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Immigration importante dans des secteurs où le chômage augmente fortement

Texte déposé

Selon les statistiques annuelles sur l’immigration publiées par le Secrétariat d’État aux migrations, 93 086 travailleurs ont immigré entre janvier et décembre 2025. Environ 30 000 personnes ont intégré les secteurs des banques, de l’informatique et du conseil, ce qui représente 31,9 %, soit près d'un tiers, de l'ensemble des personnes ayant immigré à des fins professionnelles.

Le rapport du Secrétariat d’État à l’économie concernant la situation sur le marché du travail en avril 2026 publié le 7 mai 2026 fait état des constatations suivantes :

  • Fin avril 2026, 6 524 personnes étaient inscrites au chômage dans le secteur de l’information et de la communication (en particulier l'informatique). Ce chiffre représente une augmentation de 13,5 % par rapport au même mois de l’année précédente.

  • Fin avril 2026, 8 142 personnes étaient inscrites au chômage dans le secteur des activités financières et d’assurance (en particulier les banques). Ce chiffre représente une augmentation de 17,4 % par rapport au même mois de l’année précédente.

Le fait que, malgré la hausse du chômage dans les secteurs de l'informatique et de la finance, ces branches d'activité enregistrent justement un afflux important de main-d'œuvre étrangère donne une mauvaise image de notre économie. Les milieux économiques ne semblent pas, en effet, faire suffisamment d’efforts pour exploiter le potentiel de la main-d’œuvre suisse et privilégie trop souvent les candidats étrangers.

Je prie dès lors le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :

  1. Quelles mesures compte-t-il prendre – le cas échéant, en concertation avec les milieux économiques – pour mieux exploiter le potentiel de la main-d’œuvre suisse et réduire l’immigration dans les secteurs où le chômage est en hausse ?

  2. Quelles modifications législatives permettraient de favoriser la réalisation de cet objectif ?

Avis du Conseil fédéral

1/2. La Suisse affiche un taux d’activité élevé en comparaison internationale et un taux de chômage structurellement faible. Quant à l’immigration de main-d’œuvre, elle est étroitement corrélée aux besoins du marché du travail helvétique. C’est ce qui ressort notamment du 22e rapport de l’Observatoire sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE, qui analyse en continu les effets de l’immigration sur le marché du travail.

Dans le cadre du rapport « Causes et conséquences de la pénurie de main-d’œuvre », publié le 22 avril 2026 en réponse aux postulats 23.3380 Müller Leo et 23.4094 Paganini, le Conseil fédéral s’est récemment penché en détail sur les mesures susceptibles de permettre d’exploiter pleinement le potentiel de main-d’œuvre dans différents champs d’action. Il apparaît par exemple que le service public de l’emploi contribue de manière déterminante à l’exploitation du potentiel de main-d’œuvre nationale, en aidant les demandeurs d’emploi à se réinsérer sur le marché du travail grâce à des services de conseil et de placement ainsi qu’à la mise en œuvre ciblée de mesures relatives au marché du travail. La « Stratégie Service public de l’emploi 2030 » (stratégie SPE 2030) vise à développer davantage la politique active du marché du travail grâce à des projets et à des mesures s’inscrivant dans les structures ordinaires, afin d’améliorer encore l’accompagnement des demandeurs d’emploi et de moderniser les services proposés aux employeurs en matière de recrutement. L’obligation d’annoncer les postes vacants impose en outre aux employeurs de signaler à l’Office régional de placement (ORP) compétent les postes à pourvoir dans les catégories professionnelles touchées par un taux de chômage élevé, avant de les publier. Cela permet aux demandeurs d’emploi inscrits auprès des ORP d’être informés plus tôt des postes vacants et a contribué, ces dernières années, à une meilleure collaboration entre les ORP et les entreprises recruteuses. À mesure que le chômage augmente, le nombre de catégories professionnelles soumises à l’obligation d’annoncer les postes vacants s’accroît, étendant par là-même la portée de cet instrument. Les milieux économiques ont également un rôle important à jouer pour utiliser au mieux le potentiel de main-d’œuvre en Suisse

Le Conseil fédéral souhaite exploiter le potentiel de main-d’œuvre nationale et maintenir l’équilibre du marché du travail. À cette fin, il veille à une mise en œuvre cohérente des mesures en cours ou prévues, et ne juge pour l’heure pas nécessaire de modifier la législation en vigueur.