26.4113

Sécheresse, pénurie de fourrage, pertes de récoltes, bétail menacé : pourquoi continuer à subventionner des terres pour ne pas produire ?

Texte déposé

La sécheresse de cet été met en évidence une contradiction de notre politique agricole. Alors que des agriculteurs manquent de fourrage, que certains doivent réduire leur cheptel faute d’alimentation et que des cultures entières sont perdues, la Confédération continue de subventionner des surfaces agricoles hors production.

Selon les chiffres disponibles, ces surfaces représentent près de 7'200 ha en 2026, contre environ 5'000 ha en 2025. Les contributions versées représentent ainsi plusieurs dizaines de millions de francs par année.

La promotion de la biodiversité répond à des objectifs légitimes. Mais l’augmentation de ces surfaces et les événements climatiques posent une question de fond : est-il pertinent de subventionner des terres pour les maintenir improductives alors que notre capacité d’autoapprovisionnement diminue et que nous devons importer du fourrage pour nourrir notre bétail ?

Les agriculteurs font face aux pertes de récoltes et au manque de fourrage. À ce jour, la principale mesure fédérale consiste à supprimer temporairement les droits de douane sur les importations de fourrage. Cette mesure ne résout toutefois pas le problème de fond : la disponibilité reste limitée et notre dépendance aux importations augmente.

La sécurité de notre approvisionnement alimentaire doit rester une priorité. Les objectifs de biodiversité doivent être conciliés avec cet impératif, notamment lorsque les conditions climatiques mettent notre agriculture sous pression.

Je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :

  1. Combien d’hectares sont soustraits à la production en 2026 au titre de la promotion de la biodiversité et quel est le montant total des contributions versées ?

  2. Quels étaient ces chiffres en 2025, 2024 et 2023, et comment le CF explique-t-il leur évolution ?

  3. Quelles mesures le CF envisage-t-il pour faire face aux pertes de récoltes et au manque de fourrage liés à la sécheresse, au-delà de la suppression des droits de douane sur les importations ?

  4. Le CF entend-il réévaluer l’équilibre entre les surfaces consacrées à la biodiversité et celles nécessaires à la production agricole, notamment face au changement climatique ?

  5. Le CF estime-t-il cohérent de subventionner la mise hors production de terres agricoles tout en devant importer du fourrage pour compenser une production insuffisante ?