18.3835
Schaffung eines nationalen Forschungsprogramms zur Alzheimerkrankheit
Hefti Thomas · P-M · Ständerat · Glarus · FDP-Liberale Fraktion
Antrag der Kommission
Ablehnung der Motion
Antrag Sommaruga Carlo
Annahme der Motion
Proposition de la commission
Rejeter la motion
Proposition Sommaruga Carlo
Adopter la motion
Präsident (Hefti Thomas, Präsident): Es liegt ein schriftlicher Bericht der Kommission vor. Der Bundesrat beantragt die Ablehnung der Motion.
Chassot Isabelle · Mit-F · Ständerat · Freiburg · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP.
Permettez-moi, en introduction, et même si cela date déjà, de mentionner un lien d'intérêt: j'ai en effet siégé au Conseil de fondation du Fonds national suisse de 2003 à 2013.
La motion du conseiller national Christoph Eymann, déposée en 2018 et acceptée en septembre 2020 par le Conseil national, a pour but de charger le Conseil fédéral de lancer un programme national de recherche visant à étudier la maladie d'Alzheimer. La proposition de votre commission de rejeter cette motion a sans doute provoqué des interrogations, relayées par les nombreuses lettres que vous avez reçues ces dernières semaines.
Peut-on être contre la recherche sur la maladie d'Alzheimer? Non, bien sûr que non. Votre commission n'est pas opposée à la recherche sur cette maladie, bien au contraire. Trois éléments motivent votre commission à proposer le rejet de cette motion. Permettez-moi de m'arrêter brièvement sur chaque élément.
Premier élément, la Confédération a pris la mesure de l'enjeu. Votre commission est en effet, comme le Conseil fédéral, convaincue que la recherche sur la maladie d'Alzheimer et la démence est une tâche sociopolitique très importante et qu'elle répond à un enjeu à la fois sociétal, de santé publique et économique. La Confédération a pris la mesure de cet enjeu. En partenariat avec les cantons, elle a adopté en 2014 déjà une stratégie nationale de la démence couvrant les années 2014 à 2019. Cette stratégie, dont l'objectif était d'améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de démence et de leurs proches, n'a pas pris fin à la fin de la période prévue. Etant donné, en effet, les succès enregistrés, cette stratégie a été transférée dans une plateforme nationale lancée en mars 2021, sous la responsabilité de l'Office fédéral de la santé publique, avec pour but de pérenniser les effets des projets lancés et de coordonner et de rendre visibles les différentes activités liées à la démence. Cette plateforme fonctionne, et un prochain forum est prévu en avril.
Deuxième élément, les instruments à disposition pour un encouragement effectif et cohérent de la recherche sur la maladie d'Alzheimer existent et sont utilisés par les chercheurs et les chercheuses et les institutions suisses.
Votre commission s'est fait expliquer les instruments de soutien et a pu constater que les possibilités de programmes et projets de recherche non seulement existent, mais que les chercheurs et les chercheuses et les institutions en font usage avec succès, tant sur le plan national qu'international.
Laissez-moi brièvement en évoquer quelques-uns, en commençant par ceux mis en place par la Confédération.
Vous connaissez les Pôles de recherche nationaux, plus connus sous l'acronyme de NCCR, mis en place dès l'an 2000 et qui visent à encourager à long terme des projets de recherche traitant de thèmes d'importance stratégique pour l'avenir de la science, de l'économie et de la société. Une des conditions liées au soutien de douze ans octroyé par la Confédération est la durabilité du centre de recherche et le maintien de ses activités suite au soutien par la Confédération.
Un des premiers Pôles de recherche nationaux avait pour thème "Neuro-plasticité et réparation du système nerveux"; il a été à la base de la constitution d'un centre de compétences au rayonnement international à l'Université de Zurich.
Deuxième type de soutien, le Programme national de recherche 74 "Système de santé", encore en cours, qui a pour objectif d'encourager les recherches innovantes en Suisse dans le domaine des services de santé. Un projet financé dans ce cadre porte sur la formulation de recommandations de bonnes pratiques pour le dépistage et le diagnostic précoce de la démence. Une conférence de synthèse est prévue en avril prochain à Lucerne.
En plus de ces deux instruments, les chercheurs et les chercheuses ont la possibilité à tout moment de solliciter par voie de concours un financement ordinaire du Fonds national suisse pour la réalisation de projets de recherche. Et ils en font usage, notamment pour la maladie d'Alzheimer.
Dans son avis, le Conseil fédéral mentionne que, entre 2016 et 2018, 71 projets ont été soutenus à ce titre. On peut y ajouter encore 93 projets supplémentaires soutenus entre novembre 2018 et ce jour. Et il y a évidemment lieu de mentionner également les projets soutenus par Innosuisse.
Aucun pays ne pouvant résoudre seul les enjeux liés à la démence, la recherche constitue également une priorité internationale. Nos chercheurs sont associés à des projets de grande ampleur au niveau européen. Ils bénéficient pour ce faire d'un financement de la Confédération et/ou du Fonds national suisse. C'est en particulier le cas pour les projets du deuxième pilier d'Horizon, pour lesquels les chercheurs suisses sont éligibles avec un financement direct du Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI), de l'initiative européenne Innovative Medicines Initiative et de l'initiative européenne de programmation conjointe Neurodegenerative Disease Research, une des initiatives internationales les plus importantes et ambitieuses dans ce domaine, sans oublier les programmes financés par Innosuisse, comme AAL.
J'en viens au troisième élément: la procédure pour la fixation d'un thème d'un programme national de recherche suit des règles transparentes et coordonnées, ce qui en assure la reconnaissance nationale et internationale. Cette procédure est réglée dans l'ordonnance sur l'encouragement de la recherche et de l'innovation. Elle se déroule, en résumé, en quatre étapes. Le SEFRI lance la mise au concours des nouveaux programmes. Au terme de celle-ci, et sur la base des thèmes déposés par les milieux intéressés - à savoir notamment les hautes écoles, les chercheurs, les organisations intéressées ou les services fédéraux -, le SEFRI formule les thèmes potentiellement intéressants et les questions qui méritent une clarification, et les transmet au Fonds national suisse.
C'est là que démarre une seconde étape importante, celle de l'étude de faisabilité et la préparation des concepts sous la responsabilité du Fonds national. Des experts mandatés par le Fonds national examinent en effet la faisabilité des propositions, en termes de possibilité de réalisation et de définition d'un mandat de recherche, cela pour être certain qu'ils sont en cohérence avec les autres objets de recherche nationaux et internationaux.
Cette étape franchie, les concepts retournent au secrétariat d'Etat pour préparation d'une proposition à l'intention du Conseil fédéral, portant cette fois sur le choix des thèmes retenus pour les nouveaux programmes nationaux, y compris sur le cadre financier à mettre à disposition.
Ce n'est qu'avec la décision prise par le Conseil fédéral que démarre la dernière étape, à savoir le mandat donné par le Département de l'économie, de la formation et de la recherche au Fonds national pour la mise en oeuvre, en particulier pour le lancement d'une mise au concours permettant aux chercheurs et aux chercheuses de déposer leurs projets en application des procédures ordinaires du Fonds national.
Si j'ai relevé les différentes étapes de la procédure, c'est parce que leur caractère "bottom-up", associant les organes fédéraux, les hautes écoles ainsi que la société civile, et comptant sur l'expertise des milieux scientifiques, constitue, de l'avis de votre commission, le motif principal pour rejeter la motion qui vous est soumise.
L'application des règles ordinaires, prévue dans l'ordonnance fédérale, a en effet fait ses preuves et a permis de mettre en place des programmes de recherche de haut standard, aux critères transparents, bénéficiant d'une reconnaissance nationale et internationale. La seule exception justifiant la fixation d'un programme hors de cette procédure doit être l'urgence liée à une situation objective, comme c'est le cas pour le dernier programme national de recherche sur le Covid.
La procédure actuelle, je l'ai dit, avec ses différentes étapes liant annonce des besoins de la recherche, examen par les pairs sur la faisabilité, expertise scientifique et décision politique, évite l'écueil d'un choix politique des thèmes.
Gardons-nous de changer des règles qui ont bien fonctionné jusqu'à ce jour.
Vous me permettrez une dernière remarque. Le 24 janvier dernier, le SEFRI a lancé un nouveau programme national de recherche en ouvrant une mise au concours. Jusqu'au 24 mars prochain, des thèmes peuvent être proposés. Votre commission espère vivement que les organisations s'engageant pour la recherche sur la maladie d'Alzheimer déposeront dans le délai une proposition à même de convaincre les experts et les décideurs, en particulier le DEFR et le Conseil fédéral, qui se prononceront par la suite.
Pour ces motifs, votre commission est d'avis de ne pas interférer dans cette procédure et vous demande, par 8 voix contre 1 et 2 abstentions, de rejeter la motion.
Sommaruga Carlo · Mit-M · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion
Je vous invite à adopter la motion Eymann, qui vise la création d'un programme national de recherche sur la maladie d'Alzheimer. Elle a été acceptée à une large majorité au Conseil national, soit par 130 voix contre 51 et 10 abstentions, comme l'a rappelé la rapporteuse de la commission.
Les arguments suivants plaident manifestement pour son acceptation: la progression des maladies du type démence, dont la maladie d'Alzheimer, au sein de la population; le coût induit par cette maladie pour la société; la position unanime des milieux concernés en faveur de cette motion et donc d'un programme national de recherche; l'insuffisance des moyens pour la recherche sur la maladie d'Alzheimer en Suisse; la nécessité de renforcer un pôle d'excellence sur la recherche suisse face à la recherche européenne.
Lors de la dernière Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, le 21 septembre 2021, les organisations suisses concernées ont publié un document intitulé "Démence - agissons - maintenant", qui résume bien la situation. En Suisse, on compte 146 500 personnes atteintes de démence. Chaque année, 31 000 nouveaux cas se présentent. Selon les pronostics, la population atteinte de démence devrait s'élever à plus de 315 000 personnes d'ici 2050. De plus, comme l'ensemble de la population, chacune et chacun d'entre nous court un risque de 20 pour cent de développer une démence au cours de sa vie.
Aujourd'hui, les difficultés relatives à l'établissement d'un diagnostic précoce et correct sont soulignées par les spécialistes. A cela s'ajoutent les difficultés de la prise en charge des patients dès lors que les deux tiers des personnes atteintes sont actuellement soignées à domicile. Les coûts liés à la démence sont estimés à 11,8 milliards de francs, dont près de la moitié est supportée par les proches aidants, par du travail non rémunéré, dès lors que ces personnes n'ont d'autre choix que de réduire leur taux d'occupation pour accompagner les membres de la famille malades.
Enfin, au niveau de la recherche, la maladie d'Alzheimer se voit attribuer dix fois moins de fonds publics que la recherche sur le cancer. L'enjeu médical, sanitaire, social et financier autour de la maladie d'Alzheimer est donc important et présente une certaine urgence.
Si l'adoption par la Confédération et les cantons de la stratégie nationale en matière de démence 2014-2019 évoquée par la rapporteuse a ouvert la voie à de nombreux changements, aucune amélioration significative n'a été observée selon ce qui est exprimé par les acteurs du domaine. En effet, l'ensemble des acteurs du domaine de la démence est unanime quant à la nécessité de développer et de soutenir les recherches ciblées sur les causes, les conséquences et le traitement des démences. Nous avons toutes et tous reçu la lettre signée par les professeurs de toutes les universités de Suisse concernés demandant le renforcement de la recherche et l'acceptation de la motion. C'est chose rare qu'il convient de souligner vu la concurrence en matière de recherche au sein des universités. Il en va de même d'Alzheimer Suisse et de l'association nationale des professionnels de la santé publique, Santé publique Suisse, qui sont également intervenus à ce sujet.
Aujourd'hui, vu la demande générale de lancer un programme national de recherche autour de la maladie d'Alzheimer, on est clairement dans une dynamique "bottom-up" et non pas dans une dynamique du haut vers le bas comme le soutient à tort la majorité de la commission. Il nous faut entendre cette revendication généralisée d'un programme national de recherche.
Par ailleurs, contrairement à ce qu'affirme le Conseil fédéral, il y a très peu de moyens du Fonds national suisse (FNS) consacrés à la recherche sur la maladie d'Alzheimer en Suisse. Certes, il y a eu un pôle de recherche national touchant à la question de la dégénérescence cognitive et à la maladie d'Alzheimer, celui en lien avec la neuro-plasticité qui a été évoqué par Mme Chassot. Il est cependant très ancien, puisqu'il a été développé entre 2001 et 2013; or, les enjeux de recherche et de santé publique ont très fortement évolué et sont complètement différents aujourd'hui, dix à vingt ans plus tard.
Certes, il y a aussi le PNR 74 portant sur le système de santé et couvrant la période 2014-2019 qui comprenait un seul projet relatif à la démence. Toutefois ce projet, dont le rapport a déjà été déposé, ne visait pas le domaine de la recherche médicale mais celui de la gestion des diagnostics de démence par les cantons, avec pour objectif l'amélioration des politiques publiques dans ce secteur.
En ce qui concerne le financement individuel du FNS pour des chercheurs, une consultation de la base de données du FNS montre que, pour la période 2016-2018, le nombre de financements visant à encourager des projets liés à la maladie d'Alzheimer s'est élevé très modestement à 26. En ce qui concerne les bourses "Early postdoc mobility", portant sur le même thème, ce nombre s'est tout aussi modestement élevé à 22. Pour les trois ans suivants, entre 2019 et 2022, le nombre de financements pour ces deux types de projets a même été réduit respectivement à 21 et 18, alors que la problématique de santé publique liée à la maladie d'Alzheimer s'accentue avec le vieillissement de la population. Il faut clairement dire qu'au FNS il n'y a pas une dynamique favorable à la recherche sur la problématique de la maladie d'Alzheimer - pour des raisons qui m'échappent, tout autant qu'aux chercheurs. C'est d'ailleurs ce qui a motivé la majorité du Conseil national à approuver la motion.
Le Conseil fédéral motive sa proposition de rejeter la motion - tout comme la majorité de la commission - en mettant en avant la possibilité d'accéder aux programmes de recherche internationaux de l'Union européenne. En fait, la réalité des chiffres montre qu'il n'y a quasiment aucune perspective à ce niveau. Pour ce qui est de l'initiative européenne de programmation conjointe "Neurodegenerative disease research", évoquée dans l'avis du Conseil fédéral comme étant un moyen de financement international, il apparaît, en consultant la base de données du programme, qu'il est très rare et difficile d'accéder comme chercheur ou chercheuse suisse à un tel financement. En 2018, sur les dix projets sélectionnés touchant à la maladie d'Alzheimer, pas un seul projet retenu n'était piloté par un chercheur suisse. Un seul projet comptait parmi ses divers partenariats un professeur de l'Université de Zurich.
En 2019, sur 18 projets, pas un seul n'était en relation avec les universités suisses ou avec un chercheur suisse. En 2020, une année plus faste, sur 12 projets sélectionnés, 3 avaient un lien avec la Suisse. En 2021, parmi les 14 projets présélectionnés, le processus n'étant pas clos, aucun projet n'est piloté par un chercheur ou une chercheuse suisse et un seul projet, parmi tant d'autres, intègre un partenariat suisse, avec l'hôpital cantonal de Saint-Gall.
On ne peut donc nullement affirmer que l'"EU Joint Programme - Neurodegenerative Disease Research" soit réellement une source de financement pour la recherche suisse en matière de maladie d'Alzheimer.
Enfin, le Conseil fédéral faisait référence, dans sa prise de position écrite du 21 novembre 2018, à la possibilité de financement par le programme de recherche européen Horizon 2020. Ce programme est aujourd'hui clos et c'est le programme Horizon Europe qui lui a succédé. Or, nous savons toutes et tous que la Suisse a été exclue de ce programme. D'ailleurs, même si la Suisse devait rejoindre Horizon Europe à brève échéance, ce qui relève plus du fantasme que de la réalité politique, il n'y aurait pas de financement possible pour des projets suisses sur la maladie d'Alzheimer. En effet, en consultant la base de données d'Horizon Europe, il apparaît que les trois programmes de financement et d'appel d'offres touchant à la maladie d'Alzheimer sont déjà clos.
Comme le relèvent les professeurs universitaires qui nous ont écrit début mars, la Suisse dispose d'une part d'un tissu de centres de recherche très dense et de haute compétence et, d'autre part, elle profite d'une collaboration intense avec le secteur privé et le secteur public. Ce sont là des circonstances favorables à la réalisation d'avancées médicales essentielles et concrètes pour la population et fondamentales pour le rayonnement de la place scientifique suisse au niveau international.
Aujourd'hui, avec l'acceptation de la motion, il s'agit de donner un signal politique d'appui à un pôle d'excellence de la recherche suisse, recherche exclue de fait des programmes européens. Il faut donc accepter la motion, afin de mettre à disposition les moyens financiers nécessaires par le biais d'un programme national de recherche sur la maladie d'Alzheimer.
Je conclus en relevant que l'acceptation de la motion n'est pas contraire à la loi et à la procédure de choix du thème des programmes. En effet, aussi bien la loi que l'ordonnance qui ont été citées tout à l'heure par la rapporteuse permettent à toute personne - je précise à toute personne et à toute institution - et même aux services de l'administration de déposer des propositions de recherche.
Il est donc aussi possible pour le Parlement de faire des propositions par le biais d'une motion. L'acceptation de la présente motion s'inscrit dans cette pure logique où chacun peut proposer un thème.
Je vous invite donc à soutenir ma proposition et à adopter la motion.
Graf Maya · Mit-F · Ständerat · Basel-Landschaft · Grüne Fraktion
Ich möchte Ihnen beliebt machen, diese Motion zur Schaffung eines nationalen Forschungsprogramms zur Alzheimerkrankheit heute anzunehmen, und zwar aus folgenden Gründen.
Die Alzheimerkrankheit ist nicht nur sehr aktuell, sie ist eine der grössten gesellschaftlichen Herausforderungen der nächsten Jahre. Wir müssen mehr darüber wissen, was die Alzheimerkrankheit ist und wie sie behandelt werden kann, welche Medikamente und welche Therapien nützen. Es ist so, dass es im Brief, der uns von drei Organisationen zugestellt wurde, die sich zugunsten dieser Motion aussprechen - Alzheimer Schweiz, Swiss Memory Clinics und Stiftung Synapsis Alzheimer-Forschung Schweiz -, klar heisst: "Die Alzheimerforschung ist ungefähr auf dem Stand der Krebsforschung vor vierzig Jahren. Ein langfristig angelegtes nationales Forschungsprogramm wäre aus unserer Sicht ein wirksames Mittel."
Ich möchte mich nicht wiederholen, Ihnen aber sagen, dass sich mit der zunehmenden Alterung unserer Gesellschaft die Zahl der Menschen mit Demenz in der Schweiz voraussichtlich bis 2050 verdoppeln wird und dass die Erforschung der Alzheimerkrankheit eben eine wichtige gesundheits- und gesellschaftspolitische wie auch volkswirtschaftliche Bedeutung hat. Anstrengungen, die Ursachen dieser Krankheit zu erforschen und Therapien gegen die Alzheimerkrankheit zu entwickeln, sind daher vordringlich. Wir sollten diese Gelegenheit heute nicht verpassen.
Ich möchte auch noch darauf hinweisen, dass es selbstverständlich von grosser Wichtigkeit ist, dass es jetzt diese Nationale Plattform Demenz gibt. Sie wurde im März des letzten Jahres lanciert, sie folgte auf die Strategie und hat sich etabliert. Mit der Strategie sollen Fortschritte dauerhaft verankert werden. Die Nationale Plattform Demenz soll dazu beitragen, "die Lebensqualität von Menschen mit Demenz und ihrer Angehörigen zu verbessern". Das ist extrem wichtig, und dort muss weitergearbeitet werden. Parallel dazu brauchen wir aber die Forschung, um Therapien, Medikamente, eine bessere Behandlung für Alzheimerpatientinnen und -patienten zu finden. Damit können auch die Angehörigen entlastet werden. Die Zusammenarbeit zwischen forschender Industrie und der Grundlagenforschung der Hochschulen hat sich ja in der Pandemie bewährt; das haben Sie, Frau Kommissionssprecherin, auch erwähnt. Man sollte jetzt dort anknüpfen und die Chance für den Standort Schweiz nutzen. Der Bereich der Erforschung von Alzheimer ist nicht nur in der Schweiz wichtig, sondern in der gesamten westlichen Welt.
Dazu möchte ich anfügen, Kollege Sommaruga hat es bereits erwähnt, dass Schweizer Forschende bei vielen Programmen im Bereich Alzheimer nicht mehr mitforschen können, weil wir an Horizon Europe nicht mehr vollassoziiert sind. Das ist ein Grund mehr, ein nationales Forschungsprogramm zu starten. Ein wichtiges Kriterium der nationalen Forschungsprogramme ist übrigens, dass sie "einen Beitrag zur Lösung wichtiger Gegenwartsprobleme leisten".
Ich bitte Sie, der Motion zuzustimmen.
Noser Ruedi · Mit-M · Ständerat · Zürich · FDP-Liberale Fraktion
Vieles, was Herr Sommaruga und Frau Graf gesagt haben, ist richtig. Trotzdem ist es hier fehl am Platz. Wir müssen uns zuerst einmal überlegen, worüber wir eigentlich abstimmen. Wir stimmen darüber ab, ob wir hier in diesem Saal kompetent sind, der Forschung zu sagen, was sie tun soll. Nationale Forschungsprogramme entstehen, indem die Universitäten, die Forschenden, gemeinsam beschliessen, dass sie beim Nationalfonds ein nationales Forschungsprogramm anregen wollen, nicht indem ihnen irgendjemand in der Politik, der von der Forschung gar keine Ahnung hat - entschuldigen Sie, das sage ich als studierter Elektroingenieur -, im Voraus sagt, was sie zu tun haben.
Ich möchte Sie an Folgendes erinnern: Es gab 2004 einen Antrag von einer Kollegin in diesem Rat, ein nationales Forschungsprogramm zur Nanotechnologie zu machen. Das wurde damals diskutiert, und wir haben es damals abgelehnt, notabene mit dem Argument, dass wir wohl 1988 nicht den Nobelpreis in Nanotechnologie gewonnen hätten, wenn wir auf die Politik gewartet hätten. Wenn wir hier drin beginnen, der Forschung dreinzureden, sind wir zu spät.
Was dann aber den Schlammdeckel vollends lüpft, ist, wenn man dies jetzt noch mit dem Ausschluss aus Horizon begründet. Sämtliche Forschungsgebiete sind von Horizon ausgeschlossen. Jetzt wollen Sie bei sämtlichen Forschungsgebieten ein nationales Forschungsprogramm als Ersatz auflegen? Ist das der Weg, den wir gehen wollen?
Ich glaube, unsere Kommission hat zu Recht - zu Recht! - ohne Minderheit beantragt, dass wir diese Motion nicht unterstützen und es den Forschenden überlassen sollten. Wenn es so ist, dass alle Universitäten und alle Forschungsregionen ein nationales Forschungsprogramm wollen, dann sollen sie sich beim Nationalfonds melden, und dann wird das dort auch beschlossen. Dann haben wir gute Chancen, dass das stattfindet.
Das, was hier gesagt wurde - nämlich dass diese Forschung wichtig ist, dass diese Krankheit eine Tragödie ist usw. -, soll damit auf keinen Fall relativiert werden. Ich bin auch dafür, dass wir diese Forschung machen, aber sie soll, wie es sich bewährt hat, bottom-up laufen, nicht top-down. Wenn die Politik beginnt, den Forschern dreinzureden, dann werden die Resultate sicher nicht gut.
Ich bitte Sie, diese Motion abzulehnen.
Keller-Sutter Karin · BR-F · Bundesrat · St. Gallen
Es wurde jetzt sehr vieles gesagt. Der Bundesrat teilt die Meinung des Motionärs, dass uns die Alzheimerkrankheit in gesellschaftlicher, gesundheitspolitischer und wirtschaftlicher Hinsicht vor grosse Herausforderungen stellen wird. Das haben auch Frau Ständerätin Graf und Herr Ständerat Sommaruga zu Recht ausgeführt. Aber, Herr Noser hat darauf hingewiesen, es geht in dieser Motion eigentlich um den Prozess, und diesen Prozess hat Frau Ständerätin Chassot wirklich detailliert und sehr zutreffend beschrieben.
Ich möchte darauf hinweisen, dass der Schweizerische Nationalfonds zur Förderung der wissenschaftlichen Forschung bereits einige Projekte zum Thema Alzheimer bewilligt hat. Die Schweiz nimmt auch bereits an verschiedenen internationalen Initiativen und Programmen teil, die Fragen zum Thema Demenz untersuchen und zu beantworten versuchen. Das Thema wird somit bereits heute auf verschiedenen Ebenen in nationaler und internationaler Zusammenarbeit erforscht.
Sie haben gehört - Frau Ständerätin Chassot hat darauf hingewiesen -, dass die nationalen Forschungsprogramme in einem Bottom-up-Prozess lanciert werden, d. h., für jeden neuen Zyklus werden die interessierten Kreise aufgefordert, Themenvorschläge zu machen. Auch Einzelpersonen können Themenvorschläge einreichen. Dann gibt es im WBF eine Analyse, eine Priorisierung der Vorschläge, die eingereicht wurden, in Zusammenarbeit mit verschiedenen Fachstellen, und dann entscheidet der Bundesrat, gestützt auf die Analysen und die Empfehlungen der Fachleute, über ein neues nationales Forschungsprogramm.
Wie Sie wissen, läuft seit Ende Januar eine solche Ausschreibung für ein neues nationales Forschungsprogramm, und das Thema der Alzheimerkrankheit kann in diesem Rahmen vorgeschlagen werden. Das ist, wenn ich es richtig im Kopf habe, bis Ende März möglich.
Ich möchte Sie deshalb, auch namens des Bundesrates, bitten, auf diese Motion zu verzichten.
Herzog Eva · Mit-F · Ständerat · Basel-Stadt · Sozialdemokratische Fraktion
Bitte entschuldigen Sie, Frau Bundesrätin, dass ich mich noch zu Wort melde. Ich war vorhin ja zu wenig schnell. Ich wollte eigentlich nichts sagen, aber was Kollege Noser vorhin gesagt hat, kann hier nicht unwidersprochen als letztes Wort unseres Gremiums vor Ihnen im Rat stehengelassen werden.
Es geht hier nicht einfach nur darum, Nobelpreise zu gewinnen. Die Anreize für Forschende und ihre Bedürfnisse, sich irgendwo zu melden und ein Forschungsprogramm zu entwerfen, können sehr unterschiedlich sein, und Nobelpreise können selbstverständlich auch ein Ziel sein, das man erreichen will. Hier geht es um ein gesellschaftliches Phänomen. Ich kenne genügend Menschen - Freunde, Bekannte -, die Angehörige mit Alzheimer verloren haben. Das ist ein gesellschaftliches Phänomen, und die Anzahl der Betroffenen wird in den nächsten Jahren zunehmen.
Es wurden auf beiden Seiten viele Argumente vorgebracht, die ich unterstütze, die zweifellos zutreffen, aber gerade auch in den Begründungen des Bundesrates und in der Kommission wurden Gegenargumente vorgebracht, die ich nicht verstehen kann. Die Nationale Demenzstrategie ist kein Forschungsprogramm, und im NFP 74 hat sich genau eines von 34 Projekten dem Thema gewidmet. Es gibt Argumente auf beiden Seiten, aber gerade ein NFP darf auch gesellschaftliche Anliegen aufgreifen und erfüllen.
Deshalb bitte ich Sie - wirklich provoziert durch Kollege Noser mit seinen Nobelpreisen -, diese Motion anzunehmen.
Abstimmung
Abstimmung - Vote
Für Annahme der Motion ... 14 Stimmen
Dagegen ... 25 Stimmen
(2 Enthaltungen)