Protection des marais et détente, loisirs, tourisme

Moorschutz und Erholung, Freizeit, Tourismus Protection des marais et détente, loisirs, tourisme Tutela delle paludi e svago, tempo libero, turismo

REDACTION

Problèmes et solutions 6.1 Les problème qui surgi sent entre la protection de bi tope et de Manu 1 ite marécageux et la détente, les loisir et le tourisme sont multiple. on ervation de marai en uis e 2 B aucoup d être humain recherchent des coin de paysage particu- 2/1996 lièrement attractif pour La détente el la pratique d'activité de loi ir Les lieux humide en font UVenl partie. Dan certai n' ca. en rai on de la concentration de utili ateur ' dan de lei ecleur il p lit en résulter de vrai PI blème pOUl' la pr tection des matai. De façon analogue le tourisme peut également entraîner de conflits avec la prot tj n de marajs lorsqu J pi le de ki li l ' in taLlati n tou hent le biotopes ou Je . ite marécageux. Le contribution suivante abordent quelques thèmes qui concernent tOllt particulièl'ement la protection cie. marais n Sui se

MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS

CHRISTOPH FISCH

Installations de transport .. touristiques et protection , marais et SiteS marecageux des 6.1.1 1 INTRODUCTION

Le nombre et surtout la capacité des installations de transport touristiques sont en constante augmentation, même si la tendance actuelle est d'avantage à la modernisation des installations existantes - remplacement avec augmentation de la capacité - qu'à la création de nouvelles installations. Les régions montagneuses, en particulier sur le versant nord des Alpes, abritent d'autre part les plus vastes surfaces de marais de Suisse. Une telle situation est la cause de nombreux conflits existants ou potentiels entre les intérêts de la protection des marais et ceux du tourisme. Un groupe de travail "Protection des marais et tourisme" a été chargé, sous l'égide de l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (OFEFP) et de la Fédération suisse du tourisme (FST), de définir des solutions adaptées à ces questions (voir Rapport de synthèse, FIF / OFEFP / FST, 1995). La présente contribution, basée sur ce rapport et les données réunies à cette occasion, décrit ce qu'il est possible de faire et ce qu'il n'est plus possible de faire dans ces milieux. Enfin, elle aborde les conditions d'octroi de concession et d'exécution des travaux, principalement pour les installations de remplacement (en matière de pistes de ski et d'installations d'enneigement, on se référera à la contribution 6.1.2 du volume 2 du manuel).

MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS

2 DISPOSITIONS LEGALES

2.1 Biotopes marécageux

Toute activité de construction dans des biotopes marécageux nécessitant un permis de construire est en principe exclue dans un bas-marais ou un haut-marais d'importance nationale (art. 4 et 5 OHM et OBM). Cela concerne entre autre l'implantation de nouvelles installations de transport touristiques (construction nouvelle ou prolongation) mais aussi des drainages/labours, etc. L'exploitation et l'entretien d'installations de transport existantes est possible dans des biotopes marécageux tant que ceux-ci ne subissent pas de dommages. Par exemple, les nivellements de pistes de ski dans les biotopes marécageux ne sont pas admissibles (à ce sujet, voir aussi Keller: Commentaire LPN, Zürich, 1997, art. 23d No 10). Le remplacement d'installations existantes par de nouvelles installations est admissible pour autant que la démolition d'anciennes installations et la construction de nouvelles ne portent en aucune façon atteinte aux biotopes marécageux et que leur construction puis leur exploitation permette de réduire la pression exercée sur ces milieux. Par exemple, lorsqu'un téléski, au bénéfice d'une autorisation légale, est remplacé par un télésiège et que le transport s'effectue dès lors audessus du sol, l'impact sur les biotopes marécageux en est réduit d'autant. La construction d'autres bâtiments et d'installations en relation avec les installations de transport (restaurant, canalisation, parking, etc.) n'est pas admise dans un bas ou un haut-marais d'importance nationale ni dans leurs zones-tampon.

2.2 Sites marécageux

De nouveaux domaines skiables et de nouvelles installations ne sont en principe pas admissibles dans les sites marécageux d'une beauté particulière et d'importance nationale (voir aussi art. 23d LPN). L'exploitation et l'entretien restent possibles tant que cela ne contredit pas les buts de protection (voir aussi art. 23d LPN). Dans les parties non marécageuses des sites marécageux, la prolongation d'installations existantes est possible dans la mesure où cela n'entraîne pas la desserte d'un nouveau domaine skiable et si ces extensions ne portent pas atteinte aux éléments caractéristiques du

6.1.1 ite concerné, en particulier si les éléments pay. ager pécifique des but de protection ont respecté (WALDMANN, p. 317 el Keller, Commentaire LPN, Zürich art. 23d No 10). Si J'extension d'une in tallatioll ex! tante est jugée admi ible; le remplacement sera en particulier rendu possibJe à conditi n que 1 objet ne soit pa altéré en regard des buts cie protection. On 'efforcera lor du remplacement d'améliorer la situation générale par rapporl aux in tallation précéd ntes érigées légal ment.

MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS

3 REMPLACEMENT D'INSTALLATIONS EXISTANTES: CONDmONS POUR LA PLANIFICATION ET L'EXECUTION DES TRAVAUX

Lors du remplacement d'une installation existante, la planification et l'exécution doivent être particulièrement soignées. Dans les faits, les exigences qualitatives posées par rapport à la construction d'installations de transport touristiques, indépendamment de la problématique des marais et des sites marécageux, sont déjà élevées. Depuis 1978, la Confédération conduit une politique restrictive, soutenue par des directives et ordonnances qui existent depuis plusieurs années (voir FST, 1987; DFI, 1991; OFAT/OFT, 1992; OFT, 1994; DETEC / DFJp, .: . . 1998, CPS objectifs sectoriels "sports, loisirs, tourisme"). Cette politique doit être adaptée à la problématique des marais et des sites marécageux et des exigences plus élevées doivent être posées. Quel que soit le type d'objet concerné, il est nécessaire de consulter un spécialiste (écologue) pour la planification du projet, l'accompagnement des travaux et le suivi des mesures prises.

3.1 Procédure, marche à suivre, documents à fournir

Pour tous les travaux d'une certaine ampleur (remplacement d'une installation, prolongation de tracé, etc.), les promoteurs doivent adresser une demande de concession auprès de l'Office fédéral des transports (OFT), comprenant un dossier détaillé et complet (art. 10 al. 2 ~ .

OOCT). Outre les documents habituels, le dossier de requête devra comporter des indications précises sur les biotopes ou le site marécageux concernés. Si la protection des marais et des sites marécageux l'exige, des conditions et charges seront inscrites dans le texte de la concession (art. 8 OOCT / art. 17 OTSC).

Liste des documents à fournir par le requérant en relation avec la protection des marais et des sites marécageux:

  • plan au 1:5'000 de tous les biotopes (avec zone-tampon) touchés directement et indirectement par l'installation existante;

  • plan au 1:5'000 du site marécageux et de ses éléments de valeur touchés par l'installation existante;

  • descriptif des atteintes découlant de l'installation existante;

  • plan au 1:5'000 des biotopes/du site marécageux avec le nouveau projet (installation et aménagements annexes). Si nécessaire, plans de détail (station de départ/arrivée, pylônes, accès);

6.1.1

  • alternatives et variantes examinées (tracés, stations, autres infrastructures) avec leurs effets respectifs;

  • bilan de l'effet du projet sur le biotope/le site (démonstration de la compatibilité du projet avec la protection des objets);

  • planning détaillé comprenant l'organisation d'une visite des lieux durant la période des végétation et l'accompagnement des travaux par un écologue;

  • programme des travaux et des mesures à prendre pendant le chantier pour protéger les biotopes (avec variantes éventuelles);

  • programme de remise en état après travaux;

  • description des mesures prévues de reconstitution, le cas échéant de revalorisation (pour remédier aux atteintes existantes);

  • descriptif des mesures de protection prévues pour les biotopes et le site marécageux;

  • description du programme d'accompagnement scientifique et de suivi.

3.2 Contacts préalables et bonne planification

Avant le dépôt officiel de la demande, des contacts devraient déjà avoir été établis entre l'OFT et le requérant. Cette étape préalable est hautement recommandée dans le cas où des milieux sensibles sont touchés: elle permet de sérier les problèmes et de déterminer dès le début les marges de manœuvre, avant que des frais d'études importants n'aient été engagés. Il faut prévoir que les études des milieux naturels, ainsi que les visites de terrain avec les autorités compétentes aient lieu durant la bonne saison (en règle générale de juin à début septembre). Un marquage du projet sur le terrain facilitera le travail. Il est également judicieux, à un stade précoce de la planification, de prendre contact avec les organisations locales et régionales de protection de la nature et du paysage. Les services cantonaux de protection de la nature et l'OFEFP sont à disposition pour renseigner et conseiller le requérant. Les plans de 2 MANUEL gestion et de protection des biotopes et sites marécageux d'importance CONSERnationale sont disponibles auprès des services cantonaux compétents. VATION DES MARAIS

ABREVIATIONS BIBLIOGRAPIDE Umsetzung des "Rothenthurmartikels" (Art. 24 sexies Abs. 5 BV). Freiburg (Schweiz): UniversiHits- LPN: Loi fédérale sur la protection DETEC / DFJP (Département verlag. 364 S. (Arbeiten aus dem de la nature et du paysage du 1er fédéral de l'environnement, des Juristischen Seminar der Univerjuillet 1966 (RS 451) transports de l'energie et de la com- siUit Freiburg Schweiz; 162) munication / Département fédéral de OHM: Ordonnance sur la protection justice et de police; 1998): Conception des hauts-marais et des marais de "Paysage suisse". Partie l conception; transition d'importance nationale du Partie II rapport. Berne, 175 p. 21 janvier 1991 (Ordonnance sur les hauts-marais; RS 451.32) DFI (Département fédéral de ADRESSE DE L'AUTEUR l'intérieur; éd., 1991): Modification du OBM: Ordonnance sur la protection paysage en faveur de la pratique du Christoph Fisch des bas-marais d'importance natio- ski. Directives pour la protection de OFEFP nale du 7 septembre 1994 (Ordon- la nature et du paysage. Berne, 74 p. 3003 Berne nance sur les bas-marais; RS 451.33) FIF / OFEFP / FST (Institut de OOCT: Ordonnance sur l'octroi de recherches pour les loisirs et le touconcessions aux téléphériques du 8 risme, université de Berne / Office novembre 1978; RS 743.11) fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage / Fédération TRADUCTION OTSC: Ordonnance sur les télé- Suisse du Tourisme; 1995): Protecphériques servant au transport de tion des marais et tourisme. Rapport personnes sans concession fédérale de synthèse du groupe de travail Alain Stuber / Ralph Lugon et sur les téléskis du 22 mars 1972 ; "protection des marais et tourisme". Hintermann & Weber SA RS 743.21) Berne, 56p. Bureau d'ecologique et géographie appliquées FST (Fédération Suisse du Tourisme; Rue de l'Eglise-Catholique 8 éd., 1987): Installations de transport 1820 Montreux 2 touristiques dans les domaines skiables - vers un développement qualitatif. Berne, 176 p. Manuel Conservation des marais KELLER P. M./ ZUFFEREY I-B./ en Suisse 2 FAHRLÂNDER K. L. (1997): Com- 2/1998 mentaire LPN, Commentaire de la loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage. Zurich, 624 p.

OFAT / OFT (Office fédéral de l'aménagement du territoire / Office fédéral des transports; éd.,1992): Installations de transport touristiques en Suisse. Statistique lIT, 5e édition 1991. Berne, 140 p.

OFT (Office fédéral des transports; 1994): Installations de transport touristiques en Suisse. Berne, 8 p.

WALDMANN, B. (1997): Der Schutz von Mooren und Moorlandschaften. Inhalt, Tragweite und

MARIO F. BROGGI / GEORG WILLI / RUDOLF STAUB

Pistes de ski alpin et nordique, installations d'enneigement et protection des marais 6.1.2 1 INTRODUCTION Pistes de ski alpin et nordique Entre les intérêts de la protection des marais et l'utilisation du terrain Une piste de ski alpin est un parsurgissent de nombreux points de friction. Le tourisme, en particulier cours prévu et adapté pour la le tourisme hivernal, représente un secteur de conflit car la plupart des descente à ski, accessible parbiotopes et des sites marécageux qui subsistent se trouvent dans les tout, dont la largeur correspond aux capacités des remontées, Préalpes et les Alpes. balisé, préparé, contrôlé et sécu- La mise en application de la protection des marais et des sites maréca- risé contre les dangers de la geux d'importance nationale a donc également des conséquences sur montagne. Les pistes sont améla planification, l'aménagement et l'exploitation des pistes de ski alpin nagées, si nécessaire avec des machines de terrassement et nordique. lorsque le terrain l'exige (du La présente contribution s'appuie sutout sur les données travaillées en point de vue du planificateur) 1993 à l'intention du groupe de travail «Tourisme et protection des (SCHEMEL, 1987). marais» sur mandat de l'Office fédéral de l'environnement, des forêts Une piste de ski de fond est dé- et du paysage. finie comme un parcours tracé à En vertu de l'Ordonnance sur les hauts-marais, art. 5, let. k, l'exploita- la machine, balisé, entretenu et sécurisé contre les dangers (par tion à des fins touristiques et récréatives doit être «subordonnée au ex. de la montagne). Dans le cas but visé par la protection». Conformément à l'Ordonnance sur les bas- de la technique du style libre marais, art. 5, let. m, et à l'Ordonnance sur les sites marécageux, art. 5, (skating), la piste ne doit pas let. e, l'exploitation à des fins touristiques et récréatives doit être «en être tracée pour les skis, mais comme une surface damée accord avec le(s) butes) visées) par la protection». (SCHEMEL, 1987), ce qui est De plus, en vertu de l'Ordonnance relative à l'étude de l'impact sur inconciliable sur la même piste l'environnement, les pistes de ski et les modifications de terrain de avec le style de fond classique. Des modifications du terrain plus de 2'000 m2, ainsi que les installations pour l'enneigement d'une peuvent également être réalisées

surface de plus de 5 ha, sont soumises à étude d'impact. pour les pistes de fond. Les Ces bases légales ainsi que les directives du document «Modifications pistes de fond sont préparées 1-2 du paysage en faveur de la pratique du ski» du Département fédéral fois par jour ou 3-4 fois par semaine suivant les conditions de l'intérieur (DFI, 1991) permettent déjà des positions claires dans de météorologiques et la station. La nombreux cas. On peut en déduire des directives générales pour les préparation des pistes se fait par pistes de ski alpin et nordique en relation avec la protection des bio- une dameuse et une fraiseuse pour le skating, par une fraiseuse topes et sites marécageux. et une traceuse pour la technique classique.

MANUEL CONSER· VATION DES MARAIS

2 EFFETS DES PISTES DE SKI ALPIN ET NORDIQUE ET DES INSTALLATIONS D'ENNEIGEMENT SUR LES BIO- Installation et exploitation TOPES ET LES SITES MARECAGEUX L'installation comprend le choix des parcours, les corrections éventuelles du terrain, la cons-

2.1 Effets sur un biotope marécageux truction ou le remplacement de

bâtiments et d'ouvrages d'art (par ex. de ponts), les dispositifs Les effets de l'aménagement et de l'exploitation d'une piste de ski de sécurité (comme les paraalpin ou nordique ou d 'une installation d'enneigement sur les biotopes valanches) et les éventuelles marécageux peuvent être directs ou indirects. Si une piste traverse un installations d'enneigement. Il s'agit d'une part de planificabiotope marécageux, des effets directs résultent de son aménagement tions et de travaux réalisés en et de son exploitation. Lors de l'aménagement, les ouvrages et les tra- général une fois et d'autre part vaux de nivellement modifient la couverture végétale et les propriétés d'installations répétées au début du sol et peuvent entraîner des phénomènes d'érosion et des surfaces de chaque saison d'hiver.

dénudées. Pendant l'exploitation, la préparation mécanique des pistes L'exploitation comprend les et l'enneigement artificiel influencent de façon importante la végéta- mesures répétées au cours d'une tion de la station à travers des effets multiples (cf. fig. 1). saison pour la préparation des pistes de ski alpin ou nordique, débutant par le traçage et le Des effets indirects surviennent lorsque l'aménagement ne traverse damage mécanique des pistes et pas directement le marais, mais l'influence par un tracé dans son voisi- un éventuel enneigement artificiel, et le passage des skieurs nage immédiat, par exemple à travers l'apport de substances des zones alpins ou nordiques. voisines, les canalisations pour l'enneigement, l'infiltration de l'eau d'enneigement ou les modifications du régime hydrique régional (concentrations, drainages). Ces effets indirects sur le biotope marécageux peuvent aussi avoir un effet aggravant.

".

2.2 Effets sur un site marécageux

Les sites marécageux possèdent des milieux vitaux largement intacts et ont une fonction écologique importante, en particulier pour la faune. Les ouvrages et les atteintes affectant de grandes surfaces, comme par ex. les nivellements et les installations d'enneigement, peuvent entraîner des dommages écologiques et visuels. Ils influencent le microrelief et contribuent à la banalisation du paysage et de ses éléments. L'exploitation est surtout susceptible d'avoir des effets sur la faune.

6.1.2 Fig. 1: Représentation schématique enneigement des interactions entraînant des artificiel dommages à la végétation lors de l'enneigement artificiel et de la préparation des pistes (d'après CERNUSCA 1986). préparation mécanique des pistes

.-----

H pression au sol tassement du sol r---. perturbation de l'économie de l'eau de surface -----..

~I effet des chenilles dégâts mécaniques sur la végétation et sur le sol ~

tassement de la v ::s neige, formation .S' .-VI .;::::: de glace 0 t;:: 1::: .9 .';:::: VI perturbation de mois bonne isolation thermique congélation du sol l'activité du sol r------- El 0.. u .9 v déneigement période de la végé- <Il .- retardé tation raccourcie f------- 1::: v Elv congélation et décon- ..s= gélation répétées, .. dégâts aux plantes ~ u .- v .- humidité accrue 1::: v El v 1::: manque d'oxygène, v.... v accumulation de COz -0 2.... v attaque par la -"'" dégâts aux plantes moisissure de la neige MANUEL

putréfaction dégâts aux plantes ~ CONSER· VATION DES

.. milieu du sol de plus en plus anaérobie . perturbation de l'activité du sol r------- - MARAIS

'.

3 INSTALLATION DE PISTES DE SKI ALPIN ET NORDIQUE

Les paramètres importants sont l'équipement de nouveaux secteurs jusque-là non touchés, les nivellements, ouvrages artificiels et autres infrastructures nécessaires ou probables lors de l'aménagement d'une piste de ski alpin ou nordique, ainsi que les phénomènes annexes comme des variantes de tracés ou des descentes en forêt. Tab. 1: Aperçu des effets directs et Pour des raisons de sécurité, mais aussi par amour du confort, des corindirects de l'aménagement d'une rections et rectifications de terrain sont de plus en plus souvent réa- piste de ski alpin ou nordique sur un lisées (souvent sur de petites surfaces). biotope ou un site marécageux.

.. . Biotope marécageux Site marécageux

direct indirect

tracé des pistes ouvrages, infrastructures ouvrages, infrastructures ouvrages, infrastructures de ski alpin ou (destruction des la structure (lessivage des substances et tracés linéaires non nanordique du sol, pression mécanique nutritives dans les biotopes turels des pistes abîmant le sur la végétation, érosion) marécageux voisins, exten- paysage; équipement de sion de l'érosion) régions encore non touchees

nivellement destruction de la végétation changement du régime hy- effets sur la faune et la flore (modification super- marécageuse et du micro- drique local, év. apport (isolation, barrières), effet ficielle du terrain) relief typique des marais, d'engrais en cas de rever- direct sur la composition et modification de la structure disse ment (lessivage des sub- la fréquence des associations du sol (tassement etc.), év. stances nutritives dans les végétales (érosion des surapport d'engrais en cas de biotopes voisins, extension faces vertes, défrichement, reverdissement, modification de l'érosion) intensification), surfaces du régime hydrique (ruissel- nivelées et tracés abîmant le lement superficiel, érosion) paysage

3.1 Le biotope marécageux est directement touché

Un déblaiement ou un remblaiement impliquent un changement de la structure superficielle du sol et peuvent entraîner un changement du régime hydrique et donc une atteinte à l'ensemble du marais.

Conséquences pour la protection des marais: On doit en principe renoncer à des modifications du terrain ou du sol dans les biotopes marécageux. Elles sont interdites dans les marais d'importance nationale. En raison des pressions lors de la construction des installations (bâtiments, conduites, barrières, panneaux indicateurs

6.1.2

etc.) et des dommages inhérents à l'exploitation, l'aménagement de Fig. 2: Certaines interventions, nouvelles pistes de ski alpin et nordique dans les biotopes marécageux comme ce pont pour une piste de ski de fond dans un bas-marais au Lukd'importance nationale n'est pas admissible. Des exceptions sont manier, peuvent entraîner des seulement possibles lorsqu'une végétation de marais moins sensible dégâts à la végétation et aux marais (prairies humides et mégaphorbiées humides) est concernée et que et ne sont donc pas compatibles avec les buts de protection des dans l'ensemble la nouvelle installation apporte des avantages pour la marais. Elles représentent de plus protection des marais (par ex. en cas de déplacement d'une piste de des éléments étrangers dans le payski alpin ou nordique en dehors de zones marécageuses sensibles). sage. Dans des biotopes marécageux d'importance régionale ou locale en Photo: Hintermann et Weber SA

dehors des sites marécageux, une pesée des intérêts peut également être effectuée par les autorités compétentes. Les pistes de ski existantes doivent être éloignées des hauts-marais et MANUEL des marais de transition, ainsi que des bas-marais sensibles au piétine- CONSER· ment. Un déplacement est indiqué pour tous les types de végétation VATION DES MARAIS marécageuse dès que l'on constate des dégâts. EN

3.2 Le biotope marécageux est indirectement touché

Lors d'atteintes à la zone-tampon écologique des marais à la suite de modifications du terrain ou du sol, une influence indirecte sur les marais est possible, par ex.

  • par changement du régime hydrique local;

  • par apport d'engrais sur les surfaces environnantes lors de reverdissement (semis hydraulique);

  • par initialisation de processus d'érosion avec lessivage de substances nutritives du sol consécutive à un nivellement;

  • par dépôts de matériaux, accès au chantier;

  • en facilitant l'accès à des tracés de ski hors piste qui peuvent conduire en travers du biotope marécageux.

Conséquences pour la protection des marais: Des modifications du terrain et du sol dans la zone d'influence des marais doivent toujours être examinées quant à leurs répercussions sur les biotopes marécageux. Les ouvrages, installations et modifications de terrain ne sont admisssibles dans des zones-tampon que pour autant que le marais lui-même n'en soit pas affecté (cf. art. 5 al. 3 OBM). En conséquence, des interventions importantes ne sont en général pas possibles dans les environs des marais.

3.3 Aménagement d'une piste de ski alpin ou nordique dans un site

marécageux

Lors de l'aménagement de pistes de ski alpin ou nordique dans des sites marécageux, il est important de prendre en compte l'ensemble des éléments et valeurs qui contribuent à leur importance nationale. Un site marécageux peut notamment être fortement marqué par de précieux biotopes marécageux qui en raison de leur taille modeste ne figurent pas dans les inventaires fédéraux des hauts et des bas-marais. D'autres types de biotopes (prairies maigres, pelouses sèches, haies etc.), des éléments géomorphologiques (dolines, chutes d'eau etc.) ou culturels (murs de pierres, voies de communication historiques etc.) peuvent aussi représenter des valeurs importantes pour le site marécageux. Il faut également prendre en considération la faune lors de l'établissement des tracés. Du point de vue de l'esthétique du paysage, le type de tracé (compact, dispersé, respectant ou non les structures linéaires naturelles du paysage) est aussi important que le tracé général. De même, les éven-

6.1.2 tu elle modification ' du terrain ou d la couv rtme végétale (par ex. défrichement de la trate des arbri eaux nain avec un effet de trouée) le pont, les petit hemin etc. d ivent être examiné quant à leur répercu ion.

Conséquences pour la protection des ites marécageux: Les interventions technique et le modHicaLion du ter(ain et du 01 ne Ont pa admis ibles dans le ' site ' marécageux d imp rtance nationale lorsqu eUe ont contraire à la conservation des particularités du site marécageux. En conséquenc de intervention importante sont exclu ,Dan les e teur marquants du site marécageux même de petites interventions ne sont pa admi ible. Le choix du tracé et du type d aménagement doit aussi êtr tout particulièrement examiné ou 1aspect de la protection du milieu vital des animaux et de la meilleure intégration paysagère.

MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS

4 EXPLOITATION DES PISTES DE SKI ALPIN ET NORDIQUE

4.1 Exploitation des pistes de ski de fond

Nous disposons d'expériences concernant les effets de la préparation des pistes de ski alpin et nordique sur la végétation des marais et les surfaces immédiatement voisines des biotopes de marais, notamment au Stazerwald en Haute-Engadine (HELD, 1993 et 1994). La végétation est fortement endommagée, principalement dans la zone d'influence des pistes de fond. Les buttes caractéristiques des hauts-marais sont surtout affectées. Elles peuvent être arrachées, décapées et donc en partie détruites par les engins de préparation. Dans la zone des pistes de fond, la proportion de surfaces sans végétation ou à végétation non stationnelle a augmenté (MÜLLER/HAuSELMANN, 1991; Tab. 2: Aperçu des effets directs et indirects de l'exploitation d'une HELD, 1994). Le problème survient principalement en cas de faible piste de ski alpin ou nordique sur un épaisseur de neige lors de la préparation. Pour résoudre le conflit, on biotope ou un site marécageux.

Biotope marécageux Site marécageux

direct indirect

chemins de pression mécanique (bâtons, dérangements de la faune randonnée à ski carres des skis), tassement local de la neige

piste de fond pression mécanique (engins pénétration dans les biotopes dérangements de la faune préparée de traçage, fraiseuses, bâtons, voisins facilitée, effets d'encarres des skis), tassement graissement par adjuvants étendu de la neige, effets chimiques (lessivage), d'engraissement par adju- changements du régime vants chimiques, déchets hydrique

piste de ski alpin pression mécanique (bâtons, dérangements de la faune non préparée carres des skis), tassement local de la neige

piste de ski alpin pression mécanique pénétration dans les biotopes dérangements de la faune préparée (dameuses, bâtons et carres voisins facilitée, effets d'ende skis), tassement étendu graissement par adjuvants de la neige, effets d'en- chimiques (lessivage), graissement par adjuvants changements du régime chimiques, déchets hydrique

6.1.2 essaie d'écarter au maximum le tracé des pistes de fond des surfaces de hauts-marais. Des dommages parfois graves à un haut-marais dus à l'exploitation de pistes de ski de fond sont également connus en Suisse centrale. Des surfaces humides ont ainsi été drainées localement dans un haut-marais protégé de la région de Seeliwald (OW) pour optimiser l'exploitation d'une piste de fond.

Conséquences pour la protection des marais: La préparation des pistes de fond à travers des surfaces typiques de buttes de hauts-marais entraîne des modifications du sol et de la végétation et n'est pas compatible avec les buts de la protection des marais. Cela vaut aussi pour les marais de transition. L'exploitation d'une piste de fond à travers une végétation sensible de bas-marais (notamment les marais à petites laîches) qui, contrairement aux hauts-marais, a une structure plane, doit en principe également être évitée car le tassement de la neige et la préparation peuvent influencer la végétation de façon importante. Des exceptions, inadmissibles pour les surfaces sensibles de hautsmarais et de marais de transition, sont possibles dans les conditions suivantes:

  • seules des surfaces de végétation peu sensible de bas-marais (mégaphorbiées humides, prairies humides) sont concernées;

  • pour des raisons topographiques, un déplacement n'est pas possible. Dans de tels cas, il faut au moins respecter les exigences de préparation suivantes:

  • Une épaisseur minimale de neige d'environ 40 cm est nécessaire avant la première préparation des pistes.

  • Lorsque la neige tassée par la préparation est inférieure à 20 cm, il faut arrêter la préparation jusqu'à la prochaine chute de neige.

  • Lorsque l'épaisseur de neige tassée est inférieure à 10 cm, il faut également interrompre le ski ou, au printemps, terminer la saison. L'utilisation de ciment à neige, de neige artificielle et d'une fraiseuse à neige doit être proscrite dans les biotopes marécageux. Il faut choisir MANUEL des engins à faible pression pour la préparation. CONSER- VATION DES MARAIS

4.2 Exploitation des pistes de ski alpin

Il n'existe que peu de recherches sur l'effet de la préparation des pistes de ski alpin sur les surfaces de marais. La préparation des pistes devrait favoriser les espèces insensibles à la pression et hygrophiles et

réduire le nombre d'espèces. Il faut examiner dans quelle mesure il faut renoncer à un entretien mécanique intensif des pistes pour protéger la végétation.

Conséquences pour la protection des marais: Pour l'exploitation des pistes de ski alpin, les mêmes recommandations et exigences sont valables que pour les pistes de ski de fond. La préparation et l'exploitation d'une piste sont d'intensité comparable. Il s'y ajoute le problème du raclage de la neige par les skieurs et par là le danger de dommages dus aux carres des skis. L'adjonction d'engrais destinés à consolider la neige est inadmissible dans les biotopes marécageux. Les engins de damage devraient avoir une pression aussi faible que possible.

4.3 Exploitation des pistes de ski nordique et alpin dans les sites

marécageux

Par analogie, les indications précédentes sont également valables pour les répercussions sur les sites marécageux. L'exploitation des pistes de ski ne doit entraîner aucun dommage aux éléments qui ont contribué à l'importance nationale, comme les prairies, les forêts, les éléments géomorphologiques, la structure de l'habitat, les marais et autres biotopes. Les aspects de la protection de l'espace vital de la faune doivent être pris en considération pour l'intensité et la durée de l'exploitation.

Conséquences pour la protection des sites marécageux: L'entretien et l'exploitation des pistes de ski alpin et nordique existantes restent largement possibles, pour autant qu'aucun dommage aux biotopes (marais, prairies sèches etc.) ne survienne. Autrement il existe une obligation d'agir et l'arrêt de l'effet dommageable est indiqué.

6.1.2 5 MISE EN PLACE ET EXPLOITATION D'INSTALLATIONS D'ENNEIGEMENT

5.1 Effets directs et indirects sur les biotopes marécageux

Différentes installations techniques sont nécessaires pour la production de neige artificielle comme par ex. captage, station de pompage, conduites, prises d'eau. C'est surtout pour la construction d'installations permanentes d'enneigement que de gros moyens techiques sont mis en oeuvre. KAMMER (1989) constate que l'enneigement artificiel peut porter atteinte ou détruire à moyen terme les milieux maigres. Ces milieux sont perturbés par l'apport de substances nutritives et le changement du pH par la neige artificielle. L'apport de nitrates et de phosphates dépend de leur teneur dans l'eau utilisée pour l'enneigement. Mais même un enneigement avec une eau faiblement polluée occasionne des changements du niveau trophique de la station, car les eaux des sources, des ruisseaux ou des lacs ont une autre composition chimique Tab. 3: Aperçu des effets directs et indirects de la construction et de que les eaux de pluie. Dans le cas du prélèvement d'eau dans le l'exploitation d'une installation torrent Julia près de Savognin, l'apport de calcium, de magnésium, de d'enneigement sur un biotope ou un sodium et de soufre était 10 à 100 fois supérieur par la neige artificielle site marécageux.

Biotope marécageux Site marécageux --------------------------------------------- -

direct indirect

construction interventions mécaniques interventions mécaniques installations et constructions d'une installation pour les canalisations et les pour les canalisations, les canons perturbant l'aspect paysager, d'enneigement prises d'eau, év. aménage- à neige, év. les bassins d'accumu- par ex. les bassins, les canaliment d'un bassin d'accumu- lation, changement possible du sations, les installations d'enlation, changement du régime régime hydrique local neigement fixes, changement hydrique et du niveau tro- possible du régime hydrique phique dans le biotope marécageux(dépendantdela (problématique des débits résiduels dans les cours d'eau) MANUEL structure du sol et de l'origine CONSERde l'eau nécessaire) VATION DES MARAIS exploitation apport trophique, période de apport trophique, lessivage, selon les circonstances, le SUISSE d'une installation végétation raccourcie, changement du régime hydrique niveau sonore produit par d'enneigement changement du régime l'eXploitation dérange l'appréhydrique (humidification, ciation du paysage érosion), mauvaise isolation thermique

Fig. 3: Les canons à neige se rencontrent de plus en plus fréquemment. L'apport de neige artificielle peut porter atteinte aux biotopes marécageux particulièrement pauvres en substances nutritives. Photo: M.F. Broggi

que par les précipitations naturelles. L'apport de ces éléments, lié à une valeur relativement élevée du pH de la neige artificielle, peut entraîner un changement de la teneur en ions dans les surfaces de marais acides. Les quantités d'eau limitées en hiver semblent accroître la tendance à la construction de bassins d'accumulation. Les captages d'eau peuvent entraîner des effets directs sur les biotopes marécageux ou des changements du régime hydrique.

Conséquences pour la protection des marais: Les biotopes marécageux ne doivent pas être enneigés. Des exceptions ne sont possibles que pour des prairies humides (Calthion) et des mégaphorbiées humides (Filipendulion) sous certaines conditions-cadre (pas de lessivage d'eau salée dans la végétation marécageuse sensible, faibles surfaces enneigées, faible quantité de neige artificielle). L'apport de grandes quantités d'eau salée dans les biotopes marécageux à partir des surfaces enneigées voisines (par ex. secteur de zonetampon) doit être empêché. La mise en place de canalisations pour des installations d'enneigement à travers des biotopes marécageux n'est pas admissible. Seule peut entrer en ligne de compte une procédure de mise en place sans fossé par enfoncement sous le biotope marécageux. Les travaux de fouille nécessaires doivent être examinés quant à leurs effets sur le biotope marécageux et sont exclus dans le voisinage immédiat du marais. De plus, il convient de prendre en compte les conditions-cadre hydriques du corps marécageux. Dans les zones-tampon, l'installation n'est admissible que si le marais n'en est pas affecté.

6.1.2

5.2 Effets sur les sites marécageux

La perturbation de l'aspect paysager par des installations d'enneigement peut surtout être aggravé par les travaux d'aménagement nécessaires. Après les mesures de construction, les installations techniques comme les captages d'eau et les installations de pompage peuvent apparaître comme dérangeantes. Le ruban blanc artificiel dans le paysage vert, qui résulte d'un enneigement pendant des périodes pauvres en neige, et dont la neige artificielle fond plus lentement, porte atteinte au paysage. De plus, le bruit peut être important pendant l'enneigement. Il faut prendre en compte la banalisation de l'aspect paysager traditionnel à la suite du recul possible des prairies maigres caractéristiques des montagnes, à fleurs de toutes les couleurs.

Conséquences pour la protection des sites marécageux: L'admissibilité d'installations d'enneigement dans les sites marécageux doit être examinée de cas en cas. Des ouvrages superficiels comme les bassins d'accumulation ou des installations fixes d'enneigement contredisent en règle générale aux buts de protection et ne sont donc pas admissibles. On doit veiller particulièrement aux débits résiduels après les lieux de prélèvement. Le régime hydrique des biotopes marécageux ne doit pas être affecté.

MANUEl CONSER- VATION DES MARAIS

.. • 1

BIBLIOGRAPHIE MÜLLER, B.I HAuSELMANN, S. ADRESSE DES AUTEURS (1991): Die Auswirkungen des Engadin Skimarathon auf die Vegeta- CERNUSCA, A. (1986): Les réper- Dr Mario F. Broggi tion. Praktikumsarbeit der ETH, cussions de la construction et de Georg Willi, ing. diplômé Abt. X, Umweltnaturwissenschafl'exploitation de pistes de ski, avec Rudolf Staub, biologiste diplômé ten, im Auftrag des Amtes für Landrecommandations en vue d'une Broggi und Partner GmbH schaftspflege und Naturschutz réduction des dommages causés à Olgastrasse 8 Graubünden, Chur, 52 S. l'environnement. Conseil de l'Eu- 8001 Zürich (unverbff.). rope, Collection Sauvegarde de la nature No 33, Strassbourg, 253 p. SCHEMEL, H.J. (1987): Umweltvertragliche Freizeitanlagen. DFI (Département fédéral de Umweltbundesamt, Band 5/87. l'intérieur) (1991): Modifications du Erich Schmidt Verlag, Berlin, 257 S. paysage en faveur de la pratique du ski. Directives pour la protection de TRADUCTION SCHWARZE, M. 1KELLER, V. 1 la nature et du paysage. Office cen- ZUPPINGER, U. (1996): Inventaire trai fédéral des imprimés et du fédéral des sites marécageux: guide Dr Benoît Bressoud matériel, Berne, 74 p. Bureau d'études écologiques d'application des dispositions de protection. OFEFp' série L'environ- R. de Cordé, 4 HELD, TH. (1993): Entflechtung 1957 Ardon nement pratique, Berne, 103 p. Langlaufloipe und Hochmoore im Stazerwald und am Lej Marsch in den Gemeinden St. Moritz und Manuel Celerina. Kurzfassung zum Schlus- Conservation des marais sbericht (unverbff.), Eidg. For- en Suisse 2 schungsanstalt für Wald, Schnee und 2/1996 BIBLIOGRAPHIE Landschaft, Birmensdorf, 4 S. COMPLEMENTAIRE HELD, TH. (1994): Entflechtung Langlaufloipe und Hochmoore im KREBS, P. (1995): Protection des Stazerwald und am Lej Marsch in marais et tourisme. Rapport de synden Gemeinden St. Moritz und thèse du groupe de travail «Protec- Celerina. Schlussbericht, Eidg. For- tion des marais et tourisme». Institut schungsanstalt für Wald, Schnee und de recherches pour les loisirs et le Landschaft, Birmensdorf. tourisme (FIF) de l'Université de Berne, OFEFP et Fédération suisse KAMMER, P. (1989): Auswirkun- du tourisme (FST), Berne, 56 p. gen von Kunstschnee auf subalpine Rasenvegetation. Lizentiatsarbeit am Systematisch-geobotanischen Institut der Universitat Bern, Vervielfaltigung, 180 S.

THEl S, E. (1994): Clé de détermination des zones-tampon. Guide pour déterminer des zones-tampon suffisantes du point de vue écologique pour les marais. OFEFp, série L'environnement pratique, Berne, 48 p.

RUDOLF STAUB

Golf et protection des marais 6.1.3 1 INTRODUCTION

Ces dernières décennies, le golf a connu un grand essor en Europe centrale, ce qui a entraîné la création de nombreux terrains de golf et un nombre croissant de membres dans les clubs. Actuellement, 70 terrains de golf sont en activité en Suisse.

Le golf Le golf est un sport consistant à envoyer, au moyen d'un club, une balle de caoutchouc durci dans un trou de 108 mm de diamètre, ce à travers un parcours muni d'obstacles et avec le plus petit nombre de coups possible. Le golf est originaire des Iles britanniques.

Le terrain de golf et ses parties Un terrain de golf est constitué généralement de 9 ou 18 trous. Un trou est constitué de:

  • une aire de départ avec des marques pour les dames et les messieurs (quelque 100 m2 de pelouse plane ou légèrement en pente)

  • un parcours (fairway) (3'000 - 25'000 m2 d'herbe)

  • un green (300 - 700 m 2 de gazon plat ou légèrement ondulé qui entoure le trou)

  • d'obstacles répartis sur les parcours (p. ex. étangs, ruisseaux, bunkers de sable)

  • le rough qui sépare les différents parcours et remplit des tâches esthétiques, de sécurité et/ou écologiques (p. ex. prairies, pâturages et arbres, fossés, ruisseaux, distinction étant faite entre les zones jouées et non jouées)

  • le semi-rough qui constitue une transition entre le parcours et le rough (voir fig. 1) Outre les surfaces de jeux proprement dites, un terrain de golf nécessite des infrastructures telles que:

  • desserte

  • places de stationnement (en général au moins 100 places de parc pour un terrain de 18 trous)

  • clubhouse: bâtiment d'accueil

  • approvisionnement en eau et évacuation Des installations d'exercice (driving range pour l'exercice des coups, putting green pour l'approche du trou et pitching pour l'approche du green) complètent souvent le terrain de golf.

Fig. 1: Catégories des surfaces d'un fairway terrain de golf. étang semi-rough Source: d'après BURDET et al. (1995) modifié

"'H .. . . ...... , .. 1" - I. f · ' . MANUEL CONSER·

VATION DES MARAIS départ dames green départ messieurs bunker f----- - +-1- -- --t - -- 1 o 100 200 300

2 LES INSTALLATIONS ET LEURS REPERCUSSIONS

2.1 Exigences de l'instaUation

Un terrain de 9 trous devrait couvrir entre 30 et 50 ha, un terrain de 18 trous entre 50 et 100 ha. Les parcours d'un terrain de 18 trous couvrent quelque 30 ha. Plus un terrain est étendu, plus il y a de surface à disposition pour des aménagements d'aspect naturel. Il est recommandé qu'au maximum 1/3 de l'ensemble de la surface soit consacré à des gazons intensifs et à des constructions, au maximum 1/3 au rough (prairies extensives, buissons, etc.) et au moins 1/3 à des zones d'aspect naturel et des biotopes (BURDET et al., 1995). La surface nécessaire est d'au moins 60 à 80 ha. Les terrains de golf les plus anciens qui couvrent 50 ha en moyenne sont donc souvent trop petits (HARDER, 1988). Du point de vue des amateurs de golf, un terrain de golf devrait se situer autant que possible dans un paysage attrayant et tranquille, avec une topographie variée, sur un sol léger et sablonneux. TI devrait être assez grand, peu coûteux à aménager et à entretenir et facile d'accès. Du point de vue de la technique du sport, les terrains de golf peuvent toutefois être aménagés dans n'importe quel paysage. Dans la pratique, ils sont créés là où la surface nécessaire est disponible et pas obligatoirement dans les emplacements optimaux.

2.2 Répercussions de la construction

Les prescriptions des joueurs de golf pour l'aménagement des terrains se limitent pour l'essentiel aux longueurs des parcours. L'aménagement des poins de départ et des greens, la forme topographique et la largeur des parcours, l'emplacement, le genre et le nombre d'obstacles, etc. sont dictés par l'expérience et les connaissances des techniques de construction. Les aménagements les plus coûteux sont les greens et les aires de départ. En effet, ils nécessitent des modifications du terrain et du sol, ainsi que des drainages et des installations d'arrosage. Les parcours sont souvent modifiés pour des raisons purement esthétiques. De plus, ils doivent pouvoir être sillonnés aussi par temps humide. C'est pourquoi ils nécessitent des mesures visant à améliorer la perméabilité du sol dans les zones humides (mélange de sable, drainage, etc.).

6.1.3 La pratique du golf entraîne de plus des adaptations ciblées de la végétation. Les greens, les aires de départ, et généralement les parcours aussi, sont ensemencés avec des gazons courts et résistant au piétinement. En règle générale, il est possible de renoncer à des améliorations du sol et à des terrassements dans le rough et le semi-rough. Les obstacles peuvent être naturels ou aménagés artificiellement (p. ex. bunkers de sable ).

2.3 Répercussions de l'exploitation

Les pelouses des golfs doivent être entretenues intensivement dans l'aire de jeu. Seul un gazon très résistant composé de 3 à 6 espèces d'herbes spécialisées peut subsister. L'emploi d'engrais et de produits de traitement des plantes est aussi élevé que dans les prés agricoles. Contrairement à l'agriculture, on utilise ici toutefois une forte proportion d'engrais minéraux très solubles (HARDER, 1988). Dans le semi-rough, les associations se limitent généralement à des gazons piétinés, les roughs où l'on joue sont comparables à une prairie fauchée. Seuls les roughs où l'on ne joue pas peuvent être qualifiés de proches de la nature. Leur aménagement est toutefois souvent fait davantage dans des considérations esthétiques que d'aspect naturel.

Du fait de la perméabilité souhaitée et favorisée du sol et du fréquent apport d'engrais, l'horizon racinaire n'est que faiblement développé. Cela nécessite l'arrosage des greens, des aires de départ et en partie des parcours. Les besoins en eau peuvent être importants sur les stations sèches, atteignant 30'000 - 50'000 m3 par an. L'arrosage et l'utilisation d'engrais minéraux très solubles favorisent le lessivage des substances nutritives.

MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS

Tab.1: lotensitéd'exploitation des Fréquence de Hauteur Apport Traitement différentes surfaces d'un terrain de coupe de coUpe d'engrais des plantes golf. D'aprè HARDER (1988) modifié. green 3-7 foi Isemaine 4--7mrn très élevé fréquent

aire de départ 2-3 fois/semaine 10-- 2 mm élevé fréquent

parcours 2-3 Jois/semaine 15-20 Ill/ll moyen occasionnel

semi-rough 1-4 fois/mois 40 mm éve. au début de la période de végétali il ..

rough 3-30 fois par an 50--80 mm

2.4 Conditions juridiques

Etant donné les muJLiples répercus ions des terrains de golf, le légi lateur a fixé des condition -cadre p ur leur aménagement (voir également volume 2 contribuü n 6.1.1).

  • Un terrain de golf Ile peut pas être aménagé daus uue zone agricole, du fait qu'il ne ert pas en priorité à 1 exploitation du 01 et nécessite donc une modification d'affectation dan le ca où il e itue en dehors de zones à bâtir.

  • Il néces ire un permis d con-tnùre même si aucun bâtiment n'c t prévu.

  • Les défrichements ne sont possibles qu'exceptionnellem nt. Le terrain de golf doit de plus tenir compte des objectifs des inventaires nationaux et cantonaux (lHM, IBM ISM etc., BURDET et al., 1995).

  • Les terrain de golf de 9 trous et plu sont soumis a EIE depuis 1995.

6.1.3 3 TERRAINS DE GOLF ET PROTECTION DES MARAIS

Les marais, avec leurs eaux stagnantes ou leur nappe phréatique à niveau élevé et leurs sols compacts, argileux ou d'anmoor, ne conviennent en principe pas pour l'aménagement de terrains de golf. De tels sols ne peuvent être transformés en terrains de golf que moyennant des investissements techniques et financiers importants. De plus, les sites marécageux à exploitation généralement traditionnelle constituent un paysage très sensible.

Dans le cas de la protection des marais, les restrictions sont très étendues:

  • Une végétation marécageuse typique ne peut se maintenir que dans les roughs où l'on ne joue pas, du fait du régime de coupe et d'engraissement et de la pression du piétinement. Les parties de l'installation à utilisation intensive et l'infrastructure sont donc incompatibles avec la protection des biotopes marécageux et exclues dans les biotopes marécageux d'importance nationale.

  • Les biotopes marécageux proches d'un terrain de golf peuvent subir des atteintes indirectes par l'apport de substances nutritives des engrais ou par l'arrosage. Des modifications du régime hydrique sont également possibles, p. ex. par drainage. Les directives ressortant de la clé de détermination des zones-tampon (zones-tampon suffisantes du point de vue écologique; MARTI et al., 1997) s'appliquent pour les parties d'installation proches des marais.

  • Les terrains de golf constituent un corps étranger dans le paysage des sites marécageux caractérisés par une agriculture traditionnelle. En règle générale, l'aménagement d'un terrain à l'intérieur d'un site marécageux porte atteinte à l'esthétique du paysage et modifie l'exploitation typique des sites marécageux. Les terrains de golf sont ainsi en contradiction avec les objectifs importants de l'ordonnance sur les sites marécageux (art. 4 OSM). De plus, les terrains de golf ne constituent en aucune manière un intérêt national prioritaire et ne sont pas non plus liés au site. En conséquence, de nouvelles installa- 2 MANUEL tions sont exclues dans les sites marécageux. CONSER· VATION DES MARAIS

BlllLIOGRAPHIE ADRESSE DE L'AUTEUR

BURDET, F. / FELBER R. / Rudolf Sraub MAIRE, N. / ROSSEL, D. (l995): RENATGmbH Golf. Aménagement du tetTitoire- Schulbausstrasse 20 Pay age - Environnement. Recom- 9470 Buchs mandation . OFEFP - , érie L'eovironnement pratique, 75 p.

HARDER. w. (1988): Flachenverbrauch durch Go,lfpHitze.1èavail tle diplôme à l'lnstitut de Géographie TRADUCTION de l'U niversité de Zurich. Zurich, 19 8. Yves Berger 1ARTI, K. /K RÜ lB.. /l-IEEB, Ingénieur forestier EPFZ/ l A H. /THEI ,E. (1997): lé de déter- hem in Montant l4 mination de zone -tampon. Guide 2017 Boudry pour délerminer de zones-tampon suffisant s du point de vue écologique pour les marais. FP - érie Manuel L environnement pratique, 52 p. onscrvation de marais en uissc 2

ROBERT MEIER

Canalisation des visiteurs dans et à proximité des biotopes #

marecageux 6.1.4 1 INTRODUCTION

Les paysages caractérisés par des marais sont ressentis comme particulièrement attrayants (LEUPI, 1996; voir fig. 1). Ils se distinguent par une extraordinaire richesse de couleurs et par une mosaïque de stations humides et sèches. C'est pourquoi des photos de marais et de leurs environs sont très fréquemment utilisées dans les publicités touristiques (FIF / OFEFP / FST, 1995). L'exploitation touristique menace souvent justement ces trésors naturels et paysagers. Outre les infrastructures, ce sont surtout les activités touristiques qui sont susceptibles de perturber les habitats et d'endommager les biotopes (voir e.a. volume 2, contribution 2.2.5). En conséquence, nous traiterons principalement des répercussions de la randonnée et de loisirs semblables. Les questions relatives au ski de tourisme sont traitées dans le volume 2, contribution 6.3.2).

Réponses 80,---------------------------------------------- Fig. 1: Résultats d'une enquête auprès des visiteurs de Schwagalp (site marécageux d'importance nationale, SM 62). Les réponses se rapportent à la question: "Qu'est-ce qui vous plaît dans cette région?" (Total 223 réponses) Source: LEUPI (1996)

1 la tranquillité 2 le bon air 3 les plantes et les animaux 4 le paysage 5 les bons sentiers et chemins de randonnée 6 les restaurants / l'infrastructure 7 le mouvement 8 autres

MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS

310.710.9821 250 4.02 1

2 ACTIVITES TOURISTIQUES MENAÇANT LES MARAIS

2.1 Répercussions de la randonnée sur la structure du sol et la

végétation

Les répercussions directes du tourisme de randonnée sont entre autres les foyers, les sentes, les chemins et les dépôts de déchets. Les atteintes aux surfaces marécageuses par des feux et des déchets surviennent surtout au bord des lacs marécageux qui invitent à séjourner ou à se baigner. Dans ces régions, les dégâts de piétinement sont fréquents et peuvent atteindre une ampleur semblable à celle que l'on observe sur les chemins de randonnée. Une fois que la couverture végétale des marais est détruite, le sol tourbeux ne supporte plus le poids des randonneurs. Le sol est ramolli, il se crée des emplacements boueux et des flaques d'eau. Les randonneurs évitent ces endroits mous et contribuent ainsi à élargir le sentier. Il en résulte un petit réseau de chemins et de sentes qui endommagent la surface marécageuse. La cicatrisation de tels dommages par la végétation dure très longtemps et n'est possible que si les randonneurs sont dirigés ailleurs. Les dégâts dans les biotopes marécageux sont en relation étroite avec la pente et le tracé des chemins. Le nombre de randonneurs est relativement peu important pour l'ampleur des atteintes.

2.2 Répercussions du tourisme de randonnée sur la faune

Les groupes d'animaux ont des exigences écologiques très différentes quant à leur habitat, en particulier en ce qui concerne l'espace ou la tranquillité. Des animaux exigeants et sensibles peuvent être évincés de leurs habitats par les activités touristiques.

Le tétras lyre et le grand tétras font partie des espèces sensibles qui sont fortement liées aux sites marécageux (voir volume 1, contribution 3.4.3). Des études menées à Schwagalp (SIEBER, 1998) montrent qu'aucun tétras lyre n'a pu être observé dans les zones très fréquentées. Aucune place de parade ne se situait à moins de 300 m de la prochaine installation humaine. Il a en outre été démontré que le tourisme perturbe en particulier la parade de printemps et la nidification.

6.1.4 Les ongulés (p. ex. chamois) peuvent ass z facilement trouver des biotopes de remplacement tant qu il n'y a pas de neige. Toutefois, lorsque 11 est Judicieux d intégrer tous l'habitat est restreint, les dérangements résultent ouvent en dégâts les groupes intére$Sé dans la planification dune canali ation d'a broutissement. étendue des vi iteur : Il exi te cependant d'autres groupes d espèces beaucoup moins sensi- • exploitation agricole et foresbles aux dérangements, comme par exemple de nombreux amphibiens tière et insectes. Même lorsqu 'un chemin de randonnée passe tout prè de • chasse

  • champignonneurs et cueilleur habitat, ce anjrnaux n en ont pratiquement pas dérangés. leurs de petits fruits

  • activités sportives et de plein air (p. ex. courses d'erientation, raquettes parapente, etc.)

  • activités touristiques (p. ex. randonnée)

MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS

3 CONDITIONS JURIDIQUES

L'application des prescriptions de protection et d'entretien des marais et sites marécageux d'importance nationale relève des cantons. Ils doivent en particulier prendre toutes les mesures de protection et d'entretien nécessaires pour conserver les objets intacts. Les mesures de canalisation des activités touristiques en font partie. En vertu de l'art. 5 al. 1 let. k de l'ordonnance sur les hauts-marais (OHM), l'exploitation à des fins touristiques et récréatives doit être subordonnée au but visé par la protection. En vertu de l'art. 5 al. 2 let. m de l'ordonnance sur les bas-marais (OBM) et de l'art. 5 al. 2 let. e de l'ordonnance sur les sites marécageux (OSM), l'exploitation à des fins touristiques et récréatives doit être en accord avec le but visé par la protection. L'aménagement de nouveaux chemins ou tracés destinés au tourisme et à la détente (tourisme pédestre et cycliste, VIT, skating, etc.) est interdit dans les marais et sites marécageux d'importance nationale (art. 5 al. 1 let. b OHM, art. 5 al. 2 let. b OBM, art. 5 al. 2 let. d OSM). L'utilisation des chemins de randonnée existants peut être poursuivie si elle est compatible avec le but visé par la protection et n'entraîne aucune atteinte au marais et au site marécageux. Dans le cas contraire, il faut envisager la suppression du chemin ou son détournement en dehors du marais. Si la suppression ou le déplacement d'un chemin ne sont pas possibles ou s'avèrent disproportionnés, il faut prendre des mesures de canalisation et d'information des visiteurs en vue de prévenir au maximum les atteintes (voir chiffre 4). Si un chemin est supprimé, son accès doit être clairement barré. De plus, il est recommandé d'effectuer des travaux de régénération de manière à faire disparaître le plus rapidement possible les marques de l'ancien tracé.

..

6.1.4 4 CANALISATION DES VISITEURS

La canalisation des visiteurs doit être réalisée au niveau de la planification (plans directeur et d'affectation) en tenant compte des nombreux intérêts particuliers et de leur coordination. Les plans directeur et d'affectation doivent délimiter les zones libres et les corridors d'exploitation. Les ordonnances sur les hauts-marais, les bas-marais et les sites marécageux (OHM, OBM, OSM, voir chiffre 3) forment le cadre juridique. Les différents axes d'activité (chemins de randonnée, pistes cyclables, pistes de ski de fond, etc.) peuvent être concentrés et canalisés dans les corridors d'exploitation. Les réseaux d'exploitation qui en découlent constituent la base de l'application et de la définition des chemins et itinéraires dans le paysage ainsi que des éventuels corridors de vol. Les zones centrales étendues avec des réglementations d'accès et d'exploitation de la région (y c. espace aérien) peuvent être fixées par exemple par la délimitation de réserves naturelles ou de réserves forestières.

4.1 Activités ayant une influence sur l'espace

Les activités comme l'aile delta, le parapente ou les courses d'orientation ne peuvent être canalisées d'une manière linéaire, vu que leur influence sur la surface réside dans le caractère de ces activités. Des solutions peuvent souvent être trouvées pour permettre l'exercice de ces activités dans un certain cadre, pour autant que les prescriptions légales soient respectées.

Les exemples de la région de Schwagalp / Alpstein montrent que les perturbations dues aux parapentistes peuvent être réduites au minimum par la détermination de places de décollage et d'atterrissage à distance suffisante des centres des habitats. MANUEL Les perturbations dues aux courses d'orientation peuvent être réduites CONSERpar une élaboration appropriée des bases cartographiques, par la déli- VATION DES mitation de "zones de tranquillité" et par l'information de cas en cas MARAIS des personnes plaçant les postes (OEKOGEO, 1991). Une collaboration étroite avec les institutions concernées (p. ex. représentants d'associations, écoles de vol locales) a fait ses preuves pour l'élaboration de telles solutions.

4.2 Canalisation des visiteurs

De nombreux promeneurs ne sont pas conscients des conséquences de leurs actions sur la nature et le paysage. C'est dire que les atteintes aux habitats sont le plus souvent portées par inadvertance. La canalisation des visiteurs a pour objectif de faire contourner les zones sensibles par les amateurs de loisirs et de réduire au minimum les dégâts éventuels. Des enquêtes ont montré que de nombreux touristes acceptent les mesures de canalisation (LEUPI, 1996). Les répercussions du tourisme sur la flore et la faune peuvent être fortement diminuées simplement par la canalisation des visiteurs.

Réponses Fig. 2: Résultats d'une enquête 30 r----------------------------------------------- auprès des visiteurs de Schwagalp (site marécageux d'importance nationale, SM 62). La question suivante a été posée aux touristes: "Quelles mesures de protection des 2 marais souhaiteriez-vous?" Les réponses montrent que de nombreux touristes acceptent et sou- 10 haitent des mesures de protection de la flore et de la faune. Mais un tiers 4 seulement admettent de déplacer des chemins dans ce but (total 83 réponses). Source: LEUPI (1996)

A tous les chemins doivent con- On distingue deux formes de canalisation des visiteurs: tourner les marais J. La canalisation des visiteurs régionale a pour objectif de garder les B les chemins larges et creux doivent contourner les marais, randonneurs à l'écart des zones particulièrement sensibles aux perturles étroits peuvent rester bations (p. ex. zones centrales d'habitats). Des zones étendues et si pos- C laisser les chemins comme ils sible d'un seul tenant doivent être délimitées à cet effet. Cette forme sont, mais informer les promede canalisation s'utilise au niveau de la planification. neurs D laisser les chemins comme ils La canalisation locale des visiteurs vise à rendre les promeneurs atten- sont, mais protéger les marais du tifs à des zones particulièrement sensibles, comme les hauts et bas- piétinement par des cordes marais, et à protéger de petites zones des influences dommageables. A E ne pas déplacer les chemins, mais protéger les marais du piécôté du choix du tracé du chemin, l'information revêt une grande tinement par des passerelles en importance pour une canalisation efficace des visiteurs. bois F laisser les chemins comme ils sont, sans aucune restriction G autres

6.1.4

4.3 Tracé du chemin

Attention Les mesures de canalisation doivent respecter les dispositions légales • Les nouveaux chemins sont (voir chiffre 3) exigeant la protection absolue des marais. en principe interdits dans les Les atteintes portées aux biotopes marécageux par les amateurs de biotopes marécageux. détente sont beaucoup moins graves lorsque les chemins sont bien • Lorsque des chemins existants posent des problèmes, il marqués et consolidés que lorsqu'ils ne le sont pas (LEUPI, 1996). Le faut envisager en priorité de les tracé du chemin doit offrir le passage le plus "agréable" pour traverser déplacer. Ce n'est que si cela une zone, que ce soit au niveau de l'itinéraire ou au niveau du confort s'avère indubitablement imposde la marche. Il se crée souvent un petit réseau de sentiers à proximité sible ou disproportionné, que l'on peut envisager des construcdes zones à problèmes (p. ex. endroits humides ou racines). A ces tions. endroits, il faut guider les promeneurs. Des mains courantes ou des barrières peuvent y contribuer, tout en améliorant le confort de la marche. Ces barrières sont également nécessaires là où des associations végétales particulièrement sensibles (p. ex. hauts-marais) doivent être protégées du piétinement.

La protection de la faune contre les dérangements par les touristes peut elle aussi être améliorée par la canalisation des randonneurs (SIEBER, 1998 ; SIMMEN, 1996). Il faut en particulier tenir compte de la période d'éducation des jeunes et, pour le tétras lyre, de la période de la parade. En plus de la canalisation des visiteurs par la prescription d'un chemin, il faut prévoir une obligation de tenir les chiens en laisse.

Si l'examen juridique a montré que la construction ou l'assainissement de chemins de randonnée est admissible, on respectera les principes suivants (voir aussi volume 2, contribution 3.1.4) :

Tracé du chemin

  • Tracer les chemins en dehors ou à la limite des marais.

  • Les tracés traversant ou longeant les hauts-marais se feront sur des passerelles en bois. Lorsque la pente dépasse 5 degrés, il faut veiller à la dérivation des eaux. Les passerelles en bois surélevées permettent 2 MANUEL de réduire les accumulations d'eau et les apports de substances nutri- CONSERtives. VATION DES MARAIS

  • Construire des passerelles continues si possible jusqu'à l'extérieur EN du biotope, afin de canaliser les promeneurs.

  • Tracer les chemins traversant les bas-marais le long des versants ou les franchir à l'endroit le plus étroit.

  • Les chemins existants suivant la ligne de plus grande pente seront consolidés avec du bois (chemins ou ponts en rondins) en cas de forte fréquentation.

  • Traverser les endroits marécageux très mouillés (p. ex. zones de sources) par des passerelles.

Construction des chemins

  • Eviter d'utiliser des traverses de chemin de fer usagées, car elles contiennent des produits chimiques indésirables dans les milieux naturels (herbicides, p. ex.).

  • Evitèr également d'utiliser du bois qui a été étuvé (processus de séchage du bois utilisant des produits chimiques).

  • Privilégier, en revanche, l'utilisation du bois rétifié (processus consistant à « fossiliser» le bois en le soumettant à une haute température et à une haute pression sans utiliser de produits chimiques).

  • Privilégier la construction des cheminements en bois sans socle en béton et sans remblayage avec du tout-venant. Dans la mesure du possible, les installations doivent pouvoir être démontées.

Entretien • Les chemins seront régulièrement contrôlés et entretenus.

Fig. 3: Les passerelles de rondins protègent les sols marécageux sensibles et canalisent localement les visiteurs. Photo: R. Meier

6.1.4

4.4 Sentiers didactiques

Le sentier-nature ou sentier didactique doit avoir comme fonctions essentielles, d'une part, de canaliser le public sur un parcours précis pour préserver les secteurs plus sensibles et, d'autre part, de l'informer et de le sensibiliser aux valeurs naturelles et à la nécessité de les protéger. Les sentiers didactiques font également partie des mesures de protection des biotopes et des sites marécageux. Ils sont subventionnés par la Confédération, pour autant que les principes suivants soient respectés:

  • La protection du biotope ou du site marécageux doit être assurée juridiquement en application des ordonnances fédérales.

  • Le sentier didactique sert en premier lieu à la protection du biotope et du site et non au développement du tourisme.

  • Le sentier didactique doit être en conformité avec les objectifs de protection et ne doit pas avoir pour conséquence des atteintes au biotope ou au site. Le tracé doit être fixé avec la participation de spécialistes, en tenant compte des particularités naturelles et de la biologie du gibier.

  • La création d'un sentier didactique ne doit pas conduire à un accroissement de la pression humaine dans les biotopes et les sites.

  • Un sentier didactique ne doit pas être construit dans un secteur ou un biotope encore méconnu du public et ne subissant par conséquent aucune pression humaine.

  • Pour éviter une prolifération préjudiciable à la nature et inutile pour le public, les projets seront coordonnés au niveau régional.

MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS

5 INFORMATION ET BALISAGE Indications importantes sur les L'information constitue une condition essentieHe pour une canalisa- panneanx d'information tion efficac des vi items. II st fréquent que I.es comportement Des indication ur les points erroné et les atteinte résultent de l'ignorance. uivants aidenlles r uri 'te à se Information sur J itinéraire : comporter correctement; Un balisage clair constitue UI1 aspect imporlant d' un itinéraire. Le • directives de cheminemenl • obligation de tenir le chien manque d précision de 1 itinéraire est souvent à 1 origine de sentier ' en lai e ramifiés. Des panneaux et/ou des marques de couleur peuvent amélio- • aménagement de foyer rer la situation de faço n simple. • r coite de petits fruits et de cbampignons Information ur la nature elle paysage: • cuejU tte de Geuf Le. promeueur adaptent voloutiers leur comportement J r qu'il onl conscients de la sensibilité d un ecteu\, et informés des erreur à ne pa commettre. n acceptent d'autant mieux les c<msignes quand leur lieu d'app.licati.on et leur période de validité ont préci é (p. ex. ou (orme d un plan).

..

6.1.4 BIBLIOGRAPHIE ADRESSE DE L'AUTEUR

FIF / OFEFP / FST (Institut de Dr Robert Meier recherches pour les loisirs et le tou- ARNAL, Büro für Natur und Landrisme, université de Berne / Office schaft AG fédéral de l'environnement, des Postfach forêts et du paysage / Fédération 9107 Urnasch Suisse du Tourisme; 1995): Protection des marais et tourisme. Rapport de synthèse du groupe de travail "protection des marais et tourisme". Berne, 56 p. TRADUCTION

LEUPI, 1. (1996): Moorschutz und Tourismus, Die Einwirkungen des Yves Berger Wandertourismus auf die Moorbio- Ingénieur forestier EPFZ / SIA tope der Schwagalp. Travail de Chemin Montant 14 diplôme Uni Zurich; non publié. 2017 Baudry

OEKOGEO (1991): Einfluss des Orientierungslaufes auf die Flora Manuel und Fauna, Oekogeo AG sur man- Conservation des marais dat de la Fédération suisse des cour- en Suisse 2 ses d 'orientation (FSCO) et de 2/1998 l'Association suisse du sport (ASS), Résumé.

SIEBER, U. (1998): Auswirkungen von Tourismus und Militar auf die Balz der Birkhahne (Tetrao tetrix) in der Moorlandschaft Schwagalp. in: Der ornithologische Beobachter, Band 95, Heft 2 S. 81-96.

SIMMEN,1. (1996): Gemsen in der Moorlandschaft Schwagalp, der Einfluss verschiedener Nutzungsaktivitaten des Menschen auf Vorkommen und Verhalten der Gemsen (Rupicapra R. Rupicapra) und anderer Huftiere. Travail de diplôme Uni Zurich; non publié. MANUEL CONSER- VATION DES MARAIS