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Air2030. Mettre le cap sur la Corée du Sud plutôt que de faire naufrage avec les États-Unis
Texte déposé
Le Conseil fédéral est prié de présenter au Parlement un rapport dans lequel il réévaluera sa stratégie d’acquisition dans le cadre du projet Air2030 et montrera les différentes options possibles. Il répondra notamment aux questions suivantes :
Quels sont les surcoûts et les retards de livraison attendus dans le cadre de l’achat des F-35A et du système Patriot ?
Lors de l’évaluation des options, pourquoi n’a-t-on pas misé sur une stratégie fondée sur la diversité des fournisseurs, qui aurait tenu compte de systèmes européens et de modèles sud-coréens (p. ex. FA-50 ou L-SAM) ?
Serait-il possible d’éviter l’explosion annoncée des coûts et les retards en se détournant de la stratégie qui prévoit une flotte unique ?
Quelle influence une solution de type « high-low mix » aurait-elle sur les coûts du cycle de vie et la capacité à durer des Forces aériennes ?
Dans quels délais serait-il possible de se procurer un type d’avion complémentaire ?
Le Conseil fédéral estime-t-il qu’il serait utile d’acheter des systèmes complémentaires sud-coréens ?
Développement
Les coûts d’acquisition du projet Air2030 explosent et de longs retards de livraison sont à prévoir. Les évolutions géopolitiques pèsent sur les chaînes de livraison d’armement, et les États-Unis utilisent leurs capacités de production pour leurs propres besoins et pour les régions dans lesquelles ils sont directement impliqués dans un conflit. La modernisation de la défense aérienne suisse menace de prendre beaucoup de retard. Et pourtant, le temps presse ! À partir de 2030, la Suisse ne sera plus en mesure de protéger correctement son espace aérien. La défense aérienne suisse a besoin du meilleur – et ce, le plus vite possible !
Des surcoûts pouvant atteindre 1,3 milliard de francs sont à craindre pour les F-35A. Même en ayant décidé de réduire la flotte, cela représente encore environ 400 millions de francs, à quoi viennent s’ajouter des dépenses pour l’équipement complémentaire et la prolongation de la durée de vie de la flotte de F/A-18 et le risque stratégique que représente la dépendance à un seul fournisseur et un seul type de système. Des pays comme la Pologne misent sur un mélange de haute technologie et de systèmes complémentaires rapidement disponibles, par exemple d’origine sud-coréenne.
Les systèmes sud-coréens se distinguent par leur grande disponibilité et leur interopérabilité avec l’OTAN. De plus, la Corée du Sud propose souvent des coopérations industrielles et des transferts de technologie plus étendus que les États-Unis. Il existe en outre déjà en Pologne des usines produisant du matériel militaire sud-coréen. Ces capacités permettraient d’acheter du matériel « made in Europe » et mettraient ainsi en œuvre la stratégie du Conseil fédéral en matière d’armement.
Proposition du Conseil fédéral
Rejet
Avis du Conseil fédéral
Le processus d’acquisition des F-35A et du système Patriot est déjà bien avancé. En outre, l’assemblage principal des F-35A suisses a débuté il y a peu. Pour ces appareils, les dates de livraison restent conformes au calendrier fixé. La livraison des huit premiers avions est ainsi prévue dès l’été 2027. Quant au système Patriot, le Conseil fédéral a décidé, le 24 juin 2026, de poursuivre le processus d’acquisition dans un premier temps afin de limiter les dommages (voir communiqué du 24 juin 2026 «Défense sol-air de longue portée: le DDPS entame des négociations en vue de l’acquisition d’un système supplémentaire», disponible sur www.admin.ch).
Comme cela est mentionné dans la planification de l’armement du 19 juin 2026, une éventuelle augmentation de la flotte des nouveaux avions de combat ne sera possible qu’après 2039, en raison des moyens financiers disponibles. Il faudra évaluer une nouvelle fois, à ce moment précis, quel est le système le plus adapté pour la Suisse (voir www.vtg.admin.ch/fr/planification-de-larmement). Toutefois, dans le rapport «Avenir de la défense aérienne» de 2017 (voir www.vtg.admin.ch/fr/rapports-de-base), la possibilité de combiner des jets d’entraînement armés et des avions de combat a été évaluée. Le DDPS en a conclu que la plupart des avions d’entraînement disponibles sur le marché ne répondaient pas aux exigences minimales pour accomplir des missions de police aérienne. Ce constat a été confirmé dans le rapport du 18 novembre 2025 «Avenir de la défense aérienne – Validation du rapport d’experts de 2017 et des recommandations correspondantes du groupe de suivi» (disponible sur www.vbs.admin.ch > FR > Sécurité > Armée > Financement > Documents). Dans ce contexte, il n’est actuellement ni judicieux ni proportionné d’examiner de manière approfondie l’achat d’un type d’avion complémentaire.
Concernant l’acquisition éventuelle d’un deuxième système de défense sol-air de longue portée, des négociations contractuelles avec des fabricants sud-coréens sont notamment menées, conformément à la décision du Conseil fédéral du 24 juin 2026. Sur ce point, la demande formulée dans le postulat est donc déjà prise en compte.
Le Conseil fédéral propose de rejeter le postulat.