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Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général

> L’environnement pratique > Protection des eaux

01 > Méthodes d’analyse et 07 d’appréciation des cours d’eau Aspect général

> L’environnement pratique > Protection des eaux

> Méthodes d’analyse et d’appréciation des cours d’eau Aspect général

Éditeurs : Eawag: L’Institut de Recherche de l’Eau du Domaine des EPF Berne, 2007

Valeur juridique de cette publication Photos La présente publication est une aide à l’exécution élaborée par l’OFEV Hans-Ruedi Bürgi, Eawag en tant qu’autorité de surveillance. Destinée en premier lieu aux auto- Andreas Frutiger, Eawag rités d’exécution, elle concrétise des notions juridiques indéterminées Werner Göggel, Eawag provenant de lois et d’ordonnances et favorise ainsi une application Heinz Handschin, Amt für Umwelt und Energie, Kt. Baselland uniforme de la législation. Si les autorités d’exécution en tiennent Pius Niederhauser, Amt für Abfall, Wasser, Energie und Luft, Kt.Zürich compte, elles peuvent partir du principe que leurs décisions seront Angela von Känel, Office de la protection des eaux et de la gestion des conformes au droit fédéral. D’autres solutions sont aussi licites dans déchets, ct. Berne la mesure où elles sont conformes au droit en vigueur. Les aides à l’exécution de l’OFEV (appelées aussi directives, instructions, Traduction recommandations, manuels, aides pratiques) paraissent dans la Philippe Zahner collection « L’environnement pratique ». Maric Marcuard Ingénieurs Conseils, Châtel-St-Denis

Commande OFEV Impressum Documentation CH-3003 Berne Éditeur Fax +41 (0) 31 324 02 16 Office fédéral de l’environnement (OFEV) docu@bafu.admin.ch L’OFEV est un office du Département fédéral de l’environnement, des www.environnement-suisse.ch/uv-0701-f transports, de l’énergie et de la communication (DETEC). Numéro de commande Auteurs UV-0701-F Evi Binderheim, Sponsolim Umweltconsulting, Bülach Cette publication existe aussi en allemand (UV-0701-D). Werner Göggel, Eawag: L’Institut de Recherche de l’Eau du Domaine des EPF © OFEV 2007

Accompagnement Marc Bernard, Service de la protection de l’environnement, ct. Valais Arielle Cordonier, Service cantonal de l’écologie de l’eau, ct. Genève Werner Göggel, Eawag Paul Liechti, division Eaux, Office fédéral de l’environnement Pius Niederhauser, Amt für Abfall, Wasser, Energie und Luft, ct. Zurich François Noël, Service de l’environnement, ct. Fribourg Jean Perfetta, Service cantonal de l’écologie de l’eau, ct. Genève Ueli Sieber, division Eaux, Office fédéral de l’environnement Arno Stöckli, Departement Bau, Verkehr und Umwelt, ct. Argovie Angela von Känel, Office de la protection des eaux et de la gestion des déchets, ct. Berne

Référence bibliographique Binderheim E., Göggel W. 2007 : Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général. L’environnement pratique no 0701. Office fédéral de l'environnement, Berne. 43 p.

Graphisme, mise en page Karin Nöthiger, Zofingen

Photo de couverture Heinz Handschin, Amt für Umwelt und Energie, Kt. Baselland

> Table des matières 3

> Table des matières Abstracts 5 Avant-propos 7

Annexe 39 A1 Extraits de l’ordonnance sur la protection des eaux 39 A2 Formulaire Aspect général 41

Index 42 Figures 42 Bibliographie 43

> Abstracts 5

> Abstracts The «Physical appearance» module is part of the Modular Stepwise Procedure, which Keywords: was developed to facilitate standardized investigation and assessment of the state of Modular Stepwise Procedure, watercourses in Switzerland. This module is used to investigate the following parame- watercourse, physical ters: sludge, turbidity, discoloration, scum, odour, iron sulphide, colmation (increased appearance, field surveys, concentration of suspended particles in the pore volumes of the stream bed), solid assessment, state of waters wastes, heterotrophic organisms and vegetation. The objective is to assess watercourses at the regional level. The findings are evaluated using a three-point scale, and possible causes are assessed. No overall evaluation of physical appearance is undertaken: the parameters are assessed individually and can be represented in a large-scale map.

Das Modul Äusserer Aspekt ist Teil des Modul-Stufen-Konzeptes, welches zwecks Stichwörter: einheitlicher Erfassung und Beurteilung des Zustandes der Schweizer Fliessgewässer Modul-Stufen-Konzept, Äusserer entwickelt wurde. Mit dem Modul Äusserer Aspekt werden die Parameter Schlamm, Aspekt, Fliessgewässer, Trübung, Verfärbung, Schaum, Geruch, Eisensulfid, Kolmation, Feststoffe/Abfälle, Felduntersuchungen, Bewertung, heterotropher Bewuchs und Pflanzenbewuchs untersucht. Das Ziel ist eine orientieren- Gewässerzustand de Beurteilung der Fliessgewässer auf der Stufe F (flächendeckend). Die Befunde werden in drei Klassen bewertet und die möglichen Ursachen abgeschätzt. Es gibt keine Gesamtbewertung des Äusseren Aspektes; die Parameter werden einzeln bewertet und können in einer Übersichtskarte dargestellt werden.

La méthode Aspect général est un élément du système modulaire gradué, développé Mots-clés : pour analyser et apprécier l’état des cours d’eau suisses sur une base uniforme. Ce système modulaire gradué, module est consacré à l’étude de paramètres apparents, soit boues, turbidité, coloration, aspect général, mousse, odeur, sulfure de fer, colmatage, déchets solides, organismes hétérotrophes et cours d’eau, végétation. Il fournit une appréciation ciblée des cours d’eau au niveau R (région). Les études de terrain, évaluation, résultats sont évalués en trois classes et les causes des déficits analysées. La description état des eaux de l’aspect général ne conduit pas à une évaluation globale ; les paramètres correspondants sont mis en valeur indépendamment les uns des autres et peuvent être représentés sur un plan d’ensemble.

Il modulo «Aspetti esterni» è una componente del concetto basato su moduli e livelli, Parole chiave: elaborato appositamente per rilevare e in modo uniforme lo stato dei corsi d’acqua concetto basato su moduli e svizzeri. Con tale modulo si esaminano i parametri seguenti: fango, torbidità, colora- livelli, aspetti esterni, corsi zione, schiuma, odore, solfuro di ferro, colmata, materia solida/rifiuti, vegetazione d’acqua, studi sul terreno, eterotrofa e vegetazione. L’obiettivo è ottenere una valutazione mirata dei corsi valutazione, stato delle acque d’acqua a livello R (regionale). I risultati sono valutati a tre livelli ed eventuali problemi sono analizzati. Il modulo «Aspetti esterni» non sarà soggetto ad alcuna valutazione globale; i parametri sono valutati singolarmente e raffigurati su una carta.

> Avant-propos 7

> Avant-propos La loi fédérale du 24 janvier 1991 sur la protection des eaux (LEaux, RS 814.20) et l’ordonnance fédérale du 28 octobre 1998 sur la protection des eaux (OEaux, RS 814.201) ont pour buts de protéger les eaux, de veiller à ce qu’elles conservent leurs fonctions de biotopes naturels et d’en garantir une utilisation durable. Le système modulaire gradué traduit ce mandat dans le domaine de la surveillance des eaux, en proposant des méthodes partielles (modules), pour traiter les divers aspects des cours d’eau. Un groupe formé d’experts de l’OFEV, de l’EAWAG, d’offices cantonaux et de bureaux privés a repris le chapitre « Appréciation préliminaire des eaux courantes » des « Recommandations concernant l’analyse des eaux superficielles en Suisse », publiées en 1982, pour développer la partie « Aspect général » et en faire un élément du système modulaire gradué. Les exigences relatives à la qualité des eaux superficielles (OEaux, annexe 2, ch. 11 et 12) fondent le module Aspect général au plan légal.

Le présent guide vise à harmoniser l’appréciation de l’apparence générale des cours d’eau suisses. Le module Aspect général est conçu pour une appréciation préliminaire de l’état des cours d’eau ; il devrait être utilisé en combinaison avec les relevés d’autres modules, comme le Macrozoobenthos, les Diatomées, l’Écomorphologie, la Chimie – Analyses physico-chimiques, etc.

La description générale du système modulaire gradué et les méthodes Écomorphologie – Niveau R et Poissons – Niveau R sont déjà publiées comme « Informations concernant la protection des eaux » dans la série « L’environnement pratique ». D’autres méthodes paraîtront ultérieurement dans cette série, en ordre dispersé.

Stephan Müller Chef de la division Eaux Office fédéral de l’environnement (OFEV)

Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général OFEV 2007 8

1 > Introduction

Conçu pour décrire l’état des cours d’eau suisses de manière normalisée, le système Système modulaire gradué modulaire gradué a été publié en 1998 (OFEFP 1998a). Il est utilisé comme un instrument d’exécution de la loi fédérale du 24 janvier 1991 sur la protection des eaux et de ses ordonnances d’application. Différentes méthodes et différents modules ont été présentés dans ce cadre pour apprécier les ruisseaux et les rivières de Suisse, dans les trois domaines hydrodynamique et morphologie / biologie / effets chimiques et toxiques.

Le système modulaire gradué implique trois niveaux d’investigation d’intensité différente ; les relevés peuvent ainsi être effectués de manière plus ou moins détaillée, suivant les besoins et les objectifs fixés :

Niveau R : « Région », soit les cours d’eau situés dans des régions étendues (p. ex. canton), quelques paramètres-clés, niveau d’analyse restreint ; faible coût par analyse. But : information régionale sur l’état écologique des cours d’eau et sur les déficits correspondants. Niveau C : « Cours d’eau », soit les cours d’eau et leurs affluents dans un bassin versant donné ; nombre plus élevé de paramètres, analyse plus poussée ; coût moyen par analyse. But : appréciation détaillée des cours d’eau, avec analyse des déficits et élaboration des plans d’assainissement. Niveau T : « Tronçons », soit certains tronçons d’un cours d’eau ; adapté à la résolution de problèmes localisés ; analyses à coût élevé. But : résolution de problèmes particuliers. Il est possible d’utiliser tous les modules ou seulement certains d’entre eux, au niveau d’investigation correspondant, suivant la nature des problèmes à résoudre ou des questions d’exécution à régler.

La méthode Aspect général est un élément du système modulaire gradué et couvre les trois domaines de base (hydrodynamique et morphologie ; biologie ; effets chimiques et toxiques). Bien que cela ne soit pas prévu dans le concept publié, la décision a été prise après coup de présenter ce module de manière indépendante, pour optimiser la procédure d’évaluation. Les objectifs suivants sont visés :

> Appréciation de l’apparence générale des cours d’eau, au niveau R, fondée sur les Buts de la méthode exigences générales et supplémentaires relatives à la qualité des eaux, telles qu’elles figurent dans l’ordonnance fédérale du 28 octobre 1998 sur la protection des eaux (RS 814.201, annexe 2). > Évaluation des besoins d’étude en cas de pollution. > Contrôle de l’efficacité des mesures d’assainissement.

1 > Introduction 9

La méthode Aspect général s’applique aux domaines suivants : Domaine d’application

> Évaluation sommaire de l’état des cours d’eau et enquête orientée vers la résolution des problèmes de protection des eaux. > Appréciation préliminaire de l’état des cours d’eau (« Rapport de l’état des cours d’eau ») lors de l’établissement des plans généraux d’évacuation des eaux (PGEE). > Utilisation simultanée avec d’autres méthodes du système modulaire gradué, comme les Macroinvertébrés – Niveau R ou les Diatomées – Niveau R. Les observations faites sur l’aspect général facilitent l’interprétation des résultats fournis par d’autres modules, notamment dans le domaine de la biologie.

La méthode propose un relevé de l’aspect général des cours d’eau en un certain nombre de stations représentatives. Suivant les problèmes à traiter, elle peut cependant aussi s’appliquer de manière linéaire, les résultats étant ensuite interprétés par tronçons.

La loi fédérale du 24 janvier 1991 sur la protection des eaux (LEaux) charge la Confé- Bases juridiques dération (art. 57) et les cantons (art. 58) de mener des investigations sur les cours eaux. Ces relevés portent notamment sur la qualité de l’eau, comme indiqué à l’annexe 2 de l’ordonnance du 28 octobre 1998 sur la protection des eaux (OEaux). La présente publication présente des méthodes permettant de procéder à ces relevés et d’examiner l’état de l’eau selon les exigences précisées à l’annexe 2 de l’OEaux (ch. 11, al. 1, let. a et al. 2, let. a à c, et ch. 12, al. 1, let. a et al. 2, let. b).

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2 > Définitions

Les paramètres utiles pour apprécier la qualité des eaux au sens de l’annexe 2 (ch. 11, L’aspect général : al. 1a et 2a, b, c, et ch. 12, al. 1a et 2b) de l’ordonnance fédérale sur la protection des des paramètres contrôlables eaux (cf. annexe, chapitre 6.1) sont regroupés sous le terme Aspect général. Il faut par les sens relever que l’ordonnance fait une distinction entre les exigences relatives à la qualité des eaux en général et celles à respecter, en particulier, après déversement d’eaux à évacuer 1. La description de l’aspect général d’un cours d’eau passe par l’étude des paramètres suivants :

> Boues > Turbidité > Coloration > Mousse > Odeur > Sulfure de fer > Colmatage > Déchets solides > Organismes hétérotrophes > Végétation

Les relevés à effectuer dans le cadre du module Aspect général se limitent au niveau R, Seulement au niveau R car une différenciation plus poussée des paramètres retenus ne se justifie pas (à l’exception du paramètre « Végétation »).

1 La notion de « déversement d'eaux à évacuer » est clairement définie par l'OEaux. Il est plus important de faire une distinction entre les

causes naturelles et artificielles des déficits, qu'entre les déversements d'eaux à évacuer, ceux des drainages ou des chantiers et ceux liés au lessivage des terrains agricoles. 2 Avec l'accent sur l'évacuation des eaux provenant des zones habitées.

3 > Exécution des relevés 11

3 > Exécution des relevés

3.1 Généralités

Les relevés se font le long des cours d’eau, à n’importe quel moment de l’année et du Moment favorable jour. Il faut toutefois se souvenir que le développement de la végétation est fortement limité à la mauvaise saison. Les travaux ne devraient pas se dérouler juste après une crue, car les paramètres Aspect général reflètent alors un état exceptionnel. Les observations sont reportées sur un formulaire de terrain. Un modèle est proposé en annexe.

Le choix des stations tient compte du fait que l’aspect général d’un cours d’eau varie Choix des stations tant en fonction de la morphologie de son lit, que des déversements d’eaux usées qui y sont effectués et de son utilisation. Il faut donc retenir le plus grand nombre possible de stations à morphologie différente. Lorsqu’elles existent, les cartes écomorphologiques des cours d’eau (OFEFP 1998b) peuvent servir de base de décision. Des relevés de l’aspect général devraient aussi se faire en amont et en aval des points de déversement (drainages, STEP, déversoirs de crue, bassins d’eaux pluviales, chantiers, surfaces lessivées).

Avec le présent guide et après une période d’instruction suffisante, la description de Formation des opérateurs l’aspect général des cours d’eau peut aussi être confiée à des personnes ne disposant ni d’une formation de base, ni d’expérience en matière d’écologie des eaux, par exemple aux ingénieurs chargés de l’élaboration des PGEE. La détermination des organismes hétérotrophes exige toutefois une formation plus poussée, étant entendu qu’une appréciation fine ne peut être effectuée que par des spécialistes.

Le temps à consacrer aux relevés sur le terrain peut être évalué à 10–20 minutes au Durée des relevés maximum par station.

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3.2 Boues

3.2.1 Importance

L’envasement du lit d’un cours d’eau peut se produire suite au rejet direct de matières L’envasement du lit d’un cours en suspension dans les effluents des stations d’épuration des eaux. Les concentrations d’eau influence de manière maximales autorisées en conditions normales sont fixées par l’OEaux, annexe 3, ch. 2, négative le bilan d’oxygène paramètre 1. La charge solide peut augmenter nettement en hautes eaux ou lors d’une sur le fond forte pollution, par exemple lors de la formation de boues flottantes sur des eaux usées très riches en carbone, comme celles rejetées par l’industrie alimentaire, et pour une part aussi lors de l’évacuation de crues. Ces boues sont faciles à distinguer sur le fond du lit des cours d’eau (fig. 1 et 2) et se déposent directement en aval des points de déversement. Des boues indésirables peuvent également se former dans le cours d’eau lui-même, par suite du développement excessif d’organismes hétérotrophes dans un milieu renfermant une forte charge organique sous forme dissoute (cf. 3.10). Ces phénomènes d’envasement s’accompagnent souvent d’une prolifération d’algues, qui piègent les boues. Ces dernières sont souvent difficiles à distinguer de sédiments naturels, formés par exemple de feuilles mortes décomposées, auxquelles elles sont donc assimilées. Un envasement du fond du lit influence le bilan en oxygène du cours d’eau de manière négative ; des taches de sulfure de fer apparaissent alors souvent à la surface des sédiments.

3.2.2 Relevé

Les stations retenues correspondent à toute la largeur du lit ; elles sont examinées à partir de la rive.

3.2.3 Appréciation

L’importance de l’envasement est évaluée sur une échelle à trois degrés (cf chap. 4.1 Appréciation pour l’interprétation des résultats) :

Classe 1 pas de boue Classe 2 peu/moyen Classe 3 beaucoup

La collecte d’informations complémentaires sur l’origine naturelle ou artificielle des boues facilite l’interprétation.

> Naturelle : p. ex. charge organique naturelle due à une forte chute de feuilles mortes Aide à l’évaluation Artificielle : p. ex. lessivage de purin, déversement d’eau à évacuer, drainages > Inconnue : cause pas évidente

3 > Exécution des relevés 13

Fig. 1 > Cours d’eau fortement envasé. Boues

Photo : Angela von Känel

Fig. 2 > Cours d’eau fortement envasé.

Photo : Heinz Handschin

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3.3 Turbidité

3.3.1 Importance

La turbidité d’une eau est due à la présence de matières en suspension, qui diffusent la La turbidité modifie l’éclairage lumière. Elle est d’autant plus élevée que les particules solides sont plus abondantes et et le fond du lit (colmatage) de granulométrie plus fine. Dans les cours d’eau, une forte turbidité peut modifier les conditions d’éclairage au détriment de la biocénose. Les suspensions peuvent également provoquer un envasement du fond du lit des ruisseaux et, par suite, la destruction d’importants biotopes (cf. colmatage). Dans un cours d’eau, la turbidité peut être aussi bien d’origine naturelle (p. ex. torrent glaciaire, émissaire d’un lac) qu’artificielle (p. ex. déversement d’eaux à évacuer, centrale hydroélectrique).

3.3.2 Relevé

De l’eau est prélevée au fil du courant à l’aide d’un flacon en verre incolore (p. ex. flacons de laboratoire en verre Duran). L’échantillon est bien agité et la turbidité évaluée à l’œil nu.

3.3.3 Appréciation

La turbidité est évaluée sur une échelle à trois degrés : Appréciation

Classe 1 turbidité nulle Classe 2 faible/moyenne Classe 3 forte

La collecte d’informations complémentaires sur l’origine de la turbidité facilite l’interprétation.

> Naturelle : p. ex. instabilité des rives, torrent de montagne, écoulement glaciaire, Aide à l’évaluation marais, émissaire de lac > Artificielle : p. ex. déversement d’eaux à évacuer, centrale hydroélectrique > Inconnue : cause pas évidente

De caractère momentané, la turbidité provoquée par les travaux exécutés dans le lit d’un cours d’eau n’est pas prise en compte dans l’évaluation.

3 > Exécution des relevés 15

3.4 Coloration

3.4.1 Importance

La coloration d’une eau est due tant à des substances minérales et organiques dissoutes La coloration de l’eau peut mettre qu’à des particules en suspension. Elle peut être naturelle (cristaux de calcite : bleuâ- sur la piste d’un déversement tre ; matière organique en suspension, p. ex. plancton : jaune-vert ; acides humiques : brun) ou artificielle (substances organiques particulaires et dissoutes présentes dans les eaux à évacuer). Une modification artificielle de la couleur de l’eau a des effets négatifs sur l’éclairage, tandis que certains colorants peuvent s’avérer toxiques pour les organismes aquatiques. La coloration d’un cours d’eau peut en outre traduire, de manière purement optique, l’existence d’un déversement indésirable d’eaux à évacuer, qui resterait à assainir.

3.4.2 Relevé

De l’eau est prélevée au fil du courant à l’aide d’un flacon en verre incolore (p. ex. flacons de laboratoire en verre Duran). L’échantillon est bien agité et la couleur appréciée directement sur un fond blanc (p. ex. papier). Au cas où une coloration est décelée, l’eau peut être filtrée sur place, par exemple à travers un filtre plissé, pour distinguer les effets des substances dissoutes de celles en suspension.

3.4.3 Appréciation

La coloration est évaluée sur une échelle à trois degrés : Appréciation

Classe 1 aucune Classe 2 faible/moyenne Classe 3 forte

La collecte d’informations complémentaires sur l’origine de la coloration et sur la couleur facilite l’interprétation.

> Naturelle : émissaire de marais ou de lac Aide à l’évaluation > Artificielle : déversement d’eaux à évacuer, rejet de chantier > Inconnue : cause pas évidente > Autres indications : couleur due aux matières en suspension ou aux substances dissoutes

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3.5 Mousse

3.5.1 Importance

Par mousse, il faut comprendre ici une mousse consistante, qui s’accumule dans les La mousse peut avoir une origine zones d’eau calme (fig. 3 à 7). La mousse se forme par exemple à partir des détergents artificielle ou naturelle contenus dans les lessives, qui abaissent la tension superficielle de l’eau, ou de composés présents dans le purin lessivé par le ruissellement superficiel ou exporté par les drainages. Il faut souligner que les paquets de mousse observés peuvent fort bien refléter la situation loin en amont du point d’observation, puisqu’ils y ont été amenés par le courant. De la mousse peut aussi se former naturellement, par exemple à partir de substances organiques sécrétées par la renoncule aquatique flottante (Ranunculus fluitans) ou libérées par la décomposition de feuilles ou d’algues mortes. C’est pourquoi de la mousse est souvent observée dans les ruisseaux de forêt (surtout en automne et en hiver).

3.5.2 Relevé

Effectué par observation directe depuis la rive.

3.5.3 Appréciation

L’importance des accumulations de mousse est évaluée sur une échelle à trois degrés : Appréciation

Classe 1 pas de mousse Classe 2 peu/moyen Classe 3 beaucoup

La collecte d’informations complémentaires sur l’origine de la mousse facilite l’interprétation.

> Naturelle : p. ex. émissaire d’un lac ou d’un marais, forte chute de feuilles mortes, Aide à l’interprétation abondance de renoncules aquatiques > Artificielle : p. ex. lessivage de purin, déversement d’eau à évacuer, drainages > Inconnue : cause pas évidente

3 > Exécution des relevés 17

Fig. 3 > Cours d’eau avec peu de mousse. Fig. 4 > Cours d’eau avec peu de mousse. Mousse

Photos : Werner Göggel

Fig. 5 > Cours d’eau avec occurrence moyenne de Fig. 6 > Cours d’eau avec beaucoup de mousse. mousse.

Photos : Heinz Handschin, Angela von Känel

Fig. 7 > Cours d’eau avec beaucoup de mousse.

Photo : Heinz Handschin

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3.6 Odeur

3.6.1 Importance

L’eau est une substance inodore. Des odeurs indésirables peuvent être perçues après L’odeur de l’eau déversement d’eaux à évacuer, lessivage de purin ou forte charge naturelle en matière pour la détection de pollutions organique (p. ex. chute de feuilles mortes en automne).

3.6.2 Relevé

De l’eau est prélevée au fil du courant dans un flacon en verre, puis humée. Il faut alors bien prendre garde de ne pas lui attribuer, par mégarde, des odeurs présentes dans l’air.

3.6.3 Appréciation

L’odeur est évaluée sur une échelle à trois degrés : Appréciation

Classe 1 aucune Classe 2 faible/moyenne Classe 3 forte

Des informations complémentaires sont rassemblées sur la nature et sur l’origine de l’odeur détectée.

> Naturelle : en cas de forte charge organique en automne Aide à l’évaluation (p. ex. chute de feuilles mortes) > Artificielle : déversement d’eaux à évacuer, lessivage de purin > Inconnue : cause pas évidente > Nature de l’odeur : pourriture, eaux usées, lessive, purin

3 > Exécution des relevés 19

3.7 Sulfure de fer

3.7.1 Importance

La décomposition de la matière organique consomme l’oxygène dissous dans l’eau, Le sulfure de fer, indice avant de provoquer une réduction des sulfates. Le H2S ainsi produit réagit avec certains de conditions réductrices et minéraux riches en fer, pour former du sulfure de fer (FeS) insoluble, de couleur noire, d’une forte charge organique qui se dépose en enduits sur le fond du lit des cours d’eau. Des conditions anaérobies règnent lors d’une surcharge en matières organiques, par des eaux usées ou des feuilles mortes, et lors de la consommation simultanée d’oxygène par les phénomènes de dégradation. D’importants dépôts de boues peuvent aussi empêcher le transfert d’oxygène sur le fond du lit des cours d’eau et y favoriser l’instauration de conditions réductrices. Une odeur caractéristique, rappelant celle des œufs pourris, devient perceptible en grattant les sédiments concernés.

Une différence est faite entre les taches de sulfure de fer visibles sur les pierres du fond et les dépôts observés dans les sédiments fins (fig. 8 à 10).

3.7.2 Relevé

Dix pierres sont prélevées, si possible dans une zone d’eau calme, pour y relever la 10 pierres à examiner densité des taches de sulfure de fer. Seule la face inférieure est prise en considération. Les taches observées sur la face supérieure ont le plus souvent d’autres origines, par exemple le développement de cyanophycées. En présence de sédiments fins, un échantillon est en outre extrait pour y rechercher la présence de sulfure de fer de couleur noire.

3.7.3 Appréciation

La fréquence d’apparition des taches de sulfure de fer est évaluée au moyen de Appréciation l’échelle suivante :

Classe 1 pas de sulfure de fer sur la face inférieure des pierres examinées ou dans les sédiments fins Classe 2 peu / moyen (au maximum 25 % des pierres examinées sont tachées par FeS sur leur face inférieure ; les sédiments fins sont noirâtres par endroits) Classe 3 beaucoup (plus de 25 % des pierres examinées sont tachées par FeS sur leur face inférieure ; les sédiments fins sont presque totalement à totalement noirs)

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La collecte d’informations complémentaires sur les courants et sur l’origine naturelle ou artificielle de la matière organique facilite l’interprétation.

> Naturelle : p. ex. forte chute de feuilles mortes Aide à l’évaluation > Artificielle : p. ex. lessivage de purin, déversement d’eau à évacuer, drainages > Inconnue : cause pas évidente > Autres infos : force du courant à la station étudiée (fort ou faible)

3.7.4 Indication

La présence de sulfure de fer peut être vérifiée par un test à l’acide chlorhydrique (10– Test à l’acide chlorhydrique 15 %). Quelques gouttes de HCl sont déposées sur l’enduit à examiner. Une odeur d’hydrogène sulfuré (œufs pourris) se dégage s’il s’agit bien de sulfure de fer.

3 > Exécution des relevés 21

Fig. 8 > Pierre avec quelques rares taches de sulfure de fer (FeS). Sulfure de fer

Photo : Hans-Ruedi Bürgi

Fig. 9 > Pierre avec une densité de taches de sulfure de fer moyenne.

Photo : Angela von Känel

Fig. 10 > Pierre avec beaucoup de taches de sulfure de fer.

Photo : Andreas Frutiger

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3.8 Colmatage

3.8.1 Importance

Par colmatage, il faut entendre l’obstruction des interstices du fond du lit d’un cours Colmatage : imperméabilisation d’eau par des particules fines ou par des matières en suspension, ce qui se traduit par du lit des cours d’eau une diminution de la perméabilité (surtout verticale) à l’eau (fig. 11 à 13). Le fond du lit offre des abris à divers animaux aquatiques, qui peuvent s’y réfugier. Le colmatage diminue la perméabilité du fond du lit, réduit les échanges avec les eaux souterraines et fait disparaître des biotopes de grande valeur. Le colmatage influence en outre de manière défavorable les flux de matières dans les cours d’eau, car il diminue la capacité d’autoépuration et de rétention du fond et l’appauvrit en oxygène. Un colmatage naturel peut également se produire, par exemple dans les ruisseaux où se forme du tuf.

Le colmatage peut se limiter à la surface ou affecter des couches plus profondes du lit, Relevé du colmatage donc aussi se produire sous une couche de gravier non cohérent. La méthode décrite ci- des couches superficielles après ne traite que du colmatage des couches superficielles. Une appréciation plus fine n’est pas possible dans le cadre du module Aspect général. Celle-ci exige beaucoup de temps et une grande expérience des opérateurs. La méthode d’étude et d’évaluation du colmatage mise au point par l’Eawag dans le cadre du projet « Fischnetz » donne plus de détails sur ce type de recherche (Schälchli et al. 2002).

3.8.2 Relevé

Le colmatage est évalué en détachant des pierres du fond du lit.

3.8.3 Appréciation

Trois classes de colmatage sont distinguées, suivant la difficulté à détacher les pierres Appréciation du fond du lit :

Classe 1 aucun les pierres peuvent être détachées à la main du fond du lit, sans effort Classe 2 faible/moyen les pierres ne peuvent être détachées que difficilement du fond du lit Classe 3 fort les pierres ne peuvent pas être détachées du fond du lit sans outil

Des informations complémentaires sont fournies sur l’origine du colmatage.

> Naturelle : ruisseaux à fond recouvert de concrétions calcaires, formation de tuf Aide à l’évaluation > Artificielle : changement du régime d’écoulement et du transport de matières en suspension ou de matières solides sur le fond (p. ex. STEP, centrale hydroélectrique, stabilisation du lit des cours d’eau) > Inconnue : cause pas évidente

3 > Exécution des relevés 23

Fig. 11 > Lit d’un cours d’eau moyennement colmaté. Colmatage

Photo : Werner Göggel

Fig. 12 > Lit d’un cours d’eau fortement colmaté.

Photo : Pius Niederhauser

Fig. 13 > Lit d’un cours d’eau colmaté par du tuf.

Photo : Heinz Handschin

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3.9 Déchets solides

3.9.1 Importance

Les déchets solides rencontrés dans les eaux ou sur les rives sont subdivisés en déchets Les déchets solides, provenant de l’évacuation des eaux des zones habitées (p. ex. papier WC, serviettes indices de pollution hygiéniques), qui parviennent dans les cours d’eau par les déversoirs d’orage, et en autres déchets (p. ex. emballages, bouteilles vides, sacs à ordures, sacs d’engrais vides) (fig. 14 à 16). La description de ce paramètre ouvre la voie à d’éventuelles propositions d’amélioration, concernant par exemple l’évacuation des crues ou l’aménagement de bassins de rétention pour les déversoirs d’orage. Quels qu’ils soient, les déchets enlaidissent le paysage et doivent être éliminés.

3.9.2 Relevé

Les déchets solides sont repérés depuis la rive et le lit.

3.9.3 Appréciation

La présence de déchets solides est évaluée avec une échelle à trois degrés : Appréciation

Classe 1 aucun Classe 2 isolés Classe 3 nombreux

Des informations complémentaires sont fournies sur l’origine des matières solides découvertes.

> Évacuation des eaux Aide à l’évaluation des agglomérations : papier WC, serviettes hygiéniques, etc. > Autres déchets : emballages, sacs à ordures, sacs d’engrais vides, bouteilles vides, etc.

3 > Exécution des relevés 25

Fig. 14 > Cours d’eau avec déchets solides isolés provenant de zones habitées. Déchets solides provenant de l’évacuation des eaux des zones habitées

Photo : Heinz Handschin

Fig. 15 > Cours d’eau avec de nombreux déchets solides provenant de zones habitées.

Photo : Heinz Handschin

Fig. 16 > Cours d’eau avec de nombreux déchets solides provenant de zones habitées.

Photo : Pius Niederhauser

Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général OFEV 2007 26

3.10 Organismes hétérotrophes

3.10.1 Importance

Les organismes hétérotrophes comprennent les champignons, les bactéries et les proto- Le développement d’organismes zoaires (fig. 17 à 20). Leur présence indique une forte pollution organique (avant tout hétérotrophes indique une charge par des eaux usées insuffisamment ou non épurées, par des jus de silos ou par du purin organique lessivé sur les surfaces agricoles). Leur densité augmente avec la charge. En cas de prolifération, les bactéries et les champignons forment des pellicules cotonneuses ou lisses, de couleur grise. Les protozoaires (unicellulaires) se nourrissent de bactéries et de détritus. Lorsque la nourriture est surabondante, ils se multiplient à tel point qu’ils forment des voiles blanchâtres faciles à repérer à l’œil nu. Le développement des organismes hétérotrophes peut avoir, exceptionnellement, une origine naturelle, par exemple en automne lorsque les feuilles mortes font augmenter la charge organique des cours d’eau.

3.10.2 Relevé

Le relevé des organismes hétérotrophes implique une bonne formation des opérateurs. Le relevé implique une bonne Une appréciation fine ne peut être effectuée que par des spécialistes. formation

Dix pierres d’une taille atteignant au moins celle du poing sont prélevées sur l’en- 10 pierres de la taille du poing semble de la station étudiée, pour déterminer l’importance du développement des organismes hétérotrophes. Leurs faces inférieures et supérieures sont examinées à l’œil nu (sans moyen optique, comme loupe, binoculaire, etc.). Un échantillon des dépôts indiquant la présence de ces organismes devrait cependant être contrôlé en laboratoire au microscope, pour prévenir les erreurs (risque de confusion important, par exemple avec les diatomées gélatineuses).

3.10.3 Appréciation

L’importance du développement des organismes hétérotrophes est évaluée au moyen Appréciation en 3 classes d’une échelle à trois degrés.

Les organismes hétérotrophes peuvent aussi être déterminés par des spécialistes et Variante : appréciation fine évalués au moyen d’une échelle à cinq degrés. Dans ce cas, les résultats peuvent être en 5 classes comparés aux précédents, à condition que les classes 1 (bleu) et 2 (vert), ainsi que 4 (orange) et 5 (rouge), soient regroupées (cf. tableau).

3 > Exécution des relevés 27

3 Classes Variante : 5 Classes Appréciation

aucun aucun organisme hétérotrophe 1 1 très fine pellicule visqueuse sur la partie inférieure de pierres isolées (vérification sporadique au microscope) 2 quelques pierres isolées couvertes d’un tapis ou de touffes d’organismes hétéro- 2 peu trophes 3 au moins 3 pierres sur 10 colonisées par des organismes hétérotrophes en tapis moyen ou en touffes 4 touffes bien formées sur au moins 1/3 de la surface (pierres, bois, …), revêtement beaucoup plucheux facile à reconnaître depuis la rive 5

La collecte d’informations complémentaires sur les courants et sur l’origine naturelle ou artificielle de la matière organique facilite l’interprétation.

> Naturelle : p. ex. forte chute de feuilles mortes Aide à l’évaluation > Artificielle : p. ex. lessivage de purin, déversement d’eau à évacuer, drainages > Inconnue : présence d’organismes hétérotrophes non expliquée > Autres infos : force du courant à la station étudiée (fort ou faible)

Fig. 17 > Pierre avec peu d’organismes hétérotrophes. Organismes hétérotrophes

Photo : Angela von Känel

Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général OFEV 2007 28

Fig. 18 > Pierre avec une densité d’organismes hétérotrophes moyenne et un fond de lit moyennement envasé.

Photo : Angela von Känel

Fig. 19 > Fond de lit avec beaucoup d’organismes hétérotrophes.

Photo : Pius Niederhauser

Fig. 20 > Fond de lit avec beaucoup d’organismes hétérotrophes.

Photo : Angela von Känel

3 > Exécution des relevés 29

3.11 Végétation

Le module Aspect général tient compte de la végétation pour compléter le relevé des Informations complémentaires autres paramètres, mais l’appréciation fine se fait avec les modules Diatomées et sur la végétation Macrophytes dans le cadre du système modulaire gradué.

3.11.1 Importance

Par « Végétation », il faut entendre ici les algues filamenteuses, les mousses et les Les communautés végétales plantes aquatiques supérieures (Fig. 21 à 34). La plus ou moins grande diversité des donnent des indications communautés végétales traduit le caractère plus ou moins naturel du lit des cours sur la santé des cours d’eau d’eau. La prolifération de certaines espèces se produit surtout dans les rivières à faible variabilité et s’explique, entre autres, par l’insuffisance du charriage de fond, par une mauvaise correction du lit, par l’absence d’arbres et donc d’ombrage sur les rives et, dans une moindre mesure, par la qualité médiocre des eaux. Elle peut tout aussi bien avoir une cause naturelle, comme le développement en masse de la chrysophycée Hydrurus.

3.11.2 Relevé

Le relevé de la végétation se fait par observation directe, à partir de la rive et du fond du lit.

Niveau 1 = < 10 % du fond du lit recouvert Catégories Niveau 2 = 10–50 % du fond du lit recouvert Niveau 3 = > 50 % du fond du lit recouvert

Trois catégories végétales sont en outre distinguées :

> Diatomées, algues incrustantes, algues filamenteuses > Mousses > Macrophytes

L’observateur relève sommairement les espèces d’algues et de macrophytes dominan- Caractérisation tes (p. ex. Cladophora, diatomées, Vaucheria, Myriophyllum, mousses).

Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général OFEV 2007 30

Fig. 21 > Algues filamenteuses. Niveau 1 Niveau 2 Niveau 3

Niveau 1 = < 10 % du fond du lit recouvert ; Niveau 2 = 10–50 % ; D’après THOMAS & SCHANZ 1976, simplifié.

Fig. 22 > Macrophytes et mousses. Niveau 1 Niveau 2 Niveau 3

Niveau 1 = < 10 % du fond du lit recouvert ; Niveau 2 = 10–50 % ; D’après THOMAS & SCHANZ 1976, simplifié.

3.11.3 Appréciation

Le développement des algues et des macrophytes n’est pas évalué, car l’interpréta- Pas d’appréciation tion des communautés végétales implique une détermination au niveau de l’espèce et de la végétation donc à nouveau l’intervention d’un spécialiste. Un investissement de ce type ne se justifie pas pour le module Aspect général au niveau R.

3 > Exécution des relevés 31

Fig. 23 > Cours d’eau avec peu d’algues. Algues

Photo : Pius Niederhauser

Fig. 24 > Cours d’eau avec peu d’algues. Fig. 25 > Cours d’eau avec une densité d’algues moyenne.

Photos : Pius Niederhauser

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Fig. 26 > Cours d’eau avec une densité d’algues Fig. 27 > Cours d’eau avec beaucoup d’algues. moyenne.

Photos : Hans-Ruedi Bürgi, Angela von Känel

Fig. 28 > Cours d’eau avec beaucoup d’algues. Fig. 29 > Cours d’eau avec beaucoup d’algues.

Photos : Pius Niederhauser

Fig. 30 > Cours d’eau avec peu de macrophytes. Fig. 31 > Cours d’eau avec une densité de Macrophytes macrophytes moyenne.

Photos : Pius Niederhauser

3 > Exécution des relevés 33

Fig. 32 > Cours d’eau avec une densité de Fig. 33 > Cours d’eau avec beaucoup de macrophytes moyenne. macrophytes.

Photos : Pius Niederhauser

Fig. 34 > Cours d’eau avec beaucoup de macrophytes.

Photo : Pius Niederhauser

Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général OFEV 2007 34

4 > Évaluation

4.1 Appréciation, interprétation

Les paramètres relevés pour apprécier l’Aspect général des cours d’eau sont classés sur une échelle à trois degrés, à la seule exception des organismes hétérotrophes, qui peuvent, le cas échéant être subdivisés en cinq classes, comme c’est le cas dans les autres méthodes du système modulaire gradué.

L’évaluation de l’Aspect général n’est pas une synthèse ; elle se fait séparément pour chaque paramètre, la végétation étant traitée en détail avec les modules Diatomées et Macrophytes.

Il est particulièrement important de préciser les causes (naturelles, artificielles, incon- Evaluation tenant compte nues) des résultats observés, car une évaluation définitive ne peut être faite qu’à cette des causes, procédure selon condition. Pour le cas où les paramètres Aspect général reflètent des conditions stric- l’art. 47 OEaux tement naturelles, donc d’absence de pollution, il n’apparaît pas utile de procéder à des enquêtes complémentaires 3. En revanche, s’ils traduisent des influences artificielles ou d’origine indéterminée, il faut intervenir en application de l’art. 47 OEaux (cf. annexe), conformément au tableau du bas de page. Lorsque tous les paramètres (à l’exception de la végétation) figurent en classe 1, les exigences relatives à la qualité des eaux sont respectées, conformément à l’annexe 2 OEaux. En classe 2, la situation est critique. En classe 3, les exigences relatives à la qualité des eaux ne sont pas respectées. La procédure à suivre dans ces deux derniers cas est fixée par l’art. 47 OEaux.

Causes Evaluation et enquêtes naturelles indéterminées / artificielles Appréciation Evaluation Enquêtes Appréciation Evaluation Enquêtes Exigences de l’OEaux Classe 1 Classe 1 Aucune respectées Exigences Situation Classe 2 de l’OEaux Aucune Classe 2 Procédure critique respectées selon art. 47 Exigences de l’OEaux Oeaux Classe 3 Classe 3 pas respectées

3 Les données naturelles sont expressément réservées en chaque cas lorsqu'il s'agit des paramètres d'aspect extérieur dans les

exigences de qualité pour l'eau de l'annexe 2 de l'OEaux (cf ch. 11, al. 1, let. a, al. 2, ch. 12, al. 1, let. a, al. 2, let. b). Il n'y a donc pas d'infraction aux exigences formulées dans l'OEaux et il n'est pas besoin d'une procédure selon l'art. 47 OEaux.

4 > Évaluation 35

4.2 Représentation graphique

La représentation des résultats pour l’Aspect général des cours d’eau tient compte de la Comparaison avec les autres ligne de conduite fixée pour les études et des questions à résoudre, elle peut donc modules du système modulaire prendre des formes très différentes. Pour uniformiser la représentation avec les autres gradué modules, les trois classes d’état sont le bleu, le jaune et le rouge. La classe 1 (bleu) de l’Aspect général correspond aux classes 1 et 2 (bleu, vert) des autres modules et la classe 3 (rouge) aux classes 4 et 5 (orange, rouge) de ceux-ci.

Lorsque les paramètres concernant l’Aspect général sont relevés le long du cours Modes de représentation d’eau, les résultats peuvent être reportés sur une carte des cours d’eau. Les figures 35 et 36 proposent deux exemples de représentation. Sur la première, chaque station figure sous la forme d’un diagramme circulaire, où chaque paramètre correspond à un secteur. La seconde donne une représentation ponctuelle des relevés, les couleurs bleu, jaune et rouge permettant de distinguer les résultats obtenus pour chaque paramètre. Les paramètres qui sont placés dans la classe 2 (jaune) ou 3 (rouge) pour des raisons naturelles et qui respectent ainsi les exigences de qualité prescrites par l’annexe 2 OEaux, ch. 11 et 12 sont signalés de manière appropriée.

Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général OFEV 2007 36

Fig. 35 > Représentation graphique des paramètres de l’Aspect général influencés par les activités humaines. Ici : « Etude du nant d’Avril – Etat 2003 et évolution depuis 1996 ». Service cantonal de l’écologie de l’eau, DIAE, Genève (2004) 29 p.

4 > Évaluation 37

Fig. 36 > Représentation graphique des paramètres de l’Aspect général influencés par les activités humaines. Ici : « Beurteilung der biologisch indizierten Wasserqualität in der Alten Aare (BE) im März 2005 ». Untersuchungen AquaPlus im Auftrag GSA Kt. Bern (2005) 36pp. und Anhänge.

Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général OFEV 2007 38

4.3 Limites de la méthode

Le module Aspect général est utilisable aussi bien pour les cours d’eau alpins que sur Complément aux autres modules le Plateau. Sur les tronçons fortement influencés par la restitution de retenues d’eau, il y a lieu d’indiquer les conditions aux limites (p. ex. horaire des éclusées) pour faciliter l’interprétation.

À l’exception du développement de la végétation et des organismes hétérotrophes, ainsi que du sulfure de fer, la plupart des paramètres de l’Aspect général reflètent un état momentané des cours d’eau, susceptible de subir d’importantes variations. Pour cette raison, il est recommandé de relever l’aspect général en même temps que d’autres modules qui analysent des paramètres intégrateurs comme les macroinvertébrés. Les résultats sont plus faciles à interpréter dans un tel cas et représentent un complément utile pour obtenir une bonne vue d’ensemble.

Il faut tenir compte du fait que les relevés effectués en une station peuvent, suivant les courants, être représentatifs des conditions plus en amont (p. ex. mousse) et en profiter pour examiner les sources de pollution responsables et pour les décrire.

Dans le cas de déficits patents, les relevés Aspect général doivent être répétés après une année.

> Annexe 39

> Annexe

> A1 Extraits de l’ordonnance sur la protection des eaux

Art. 47 Marche à suivre en cas de pollution des eaux

Si l’autorité constate que les eaux ne satisfont pas aux exigences fixées dans l’annexe 2 ou que l’utilisation spécifique des eaux n’est pas garantie, elle :

a) détermine et évalue la nature et l’ampleur de la pollution ; b) détermine les causes de la pollution ; c) évalue l’efficacité des mesures possibles, et d) veille à ce que les mesures requises soient prises en vertu des prescriptions correspondantes.

Si plusieurs sources de pollution sont impliquées, les mesures à prendre par les responsables doivent être harmonisées.

Annexe 2

Exigences relatives à la qualité des eaux superficielles selon l’Ordonnance fédérale du 28 octobre 1998 sur la protection des eaux (OEaux)

11 Exigences générales

La qualité des eaux doit être telle :

a) qu’il ne doit pas se former de colonies de bactéries, de champignons ou de protozoaires visibles à l’œil nu, ni se produire de proliférations excessives ou anormales d’algues et de plantes aquatiques supérieures ; b) .....

Les déversements d’eaux à évacuer ne doivent entraîner dans les eaux, après un mélange homogène :

a) aucune formation de boues ; b) aucune turbidité, coloration ni formation de mousse, sauf en cas de fortes pluies ; c) aucune altération de l’odeur naturelle de l’eau ; d) ....

Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général OFEV 2007 40

12 Exigences supplémentaires pour les cours d’eau

La qualité des eaux doit être telle :

a) qu’il ne se forme pas de taches de sulfure de fer visibles à l’œil nu sur le fond du cours d’eau ; des conditions naturelles particulières sont réservées ; b) ...

La teneur en oxygène dans le lit du cours d’eau ne doit pas être réduite par :

a) ... b) une diminution de la perméabilité du fond due à une sédimentation élevée, anormale, de fines particules (colmatage) ou à un compactage artificiel.

> Annexe 41

> A2 Formulaire Aspect général Date ............................................. Opérateur/trice .............................................................. Cours d’eau Nom No

Station Lieu-dit No

Coordonnées X Y Conditions météo < 2 jours après pluie > 2 jours après pluie Remarques (p. ex. débit, tronçon à débit résiduel, restitution, …)

Boues Sulfure de fer (*) non naturelle non 0 % naturelle peu/moyen artificielle peu/moyen < 25 % artificielle beaucoup inconnue beaucoup > 25 % inconnue

Remarques : Remarques : forte chute de feuilles drainage forte chute de feuilles drainage déversement autre déversement autre purin purin

Turbidité Colmatage nulle naturelle aucun naturelle faible/moyenne artificielle faible/moyen artificielle forte inconnue fort inconnue Remarques : Déchets Autres déchets déversement lac (provenant de l’évacuation des eaux) chantier glacier aucun aucun centrale hydroélectr. torrent isolés isolés instabilité des rives autre nombreux nombreux marais Remarques : Coloration articles d’hygiène sac à ordures aucune naturelle papier WC emballage faible/moyenne artificielle forte inconnue Remarques : Organismes hétérotrophes (*) colorant dissous chantier 3 classes 5 classes colorant particulaire lac non naturelle

marais sporadique artificielle déversement autre peu inconnue moyen Couleur : …..………………...……………………..……………….……. beaucoup Mousse non naturelle Remarques : peu/moyen artificielle forte chute de feuilles drainage beaucoup inconnue déversement autres purin Remarques : forte chute de feuilles marais Végétation déversement lac peu moyen beaucoup purin renoncules < 10 % 10–50 % > 50 % drainage autre algues mousses Odeur macrophytes aucune naturelle faible/moyenne artificielle Remarques : …………………………………………………....………… forte inconnue ………………………………………………………..………….………….. Remarques : déversement pourriture produit de lessive autre Courant (*) purin faible fort

Méthodes d'analyse et d'appréciation des cours d'eau. Aspect général OFEV 2007 42

> Index Figures Fig. 16 Cours d’eau avec de nombreux déchets solides provenant de Fig. 1 zones habitées. 25 Cours d’eau fortement envasé. 13 Fig. 17 Fig. 2 Pierre avec peu d’organismes hétérotrophes. 27 Cours d’eau fortement envasé. 13 Fig. 18 Fig. 3 Pierre avec une densité d’organismes hétérotrophes moyenne et Cours d’eau avec peu de mousse. 17 un fond de lit moyennement envasé. 28

Fig. 4 Fig. 19 Cours d’eau avec peu de mousse. 17 Fond de lit avec beaucoup d’organismes hétérotrophes. 28

Fig. 5 Fig. 20 Cours d’eau avec occurrence moyenne de mousse. 17 Fond de lit avec beaucoup d’organismes hétérotrophes. 28

Fig. 6 Fig. 21 Cours d’eau avec beaucoup de mousse. 17 Algues filamenteuses. 30

Fig. 7 Fig. 22 Cours d’eau avec beaucoup de mousse. 17 Macrophytes et mousses. 30

Fig. 8 Fig. 23 Pierre avec quelques rares taches de sulfure de fer (FeS). 21 Cours d’eau avec peu d’algues. 31

Fig. 9 Fig. 24 Pierre avec une densité de taches de sulfure de fer moyenne. 21 Cours d’eau avec peu d’algues. 31

Fig. 10 Fig. 25 Pierre avec beaucoup de taches de sulfure de fer. 21 Cours d’eau avec une densité d’algues moyenne. 31

Fig. 11 Fig. 26 Lit d’un cours d’eau moyennement colmaté. 23 Cours d’eau avec une densité d’algues moyenne. 32

Fig. 12 Fig. 27 Lit d’un cours d’eau fortement colmaté. 23 Cours d’eau avec beaucoup d’algues. 32

Fig. 13 Fig. 28 Lit d’un cours d’eau colmaté par du tuf. 23 Cours d’eau avec beaucoup d’algues. 32

Fig. 14 Fig. 29 Cours d’eau avec déchets solides isolés provenant de zones Cours d’eau avec beaucoup d’algues. 32 habitées. 25 Fig. 30 Fig. 15 Cours d’eau avec peu de macrophytes. 32 Cours d’eau avec de nombreux déchets solides provenant de Fig. 31 zones habitées. 25 Cours d’eau avec une densité de macrophytes moyenne. 32

> Index 43

Fig. 32 Cours d’eau avec une densité de macrophytes moyenne. 33

Fig. 33 Cours d’eau avec beaucoup de macrophytes. 33

Fig. 34 Cours d’eau avec beaucoup de macrophytes. 33

Fig. 35 Représentation graphique des paramètres de l’Aspect général influencés par les activités humaines. 36

Fig. 36 Représentation graphique des paramètres de l’Aspect général influencés par les activités humaines. 37

Bibliographie

OFEFP, Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage 1998a : Méthodes d’analyse et d’appréciation des cours d’eau en Suisse. Système modulaire gradué. Informations concernant la protection des eaux no 26, Berne, 1–43.

OFEFP, Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage 1998b : Méthodes d’analyse et d’appréciation des cours d’eau en Suisse. Ecomorphologie – niveau R (région). Informations concernant la protection des eaux no 27, Berne, 1–49.

Schälchli, Abegg + Hunzinger 2002 : Innere Kolmation, Methoden zur Erkennung und Bewertung. Rapport non publié, élaboré dans le cadre du projet « Fischnetz ». Institut fédéral pour l’aménagement, l’épuration et la protection des eaux, 1–23.

Thomas E. A., Schanz F. 1976 : Beziehungen zwischen Wasserchemismus und Primärproduktion in Fliessgewässern, ein limnologisches Problem. Vierteljahresschrift Natf. Ges., Zurich, 121:309–317.