Méthodes d'analyse et appréciation des cours d'eau en Suisse. Écomorphologie niveau R1998
L’environnement pratique
INFORMATIONS CONCERNANT LA PROTECTION DES EAUX
no 27
Méthodes d’analyse et d’appréciation des cours d’eau en Suisse
Ecomorphologie – niveau R (région)
Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage OFEFP
L’environnement pratique
INFORMATIONS CONCERNANT LA PROTECTION DES EAUX
no 27
Méthodes d’analyse et d’appréciation des cours d’eau en Suisse
Ecomorphologie – niveau R (région)
En collaboration avec Institut fédéral pour l’aménagement, l’épuration et la protection des eaux (IFAEPE) Office fédéral de l’économie des eaux (OFEE) Amt für Abfall, Wasser, Energie und Luft (AWEL), canton de Zurich
Publié par l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage OFEFP Berne, 1998
Impressum Ce rapport a été élaboré par le groupe de projet «Appréciation des cours d’eau». Les membres du groupe de projet étaient:
Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage Paul Liechti Ueli Sieber
Institut fédéral pour l’aménagement, l’épuration et la protection des eaux Ueli Bundi (président du groupe de travail) Andreas Frutiger Michael Hütte Armin Peter
Office fédéral de l’économie des eaux Ulrich von Blücher Hans Peter Willi
Amt für Abfall, Wasser, Energie und Luft du canton de Zurich Christian Göldi Urs Kupper Walo Meier Pius Niederhauser
Auteurs: Michael Hütte Pius Niederhauser
Traduction : Bureau d’études écologiques, Benoît Bressoud, Ardon (VS)
Layout: HYDRA, Bureau Peter Rey, Constance
Commande: Service de documentation Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage
3003 Berne
Numéro de commande: MGS - 27 - F Fax: ++41 (0)31 324 02 16 E-mail: docu@buwal.admin.ch Internet: http://www.admin.ch/buwal/publikat/f/
Photos: Amt für Abfall, Wasser, Energie und Luft du canton de Zurich; Office fédéral de l’économie des eaux; HYDRA, Bureau Peter Rey, Constance
© OFEFP 1998
Prix: Fr. 15.-
1 Introduction
gradué Le présent rapport est une partie des «Méthodes d’analyse et d’appréciation des cours d’eau en Suisse (concept modulaire)». Dans le cadre de ce concept, différentes méthodes hydrologiques, morphologiques, biologiques et chimiques sont proposées pour apprécier les ruisseaux et les rivières de Suisse. A l’intérieur de chaque module, on distingue trois niveaux, dont l’intensité est fonction des moyens humains, matériels et financiers nécessaires: le niveau R contient des méthodes d’analyse régionales avec des moyens relativement modestes. Son objectif est un recensement sommaire de l’état des cours d’eau et de leur déficit écologique. Le niveau C analyse des cours d’eau entiers avec leurs affluents; les moyens sont plus élevés que pour le niveau R. Son objectif est un recensement détaillé de l’état de cours d’eau avec analyse du déficit écologique et proposition de mesures. Enfin, les méthodes d’analyse du niveau T conviennent à l’analyse de problèmes particuliers sur certains tronçons pour répondre à des questions de détail; comme il s’agit le plus souvent d’analyses particulières difficiles à standardiser, elles ne sont pas présentées ici en détail. Le rapport de base sur le «Système modulaire gradué» (OFEFP: L’environnement pratique; Informations concernant la protection des eaux, n° 26) commente le principe des modules et des niveaux, ainsi que les bases légales et écologiques.
2 Définitions et objectifs
Le terme «écomorphologie» comprend la totalité des conditions L’écomorphologie structurelles dans l’eau et à son voisinage: la morphologie des eaux désigne la totalité proprement dite, les mesures d’aménagement hydraulique (endiguedes conditions struc- ment des berges, aménagement du lit, barrages, etc.) et les conditions turelles dans le cours environnantes (constructions, exploitation du sol, végétation). Ces d’eau et à son conditions sont relevées à l’aide de 5 critères sélectionnés. L’état natuvoisinage rel des tronçons de cours d’eau ou des réseaux hydrographiques entiers est estimé au moyen de ces critères. L’objectif de ces analyses est de représenter, de manière simple et synoptique, l’état écomorphologique des cours d’eau d’une région (p. ex. cantons, régions, communes). Cette démarche sert à l’apprécia- Les relevés servent à tion préliminaire de l’état naturel des cours d’eau et à estimer la nécesune appréciation sité d’améliorations structurelles du biotope. Elle permet en outre de ciblée de l’état natucomparer la surface actuellement occupée par les cours d’eau avec les rel des cours d’eau propositions du projet «Besoin d’espace des cours d’eau» et peut ainsi servir de base à la coordination avec d’autres activités ayant des effets sur l’organisation du territoire (par ex. planification directrice).
1 L’Office fédéral de l’économie des eaux (OFEE), l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP), l’Office fédéral de l’aménagement du territoire (OFAT) et l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) participent au projet «Besoin d’espace des cours d’eau». Des propositions sont élaborées pour les besoins «minimal» et «souhaitable» d’espace requis par les cours d’eau suisses.
U n e analyse détaiflée des mesures d'amélioration 6coIogiques nécessite des reIevés écomorpholngiques complémentaires (écomorphologie de niveau C) et éventuellement des études biologiques (végétaux, algues, macro-invertébrés, poissons),
3 Critères 6coIogiques importants
L e s principales particularités écologiques des cours d'eau naturels sont les suivantes: diversité structurelle spécifique; dynamique de l'écoulement et du transpoit de matières solides; liaisons axiales intactes; intenses interactions entre l'eau et les environs (milieu terrestre et nappe phréatique). L'utilisation du terrain et des eaux a souvent modifié ces particularités des cours d'eau et porté atteinte à leur rôle de biotope. Comme les moyens en faveur d'une appréciation synoptique des cours d'eau doivent rester limités, tous les critères écologiques importants ne peuvent pas être analysés. Il faut donc choisir ceux qui traduisent fid&lernentl'état écomorphoiogique du çoiirs d'eau ou de certains tronçons.
Le lit du cours d'eau correspond à la zone transformée lors des crues et donc dépourvue de plantes sup6rieures aquatiques ou terrestres. On prend normaIement comme critère
Cette défiiiitioii des rives ne doit être utilisk que dans la présente méthode. Elle ne ctiincide pas avec celle de l'art. 18. al. l bis de la loi fidéraie sur la protection de la nature et du paysage (LPN) et n'est donc pas pertinente du point dc vue légal. Cf. «Rives et végétation des rives selon la LPNn,série «L'environnement pratique*, OFEFP. Berne 1997.
La largeur du lit correspond dans une grande mesure à celle du lit mouillé pendant les eaux moyennes
La largeur du lit est supérieure à celle du lit mouillé lors des eaux moyennes
Variabilité de la largeur du lit mouillé lors des eaux moyennes
Variabilité de la nulle limitée prononcée largeur du lit mouillé
Fig. 1: Représentation schématique des critères d’appréciation (voir aussi les fig. 5a
Réalisation des analyses
Pour les analyses «Ecomorphologie - niveau R», les critères sui- Critères de l’écomorvants sont relevés: largeur du lit et variabilité de la largeur du lit mou- phologie - niveau R illé, aménagement du lit, renforcement du pied de la berge, largeur et nature des rives, localisation et type des perturbations de la libre circulation (seuils, barrages, etc.). L’évaluation se fait directement en comparison avec un cours d’eau à grande variabilité naturelle de largeur, sans aménagement du lit ou sans renforcement du pied de la berge, et avec des rives naturelles ou semi-naturelles.
4 Réalisation des analyses
4.1 Procédure générale
Les analyses se font par inspection des cours d’eau. Elles peuvent Le relevé des cours en principe se dérouler toute l’année, de préférence du printemps à d’eau devrait être l’automne. Elles doivent être interrompues lors d’enneigement ou de effectué du printemps crues. à l’automne Le relevé se fait à l’aide de formulaires de relevés (cf. annexe). Il commence à l’embouchure et se poursuit vers l’amont. Les données «rive gauche» et «rive droite» font toujours référence au sens du cou- Le relevé se fait en rant. Sur la base des conditions écomorphologiques, le cours d’eau est direction de l’amont divisé en tronçons à l’intérieur desquels les critères considérés restent constants. Dès qu’un critère change (p. ex. forte modification de la variabilité de largeur, début ou fin d’endiguement), un nouveau tronçon commence. Le début (captage) et la fin (restitution) des portions Le cours d’eau est de cours d’eau à débit résiduel devraient coïncider avec le début et la divisé en tronçons fin d’un tronçon ou de plusieurs tronçons consécutifs. Les tronçons doivent avoir au moins 25 m de longueur. Un tronçon de cours d’eau mis sous terre de plus de 25 m est considéré comme tronçon distinct; une longueur inférieure est considérée comme une perturbation de la libre circulation conformément au chap. 4.3. Une carte au 1:5'000 (dans certains cas au 1:2'500) est utilisée lors Relevé au moins du relevé. Elle sert à reporter les limites des tronçons et toutes les au 1:5'000 atteintes ponctuelles (seuils, barrages, courtes mises sous tuyau, etc.) notées sur les formulaires (cf. annexes). Si des cartes à découpage kilométrique sont disponibles, il suffit de noter la distance à l’embouchure. Les analyses de terrain peuvent être effectuées par des personnes Rythme d’analyse sans formation scientifique spéciale après une courte période d’in- moyen: 3 - 4 km de struction. D’après les premières estimations, un collaborateur peut cours d’eau par collaanalyser en moyenne 3-4 km de cours d’eau par jour avec la méthode borateur et par jour proposée. Si le terrain est dépourvu de chemin ou si les structures changent très souvent, la longueur examinée en un jour peut se réduire de moitié (1-2 km). Inversement, dans des conditions simples, jusqu'à 9 à 12 km peuvent être analysés en un jour.
4.2 Relevé par tronçon
4.2.1 Largeur du lit
Importance Dans les cours d’eau à lit formé de galets et de gravier, le lit correspond en général à la zone transformée lors des hautes eaux et qui est donc dépourvue de végétation aquatique et terrestre. La largeur du lit sert à caractériser grossièrement la taille du cours d’eau et à déterminer le besoin d’espace du cours d’eau (cf. point 4.2.5).
Relevé La largeur du lit sert La largeur du lit est normalement définie comme la distance entre le de grandeur de pied des berges gauche et droite. Elle est estimée graduellement: 20 référence pour détercm, 40 cm, 60 cm, 80 cm, 1 m, 1,50 m, 2 m, et ainsi de suite tous les miner le besoin mètres. Si cette largeur est variable, il faut estimer une largeur moyend’espace d’un cours ne. La largeur du lit et la largeur du lit mouillé ne sont pas forcément d’eau identiques (fig. 1). En particulier dans les cours d’eau très structurés, pendant les faibles débits, la largeur du lit inondé peut être nettement plus faible que celle du lit.
4.2.2 Variabilité de la largeur du lit mouillé
Importance La variabilité de la La variabilité de la largeur du lit mouillé donne des renseignements largeur du lit mouillé sur la diversité structurelle du lit et sur les liaisons eau-terre. Une gransert à caractériser la de variabilité de largeur est le plus souvent liée à une grande variabidiversité structurelle lité de la profondeur de l’eau, et traduit en même temps une grande et les liaisons eau- diversité de courants (rapide, lent, stagnant) et de granulométries du lit. terre En général, elle a pour conséquence une grande diversité spécifique d’organismes aquatiques. Cela est particulièrement vrai chez les poissons: le nombre d’espèces est souvent corrélé à la variabilité de largeur du lit mouillé (pour une bonne qualité de l’eau et pour autant que des Dans presque tous les perturbations de la libre circulation n’empêchent pas la migration). De anciens endiguements plus, une grande variabilité de largeur indique une bonne mise en de cours d’eau, la lar- réseau eau-terre, grâce à une rive riche en structures diversifiées. Dans geur du lit naturel presque tous les endiguements anciens, la largeur du lit naturel était était réduite diminuée et ne variait donc presque plus. Pour simplifier, on peut dire qu’une grande variabilité de la largeur du lit mouillé permet une largeur de lit suffisante du point de vue écologique.
Relevé Pour apprécier la variabilité de la largeur du lit mouillé, on considère la situation pour des débits faibles/moyens. On distingue:
Réalisation des analyses
Variabilité de la largeur du lit mouillé Aspect Changement continuel et important de la largeur du lit mouillé, qui occasionne des écoulements variés (fig. prononcée Critères d’apprécia- ou les versants de la vallée déterminent une variabilité de largeur du lit mouillé naturellement restreinte (fig. tion de la variabilité 2b); de la largeur du lit ou les cours d’eau à variabilité de largeur du lit mouillé mouillé naturellement restreinte, comme par ex. les exutoires des lacs et les ruisseaux de tourbières.
Les pieds de berges ne sont pas parallèles, mais sont souvent fortement rectifiés. Petites courbes à faible influence sur le courant. Cours fréquemment enfoncé avec berges régulières dont le pied n’est pas aménagé, ou seulement partiellement (fig. 2c); limitée ou le changement de largeur du lit mouillé est rare; ou les pieds de berges sont parallèles, mais les bancs de sable et de gravier sont secs pendant les débits moyens
Berges parallèles pendant les débits moyens; ou très faible changement de la largeur du lit mouillé, nulle souvent causé par la végétation qui a poussé dans le lit du cours d’eau (fig. 2e et f).
Variabilité de la largeur du lit mouillé:
- prononcée
Fig. 2a: Cours d’eau non endigué à variabilité prononcée de la largeur du lit mouillé
- prononcée
Fig. 2b: Cours d’eau renaturé à profil déterminé et à cours présentant une variabilité prononcée de la largeur du lit mouillé
Variabilité de la largeur du lit mouillé:
Fig. 2c Cours d’eau à variabilité réduite de la - limitée largeur du lit mouillé dans un profil enfoncé et régulier mais sans endiguement continu du pied des deux rives
- limitée Fig. 2d: Cours d’eau à variabilité réduite de la largeur du lit mouillé. Tronçon à rives parallèles mais à bancs de gravier s’asséchant périodiquement.
- nulle Fig. 2e: Cours d’eau sans variabilité de la largeur du lit mouillé. La végétation croissant dans le lit provoque bien une très faible variabilité de largeur, mais qui n’a presque aucune influence sur le courant.
- nulle
Fig. 2f: Cours d’eau sans variabilité de la largeur du lit mouillé; lit géométrique
Réalisation des analyses
4.2.3 Aménagement du fond du lit
Importance Les aménagements du fond du lit servent à le stabiliser. Un aména- Les aménagements du gement de la surface du fond est l’atteinte la plus grave à la capacité lit sont l’atteinte la écologique fonctionnelle d’un cours d’eau. Lors d’aménagements lis- plus grave à la capases du lit (p. ex. à l’aide de béton ou d’asphalte), le lit n’a plus de struc- cité écologique fonctures et les échanges entre le cours d’eau et la nappe phréatique sont tionnelle d’un cours totalement interrompus. La zone de transition correspondante (hypo- d’eau rhéal), vitale pour de très nombreux animaux aquatiques, disparaît en même temps. D’autres sortes d’aménagements du lit, p. ex. les briques perforées engazonnées ou les poutres en bois, ont encore quelques structures superficielles, mais la stabilisation complète empêche tout déplacement de sédiments, ce qui entraîne très rapidement le colmatage du lit par des matériaux fins, et donc la suppression des échanges entre le cours d’eau et la nappe phréatique, ainsi que la destruction du biotope de l’hyporhéal. Relevé En cas d’aménagement de la surface du fond, on estime le pourcen- Aménagement du fond Aspect nul fond totalement naturel p. ex. aménagements ponctuels, seuils Critères d’apprécianagement du lit d’un 10 à 30% aménagements moyens cours d’eau 30 à 60% aménagements importants > 60% aménagements prépondérants
tage de surface aménagée avec l’echelle suivante:3 Des connaissances sur le type et le matériau des aménagements sont nécessaires pour évaluer leurs effets écologiques, ainsi que pour
Type d’aménagement Matériau et structure
Empierrement ou Empierrement ou enrochement en général unifor- Distinction des enrochement me ne permettant plus le transport par le ruisseau (sans pavage) (fig. 3b et 3c). matériaux des aménagements du lit Tous les autres Pierres naturelles assemblées ou fixées, pavages matériaux de pierres (fig. 3d); seuils de bois, planches, troncs; éléments préfabriqués perforés en béton; dalles de béton, asphalte.
d’éventuels projets de renaturation ou pour l’entretien du cours d’eau:
3 Pour qu’aucune information facile à relever ne soit perdue, six catégories sont
notées. Dans l’appréciation de l’aménagement du fond au point 5.1 (classification/notation), seules les catégories «nul», «<10%» et «>10%» sont utilisées.
Aménagements du lit: Fig. 3a: Cours d’eau avec un aménagement ponctuel du fond. Seuils artificiels isolés ou autres aménagements ponctuels présents sur moins de 10% de l’en- Aménagement semble du fond du lit du ponctuel (< 10 %), tronçon. Le degré d’aménaseuils artificiels gement du fond est proportionnel au nombre d’aménagements transversaux.
Aménagement complet (100 %), Fig. 3b: Cours d’eau avec empierrement un aménagement complet du fond (100%); empierreartificiel ment artificiel
Aménagement complet (100 %), Fig. 3c: Cours d’eau avec enrochement artificiel un aménagement complet du fond (100%); enrochement artificiel
Aménagement complet (100 %), pavage de pierres Fig. 3d: Cours d’eau avec un aménagement complet et imperméable du fond; pavage de pierres
Note: Si de grandes quantités d’alluvions se sont déposées sur un aménagement du fond, il peut arriver que l’aménagement ne soit plus reconnaissable.
4.2.4 Renforcement du pied de la berge
Importance Les renforcements du Un renforcement du pied de la berge est présent sur de nombreux pied de la berge ré- cours d’eau. Il empêche l’érosion latérale et fixe ainsi le tracé du cours duisent l’espace vital d’eau. Des consolidations unies et imperméables (p. ex. béton, ouvrage de maçonnerie) n’offrent de protection suffisante ni aux insectes aquatiques qui passent sur terre leur dernier stade de développement, ni aux animaux terrestres qui tirent leur nourriture de l’eau. Dans ces condi-
Réalisation des analyses
tions, les poissons n’ont aucune possibilité de trouver un abri dans la zone proche de la rive. De plus, ces renforcements perturbent aussi les interactions avec la nappe phréatique.
Relevé On estime le pourcentage des secteurs de pied de berge aménagés. L’état des deux rives est apprécié séparément à l’aide de l’échelle sui-
Renforcement du pied de la berge Aspect nul pied de la berge largement non renforcé Critères d’appréciation du degré de ren- < 10% renforcements ponctuels forcement du pied de 10 à 30% renforcements moyens (fig. 4b) la berge 30 à 60% renforcements importants > 60% renforcements prépondérants
100% pied de la berge entièrement renforcé
vante: On distingue les catégories suivantes de perméabilité et de matériau Renforce- Distinction des ment Matériau Aspect matériaux des renfor- Renforcement Matériau végétal Branches propres à rejeter (géné- cements du pied de la perméable ralement aulnes et saules), fixées berge dans la berge (fig. 4a). Pierres naturel- Protection de la berge à l’aide les lâches d’une ou de plusieurs rangées de grosses pierres ou de gros blocs (blocs déversés ou assemblés), pierres non taillées, interstices entre les pierres irréguliers et plus importants que dans les murs de
Bois Troncs d’arbres, rondins, branches impropres à rejeter, etc. Renforcement Briques perfo- Eléments préfabriqués en béton avec imperméable rées en béton des évidements (fig. 4d).
Pierres naturel- Assemblage étanche de pierres les, étanche taillées, ou mur de pierres sèches non taillées à faibles interstices (fig. 4e).
Mur Dalle de béton, pavage de pierres, asphalte (épais) (fig. 4f).
Autres Planches ou autres matériaux imperméables (fig. 4g).
des renforcements: Renforcements du pied de la berge: Fig. 4a: Cours d’eau à renforcement du pied de la berge perméable: (matériel végétal vivant; on reconnaît des branches de saules - matériel végétal entrelacées qui commencent à pousser et dont les vivant racines protégeront bientôt la berge.
- pierres naturelles lâches, moyenne- Fig. 4b: Cours d’eau avec ment aménagé un renforcement perméable (10 - 30 %) du pied de la berge: pierres naturelles lâches, moyennement aménagé (10-30%); pied de berge seulement partiellement protégé par des pierres naturelles
- pierres naturelles Fig. 4c: Cours d’eau avec lâches, entièrement un renforcement perméable aménagé (100 %) du pied de la berge: pierres naturelles lâches, entièrement aménagé (100%); assemblage de blocs non taillés avec des interstices irréguliers et relativement grands
- protection des berges en bois
Fig. 4d: Cours d’eau avec un renforcement perméable du pied de la berge: protection des berges en bois
- briques perforées en béton, impermeable Fig. 4e: Cours d’eau avec un renforcement imperméable du pied de la berge: briques perforées en béton
Réalisation des analyses
Renforcements du pied de la berge: Fig. 4f: Cours d’eau avec un renforcement imperméable du pied de la berge: que les interstices soient jointoyés ou non avec du mor- - pierres naturelles, tier, ce type de renforce- étanche ment est classé dans la catégorie «pierres naturelles, étanche».
- mur, imperméable, Fig. 4g: Cours d’eau avec entièrement endigué un renforcement imperméa- (100 %) ble du pied de la berge: mur, entièrement endigué (100%)
Fig. 4h: Cours d’eau avec - mur en beton, imun renforcement imper- perméable, entièreméable du pied de la berge: mur en beton ment endigué (100 %)
4.2.5 Largeur et nature des rives
Importance Les rives (voir définition en page 9) sont définies dans le cadre de cette méthode comme le secteur compris entre le pied de berge et la zone d’utilisation intensive du sol (agglomération, bâtiments, routes, chemins, agriculture intensive de type champs, pâturages, etc.) (fig. 5a, b). Cette définition part de la considération que les rives sont en principe des surfaces à disposition du cours d’eau en l’état actuel, et ce indépendamment de la qualité écologique de ces surfaces. A l’étage alpin, la délimitation des rives peut être plus ardue. Les pâturages alpins soumis à une forte pression de pâture peuvent pour cette seule raison être considérés comme «agriculture intensive», qu’ils soient ou non fumés chaque année (plusieurs fois). Lorsqu’on enquête sur la
nécessité d’agir, il faut admettre le principe que les rives sont en général modifiables, pour autant qu’elles n’aient pas déjà dû être adaptées au cours d’eau. Le besoin d’espace d’un cours d’eau naturel est un des problèmes principaux des mesures d’aménagement écologiques. Pour renaturer une ligne d’écoulement dégradée ou pour regagner des zones inondables, il est nécessaire de changer l’affectation de certains terrains.
Rives en dehor de la zone d’habitat
Rives en zone d’habitat
Fig. 5a: Détermination de la largeur des rives (coupe transversale)
La zone bordant directement un cours d’eau a une grande importance pour l’écologie des eaux. Lors d’inondations, il existe un intense échange de substances entre les eaux et la terre. Lorsque des bosquets riverains sont présents, l’apport de feuilles mortes contribue à influencer la teneur en substances du cours d’eau. Les bosquets riverains font de l’ombre, partielle ou totale, au cours d’eau, ce qui réduit le rayonnement solaire et donc la température de l’eau ainsi que la croissance des végétaux.
Relevé de la largeur des rives Les rives ne sont considérées que sur une largeur de 15 m ; les particularités ne sont pas notées plus loin parce qu’au-delà de 15 m les
Réalisation des analyses
rives peuvent fonctionner comme un biotope autonome (résultat de l’etude «Besoin d’espace des cours d’eau», chap. 2). Sur les tronçons de cours d’eau où les rives ont une largeur variable, c’est la largeur moyenne qui est estimée. Lorsque les terres agricoles s’étendent jus-
Fig. 5 b: Détermination de la largeur (flèches rouges) des rives (vues de dessus)
qu’au pied de berge ou que les berges consistent en un mur (vertical), la largeur des rives est nulle (fig. 5a, 5b, 7a, 7b). Chacune des rives du cours d’eau est relevée. L’évaluation des rives fait la distinction, en fonction de leur étendue, entre rives «suffisantes», «insuffisantes» et «nulles». Les rives sont suffisantes lorsqu’elles remplissent les critères de l’étude «Besoin d’espace des cours d’eau». Le diagramme «Largeur des rives en fonction de la largeur mesurée du lit» (cf. fig. 5c) permet de définir la lar-
Fig. 5 c: Trois courbes pour la détermination du besoin d’espace: variabilité de la largeur du lit mouillé nulle / réduite / marquée. En tant qu’instruments de travail, les différentes courbes se trouvent dans l’annexe A1.
geur minimale des rives suffisantes. Lors d’endiguements, en plus de la largeur originelle du cours d’eau, la variabilité de la largeur est fortement diminuée. La variabilité de la largeur du lit mouillé déterminée conformément au chap. 4.2.2 doit en conséquence être prise en compte dans l’appréciation du besoin minimal d’espace.
Relevé de la nature des rives Les distinctions suivantes de nature (végétation, matériau et structure) 4 sont notées:
Type / Nature matériau Aspect Critères d’apprécia- Typique d’un Gravier / blocs / Stations à végétation naturellement tion du degré d’amé- cours d’eau rochers pauvre ou nulle (surtout en montagne !) (fig. 6a). nagement de la berge Roselières / marais Ceinture continue (fig. 6b).
Forêt5 Forêt continue jusqu’au cours d’eau.
Arbres / buissons Peuplement dense et diversifié et prairie ou (recouvrement > 25%) d’arbres et de mégaphorbiée buissons indigènes, surfaces ouvertes de prairie extensive (au maximum 2 exploitée de façon coupes par année) ou de mégaphorextensive biée (fig. 6c).
Non typique Mégaphorbiée Plantes vivaces hygrophiles et nitrouniforme philes atteignant 1 m de hauteur (ortie d’un cours dioïque,...). Boisement très réduit
Prairie extensive Prairie fauchée au maximum 2 x par an, boisement réduit (< 25%) (fig.
Plantation linéaire Plantation uniforme, linéaire, à interde ligneux valle régulier (fig. 6f).
Artificielle Rives présentes (berges obliques), mais totalement endiguées, avec tout au plus de la végétation dans les interstices (fig. 6g).
4 Lors du relevé ou de l’encodage, on peut prendre en compte soit la nature (typique
d’un cours d’eau, non typique d’un cours d’eau, artificielle) ou le type / matériau (gravier/galets/rochers, ...).
5 Pour les cours d’eau alpins en dessous de la limite de la forêt, on peut supposer que
jusque vers 1700 à 1800 m un cordon boisé de saules et d’aulnes serait présent le long du cours d’eau à l’état naturel. De plus, on doit toujours supposer la potentialité d’une végétation riveraine ligneuse lorsque des buissons isolés ou en groupes (autres que les arbrisseaux nains) se rencontrent au voisinage du cours d’eau ou dans la vallée à la même altitude ou à une altitude supérieure.
Réalisation des analyses
Nature des rives:
- typique d’un cours d’eau: gravier, galets, rochers
Fig. 6a: Rives typiques d’un cours d’eau de montagne: gravier, galets, rochers
- typique d’un cours d’eau: roselière, marais
Fig. 6b: Rives typiques d’un cours d’eau: marais; rives avec une ceinture dense de roseaux
- typique d’un cours d’eau: Fig. 6c: Rives typiques d’un cours d’eau: boisearbres, buissons ment riverain varié, composé d’arbres et de buissons indigènes, avec des surfaces ouvertes de prairies extensives
Nature des rives:
- non typique d’un cours d’eau: mégaphorbiée
Fig. 6d: Rives non typiques d’un cours d’eau: rive gauche avec un mince ourlet de mégaphorbiée non stationnelle limitée au talus
- non typique d’un cours d’eau: prairie extensive
Fig. 6e: Rives non typiques d’un cours d’eau: prairie extensive
- non typique d’un cours d’eau: allée
Fig. 6f: Rives non typiques d’un cours d’eau: boisement de type allée
Réalisation des analyses
Nature des rives:
- artificielle: endiguement total
Fig. 6g: Rives artificielles: rives présentes, mais totalement endiguées
- artificielle: rives absentes
Fig. 6h: Rives absentes: la surface carrossable, protégée par un mur, s’étend jusqu’au bord de l’eau.
- artificielle: rives absentes
Fig. 6i: Rives absentes: la surface agricole intensive (prairie) s’étend jusqu’au bord de l’eau.
4.3 Relevé des perturbations de la libre circulation
Importance Les perturbations de la libre circulation ont une grande influence sur la répartition des animaux aquatiques le long du cours d’eau. Beaucoup d’espèces de poissons recherchent différents endroits du Les perturbations de réseau hydrographique pour frayer, hiverner et se nourrir. Une partie la libre circulation des invertébrés du fond est entraînée vers l’aval par le courant et doit affectent la réparti- compenser cette dérive par des mouvements opposés. Il existe en tout tion des animaux point du cours d’eau un échange continu d’organismes vers l’amont et aquatiques vers l’aval. Comme obstacles aux déplacements vers l’amont, on peut citer les hauts seuils verticaux ou les longues canalisations relativement pentues, et comme obstacles aux mouvements dans les deux directions, les ouvrages de dérivation et les tronçons à sec. On trouvera dans le rapport «Ecomorphologie - niveau C» des données détaillées sur les différentes perturbations de la libre circulation et sur leur importance écologique.
Relevé Toutes les perturbations de la libre circulation sont relevées ponctuellement, c’est-à-dire que leur localisation exacte est directement Relevé sur carte reportée sur le plan de situation et qu’elles sont numérotées en continu, pour chaque tronçon séparément (n° du tronçon - n° de la perturbation de la libre circulation, p. ex. 12-5). La description de la perturbation se fait sur un formulaire de terrain (cf. annexes). Si des cartes à découpage kilométrique du cours d’eau sont disponibles, le kilométrage est aussi noté sur les formulaires.
4.3.1 Seuils
On parle de seuil lorsque l’eau tombe verticalement, au moins en partie (fig. 8a). Tous les seuils d’une hauteur supérieure à 20 cm sont notés et leur hauteur estimée (avec une précision de 10 cm au-dessous de 1 m et de 50 cm au-dessus). La distinction entre seuils naturels et seuils artificiels est importante. Parmi les seconds, on distingue en fonction du type de construction ou du matériau: bois; béton ou ouvra- Distinction entre ge de maçonnerie; blocs de pierre (amenés par l’homme et par-dessus seuils naturels et arti- lesquels l’eau tombe verticalement). Le long des ruisseaux alpins et ficiels dans les gorges, il arrive souvent que de très nombreux seuils naturels se succèdent à de faibles distances (fig. 8b). Comme il serait trop coûteux de relever séparément chaque seuil, ces tronçons sont considérés de façon distincte (relevé dans la partie de formulaire «relevés par tronçon»; cf. aussi point 4.1). Le plus haut seuil naturel est noté comme perturbation particulière de la libre circulation. Les seuils artificiels présents sont également relevés comme perturbations particulières de la libre circulation.
Réalisation des analyses
Matériau des seuils artificiels: Bois (poutres, troncs; disposés verticalement ou horizontalement) Blocs de pierre isolés Béton, pavage de pierres Autre matériau ou matériau non identifiable
Exemples de seuils naturels et artificiels
Fig. 7a: Représentation schématique des différents types de seuils (à gauche: seuils naturels, à droite: seuils artificiels) et détermination de la hauteur du seuil Source: concept illustratif naturaqua 1996; réalisation: Beat Schenk, Berne
Seuils naturels et artificiels:
- suive de seuils naturels
Fig. 7b: Torrent dans une gorge avec nombreux seuils naturels rapprochés
Seuils naturels et artificiels:
- suite de seuils naturels
Fig. 7c : Rivière fontinale de montagne à très forte déclivité et avec une suite ininterrompue de seuils naturels
- rivière de montagne avec des seuils artificiels
Fig. 7d : Rivière de montagne avec des seuils artificiels pour réduire le charriage et une stabilisation des berges et du fond
- ouvrage de retenue avec seuils en béton
Fig. 7e : Seuils bétonés à l’intérieur d’un ouvrage de retenue à quatre niveaux
Réalisation des analyses
4.3.2 Rampes
Les rampes sont des renforcements superficiels du lit, plus ou moins pentus (fig. 8a, b, c et d). On distingue des rampes très rugueuses, disjointes (enrochements) et des rampes unies, peu rugueuses (en béton, en pierres ajustées ou en bois).
Rampes Structure
très rugueuse / Notamment empierrement ou enrochement (avec un disjointe débit et une profondeur d’eau très variables sur une faible distance)
Dalle de béton, rampe de pierres ajustées (jointoyées unie / ou non) ou poutres/planches de bois inclinées dans le peu rugueuse sens du courant.
Exemples de rampes naturelles et artificielles
blocs de rocher lit rocheux poutres de bois enrochement transversales
Fig. 8a: Représentation schématique de différentes rampes Source: concept illustratif naturaqua 1996; réalisation: Beat Schenk, Berne
Rampes naturelles et artificielles:
- rampe rugueuse disjointe
Fig. 8b: Rampe très rugueuse, disjointe
Rampes naturelles et artificielles:
- rampe rugueuse
Fig. 8c: Rampe rugueuse, en pierres ajustées
- rampe unie
Fig. 8d: Rampe unie, peu rugueuse; dalle de béton
4.3.3 Ouvrages de retenue
On distingue entre: Prélèvements latéraux sans ouvrage de retenue Les prélèvements latéraux se rencontrent surtout sur les rivières des parties élevées du Plateau et des Préalpes qui alimentent les centrales électriques d’installations artisanales comme les moulins, les scieries, les ateliers textiles et autres entreprises. Les prélèvements latéraux sans ouvrage de retenue ne nécessitent pas de construction dans le cours principal qui puisse déranger la libre circulation.
Digue - réservoir (fig. 9a) L’eau s’accumule à l’arrière de la digue et est prélevée à travers une Ouvrages de retenue grille verticale ou oblique. et barrages:
- digue - réservoir
Fig. 9a: Digue - réservoir pour le prélèvement d’eau
Déversoirs latéraux (fig. 9b) Les déversoirs latéraux sont disposés plus ou moins parallèlement à la direction d’écoulement. Ils servent à la régulation du niveau d’eau
Réalisation des analyses
et sont plutôt rares. Un déversoir latéral peut servir au prélèvement Ouvrages de retenue d’eau, mais ce n’est pas général. et barrages:
- déversoir latéral
Fig. 9b: Déversoir latéral
Prises tyroliennes (fig. 9c) En général, il n’y a pas de refoulement devant l’ouvrage; l’eau est prélevée vers le bas à travers une grille légèrement inclinée dans le lit à l’aide de poutres orientées dans le sens du courant. Ce type de captage se rencontre dans les cours d’eau à charriage important (torrents alpins, surtout à haute altitude).
- prise tyrolienne
Fig. 9c: Prise tyrolienne
Barrages (fig. 9d) Les barrages sont des retenues importantes qui barrent toute la largeur d’une vallée au moyen d’un mur ou d’une digue.
- barrage
Fig. 9d: Barrage
4.3.4 Autres ouvrages
Echelles à poissons (fig. 10a)
Autres interruptions Le terme «échelle à poissons» réunit ici tous les moyens qui aident à la remontée du poisson. En principe, tous les ouvrages (transversaux) du cours d’eau: mentionnés peuvent être pourvus d’une échelle à poissons. Lorsque l’on prévoit une échelle à poissons, il faut mentionner en même temps le type d’ouvrage transversal concerné (p. ex. barrage, seuil).
- échelle à poissons
Fig. 10a: Echelle à poissons
Barrières à alluvions (fig. 10b) Les barrières à alluvions doivent retenir les alluvions lors des crues. Il s’agit d’ouvrages situés en travers du courant et comprenant des ouvertures par lesquelles l’eau peut s’écouler.
- barrière à alluvions
Fig. 10b: Barrière à alluvions
Ecluses (fig. 10c) Une écluse est un coffre artificiel dans un cours d’eau ou au bord de celui-ci avec un niveau d’eau «interne» réglable. Par remplissage et vidange, son niveau d’eau s’adapte alternativement au niveau supérieur et au niveau inférieur de la rivière et permet à des bateaux de franchir un obstacle.
Réalisation des analyses
Autres interruptions du cours d’eau:
- écluse Fig. 10c: Ecluse
Passages en tuyau (fig. 10d - f) Les passages en tuyau sous les routes, les chemins, etc., ont une longueur inférieure à 25 m (une longueur supérieure à 25 m donne lieu à un tronçon distinct). Les passages peuvent avoir une section circulaire ou rectangulaire.
- passage en tuyau de béton
Fig. 10d: Passage en tuyau de béton
- passage en tuyau Armco
Fig. 10e: Passage en tuyau Armco
- passage rectangulaire
Fig. 11f: Passage rectangulaire
Ponts Les ponts ne sont relevés que s’ils ne figurent pas sur la carte utilisée.
Gués On appelle gué le passage d’un chemin à travers un ruisseau dont le fond peut être artificiellement consolidé dans ce secteur (p. ex. béton, pavage en pierre).
5.Evaluation
5.1 Classification
ne s points sont attribues par tronçon ou par cours d'eau, h chaque M critère, en fonction du niveau naturel. Tant le critère que son importance (par ex. degré d'endiguement) sont ainsi pondérés. Pour un niveau d'intervention équivalent, un aménagement du fond du lit est par exemple évalué de façon plus négative qu'un aménagement du pied de berge. Les points de chaque critère sont expliqués ci-dessous.
du fond du lit
Les points du renforcement du pied de la berge et des rives sont d’abord déterminés pour chaque rive, leur somme est ensuite divisée par 2 et arrondie au nombre entier. Les tronçons sont classés en fonction du nombre total de points obtenus. Les classes d’évaluation (I, II, III ou IV) se déterminent ainsi: La somme des points est arrondie au nombre entier le plus proche (0,5 est arrondi vers le haut).
Tableau synoptique de classification des caractères des cours d’eau
5.2 Représentation graphique
Une carte à une échelle comprise entre 1:2'500 et 1:25'000 sert de base cartographique (fond de carte). L’échelle choisie doit permettre de distinguer les tronçons voisins et les perturbations de la libre circulation. Les classes décrivant l’état des tronçons de cours d’eau sont représentées en bleu, vert, jaune et rouge. Les tronçons mis sous terre sont indiqués en pointillé rouge.
Transposition graphique des résultats
Toutes les perturbations de la libre circulation sont également reportées sur la représentation graphique. Pour l’appréciation écologique, il est utile d’y inclure les informations sur la hauteur des seuils. Elles peuvent être représentées par un choix de symboles (par ex. seuils de moins de 30 cm, entre 30 et 70 cm, de plus de 70 cm). Pour autant que cela soit nécessaire pour certains problèmes, toutes les données récoltées peuvent en principe être représentées de façon graphique. On a
Evaluation
renoncé dans le cadre de la présente description méthodologique à mentionner les symboles graphiques universellement reconnus. Des solutions possibles figurent dans les exemples en annexe.
5.3 Saisie informatique des données
Si l’on dispose des moyens appropriés, l’évaluation des formulaires de relevés se fera de préférence par traitement électronique des Saisie informatique données par ordinateur. Cela facilite une éventuelle prise en charge des des données pour un données dans un système d’information géographique. transfert dans un Une proposition d’encodage des données des formulaires de relevés système d’information est donnée en annexe. Elle se base sur le concept de saisie des données géographique élaboré par l’office compétent du canton de Zurich. Pour les renforcements du pied de la berge et la nature des rives, le relevé et le codage du type et du matériau donnent davantage d’information pour une éventuelle étude complémentaire que le simple relevé de l’état général (perméable, imperméable ou typique d’un cours d’eau, non typique d’un cours d’eau, artificiel). Une directive ASPEE «Structure des données sur l’évacuation des eaux en provenance des zones habitées» a été élaborée pour tous les relevés dans le domaine «plan général d’évacuation des eaux» (PGEE); elle comprend aussi les structures pour le stockage des données récoltées dans le domaine «Ecomorphologie - niveau R».
5.4 Interprétation des résultats -
nécessité d’action Les méthodes per- Les études recommandées ici donnent un aperçu général et com- mettent un aperçu préhensible de l’état écomorphologique des cours d’eau d’une région. compréhensible de La représentation graphique illustre l’état écomorphologique de l’état écomorphologichaque tronçon du cours d’eau. Elle indique également quel pourcen- que d’un cours d’eau tage d’un cours d’eau se trouve dans chaque classe d’état. La poursuite systématique des analyses fournit des renseignements sur les évolu- Les perturbations de tions positives ou négatives. la libre circulation En général, sur les tronçons de cours d’eau classés comme sont des critères déci- «naturel/semi-naturel», l’autorisation d’effectuer de nouvelles intersifs pour déterminer ventions ne devrait être accordée que de façon plutôt restrictive à l’ala capacité foncvenir. tionnelle écologique
Dans presque tous les réseaux hydrographiques suisses, les espèces de poissons sont limitées dans leur propagation par des perturbations artificielles de la libre circulation. Ce sont donc des atteintes graves à la capacité fonctionnelle écologique du cours d’eau. Un réseau hydro- Investigation sur le graphique devrait être aménagé pour permettre la libre circulation besoin d’espace des depuis son embouchure jusqu’aux premiers obstacles naturels à la procours d’eau pagation (le plus souvent des barres rocheuses). Une représentation graphique appropriée permet un aperçu de la localisation des perturbations de la libre circulation.
Les relevés de cette méthode permettent d’effectuer une comparaison chiffrée entre l’espace à disposition du cours d’eau (jusqu’aux secteurs d’agriculture intensive) et les données concernant le «besoin minimal d’espace» du projet «Besoin d’espace des cours d’eau» mentionné plus haut. De cette façon, les déficits d’espace à disposition peuvent être localisés et quantifiés. Comme les effets des interventions ne se limitent souvent pas à des Pour élaborer un tronçons déterminés, mais peuvent avoir une importance pour les catalogue des mesu- tronçons voisins et l’ensemble du réseau hydrographique, c’est ce derres, des relevés éco- nier que l’on devrait toujours prendre en considération lors de l’élabomorphologiques de ration d’un catalogue de mesures. Dans le domaine «Ecomorphologie niveau C sont néces- - niveau C», la procédure d’élaboration d’un catalogue de mesures est saires décrite en détail. Les mesures y sont comparées quant à leur faisabilité, à leur coût et à leur bénéfice écologique, et donc classées d’après leurs priorités. En fonction de l’ampleur et de l’importance des mesures envisagées, des recherches biologiques (sur les poissons, les invertébrés, les plantes supérieures, les algues) peuvent donner des renseignements précieux pour l’élaboration du catalogue de mesures et le développement écologique ultérieur du cours d’eau.
Limites d’application - relevé d’autres critères
6 Limites d’application -
relevé d’autres critères La méthode présentée ici est en principe applicable à tous les cours La méthode est applid’eau de Suisse de taille petite ou moyenne. Elle n’a pas été testée pour cable aux cours d’eau les plus grands, comme le Rhin, le Rhône, la Limmat, la Reuss ou de taille petite ou l’Aar. moyenne Comme l’objectif de cette méthode est une appréciation synoptique, seuls les critères faciles à évaluer sont relevés. D’autres critères écologiques importants comme la ligne d’écoulement, l’approfondissement «Ecomorphologie - ou le colmatage du lit par du matériel fin ne sont pas évalués au niveau niveau R» ne com- R, car la détermination de l’état «naturel/semi-naturel» est difficile. prend que des critères En plus des critères faciles à évaluer, il est possible de relever d’au- faciles à relever tres critères utiles par exemple à la planification des mesures de protection ou d’entretien des cours d’eau. Ils ne sont cependant pas pris en compte dans la détermination de la classe de valeur. Le relevé des critères complémentaires devrait s’effectuer selon la description dans «Ecomorphologie – niveau C» pour assurer un relevé uniforme et comparable.
Les critères complémentaires suivants peuvent être relevés: Déversements Les déversements inconnus ou illégaux peuvent être importants.
Algues, Un développement massif des algues et plantes aquatiques des plantes aquatiques dans le lit du cours d’eau est important pour la planifi- Autres critères poucation de mesures d’entretien. vant être relevés, mais non pris en compte Turbidité, coloration, En tant qu’indicatrices d’une pollution dans l’évaluation et la odeur, formation par des eaux usées, ce sont des informaclassification d’écume, végétation tions importantes pour l’appréciation de hétérotrophe la qualité des eaux. (Exigences de qualité de l’eau en vertu de l’ordonnance sur le déversement des eaux usées, art. 1).
Ligne d’écoulement, Ces données peuvent avoir une certaine altitude du fond par importance pour l’appréciation de l’état rapport à celle du ter- naturel d’un cours d’eau particulier. rain, ombre Variabilité de la pro- Ces données sont aussi importantes pour fondeur d’eau, colma- apprécier le cours d’eau en tant que biotage, bois mort tope pour les poissons.
Annexes A1 Détermination du besoin d’espace des cours d’eau . . . . . .39 A2 Méthodologie «Ecomorphologie - niveau R» . . . . . . . . . . .40 A3 Formulaire de relevé relatif à «Ecomorphologie - niveau R» . . . . . . . . . . . . . . . .41 A4 Tableau de codage pour les formulaires de relevé . . . . . . .42 A5 Exemple d’une carte avec résultats d’evaluation . . . . . . . .44
Annexe
Fig A1: Détermination du besoin total d’espace et de la largeur des rives en fonction de la largeur mesurée du lit mineur
Carte au 1:5'000 des cours d'eau publics, avec signature des tronçons ouverts et couverts ainsi que leur kilométrage (distance d'un point du cours d'eau à la Bases
confluence).
Caractérisation des Perturbations de la libre Protocole tronçons: circulation: Protocole largeur moyenne du lit seuils naturels et artificiels Protocole Relevé
var. de la largeur du lit mouillé obstacles ainsi que: aménagement du lit et - rampes du fond du pied de berge - barrages rives - barrières à alluvions en outre: variabilité de la profondeur - échelles à poissons végétation du fond - autres ouvrages particuliers bois mort
Variabilité de la largeur mB Brv TV Bew Banque de données et représen- Végétation du fond 1 2 1 3 4 tation cartographique des per- Traitement
2 1 3 2 2 turbations de la libre circulation Perturbations de la libre 3 2 1 2 3 (seuils, rampes, ouvrages parcirculation 4 2 1 1 2 ticuliers) ainsi que paramètres 5 2 1 3 1 individuels de caractérisation des tronçons.
Classification des tronçons sur la base des paramètres suivants: Classification
Variabilité de la largeur du lit mouillé Aménagement du lit Aménagement du pied de berge Zone des berges (largeur et condition) Classes: naturel fortement artificiel presque naturel peu modifié modifié peu naturel
Classification - Vue d'ensemble générale et compréhensible mB Brv TV Bew 1 2 1 3 4 de l'état écomorphologique des cours d'eau Perturbations de la 2libre Actions
1 3 2 2 d'une région. circulation 3 2 1 2 3 - Vue d'ensemble de l'état des perturbations 4 2 1 1 2 de la libre circulation. 5 2 1 3 1 - Localisation et quantification des déficits relatifs à l'espace à disposition. Planification
Indications grossières pour les tronçons de cours d'eau où des actions de revitalisation sont nécessaires.
Fig A2: Méthodologie «Ecomorphologie – niveau R»
Annexe
Tronçons du cours d'eau CODE CODE : sous terre Mise non 0 Nombreux non 0 oui 1 seuils naturels oui 1
Variabilité de la prononcée 1 largeur moyenne du lit donnée en [m] largeur du lit limitée 2 nulle 3 Variabilité de la prononcée 1 profondeur limitée 2 Aménagement nul 1 nulle 3 du fond du lit localisé (< 10%) 2 moyen (10 - 30%) 3 Matériau pierres naturelles 1 important (30 - 60%) 4 de l'aménagement bois 2 prépondérant (> 60%) 5 du fond du lit briques perforées en béton 3 total (100%) 6 imperméable 4 autres (imperméable) 5
Renforcement nul 1 Renforcement nul 1 du pied de la berge localisé (< 10%) 2 du pied de la berge localisé (< 10%) 2 gauche moyen (10 - 30%) 3 droite moyen (10 - 30%) 3 important (30 - 60%) 4 important (30 - 60%) 4 total (100%) 6 total (100%) 6
Perméabilité du renforcement perméable 1 Perméabilité du renforcement perméable 1 du pied de la berge gauche imperméable 2 du pied de la berge droite imperméable 2
Largeur des rives gauches donnée en [m] Largeur des rives droites donnée en [m]
Nature des rives typique d'un cours d'eau 1 Nature des rives typique d'un cours d'eau 1 gauches atypique d'un cours d'eau 2 droites non typique d'un cours d'eau 2 artificielle 3 artificielle 3
Seuils: CODE Ouvrages: CODE Type de seuil inconnu 0 Type d'ouvrage inconnu 0 naturel 1 rampe très rugueuse, disjointe 1 artificiel 2 rampe unie, peu rugueuse 2 digue - réservoir 3 Matériau naturel 0 déversoir latéral 4 bois 1 prise tyrolienne 5 rocher/blocs de rocher 2 barrage 6 béton/pavage de pierres 3 échelle à poissons 7 autres/inconnu 4 barrière à sédiments 8 *s'il ne figure pas écluse 9 Hauteur donnée en [cm] sur la carte passage en tuyau 10 *pont 11 prélèvement latéral sans ouvrage de retenue 12 gué 13
Hauteur donnée en [cm]
Complément: Emplacement libre poür des informations complémentaires et des remarques non enregistrées par les paramètres retenus: On utilisera si possible les mots-clés ci-dessous pour permettre une recherche uniforme. L'intensité croissante du critère peut être notée à l'aide d'un code supplémentaire: de faible = 1 à ...
rejets algues plantes aquatiques turbidité coloration odeur formation d'écume végétation hétérotrophe ligne d'écoulement colmatage bois mort ombre variabilité de la profondeur altitude du fond par rapport à celle du terrain
Fig A3: Formulaire de relevé relatif à «Ecomorphologie – niveau R»
Fig A4a: Tableau de codage pour les formulaires de relevé
Annexe
Fig A4b: Tableau de codage pour les formulaires de relevé
Classification écomorphologique (Vue d’ensemble)
Limite de tronçon Classification du tronçon naturel, presque naturel peu modifié fortement modifié artificiel, peu naturel mis sous terre pas classifié
Extrait de carte, pages 46 et 47
Fig A5a: Pages 44 et 45: Exemple d’une carte avec résultats d’évaluation (échelle: 1:25000)
Annexe
Classification écomorphologique et perturbations de la libre circulation
Limite de tronçon Seuils naturel (jusque’à 70 cm) naturel (au dessus de 70 cm) artificiel (jusque’à 70 cm) artificiel (au dessus de 70 cm) Ouvrages rampe rugueuse (jusque’à 70 cm) rampe rugueuse (au dessus de 70 cm) ouvrage avec seuil (jusque’à 70 cm) ouvrage avec seuil (au dessus de 70 cm) ouvrage sans seuil Classification du tronçon naturel, presque naturel peu modifié fortement modifié artificiel, peu naturel mis sous terre pas classifié
Fig A5b: Pages 46 et 47: Exemple d’une carte avec résultats d’évaluation - extrait de la Fig. A5a (échelle: 1:5000)
Annexe
Annexe Données des ruisseaux
Relevé effectué N° du ruisseau
se jette dans le
Nom du cours ruisseau N°...
Autres noms
Observateur Largeur [m]
Notes d'eau 12.598 10.507 Näfbach Chrebsbach, Chräbsbach, Krebsbach 10.399 pf oui 12.600 12.598 Löchlibach 481 pf oui 12.601 12.598 Chämibach 1.789 pf oui 12.603 12.598 Bach vom Bodenacher 501 pf sans seuil ni ouvrage oui 12.604 12.598 Bach von Morgenwisen 676 pf sans seuil oui
Données des seuils N° du ruisseau
N° du tronçon Date du relevé
Hauteur [cm] Position [m]
Constituant N° du seuil
Classe Notes Type
12598 14.05.1997 1 a 1-009 1.060 2 4 50 3 12598 14.05.1997 2 a 2-001 1.150 2 1 30 3 12598 14.05.1997 3 a 3-001 1.300 1 2 150 2 12600 14.05.1997 2 a 2-001 73 2 3 40 3 12601 19.05.1997 4 a 4-001 400 2 1 50 3 12601 19.05.1997 4 a 4-002 410 2 1 50 3 12601 19.05.1997 4 a 4-003 460 2 1 40 3 12601 19.05.1997 4 a 4-004 480 2 1 40 3 12601 19.05.1997 4 a 4-005 540 2 1 40 3 12601 19.05.1997 4 a 4-006 550 2 1 40 3 12601 19.05.1997 4 a 4-007 650 2 1 50 3 12601 19.05.1997 4 a 4-008 680 2 1 50 3 12601 19.05.1997 5 a 5-001 810 0 4 70 3 12601 19.05.1997 5 a 5-002 890 2 3 70 3 12601 19.05.1997 5 a 5-003 1.000 2 1 50 3 12601 19.05.1997 5 a 5-004 1.010 0 4 120 4 12601 19.05.1997 5 a 5-005 1.030 0 4 70 3 12601 19.05.1997 5 a 5-006 1.130 2 1 70 3 12601 19.05.1997 5 a 5-007 1.160 2 1 30 3 12601 19.05.1997 6 a 6-001 1.165 2 2 50 3 12601 19.05.1997 6 a 6-002 1.180 0 4 80 4 12601 19.05.1997 7 a 7-001 1.788 2 3 40 3
Données des ouvrages N° du ruisseau
N° du tronçon Date du relevé
Hauteur [cm] N° d'ouvrage
Position [m]
Classe Notes Type
12598 14.05.1997 6 b 6-001 1.750 3 300 4 12600 14.05.1997 2 b 2-001 120 10 5 12600 14.05.1997 4 b 4-001 380 5 170 4 12601 19.05.1997 1 b 1-001 40 10 5 12601 19.05.1997 1 b 1-002 45 0 Conduite en bois 5 12601 19.05.1997 3 b 3-001 220 8 50 3 12601 19.05.1997 3 b 3-002 230 10 5 12601 19.05.1997 3 b 3-003 240 8 50 3 12601 19.05.1997 3 b 3-004 250 11 5 12601 19.05.1997 3 b 3-005 260 8 70 3 12601 19.05.1997 3 b 3-006 290 10 5 12601 19.05.1997 4 b 4-001 690 10 5 12601 19.05.1997 5 b 5-001 890 10 5 12601 19.05.1997 5 b 5-002 1.160 10 5 12601 19.05.1997 6 b 6-001 1.340 11 5 12601 19.05.1997 7 b 7-001 1.705 10 20 Passage souterrain et seuil 3 12604 19.05.1997 2 b 2-001 530 10 5 12604 19.05.1997 3 b 3-001 610 10