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Wirtschafts- und Handelsbeziehungen. Wie navigiert uns der Bundesrat durch die Turbulenzen? / Kohärente, engagierte und zielgerichtete Aussenpolitik. Wird der Bundesrat seinen Worten endlich Taten folgen lassen? / Beugt sich der Bundesrat vor autoritären Regierungen, anstatt die Interessen der Schweizer Bevölkerung zu verteidigen? / Zusatzzölle der USA. Nutzt der Bundesrat alle Handlungsoptionen? / US-Wirtschaftspolitik. Auswirkungen auf die Schweiz

68480 · Amtliches Bulletin

Del 18 giu 2025

https://lexipedia.io/it/docs/ch/ab-bo-bu/68480/de/wirtschafts-und-handelsbeziehungen-wie-navigiert-uns-der-bundesrat-durch-die-turbulenzen-koharente-engagierte-und-zielgerichtete-aussenpolitik-wird-der-bundesrat-seinen-worten-endlich-taten-folgen-lassen-beugt-sich-der-bundesrat-vor-autoritaren-regierungen-anstatt-die-interessen-der-schweizer-bevolkerung-zu-verteidigen-zusatzzolle-der-usa-nutzt-der-bundesrat-alle-handlungsoptionen-us-wirtschaftspolitik-auswirkungen-auf-die-schweiz

Consultato il 11 set 2026

  1. Documenti
  2. Confederazione
  3. Bollettino ufficiale
Fonte

Oggetto parlamentare: Relazioni economiche e commerciali. Come ci guida il Consiglio federale attraverso queste turbolenze? (25.3552),

25.3552, 25.3553, 25.3554, 25.3555, 25.3556

Wirtschafts- und Handelsbeziehungen. Wie navigiert uns der Bundesrat durch die Turbulenzen? / Kohärente, engagierte und zielgerichtete Aussenpolitik. Wird der Bundesrat seinen Worten endlich Taten folgen lassen? / Beugt sich der Bundesrat vor autoritären Regierungen, anstatt die Interessen der Schweizer Bevölkerung zu verteidigen? / Zusatzzölle der USA. Nutzt der Bundesrat alle Handlungsoptionen? / US-Wirtschaftspolitik. Auswirkungen auf die Schweiz

Riniker Maja · P-F · Nationalrat · Aargau · FDP-Liberale Fraktion

Präsidentin (Riniker Maja, Präsidentin): Das Büro hat für die Interpellationen der Dringlichkeit zugestimmt. Es hat weiter beschlossen, die Interpellationen gemeinsam zu behandeln.

Cottier Damien · Mit-M · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion

La Suisse gagne 1 franc sur 2 par son commerce extérieur. Ses principaux partenaires sont l'Union européenne, pour à peu près 50 pour cent de ses exportations, les États-Unis pour 15 pour cent - c'est le premier pays d'exportation, mais le deuxième marché, puisque l'Union européenne forme un seul marché, avec 27 pays - et la Chine, en troisième place, qui représente 10 pour cent de notre commerce extérieur. Dans ce cadre, la Suisse a un intérêt massif à avoir un commerce international qui soit ouvert, libéral, qui facilite les échanges et qui évite des obstacles inutiles. C'est bien ce que le Conseil fédéral promeut dans sa stratégie de politique économique extérieure, qui vise à faciliter un contexte ouvert aux échanges, des accords de libre-échange, des accords de protection des investissements et un cadre multilatéral, notamment celui de l'OMC, ouvert aux échanges.

Toutefois, on voit au niveau mondial une tendance préoccupante qui va dans l'autre sens : un accroissement du protectionnisme, de la fragmentation, de la régionalisation des marchés et, par ailleurs, une instabilité, une insécurité géopolitique qui s'accroît, avec des tensions qui augmentent dans certaines régions du globe, notamment au Proche-Orient - on l'a encore vu, hélas, cette nuit -, des sanctions économiques qui limitent aussi le commerce, une insécurité croissante sur les routes de transport - on peut se poser des questions et avoir des inquiétudes sur ce qui va se passer dans le détroit d'Ormuz ces prochaines heures ou ces prochains jours par exemple, en espérant évidemment que les choses se calment au Proche-Orient. Dans l'ensemble, c'est un climat qui est moins favorable au commerce, aux échanges, mais aussi aux investissements, et un système multilatéral dans le domaine commercial, l'OMC en particulier, dans lequel on voit depuis de nombreuses années peu de progrès - c'est peu de le dire.

Dans ce contexte politique, le nouveau gouvernement des États-Unis ajoute un risque supplémentaire massif avec ses taxes douanières qui font peser sur l'économie mondiale, mais aussi sur l'économie suisse, un risque important. Je l'ai dit, c'est le premier pays d'exportation pour la Suisse et son deuxième marché d'exportation, qui représente près de 15 pour cent de ses exportations.

C'est aussi un lieu, les États-Unis, dans lequel la Suisse investit massivement. Les taxes qui, dans un premier temps, avaient été annoncées à hauteur de 32 pour cent, puis suspendues jusqu'à début juillet, seraient un obstacle majeur pour nos exportations. Heureusement, elles ont été suspendues et des discussions sont en cours. Elles ont d'ailleurs été basées sur une méthode de calcul totalement incompréhensible et qui péjore les économies dynamiques, dont celle de la Suisse.

Au nom du groupe libéral-radical, j'aimerais féliciter le Conseil fédéral, qui a pris les choses en main de manière rapide et déterminée et qui a cherché le dialogue avec le nouveau gouvernement américain, et ce, jusqu'au plus haut niveau, avec des échanges aussi au niveau présidentiel, mais également avec les secrétaires au commerce et au trésor, ainsi que le délégué aux accords commerciaux. Le Conseil fédéral a défini une ligne claire : il a choisi le dialogue plutôt que la confrontation et nous pensons que son attitude est la bonne. Il a également choisi la pédagogie, car il faut rappeler que la Suisse est le sixième investisseur direct aux États-Unis, avec une valeur globale de l'ordre de 350 milliards de dollars investis aux États-Unis par les entreprises de notre pays. C'est même le quatrième investisseur dans le domaine des hautes technologies. Cela crée 400 000 emplois aux États-Unis, avec de bons niveaux de salaire. Nos entreprises investissent dans les 50 États américains. C'est important de le souligner - ce n'est pas rien de le dire.

Dans ce contexte, tout en remerciant le Conseil fédéral et en appuyant sa stratégie, nous souhaitons lui poser les questions suivantes : maintenant que le mandat de négociation a été discuté, où en est-il dans ces discussions ? Est-il optimiste sur une conclusion prochaine de ces négociations ? Est-il d'accord de dire que baisser les taxes à 10 pour cent par rapport à 32 n'est pas un objectif, parce que cela constituerait une hausse massive par rapport au statu quo ante ? Qu'entreprend-il pour éviter que ces négociations avec les États-Unis n'affectent notre commerce et nos relations avec d'autres partenaires importants, en particulier l'Union européenne et la Chine, mais aussi le cadre dans lequel nous nous mouvons au sein de l'OMC ? Partage-t-il l'avis du groupe libéral-radical qu'il faut continuer à diversifier nos relations économiques, notamment par des accords de libre-échange avec d'autres pays ? Quelles opportunités voit-il en la matière ?

Walder Nicolas · Mit-M · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion

Dans un monde marqué par l'affaiblissement du multilatéralisme, le recul démocratique et la montée de courants illibéraux, la Suisse ne peut plus se contenter du rôle de spectatrice. Elle doit prendre fermement position, avec lucidité et courage, guidée par la boussole du droit international. Dans bien des contextes, en tant que dépositaire des Conventions de Genève, elle en a même expressément le devoir. Or, l'actuelle politique extérieure du Conseil fédéral manque de clarté. Certes, les principes sont inscrits dans des documents stratégiques, mais les actes, eux, peinent à suivre et, s'il arrive que la position soit exprimée, c'est la cohérence qui fait trop souvent défaut.

Prenons l'exemple de l'Europe. Le Conseil fédéral affirme vouloir renforcer notre ancrage européen - nous nous en réjouissons. Alors, pourquoi tant d'hésitations face à l'enjeu central que représentent les Bilatérales III ? Pourquoi ne participons-nous pas au Fonds européen pour la démocratie ? Sur des dossiers clés comme la transition énergétique, le numérique ou la sécurité, pourquoi renforcer notre dépendance par rapport à la Chine, avec l'extension de l'accord de libre-échange, ou aux États-Unis, comme le prévoit le mandat de négociation sur les tarifs douaniers, au lieu de coopérer avec nos voisins européens, par exemple dans le cadre de l'"European Green Deal" ? Dans un contexte de mise en péril de notre souveraineté industrielle et numérique, la Suisse reste passive. Alors que nos partenaires bâtissent des stratégies de résilience, nous signons des contrats avec des géants du numérique proches de Donald Trump, sans participer aux efforts européens de régulation. Cette naïveté n'est bonne ni économiquement ni en matière de souveraineté ou de sécurité.

La même ambiguïté prévaut sur le multilatéralisme. La Suisse se dit attachée à la Genève internationale, mais reste muette face aux attaques américaines contre l'ONU, le HCR, le CICR, l'OMS et tant d'autres organisations vitales de premier ordre. Où sont les initiatives concrètes pour renforcer ces institutions ? Où sont les efforts diplomatiques pour défendre le multilatéralisme et notre rôle d'État hôte ?

Pourquoi cet objectif ne figure-t-il pas dans le mandat de négociation avec Washington ? Où sont les mécanismes de soutien fédéraux, alors que le canton de Genève et les acteurs privés, eux, se mobilisent ? Cette posture passive ne suffit plus. Si la Suisse entend, demain encore, jouer un rôle sur la scène internationale, elle doit montrer un réel engagement. Cela passe par le renoncement à certaines coupes ciblées et, plus généralement, par l'augmentation des moyens alloués à la coopération internationale. Au Proche-Orient, l'ambiguïté persiste. Bouleversée, comme nous tous, par les souffrances à Gaza, la Suisse s'éloigne pourtant de sa tradition d'impartialité fondée sur le droit international. Elle a condamné avec fermeté les actes sanglants du Hamas le 7 octobre 2023, mais refuse de réagir avec la même clarté face aux crimes de guerre commis quotidiennement par Tsahal. Le Hamas est désormais interdit en Suisse, mais aucune sanction ni suspension d'accords commerciaux, y compris militaires, n'est envisagée à l'égard du gouvernement Netanyahou. Et il n'y a toujours aucune reconnaissance de l'État palestinien. Cette neutralité à géométrie variable brouille notre engagement en faveur du droit international et nuit à notre crédibilité.

Enfin, sur l'environnement, nous avons salué l'inscription de la priorité climatique dans la stratégie 2024-2027, un choix cohérent avec la position du Conseil fédéral qui reconnaît que le dérèglement climatique est un enjeu majeur qui appelle une réponse rapide et coordonnée au niveau international. Mais où sont les avancées concrètes ? Malgré l'urgence, cette priorité reste largement théorique. Pire encore, refuser d'organiser une COP en Suisse ou réduire notre présence dans ces enceintes internationales donne une image de désengagement.

Sur les accords de libre-échange aussi, nos clauses environnementales restent dérisoires en l'absence de mesures réellement contraignantes. Notre financement climatique provient largement des budgets existants de la coopération au développement. Il ne s'agit pas d'un effort additionnel, mais d'un redéploiement au détriment d'autres objectifs de la Statégie pour le développement durable 2030, qui, pour la plupart, ne seront pas atteints.

Qu'attend donc le Conseil fédéral pour allouer des ressources à la hauteur de ses ambitions ?

En résumé, par cette interpellation, le groupe des Verts demande au Conseil fédéral de doter notre politique extérieure d'une colonne vertébrale forte, lisible et crédible, et ce en particulier dans quatre domaines : renforcer nos alliances européennes ; réaffirmer une neutralité et une impartialité fondées sur le droit international ; défendre activement le multilatéralisme, la coopération internationale et la Genève internationale ; agir avec ambition pour le climat et la justice climatique. Énoncer des priorités ne suffit pas : il faut un véritable engagement. Cela suppose parfois d'accepter quelques concessions budgétaires ou commerciales. Il en va aussi de la crédibilité de notre pays sur la scène internationale, d'où notre présente interpellation.

Wermuth Cédric · Mit-M · Nationalrat · Aargau · Sozialdemokratische Fraktion

Der grosse italienische Staatsmann Antonio Gramsci hat die Zeit der multiplen Krise, in der wir uns zweifellos wieder befinden, einmal als "Zeit der Monster" bezeichnet. Und das Monster, das die westliche Hemisphäre heimsucht, ist zweifellos die Rückkehr des Autoritarismus, der Aufstieg des neuen Faschismus, den wir sehen, insbesondere natürlich verkörpert durch den Präsidenten der Vereinigten Staaten. Ich weiss, einigen von Ihnen behagt es nicht, wenn man die Dinge hier beim Namen nennt, es gefährde das Businessmodell; aber es ist die erste Notwendigkeit in einer solchen Krise, dass man den neuen Faschismus als das bezeichnet, was er ist.

Trump ist das Ergebnis von mindestens drei grossen Krisen:

1. Er ist das Ergebnis des Scheiterns des globalen Kapitalismus an den Herausforderungen unserer Zeit, seines grotesken Scheiterns an der Bekämpfung der Klimakrise, des Scheiterns an der patriarchalen Gewalt, an der Rückkehr der Globalisierung des Krieges und vor allem des Scheiterns am Wohlstandsversprechen, das sich zunehmend nur noch in einer Konzentration von Reichtum und einer obszönen Ungleichheit auf unserem Planeten zeigt.

2. Er ist eine Antwort auf den Versuch der demokratischen Aufstände der letzten Jahre, Demokratie und Menschenrechte durchzusetzen, auf die feministischen Bewegungen, auf den Klimastreik, auf die Aufstände nach der Finanzkrise gegen die Ausbeutung der Lohnarbeit.

3. Er ist Ausdruck einer Orientierungslosigkeit weiter Kreise der bürgerlichen Eliten, denen niemand mehr ihre Geschichte von immer mehr Wettbewerb und Markt als Lösung aller gesellschaftlichen Krisen abkauft und die deshalb den Pakt mit dem Teufel eingegangen sind.

Diese Zeiten fordern von uns eine Entscheidung: Stehen wir auf der Seite der Oligarchie, oder stehen wir auf der Seite der Demokratie und der Menschenrechte?

Die zweite Notwendigkeit in solchen Zeiten wäre, eine Politik zu haben, die Haltung zeigt und Stellung bezieht. Aber das tut unsere Regierung eben exakt nicht. Anstatt die Werte der Bundesverfassung auch dann zu verteidigen, wenn sie in den USA angegriffen werden, hat der Bundesrat eine Strategie der Anbiederung an die neuen Könige im Weissen Haus gewählt. Und anstatt die eigene Bevölkerung gegen die Gefahren der Zeit, beispielsweise die Ausbeutung durch die Tech-Oligarchen, zu schützen, schiebt er genau das, was notwendig wäre, um Demokratie und Selbstbestimmung in der Schweiz vor diesen Übergriffen zu schützen, auf die lange Bank. Wenn der beste Freund der Trump-Regierung im Nahen Osten, Benjamin Netanjahu, und seine rechtsextreme Regierung in Palästina zehntausendfach Kriegsverbrechen begehen und Menschen ermorden, dann bleibt der Bundesrat über Monate still und bezieht so Stellung für jene, die das internationale Völkerrecht bewusst verletzen.

Diese Situation, diese multiple Krise bräuchte eine dritte Position, nämlich eine geopolitische Entscheidung. Es ist klar: Wir können uns hier gerne darüber streiten, was wir am europäischen Kontinent und an der Union verbessern müssten. Ich bin der Erste, der hier eine Liste von Kritikpunkten anbringen kann. Aber Fakt ist, dass, Australien einmal weggelassen, Europa inzwischen der letzte Kontinent ist, auf dem eine Mehrheit der Menschen noch in funktionierenden Rechtsstaaten und bürgerlichen Demokratien lebt. Wer es in diesem Moment verpasst, eine klare Ansage zu machen und sich auch geopolitisch zu entscheiden, statt jedes Mal die Neutralität vorzuschieben, um auch mit den letzten Diktaturen der Welt noch den letzten Franken Business machen zu können, verpasst den Ruf der Geschichte.

Die Schweiz liegt nicht nur geografisch im Herzen Europas, sie liegt politisch im Herzen Europas, und sie muss sich als Teil dieses europäischen Projektes verstehen und sich dazu bekennen - gegen die Feinde im Inneren, den neuen Faschismus, der aus Europa selber kommt, und gegen die Feinde von aussen, den alten Faschismus, der Europa aus dem Osten, aus Moskau, bedroht.

In diesem Sinne sind unsere Fragen zu verstehen, ob der Bundesrat Wirtschaftsaussenpolitik auch als Verteidigung der Werte der Demokratie und der Selbstbestimmung versteht und ob er in Zukunft vorhat, diesem Anspruch unserer Bundesverfassung besser gerecht zu werden als in den letzten Monaten. Wir sind gespannt auf die Antworten.

Büchel Roland Rino · Mit-M · Nationalrat · St. Gallen · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Geschätzter Kollege Wermuth, das war schon ziemlich dicke Post, was Sie da erzählt haben - gescheiterter Kapitalismus. War denn der Sozialismus vor drei Jahrzehnten ein Erfolgsmodell erster Güte?

Wermuth Cédric · Mit-M · Nationalrat · Aargau · Sozialdemokratische Fraktion

Es ist eine der freundlichen Reden, die ich zu diesem Thema gehalten habe, Herr Kollege Büchel, Sie müssten einmal am 1. Mai vorbeikommen, vielleicht würden Sie es dann in dieser Situation etwas anders einordnen.

Der real existierende Sozialismus war eine der zwei ganz grossen Katastrophen unseres Jahrhunderts. Er hat zu millionenfachem Massenmord geführt, und Sie haben recht, dieses Schwert hängt über allen, die sich in der Tradition der Befreiung der Arbeiterinnen- und Arbeiterbewegung sehen. Nur hatten die Verteidiger der Sowjetunion nach 1990 einen grossen Vorteil. Sie konnten behaupten, der real existierende Sozialismus sei auch an der Konkurrenz mit dem westlichen Kapitalismus gescheitert. Der westliche Kapitalismus kann das nicht mehr behaupten. Er ist allein an sich selbst und seiner Unfähigkeit, Menschenrechte und Naturschutz mindestens gleich zu gewichten wie die Profite der grossen Konzerne, gescheitert. Er ist komplett konkurrenzlos in dieser katastrophalen Situation gelandet, und das ist das grosse Drama. Wir würden Ihnen gerne helfen, dieses System zu retten, aber Sie müssen uns dazu die Hand reichen.

Gredig Corina · Mit-F · Nationalrat · Zürich · Grünliberale Fraktion

In den Vereinigten Staaten formiert sich ein neuer Protektionismus: laut, kompromisslos, konfrontativ. Der Ton ist schärfer geworden. Wir haben das Gefühl, er wird jeden Tag noch schärfer, die Drohungen werden konkreter: Zölle, Handelshemmnisse, wirtschaftlicher Druck. Der US-Präsident Donald Trump spricht von "America first", doch eigentlich meint er "America alone". Es geht ihm nicht um fairen Handel, sondern um einseitige Dominanz, um ein System, das nicht auf Regeln, Recht und Respekt basiert.

Auch wir stehen unter Druck. Ein neues Abkommen mit den USA steht im Raum, um den angedrohten Zöllen zu entgehen. Die zentrale Frage ist: Wie hoch wird das Preisschild sein? Verhandeln ja, aber sicher nicht um jeden Preis. Wer heute jedem Deal zustimmt, nur um den nächsten Zoll zu vermeiden, wird morgen erpressbar sein.

Im internationalen Handel stehen wir für Fairness, nicht für Faustrecht. Ein Verhandlungsergebnis darf sicher nicht den bestehenden völkerrechtlichen Regeln wie etwa dem Meistbegünstigungsprinzip entgegenlaufen.

Manchmal genügt ein Blick auf die Landkarte, um eine wirtschaftliche Binsenwahrheit zu erkennen. Unsere wichtigsten Handelspartner sind nicht am anderen Ende des Atlantiks, es sind unsere Nachbarn: Deutschland, Frankreich, Italien, Österreich und die anderen Länder des europäischen Binnenmarkts, das sind unsere wichtigsten Handelspartner. Mit ihnen sind unsere Unternehmen tagtäglich im Austausch und eng verflochten. Mit ihnen tauschen wir nicht nur Waren, sondern auch Wissen und Innovation.

Genau mit diesen Nachbarländern haben wir nun, im klaren Gegensatz zur Abschottungspolitik, die aus den USA kommt, etwas Zukunftsweisendes geschaffen: die Bilateralen III, ein Abkommen, das den Handel stärken wird, aber auch weit darüber hinausgeht. Es ist ein Bekenntnis zur Nähe, zur wirtschaftlichen und kulturellen Nähe. Es umfasst auch Forschung, es umfasst Bildung, es erfasst Energie, und es erfasst ein Gesundheitsabkommen. Denn es ist klar: Wer stabil bleiben will, der muss regional verwurzelt sein. Wer global wirken will, muss lokal verbunden bleiben. Gerade diese regionale Stärke gibt uns die Freiheit, weltweit souverän zu handeln.

Wir brauchen eine klare Strategie in dieser Situation: Risiken verteilen, Partnerschaften vertiefen, in Innovation investieren. Während andere Regierungen mit Zöllen drohen, setzen wir eben auf Partnerschaft - ein bewährtes Schweizer Prinzip -, auf Kooperation und nicht auf Isolation. Deshalb gilt es nun auch, mit aller Kraft die bestehenden Handelspartnerschaften weiterzuentwickeln, die wir auf der ganzen Welt haben, sei es mit Kanada, mit Südamerika, in Afrika und in Asien. Wir sollten auf Stärke durch Partnerschaft setzen, auf Kooperation und nicht auf Konfrontation, auf Werte und nicht auf Willkür. Das sind unsere bewährten Stärken in der Schweiz.

Die neue US-Regierung mag mit Drohungen kommen. Wir antworten mit Vernunft und mit Zusammenarbeit.

Schneider-Schneiter Elisabeth · Mit-F · Nationalrat · Basel-Landschaft · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP.

Zölle, geopolitische Unsicherheiten, steuerpolitischer Wettbewerbsdruck, Tech-Abhängigkeiten - das sind keine Ferndiagnosen, diese Themen betreffen direkt unsere Unternehmen, unsere Arbeitsplätze, unsere Innovationskraft.

Die dringliche Interpellation der Mitte-Fraktion zielt im Kern auf eine zentrale Frage: Wie bleibt die Schweiz in einer destabilisierten Welt wirtschaftlich souverän und wettbewerbsfähig?

Zölle auf Schweizer Exporte verursachen jährlich Schäden in der Höhe von Hunderten Millionen Franken. Sie treffen insbesondere jene Branchen, in denen wir Weltspitze sind: Präzisionstechnik, Medizintechnik, Maschinenbau und Pharma.

Gleichzeitig hat das SECO vergangene Woche die Konjunkturprognose erneut nach unten korrigiert: nur noch 1,3 Prozent Wachstum für 2025 und 1,2 Prozent für 2026 bei markant steigender Arbeitslosigkeit. Wenn das kein wirtschaftspolitisches Warnsignal ist, was dann ist ein Warnsignal?

Besonders deutlich zeigt sich der Druck in den Life Sciences. Die Pharma ist mit einem Anteil von rund 40 Prozent an unseren Exporten nicht nur die grösste, sondern auch die strategisch wichtigste Branche unseres Landes. Sie steht aber von mehreren Seiten unter Druck: Die Zahl klinischer Studien sinkt, der Marktzugang für neue Medikamente verzögert sich, die Innovationsförderung stockt. Und als wäre das nicht genug, wurde auch noch der Masterplan Biomedizinische Forschung gestrichen - ausgerechnet jetzt. Gleichzeitig sind die USA mit Abstand der wichtigste Absatzmarkt. Falls, wie von Präsident Trump angedeutet, Zölle auf Medikamente eingeführt und gleichzeitig deren Preise massiv gesenkt werden, trifft das den Standort Schweiz doppelt. Es braucht nun eine aktive Standortstrategie für die Life Sciences, sonst verlieren wir langfristig Wertschöpfung, Forschung und Versorgungssicherheit.

Auch im digitalen Bereich stellt sich die Frage: Wie sichern wir unsere Souveränität? Die grossen Tech-Giganten prägen längst unseren Alltag - wirtschaftlich, gesellschaftlich und politisch. Sie bringen enorme Chancen - Innovation, Effizienz, globale Vernetzung -, aber sie bergen auch erhebliche Risiken, von Datenabhängigkeiten über Marktkonzentration bis hin zu intransparenten Algorithmen.

Der Innovationsstandort steht ebenfalls unter Druck. Der Marktzugang für neue Produkte ist zu langsam. Venture Capital wandert vermehrt ins Ausland ab. Und die OECD-Mindeststeuer reduziert unsere Standortattraktivität, während andere Staaten wie die USA diese blockieren oder sich mehr Zeit verschaffen. Wenn wir jetzt nicht handeln, verlieren wir nicht nur Investitionen, sondern auch Know-how, Gründungskraft und unternehmerischen Mut.

In dieser Lage reicht es nicht, nur auf bilaterale Probleme mit den USA zu schauen. Auch unsere Beziehungen zur EU verdienen volle Aufmerksamkeit. Die EU ist unser wichtigster Handelspartner, zentraler Wissenschaftspartner und regulatorisch engster Nachbar. Der Zugang zum Binnenmarkt, die gegenseitige Anerkennung von Standards und die Teilnahme an Programmen wie Horizon sind kein politisches "nice to have" - sie sind wirtschaftliche Notwendigkeit. Hinzu kommt die Personenfreizügigkeit. Sie sichert den Zugang zu den Talenten, die unser Land in Forschung, Pflege, Technologie, Ausbildung dringend braucht.

Wer diese Kanäle infrage stellt, gefährdet den Vorsprung der Schweiz. Darum braucht es ein entschiedenes Ja zur Stabilisierung der Bilateralen Verträge und zu einer aktiven Europapolitik, die unseren Standort sichert, nicht lähmt.

Das Fazit: Die Schweiz hat vieles richtig gemacht, aber sie darf sich nicht darauf ausruhen. Wir brauchen eine Standortpolitik, die strategisch agiert, nicht verwaltet, technologisch souverän bleibt und internationale Partnerschaften, insbesondere jene mit der EU, nicht als Belastung, sondern als Zukunftsinvestition versteht. Ob bei US-Zöllen, EU-Beziehungen, der Tech-Regulierung oder beispielsweise auch der Rohstoffsicherheit: Nur wer handelt, bleibt relevant.

Walti Beat · Mit-M · Nationalrat · Zürich · FDP-Liberale Fraktion

Die Schweiz ist in der Rangliste der Länder gemessen an der Bevölkerungszahl die Nummer 100, gemessen an der Wirtschaftsleistung sind wir aber die Nummer 20. Die Schweiz ist also ein G-20-Staat. Wir drehen wirtschaftlich ein grosses Rad, und wir alle profitieren von einem weit überdurchschnittlichen Wohlstand in unserer Bevölkerung.

In einer solchen Ausgangslage müssen einem die aktuellen Entwicklungen in der Weltwirtschaft - und nicht nur in der Wirtschaft, sondern auch in der Weltpolitik - allgemein Sorge bereiten. Was heute abgeht, war vor Kurzem noch unvorstellbar. Regeln, die scheinbar weitherum akzeptiert wurden, werden mit Füssen getreten. Es werden Institutionen und ihre Zuständigkeiten missachtet. Der Umgang untereinander, unter den Akteuren der Weltpolitik und der Weltwirtschaft, nimmt Schaden und wird scheinbar von allen Regeln befreit.

Für die Wirtschaft bedeutet dies grosse Unsicherheit. Man kann das ersehen an der Volatilität der Märkte, nicht zuletzt der Kapitalmärkte. Da kann man es jeden Tag an Kursen ablesen. Die Schwankungen, die wir hier beobachten, haben Dimensionen erreicht, die nicht mehr gut sind. Für die einzelnen Unternehmen, die Arbeitsplätze schaffen und damit die Grundlage des Wohlstandes, bedeuten diese Volatilitäten zusätzliche Risiken. Es ist unklar, auf welcher Grundlage die Unternehmen ihre zukünftigen Aktivitäten planen und sich für den Erfolg rüsten sollen. Diese Risiken sind damit auch Risiken für unsere Prosperität.

Nun, was ist in einer solchen Ausgangslage zu tun? Kurzfristig ist es sicher richtig, dass die Handelsdiplomatie versucht, den Schaden in Grenzen zu halten, mit dem Ziel, die neuen Regeln so weit wie möglich dahin zu bewegen, dass sie den Akteuren keinen Schaden zufügen. Da geht es vor allem um das Thema Gleichbehandlung, zum Beispiel bei der Einführung von Zöllen, natürlich um die Gleichbehandlung von Schweizer Unternehmen mit lokalen Herstellern im Zielland, aber vor allem auch um die Gleichbehandlung mit anderen exportierenden Nationen respektive Unternehmen mit Sitz in anderen exportierenden Nationen. Es ist ebenso schmerzhaft, wenn die Schweizer Unternehmen im Wettbewerb mit ihren europäischen Konkurrenten zum Beispiel auf dem amerikanischen Markt wegen ungleich hoher Zölle Nachteile erleiden. Dann ist das mindestens so schlimm wie die Zölle als solche.

Insgesamt geht es bei diesen kurzfristigen Massnahmen darum, weiterhin einen möglichst freien Handel zu ermöglichen. Es geht auch darum, für besonders sensitive Branchen gute Sonderregeln auszuhandeln. Das ist entscheidend, nicht zuletzt darum, weil Zeit für Anpassungen gewonnen werden muss, die sich allenfalls für langfristige Veränderungen aufdrängen oder als notwendig erweisen.

Die Unternehmen in der Schweiz haben bei Gelegenheiten, die leider noch nicht so lange zurückliegen, auf eindrückliche Weise bewiesen, dass sie sehr widerstandsfähig und anpassungsfähig sind. Die Chance, das zu tun, müssen wir ihnen durch die Gestaltung der Rahmenbedingungen ermöglichen. Ich erinnere an die Abschaffung des festen Frankenwechselkurses, als es innert kurzer Zeit darum ging, die Wettbewerbsfähigkeit zu sichern und weiterzuentwickeln, oder auch an die Erholung nach der Covid-Krise, welche die Schweiz und ihre Unternehmen deutlich besser bewältigt haben als viele andere Nationen und Volkswirtschaften. Letztlich sind Zölle, um die es bei dieser Debatte ja vor allem geht, eigentlich nichts anderes als ein permanenter und verschärfter Aufwertungsdruck für eine exportorientierte Wirtschaft und die darin aktiven Unternehmen.

Ganz falsch und gefährlich wären kurzfristige populistische Reflexe, mit denen irgendwelche Massnahmen gefordert werden, die den Schweizer Unternehmen zusätzlich schaden. Wir würden uns damit wirklich ins eigene Bein schiessen. Das ist zu vermeiden.

Ebenso wichtig wie die kurzfristig aktive Handelsdiplomatie sind die langfristig richtigen Massnahmen mit einem klaren Ziel vor Augen, nämlich den Wohlstand zu erhalten und die starke wirtschaftliche Position der Schweiz zu sichern. Dabei geht es darum, offene Märkte sicherzustellen. Das Freihandelsabkommen mit Indien ist eine sehr gute Entwicklung. Das Abkommen mit den Mercosur-Staaten steht auf der Traktandenliste, und auch die Regelung der Beziehungen zur Europäischen Union ist sicher dringlich und von ausserordentlich grosser Bedeutung. Offene Märkte sind natürlich eine Zweiweggeschichte. Wenn es aber im Zweiwegmodus nicht funktioniert, so zeigen die historischen Erfahrungen, dass sogar eine einseitige Marktöffnung für die Wohlstandsentwicklung absolut günstig ist. Auch das ist eine bessere Alternative als weiterer Protektionismus und Abschottung.

Es geht also darum, die Standortbedingungen im Inland zu verbessern. Das eben publizierte World Competitiveness Ranking des IMD in Lausanne sieht die Schweiz auf Platz eins. Das ist aber keine feste Gegebenheit - dafür müssen wir kämpfen; für gute Rahmenbedingungen müssen wir uns einsetzen. Das bedeutet weiterhin, keine vertikale Industriepolitik zu betreiben, sondern für alle Unternehmen gute Rahmenbedingungen sicherzustellen, sodass der Markt entscheiden kann, welche Unternehmen sich am Standort Schweiz etablieren und durchsetzen können.

Wohlstand bedeutet Investitionen. Wir waren alle begeistert, als der Bundesrat den Amerikanern 150 Milliarden Franken Investitionen von Schweizer Unternehmen versprechen konnte oder wollte. Interessanterweise sind Investitionen im Inland leider nicht so beliebt. Wenn ich an die Debatte über das Investitionsprüfgesetz hier drin denke, läuft es mir kalt den Rücken hinunter. Hier müssten wir konsistenter agieren. Und weil die Sprecherin der Mitte-Fraktion das Hohelied auf das Venture Capital gesungen hat, bitte ich sie, sich dann auch bei der Beratung zum Investitionsprüfgesetz daran zu erinnern.

Der World Competitiveness Report sagt der Schweiz auch, dass es Hausaufgaben zu machen gibt. Es geht vor allem darum, die Grundlagen des Wachstums und den Zugang zu neuen Märkten sicherzustellen. Es geht darum, Unternehmensregulierungen abzubauen, welche die Dynamik unnötig bremsen. Es geht auch darum, in Bereichen, die den Binnenmarkt betreffen, mehr Wettbewerb sicherzustellen. Nicht zuletzt geht es darum, die finanzielle Gesundung der Altersvorsorge sicherzustellen, weil andernfalls ein erhebliches langfristiges Haushalts- und Stabilitätsrisiko besteht.

Entscheidend für die Prosperität der Schweiz und die richtige Reaktion auf die zunehmenden Unsicherheiten sind aber nicht stramme Voten heute in unserer aktuellen Debatte, sondern entscheidend ist, dass Sie sich alle an die wesentlichen Punkte erinnern, wenn es darum geht, zu diesen Geschäften Entscheide zu fällen.

Bendahan Samuel · Mit-M · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion

J'aimerais dire en préambule que le groupe socialiste est extrêmement déçu que, pour un débat sur des interpellations urgentes concernant la politique étrangère du pays, il n'ait pas été possible d'avoir la présence du ministre des affaires étrangères, Ignazio Cassis. Je comprends qu'il avait une obligation qui était prévue, mais, maintenant que cette obligation est tombée, il n'y a vraiment aucune raison qui justifie son absence lors d'un débat qui traite spécifiquement de son domaine. Nous sommes également déçus des réponses qui ont été données à notre interpellation et d'ailleurs également aux autres interpellations qui ont été posées. Tout porte à croire que toute la politique est orientée pour servir une seule catégorie de population, les milliardaires, les oligarques à travers le monde. On a accepté qu'ils fassent la loi aujourd'hui.

La politique de Donald Trump est une politique de caïd dans une cour de récré, qui fait des menaces et qui espère obtenir ce qu'il veut. Chaque fois qu'une menace est proférée et qu'il obtient quelque chose, il profère le lendemain encore davantage de menaces. Or, la réaction de la Suisse aujourd'hui c'est de dire : "Oui, nous allons faire ça, nous allons donner, nous allons donner, nous allons apaiser le dieu argent". C'est inacceptable, et aussi peu stratégique, lorsqu'il existe des alternatives. Savez-vous comment les marchés nomment Trump ? Taco, pour "Trump always chickens out". Il fait des menaces, mais ensuite il remarque à quel point ces menaces sont dommageables pour son propre pays et sa population et il revient en arrière. Tout ce qu'on a cédé entre temps, on l'a perdu. Pourquoi ? Pour rien, parce qu'il serait de toute façon revenu en arrière.

Nous manquons de percevoir une stratégie claire de la part du gouvernement. Par contre, ce que nous voyons, c'est ce que nous pouvons perdre avec cette stratégie : céder, refuser de faire une politique industrielle pour compenser les dégâts que mène la politique agressive de Donald Trump, des États-Unis et des autres oligarques. C'est la même chose en Suisse. Tout va mal au niveau des finances. En tout cas, c'est ce qui est dit, parce qu'évidemment ce n'est pas forcément le cas. La réponse à cela ? Punir la population, couper dans les prestations publiques, démolir l'État, mais en même temps faire paradoxalement de massives coupes d'impôts en faveur des milliardaires et des oligarques. C'est encore la même logique. On baisse les impôts pour les riches, on dit qu'il n'y a plus d'argent et la population paie. Comment peut-on vivre avec ce paradoxe ? En laissant des milliardaires qui ont investi massivement dans les médias tenter de diffuser les fausses informations, en limitant la liberté de la parole, la liberté de la presse, en affaiblissant les médias. Nous avons eu encore un exemple de cela en Suisse, dans notre pays, hier.

Nos questions subsistent malgré les avis relatifs aux interpellations. Pourquoi donc céder au chantage et donner l'impression que nous sommes faibles face à Donald Trump et aux oligarques, alors que nous avons des alliés et que d'autres démocraties libérales ont les mêmes intérêts que nous ? Pourquoi ne pas mieux se coordonner avec les autres démocraties ? Pourquoi avoir abandonné la régulation des plateformes sous la pression de Trump alors que nous prétendons vouloir être un État souverain et que nous défendons cela ? Pourquoi laisser les plateformes technologiques en Suisse gagner des milliards de francs sans vouloir les taxer ? Pourquoi mettre en danger notre agriculture, qui d'habitude est tout le temps sacrée chez nous ? Pourquoi risquer cela dans les négociations avec Trump ? Enfin, pourquoi ne pas davantage se positionner en champion du multilatéralisme ? Ces réponses, nous ne les avons pas encore et nous les attendons.

Rumy Farah · Mit-F · Nationalrat · Solothurn · Sozialdemokratische Fraktion

Die humanitäre Lage im Gazastreifen ist katastrophal. Seit dem Terrorangriff der Hamas am 7. Oktober 2023 ist die Zivilbevölkerung in Gaza tagtäglich massivsten Gefahren ausgesetzt, dies durch anhaltende militärische Operationen der Regierung Israels, die weite Teile des Gazastreifens zerstört haben und kaum noch sicheren Raum für die Menschen, die dort sind, schaffen. Der Krieg hat bereits Tausenden Menschen das Leben gekostet. Der Zugang zu Nahrung, sauberem Trinkwasser, Medikamenten oder grundsätzlich medizinischer Versorgung wird durch die israelische Regierung systematisch blockiert. Der Gazastreifen wurde dem Erdboden gleichgemacht, und die Zivilbevölkerung ist faktisch eingekesselt.

Internationale Organisationen warnen seit Monaten ausdrücklich vor einer drohenden Hungersnot. Die wenigen Hilfslieferungen, die den Gazastreifen erreichen, reichen bei Weitem nicht aus, um den grundlegenden Bedarf der Menschen zu decken. Gesundheitseinrichtungen sind überlastet, Operationen finden ohne Anästhesie statt, und auch Geburten finden unter prekären Bedingungen statt. Laut WHO wurden bereits über 500 medizinische Fachpersonen getötet, doch der Zugang für humanitäres Personal wird weiterhin eingeschränkt.

Die Gaza Humanitarian Foundation kann keine Lösung sein, weil sie das Prinzip der Neutralität der humanitären Hilfe untergräbt und letztlich ein politisches Instrument der israelischen Regierung ist. Darum wird die Organisation auch von der UNO und von praktisch allen Expertinnen und Experten in diesem humanitären Bereich kritisiert. Eine solche Instrumentalisierung untergräbt die Glaubwürdigkeit auf internationaler Ebene und auch die Bemühungen der Menschen. Das ist eine eklatante Verletzung des humanitären Völkerrechts. Die Genfer Konventionen verpflichten alle Konfliktparteien, die Zivilbevölkerung zu schützen und den ungehinderten Zugang zu humanitärer Hilfe sicherzustellen. Als Depositarstaat dieser Genfer Konventionen darf die Schweiz solche Verstösse nicht länger hinnehmen.

Die Schweiz beruft sich zu Recht immer wieder auf ihre humanitäre Tradition. Doch sie muss auch Taten folgen lassen: mit politischem Willen für unabhängige Hilfe, den Schutz der Zivilbevölkerung und die Achtung des humanitären Völkerrechts.

Im Gazastreifen werden systematisch Kriegsverbrechen begangen. Alle roten Linien sind überschritten. Wenn wir jetzt schweigen, stellen wir uns auf die Seite der Täter. Wir sind verpflichtet, alle Massnahmen zu ergreifen, um einen Völkermord im Gazastreifen zu verhindern.

Es ist auch respektlos gegenüber dem Parlament, dass sich der Aussenminister während einer solch wichtigen Debatte nicht zeigen lässt. Es reicht nicht mehr, besorgt zu sein. Die Haltung ist ein aussenpolitisches Armutszeugnis der Schweiz.

Die SP-Fraktion erwartet vom Bundesrat eine klare Haltung, eine klare Stellungnahme und dass er sich in allen relevanten Gremien aktiv und mit Nachdruck für dieses Prinzip einsetzt und sich unmissverständlich gegen jegliche Verletzungen des humanitären Völkerrechts positioniert.

Molina Fabian · Mit-M · Nationalrat · Zürich · Sozialdemokratische Fraktion

Die alte Ordnung liegt im Sterben. In Peking, Moskau und Washington regieren Herrscher, die das Völkerrecht ablehnen und eine revisionistische Haltung vertreten. Das System des Multilateralismus, das zur friedlichen Beilegung von Konflikten geschaffen wurde, wird immer mehr blockiert. Das Völkerrecht, das dafür sorgt, dass eben nicht die Macht des Stärkeren, sondern die Stärke des Rechts gilt, wird immer mehr missachtet. Das Selbstbestimmungsrecht der Völker wird zu Makulatur, wenn die Welt in Einflusszonen der grossen und mächtigen Staaten eingeteilt wird. Statt Zusammenarbeit und Diplomatie sind Krieg und Erpressung wieder legitime Mittel der Politik geworden.

Ja, diese Diktatur der Stärkeren, diese Willkür der Mächtigen macht Angst. Niemand in diesem Saal hat je eine Zeit erlebt, in der alte Gewissheiten so fundamental ins Wanken geraten sind. Genau deshalb brauchen wir heute einen Bundesrat, der Haltung zeigt. Aber was macht unser Bundesrat? Er zeigt Schwäche. Wenn Trump uns mit seinen illegalen Zöllen erpresst, knickt der Bundesrat ein und will unseren Konsumentinnen- und Konsumentenschutz, unsere Patientinnen- und Patientensicherheit und unsere Landwirtschaft ebenso wie den Schutz unserer Demokratie opfern. Wenn chinesische Agenten auf unserem Boden Oppositionelle ausspionieren und einschüchtern, dann rennt der Bundesrat nach Peking, um ein neues Freihandelsabkommen auszuhandeln. Wenn Israel das in der Schweiz erfundene Völkerrecht, das humanitäre Völkerrecht, mit Füssen tritt, dann schweigt der Bundesrat, um sich nicht zu exponieren.

Oder um es mit einem Satz zu sagen: Die Reaktion des Bundesrates auf die Rückkehr der Machtpolitik heisst Unterwerfung. Dieses Wegducken ist nicht nur moralisch falsch, es ermutigt auch die Aggressoren und ist deshalb nicht im Interesse unseres Landes. Die Antwort unserer Vorfahren vor 80 Jahren auf die Gräuel des Zweiten Weltkriegs war klar: Die Antwort auf Krieg und Faschismus heisst Menschenrechte, Rechtsstaat und Demokratie und ein vereinigtes Europa. In einer Zeit, in der Krieg und Faschismus wieder um sich greifen, müssen wir dieses Erbe für Frieden und Sicherheit verteidigen. Eine klare Haltung und internationale Zusammenarbeit machen uns stark. Es ist die Voraussetzung für eine bessere Zukunft.

Herr Bundesrat, zeigen Sie Stärke, nicht Schwäche. Verteidigen Sie endlich unsere Werte.

Weber Céline · Mit-F · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion

Les nouveaux droits de douane que les États-Unis ont voulu imposer à la Suisse et à de nombreux autres partenaires commerciaux nous ont toutes et tous pris au dépourvu. La politique commerciale états-unienne actuelle s'inscrit dans une tendance vers plus de protectionnisme, un affaiblissement du multilatéralisme et une fragmentation de l'économie mondiale. Or, une guerre commerciale, qu'on se le dise, n'a jamais enrichi une population. Une guerre commerciale n'a jamais augmenté le pouvoir d'achat des gens ; au contraire, elle le diminue. Si les États-Unis sont déjà un peu revenus en arrière, rien ne garantit qu'ils vont pérenniser ce retour en arrière. Cela représente un grand défi pour une économie ouverte et tournée vers les exportations, comme l'est l'économie de la Suisse.

À la lumière de ces récentes évolutions, d'aucuns en appellent au Conseil fédéral pour trouver des solutions, mais il conviendra d'être attentifs à ne pas jouer la facilité au détriment de la stabilité du système économique suisse dans son entièreté. Certains souhaitent par exemple la mise en place d'une politique industrielle, par le biais de subventions, pour aider nos entreprises. Si une telle politique peut sembler sympathique à première vue, les vert'libéraux l'ont toujours combattue. Comment expliquer en effet aux verriers en Suisse, par exemple, que la Confédération ne les a pas soutenus à la suite de la fermeture de Vetropack, alors que, peu après, une majorité du Parlement a accepté la "Lex Gerlafingen" pour venir en aide aux aciéries ? Les verreries seraient-elles moins importantes que les aciéries ? Qui payera ces subventions ? Non, le subventionnement des entreprises n'est pas une solution juste et pérenne, c'est du protectionnisme sectoriel, qui se fait au détriment de nombreux autres secteurs de notre propre économie.

La seule véritable politique industrielle que nous devons mener et qui profite à tous sans faire de favoritisme et sans peser sur le porte-monnaie du contribuable, c'est l'amélioration constante des conditions-cadres pour nos entreprises. Il faut cesser de vouloir augmenter continuellement le coût du travail ou encore la charge liée à la bureaucratie. Que ce soit nos agriculteurs, nos PME ou nos indépendants, toutes et tous souffrent du même mal : un mal appelé bureaucratie et pour lequel ils ne sont pas responsables. Rien que pour nos PME, la bureaucratie leur a coûté plus de 6 milliards de francs par an ces dernières années. Ce chiffre ne comprend ni les agriculteurs, ni les indépendants, ni les médecins ; 6 milliards par an, c'est trop. Les politiques qui mènent à tant de bureaucratie ne sont pas gages d'une politique efficace et durable.

La Suisse doit également activement poursuivre ses efforts en vue de la conclusion des accords bilatéraux avec l'Union européenne. Nous partageons, avec l'Union européenne, non seulement un même continent, mais aussi des valeurs identiques, un tissu économique et des objectifs de sécurité qui sont, par la force des choses, intimement liés. Grâce à la conclusion des accords bilatéraux, la Suisse pourra consolider sa position dans le commerce international, garantir ses accès au marché, permettre aux entreprises de planifier leurs activités de manière sûre et défendre ses intérêts de manière conséquente. Il est plus que temps de conclure ces accords bilatéraux et de voir enfin le bout du tunnel.

Enfin, les développements actuels doivent aussi être l'occasion pour la Suisse de développer toujours plus son réseau d'accords de libre-échange avec d'autres partenaires commerciaux et de diversifier ainsi davantage ses relations commerciales. Le monde bouge, il change, et la Suisse ne peut pas rester statique. Elle doit au contraire bouger avec le monde, mais elle doit le faire toujours dans son intérêt, l'intérêt des acteurs économiques de notre pays et l'intérêt de nos concitoyennes et concitoyens. En poursuivant une politique active de conclusion d'accords de libre-échange, nous évitons de mettre tous nos oeufs dans le même panier. En outre, cela nous permet également de mener des dialogues avec un nombre maximum de pays possible, ce qui constitue toujours un avantage diplomatique important par temps de crise.

En conclusion, si les nouveaux droits de douane que l'administration états-unienne a voulu imposer au monde ont bel et bien secoué le monde et la Suisse, ils ne nous ont pas anéantis. Il s'agit à présent d'utiliser toutes les possibilités d'action dont nous disposons, à savoir : premièrement, de bonnes conditions-cadres pour nos PME et l'économie en général pour le volet suisse ; deuxièmement, la conclusion des accords bilatéraux pour le volet européen ; troisièmement, la conclusion d'accords de libre-échange pour le volet mondial. Ainsi, nous pourrons sortir renforcés de cette crise, tant sur le plan économique que diplomatique, tout en restant fidèles à nos valeurs.

Roth David · Mit-M · Nationalrat · Luzern · Sozialdemokratische Fraktion

Frau Nationalrätin, China versucht, Europa mit subventioniertem Stahl zu fluten und uns damit auch langfristig in dieser sehr wichtigen Industrie, bei diesem sehr wichtigen Industriegut von sich abhängig zu machen. Wie wollen Sie denn die Souveränität Europas und der Schweiz in diesem wichtigen Bereich wahren, wenn nicht mit Industriepolitik?

Weber Céline · Mit-F · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion

Je peux vous renvoyer la question : que dites-vous aux verriers de Vetropack, qui sont maintenant au chômage, et que personne, ici, n'a aidés ? Cela démontre exactement les faiblesses de ce genre de subventionnement.

Grossen Jürg · Mit-M · Nationalrat · Bern · Grünliberale Fraktion

Die neuen US-Zölle betreffen die Schweiz ganz direkt. Sie sind Ausdruck einer neuen amerikanischen Handelspolitik, die innenpolitisch motiviert ist und wenig oder gar keine Rücksicht auf Partnerschaft oder auf internationale Regeln nimmt.

Dabei ist klar: Die Schweiz ist doch kein unfairer Handelspartner! Wir stehen nicht für Dumping, wir stehen nicht für Subventionsexzesse, sondern für Verlässlichkeit. Und trotzdem drohen uns neue Zölle auf Maschinen, Präzisionsteile, Aluminium, auf alles Mögliche. Das ist nicht sachgerecht, und es ist auch nicht verhältnismässig.

Trotzdem sind wir überzeugt, dass die Schweiz souverän bleiben muss. Dazu gehört auch, dass man ruhig bleibt. Hektik ist kein guter Ratgeber. Entscheidend ist, dass wir unsere Interessen sachlich und bestimmt vertreten und erklären, warum Schweizer Produkte keine Bedrohung sind, sondern ein Gewinn, ein Gewinn für uns, für die ganze Welt und auch ein Gewinn für die USA.

Wir begrüssen, dass der Bundesrat ein Mandat für Verhandlungen mit den USA verabschiedet hat. Jetzt geht es darum, mit Klarheit und Augenmass zu verhandeln, nicht mit Symbolpolitik, sondern mit Substanz. Wichtig ist auch, dass der Bundesrat unsere Wirtschaft nun gezielt unterstützen muss, besonders die KMU. Denn ein zusätzlicher Zoll von 20 oder 30 Prozent kann für ein kleines Unternehmen das Aus bedeuten.

Betroffen sind zentrale Branchen wie Maschinen-, Uhren- und Metallindustrie, Lebensmittel und viele mehr. Es geht hier nicht einfach um Zahlen, es geht um Arbeitsplätze und die damit verbundenen Menschen. Darum braucht es jetzt konkrete Entlastungen für Unternehmen, gute Beratung, klare Informationen, diplomatische Flankierung oder eben auch zum Beispiel die Anpassung der Kurzarbeitsfristen.

Der Bundesrat muss den politischen Spielraum wahren: keine Konzessionen ohne Gegenwert, aber offen für stabile Lösungen, wo sie sinnvoll und erreichbar sind. Was können wir vom Parlament tun? Wir sollten nicht nach Vergeltung rufen. Wir haben jetzt hier ein paar eher gerufene Reden gehört. Ich finde, das ist nicht angebracht. Strafzölle unsererseits bringen uns auch nichts. Abschottung ist nicht unsere Stärke. Unsere Stärken sind Qualität, Präzision, Vertrauen, Verlässlichkeit und Kooperation.

Die Schweiz wird in den USA nicht bevorzugt, aber sie wird respektiert. Dieses Vertrauen müssen wir pflegen, ruhig und entschlossen. Die Grünliberale Fraktion steht für eine offene, faire und regelbasierte Handelspolitik ein. Das ist der Stil, der die Schweiz stark gemacht hat, und das ist auch der Stil, der uns in Zukunft stark machen wird.

Im grösseren Zusammenhang ist mir Folgendes wichtig: Letzten Freitag hat der Bundesrat die Vernehmlassung zu den Bilateralen III eröffnet. Wir sehen darin eine grosse, eine enorme Chance, gerade jetzt. Es geht um mehr als um Marktzugang. Es geht um Stabilität, um Planungssicherheit und auch um sicherheitspolitische Einbettung. Denn in einer Welt, in der globale Regeln zunehmend infrage gestellt werden, sind verlässliche Beziehungen mit der EU doppelt wertvoll. Die Bilateralen III sind kein Risiko, sie sind vielmehr ein Handels- und Sicherheitsgewinn. Das Abkommen - und das ist ganz wichtig - ist massgeschneidert für eine eigenständige und erfolgreiche Schweiz, es ist verbindlich und auf Augenhöhe geregelt. Dieses Abkommen schafft genau jene Souveränität und Sicherheit, die wir auch in Handelskonflikten wie demjenigen mit den USA dringend brauchen würden.

Die Schweiz will Lösungen, auch mit den USA, aber nicht um jeden Preis. Unsere Stärke ist Verlässlichkeit, nicht Vergeltung. In einer Welt voller Unsicherheit braucht es klare Regeln und verlässliche Partner.

Michaud Gigon Sophie · Mit-F · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion

Merci, Monsieur le conseiller fédéral, à vous, d'être là. Je prends la parole aujourd'hui au nom du groupe des Verts pour compléter les interventions de mes collègues avec une dimension économique dans notre politique internationale. On l'a dit, le multilatéralisme est mis à mal par les grandes puissances autoritaires. Les lieux de dialogue connus sont affaiblis et doivent se redessiner. Le gouvernement américain remet fondamentalement en question les règles commerciales internationales et la Suisse doit donc faire preuve de fermeté et de réactivité, plus que jamais, au niveau géopolitique. Pour une économie ouverte et orientée vers les exportations comme la nôtre, c'est un signal d'alarme que nous prenons tous et toutes au sérieux. Notre prospérité dépend d'un accès fluide aux marchés internationaux. Nous ne pouvons donc pas rester neutres face à ces bouleversements. La Suisse est fortement exposée. Notre dépendance aux exportations tout comme notre dépendance aux infrastructures numériques globalisées représentent un risque réel de concentration et d'insécurité économique, politique et sociale.

Dans ce contexte, le groupe des Verts souligne l'importance cruciale de maintenir et de renforcer nos rapports avec l'Union européenne. Nous saluons donc les Bilatérales III et appelons le Conseil fédéral à tout faire pour préserver un accès stable au marché intérieur européen. L'Union européenne représente à elle seule plus de 50 pour cent de nos exportations et, pour les PME suisses, le marché européen représente même 90 pour cent de leurs débouchés à l'export. C'est donc une question de survie pour une large part de notre tissu économique. De plus, les accords avec l'Europe nous permettent de nous baser sur un marché plus proche physiquement et renforcent notre indépendance face à des régimes autoritaires et libertariens, très souvent imprévisibles. Or, la prévisibilité et la fiabilité des partenaires sont essentielles en économie. Il est fondamental d'avoir des rapports commerciaux privilégiés avec des partenaires fiables et conscients de leur responsabilité globale. Le Conseil fédéral affirme que sa stratégie pour l'économie suisse repose sur de bonnes conditions-cadres, notamment par le biais des accords commerciaux. Certes, mais avec des partenaires fiables, et, dans ce domaine, les réponses du Conseil fédéral sont peu lisibles.

En matière de sécurité, également, les défis sont multiples. Ils sont liés aux guerres militaires - le groupe des Verts ne veut pas mettre Trump dans le cockpit de sa défense -, mais ils sont également liés aux services numériques. Tendre vers davantage de souveraineté est un objectif sécuritaire et économique qui peut nécessiter des décisions claires et des investissements. Ici aussi, les collaborations continentales doivent être fortes. Un grand Land allemand a décidé de passer 60 000 fonctionnaires sur un système numérique souverain. Le Conseil fédéral doit davantage s'orienter en direction de l'Europe, qui cherche à réguler les plateformes numériques, plutôt que de devenir encore plus dépendant d'une puissance étrangère qui fait sa loi.

Il est également temps d'agir au niveau économique en Suisse. Avec une course au protectionnisme au niveau mondial, la Suisse doit savoir quelle stratégie elle veut privilégier pour son industrie. Il ne s'agit pas forcément de protectionnisme ou de subvention, mais plutôt d'interventionnisme sans "Hektik" et d'anticipation pour maintenir notre savoir-faire et renforcer notre souveraineté sur des éléments stratégiques. Cela concerne la production énergétique et les collaborations au Fonds européen pour une transition juste, les infrastructures numériques, les matériaux ou pièces essentielles à la technologie et aux machines, la transformation industrielle vers une production plus circulaire et moins carbonée. Nous devons inciter les entreprises suisses à s'engager pour une économie circulaire, innovante et climatiquement neutre. Cela passe par des programmes d'impulsion concrets et des investissements publics ciblés qui offrent des perspectives aux PME tout en créant des emplois durables ici, en Suisse. Nous ne voulons pas que l'innovation créée en Suisse et soutenue par la collectivité disparaisse ensuite dans des pays qui offrent des conditions de développement commercial attractives ou qui siphonnent les technologies "Swiss made" que nous n'aurions pas su exploiter ici.

Dans un monde où les tensions commerciales augmentent, il est impératif de repenser notre politique économique extérieure. On ne peut pas simplement se concentrer sur le tourisme, l'agriculture et les secteurs de la promotion économique et laisser le reste au hasard. Notre stratégie doit être pro-européenne, préventive et au service d'un modèle économique plus juste, plus durable et plus ancrée dans les réalités de notre époque. C'est ainsi que la Suisse pourra rester un partenaire fiable sur la scène internationale, tout en garantissant à sa population un avenir prospère et stable sur la planète.

Arslan Sibel · Mit-F · Nationalrat · Basel-Stadt · Grüne Fraktion

Die Welt steht in Flammen - im übertragenen wie im wörtlichen Sinn. Die geopolitischen Spannungen nehmen zu, die multilaterale Ordnung gerät ins Wanken, autoritäre Regimes erstarken, und die Klimakrise eskaliert. Inmitten dieser weltweiten Umbrüche erwarten wir vom Bundesrat eine kohärente, glaubwürdige und vorausschauende Aussenpolitik. Doch die Aussenpolitische Strategie 2024-2027 bleibt trotz richtiger Schlagworte in vielen Bereichen blass und inkohärent.

Positiv halten wir fest, dass es im europäischen Dossier mit den Bilateralen III endlich Fortschritte gegeben hat. Die Grüne Fraktion begrüsst es, dass der Bundesrat diese Gespräche weitergeführt hat und jetzt die Vernehmlassungsverfahren in die Wege geleitet worden sind. Aber wir hoffen natürlich auch, dass sich der Bundesrat nicht nur an den Rechten, an der SVP orientiert, sondern eben auch viele wichtige Inputs aufnimmt, weil jede auch noch so gute Lösung der SVP nicht ausreichen wird.

Die Bilateralen sind Ausdruck von Dialog und Partnerschaft. In Zeiten wachsender Unsicherheit ist eine enge Zusammenarbeit mit unseren europäischen Nachbarn für Sicherheit, Wohlstand und auch für unsere Demokratie zentral. Die Grüne Fraktion fordert den Bundesrat auf, sich konsequent für den Multilateralismus und eine völkerrechtsbasierte Weltordnung einzusetzen. Die Schweiz als Gaststaat wichtiger internationaler Organisationen wie UNO, IKRK und WTO trägt hier eine besondere Verantwortung. Doch was tut der Bundesrat konkret, um diese Institutionen zu stärken? Wo bleibt die Strategie zur Sicherung der Finanzierung der internationalen Zusammenarbeit? Wie begegnet er dem Angriff auf den Multilateralismus etwa durch Regierungen wie jene Trumps oder durch autoritäre Regimes?

Wir haben es mehrmals gehört, auch die Situation in Gaza ist untragbar. Zwei Millionen Menschen hungern, das Gesundheitssystem ist zusammengebrochen, täglich sterben Kinder an Unterernährung, und die Schweiz hat mit ihrer Entscheidung, an der UNRWA festzuhalten, ein Zeichen gesetzt. Aber dieses Zeichen reicht nicht aus. Wir müssen rascher und klarer handeln. Wir müssen die humanitäre Hilfe aufstocken, Gelder freigeben und gleichzeitig politisch klar Stellung beziehen. Die schweizerische Aussenpolitik darf nicht mit zweierlei Mass messen. Wer die Verbrechen der Hamas zu Recht verurteilt, darf zu massiven humanitären Katastrophen, verursacht durch die israelische Regierung und deren Besatzungspolitik, nicht schweigen.

In dieser Welt im Wandel darf das Klima nicht eine von vielen Prioritäten sein, sondern es ist die Priorität. Die Schweiz verpasst es, mit unseren europäischen Partnern auf Augenhöhe zu agieren, sei es bei der Plattformregulierung, der Biodiversitätskonferenz oder in der Handels- und Klimapolitik. In Freihandelsabkommen ist unsere Stimme für die Nachhaltigkeit oft schwächer als die unserer Nachbarn, auch unser Handeln. Die Strategie zur Unterstützung des globalen Südens bei der Klimaanpassung - eine Fehlanzeige. Ich möchte Sie nochmals daran erinnern: Um Herausforderungen wie die Klimakrise oder die Konsequenzen der Klimakrise für die Frauen oder wie die Ausbeutung anderer Länder im Hinblick auf ihre Rohstoffe, die wir von diesen Ländern beziehen oder deren Verkauf über die Schweiz läuft, anzugehen, muss man Verantwortung übernehmen. Wir können nicht einfach sagen, dass es die Probleme der anderen sind. Sie sind direkte Folgen unseres globalen Handelns.

Grüter Franz · Mit-M · Nationalrat · Luzern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Die Schweiz steht vor einem entscheidenden Moment in ihrer Aussenwirtschaftspolitik. Die Verhandlungen mit den Vereinigten Staaten bieten ein "window of opportunity", das wir jetzt und entschlossen nutzen müssen. Der Bundesrat hat bisher besonnen und entschlossen verhandelt, aber jetzt, Herr Bundesrat, müssen Sie den Sack zumachen, abschliessen.

Warum ist das wichtig? Die USA sind nicht irgendein Handelspartner. Die USA sind unser zweitwichtigster Exportmarkt. Jährlich exportieren wir Waren im Wert von über 62 Milliarden Franken in die Vereinigten Staaten, darunter Schlüsselgüter wie pharmazeutische Medikamente, Uhren, Maschinen und Edelmetalle. Gleichzeitig sind die USA ein bedeutender Investor in der Schweiz und ist es umgekehrt die Schweiz in den USA. Amerikanische Firmen investieren sehr viel Geld in der Schweiz und haben sehr viele Arbeitsplätze geschaffen. Umgekehrt haben wir, die Schweiz, in den USA über 400 000 gut bezahlte, hochqualifizierte Arbeitsplätze geschaffen. Zusammengefasst könnte man sagen: Wir pflegen gute gegenseitige Wirtschaftsbeziehungen zum gegenseitigen Vorteil.

Nun, wir wissen es, diese Erfolgsgeschichte ist bedroht. Fakt ist, dass ein Basiszollsatz von 10 Prozent eingeführt wurde, zusätzlich zu den normalen Zöllen, und es drohen weitere Zusatzzölle von bis zu 31 Prozent. Hier gibt es eine Deadline: den 9. Juli. Sie wird wahrscheinlich dann wieder verlängert, aber ich hoffe, dass man sich im Vorfeld einigen kann.

So seltsam es auf den ersten Blick erscheinen mag: Für die EU ist ein Zollsatz von nur 20 Prozent vorgesehen. Das heisst, dass diese 31 Prozent eigentlich eine Auszeichnung für die Schweizer Topunternehmen sind. Schweizer Produkte sind sehr gefragt, und in den USA ist man bereit, den Preis für qualitativ hochstehende Produkte zu bezahlen.

Natürlich kann man die Handelsbilanz eines Staates mit 9 Millionen Einwohnern nicht einfach der eines Staates mit 340 Millionen Einwohnern gegenüberstellen. Aussagekräftiger ist die Handelsbilanz pro Einwohner. Hier sieht man, dass die USA Produkte für 1500 Franken pro Kopf und pro Jahr in der Schweiz einkaufen, die Schweiz umgekehrt für 150 Franken in den USA. Pro Kopf umgerechnet ist die Schweiz ein sehr, sehr guter Kunde der USA.

Das Fenster ist offen, wird sich aber bald wieder schliessen. Wenn wir diese Gelegenheit nicht nutzen, drohen unseren exportorientierten Unternehmen massive Belastungen, schwerwiegende Folgen für Arbeitsplätze und Investitionen und eine Schwächung der Innovationskraft. Es geht nicht nur um Zahlen. Es geht um den Zugang zu einem Markt, der unsere Unternehmen trägt. Die USA erwarten nun Schritte von uns. Die Schweiz hat ein klares Interesse daran, diese Gespräche zu einem erfolgreichen Abschluss zu bringen - auch um ihre Rolle als verlässlicher, unabhängiger, aber wirtschaftlich stark vernetzter Partner zu unterstreichen.

Was brauchen wir nun? Wir brauchen Tempo, wir brauchen Entschlossenheit, und wir brauchen ein Mandat. Nur mit einem klaren Verhandlungsauftrag können wir gegenüber den USA konstruktiv und auf Augenhöhe auftreten. Das Ziel ist nicht die Unterzeichnung eines klassischen Freihandelsabkommens, sondern ein massgeschneiderter Abschluss und eine Klärung dieser Situation. Zögern wäre fahrlässig. Ich bitte Sie daher auch mit Blick in die Zukunft um Unterstützung für das Verhandlungsmandat. Es geht um viel für unsere Wirtschaft, für unseren Wohlstand und für unsere Handlungsfähigkeit in einer zunehmend fragmentierten Welt.

Schneider-Schneiter Elisabeth · Mit-F · Nationalrat · Basel-Landschaft · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP.

Herr Kollege Grüter, Sie jubilieren über die Zölle von 31 Prozent, die wie ein Damoklesschwert über der Schweiz schweben. Sie finden das gut und sagen, dass es im Interesse der Schweiz sei, dass sie so von den USA eingeschätzt werde. Wie würde die SVP reagieren, wenn die EU 31 Prozent Zölle androhen würde?

Grüter Franz · Mit-M · Nationalrat · Luzern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Geschätzte Frau Kollegin Schneider-Schneiter, ich weiss nicht, wo Sie in meinem Votum ein Jubilieren für 31 Prozent Zölle gehört haben. Was ich gesagt habe, ist, dass wir das nun schnell klären müssen, dass der Bundesrat nun schnell zu einem Abschluss kommen muss, damit diese Zölle weg sind. Die Schweiz hat sie ja auch abgeschafft. Ich kann nur das sagen: Abschliessen, und Ziel muss es sein, dass diese Zölle weg sind. Von Jubilieren kann keine Rede sein.

Ein Satz noch ganz schnell: Das ist der grosse Unterschied zwischen der EU und den USA - hier müssen wir keine Gesetze automatisch übernehmen, die USA zwingen uns nicht dazu. Sie haben ja vorhin auch ein Loblied auf die EU gesungen. Ich tue dasselbe noch für die USA.

Nussbaumer Eric · Mit-M · Nationalrat · Basel-Landschaft · Sozialdemokratische Fraktion

Herr Grüter, ich wollte Ihnen eigentlich eine Frage stellen zu Ihrem Satz "Zögern wäre fahrlässig", aber Ihre letzte Bemerkung war so seltsam, dass ich auf diese letzte Bemerkung reagieren muss: Stimmt es, Herr Grüter, dass die Schweiz die Verhandlungen mit der Europäischen Union gesucht hat, und stimmt es, dass es im Interesse der Schweiz ist, hier stabile Bedingungen zu bekommen, dass Zögern hier fahrlässig wäre?

Grüter Franz · Mit-M · Nationalrat · Luzern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Ja, geschätzter Kollege Nussbaumer, selbstverständlich will auch ich geregelte, stabile Verhältnisse, und zwar mit allen Ländern. Wir haben mit über dreissig Staaten Freihandelsabkommen. Aber was ich nicht will, ist, dass wir von irgendeiner Organisation Regeln und Gesetze übernehmen müssen und dass unser Staat noch bestraft wird, wenn uns eine solche bürokratische Organisation Regeln aufs Auge drücken will. Das will ich nicht, und das ist eben der Unterschied zwischen diesen Verhandlungen hier, die wir mit den USA haben, und denen mit der Europäischen Union.

Egger Mike · Mit-M · Nationalrat · St. Gallen · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Geschätzter Herr Kollege Grüter, sehen Sie auch einen Vorteil darin, dass die Schweiz bezüglich der Zolltarife mit den USA unabhängig und nicht als Teil der EU verhandeln kann?

Grüter Franz · Mit-M · Nationalrat · Luzern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Ja, geschätzter Kollege Egger, da haben Sie völlig recht. Ich glaube, dass es ein ganz grosser Vorteil ist, dass wir als eigenständiger Staat unabhängig mit den USA auf Augenhöhe und direkt verhandeln können. Da haben Sie recht.

Büchel Roland Rino · Mit-M · Nationalrat · St. Gallen · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Geschätzter Herr Kollege Grüter, ich möchte noch einmal auf das "Jubilieren" zurückkommen, das Sie offenbar wegen der Zölle gemacht haben. Können Sie Frau Schneider-Schneiter erklären - ich weiss nicht, ob sie es nicht verstanden hat oder nicht verstehen wollte -, weshalb es zu diesen Zöllen kam? Hat das mit der hervorragenden Handelsbilanz zu tun, welche die Schweiz mit den USA hat?

Grüter Franz · Mit-M · Nationalrat · Luzern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Ja gut, Herr Büchel, zur Berechnung der Zölle, da, glaube ich, kann man berechtigterweise Fragen stellen. Aber es ist so: Die Schweiz verkauft den USA viel mehr Güter als umgekehrt. Das ist klar, das liegt an der Grösse. Wir haben 9 Millionen Einwohner, die USA über 360 Millionen - das liegt in der Natur der Sache. Hätten die USA aber auch die Dienstleistungen einberechnet, dann wäre die Schweiz sogar im Vorteil. Jetzt kann man sagen, dass das unfair sei. Aber es ist, wie es ist, und wir müssen das lösen. Die Schweiz kauft eigentlich von den Amerikanern mehr als umgekehrt, wenn man auch die Dienstleistungen einrechnet.

Page Pierre-André · 1VP-M · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Il y a aujourd'hui toute une série de vérités que nous connaissons bien. La situation géopolitique du monde bouge à une vitesse quasi supersonique et, heure après heure, la situation économique de nos sociétés industrielles joue au yo-yo. Ces différentes interpellations nous le prouvent. Mais nous devons garder les pieds sur terre. Nous devons saisir toute occasion, toute fenêtre et toute porte ouverte pour agir. Oui, agir, car hésiter maintenant, ce serait faire preuve de négligence.

Mais de quoi s'agit-il donc ? Il en va tout simplement d'un mandat de négociation avec les États-Unis d'Amérique, un mandat qui va nous permettre maintenant et rapidement de parler d'égal à égal avec les États-Unis et de poursuivre ainsi sur le chemin du succès que notre économie suisse connaît avec les États-Unis. Car c'est là encore une vérité : nos relations économiques se portent bien. Pour la Suisse, les États-Unis sont aujourd'hui, après l'Union européenne, notre deuxième marché d'exportation, avec une moyenne annuelle de 62 milliards de francs de biens et de services exportés de l'autre côté de l'Atlantique. Parmi ces exportations, on trouve de nombreux produits clés comme des médicaments, des montres, des machines, des métaux précieux et autres, sans parler, bien sûr, du Gruyère. Mais ces échanges ne se font pas à sens unique. Les États-Unis sont un investisseur non négligeable dans notre pays. De notre côté, n'oublions pas que nos entreprises suisses donnent de l'emploi aux États-Unis, avec quelque 400 000 places de travail en moyenne bien rémunérées.

Mais voilà que tout à coup, sur la courbe du yo-yo économique, la Suisse se trouve menacée, et sérieusement menacée. Ce printemps, l'administration américaine a décidé d'imposer des droits de douane forfaitaires de 10 pour cent sur les exportations suisses, soit 10 pour cent en plus des droits de douane normaux. De plus, le président des États-Unis l'a lui-même annoncé, des droits de douane spécifiques pour la Suisse sont prévus à hauteur de 31 pour cent, un pourcentage qui nous met dans une situation défavorable par rapport à l'Union européenne, par exemple, qui, elle, est taxée à 20 pour cent, ou par rapport au Royaume-Uni, qui est taxé à 10 pour cent. Vous en conviendrez avec moi, c'est une situation plutôt inconfortable. Alors, certes, ces taxes douanières sont momentanément suspendues pour une durée de 90 jours. Mais ce délai de trois mois court et avance rapidement. Nous devons agir maintenant pour notre économie, pour nos entreprises, pour nos places de travail et pour nos investisseurs. Alors, que faire ? Les États-Unis attendent une réaction concrète de notre part. Il en va de notre rôle de partenaire économique fiable et indépendant. Mais attention, il ne s'agit pas maintenant de la signature d'un accord de libre-échange classique. Nous devons disposer d'un mandat de négociation qui nous permettra d'agir d'égal à égal avec les États-Unis. Nous devons saisir l'occasion de cette trêve de 90 jours pour négocier, dans un cadre bilatéral, une amélioration de notre accès au marché américain. Ce mandat de négociation avec les États-Unis ne doit nullement impacter négativement notre souveraineté en matière de politique étrangère et de politique économique.

Je vous invite vivement à soutenir ce mandat de négociation pour conforter la position mise en place par nos négociateurs avec des partenaires économiques crédibles et fiables et pour garantir à notre économie la poursuite du succès qu'elle a créé, depuis de nombreuses années, patiemment et avec compétence.

Riniker Maja · P-F · Nationalrat · Aargau · FDP-Liberale Fraktion

Präsidentin (Riniker Maja, Präsidentin): Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP hat sich bereits geäussert.

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Vous ne me tiendrez pas rigueur si je ne réponds pas à chaque intervenant individuellement, mais mon intervention va en grande partie apporter des réponses à certaines demandes et préoccupations exprimées à cette tribune.

Quelques remarques liminaires tout d'abord. La situation géopolitique actuelle se caractérise par l'instabilité et un climat d'incertitude. Le conflit en Ukraine, la catastrophe humanitaire de Gaza et les choix économiques et commerciaux des États-Unis avaient déjà considérablement assombri les perspectives internationales. L'escalade dramatique du conflit entre l'Iran et Israël depuis la fin de la semaine dernière ajoute encore au sentiment d'instabilité générale à laquelle notre pays, comme le reste du monde, est confronté. Dans ce contexte extrêmement inquiétant, nous devons garder la tête froide. Nous devons examiner la situation calmement. Nous devons rester réalistes sur nos options et nos possibilités d'action. Nous devons surtout avoir devant les yeux les intérêts de la population suisse et nous consacrer entièrement à les préserver.

J'ai suivi avec attention vos propos et je constate que nous sommes pratiquement tous conscients de la portée des développements internationaux que nous vivons. Les temps ont changé et je peux vous assurer que vos préoccupations sont aussi, en grande partie, celles du Conseil fédéral. Monsieur Grüter, vous avez dit qu'il fallait du "Tempo" ; oui, "aussi vite que possible, aussi lentement que nécessaire", comme disait l'un de nos anciens collègues au Conseil fédéral.

Je l'ai déjà dit, cela fait plusieurs années que nous observons la détérioration de notre environnement international. L'ordre économique et géopolitique mondial se fragmente, le protectionnisme augmente, les intérêts égoïstes des États deviennent de plus en plus visibles et la politique de puissance redevient l'instrument privilégié dans les relations internationales. Dans ce contexte alarmant, le Conseil fédéral s'est déjà penché à plusieurs reprises sur ces défis croissants, notamment dans le cadre de la stratégie de politique extérieure 2024-2027, du rapport de situation 2024 sur l'économie suisse et des rapports sur la politique économique extérieure des dernières années. En outre, la stratégie de la politique économique extérieure adoptée en 2021 reste pertinente. On peut donc dire qu'il existe un cadre d'orientation général. Aujourd'hui, le débat d'actualité que vous avez demandé donne l'occasion de rappeler les grandes lignes de la politique extérieure, de la politique économique extérieure de la Suisse et, naturellement, d'essayer de les replacer dans le contexte des événements actuels.

J'en viens tout d'abord aux sujets de politique extérieure. J'aimerais aborder certains de ces sujets avant de me pencher sur les questions économiques et les relations avec nos principaux partenaires. Au Proche-Orient, le Conseil fédéral est profondément bouleversé par les souffrances humaines intolérables à Gaza et il exige toujours et encore le strict respect du droit international, un accès humanitaire sans restriction, un cessez-le-feu immédiat et permanent, ainsi que la libération des otages détenus par le Hamas.

Il n'y a aucune marge d'appréciation en matière de respect du droit international humanitaire et de garantie de l'aide humanitaire. Le Conseil fédéral l'a clairement réaffirmé à Israël. La visite du ministre des affaires étrangères Cassis en Israël et dans le territoire palestinien occupé, la semaine passée, a aussi été une occasion importante de le réitérer directement, de vive voix.

Le Conseil fédéral a exprimé dès le 13 juin sa profonde préoccupation face à l'escalade entre Israël et l'Iran suite aux frappes militaires. Il condamne tout recours à la force en violation de la Charte de l'ONU et du droit international. Il appelle au strict respect du droit international humanitaire et à la protection des civils en toutes circonstances. Le retour à la voie de la négociation et du dialogue est indispensable. Les bons offices de la Suisse sont toujours à disposition à cet effet. Par ailleurs, le Conseil fédéral est conscient des risques géopolitiques et financiers qui pèsent actuellement sur la Genève internationale. Il transmettra prochainement aux Chambres fédérales un nouveau message relatif à la Genève internationale et il s'exprimera le moment venu à ce sujet.

En mettant l'environnement au coeur de la stratégie de politique extérieure pour les années 2024-2027, le Conseil fédéral s'engage en faveur d'une politique ambitieuse en matière de développement durable, du climat et de la biodiversité. Nous en tenons compte aussi dans tous les accords de libre-échange (ALE). Les besoins en matière de financement international de la protection de l'environnement ont augmenté. Le Conseil fédéral va procéder dans les prochains mois à un état des lieux de ce financement international de la protection de l'environnement.

J'en viens aux sujets de politique économique extérieure. Comme mentionné en introduction, d'importants acteurs mondiaux déplacent de plus en plus leur attention de l'ouverture des marchés vers la sécurité économique, souvent liée à des tendances protectionnistes. Les considérations de politique de sécurité s'entremêlent avec des questions de politique commerciale et prennent même de plus en plus souvent le pas sur ces dernières. Ces tendances, malheureusement, se sont encore renforcées par les récents développements en matière de politique commerciale. En tant qu'économie ouverte de taille moyenne, la Suisse est confrontée à des défis extrêmement importants. L'accès aux marchés internationaux et l'intégration dans les chaînes de valeur internationales revêtent une importance capitale pour notre pays. Afin d'optimiser davantage ses relations commerciales, le Conseil fédéral s'efforce de conclure de nouveaux accords économiques et notamment d'élargir et de moderniser en permanence le réseau d'ALE. Dans le contexte du protectionnisme croissant, cela permet à nos entreprises de diversifier davantage leurs marchés d'exportation et d'approvisionnement. L'année dernière, un nombre, qu'on peut qualifier modestement de record, de cinq processus d'ALE a ainsi été mené à bien, dont, et cela a été rappelé par certains, un accord commercial et économique global avec l'Inde. Un certain nombre d'autres négociations d'ALE sont en outre en cours, notamment avec le Vietnam et le Mercosur. Le renouvellement des accords avec, entre autres, le Royaume-Uni et la Chine est aussi actuellement activement engagé.

Pour relever les défis mondiaux et préserver ses intérêts, la Suisse privilégie en principe les instruments multilatéraux. Cependant, et certains d'entre vous l'ont aussi relevé, le système multilatéral international est lui-même en crise. La Suisse est préoccupée par les répercussions économiques et systémiques des mesures commerciales prises par les États-Unis et par le risque d'une escalade des restrictions commerciales. Toutefois, déclarer la fin du système commercial mondial fondé sur des règles, comme cela est préconisé par certains, est exagéré. Malgré les nouvelles barrières commerciales, environ trois quarts, si ce n'est plus, du commerce mondial de marchandises s'effectuent toujours selon le principe de la nation la plus favorisée de l'OMC. La Suisse va continuer à s'engager en faveur d'un système commercial basé sur des règles. La stratégie de politique économique extérieure ne prévoit pas seulement la diversification des relations commerciales, mais également la priorisation des relations avec les partenaires les plus importants.

J'en viens aux relations avec l'Union européenne. Comme indiqué dans la stratégie de politique extérieure 2024-2027, la dimension européenne de la politique étrangère suisse doit être renforcée au cours des prochaines années en raison de l'évolution du contexte géopolitique et économique mondial.

La stabilisation et le développement des relations avec l'UE, qui est de loin le principal partenaire commercial de la Suisse, constituent pour le Conseil fédéral une priorité. Il a donc, vous le savez, approuvé le paquet d'accords avec l'UE, les a juridiquement contrôlés, traduits, envoyés le 13 juin dernier en consultation, ceci jusqu'au 31 octobre. Pour mémoire, l'élément central de ce paquet est l'accès sans entrave au marché intérieur de l'UE.

J'en viens aux relations avec les États-Unis. Les États-Unis d'Amérique sont, restent et resteront un partenaire important pour la Suisse dans de nombreux domaines. Les relations bilatérales sont le fruit d'une très longue tradition de partenariat et se caractérisent par une grande diversité. Sur le plan économique, les États-Unis sont le deuxième plus grand partenaire commercial de la Suisse après l'Union européenne. Ils constituent la principale source des investissements étrangers en Suisse et, en même temps, la plus importante destination des investissements suisses à l'étranger. Depuis l'entrée en fonction du président Trump, la politique étrangère et de sécurité des États-Unis ainsi que leur politique commerciale ont connu des réorientations significatives qui affectent les intérêts de la Suisse. Dans un contexte en mutation, le Conseil fédéral cherche à défendre au mieux, de manière pragmatique, les intérêts de notre pays ainsi, il faut le rappeler, que les valeurs auxquelles notre pays est attaché. Ces valeurs, ce sont notamment le respect du droit international et l'importance de la coopération multilatérale. Sur les questions économiques et financières, le Conseil fédéral recherche un arrangement avec les États-Unis qui apporte des solutions aux questions en suspens et soit à la fois équilibré et avantageux pour les deux parties.

Le 28 mai, vous le savez, le Conseil fédéral a donc adopté un projet de mandat de négociation pour ces questions et a consulté les Commissions de politique extérieure et les cantons, qui ont largement soutenu notre approche. Dans le cadre de ces discussions économiques et financières, le Conseil fédéral tient compte dûment du droit international, mais aussi des relations de la Suisse avec d'autres partenaires importants. Une chose est extrêmement importante : le résultat des négociations ne devra pas aller à l'encontre des obligations internationales de la Suisse, notamment celles découlant des accords de l'OMC et des accords bilatéraux avec l'Union européenne. Il devra aussi préserver la marge de manoeuvre de la Suisse en matière de politique étrangère et de politique économique extérieure. La Suisse est donc prête à rechercher des améliorations avec les États-Unis afin de réduire les entraves techniques au commerce, notamment sur la base de normes internationales communément utilisées. Nous sommes également en contact avec la Commission européenne ainsi qu'avec d'autres partenaires commerciaux importants tels que le Japon dans le but de trouver les meilleures solutions possibles à cette situation.

Concernant le domaine agricole, la protection douanière de la Suisse sert à garantir une production agricole durable et un niveau de prix équitable sur le marché intérieur suisse. Tout engagement de la Suisse devra être compatible avec ses intérêts et ses sensibilités en matière de politique agricole, et, là aussi, avec ses engagements internationaux. L'évolution de la situation économique mondiale a également des répercussions sur notre économie - cela a été relevé par plusieurs intervenants. Le Conseil fédéral analyse en permanence les répercussions d'éventuelles mesures de politique économique qui pourraient s'avérer nécessaires en cas de récession grave.

L'accent est actuellement mis sur les nouveaux droits de douane américains qui touchent directement et indirectement l'économie suisse, notamment des branches d'exportation importantes telles que l'horlogerie, l'industrie alimentaire, l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, ce qu'on appelle la branche MEM. Les nouvelles barrières commerciales sont douloureuses pour les entreprises concernées. Toutefois, les prévisions conjoncturelles actuelles ne laissent pas présager un effondrement économique en Suisse. Par conséquent, en l'état, aucune mesure conjoncturelle n'est indiquée, d'autant plus que, vous le savez, notre pays dispose de ce qu'on qualifie de stabilisateurs automatiques qui se sont révélés extrêmement efficaces lors de crises passées. Ici, on peut citer l'assurance-chômage et l'indemnisation en cas de réduction de l'horaire de travail. Afin de soutenir les entreprises particulièrement affectées, le SECO a fait en sorte que les nouveaux droits de douane et ceux qui menacent d'être introduits soient reconnus comme un motif donnant droit à des indemnités en cas de réduction de l'horaire de travail.

Le 14 mai dernier, le Conseil fédéral a aussi décidé de prolonger la durée maximale de perception de 18 mois, jusqu'à fin juillet 2026. Les entreprises concernées disposent aussi d'autres instruments tels que ceux de la promotion des exportations par Switzerland Global Enterprise ou l'Assurance suisse contre les risques à l'exportation. Ces instruments leur permettent, le cas échéant, de se réorienter vers de nouvelles opportunités commerciales afin d'amortir les effets des tensions internationales. Le Conseil fédéral maintient donc sa stratégie, mais il s'efforce aussi d'améliorer les conditions-cadres pour toutes les entreprises. Dans cet esprit, le Conseil fédéral a notamment chargé les départements de proposer dans leur domaine de compétences des mesures concrètes susceptibles d'alléger la charge administrative des entreprises.

Concernant les droits de douane qui ont été évoqués ici, pour le Conseil fédéral, nous visons le statu quo ante, c'est-à-dire la non-introduction de ces fameux droits de douane réciproques de 31 pour cent, sans pour autant nous satisfaire du 10 pour cent tel qu'il a été introduit en plus des droits de douane existants. Nous visons le statu quo. Nous verrons bien si nous l'obtenons, ce sera partie du résultat des négociations.

Comme je vous l'ai décrit, le Conseil fédéral est pleinement engagé pour relever les défis qui se posent à notre pays à l'heure actuelle. Nous avons aussi des atouts à jouer. Cela a été rappelé. Nous sommes parmi les 20 pays au monde les plus puissants sur le plan financier et économique. Encore une fois, si l'on veut traverser ces turbulences géopolitiques mondiales, cela passe par une diversification maximale de nos accords économiques, par le respect de nos engagements internationaux et, sur le plan intérieur, par de meilleures conditions offertes à nos entreprises, qu'elles soient grandes ou petites.

Fridez Pierre-Alain · Mit-M · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion

Monsieur le conseiller fédéral, j'ai trouvé vos propos sur Gaza plus clairs et plus corrects que les propos de d'aucuns. Dans les faits, le Conseil fédéral a décidé d'allouer les 10 millions de francs à l'UNRWA sans permettre leur utilisation dans les zones occupées en Palestine et surtout à Gaza. On peut s'émouvoir de la situation sur place, mais que pensez-vous que le Conseil fédéral et la Suisse devraient faire concrètement pour aider la population à Gaza qui est dans une situation dramatique ?

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Merci pour votre question, Monsieur le conseiller national Fridez. Le Conseil fédéral et, particulièrement, le Département fédéral des affaires étrangères nous renseignent régulièrement sur ce qu'il se passe sur place et essaient d'utiliser toute la marge de manoeuvre possible, qu'elle soit financière ou qu'elle soit sur le plan diplomatique ou de l'engagement sur place, pour amener à l'amélioration d'une situation qui est - n'ayons pas peur des mots - catastrophique et désastreuse. À l'impossible nul n'est tenu, mais nous faisons le maximum ; c'est l'objectif du Conseil fédéral.

Walder Nicolas · Mit-M · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion

Monsieur le conseiller fédéral, le Conseil fédéral, encore récemment, a annoncé qu'il refuse de reconnaître l'État palestinien, sous prétexte que cette reconnaissance doit découler d'un processus de paix, contrairement à ce qu'il a fait pour le Kosovo, il y a quelques années. Étant donné que ce processus de paix ne démarre pas et étant donné qu'une des parties au conflit, c'est-à-dire Israël et son gouvernement, annonce officiellement qu'elle ne soutient pas une solution à deux États, est-ce que la Suisse va enfin adopter une position équilibrée qui viserait à reconnaître les deux États selon les frontières internationalement reconnues ?

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Merci, Monsieur le conseiller national Walder. Le Conseil fédéral s'en tient à l'attitude qu'il a eue jusqu'ici. Il suit l'évolution de la situation, mais, en l'état, il en reste à la position défendue jusqu'ici et préparée par le Département fédéral des affaires étrangères.

Wettstein Felix · Mit-M · Nationalrat · Solothurn · Grüne Fraktion

Herr Bundesrat, es ist ja nicht nur Ihr Departement, das mit den aktuell diskutierten Interpellationen angesprochen ist, es ist insbesondere auch das Aussendepartement. Ich würde diese Frage gern Herrn Bundesrat Cassis stellen, aber vielleicht können Sie sie mir beantworten. Es ist die Frage, die uns seit Wochen umtreibt: Wo ist Herr Bundesrat Cassis?

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Je vous remercie pour votre question. Je ne sais pas où il est à l'instant précis où vous me parlez. J'aimerais vous rappeler que M. Cassis aurait dû être à New York pour la conférence sur le Moyen-Orient ; cette conférence a été ouverte et renvoyée sine die. Entre-temps et selon une procédure absolument régulière, le Conseil fédéral m'avait désigné pour représenter le Conseil fédéral pour l'ensemble des interpellations traitées ici. Je vous invite à lui poser ultérieurement la question que vous m'avez posée. Voilà ce que je peux vous dire. Je peux vous rassurer, M. Cassis travaille très certainement dur. La situation internationale est telle qu'il ne va pas être au chômage ces prochains temps.

Tschopp Jean · Mit-M · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion

Monsieur le conseiller fédéral, la Gaza Humanitarian Foundation a montré qu'elle était incapable d'assurer la sécurité des populations civiles à Gaza. Nous avons tous vu ces scènes dramatiques de civils et d'enfants tués quand ils cherchaient à s'approvisionner en vivres dans les points de ravitaillement très insuffisants. La Suisse est dépositaire des Conventions de Genève. La Gaza Humanitarian Foundation en cause a son siège à Genève. Vingt États européens ont condamné toute collaboration avec cette fondation. Monsieur le conseiller fédéral, pouvez-vous nous dire que le Conseil fédéral ne collabore en aucune manière avec la Gaza Humanitarian Foundation ?

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Monsieur le conseiller national Tschopp, ce que je peux vous dire sur la Gaza Humanitarian Foundation, c'est que Conseil fédéral avait et a toujours les plus grandes réserves par rapport à l'engagement. Le Conseil fédéral privilégie les fondations et les associations actives dans le secteur reconnues par le biais de la Genève internationale, de l'ONU. C'est la position actuelle, je n'ai pas les derniers développements par rapport à l'évolution de cette fondation.

Porchet Léonore · Mit-F · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion

Monsieur le conseiller fédéral, vous avez dit et écrit dans votre intervention que le Conseil fédéral est profondément bouleversé face aux souffrances humaines insupportables, tout en gardant un "business as usual" avec Israël, notamment avec l'exportation de biens à double usage et de matériel militaire spécifique ou avec la visite du directeur de Swissmem la semaine passée ; et les escadrons de la mort utilisent des biens fabriqués en Suisse. Pour justifier cela, le Conseil fédéral se cache derrière le comportement de ses principaux partenaires commerciaux. Or, il se trouve que l'Union européenne est en train de revoir son pacte de relations commerciales avec Israël. Le Royaume-Uni a aussi récemment remis en doute ses relations commerciales. Ma question est donc la suivante : comment le Conseil fédéral va-t-il adapter ses relations commerciales avec Israël ? Est-ce qu'on va enfin arrêter d'exporter des biens qui tuent des gens à Gaza ?

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Merci pour votre question, Madame la conseillère nationale Porchet. Le Conseil fédéral a une pratique en matière d'exportation de biens. Il y a d'abord ce qui concerne le matériel de guerre, dont l'exportation, dans de tels cas, est strictement interdite. Et puis il y a ce que vous avez évoqué, ce qui concerne les biens à double usage. Pour ces derniers, il y a chaque fois des critères à déterminer pour voir ce qui est possible et ce qui n'est pas possible de faire. Le Conseil fédéral fait toujours une analyse au cas par cas. S'il estime qu'il y a des biens qui pourraient poser problème en la matière, ils ne sont pas autorisés à l'exportation. Voilà ce que je peux dire sur la pratique actuelle.

Concernant la seconde partie de votre question, le Conseil fédéral fait régulièrement le point de la situation par rapport à ce qui se passe sur le plan international. En l'état, il s'en tient à la pratique qu'il a suivie jusqu'ici.

Fehlmann Rielle Laurence · Mit-F · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion

Monsieur le conseiller fédéral, je regrette que ce soit à vous de répondre à la place de M. Cassis à des questions relatives aux affaires étrangères, mais vous représentez le Conseil fédéral, donc vous devez aussi assumer un certain nombre de choses.

Vous nous avez dit, dans votre exposé, que le Conseil fédéral était extrêmement préoccupé par la situation à Gaza, ce dont nous ne doutons pas, mais nous sommes un peu fatigués d'entendre uniquement des préoccupations. Vous pensez bien qu'Israël continue à bombarder Gaza et à favoriser les colonies de peuplement en Cisjordanie. Ne pensez-vous pas que c'est le moment de prendre d'autres mesures, notamment, comme le font certains pays européens, de suspendre les relations économiques avec Israël ? Il y a aussi la question des armements qu'a posée ma collègue.

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Merci, Madame la conseillère nationale Fehlmann Rielle. Le Conseil fédéral rappelle régulièrement à toutes les parties le strict respect du droit international. Il a toujours été très clair sur la colonisation. Il a toujours été très clair sur les violences qui ont lieu sur place. Cependant, le Conseil fédéral a aussi un rôle et le Département fédéral des affaires étrangères s'engage très fortement pour tâcher, à tout moment, de pouvoir intervenir pour faire évoluer la situation. Condamner - je sais que c'est peut-être difficile à entendre -, ce n'est pas nécessairement une politique pragmatique. Souvent, la Suisse a eu du succès en restant discrète, en gardant une certaine marge de manoeuvre, et elle a pu rendre des services et éviter encore des aggravations de situations. Le cas de notre mandat de puissance protectrice pour les États-Unis dans le cadre de l'Iran est évident à cet égard, mais, naturellement, ce sont souvent des choses qui ne sont pas publiques.

Cottier Damien · Mit-M · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion

Monsieur le vice-président du Conseil fédéral, je sais que l'ère médiatique et même politique, apparemment, est à la personnalisation à outrance. Pouvez-vous confirmer devant cette salle ce qui figure dans la Constitution fédérale à l'article 177, à savoir que le Conseil fédéral est une autorité collégiale - par ailleurs, c'est particulièrement le cas dans le domaine de la politique étrangère, puisqu'il en est chargé selon l'article 184 - et que, dans ce domaine, c'est bien le Conseil fédéral et non pas un département qui est chargé de ces questions ?

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Merci, Monsieur Cottier, pour cette question. Si vous avez lu in extenso l'article 177 de la Constitution et que vous le connaissez par coeur, vous voyez que le Conseil fédéral respecte la Constitution ; je vous le confirme.

Grossen Jürg · Mit-M · Nationalrat · Bern · Grünliberale Fraktion

Ich teile natürlich die Ansicht, dass man Herrn Cassis hier nicht schlecht darstellen soll. Ich möchte aber fragen: Herr Parmelin, Sie sind Wirtschaftsminister. Letzten Freitag wurden die Bilateralen III vorgestellt. Weshalb waren Sie nicht an der Medienkonferenz, als Herr Cassis diese Bilateralen III vorgestellt hat? Denn für das wichtigste Handelsabkommen, das wir haben, wäre das für den Wirtschaftsminister vielleicht eine gute Idee gewesen.

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Monsieur Grossen, merci pour votre question. C'est le Conseil fédéral qui décide in corpore, puisque, comme vient de le rappeler M. Cottier, c'est une autorité collégiale, qui va ou qui ne va pas à une conférence de presse et pour quelles raisons. La conférence de presse s'est très bien passée ainsi.

Nussbaumer Eric · Mit-M · Nationalrat · Basel-Landschaft · Sozialdemokratische Fraktion

Herr Bundesrat, Sie haben die Diversifikation der Handelsbeziehungen betont und dann ausgeführt, ein wichtiges Element sei, das Paket mit dem wichtigsten Handelspartner, der Europäischen Union, abzuschliessen. Können Sie darlegen, ob Sie in den Verhandlungen das Gefühl hatten, dass Sie nicht auf Augenhöhe verhandeln konnten oder sich unterwerfen mussten?

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Je vous prie de m'excuser, pourriez-vous répéter la seconde partie de votre question, car je n'ai pas entendu ?

Nussbaumer Eric · Mit-M · Nationalrat · Basel-Landschaft · Sozialdemokratische Fraktion

Können Sie bestätigen, dass Sie und die Vertreter der Europäischen Union sich in den Verhandlungen immer auf Augenhöhe begegnet sind und Sie sich in keinem Moment unterwerfen mussten?

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Le Conseil fédéral a pris acte du résultat des négociations et estime que les résultats sont positifs. C'est pour cela qu'il a bouclé le paquet, l'a fait traduire, l'a vérifié juridiquement et l'a envoyé en consultation.

Molina Fabian · Mit-M · Nationalrat · Zürich · Sozialdemokratische Fraktion

Herr Vizepräsident des Bundesrates, in einer Radiosendung am 3. Mai sagte Herr Aussenminister Cassis - und ich bedauere, dass ich ihn das nicht selbst fragen kann, weil er heute nicht hier ist -, dass der Bundesrat wegen der USA der Mitarbeit an der europäischen Plattformregulierung, welche die EU zum Schutz vor Desinformation unserer Demokratien erlassen hat, den Stecker gezogen hat. Können Sie erklären, weshalb der Bundesrat auf Druck aus den USA Schweizer Recht anpasst?

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Monsieur le conseiller national Molina, ce que je peux vous dire, c'est que le projet de loi fédérale sur les plateformes de communication et les moteurs de recherche va être traité prochainement par le Conseil fédéral. C'est quelque chose d'important et qui a été voulu.

Grüter Franz · Mit-M · Nationalrat · Luzern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei

Herr Bundesrat, Herr Jürg Grossen hat vorhin von den Bilateralen III gesprochen. Letzten Freitag, es wurde in der "NZZ" publiziert, sagten die Vertreter der Europäischen Union bei der Veröffentlichung der Verträge, das sei jetzt das Ende des bilateralen Wegs. Können Sie das so bestätigen, dass es eben keine bilateralen Verträge mehr sind, sondern Verträge, die von der Schweiz automatische Rechtsübernahmen verlangen?

Parmelin Guy · VPBR-M · Bundesrat · Waadt

Monsieur le conseiller national Grüter, le Conseil fédéral parle de quatre tranches de négociation. Une partie est institutionnelle, puis il y a un accord sur les denrées alimentaires, un accord sur l'électricité et un accord dans le domaine de la santé. C'est la définition du Conseil fédéral.

Riniker Maja · P-F · Nationalrat · Aargau · FDP-Liberale Fraktion

Präsidentin (Riniker Maja, Präsidentin): Mit der Diskussion sind die dringlichen Interpellationen erledigt.