Portata: Non è stato analizzato come le decisioni successive abbiano trattato questa decisione. Nessuna delle 12 decisioni citanti è stata analizzata.

73 IV 216

BGE 73 IV 216 - Lugrin

Abruf und Rang:

RTF-Version (Seiten, Linien), Druckversion (Seiten) Rang: 36% (656) Zitiert durch:

Zitiert selbst:

Regeste:

Faits

A.

B.

C.

D.

E.

Considérants

1. [...] Lugrin, avec raison, ne soutient pas que les premiers ju ...

2. Le recourant conteste, en outre, que l'art. 24 CP permette de ...

56. Extrait de l'arrêt de la Cour de cassation pénale

du 31 octobre 1947 dans la cause Lugrin contre Ministère public du canton de Vaud.

Regeste:

Art. 24 StGB gilt auch für die Anstifung im zweiten Grade.

Sachverhalt:

A.

Antisémite passionné et partisan ardent du régime national-socialiste, Lugrin, ancien pasteur et journaliste, s'était assuré en divers lieux du canton de Vaud, pour faire sa propagande, le concours de petits groupements extrémistes. L'un d'eux, à Payerne, où militaient notamment Joss, Vallotton, Max et Robert Marmier, avait pour chef Ischy, lui-même subordonné à Lugrin, dont il recevait ordres et consignes. Après lui avoir déclaré, à plusieurs reprises, qu'il faudrait déporter ou exterminer tous les Juifs et qu'il faudrait un jour en faire disparaître un pour frapper un grand coup et effrayer les autres, Lugrin lui montra, en mars 1942, une lettre de menaces qu'il avait reçue, ajoutant que c'en était assez et qu'il fallait passer aux actes. Comptant fermement qu'Ischy suivrait ses instructions, il lui fit comprendre que c'était le moment d'exécuter leur projet de supprimer un Juif.

Ischy consentit. Il prit contact avec Joss, Vallotton et les frères Marmier, obtint d'eux qu'ils se chargent de tuer un Juif et arrêta avec eux le plan de l'exécution.

B.

Le 16 avril 1942, Vallotton, Joss et les frères Marmier assassinèrent Arthur Bloch dans les circonstances que décrit le jugement rendu le 20 février 1943 par le Tribunal criminel de Payerne.

Peu après, Ischy donna à Lugrin 100 fr. volés dans le portefeuille de la victime. Lugrin les accepta, bien qu'il en connût la provenance.

Le 3 mai 1942, il prit la fuite et, passant clandestinement la frontière, se réfugia en France.

C.

Par jugement du 20 février 1943, que la Cour de cassation vaudoise a maintenu le 7 avril 1943, le Tribunal criminel du district de Payerne a condamné Ischy à la réclusion à vie pour instigation à l'assassinat.

D.

Considérant que Lugrin n'avait ni connu ni voulu les circonstances de l'assassinat, le même tribunal l'a déclaré coupable, le 5 juin 1947, d'instigation au meurtre, ainsi que de recel et de passage clandestin de la frontière. Il lui a infligé vingt ans de réclusion et dix ans de privation des droits civiques.

Sur recours du condamné, la Cour de cassation vaudoise a maintenu ce jugement, le 7 juillet 1947.

E.

Lugrin s'est pourvu en nullité au Tribunal Fédéral.

Erwägungen:

Considérant en droit:

1. [...] Lugrin, avec raison, ne soutient pas que les premiers juges auraient, à propos du rapport de causalité, méconnu la notion de l'instigation au sens de l'art. 24 CP. Sans doute cette disposition ne s'appliquerait-elle pas s'il avait simplement dit à Ischy, d'une façon abstraite et théorique, qu'il faudrait exterminer tous les Juifs ou, du moins, en faire disparaître un pour effrayer les autres. L'art. 24 suppose que l'instigateur décide autrui à commettre un crime ou un délit concret. C'est ce que Lugrin a fait en déclarant à Ischy qu'il fallait passer aux actes et que le moment était venu de réaliser leur projet de supprimer un Juif. Peu importe qu'il n'ait pas désigné lui-même la victime ni précisé les détails de l'exécution.

2. Le recourant conteste, en outre, que l'art. 24 CP permette de punir une instigation au deuxième degré.

a) Ischy ayant été condamné comme instigateur, il s'agit, en effet, de savoir si celui qui décide autrui à faire commettre une infraction par un tiers tombe sous le coup de l'art. 24 al. 1 OP.

Cette disposition vise celui qui intentionnellement a décidé autrui à commettre un crime ou un délit, pourvu que l'infraction ait été commise. L'art. 9 CP, de son côté, répute crime toute infraction passible de la réclusion.

Condamné à la réclusion à vie, Ischy a donc commis un crime au sens des art. 9 et 24 CP. Aussi est-ce à juste titre que le recourant a été puni comme instigateur.

On pourrait être tenté d'objecter que le mot "crime", à l'art. 24, ne désigne que l'infraction principale. Mais rien, dans cette hypothèse, ne permet de supposer que le législateur ait entendu exclure l'instigation indirecte. L'art. 24 ne dit pas: "Celui qui aura intentionnellement et directement décidé autrui [...]". Il n'y a aucune raison de l'interpréter en ce sens. La loi punit l'instigateur à l'égal de l'auteur parce que, sans lui, l'infraction principale n'eut vraisemblablement pas été commise. Dès lors, il serait incohérent de sévir contre l'instigateur direct, mais non contre celui qui l'a décidé et qui est, en réalité, la cause initiale de l'infraction principale. Sa participation n'est pas moins coupable parce que l'instigué, au lieu d'agir lui-même, s'est servi d'un tiers.

b) Il ressort d'ailleurs du jugement du 20 février 1943 qu'Ischy a joué un rôle de premier plan dans l'assassinat de Bloch et qu'il était prêt à tout faire pour que l'infraction fût consommée. Dès lors, vu la conception subjective de la participation dont s'inspire le Code pénal suisse (cf. RO 70 IV 102, 69 IV 97), il doit être considéré comme ayant été non l'instigateur, mais le coauteur de ce crime. Il s'ensuit que, même si l'opinion du recourant était fondée, l'application de l'art. 24 CP aurait été justifiée.

Disposizioni modificate da allora

Questa decisione interpreta disposizioni il cui atto è stato nel frattempo nuovamente consolidato. Se sia cambiato l’articolo stesso non è registrato.

  • Codice penale svizzero, Art. 9 e Art. 24 — l’atto è stato nuovamente consolidato il 1 gennaio 1995, 1 febbraio 1997, 1 settembre 1997, 1 gennaio 1998, 1 aprile 1998, 1 gennaio 1999, 1 marzo 2000, 1 maggio 2000, 1 luglio 2000, 15 dicembre 2000, 1 gennaio 2002, 1 aprile 2002, 1 luglio 2002, 1 ottobre 2002, 1 aprile 2003, 1 dicembre 2003, 1 gennaio 2004, 1 marzo 2004, 1 aprile 2004, 1 luglio 2004, 1 agosto 2004, 1 gennaio 2005, 1 febbraio 2005, 1 gennaio 2006, 1 aprile 2006, 1 luglio 2006, 1 dicembre 2006, 1 gennaio 2007, 1 gennaio 2008, 1 giugno 2008, 1 agosto 2008, 1 ottobre 2008, 5 dicembre 2008, 1 gennaio 2009, 1 febbraio 2009, 1 aprile 2009, 1 gennaio 2010, 1 dicembre 2010, 1 gennaio 2011, 1 luglio 2011, 1 ottobre 2011, 1 gennaio 2012, 1 luglio 2012, 16 luglio 2012, 1 ottobre 2012, 1 gennaio 2013, 19 marzo 2013, 1 aprile 2013, 1 maggio 2013, 1 luglio 2013, 1 gennaio 2014, 1 luglio 2014, 1 gennaio 2015, 1 gennaio 2016, 1 luglio 2016, 1 ottobre 2016, 1 gennaio 2017, 11 luglio 2017, 1 settembre 2017, 12 dicembre 2017, 1 gennaio 2018, 1 marzo 2018, 1 marzo 2019, 1 luglio 2019, 1 novembre 2019, 1 febbraio 2020, 3 marzo 2020, 1 luglio 2020, 1 luglio 2021, 1 gennaio 2022, 1 giugno 2022, 22 novembre 2022, 1 gennaio 2023, 23 gennaio 2023, 1 luglio 2023, 1 agosto 2023, 1 settembre 2023, 6 dicembre 2023, 1 gennaio 2024, 1 luglio 2024, 1 gennaio 2025, 1 agosto 2025, 1 gennaio 2026 e 12 giugno 2026.

Citato in