10.3203
Aufhebung der KVG-Grundversicherungspflicht für Sans-Papiers
Forster-Vannini Erika · P-F · Ständerat · St. Gallen · Freisinnig-demokratische Fraktion
Der Bundesrat beantragt die Ablehnung der Motion.
Kuprecht Alex · Mit-M · Ständerat · Schwyz · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei
Die Antwort des Bundesrates vom 26. Mai 2010 auf meine Motion vermag aus meiner Sicht in mehrfacher Hinsicht nicht zu überzeugen. Völlig zu Recht bemerkt der Bundesrat, dass das KVG eine grosse soziale Errungenschaft darstellt. Genau deshalb suchen nicht nur die zahlenden Bevölkerungsgruppen Zugang zu unserem hervorragenden Gesundheitswesen, sondern auch sich illegal in der Schweiz aufhaltende Personen, die Sans-Papiers. Der Bundesrat macht es sich darum aus meiner Sicht zu leicht, wenn er bei der Versicherungspflicht nach Artikel 3 KVG lediglich am zivilrechtlichen Wohnsitzbegriff anknüpft. Dies stellt für Sans-Papiers - völlig verständlich - geradezu eine Einladung dar, vom schweizerischen Gesundheitssystem zu profitieren. Dem Versicherungsmissbrauch sind somit Tür und Tor geöffnet; dies gilt umso mehr, als auch Sans-Papiers Anspruch auf Prämienverbilligung haben.
Es geht mir nicht darum, die Sans-Papiers von einer menschenwürdigen medizinischen Versorgung auszuschliessen. Das verfassungsmässig garantierte Recht auf Hilfe in Notlagen gemäss Artikel 12 der Bundesverfassung gilt für jede Person, die sich in der Schweiz aufhält, einschliesslich der für das Überleben notwendigen medizinischen Versorgung. An diesem Grundrecht sollte sich der Umfang der medizinischen Versorgung für Sans-Papiers orientieren und nicht am gesamten Leistungskatalog des KVG. Anders als vom Bundesrat dargestellt, ist es hierfür nicht nötig, ein paralleles Gesundheitssystem zu schaffen. Tatsache ist, dass den Krankenversicherern durch die Sans-Papiers ein ganz erheblicher Verwaltungsaufwand im Vollzug entsteht. Von einer wirtschaftlich geeigneten Versorgung auf Basis des Krankenversicherungssystems kann also keine Rede sein. Im Gegenteil: Angesichts der heute schon horrenden und in Zukunft weiter steigenden Kosten im Gesundheitswesen ist es umso unverständlicher, dass der Bundesrat hier keinen dringlichen Handlungsbedarf erkennt.
Ich beantrage Ihnen die Annahme meiner Motion. Nur so können wir die erheblichen praktischen Probleme bei der Krankenversicherung von Sans-Papiers lösen, das grosse Missbrauchspotenzial bekämpfen, die Solidarität unter den Versicherten der sozialen Krankenversicherung stärken und den Datenaustausch über Personen ohne geregeltes Aufenthaltsrecht zwischen den kantonalen Fremdenpolizeien und den sozialen Krankenversicherern ermöglichen.
Ich bitte Sie deshalb, die Motion zu unterstützen. Es wäre zudem, glaube ich, wirklich an der Zeit, das Problem der Sans-Papiers auch im Bereich der Krankenversicherung grundsätzlich zu studieren und entsprechend auch zu klären.
Maury Pasquier Liliane · Mit-F · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion
Cette motion met en avant de faux problèmes; elle pose de vrais problèmes et ne permet pas de répondre à des problèmes qui sont réels. Je m'explique.
La motion Kuprecht met en avant de faux problèmes, parce que les frais occasionnés à ces pauvres compagnies d'assurance en raison de la fraude ou du non-paiement de primes par des personnes sans papiers, ou simplement en raison du remboursement de prestations à ces personnes, sont à relativiser en regard du nombre de personnes sans papiers réellement affiliées à une caisse-maladie. En effet, en dépit de la législation, en Suisse, seuls 10 à 20 pour cent des personnes sans papiers ont une assurance-maladie, et le coût élevé des primes n'est bien sûr pas étranger à cet état de fait.
Par ailleurs, s'il est louable de se soucier des frais supportés par le contribuable, l'argument peine à convaincre. En effet, comme l'indique le Conseil fédéral dans sa réponse, la mise en place d'un système de santé parallèle tel que visé par cette motion se solderait sans doute par des coûts supplémentaires qui seraient reportés sur les contribuables.
Cette motion pose en outre de vrais problèmes. Le premier, c'est aussi celui que le Conseil fédéral met en avant dans sa réponse, à savoir: "Exclure une catégorie de la population de l'assurance-maladie représenterait ... un retour en arrière. Cela aboutirait à ouvrir une brèche dans le système actuel et remettrait en cause un fondement essentiel de la LAMal." Ce fondement essentiel, c'est la couverture universelle. C'est l'accès, pour chacune et chacun, indépendamment de son origine et de son statut de résidence, à des soins médicaux de qualité. C'est la mise à disposition de toute la population d'un catalogue uniforme de prestations.
Dans ce contexte, cette motion ouvrirait la voie à la désolidarisation et à d'autres exclusions de bénéficiaires, voire de prestations. Aujourd'hui, les sans-papiers; demain, les personnes qui fument, celles qui gagnent trop peu, ou alors les femmes enceintes!
Cette motion contribue en outre à renforcer le climat de méfiance, de stigmatisation et de rejet envers une catégorie de la population qui est déjà en situation difficile. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne contribue en tout cas pas à l'intégration des personnes migrantes, qui est pourtant l'un des buts de la loi sur les étrangers. A l'heure où notre pays fait montre d'une certaine ouverture sur l'accès à la formation des personnes sans papiers, c'est l'accès à l'assurance-maladie qu'il ne faut pas remettre en question.
Je rejoins cependant l'auteur de la motion sur un point. Comme vous le dites, Monsieur Kuprecht, "l'assurance-maladie des sans-papiers entraîne de graves difficultés d'ordre pratique". Mais cette motion ne s'attaque pas aux difficultés réelles. Le vrai problème, c'est que l'affiliation à l'assurance-maladie et l'accès aux soins des personnes sans papiers sont loin d'être une réalité dans tous les cantons. Des réseaux de médecins fournissant des soins à prix modeste, voire gratuits, existent dans certains cantons comme ceux de Genève et de Vaud, mais manquent cruellement dans d'autres. Le vrai problème est que, contrairement à ce qui est dit dans cette motion, une hospitalisation peut entraîner une dénonciation, ce qui péjore l'accès aux soins, par peur du gendarme.
Nous avons toutes et tous en mémoire le cas tragique de ce bébé de cinq mois, hospitalisé à Genève suite à un oedème cérébral, qui a frôlé la mort et gardé de graves séquelles parce que sa mère, une Roumaine sans statut légal, avait tardé à le faire soigner de peur d'être expulsée, ou encore celui de cette femme sans papiers et sans assurance-maladie larguée l'année dernière en très mauvais état sur le parking d'un hôpital thurgovien et décédée peu après.
Le besoin d'agir existe donc dans ce domaine et il a été reconnu par le Conseil national qui a adopté le postulat Heim 09.3484 auquel la motion se réfère. Le Conseil fédéral va donc maintenant examiner la couverture médicale des personnes sans papiers dans les différents cantons. Mais, sans vouloir anticiper sur les conclusions de ce rapport, ce n'est pas en exonérant ces personnes de l'obligation de s'assurer que l'on étoffera cette couverture; tout au plus abîmera-t-on davantage notre tissu social.
C'est pourquoi je vous invite, comme le Conseil fédéral, à rejeter cette motion.
Gutzwiller Felix · Mit-M · Ständerat · Zürich · Freisinnig-demokratische Fraktion
Ich möchte erstens sagen, dass wir hier in gewissem Sinn eine erstaunliche Parallele zur Debatte haben, die wir letzte Woche geführt haben. Dort ging es um das Grundrecht auf Bildung bei Sans-Papiers. Hier geht es zweitens um das Grundrecht auf den Zugang zu medizinischen Leistungen. Beides sind Grundrechte, davon bin ich überzeugt, die ein zivilisierter Staat den Illegalen gewähren sollte.
Zugang zu Bildung ist beschlossen, schon länger. Zugang zu medizinischen Leistungen haben wir mit der KVG-Übernahme. Und auch hier, wie ich drittens sagen möchte, geht es nicht um Legalisierung oder Regularisierung aller Sans-Papiers. Ich glaube aber, dass dieses Problem zu seiner Lösung zweierlei braucht: Es braucht klare Rahmenbedingungen, strikte Präventionsmassnahmen, um den Zugang von Illegalen zu bremsen, das will ich ganz klar sagen. Aber es braucht umgekehrt einen Pragmatismus im Lande, wenn Menschen hier aufwachsen - darauf bezog sich die Bildungsdebatte - oder wenn sie medizinische Hilfe benötigen.
Schliesslich möchte ich darauf hinweisen, dass eine Herauslösung aus dem KVG-System auch durchaus kontraproduktiv sein könnte. Natürlich, wie Herr Kuprecht sagte, ist es nicht klar, welche parallelen Institutionen dann geschaffen werden sollen. Wir sehen aber in den Zentrumsspitälern, dass bei Illegalen, die sich nicht bewusst sind, dass sie ins KVG-System integriert sind, sehr viele Notfallstationsbesuche zu verzeichnen sind. Dort muss Hilfe geleistet werden. In einer modernen Notfallstation betragen die Kosten immer gerade ungefähr ein Zehnfaches der Kosten einer Anlaufstelle in der Primärversorgung, sprich beim Hausarzt. Es ist also auch nicht gesagt, dass ein Herauslösen aus dem KVG-System günstiger wäre, ganz im Gegenteil, denn das führt einfach zu einer vermehrten Beanspruchung der Notfallstationen - es sei denn, man schafft ein paralleles System, und das hätte ebenfalls seine Nachteile.
Ich glaube also, dass es nicht richtig ist, dieses System jetzt zu ändern, und würde Sie bitten, dem Bundesrat mit der Ablehnung der Motion zu folgen.
Burkhalter Didier · BR-M · Bundesrat · Neuenburg
Le Conseil fédéral maintient sa position. Nous proposons de rejeter la motion Kuprecht, et pour des raisons de principe et de valeurs qui ont été développées ici. La LAMal permet que toute la population ait accès à des soins médicaux de qualité. Ces soins sont les mêmes pour tous, quelles que soient les caractéristiques de la personne assurée: jeune, moins jeune, malade ou pas, homme ou femme, quelle que soit son origine. Les sans-papiers sont soumis à l'assurance-maladie tant qu'ils séjournent en Suisse, puisqu'ils y ont un domicile au sens du Code civil. La motion demande, de fait, d'exclure de l'assurance-maladie universelle cette catégorie de personnes, or elle ne serait plus universelle si on excluait des catégories de personnes, quelle que soit la catégorie exclue. Nous aurions donc, en effet, comme cela a été dit à plusieurs reprises, une brèche dans le système. L'assurance-maladie ne serait plus universelle. Le Conseil fédéral ne veut pas d'une telle chose.
Pour les aspects financiers administratifs, je vous renvoie au texte de la réponse du Conseil fédéral qui estime qu'il y aurait là en effet la création d'un système parallèle. Cela n'aurait donc pas forcément les avantages évoqués par l'auteur de la motion. Concernant les éléments objectifs à étudier, je renvoie également, comme cela a été dit dans le débat, au rapport qui sera fait assez rapidement sur la base du postulat Heim que le Conseil fédéral avait proposé d'adopter et que le Conseil national a adopté. C'est donc dans le cadre de ce rapport que nous verrons s'il y a, encore une fois, un certain nombre d'éléments objectifs à modifier.
Sur les principes, nous vous demandons de bien vouloir vous en tenir au principe de base de la LAMal et de rejeter la motion Kuprecht.
Forster-Vannini Erika · P-F · Ständerat · St. Gallen · Freisinnig-demokratische Fraktion
Abstimmung - Vote
Für Annahme der Motion ... 19 Stimmen
Dagegen ... 19 Stimmen
Mit Stichentscheid der Präsidentin
wird die Motion abgelehnt
Avec la voix prépondérante de la présidente
la motion est rejetée