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Est-il imaginable de tailler pareillement à la hache dans un secteur qui représente un quart du produit brut de l'agriculture Suisse et génère de nombreux emplois ?

Texte déposé

En raison de diverses mesures d'économie adoptées, Agroscope entend réduire ses coûts de personnel (58 postes à temps) et dans le domaine des biens et services à partir de 2027.

Ces mesures d'économie ont un impact considérable sur l'institution et le personnel ainsi que sur la recherche agroalimentaire suisse.

Agroscope va donc recentrer ses activités sur ses tâches principales, à savoir la recherche sur la production primaire et les impacts environnementaux de l'agriculture, les tâches légales d’exécution et le conseil aux politiques.

Ainsi les activités de recherche dans les domaines de l’alimentation saine et des nouveaux produits alimentaires, des cultures alternatives de niche seront abandonnées.

Selon certaines sources, ces suppressions iraient dans la tendance de la nouvelle pyramide alimentaire, soit moins de viande et plus d’alimentation végétale.

Contrairement à ce qu’annonce le communiqué de presse, des secteurs stratégiques vont tout simplement être biffés dans un avenir très proche :

  • Abandon des recherches pour la viande bovine et toute la partie du contrôle de la qualité de la viande.

  • Abandon des recherches dans la production porcine ainsi que du projet de construction d’une nouvelle porcherie à Posieux, alors qu’Agroscope dispose actuellement d’infrastructures uniques en Europe, permettant de réaliser des essais complets et utiles pour la pratique, en particulier pour améliorer l’efficience de la production et optimiser l’utilisation des ressources.

  • Suppression de 58 postes à temps plein, dont une grande majorité de chercheurs, alors que les postes administratifs seraient maintenus !.....

Pour information, la filière de la viande représente 27% de la valeur de la production agricole Suisse, soit 3,2 milliards de francs.

Pour la grande distribution, le secteur boucherie et viande représente près de 15 milliards de francs et pour nos bouchers – charcutiers envirions 7 milliards.

Au niveau des emplois ce sont environ 24'000 personnes dans le secteur de la transformation, et 40'000 exploitations en Suisse qui détiennent des animaux.

Mes questions au Conseil fédéral :

  • Est-il imaginable de tailler pareillement à la hache dans un secteur qui représente un quart du produit brut de l’agriculture Suisse et génère de nombreux emplois ?

  • Pourquoi les suppressions d’emplois concernent presque exclusivement les chercheurs plutôt que les administratifs ?

Avis du Conseil fédéral

Ad 1) Agroscope est aussi touché par les différentes mesures d’économies que le Conseil fédéral et le Parlement ont décidé de prendre dans leurs domaines propres pour respecter un budget conforme à la politique du frein à l’endettement. Concrètement, il est prévu de réduire, d’ici à fin 2029, le budget annuel ordinaire d’environ 10 millions de francs par rapport à 2023. Or, pour atteindre cet objectif, l’institut de recherche doit impérativement recentrer ses activités sur ses principales missions, à savoir la production de connaissances scientifiques pour la pratique agricole, la fourniture des bases nécessaires aux décisions de politique agricole et l’accomplissement des tâches liées à l’application de la législation. Ce recentrage des activités s’appuie sur des décisions de principe du Conseil fédéral et du Parlement.

La recherche sur les animaux de rente d’Agroscope reste fondée sur le principe selon lequel l’élevage à des fins agricoles joue un rôle important dans l’alimentation humaine. Il faudra pourtant inévitablement réaliser aussi des économies dans ce domaine. La recherche sur les porcs n’est d’ailleurs pas épargnée non plus. Agroscope garantit malgré tout les compétences et les capacités scientifiques indispensables au traitement de questions importantes. Il élabore en outre une stratégie pour la recherche sur les animaux dans le but de conserver un portefeuille de recherche compétitif et adapté aux besoins sur le terrain. Pour ce faire, il crée des synergies avec d’autres instituts de recherche et partenaires et tire parti de leurs infrastructures, comme c’est le cas pour l’engraissement de bovins et l’élevage de porcs.

Ad 2) Le personnel administratif d’Agroscope participe aussi à l’effort d’économies. Des coupes sont programmées dans les domaines de la communication et des relations publiques. Des mesures ont par ailleurs été engagées à l’échelle de la Confédération pour centraliser les activités des services des finances et des ressources humaines à des fins d’efficience. Enfin, il est prévu de réaliser, à partir de 2028, des économies supplémentaires d’au moins 0,5 million de francs dans le personnel administratif.