espace La photo aérienne est un donaturel, étage, type de marais, etc.) avec toutefois une précision ré- cument d'actualité qui peut être réinterprété à chaque fois que duite. de nouvelles questions surgissent. Cela permet par exemple de contrôler l'exactitude de la délimitation originelle d'une
4.2 Saisie des modifications 1comparaisons dans le temps
surface lorsque des doutes surgissent quant à cette limite et, le Pour les relevés suivants, le coûteux travail sur le terrain peut être cas échéant, de tirer une limite organisé de manière plus efficace, du fait qu'une comparaison systé- plus appropriée. matique des anciennes et des nouvelles photos aériennes permet de reconnaître et de localiser précisément les éventuelles modifications des biotopes marécageux. A cet effet, les contours originaux doivent être géoréférencés et projetés exactement sur la nouvelle photo aérienne. Si la situation, la forme et/ou la grandeur (éventuellement le contenu) du périmètre marécageux ou de différentes surfaces unitaires a changé, cela est directement visible sur le SIG et peut être reporté sur les plans orthophotographiques. Les surfaces particulièrement intéressantes (modifiées) peuvent ainsi être recherchées de manière ciblée sur le terrain et les modifications constatées sur la photo aérienne rapidement vérifiées. Tous les changements (aussi qualitatifs) peuvent être quantifiés au cours du temps par le biais de bilans de surfaces.
Les exemples de résultats possibles sont:
Dans 10 des 336 objets partiels examinés (= env. 3 %), la surface du biotope marécageux a nettement (c.-à-d. en tenant compte de la marge de tolérance) diminué, alors qu'elle a augmenté dans 2 objets partiels. Dans les 324 autres objets partiels (= 96% des cas), aucune modification n'a pu être constatée.
Dans 199 (= 2,5%) des 8'056 surfaces unitaires typiques des marais examinés, la valeur indicatrice substances nutritives a nettement augmenté (en tenant compte de la marge de tolérance). Les surfaces sont devenues manifestement plus eutrophes.
Sur 279 (= 8%) des 3'415 surfaces unitaires comparables examinées des marais des Préalpes, l'embroussaillement a nettement augmenté, alors que sur le Plateau, sur 51 (= 2,5 %) des 2'105 surfaces unitaires marécageuses typiques examinées, les buissons ont régressé.
6.1.2
4.3 Effets de la surveillance à long terme
La cartographie de surfaces Les effets de la surveillance à long terme sont des modifications unitaires préserve les marais. Les effets de la surveillance à non intentionnelles et indésirables de l'objet examiné qui découlent long terme sont largement directement ou indirectement des activités de surveillance et/ou de évités du fait que: recherche, comme p. ex. les suivis des effets (cf. p. ex. LINDSAY / • il n'y a pas besoin d'installations (p. ex. marquage) dans ROSS, 1994). Les atteintes aux régions et surfaces à examiner sont l'obj et protégé; relativement minimes avec la cartographie de surfaces unitaires. Cela • le piétinement est reladevrait jouer un rôle qui ne doit pas être sous-estimé pour l'accepta- tivement faible puisque les tion des suivis des effets par les propriétaires fonciers, les gestionnaires surfaces unitaires ne sont visitées qu'une fois par relevé; et les milieux de la chasse, mais aussi de la protection de la nature. • il n'est pas nécessaire de visiter et de relever toutes les surfaces unitaires d'un marais d'échantillon, étant donné que les constatations des surfaces unitaires examinées sont repor-
5 ORGANISATION tées (avec une erreur connue)
sur d'autres non relevées sur le terrain, sur la base de photos aériennes.
5.1 Échéancier
Le FNP est responsable de l'exécution des premiers relevés du "Suivi des effets de la protection des biotopes marécageux". Certaines tâches, comme p. ex. les contrôles de qualité ou certaines parties des relevés sur le terrain, seront confiées à des mandataires externes. Les premiers relevés de terrain pour le "Suivi des effets de la protection des biotopes marécageux" ont été effectués en 1997 déjà lors d'une phase pilote. Depuis l'été 1998, le "Suivi des effets de la protection des biotopes marécageux" progresse de manière routinière. Les premiers relevés dans les 103 échantillons kilométriques devraient être terminés en l'an 2001. Les relevés suivants débuteront probablement dans la période 2002-2006, si bien que les premières comparaisons dans le temps et les premiers résultats sur l'évolution quantitative et qualitative peuvent être attendus à partir de 2002. Une série de données définies sera périodiquement mise à la disposition des res- 1 MANUEL ponsables de l'élaboration des comptes rendus qui sont compétents CONSERpour la communication entre projets. VATION DES MARAIS EN SUISSE
5.2 Documentation
Les différentes étapes du module "Suivi des effets de la protection des biotopes marécageux" sont documentées dans un manuel constamment
tenu à jour. La gestion des données est encore en cours d'organisation et devrait être terminée d'ici fin 2001. La priorité réside dans la représentation des processus, c.-à-d. une représentation suffisante de l'acquisition des données dans la banque de données. Cela s'effectue en étroite coordination et collaboration avec le centre de données de la nature et du paysage (DNL) au FNP à Birmensdorf. Dans l'optique d'une utilisation à long terme des données, une importance particulière est attribuée à une documentation complète de l'acquisition des données, à une description reproductible et clairement structurée, ainsi qu'à une définition de toutes les séries de données sous la forme d'une banque de métadonnées.
5.3 Réutilisation des données
Les nombreuses possibilités d'interprétation permettent d'utiliser les données également dans le cadre des projets d'autres unités administratives (Confédération, cantons, communes) ou d'autres intéressés (p. ex. propriétaires fonciers, responsables du tourisme, protection de la nature). Cela permet d'éviter des doubles emplois coûteux et de réduire les atteintes aux marais étudiés. La flexibilité de la méthode par rapport à différentes questions est importante, du fait que l'on ne peut savoir aujourd'hui à quels problèmes la protection des marais sera confrontée dans 30 ou dans 50 ans, et donc quelles séries de données plus agrégées devraient être disponibles alors pour effectuer des analyses de l'évolution dans le temps.
6.1.2 BIBLIOGRAPHIE SAILER, U. / SCHMID, W. (1995): ADRESSE DE L'AUTEUR Wirkungskontrolle Vertragswiesen in der Landwirtschaft. Kontrollpro- GRÜNIG, A. / MARTI, K. / WAL- gramm Natur 2001. Bericht im Andreas Grünig DIS, R. (Red; 1996): Erfolgskon- Auftrag der Abt. Landschaft und Station fédérale de recherches en trolle Moorbiotopschutz Schweiz. Gewasser des- Baudepartementes agroécologie et agriculture Teil Wirkungskontrolle. Interner des Kantons Aargau, 40 p. (non Reckenholz technischer Schlussbericht zum publié). 8046 Zurich Pilotprojekt "Methodentests 1994-95". Groupe de coordination WALDIS, R. (1998): Nos marais pour la protection des marais, sont-ils bien protégés? Onze ans Office fédéral de l'environnement, après Rothenthurm, il s'agit de de la forêt et du paysage (OFEFP), contrôler l'efficacité du plus vaste TRADUCTION Berne, 256 p. (non publié). programme national de protection de la nature. Environnement 4/98: Yves Berger KELLER, W. (1992): Aspekt- 8-12. Ingénieur forestier EPFZ / SIA wandel und Differentialartenkartierung. Schweiz. Z. Forstwes., 143: Chemin Montant 14 58-66. 2017 Boudry
KÜCHLER, M. (1996): Interdis- Manuel ziplinares Forschungsproj ekt Conservation des marais Ibergeregg: Freilandvegetation. en Suisse 1 Ber. Schwyz. Natf. Ges. 11: 65-76. LINDSAY, R. / ROSS, S. (1994): Monitoring of Peat Bog Systems. In: Aubrecht, G., / Dick, G. / Prentice, C. (Red.): Monitoring of Ecological Change in Wetlands of Middle Europe. Proceedings of an International Workshop in Linz, Austria, October 1993. Stapfia 31: 73-92.
MARTI, F. / WALDIS, R. (1998): Erfolgskontrolle Moorschutz Schweiz: Konzept und Methoden. Teil 1: Allgemeines. OFEFP, Berne. 37 p. (Document de travail interne).
MAURER, R. / MARTI, F. (1999): Terminologie pour le suivi des mesures de protection de la nature et du paysage. Recommandations. 1 Série L'environnement pratique. MANUEL Office fédéral de l'environnement, CONSER· VATION de la forêt et du paysage, Berne, DES MARAIS 32p. EN SUISSE
ANNEXE
Formulaire pour le relevé de surfaces unitaires
6.1.2 La Chaux d'Abel BE Flachen-Nr. 9 0 3 7 Autor MK SP14 Ersterhebung Datum 23 6 98 Moose nachbest. durch EF
VegDl.1tIOllastruktur O%! %1 Vegetationazusland Erhebungstyp f stark abgefressen Kontrollerhebung Torfmoos e total übrig e Moose total 10 kurz geschnillen Doppelerhebung Stri! ucher total Elngriff 1Stôrung Bau metolal
f Bod an % Grad (Ieicht 1millell schwer) Unterschied im LB erkennb.
romasse 5 Ze~punkt des Eingriffs Grund: Vegetation ner Torf 1 Ze~angabe sicher Grund: organisatorisch oHe ner Mineralboden X Zeitangabe unsicher - Zeitpunkt unbekannt oHe ne Wasserfliiche X
Gafllsspflanzan ict.KSB Acer pseudoplatanus Deschampsia cespitosa Oreopteris limbosperma Acon~um compactum Drosera rolundifolia Parnassia palustris Agrostis capillaris Dryopleris carthusiana Phyteuma spicatum Agrostis stolonifera Dryopteris filix-mas Pieea abies Ajuga reptans Epipaclis palustris Pinguicula vulgaris Alchemilla vulgaris aggr. Equisetum arvense Pinus mugo subsp_ uncinata Alnus incana Equisetum palustre Plantago lanœolata Angelica sylvestris Equisetum sylvaticum Platanthera bifolia Anthoxanthum odoratum Eriophorum angustifolium Polygala vulgaris subsp. vulg. Athyrium filix-femina Eriophorum latifolium Polygonum bistorta 3 Avenella f1exuosa Eriophorum vaginatum Potentilla erecta 4 Bartsia alpina Euphrasia rostk. subsp. roslk. Primula elatior subsp. etatior Belula pubescens Fesluca rubra aggr. Primula farinosa Blechnum spicant Filipendula ulmaria Prunella vulgaris Brizamedia Fragaria vesca Ranunculus acris sUbsp. !ries. Calamagrostis varia Frangula alnus Ranunculus nemorosus aggr. Calluna vulgaris Fraxinus excelsior Ranunculus tuberosus Ca~ha palustris Galium album Rhinanthus alectorolophus Caiycocorsus stip~atus Galium palustre Rhinanthus minor Campanula rotundifolia Galium uliginosum Rubus fruticosus aggr. L. Carex davalliana Gentiana asclepiadea Rubus idaeus Carex echinata 2 Geranium sylvaticum Rumex acetosa Carex ferruginea Gymnadenia conopsea salix aurila Carex ftacca Hieracium murorum aggr. SarlX cinerea Carex Hava Holcus lanatus Sanguisoma officinalis Carex hosliana Homogyne alpin a Scirpus sylvaticus Carex nigra 3 Hypericum maculatum subsp. mac. Silene flos-<:uculi Carex pallescens Juncus alpinoarticulatus Solidago virgaurea subsp. minuta Carex panieea Juncus articulatus Somus aria Carex paniculata Juncus effusus Somus aucuparia Carex pilulifera Knautia dipsacifolia subsp. dips. Succisa pratensis Carex pulicaris Lathyrus pratensis Swertia perennis Carex rostrata Leontodon hispidus Taraxacum officinale aggr. Carex sylvatica leucanthemum vulgare aggr. Tofieldia caiyculata Cerastium fonlanum subsp. vu Linum catharticum Trichophorum cespftosum Chaerophyllum hirsutum Listera ovata Ttifolium pratense Cirsium oleraceum Lotus comiculatus aggr. Trollius europaeus Cirsium palustre - '2 Lotus pedunculatus Tussilago farfara Cirsium rivulare Luzula multiflora Vaccinium myrtillus Colchicum autumnale Lysimachia nemorum Vaccinium oxycoccos
Crepis paludosa Melampyrum pratense Vaccinium uliginosum Cynosurus cristatus Melampyrum sylvaticum Vaccinium vitis-idaea Dactylis glOme rata 1 Menyanthes trifoliala Valeriana dioica Dactylorhiza fistulosa Molinia caerulea Veratnum album Dactylorhiza maculata Myosotis scorploides Vlbumum opulus Danthonia decumbens Nardus stricte .viola paluslris
1 La Chaux d'Abel BE SP 14 Flachen-Nr, 9037
Moose Flnr (Probe) Platz fOr Ergllnzungeo ! cf K S B Flnr (Probe) Attichum undulalum Aulacomnium palustre L~'_I_ 1 Bazzania triIobaIa f- I- - - -- Brachythecium rutabulum CalrMlIllOn stramineum Calliergonella cuspidata 1- - - 1- - --- Campylium stellatum tt- I- 1---
Campylopus flexuosus Cirriphytlum piliferum 1- 1- - l -1·-- 1-1 1- - - Climacium dendroides 2 -- Craloneuron commutatum Cratoneuron filicinum --- Ctenidium molkiSCOOl Dicranodontlum denudatum t f--- 1'"1 f- I-
Dicranum bonjeanli - Dicranum polysetum
--- Dicranum scoparium l, - 1- - - Drepanocladus exannulatu
-f- ~
Drepanocladus revolvens - - - - Eumynehium slriatum Fissidens adianlhoides E 1-- -- - - - '1 HyIocomium pyrenaicum 11 Il -""' HyIocornium s,.ndens Hypnum cupressifonne L- Leucobryum glaucum Plagiochilà aspienloides H
l Plagiomnium affine 1 1 - -- Plagiomnium undulatum Plagiolhecium undulatum , -- - l, 1 -- PleuroIium schreberi Polytrichum commune - - !
Polytrichum fonnosum Polytrichum strictum [- - 1-1- - Plilium crisI&-c8Strensis - -'- Rhizomnium punctatum - Rhytidiadelphus Ioreus -- Rhytidiadelphus squarrosu s 3 -- - Rhytidiadelphus triquetrus - Scleropodium purum --- - Sphagnum capilrifoijum Sphagnum centrale Sphagnum compaèlum 1-- 1- -
-- - L.L i Sphagnum contortum Sphagnum cuspidatum Sphagnum gilgensohnii l Platz fOr Bemerllungln -
- Sphagnum magellanlcum X1 12 Sphagnum palustre X2 9037 EnA1I6sserunfl.SfJ.:.6t:!Jn!lis ouf den Mlnerolboder. Sphagnum papillosum Sphagnum quinquefarium Sphagnum recurvum L --
Sphagnum subeecundum Sph~um tenelkim - f-- Sphagnum wamstorfii Thuidium I8COgnitum [ - -- - --- Thuidium lamariscinum Tomenlypnum nitens --- Tortella lortuos
_.
-
DARIUS WEBER
Suivi des effets de la protection des sites marécageux 6.1.3 1 JUSTIFICATION ET OBJECTIF
Le suivi de la conservation des marais sert principalement d'instrument de direction à l'OFEFP (Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage) pour garantir la qualité de la protection des marais. En outre, le public intéressé souhaite également recevoir des informations sur la manière dont le mandat constitutionnel de 1987 (art. 78 al. 5 de la nouvelle Constitution fédérale) est rempli. Le concept global du suivi de la conservation des marais est exposé dans le volume 1, contribution 6.1.1.
1.1 Définir les besoins d'action dans la protection des sites marécageux
Le suivi des effets examine tout d'abord si l'évolution effective des sites marécageux correspond aux objectifs ("efficacité"). Le but est atteint lorsque les valeurs paysagères de tous les sites marécageux correspondent durablement aux prescriptions de la Constitution et de la loi. Le succès de la protection des sites marécageux peut donc être mesuré comme la différence entre l'état visé et l'état effectif (le but est atteint lorsque cette différence est nulle). Des divergences indésirables de la qualité du paysage par rapport à l'état visé dans le sens de la Constitution fédérale peuvent nécessiter les actions suivantes:
Améliorer la mise en œuvre des mesures de protection prescrites par la loi et l'ordonnance.
Décider des mesures de protection supplémentaires ou plus adéquates.
Seule une analyse commune des résultats du suivi des effets et du suivi de la mise en œuvre (voir volume 1, contribution 6.1.4) peut montrer si les problèmes résident dans une mise en œuvre insuffisante des mesures de protection (effectivité insuffisante) ou dans le manque de mesures de protection adéquates (p. ex. au niveau de la loi ou de l'ordonnance ). , MANUEL CONSER· VATION DES MARAIS EN SUISSE
1.2 Présenter les succès de la protection des sites marécageux
Lorsque l'évolution des site marécageux correspond aux objectif iJ faut Je fajre avoir tant à l' xtérieur qu 'à 1intérieur de J'admini tration. Mai si cerlain but de protection n ont pa été atteints, cela ne signifie pas néce 'airement que les mesures pri es ju qu'ici il ont pa' eu d'effet . Dan ce ca il faut montrer dan' queUe mesure une évoJutionencore plus négative a pu être évitée et où la protection du site marécageux a eu une influence positive ur son évoluli.on. Le ca échéant il fa ut évidemment au i montrer dan quel domaine la protection des 'ites marécageux a échoué.
Une tâcbe importante du sujvj de la protection des sites marécageux consi te à montrer, mtout là ou les objectif n ont pa entièrement été atteints jusqu à quel point 1évolution du paysage a été influencé par des m sure ciblée. POUT dlfférente rajson 1 effets de la protection des sites marécageu ne peuvent pas êtTe chiffrés exactement, mais il faut au moins montrer les relations de cause à effet importantes et plau ibles.
..1;
6.1.3 2 LE CONCEPT DU SUIVI DES EFFETS DE LA PROTEC- TION DES SITES MARECAGEUX
2.1 Délimitation du système
Le suivi des effets se limite aux objectifs de protection définis et aux paysages désignés par le Conseil fédéral, c'est-à-dire à l'ordonnance sur les sites marécageux du 1er mai 1996 (OSM):
88 sites marécageux selon l'annexe 1 OSM ainsi que l'objet 268 Grimsel, pas encore définitivement délimité;
les limites de ces objets selon l'annexe 2 OSM (87'365 ha au total);
les objectifs visés ("buts de protection") selon art. 4-8 OSM.
Selon le texte de la Constitution, le but prescrit pour la protection des sites marécageux consisterait dans la conservation de la qualité du paysage en son état de 1983. Depuis, de nombreux objets ont subi des modifications qui sont difficiles à dater et encore plus difficiles à quantifier. Pour des raisons pratiques, le suivi des effets de la protection des sites marécageux se base donc sur l'état des objets vers 1996 (moment de l'entrée en vigueur de l'OSM). De plus, à cette époque, tous les acteurs importants connaissaient les objectifs définis pour chaque paysage et leurs limites. Le renoncement à la reconstruction de conditions antérieures constitue une simplification notable pour le travail pratique.
2.2 Déceler rapidement les développements importants
Le but de protection général selon art. 23c al. 1 LPN consiste à "sauvegarder les éléments naturels et culturels des sites marécageux qui leur confèrent leur beauté particulière et leur importance nationale". Ces éléments sont nombreux, divers et relativement individualisés dans les différents sites marécageux. Le suivi des effets ne peut donc MANUEL pas évaluer toutes les modifications des éléments constitutifs de la CONSERvaleur de tous les sites marécageux. Cela n'est toutefois pas nécessaire VATION DES du fait de sa fonction dans le cadre de l'assurance de qualité de la pro- MARAIS EN SUISSE tection des sites marécageux.
La priorité doit être donnée aux améliorations générales de la protection des sites marécageux dans les types de modification contraires aux objectifs visés qui s'avèrent problématiques au-delà du cas parti-
culier. Cela s'applique principalement aux modifications qui endommagent la qualité du site de manière grave et/ou irréversible. Les modifications du site contraires aux objectifs doivent être décelées
lorsqu'elles apparaissent dans plusieurs sites marécageux (et constituent de ce fait un problème général de la protection des sites marécageux);
lorsqu'elles concernent des éléments du paysage essentiels pour la qualité des sites marécageux (du fait que dans ce cas la protection des sites marécageux contribue fortement à la conservation de la beauté particulière et de l'importance nationale);
lorsqu'elles ne sont que difficilement réversibles (du fait que les améliorations de la protection des sites marécageux sont urgentes).
Au cours de la première phase de la protection des sites marécageux, une période de 5 ans est prescrite pour mettre en évidence des développements éventuellement contraires aux objectifs (de légères dérogations s'avèrent parfois nécessaires pour des raisons pratiques). Lorsque les premiers contrôles ont des résultats positifs (pas de renforcement de la protection nécessaire), cet intervalle entre deux observations peut être prolongé.
2.3 Relevé de modifications importantes
Contrairement à ce qui se passe pour le suivi des effets de la protection des biotopes marécageux (voir volume 1, contribution 6.1.2), il n'est pas possible de se contenter d'un échantillonnage des objets protégés pour les sites marécageux. Il y a deux raisons à cela: l'individualité marquée des objets protégés et le problème des événements rares.
Les sites marécageux d'une beauté particulière et d'importance nationale sont "uniques en leur genre" ou "font partie des sites marécageux les plus remarquables dans un groupe de sites comparables" (art. 23b al. 2 LPN). Ce caractère unique interdit à lui seul d'examiner des sites marécageux en tant que représentants d'un groupe.
Nombre de modifications potentiellement contraires aux objectifs s'avèrent rares indépendamment des mesures de protection. Ainsi au cours des années 80 p. ex., seuls 0,08 bâtiments ont été construits en dehors des localités et 100 m de nouvelles routes construits par an et par kilomètre carré dans les paysages des montagnes suisses qui ne
6.1.3 sont pas particulièrement protégés (OFAT/OFEFP, 1994). L'intérêt à construire dans les sites marécageux est de plus - indépendamment de leur statut protégé - certainement nettement inférieur que dans les paysages moyens de la Suisse du fait de leur situation et de leur environnement. D'éventuelles constructions contraires aux objectifs dans les sites marécageux (une petite partie seulement des nouvelles constructions) ne pourraient donc être recensées par échantillonnage au cours d'une période de 5 ans que si la protection n'avait pratiquement pas d'influence sur les activités de construction.
2.4 Appréciation des relations de cause à effet
Les indicateurs sont des carac- Les indicateurs sont définis autant que possible dans la perspective de téristiques mesurables des sites marécageux utilisés pour le suivi l'appréciation des relations de cause à effet, de manière à permettre la des objectifs de protection qui comparaison des modifications des sites marécageux avec des données ne sont pas directement mesuraéquivalentes d'autres régions. Ces comparaisons ne sont toutefois pla- bles. Ces indicateurs ne sont généralement pas explicites, nifiées définitivement que pour un petit nombre d'indicateurs recensés mais doivent être interprétés. La de façon routinière (p. ex. constructions). réduction d'un but de protection complexe comme p. ex. "Con- Pour quelques indicateurs, il ne sera pas possible de procéder à une servation de tous les marais" en un indicateur "Modification de appréciation standardisée des causes à effets du fait de l'absence de surface de tous les marais" signidonnées comparables. De plus, quelques éléments précieux du pay- fie que le suivi des effets de la sage n'existent en Suisse que dans les sites marécageux (présence de protection des sites marécageux ne peut enregistrer les changecertaines espèces), si bien qu'il n'est pas possible de faire des compaments éventuels des innombraraisons avec le développement de régions qui ne bénéficient pas de la bles caractéristiques précieuses protection particulière aux sites marécageux. des marais. Un appauvrissement de la flore marécageuse ne sera pas décelé, bien qu'il soit contraire au but et constitue un 2.5 Effets visés et indicateurs échec.
Les effets visés par la protection des sites marécageux sont définis dans la Constitution, la Loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN) et l'Ordonnance sur la protection des sites marécageux (OSM). 1 MANUEL Il y a des objectifs qui sont valables pour tous les sites marécageux (p. CONSERex. pas de nouvelles constructions et installations; conservation de tous VATION DES les marais, éléments géomorphologiques, biotopes, espèces rares et MARAIS EN SUISSE menacées) et d'autres objectifs supplémentaires spécifiques à certains Tab. 1: Effets visés ("Buts de proobjets (p. ex. pour les éléments culturels et les modèles de coloni- tection") et indicateurs du suivi des effets de la protection des sites sation). marécageux. En italique: indicateurs qui ne peuvent être recensés pour le moment pour des raisons de coûts.
Effets visés (Bases légales) Indicateurs
Pas de nouvelles constructions et • Le nombre des modifications des constructions et installations d'infrainstallations (art. 78 al. 5 cst.) structure par km2 de sites marécageux, relevées sur la base de la carte nationale au 1:25'000, pour autant qu'il ne s'agisse pas d'exceptions conformes au but de protection. • La longueur des modifications du réseau routier par km2 de sites marécageux, relevées sur la base de la carte nationale au 1:25'000, pour autant qu'il ne s'agisse pas d'exceptions conformes au but de protection.
Conservation de tous les marais • Les modifications de surface de tous les biotopes marécageux. (art. 23b al. 1 LPN) • Les modification de surface de tous les biotopes marécageux intacts. .: . .
Conservation de tous les éléments • Le nombre des décharges et gravières nouvelles ou agrandies, relevées géomorphologiques sur la base de la carte nationale au 1:25'000 (art. 4 al. 1 let. b OSM) • Le nombre de modifications de dolines et talus, relevées sur la base de la carte nationale au 1:25'000, pour autant qu'il ne s'agisse pas de modifications naturelles. • La surface des champs sur sols organiques.
Conservation des autres biotopes • La proportion des surfaces de forêt dont le rajeunissement n'est pas optiselon art. 18 al. Ibis LPN mal par rapport à la surface des biotopes forestiers dont la conservation exige des interventions de rajeunissement.
La proportion des biotopes forestiers soumis à des interventions, pour autant qu'il s'agisse de biotopes dont la conservation n'exige pas d'interventions de rajeunissement.
Les modifications de surface de prairies extensives subventionnables des exploitations agricoles dans les sites marécageux.
Les modifications des étendues d'eau en dehors de la forêt.
Les modifications de longueur des cours d'eau en dehors des forêts et marais.
Les modifications de surface des biotopes alluviaux.
Les modifications de longueur de lisières de forêt et de haies.
Conservation des éléments culturels • La proportion des éléments culturels inventoriés soumis à une destruction active qui justifient l'importance nationale • La proportion des éléments culturels inventoriés soumis à une perturba- (art. 4 al. 1 let. b OSM) tion active • La proportion des éléments culturels inventoriés soumis à une dégradation passive.
Conservation des constructions • Le nombre de nouveaux bâtiments qui ne correspondent pas par la dimentraditionnelles qui justifient l'im- 2 sion et l'aspect aux constructions historiques par km de sites marécageux. portance nationale • Le nombre de bâtiments transformés et agrandis qui correspondent par la (art. 4 al. 1 let. b OSM) dimension et l'aspect aux constructions historiques par km 2 de sites marécageux.
Le nombre de bâtiments effondrés parmi ceux recensés comme ayant une valeur historique.
Le nombre de bâtiments disparus parmi ceux recensés comme ayant une valeur historique.
6.1.3
Effets visés (Bases légales) Indicateurs
Conservation des structures tradi- • Le nombre de nouvelles constructions/instaUations érigées en dehors tionnelles qui justifient l'importance des habitats traditionnels, relevées sur la base de la carte nationale au nationale (art. 4 al. 1 let. b OSM) 1:25'000, par km2 de sites marécageux.
Conservation des espèces végétales • Les modifications du nombre d'oiseaux d'eau hivernant dans le site ma- et animales menacées et rares récageux (individus) en janvier (au total et par espèce). (art. 4 al. 1 let. c OSM) • Les modifications de la proportion des oiseaux d'eau (individus) hivernant dans le site marécageux par rapport à l'ensemble des oiseaux d'eau hivernant en Suisse en janvier (au total et par espèce).
Les modifications du nombre de couples nicheurs d'espèces choisies dans des sites marécageux choisis.
La différence entre les modifications relatives du nombre total de couples nicheurs d'espèces choisies dans les sites marécageux et les modifications relatives en Suisse en dehors des sites marécageux.
Les modifications du nombre de surfaces de 25 ha à l'intérieur des sites marécageux qui abritent certaines espèces de papillons et de libellules (pour chaque espèce séparément et pour l'ensemble des papillons et des libellules).
La différence entre les modifications du nombre d'espèces choisies de papillons et de libellules recensées à l'intérieur des sites marécageux et les modifications pour la Suisse en dehors des sites marécageux.
Exploitation agricole durable, • Les modifications du nombre des unités de gros bétail par ha de surface conforme aux objectifs de protection agricole utile des exploitations situées dans les sites marécageux. (art. 4 al. 1 let. d OSM) • Les modifications de la proportion d'exploitations PI et Bio reconnues par rapport à l'ensemble des exploitations dans les sites marécageux.
Les modifications de surfaces de prairies extensives et peu intensives subventionnables des exploitations sises dans les sites marécageux.
Les modifications du nombre d'unités de gros bétail consommant des fourrages grossiers par alpage dans les sites marécageux.
Les modifications de surfaces d'alpages pâturés par des moutons, dans lesquels les surfaces marécageuses ne sont pas toutes clôturées.
La surface d'alpage pâturée par du bétail autre que les moutons, où une charge minimale de bétail est nécessaire.
Exploitation forestière durable, • La proportion de surface de nouveau rajeunissement en station par rapconforme aux objectifs de protection port à l'ensemble du rajeunissement. (art. 4 al. 1 let. d OSM) • La proportion de surface rajeunie natureUement par rapport à l'ensemble
• du rajeunissement. La proportion de réserve forestière assurée juridiquement pour au moins 50 ans. MANUEL CONSER- VATION DES Objectifs particuliers pour quelques pas d'indicateurs prédéfinis, examen individuel des modifications significa- MARAIS sites marécageux selon l'annexe tives qui ne sont pas enregistrées par les indicateurs généraux. EN SUISSE
2 OSM (art. 4 al. 2 OSM)
Les objectifs de la protection ne sont pour la plupart pas directement mesurables. C'est pourquoi le suivi des effets de la protection des sites marécageux doit travailler avec un système de mesure basé sur les indicateurs qui ne décrivent qu'une partie des complexes objectifs de protection (voir tab. 1). La possibilité de mesurer objectivement des indicateurs est une condition pour les comparaisons sans lesquelles le suivi des effets est impossible.
Autant que possible, les indicateurs seront choisis de manière qu'ils puissent être calculés sur la base de données disponibles indépendamment du suivi des effets de la protection des sites marécageux. Le choix constitue un compromis entre les exigences de complétude, de précision et de comparabilité avec des données extérieures aux sites marécageux d'une part et l'ampleur des coûts de relevés, la simplicité et d'autres critères d'autre part. Le grand nombre d'indicateurs (voir tab. 1) se justifie largement par la complexité des objectifs fixés.
3 APERÇU DES INDICATEURS
Bien que l'étendue et la précision du suivi des effets de la protection des sites marécageux aient été dès le départ limitées au strict nécessaire, la liste des indicateurs a dû être encore raccourcie après l'achèvement des travaux préparatoires pour des questions de coûts (voir tab. 1). Les indicateurs restants concentrent le suivi des effets sur les objectifs de protection suivants:
la prévention de constructions contraires au but de protection (explicitement formulée dans la Constitution);
la conservation des marais (éléments centraux des sites marécageux);
l'exploitation agricole et forestière adaptée (très importante pour le paysage, menace potentielle supposée élevée).
Il est possible que dans le cours de l'évolution à long terme des sites marécageux, de leur protection et des menaces potentielles, les priorités des besoins d'information concernant certains objectifs et formes de menaces changent. Il est donc probable qu'à l'issue de la première période de relevés, certains indicateurs soient abandonnés ou simplifiés et que par contre d'autres soient ajoutés.
6.1.3 4 EXEMPLES D'INDICATEURS ET DE METHODES DE RELEVES En présence de constructions et d'installations, il faut toujours vérifier si elles servent à (a) l'entretien du biotope
4.1 Constructions et instaUations (b) une exploitation agricole ne
contredisant pas les buts de pro- La motivation principale de l'initiative de Rothenthurm était de tection (c) une exploitation forestière ne prévenir de nouvelles constructions et installations. Le suivi des effets contredisant pas les buts de prode la protection des sites marécageux doit donc absolument montrer si tection ce but a été atteint. Toutefois, comme la Constitution et l'art. 23d al. 2 (d) maintenir une localité typIque let. d LPN et l'art. 5 al. 2 let. d OSM citent des exceptions conformes (e) la protection de l'homme au but de protection, le suivi des effets pour l'objectif "pas de cons- contre les dangers naturels. tructions et d'installations" s'avère moins simple qu'il n'y paraît à pre- Si leur destination est différente, il faut en outre contrôler si elles mière vue (voir encadré). ont été autorisées avant 1997 sur la base de zones d'affectation Le suivi des effets doit vérifier si et dans quelle mesure le but "pas de conformément à la Loi fédérale constructions et d'installations" est atteint et pour quel type de cons- sur l'aménagement du territoire, même si elles ont été érigées tructions et d'installations ou dans quels sites marécageux il n'est pas plus tard. atteint. En outre, il faut évaluer autant que possible dans quelle mesure l'évolution de l'activité de construction a été influencée positivement (c.-à-d. conformément au but de protection) par la protection du site marécageux. Les indicateurs suivants sont relevés à cet effet:
Le nombre des modifications de bâtiments et d'installations d'infrastructure par kilomètre carré de site marécageux recensées sur la carte nationale au 1:25'000, pour autant qu'il ne s'agisse pas d'exceptions conformes au but de protection.
Les longueurs des modifications du réseau routier par kilomètre carré de site marécageux recensées sur la carte nationale au 1:25'000, pour autant qu'il ne s'agisse pas d'exceptions conformes au but de protection.
La valeur visée pour les deux indicateurs est = O. Toute construction ou installation recensée doit donc être considérée comme une déviation négative du but de protection. Pour apprécier l'étendue des éven- 1 MANUEL tuelles déviations de la valeur visée, on estime le nombre de construc- CONSER· tions et installations similaires réalisées par unité de surface et de VATION DES temps dans des régions comparables de Suisse en dehors des sites MARAIS EN SUISSE marécageux.
Fig. 1: Exemple de classement des changements de symboles sur la carte nationale au 1: 25'000 (l'exemple provient du développement de la méthode; il ne concerne pas la période d'observation du suivi des effets de la protection des sites marécageux).
A = corrections de la carte (pas de nouvelle construction) B = nouvelle construction, conforme au but (bâtiment agricole autorisé) ... . C = nouvelle construction, contraire au but (érigée sans autorisation spéciale) D = nouvelle construction, contraire au but (bâtiment non agricole) E = extension contraire au but (érigée en partie à travers le biotope marécageux) Reproduit avec l'autorisation de l'Office fédéral de topographie
Fin 2004, on disposera pour la première fois des chiffres différenciés par type pour chaque site marécageux et pour l'ensemble des sites. Les modifications seront recensées sur la base des cartes nationales au 1:25'000 les plus récentes publiées d'ici 2004.
Les étapes suivantes sont nécessaires pour déterminer les indicateurs: J .
1 Recensement des constructions et installations potentiellement
neuves ou agrandies sur la carte au 1: 25'000 (symboles nouveaux, agrandis, modifiés, déplacés ou supprimés sur la mise à jour effectuée tous les 6 ans).
2 Vérification des modifications dans le terrain (distinction entre les
modifications effectives et les corrections de la carte nationale).
3 Examiner s'il s'agit, le cas échéant, d'une construction, installation
ou modification de terrain conforme au but de protection (documents de la procédure d'autorisation de construire; les constructions non autorisées et les constructions dans les biotopes marécageux d'importance nationale sont toujours considérées comme contraires au but). La décision quant à la conformité au but se prend sur la base des règles d'interprétation prescrites (voir encadré). En cas de doute, la décision sera prise par le service cantonal compétent pour la protection de la nature et du paysage.
6.1.3
4.2 Surface marécageuse
La surface marécageuse constitue le critère décisif pour qu'une région soit protégée en tant que "site marécageux d'une beauté particulière et d'importance nationale" (art. 23b LPN; HINTERMANN, 1992). Une perte de marais constituerait donc, davantage que d'autres atteintes, une contradiction au but de protection. Toutes les surfaces marécageuses doivent expressément être conservées et pas seulement les biotopes d'importance nationale. L'indicateur considéré ici est donc défini comme "modification de surface de tous les biotopes marécageux".
Le but de protection est considéré comme atteint lorsque la différence est ~ 0 (année du second - année du premier relevé). A partir de 2004, les chiffres suivants seront déterminés pour l'ensemble des sites marécageux et pour les régions (mais pas pour les différents sites marécageux):
La différence de surface des 5 dernières années exprimée en % de la dimension lors du premier relevé.
Domaine de fiabilité de 90% de cette différence.
La probabilité d'une différence négative en %.
Le relevé des modifications des surfaces marécageuses repose sur un échantillonnage. L'information sur les marais est fournie sous la forme de points topographiques avec l'attribut "marais" ou "pas marais". La modification de la surface des marais est estimée sur la base du nombre de points topographiques dont l'attribut a passé de marais à pas marais ou de pas marais à marais entre le premier et le deuxième relevé (couple de valeurs).
L'attribution des points topographiques à la catégorie "marais" s'effectue sur la base de la végétation, en tenant compte en particulier de la couverture boisée. Les boisés ("pas marais") sont définis de la même manière que pour la statistique des surfaces de l'Office fédéral MANUEL de la statistique. L'indicateur ne renferme donc aucune information CONSERsur le développement de parties de marais à densité de boisement éle- VATION DES MARAIS vée. Cela fournit d'une part une limite de marais bien reproductible et EN SUISSE d'autre part, pour les hauts-marais, une définition qui diverge quelque peu de celle de l'inventaire fédéral. En dehors des boisés, la décision marais/pas marais s'effectue sur la base d'un relevé de végétation d'une surface de 10 m2•
La définition de l'échantillonnage est identique à celle de la statistique des surfaces de l'OFS. Il est constitué de quelque 87'000 points ordonnés selon une grille de 100 m. Il est décidé pour chacun de ces points s'il est situé dans un marais ou non (il faut compter quelque 15'000 points marécageux, la précision atteignable étant donnée). Les travaux suivants sont nécessaires à cet effet:
1 Désignation comme "pas marais" de quelque 38'000 points qui ne
se situent pas dans des marais et ne peuvent pas évoluer en marais selon l'interprétation des photos aériennes de la statistique des surfaces (points situés principalement en forêt et en zone habitée).
2 Désignation de quelque 5'000 autres points sur la base des photos
aériennes de la statistique des surfaces comme points certainement "pas marais" (points situés principalement dans les lacs).
3 Les 44'000 points restants sont attribués aux catégories "marais" et
"pas marais" sur le terrain (localisation à 1 m près par GPS; clé de végétation pour une surface de 10 m2 similaire aux définitions utilisées pour les inventaires fédéraux; les cas limites sont décidés sur la base de listes d'espèces plus complètes). Dans les "cas clairs", on renonce à l'emploi d'une liste d'espèces complète et, dans les grandes surfaces homogènes, à la localisation exacte par GPS.
Le premier relevé s'effectue dans les années 2000-2003, le second est prévu à partir de 2004. C'est en 2004 que les modifications de surfaces de marais pourront être pour la première fois déterminées pour une partie des sites marécageux. En 2008, ce sera possible pour l'ensemble des sites marécageux. .1 .
4.3 Charge des alpages
Trois quarts des sites marécageux comprennent des zones d'estivage et sur deux tiers de ceux-ci, l'estivage du bétail constitue l'exploitation agricole dominante. Les conflits potentiels entre l'économie alpestre et les objectifs de la protection des sites marécageux consistent principalement dans un surpâturage (des marais) ou un surengraissement (voir volume 2, contributions 3.1.1 et 3.1.2). Un indicateur simple et peu coûteux à relever a été choisi pour apprécier l'économie alpestre: la modification du nombre d'unités gros bétail consommant des fourrages grossiers (UGBFG) par alpage dans les sites marécageux. L'UGBFG est le résultat d'un calcul standard dans lequel le nombre de différents groupes d'animaux estivés (p. ex. génisses, vaches laitières) et la différence de leurs besoins en fourrage
6.1.3 sont pris en considération. L'indicateur est déterminé pour les quelque 450 alpages qui se situent en totalité ou à plus de 50% à l'intérieur de La charge de bétail maximale sites marécageux. tolérable en fonction du but peut dans de nombreux cas être déduite des résultats de la plani- Une pâture adaptée est souhaitable dans les sites marécageux. C'est fication alpestre, si celle-ci pourquoi une valeur cible de la charge maximale supportable pour le répond à certaines normes. Pour nombre d'alpages, ces planificabut de protection doit d'abord être déterminée pour chaque alpage. tions ont été et sont élaborées en L'indicateur réellement intéressant est le "surpâturage", c. -à -do une relation avec la protection des éventuelle différence positive entre la charge effective et celle qui est marais (voir volume 2, contribuconforme au but. C'est pourquoi l'indicateur doit être calculé comme tion 3.1.2 et 3.2.1). Lorsque de telles planifications n'existent suit: pas ( encore), on peut provi- 1 Calcul d'une régression linéaire de l'UGBFG (chiffre déterminé soirement utiliser comme répar l'Office fédéral de l'agriculture) sur une période de référence férence les valeurs du cadastre alpestre ("exploitation anté- (pour équilibrer les variations annuelles). rieure") ou les valeurs du pre- 2 Calcul de la relation entre la valeur cible selon les planifications mier relevé. alpestres (voir encadré) et la valeur de régression calculée pour chaque alpage.
3 Calcul de la moyenne arithmétique du rapport calculé pour la région considérée (site marécageux, région). Le but est considéré
comme atteint pour une valeur ~ 1.
, MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
5 ORGANISATION ET REALISATION
Le suivi de eEfet de la protection des sites marécageux est élaboré g.lobalement par une communauté de travail ur mandat de IOFEFP. La première pha e e déroule ju qu'à fïn 2004. Le résultat eront tran 'mis par le mandataire au responsable du compte-rendu" qui Je meltra au net avec les résultats de autres uivi de la protection d marai à l'intention des différents groupes cibles.
Les lravaux Ul' le terrain ont nécessaires en premier lieu pour dé ternÜller les modification des urfaces de marai et pour examiner Je rajeunissement de forêts. Les programmes de travail correspondants serout élaborés en fonction des désirs des ervices cantonaux compétents et d projets du. 'uivi des effets de la protection des biotopes marécageux.
L e.xamen de nouvelles constructions et des agrandissements constatés sur la Calte nationale s effectue également en collaboration ave les services cantonaux. eJa permet à la fois d'assurer une certaine appréciation et de communiquer au service de première main quelles ont jes constructions qui ont examinées au niveau de leur coruonnité avec le but de protection.
6.1.3 6 EXEMPLES DE PRODUITS DU SUIVI DES EFFETS DE LA PROTECTION DES SITES MARECAGEUX
Les produits du suivi des effets de la protection des sites marécageux sont presque exclusivement des chiffres (valeurs d'indicateurs, modifications d'indicateurs, niveaux de fiabilité, probabilités). Seul le compte-rendu (voir volume 1, contribution 6.1.5) formule des messages pour les groupes cibles à partir de ces chiffres, en y incluant en général encore d'autres informations.
Le tableau 2 présente comme illustration les résultats possibles du suivi des effets de la protection des sites marécageux. Cet exemple est purement imaginaire.
Tab. 2: Produits possibles (chiffres) Constructions et installations du suivi des effets de la protection contraires au but visé dans des sites marécageux à titre d'exemles sites marécageux 1993 - 2003 révision annuelle par km2 et par an ple (les données sont fictives).
Nouveaux bâtiments 6 0.007 Bâtiments agrandis/transformés 10 0.011 Nouvelles routes et chemins 930m l.Om carrossables Routes et chemins carrossables 1740m l.9m améliorés
Constructions annuelles dans les sites marécageux et les régions sites marécageux régions comcomparables 1993 - 2003 parables
Nouvelles routes et chemins 3.0m/km2 18.0m/km2 carrossables Routes et chemins carrossables 6.0m/km2 16.0m/km2 améliorés
Conformité au but visé de l'exploitation forestière dans les MANUEL sites marécageux 1993 - 2003 effectif (ha) par objectif CONSER- VATION DES MARAIS Rajeunissements en station 650 ha 770 ha EN SUISSE Rajeunissements naturels 680 ha 640 ha Surface de réserves forestières 1'320 ha 1'180 ha
BIBLIOGRAPIllE ADRESSE DE VAUTEUR
FAT/OFEFP (1994): Le paysage Oariu Weber us pre sion. uite. Tran formation Hi.nlermann & Weber AG du pay age suisse: Chiffres el' inter- Po lfach dépendances. Péri de d'ob e.rvalion: 4U8 Rodersdo,rf 1978-1989. 56 p.
HJNTERMANN, U. (1992): Invenraire des ires marécageux d'une beauLé pru-ticLÛière el d'importance nationale. Cahier de 1envir nne- TRADUCTION ment !lO l68 Berne, Office fédéral de l'environnement, des forêts el du payage. Yv . B l'ger Ingénieur forestier EPFZ 1 lA hemin Monlant l4 2017 Boudry
Manuel on ervation de marai. en Sui el
FRIDLI MARTI
Suivi de la mise en œuvre de la protection des marais 6.1.4 1 OBJECTIFS
Le suivi de la mise en œuvre de la protection des marais a pour objectif de caractériser la mise en œuvre de la protection des marais du point de vue de la Confédération, sur la base d'un petit nombre d'indicateurs choisis. Deux buts sont ainsi poursuivis:
élaborer une image de l'état de la mise en œuvre et
montrer les possibilités de correction et d'optimalisation.
Il ne s'agit toutefois pas d'un contrôle de l'exécution au niveau cantonal. Le contrôle du respect des conventions d'exploitation dans Le suivi de la mise en ouvre les sites marécageux d'importance nationale n'est par exemple pas s'interesse aux moyens engagés. En d'autres termes, on se couvert non plus. demende si des moyens ont été mobilisés, de quelle manière ils Les premières interprétations du suivi de la mise en œuvre sont dispo- l'ont été, quel a été le succès de l'opération et, enfin, quelle a été nibles depuis l'automne 1998 et d'autres sont en cours. Les objectifs du son efficacité. suivi de la mise en œuvre sont relativement ouverts et permettent une Le suivi de la mise en ouvre adaptation à des questions surgissant à court terme. Dans l'ensemble, comprend deux volets. Le premier volet consiste à savoir si on le suivi de la mise en œuvre est fortement marqué par les besoins aca vraiment mis en ouvre les tuels de la Confédération et des cantons. Il en résulte de nombreux mesures projetées et, si oui, dans parallèles à l'actuelle activité de conseil et de soutien des cantons dans quelle mesure et de quelle la protection des marais. manière. Dans ce contexte, on se demande si les changements de comportement ont été observés Le suivi de la mise en œuvre fournit des résultats plutôt moins précis (comparaison entre état visé et (tendances) que le suivi des effets. En revanche, il peut être utilisé état initial; effectivité). Le second volet du suivi de la mise rapidement et à un coût acceptable pour l'optimalisation de la mise en en ouvre s'attache à l'impor- œuvre de la protection des marais. Une méthode orientée vers le trai- tance des moyens qui ont été tement telle que celle-là permet de se focaliser constamment sur les nécessaires pour mettre en points critiques de la mise en œuvre. En revanche, les séries de me- ouvre des mesures, pour créer des produits, pour provoquer un sures scientifiquement irréprochables à long terme sont surtout du do- changement du comportement maine du suivi des effets. Ainsi, ces deux dimensions du suivi se com- des acteurs ou encore pour plètent très bien. modifier l'état de la nature (efficience). MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
310.710.9811 250 01.01 47332 l
2 CONTENU DU SUIVI DE LA MISE EN ŒUVRE
e sui vi de la mi e en œuvre lraite en principe plus;eur a pect de la pr teclion des marais. Le pre cription de différente. rdonnances jouent un rôl e ent iel à cel effet. Les problèmes sui ant se situenl au premier plan:
Problèmes immédiats et évolu tion indé 'il'ab le dan certain marai ou sites marécageux (p. ex. attein tes importantes, etc.) et J s mesures cie correctiOn CO lT spondantes.
Etat cl la protection des marai . dan les différent cantons n comparai OD ave.c 1 pre cription d ordonnance correspondante mise en évidence d éventuels problèmes spécifiques aux canton corrections el optimaEsations pos ible .
,outren de' cantons dans la mise en œuvre par des pre tation ct de aides de travail et évaluation des prestations de J'OFEFP.
Flux fi nancier en relation avec la mise en œuvre de la protection de ' mru'ai ' el indication des optimali atioll J os ibles.
Efficacit ' coût et faisab iJüé de dif(érente mesures par exemp.le dan le domaine des régénérati ns (en relation avec le ré ultats cl ui vi des e(fets).
Acceptation de la protection des marai par le agricul t ur 1 commune I.a p pulati D, le politicien etc. et m cliIicalion cone - pondante dans 1 xploitation d mru'ai et de sire 111 <1.récageux.
6.1.4 3 THEMES ACTUELS DU SUIVI DE LA MISE EN ŒUVRE
On ne récolte pas des données pour tous les problèmes mentionnés. Les procédés et instruments suivants sont à l'ordre du jour:
Compte rendu des cantons (art. 10 OSM) sur l'état de la protection des sites marécageux sur la base d'un questionnaire: Cette enquête auprès des cantons montre où en est la protection des marais et quels problèmes ont surgi dans sa mise en œuvre. Ces informations permettent à l'OFEFP de réagir aux problèmes et d'adapter la planification à l'état de la mise en œuvre. Le questionnaire est discuté et rempli à l'occasion d'une visite de représentants de l'OFEFP auprès des différents cantons. Ce procédé a fait ses preuves, car il permet d'une part de discuter immédiatement les questions et les problèmes et d'autre part d'éviter dans une large mesure des malentendus dans la réponse aux différentes questions.
Signalisation des atteintes: Les atteintes dans les biotopes et les sites marécageux d'importance nationale sont recensées par le service de coordination de la protection des marais de l'OFEFP et systématiquement mises à jour. L'OFEFP souhaite par ce biais identifier et thématiser le plus rapidement possible les problèmes généraux d'application. Les annonces proviennent de différentes sources, également du suivi des effets de la protection des biotopes et des sites marécageux. L'OFEFP transmet les annonces d'atteintes aux services cantonaux compétents, afin qu'ils prennent les mesures nécessaires.
Avis de l'OFEFP selon art. 17 et 22 OPN: En principe, cet instrument donne la possibilité à la Confédération et aux cantons d'assumer leur responsabilité pour la protection des biotopes d'importance nationale à leur niveau respectif et de collaborer en partenaires dans la définition des mesures de protection et d'entretien. Une première évaluation des effets de cette consultation est en préparation.
Evaluation des prestations de l'OFEFP: MANUEL Les prestations et les aides de l'OFEFP font l'objet d'une évaluation CONSERdans le cadre des visites de ses représentants dans les cantons qui se VATION DES déroulent à peu près une fois par an. MARAIS EN SUISSE
Diverses évaluation , conection e l optimalisa Lions sont en com dan le cadre de l'activité de conseil pOUl" la protection des marai introduite il ya plu 'i,eur années. L'évoluti (l (utw'e de la protection de l1l arai fera urgir d autres thèm.es c l priorités p OUl' le suivi de la mi. e en œuvre.
4 ORGANISATION
L OFEFP e t responsa bl de J'exécuti n du suivi cl la mis en œuvre. L utili at100 des résultats d i:ID la pratique s'effectue en étroite collaboration a ec les . ervice . de con eils existants.
6.1.4 LITTERATURE CHOISIE ADRESSE DE L'AUTEUR
MARTI, F /WALD IS, R. (1998): ridli Marti Erfolg kontrolle M or chutz quadra mbH chweiz: K nzept und MeLhoden. Beratu ngsgemei n cha ft fil .. Teil 1: AlIgcmeines. frice [édéral Nalursch uIZ und Lan Iwirt chafl de l'envi ronnement, de la forêl et Büeh Islra . e 7 du paysage Berne, 7 p. (Docu- 8753 lolli ment de travail iOlerene).
MAUR ~ R, R./MARTI F.( 1999): Term inologie pour le suivi d me ure de protection de la nature TRADUCTION et du pay age. Rec mmandation . érie Lelwironnement pratiqu . Office fédéral de l'environnement, Yve Berger de la forêt el du paysage Berne, Ingénieur fore li r EPFZ/ fA 32 p. hemin MOlltant l4
20.1.7 Boudry
Manuel on erva Lion cl mara i en uisse 1
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
FRIDLI MARTI
Compte rendu du suivi de la protection des marais 6.1.5 1 BUT ET OBJET DU COMPTE RENDU
Le compte rendu sert, pour l'essentiel, à la préparation des résultats du suivi de la protection des marais de Suisse et à leur diffusion aux différents destinataires. Il peut être compris comme la partie communication du suivi et doit mettre en évidence les actions à réaliser pour optimaliser la situation actuelle. Le compte rendu fournit des informations:
sur les mesures prévues et réalisées;
sur les modifications du paysage et
sur les succès et les échecs.
La récolte des données s'effectue dans les différents domaines du suivi (cf. volume 1, contribution 6.1.4). Le rapport fait la synthèse des différents résultats.
La tâche principale du compte rendu est la transmission d'informations et la communication durant la phase d'exploitation. Il contribue surtout, durant la phase de mise en place du suivi de la protection des marais, à coordonner la récolte des données avec les besoins divers des groupes cibles.
Récolte de données sur: Fig. 1: Position du compte rendu.
Suivi des effets ,- Biotopes marécageux
Problématique Compte rendu du suivi Suivi de la sur le suivi de la protection mIse en œuvre de la protection des marais des marais
-., Sites Suivi des effets marécageux - Divers , MANUEL destinataires CONSER· VATION DES MARAIS EN SUISSE
310.710.9811 250 01.01 47332 l
Le compte rendu sur le suivi de la protection des marais poursuit donc deux objectifs:
Les résultats du suivi de la protection des marais de Suisse sont préparés et diffusés à l'intention des groupes cibles. Ces derniers sont informés de l'état de la mise en œuvre de la protection des marais, des succès et échecs, ainsi que des optimalisations et corrections possibles ou nécessaires.
Le compte rendu fait prendre conscience aux différents groupes cibles de la contribution qu'ils peuvent apporter au succès de la mise en œuvre de la protection des marais et augmente leur motivation à fournir cette contribution.
La qualité du compte rendu est déterminante pour le succès de l'ensemble du suivi. Une représentation des résultats si bonne et si belle soit-elle n'amène pas au but si les résultats ne sont pas compris par les groupes cibles.
Le compte rendu sur le suivi de la protection des marais présente deux interfaces essentielles avec des domaines qui dépassent le projet "Suivi de la protection des marais":
Concernant le travail d'information et de relations publiques dans la protection des marais: Le compte rendu met à disposition des relations publiques des faits essentiels relevant du suivi.
Au sujet du suivi d'autres projets (surtout inventaires) au niveau fédéral: Les suivis d'autres projets fournissent des informations qui peuvent en partie compléter le compte rendu du suivi de la protection des marais. Cela permet de fournir des informations plus complètes.
6.1.5 2 DELIMITATION DU COMPTE RENDU
Les tâches du compte rendu relatif au suivi protection des marais peuvent être différenciées des instruments et procédures apparentées au Tab. 1: Délimitation du compte moyen du tableau suivant: rendu.
Aspect Tâches du compte rendu Pas du ressort du compte rendu
111èmes / objet Diffusion des résultats du suivi de la Informations sur le suivi du compte rendu protection des marais de Suisse Relations publiques
Récolte et gestion Collaboration à la définition des données Récolte des données (acquisition des des données et informations pertinentes et nécessaires données brutes) pour le compte rendu (précisions / Gestion des données auprès des sercompléments), p. ex. au niveau des méta- vices responsables, Centre des dondonnées (description des données) nées nature et paysage (CDNP), etc.
Gestion d'un catalogue de données de Archivage à long terme travail utilisé uniquement pour le compte rendu
Interprétation des données Réponse à des questions essentielles Interprétations fondamentales, stan- (p. ex. principales questions du suivi dardisation et préparation des donde la protection des marais de Suisse) nées (brutes), etc.
Interprétations plus poussées en vue Elaboration de séries de données, de synthèses, aperçus, etc. recherche de succès, interprétations spécifiques dans les différentes dimensions, etc.
Activité d'information Information directe des cantons, par- Déclarations / évaluations politiques tenaires, groupes cibles (surtout par les (possibles le cas échéant après consulcanaux existants, mais en collaboration tation de l'OFEFP) avec des experts en communication) Publications scientifiques sur une Rapports d'expériences sur l'efficacité et interprétation plus poussée des la faisabilité de différentes mesures données
MANUEL CONSER· VATION DES MARAIS EN SUISSE
3 PHASES DU COMPTE RENDU
L'organisation suivante s'avère judicieuse en vue de coordonner de manière optimale le compte rendu avec les autres domaines du suivi Protection des marais:
définir les besoins en données et en informations;
réunir les moyens et médias appropriés;
organiser la planification du travail en fonction de la récolte des données;
appréhender les résultats, les préparer en fonction des groupes cibles et faire le compte rendu.
3.1 Définir les besoins en données et en informations
Les deux étapes suivantes sont particulièrement importantes pour définir les besoins en données et en information:
Il faut décider avec les responsables de l'acquisition des données, (a) quelles informations sont nécessaires aux différents groupes cibles pour répondre aux questions pertinentes et (b) quelles données doivent être récoltées à cet effet; le compte rendu aide à formuler correctement les questions correspondantes.
Les questions doivent être formulées en (a) analysant les bases juridiques (Quels états / évolutions sont exigés? Comment puis-je les évaluer / mesurer? Quelles données sont nécessaires à cet effet?) et (b) en interrogeant / intégrant les groupes cibles (Quelles informations sont nécessaires, p. ex. en vue d'une émission télévisée sur l'application de l'article de Rothenthurm dans 2 ans?).
Les 4 axes suivants se sont révélés essentiels pour le suivi de la protection des marais de Suisse:
optimalisation du projet et propositions de corrections, entre autres pour la mise en œuvre de la protection des marais;
information ciblée des décideurs;
informations générales ("état des choses", etc.) destinées à un large public;
interprétation à l'intention des praticiens sur des questions pluridisciplinaires avec les utilisateurs et les personnes concernées.
Cette organisation doit être périodiquement réexaminée quant à son adéquation et, le cas échéant, adaptée. Les données à récolter, ainsi que leurs relations et restrictions (modèles) sont définies dans le
6.1.5 manuel des différents domaines du suivi (suivi de la mise en œuvre, suivi des effets) et reportées dans la base de données. Cette description des données et les modifications éventuelles sont classées sous forme de métadonnées. Une telle banque de métadonnées renferme une description exacte et détaillée des données de base (p. ex. concernant la méthode de relevé, la qualité, le lieu de sauvegarde, le géoréférencement, les compétences, etc.) à disposition pour le compte Tab. 2: Produit possible du compte rendu. rendu sur le suivi de la protection des marais de Suisse. La définition des priorités ressort des besoins actuels et des ressources dispo- 3.2 Réunir les moyens et médias appropriés nibles.
Groupes cibles Principaux besoins des groupes cibles ou principales informations à leur intention Moyens 1produits appropriés
Services cantonaux Informations concrètes et faits relatifs aux succès et échecs de la protection des • PNP marais au niveau de la Suisse et des cantons; informations sur la réalisation des objectifs (Les buts ont-ils été atteints? Pourquoi pas?); montrer quelles mesures nouvelles ou complémentaires sont nécessaires (idées pour des essais); accent sur le niveau technique, pratique (optimalisation de la mise en œuvre). Moyen: canaux largement établis, OFEFP - cantons (entretiens, visites, circulaires, analyses concrètes spécifiques au canton, signalisation des atteintes); Cahiers de l'environnement (surtout aspects techniques); publications thématiques spécialisées.
• autres Dito, mais adaptés à leur domaine politique (p. ex. agriculture, économie forestière, etc.).
Population concernée 1 Mettre en évidence les avantages pouvant être tirés des biotopes et sites marécageux exploitants des sites (subventions, "éco-tourisme"); informations sur les exploitations adaptées; fournir marécageux; des réponses aux questions intéressant ce groupe cible (recueillir évt. par une encommunes concernées quête); informations sur la réalisation des objectifs. Moyen: activités locales avec les cantons et communes, évt. ONG locales; élaborer des états des lieux et des documents pour les différents sites marécageux; collabora-
, tion avec les écoles sur place; exposés et excursions avec les sociétés locales. Collaboration nécessaire avec les responsables des relations publiques sur la protection des marais.
Offices fédéraux Informations et états des lieux de la protection des marais; informations sur la réali- MANUEL .OFEFP sation des objectifs; montrer quelles mesures nouvelles ou complémentaires sont CONSER- • autres nécessaires (idées pour des interventions); priorités dans les domaines (a) possibi- VATION lités de motivation 1 influence sur les services cantonaux et fédéraux d'exécution, DES MARAIS (b) objectifs 1 stratégie de protection de la nature au niveau fédéral (planification EN SUISSE de législature), (c) besoin de coordination entre les différents programmes de protection de la nature. Moyen: canaux internes à l'OFEFP et autres canaux existants. Collaboration nécessaire avec les responsables de l'information générale sur la protection des marais.
Groupes cibles Principaux besoins des groupes cibles ou principales informations à leur intention Moyens 1produits appropriés
Parlementaires Informations sur l'état de la protection des marais, resp. du mandat constitutionnel (Confédération, cantons) "Rothenthurm"; informations sur la réalisation des objectifs; mettre en évidence les actions nécessaires et les idées pour des interventions; éveiller ou maintenir la sym- Gouvernements pathie pour les marais et les sites marécageux; montrer l'utilité des moyens engagés; (Confédération, cantons) priorité à des informations brèves et parlantes (Où en sommes-nous aujourd'hui? Que faut-il améliorer et pourquoi?). Moyen: contact permanent (évt. par l'OFEFP) avec divers personnes / groupes (p. ex. CEATE); produire des états des lieux; élaborer des bases de décision; contacts ciblés pour des affaires importantes (p. ex. budget, projets de lois). Moyen: collaboration nécessaire avec les responsables de l'information générale sur la protection des marais.
"Groupes de pression" Montrer quels avantages ils peuvent retirer des biotopes et sites marécageux (sub-
Associations paysannes ventions, "éco-tourisme", image); informations sur les exploitations adaptées; four-
Tourisme nir des réponses aux questions intéressant ce groupe cible (recueillir évt. par une
etc. enquête); informations sur la réalisation des objectifs (succès / échecs / obligations). Moyen: projets et publications (communs); manifestations; information commune du public; article dans les organes de ces organisations.
• ONGPN Pas besoin d'informations supplémentaires.
Public en général Eveiller et maintenir la sympathie pour les marais et les sites marécageux; informations sur l'état de l'application de l'initiative de Rothenthurm et sur la réalisation des objectifs; mettre en évidence la valeur des marais et sites marécageux. Moyen: rapports dans les médias (par le biais de conférences de presse et/ou de contacts directs); publications populaires et attractives. Collaboration nécessaire avec les responsables des relations publiques sur la protection des marais.
3.3 Organiser la planification du travail en fonction de la récolte des
données
La planification du travail de compte rendu découle de l'échéancier des différents relevés de données. Pour le suivi des effets, il faut compter avec un intervalle de 5 à 10 ans jusqu'à ce que l'on dispose de résultats significatifs. Pour le suivi de la mise en œuvre en revanche, le premiers résultats peuvent être disponibles au bout de quelques mois.
6.1.5
3.4 Appréhender les résultats, les préparer en fonction des groupes
cibles et faire le compte rendu
Les résultats des différ nts examens du suivi sOnt interprété. par les pel' onnes responsables de lEI récolt des données. Une prépanti n journalistique et graph.ique est efte tuée sur ces bas s dont l'ampleur et 1 mode sont adaptés au group ciblé et à 1 objeclif d utili ation.
4 ORGANISATION DU COMPTE RENDU
Le première ' expérience d compte rendu m.ontrent la grande importance dune pr ' paratiOll des résultats du suivi spécifique à chaque grou pe cible. Cependant, le compt rendu ne doit pa e limiter à J élabora Lion cl · t:appor ts.11 cl it abs lument couvrir toul J éventail des forme de comm tmication et les utiU el' de mani re ITexible et adaptée à la situati n. Ain i un entretien per onnel avec un re pon able peul avérer beaucoup plu eUicace qu un rapport si bi.en présenté sail-il.
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
..
LITTERATURE CHOISIE ADRESSE DE L'AUTEUR
MARTI, RI WA LD [$ R. (199 ): Friclli Marli Erfolg. kontrolle Mo r chu tz quadra mbB chweiz: Konzept und Melhoden . BeJ'alungsgemein chaIL für Teil 1: ALlgemeines. mecfédéral Natur chutz un 1Landwirt chaft de l'environnement de la forêt et Bi1Cbe)stra ' e 7 du paysage. Bern.e 37p. (Documen l 8753 Mo,11i de travail interne).
MAURER R. I MARTI F. (1999): lermiuol gie pour le uivi de me ure de protecLÎ 11 de la nature TRADUCTiON el du pay age. Rec mmandation . érie L environnement pratique. Office fédéra l de j 'environnement, Yves Berger de la .forêt et du paysage, Berne, Ingénieur forestier EPrZ 1 lA 32 p. helllin MonLant 14 2017 Boudry
Manuel onservalion de ' manlÏs en ui se 1
CHRISTOPHE LE NEDIC / MICHEL ANTONIAZZA / CHRISTIAN CLERC / ANTOINE GANDER
Le suivi scientifique dans la Grande Cariçaie 6.1.6 1 INTRODUCTION
La Grande Cariçaie, le plus vaste marais riverain de Suisse, est gérée depuis 1982 dans un but de conservation des milieux et des espèces. Des travaux d'entretien y sont entrepris chaque année (MULHAU- SER / CLERC, 1996) pour contrôler la dynamique naturelle, potentiellement synonyme d'une réduction de la valeur naturelle globale. La plupart de ces interventions sont planifiées et exécutées par le Groupe d'étude et de gestion (GEG), sous l'autorité de la Commission de gestion, composée de représentants des cantons de Vaud et Fribourg, de Pro Natura, du WWF et de la Confédération. Cette commission constitue l'autorité de contrôle et de décision en matière de programmes et de budgets alloués à la gestion. D'autres travaux (lutte contre l'érosion des rives, travaux forestiers) restent de la compétence des services cantonaux.
L'objectif principal des travaux d'entretien est de conserver, dans leurs dimensions et leur diversité, les différents milieux constituant l'écosys- L'écosystème riverain de la tème riverain. Une priorité est accordée aux marais non boisés et, Grande Cariçaie comprend des hauts-fonds lacustres (2'300 ha), parmi eux, aux milieux les plus menacés en Suisse que constituent les des marais non boisés (800 ha), étangs et les roselières. Dans l'impossibilité de connaître les exigences des forêts alluviales (800 ha) et écologiques de l'ensemble des espèces végétales (800 à 1'000) et ani- des forêts à bois dur (300 ha). males peuplant la Grande Cariçaie (probablement plus de 10'000; MULHAUSER, 1997), l'objectif biologique ainsi défini est le maintien de la diversité des niches écologiques et des dimensions des domaines vitaux des espèces. A ce but principal se superpose la revitalisation de facteurs écologiques (niveaux d'inondation, revitalisation de cours d'eau, dynamique d'atterrissement, ... ) là où cela est techniquement possible, et l'adoption de mesures de gestion particulières pour certaines espèces particulièrement menacées, telle la rainette verte (Hyla arborea).
Pour atteindre ces objectifs, les interventions pratiquées dès 1982 sont les suivantes (voir volume 2, article 2.2.3): MANUEL
fauchage des marais non boisés au moyen d'une faucheuse proto- CONSERtype sur chenilles (voir fig. 1): parcelles de 2-3 ha fauchées à un rythme VATION DES MARAIS triennal (en moyenne 90 ha par année) EN SUISSE
fauchage des prairies à petites laîches en collaboration avec des agriculteurs de la région: parcelles de 2-3 ha fauchées à un rythme biennal (en moyenne 30 ha par année)
débroussaillement mécanique de 2 à 3 kilomètres de lisières forestières par année
Fig. 1: La machine Elbotel a été conçue pour faucher de grandes surfaces de marais. Ses caractéristiques (largeur du peigne de coupe: 6.2 m, volume de paille embarqué: 6 t, vitesse de déplacement: 5 km/h) lui permettent de faucher, botteler la paille et la transporter en dehors du marais au rythme de 1 ha traité en moyenne par jour. Ce volume de travail lui permet de respecter l'exigence de l'arrêt du fauchage à début février, avant que ne démarre la migration des batraciens. En contrepartie de ses performances, la machine pèse 26 t avec son chargement de paille complet, mais répartit ce poids sur 2 chenilles couvrant ensemble 12 m 2• La pression au sol ainsi obtenue correspond à celle d'un être humain.
débroussaillement et/ou fauchage manuel de clairières marécageuses, en collaboration avec des groupes de bénévoles (en moyenne 1 ha par année)
création de "gouilles" superficielles à caractère pionnier pour favoriser le maintien d'espèces d'invertébrés et de batraciens liées à ces zones d'inondation temporaire (3 à 4 "gouilles" avec une surface totale de 500 m2 par année)
revitalisation de cours d'eau endigués (en moyenne, une intervention tous les 2 ans)
décapage de roselières atterries (prélèvement de l'horizon superficiel du sol pour stimuler une nouvelle dynamique de colonisation par la roselière - 2 essais pratiqués à titre expérimental)
création ou recreusage d'étangs profonds de roselière (opération peu pratiquée car techniquement difficile et très coûteuse)
utilisation locale de vaches rustiques (Highland cattle)
Des plans de gestion à long terme, par type de milieu, permettent de préparer les plans d'entretien annuels qui sont soumis pour approbation à la Commission de gestion. Les travaux sont ensuite réalisés durant l'hiver avec un budget annuel moyen de Fr. 700'000.-.
6.1.6 2 POURQUOI UN SUIVI SCIENTIFIQUE Parmi les études entreprises par Un suivi scientifique des effets des travaux d'entretien fut introduit le GEG, on peut mentionner notamment: dès les premières expériences de gestion en 1982. Les tâches scienti-
mesure des effets du fauchafiques se sont progressivement étoffées et incluent désormais des ge sur la végétation, l'embrousaspects qui ne sont plus strictement liés à la mesure des effets de saillement, les invertébrés et l'avifaune nicheuse l'entretien. Sont notamment entrepris des inventaires de base, des
suivi de la recolonisation par recensements de populations, des études de l'écologie de certaines la végétation et les invertébrés espèces ou de milieux, voire la recherche de modèles de fonctionne- d'une roselière décapée à titre ment des écosystèmes. Le GEG prend à sa charge les études direc- expérimental
suivi de l'évolution des rosetement utiles à la gestion. lières lacustres
inventaire de la faune (com- Le suivi scientifique mené dans la Grande Cariçaie répond à deux pilation de toutes les observations depuis la fin du siècle derobjectifs principaux: nier (MULHAUSER, 1997).
suivi des effets des travaux d'entretien: il doit en mesurer les effets Ces données ont été récoltées sur le terrain et déterminer si les objectifs fixés sont atteints. Il doit en auprès de chercheurs, de natuoutre permettre de détecter une éventuelle atteinte aux milieux ou ralistes locaux et à partir de la littérature et de campagnes aux espèces pour réadapter, le cas échéant, la gestion pratiquée d'inventaire de terrain menées
connaissance et surveillance de l'évolution du milieu: le gestion- par le GEG. Cet inventaire est naire d'une zone protégée a la responsabilité de la conservation à long périodiquement remis à jour
inventaire de la flore (pas de terme de milieux naturels rares, d'espèces menacées et, plus générale- publication analogue à l'invenment, de la diversité biologique du site. Les inventaires floristiques et taire de la faune pour l'instant) faunistiques, ainsi que les recensements réguliers de populations • inventaire et suivi des populations de batraciens et en partid'espèces menacées constituent ainsi l'une de ses priorités. Ils doivent culier de la rainette verte (Hyla le conduire à proposer de nouvelles mesures de gestion, dans le cas où arborea)
une évolution critique est détectée. • inventaire et recensement de certains groupes d'invertébrés (notamment orthoptères, De nombreuses études ont été entreprises dans la Grande Cariçaie papillons diurnes, libellules) depuis - mais aussi avant - que ne soit pratiquée la gestion actuelle • inventaire et recensement (une liste bibliographique est à disposition à l'adresse mentionnée au de l'avifaune nicheuse et migratrice bas de cet article). Beaucoup de ces études ont un caractère permanent et les résultats obtenus sont particulièrement intéressants puisque collectés sur une déjà longue période d'observation (15 ans pour les plus anciennes, voire plus dans le cas des recensements hivernaux des MANUEL oiseaux d'eau). Les résultats les plus intéressants sont présentés ci-des- CONSER· sous. VATION DES MARAIS EN SUISSE Le suivi des effets des biotopes marécageux, ainsi que des effectifs des oiseaux migrateurs et nicheurs dans le périmètre du site marécageux d'importance nationale de la Grande Cariçaie sont partie intégrante du programme de suivi de la Confédération (cf. volume 1 contributions 6.1.1 ss).
3 QUELQUES RESULTATS
3.1 Effets du fauchage sur la végétation
Le fauchage triennal par Elbotel, complété par un débroussaillement mécanique épisodique, fait l'objet d'un suivi annuel dans le domaine de la végétation et de l'avifaune nicheuse. Pour la végétation, c'est la méthode des placettes permanentes qui a été retenue: 34 carrés permanents (3rnx5m) sont implantés dans trois secteurs différents (Cheyres, FR; Châbles, FR; Chevroux, VD), en cherchant une correspondance initiale entre placettes fauchées et placettes témoin. Différentes mesures y sont effectuées chaque année: relevé phytosociologique, mesures morphométriques du roseau (Phragmites australis) et d'autres espèces dominantes, décomptes de tiges, stratification verticale, etc.
Les résultats peuvent sommairement être exposés comme suit (pour les résultats détaillés, voir LE NEDIC, 2001):
le fauchage a un effet positif sur la diversité floristique des groupements étudiés. Elle se maintient ou augmente légèrement dans les secteurs fauchés et diminue dans les secteurs non entretenus (voir fig. 2). L'explication est à chercher dans la limitation du pouvoir compétitif des espèces dominantes et dans la suppression de la litière au sol, ce qui crée ainsi de meilleures conditions de vie pour les espèces compagnes, plus discrètes.
le fauchage est un moyen de lutte efficace contre l'embroussaillement. Il maintient celui-ci à un stade acceptable mais ne permet pas l'éradication complète des pionniers ligneux, même après 4 à 5 interventions. Cependant, dans certains secteurs, la durée de 3 ans entre 2 fauchages est trop longue et la repousse des rejets trop vigoureuse pour obtenir cet équilibre. Il faut alors raccourcir la durée entre 2 fauchages ou les compléter par des débroussaillements.
au stade actuel des investigations, le fauchage ne montre pas d'effet significatif sur l'évolution floristique naturelle des groupements aquatiques. Il semble en effet sans influence sur la fermeture des étangs par les hélophytes ou sur l'envahissement par les espèces des prairies à laîche élevée (Caricetum elatae) dans des groupements plus aquatiques comme les prairies à massette à feuilles étroites (Typha angustifolia) ou les roselières (Phragmitetum). On constate également une diminution de la densité et de la longueur moyenne des tiges de roseau (Phragmites australis) pendant la période sur laquelle porte cette étude (1984 - 2000). Elle s'opère simultanément dans les zones
6.1.6 Nombre d'espèces Fig. 2: Evolution de la diversité floristique en zone fauchée et en zone témoin. La droite de régression y =0,5604x - 1058,6 indique une tendance, dans la zone --- - - - .... - - - 60 fauchée, à une augmentation de la
diversité et à une diminution de celle-ci dans la zone témoin. Fauché
• Il • • • Témoin ft
• g Droite de régression (Fauché)
• • • • Droite de régression (Témoin)
1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000
fauchées et les zones témoin. Le fauchage semble sans effet marqué. Il n'a pour l'instant pas été déterminé si ce phénomène était lié à l'amélioration de la qualité générale des eaux (et en particulier celles du lac) ou à la succession végétale, le roseau jouant alors le rôle d'indicateur de l'évolution des groupements vers des conditions plus sèches. • enfin, malgré une pression au sol réduite, le passage des chenilles d'Elbotel affecte localement la repousse de la végétation. L'importance de l'impact dépend de la portance du sol et du nombre de passages effectués chaque année. L'impact est donc le plus marqué dans les groupements les plus inondés et sur les chemins qu'emprunte Elbotel pour accéder aux parcelles. Cette observation a conduit à l'abandon du fauchage dans les roselières atterries et à l'étude du décapage du sol comme méthode d'entretien de substitution (voir plus bas). Le GEG a en parallèle démarré un programme de surveillance 1 MANUEL des ornières d'Elbotel afin de mieux connaître l'impact réel de ces CONSERdégradations apparentes sur les communautés vivantes. Paradox- VATION DES alement, ces ornières présentent une valeur biologique très élevée. MARAIS EN SUISSE Elles sont en effet très rapidement colonisées par plusieurs espèces de plantes, d'invertébrés et de batraciens liées aux biotopes pionniers humides.
3.2 Effets du fauchage sur l'avifaune nicheuse
L'avifaune nicheuse est suivie depuis 1985 dans 3 zones d'étude d'une quinzaine d'hectares, situées à Cheyres (FR), Chevroux (VD) et Gletterens (FR). Depuis 1995, une quatrième zone d'étude complète ce dispositif à Champmartin (VD). Ces secteurs ont été sélectionnés de manière à couvrir tous les habitats d'oiseaux d'eau des conditions les plus humides aux plus sèches. Le fauchage par Elbotel s'y opère au rythme usuel, sauf à Gletterens où c'est un rythme quadriennal qui est Fig. 3: Densité moyenne des oiseaux nicheurs en fonction du type pratiqué. Pour permettre une comparaison, une zone non fauchée est d'habitat. Ces derniers sont classés incluse dans le secteur de Cheyres, Chevroux et Champmartin étant selon leur niveau d'inondation, des eux entièrement non fauchés. plus aquatiques (à gauche) aux plus secs (à droite). Les résultats du suivi de l'avifaune nicheuse peuvent être résumés comme suit (ANTONIAZZA, 2001): o strate supérieure Nids • le fauchage triennal ne provoque pas de modification de l'habitat dans les roseaux normal de reproduction des oiseaux des marais. La nature de la D strate moyenne Nids dans la litière végétation et le niveau d'inondation restent les deux facteurs prépon- • strate inférieure Nids dérants qui déterminent l'habitat (fig. 3). sur l'eau
Nombre de couples sur 10 ha
Etangs et Roselières Roselières Zone d'étude Cariçaies Zone d'étude Cariçaies roselières de lacustres intérieures de de Gletterens inondées de Cheyres sèches Champ-Pittet d'Yvonand Chevroux
6.1.6 Fig. 4: Localisation des territoires de reproduction de deux espèces d'oiseaux des marais à Cheyres (FR). Les oiseaux quittent les parcelles fauchées l'hiver précédent et se concentrent sur les parcelles d'an 2 et 3, ainsi que sur celles non fauchées (témoin)
~ Locustelle luscinioïde l..::...J (Locustella luscinioides) rr. Râle d'eau ~ (Rallus aquaticus)
à l'intérieur d'un même habitat, le fauchage a en revanche une forte influence sur la répartition des nicheurs, qui devient plus hétérogène (fig. 4). Dans les parcelles fauchées tous les 2 et 3 ans, ainsi que dans les parcelles témoin non fauchées, la densité de nicheurs observée est nettement supérieure à celle mesurée avant que ne débutent les travaux de fauchage. Cette répartition particulière s'explique par les différences de densité de la végétation, facteur déterminant pour l'implantation des nids. Dans les parcelles d'an 1, l'absence de végétation en place et la repousse tardive au printemps interdisent l'installation de nids. Les conditions deviennent à nouveau favorables dans les parcelles d'an 2, mais surtout d'an 3 où la densité de la végétation se rapproche de celle observée dans les zones non fauchées. Malgré la concentration des nicheurs sur certaines parcelles, la densité totale reste stable et il n'est observé aucune diminution significative du succès de reproduction.
enfin, le suivi a permis de mettre en évidence de fortes variations dans l'abondance annuelle des espèces. Certaines d'entre elles manifestent une tendance générale à l'augmentation (p. ex. anatidés, rous- 1 MANUEL serolle effarvatte), d'autres à la diminution (p. ex. vanneau huppé, CONSERlocustelle tachetée). Ces évolutions correspondent cependant à la ten- VATION DES dance suisse et paraissent donc indépendantes du fauchage. Ce dernier MARAIS EN SUISSE n'a provoqué ni apparition ni disparition d'espèces.
3.3 Suivi des roselières lacustres
Sur la rive sud du lac de Neuchâtel, le suivi des roselières lacustres a débuté en 1993. Il a pour but de déterminer leur tendance évolutive (progression, régression), de formuler des hypothèses sur les facteurs influençant leur vitalité et de proposer le cas échéant des mesures de conservation. Le suivi a recours à deux méthodes distinctes: la cartographie par photos aériennes et le relevé annuel d'une centaine de placettes permanentes (densité des massifs, morphométrie du roseau, topographie, ... ). Un premier rapport de synthèse (CLERC, 1999) analyse les résultats obtenus pendant les 6 premières années de ce suivi et formule certaines hypothèses quant aux facteurs influençant la vitalité de ces milieux précieux:
les massifs de roselière lacustre existants se seraient implantés sur des bancs de sable émergés, durant certaines périodes de basses eaux observées régulièrement avant la 2e correction des eaux du Jura. Cette dernière, achevée en 1973, ne permettant plus d'atteindre des niveaux d'eau particulièrement bas, aucun nouveau massif n'a colonisé la beine lacustre.
le front des massifs de roselière lacustre exposé au large recule: l'énergie mécanique des vagues dénude puis détruit le tapis rhizomique; il est possible que cette même énergie, par des mécanismes plus subtils et méconnus, agisse sur la physiologie du roseau, freinant la production de tiges là où il est exposé. Ce recul général du front est parfois compensé par quelques extensions sur le côté ou sur l'arrière du massif.
3.4 Suivi du décapage d'une roselière atterrie
En 1993, une roselière atterrie fut décapée à titre expérimental, sur une surface d'un demi-hectare. Trois profondeurs de creuse furent appliquées: 20, 30 et 40 cm, cette dernière profondeur ne laissant en place que le substrat sableux. Un suivi fut associé à cette expérimentation pour déterminer les conditions d'intervention qui favorisent un retour vers l'état initial de la roselière avant décapage (GANDER, 2001). Voici quelques conclusions: • la vitesse de recolonisation de la roselière depuis les bords diffère selon la profondeur de creuse: celle-ci est plus rapide dans la zone à 20 cm, l'absence de substrat organique ralentissant probablement la reco- Ionisation dans la zone à 40 cm.
6.1.6
cinq ans après le décapage, 10% seulement de la surface décapée est colonisée par la végétation hélophyte sous forme d'îlots, localisés surtout dans la zone de creuse à 20 cm. La diversité floristique est plus élevée dans ce secteur, mais ceci pourrait conduire à ne pas retrouver à terme la composition initiale de la végétation. Un retour au Phragmitetum pur pourrait être favorisé par la creuse la plus profonde, puisque seul le roseau recolonise cette surface.
la colonisation des insectes aquatiques est significativement plus rapide dans la zone de creuse à 20 cm que dans les autres profondeurs. Elle est caractérisée par les guildes des phytophages et détritivores. Dès la troisième année, une guilde de carnivores apparaît, montrant un début de maturité du milieu. Par contre, un suivi des populations de Chironomidae montre, 4 ans après le décapage, des fluctuations importantes du nombre d'espèces au cours du temps. Ces fluctuations sont révélatrices d'un milieu jeune et encore instable où les processus de colonisation - extinction d'espèces sont fréquents.
Le décapage du sol dans les roselières atterries constitue une méthode prometteuse pour la conservation de ces milieux. Elle institue une nouvelle dynamique de colonisation et la diversité biologique observée pendant cette période est tout à fait extraordinaire. Le suivi devra cependant déterminer si à plus long terme le but recherché, la revitalisation de roselières atterries, est atteint. Il s'agit d'une méthode qui, du fait de son coût élevé, n'est pas utilisable à grande échelle à la Grande Cariçaie.
MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS EN SUISSE
4 CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES
L'organisation de la gestion et de l'entretien d'une zone naturelle aussi vaste que la Grande Cariçaie constitue une expérience tout à fait originale, tout au moins sur le plan européen. Sa conservation à long terme nécessite, parallèlement à l'effort investi pour l'entretien, de mener les études nécessaires à la compréhension de son fonctionnement. Plusieurs recherches, entreprises par le GEG ou par des instances extérieures, ont permis de mieux comprendre certains paramètres. On peut dès lors appuyer certaines mesures de gestion ou rendre attentives les autorités compétentes lorsque la conservation de la Grande : Cariçaie fait intervenir un contexte plus large (niveau du lac, lutte contre l'érosion, par exemple).
Grâce au fauchage, il a été possible de stopper l'embroussaillement des prairies humides et par là la disparition des espèces qui leur sont liées. Cette mesure, de même que les autres opérations d'entretien, favorisent le maintien d'une diversité biologique élevée et ont permis jusqu'à présent de conserver la valeur naturelle globale existant au début de la gestion.
Il n'en subsiste pas moins un certain nombre d'interrogations pour lesquelles des réponses devront impérativement être apportées par la recherche ces prochaines années. Deux thèmes préoccupent en particulier les gestionnaires de la Grande Cariçaie:
la 2e correction des eaux du Jura, et la réduction de l'amplitude annuelle du niveau du lac qui en découle, est l'un des paramètres qui suscite le plus d'inquiétudes. Plusieurs espèces de libellules liées aux zones d'inondation temporaire ont d'ores et déjà disparu et on postule que les roselières lacustres actuelles ne sont que les reliques d'une époque où des bancs de sable émergeaient à la faveur de décrues spectaculaires. On ignore cependant presque tout de l'ampleur des effets de cette nouvelle donne hydrologique, en particulier sur l'embroussaillement, la succession végétale et les communautés d'invertébrés. La solution est, ici, politique et administrative et le débat sur la régulation optimale du niveau du lac n'est pas clos.
le deuxième point concerne la gestion optimale de la Grande Cariçaie, tenant compte de ses éléments caractéristiques, de son environnement proche et de sa situation dans le réseau européen des zones humides. En simplifiant, on peut dire que les options choisies jusqu'à présent ont visé la conservation d'un statu quo, en mettant la priorité sur le maintien des marais non boisés. Or, les différents
6.1.6 miüeux compo ant la Grande Cariçaie évoluent (érosion de la rive et de la beine lacustre, perte du caractère alJuvial de forêt), on arrièrepay' proche appauvlit, les zone humide em'opéennes (en particulier celles de l'Est) e raréfienl. Face à cette évolution, on peut affirmer que le' grandes zones humide verront leur rôle de refuge pour la diversité biologique cru'actéristique se renforcer ce prochaine décennies, Il fa ut dè 101' repenser la gestion de la Grande ariçaie en prenant mieux en compte le i.nteractions avec on environnement régional,
MANUEL CONSER, VATION DES MARAIS EN SUISSE
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