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Vaccinazione contro l'HPV per adolescenti e giovani adulti maschi
Hêche Claude · P-M · Consiglio degli Stati · Giura · Gruppo socialista
Le président (Hêche Claude, président): Madame Maury Pasquier est partiellement satisfaite de la réponse écrite du Conseil fédéral. Elle demande l'ouverture de la discussion. - Ainsi décidé.
Maury Pasquier Liliane · Mit-F · Consiglio degli Stati · Ginevra · Gruppo socialista
Depuis mars 2015, l'Office fédéral de la santé publique et la Commission fédérale pour les vaccinations recommandent aux garçons et aux jeunes hommes de se faire vacciner contre les papillomavirus humains -un vaccin déjà préconisé depuis 2007 pour les filles et les jeunes femmes, afin de prévenir le cancer du col de l'utérus. En effet, si les papillomavirus humains sont la plupart du temps éliminés par le système immunitaire, ils peuvent, dans de rares cas, être à l'origine de certains cancers peu fréquents chez les hommes ainsi que de verrues génitales, une affection bien plus répandue mais bénigne. Dans ce contexte, les autorités sanitaires considèrent qu'il ne s'agit que d'une vaccination complémentaire, contrairement à ce qui s'applique aux filles et aux jeunes femmes.
Cette nouvelle recommandation soulève toutefois plusieurs questions, dont certaines ne sont pas nouvelles. Tout d'abord, pour les filles comme pour les garçons, ce vaccin est-il efficace? On sait en effet qu'il ne protège que contre quelques-unes des souches du papillomavirus et l'on manque de preuves scientifiques pour affirmer qu'il permet effectivement de prévenir les pathologies visées. Comme le dit le Conseil fédéral dans sa réponse à l'interpellation: "Il est trop tôt, six ans après l'introduction de la vaccination chez les jeunes filles de 11 à 14 ans en Suisse, pour pouvoir en mesurer l'impact sur la survenue de lésions précancéreuses ou cancéreuses du col de l'utérus." Le cancer du col de l'utérus est, soit dit en passant, le quinzième cancer le plus fréquent en Suisse et il est, par ailleurs, dépisté efficacement par frottis gynécologique.
Quant à l'impact de ce vaccin chez les hommes, le Conseil fédéral souligne: "Les analyses disponibles fournissent certaines indications utiles, mais elles sont basées sur une série de suppositions comportant des incertitudes. En particulier, l'efficacité de la vaccination contre certains cancers, tels que ceux de la région oropharyngée n'est pas encore connue."
Face à tant d'incertitudes sur l'efficacité du vaccin surgit une autre question, que je pose au Conseil fédéral: n'est-il pas prématuré, dans ce contexte, d'élargir la recommandation de vaccination aux garçons et aux jeunes hommes? Ne faudrait-il pas tout au moins mener au préalable une étude complète sur les hommes afin d'évaluer le rapport coût/efficacité de ce vaccin pour eux? En termes d'adéquation, d'économicité et d'efficacité, cela semblerait logique.
Las!, me répond le Conseil fédéral, aucune analyse indépendante et publiquement accessible de ce type n'existe et n'est prévue en Suisse pour la vaccination des garçons.
Du côté des filles et des jeunes femmes, les différentes données déjà collectées sur les effets de la vaccination - notamment l'enquête populationnelle, réalisée en 2014 et citée par le Conseil fédéral dans sa réponse - relèvent que la plupart des femmes vaccinées, mais cependant pas toutes, pensent que la vaccination ne doit pas conduire à une réduction de la fréquence des contrôles de dépistage.
De même, la majorité des femmes interrogées estiment que le vaccin ne remplace pas le recours au préservatif. Toutefois, il ne s'agit là que d'avis. Il est difficile de savoir sur cette base dans quelle mesure le sentiment de sécurité induit par le vaccin modifie réellement les comportements de dépistage et de protection - dans le feu de l'action, si j'ose dire! Et les jeunes hommes, de leur côté, se sentiront-ils responsables de continuer à utiliser un préservatif, une fois vaccinés contre des virus qui s'attrapent sans? Nul ne le sait. Ce qui est certain, en revanche, c'est qu'il est difficile de faire passer auprès des jeunes gens ce message paradoxal: "Faites-vous vacciner pour vous protéger, mais continuez à vous protéger comme si vous n'étiez pas vaccinés." C'est donc fort à propos que, dans son dernier bulletin, l'Office fédéral de la santé publique souligne la nécessité de fournir des informations supplémentaires sur la sécurité de cette vaccination, mais la tâche risque d'être ardue.
Oui, en matière de vaccination, dans ce cas et en général, il faut garantir l'accès à des informations indépendantes, neutres et de qualité. Il faut aussi poursuivre en parallèle les mesures de prévention, en l'occurrence contre les infections sexuellement transmissibles. Avant tout, il faut que nous nous posions cette question: à partir de quel rapport coût/efficacité doit-on dispenser aux jeunes un vaccin qui n'est jamais potentiellement exempt d'effets secondaires? Mais pour y répondre et prendre des décisions éclairées, encore faut-il disposer des analyses nécessaires, et c'est sur ce point central que je souhaite attirer l'attention du Conseil fédéral.
Berset Alain · BR-M · Consiglio federale · Friburgo
Je vous remercie, Madame Maury Pasquier, d'avoir attiré notre attention sur ce point. Vous avez aussi rappelé dans votre intervention que ce sujet était très complexe et que certains éléments avaient une influence les uns sur les autres, notamment en ce qui concerne l'évolution du comportement que peut ou non induire une vaccination contre les papillomavirus humains. Ces sujets sont extrêmement sensibles. Il n'y a pas seulement les questions de sécurité et d'efficacité du vaccin, mais aussi - j'allais presque dire - les effets psychologiques du vaccin sur le comportement. Nous n'arrivons pas à la conclusion que des effets négatifs existent, mais il faut observer ce sujet avec attention.
La vaccination généralisée de toutes les jeunes filles contre le papillomavirus humain est recommandée depuis 2007 et celle pour les garçons et les jeunes hommes à titre de vaccination complémentaire depuis 2015. Nous estimons disposer de suffisamment d'éléments pour pouvoir faire cette recommandation. Vous posez la question relative au rapport coût/efficacité. Vous l'avez dit vous-même, il est trop tôt, six ans après l'introduction de la vaccination chez les jeunes filles, pour en mesurer l'impact de manière précise. Il faudra encore du temps, parce que le délai entre le moment de l'infection et l'apparition de lésions peut être très long. Beaucoup d'incertitudes existent encore dans ce domaine. Nous ne sommes donc pas en mesure aujourd'hui de faire une étude coût/efficacité de la vaccination pour les garçons et les jeunes hommes, comme vous l'avez mentionné. Il faudrait se baser sur des hypothèses qui influenceraient de manière importante le résultat. Il faudrait donc réévaluer la question d'une étude à l'avenir.
Nous avons cependant une série d'informations et d'éléments. Les résultats de l'étude pilote que vous citez dans votre interpellation ne nous paraissent pas pertinents pour décider une recommandation de vaccination pour les garçons et les jeunes hommes. Les résultats des études cliniques effectuées sur les hommes ainsi que les effets observés sur la vaccination des jeunes filles dans d'autres pays ont cependant été jugés suffisants pour recommander en Suisse la vaccination pour les garçons et les jeunes hommes comme vaccination complémentaire. Mais ce n'est pas une science exacte. Il s'agit d'une évaluation, d'une pondération à faire entre différents éléments. Et nous devrons suivre cela à l'avenir, nous sommes d'accord sur ce point, dès qu'il sera possible de mener des études pour fonder scientifiquement le lien ou le non-lien qui peut exister entre la vaccination et l'apparition de lésions. Et nous le suivrons avec beaucoup d'intérêt.
Vous parlez ensuite des informations supplémentaires; il est évident que nous faisons, là aussi, très attention à ce qu'elles soient diffusées.