23.4228 · Motion · 2023-09-28
Département de l'intérieur
Liquidé
Wortlaut
Le Conseil fédéral est chargé de lancer une campagne nationale d’information sur les drogues en collaboration avec l’Office fédéral de la santé publique et les cantons. Son but sera d’expliquer les effets nocifs pour la santé et les risques en cas de consommation de drogues, notamment de cannabis, de même qu’en cas d’abus de médicaments. La campagne d’information s’inspirera de ce qui a fait le succès de celle sur le VIH : affiches dissuasives, publicités télévisées, informations factuelles dans les médias sociaux, contributions sur d’autres médias, etc. Parallèlement à ces actions, des professionnels de la santé et de la psychiatrie proposeront des séances publiques pour expliquer les effets nocifs sur la santé et les risques des drogues à haut potentiel addictif.
Begründung
Comme le montrent les expériences réalisées ces dernières décennies, ainsi que les échantillons d’eaux usées, la consommation de cannabis et de cocaïne a énormément augmenté en Suisse. Malheureusement, on compte aussi des enfants, des adolescents et de jeunes adultes parmi les consommateurs. Or, contrairement à la nicotine ou à l’alcool, et c’est ce qui est le plus préoccupant, le cannabis affecte directement le développement du cerveau. Le tétrahydrocannabinol (THC) se fixe sur les récepteurs cannabinoïdes du cerveau. La consommation régulière de cannabis avant la fin de la maturation du cerveau (vers 25 ans) peut entraîner des troubles durables.
Le crack, une drogue bon marché présentant un potentiel addictif très élevé, que les dealers proposent en petites portions, semble se vendre toujours plus dans différentes villes suisses. À Genève, où sa vente est la plus importante, le nombre de consommateurs a doublé entre 2021 et 2022. Le fentanyl et la méthamphétamine semblent aussi trouver toujours plus de clients en Suisse. Le Conseil fédéral doit renforcer la prévention en matière de drogues avant qu’il ne soit trop tard, comme cela a souvent été le cas, notamment avec le cannabis. Se contenter de contenir les dégâts coûte cher à notre système de santé et de protection sociale et n’est de toute façon pas défendable du point de vue éthique.
Antrag des Bundesrates
Rejet
Stellungnahme des Bundesrates
Le Conseil fédéral accorde une place centrale au pilier de la prévention dans sa politique con-cernant les drogues. C’est pourquoi la Confédération met l’accent, en matière de prévention, sur des mesures d’intervention précoce spécifiques aux groupes cibles et à leur cadre de vie. Dans cette optique, elle soutient les cantons, les communes, les écoles et les associations de jeunesse, notamment en développant des bases et des instruments d’intervention précoce ou via divers réseaux et sites, comme le Réseau d’écoles21 – Réseau suisse d’écoles en santé et durables, éducation+santé Réseau Suisse ou les conseils en ligne de SafeZone.ch. Les milieux spécialisés s’accordent sur le fait qu’une prévention efficace implique davantage que transmettre des informations. Les adolescents en particulier doivent acquérir les compétentes personnelles, sociales et méthodologiques pour appliquer correctement les connaissances reçues. Dans les trois régions linguistiques, les plans d’études pour l’école obligatoire se concentrent sur cette question. La consommation de substances illégales (cannabis, cocaïne, héroïne, crack, etc.) et l’abus de médicaments addictifs (comme le fentanyl) se pratiquent dans des groupes de population très hétérogènes et, par rapport au tabac et à l’alcool, petits voire minimes. Une campagne publique – comme demander par la motion - ne permettrait donc guère de les atteindre. La grande perte de diffusion en limiterait fortement l’impact, tout en maintenant des coûts élevés. Pour ces mêmes raisons, on estime que les séances d’informations destinées au grand public sont également inefficaces.
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.