Ces eaux seront utilisées dans deux usines successives, l’une dite du Châtelard, sise en territoire français, sur la rive droite de l’Eau Noire, à proximité immédiate de la frontière franco‑suisse, l’autre dite de la Bâtiaz, sise en Suisse, sur la rive gauche du Rhône; elles seront restituées au Rhône à la cote 453 environ. Un réservoir sis entièrement en territoire suisse et qui devra permettre l’accumulation, par gravité ou par pompage, des eaux tant suisses que françaises visées ci-dessus, sera créé au moyen d’un barrage implanté dans la gorge de la Barberine au débouché de la plaine d’Emosson. La cote de retenue du réservoir sera d’environ 1930.
La présente convention a pour objet, sous réserve des droits existants dans l’un ou l’autre pays, l’utilisation de la force motrice:
- d’eaux captées en France, provenant des glaciers du Ruan et du Prazon, des vallons de Bérard et de Tré les Eaux et des glaciers de la Pendant, de Lognan, d’Argentière et du Tour;
- d’eaux captées en Suisse, du Val Ferret supérieur, des torrents de Treutse-Bo, de Planereuse et de la Saleina, du Val d’Arpette, du torrent de Jure, du Trient, du Nant‑Noir, du Pécheux et de la Barberine.
La présente convention ne s’applique pas aux eaux qui se déversent actuellement dans le bassin existant de la Barberine, soit naturellement, soit artificiellement. La France reconnaît à la Suisse le droit d’accumuler ces eaux dans le réservoir d’Emosson, ainsi que d’autres eaux destinées à des restitutions en énergie hydraulique. En outre, la France reconnaît à la Suisse le droit d’utiliser le réservoir d’Emosson pour accumuler d’autres eaux captées en Suisse, à condition que l’exécution de la présente convention n’en soit pas entravée.