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Grosse Risiken bei der Verwendung von Triclosan
Hêche Claude · P-M · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion
Le président (Hêche Claude, président): L'interpellateur s'est déclaré partiellement satisfait de la réponse écrite du Conseil fédéral et souhaite l'ouverture de la discussion. - Ainsi décidé.
Recordon Luc · Mit-M · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion
Le triclosan n'est peut-être pas encore très connu, mais il n'en reste pas moins un produit extrêmement dangereux. Il est susceptible de toucher de nombreux éléments du corps humain et d'être un perturbateur endocrinien. Je vous épargnerai la liste des dangers - elle est développée dans mon interpellation -, mais sachez qu'il peut toucher le foie ou les muscles, par exemple.
Je suis certainement en partie rassuré parce que le Conseil fédéral, tout comme l'Union européenne, est sur le point de prendre des mesures limitatives. Ainsi, la limitation de la teneur en triclosan des savons désinfectants à l'usage du personnel soignant me paraît être une mesure assez judicieuse. Est-elle suffisante? Difficile à dire, mais je pense qu'avec de bonnes précautions, elle pourrait l'être. Sur ce point, je crois que cela peut fonctionner. De même, si j'ai bien compris la réponse du Conseil fédéral, il semble que le triclosan sera exclu des matériaux désodorisants. Sur ce point, cela peut fonctionner aussi, d'autant plus que l'un des soupçons que l'on a à l'égard du triclosan est qu'il puisse causer des problèmes dermatologiques.
Là où je dois dire que je suis sceptique, c'est en ce qui concerne l'abaissement du taux maximal de triclosan dans les produits cosmétiques de 0,3 pour cent à 0,2 pour cent. Je suis évidemment bien incapable de juger de la valeur du chiffre limite, mais il me semble que, compte tenu des risques liés à l'importance et à l'utilité que peuvent avoir ces produits cosmétiques, la mise en balance des intérêts n'est pas tout à fait réalisée comme il le faudrait. Faut-il vraiment que les cosmétiques contenant du triclosan continuent à être commercialisés? Ne doit-on pas trouver des produits de substitution ou, au pire, renoncer à ces cosmétiques? Cela serait-il vraiment si grave pour le public ou pour un quelconque intérêt public? J'en doute. Ces risques ne sont pas encore tous documentés, mais ils le sont de plus en plus. Ainsi, cela fait longtemps que la "Food and Drug Administration", aux Etats-Unis, se préoccupe de ce problème, un Etat ayant même proscrit entièrement le triclosan de tout produit.
Vu sous cet angle, il me semble inadéquat de continuer à autoriser la présence de ce composant dans les produits cosmétiques.
Berset Alain · BR-M · Bundesrat · Freiburg
Monsieur Recordon l'a bien exprimé: il est vrai que le triclosan comporte des effets bénéfiques tout comme il comporte, à l'instar de toute substance chimique, des dangers pour l'environnement et la santé, notamment lorsque l'absorption et l'exposition sont trop importantes. Il est vrai également que le triclosan est classé comme perturbateur endocrinien potentiel. Nous n'avons pas affaire à un produit sans conséquence.
Monsieur Recordon, vous avez effectivement bien compris la réponse du Conseil fédéral. Des évolutions relativement marquantes sont en cours. Même si la concentration maximale du triclosan a jusqu'ici toujours été relativement basse et son utilisation limitée à des domaines bien spécifiques, une évolution a eu lieu par le biais d'une révision des ordonnances d'application de la loi sur les denrées alimentaires, qui prévoit notamment d'interdire l'utilisation du triclosan dans les textiles, ce qui devrait très fortement réduire son utilisation et donc l'exposition des personnes et de l'environnement. Vous avez également relevé, dans la réponse du Conseil fédéral, le fait que les désodorisants contenant du triclosan seraient interdits. C'est effectivement le cas.
Pour le reste, vous souhaiteriez aller plus loin, en demandant une interdiction du triclosan dans les cosmétiques. Nous suivons avec beaucoup d'intérêt ce qui se passe dans les pays européens en la matière. Quelle serait la conséquence d'une interdiction pour ces produits en Suisse seulement, alors que l'Union européenne conclurait qu'une réduction de son utilisation, accompagnée de marges de sécurité très importantes, suffirait? Cela aurait quelques inconvénients de compatibilité avec les pays qui nous entourent. Nous ne pourrions pas, en tout cas vu les connaissances scientifiques actuelles, justifier une interdiction totale dans ce domaine. Il faudrait donc la justifier par un argument politique, ce qui serait possible, mais dépendrait clairement d'une décision du Parlement, ce que le Conseil fédéral ne souhaite pas en l'état.
Je vous remercie de prendre connaissance du fait que des évolutions importantes sont en cours dans ce domaine; elles vont dans la bonne direction. Si de nouvelles conclusions devaient être tirées par les groupes d'experts au niveau européen, nous adapterions rapidement les ordonnances en question.