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0.747.305.13

Convention
sur le plateau continental

RO 1966 1031; FF 1965 II 1

Texte original

Conclue à Genève le 29 avril 1958

Approuvée par l’Assemblé fédérale le 14 décembre 19651

Instrument de ratification déposé par la Suisse le 18 mai 1966

Entrée en vigueur pour la Suisse le 17 juin 1966

(Etat le 23 septembre 2016)

Les Etats parties à la présente Convention

sont convenus des dispositions suivantes:

Art. 1

Aux fin des présents articles, l’expression «plateau continental» est utilisée pour désigner a. le lit de la mer et le sous-sol des régions sous-marines adjacentes aux côtes, mais situées en dehors de la mer territoriale, jusqu’à une profondeur de 200 mètres ou, au-delà de cette limite, jusqu’au point où la profondeur des eaux surjacentes permet l’exploitation des ressources naturelles desdites régions; b. le lit de la mer et le sous-sol des régions sous-marines analogues qui sont adjacentes aux côtes des îles.

Art. 2

L’Etat riverain exerce des droits souverains sur le plateau continental aux fins de l’exploration de celui-ci et de l’exploitation de ses ressources naturelles.

Les droits visés au par. 1 du présent article sont exclusifs en ce sens que, si l’Etat riverain n’explore pas le plateau continental ou n’exploite pas ses ressources naturelles, nul ne peut entreprendre de telles activités ni revendiquer de droits sur le plateau continental sans le consentement exprès de l’Etat riverain.

Les droits de l’Etat riverain sur le plateau continental sont indépendants de l’occupation effective ou fictive aussi bien que de toute proclamation expresse.

Les ressources naturelles visées dans les présents articles comprennent les ressources minérales et autres ressources non vivantes du lit de la mer et du sous-sol, ainsi que les organismes vivants qui appartiennent aux espèces sédentaires, c’est-à-dire les organismes qui, au stade où ils peuvent être pêchés, sont soit immobiles sur le lit de la mer ou au-dessous de ce lit, soit incapables de se déplacer si ce n’est en restant constamment en contact physique avec le lit de la mer ou le sous-sol.

Art. 3

Les droits de l’Etat riverain sur le plateau continental ne portent pas atteinte au régime des eaux surjacentes en tant que haute mer, ni à celui de l’espace aérien situé au-dessus de ces eaux.

Art. 4

L’Etat riverain ne peut entraver la pose ou l’entretien de câbles ou de pipe-lines sous-marins sur le plateau continental, réserve faite de son droit de prendre des mesures raisonnables pour l’exploration du plateau continental et l’exploitation de ses ressources naturelles. Art. 5

L’exploration du plateau continental de l’exploitation de ses ressources naturelles ne doivent pas avoir pour effet de gêner d’une manière injustifiable la navigation, la pêche ou la conservation des ressources biologiques de la mer, ni de gêner les recherches océanographiques fondamentales ou les autres recherches scientifiques effectuées avec l’intention d’en publier les résultats.

Sous réserve des dispositions des par. 1 et 6 du présent article, l’Etat riverain a le droit de construire et entretenir ou de faire fonctionner sur le plateau continental les installations et autres dispositifs nécessaires pour l’exploration de celui-ci et l’exploitation de ses ressources naturelles, et d’établir des zones de sécurité autour de ces installations ou dispositifs et de prendre dans ces zones les mesures nécessaires à leur protection.

Les zones de sécurité visées au par. 2 du présent article peuvent s’étendre à une distance de 500 mètres autour des installations ou autres dispositifs qui ont été aménagés, mesurée à partir de chaque point de leur bord extérieur. Les navires de toutes nationalités sont tenus de respecter ces zones de sécurité.

Ces installations ou dispositifs, tout en étant soumis à la juridiction de l’Etat riverain, n’ont pas le statut d’îles. Ils n’ont pas de mer territoriale qui leur soit propre, et leur présence n’influe pas sur la délimitation de la mer territoriale de l’Etat riverain.

Avis doit être dûment donné de la construction des ces installations, et l’entretien des moyens permanents de signalisation nécessaires doit être assuré. Toutes les installations abandonnées ou ne servant plus doivent être complètement enlevées.

Ni les installations ou dispositifs, ni les zones de sécurité établies autour de ceux-ci ne doivent être situés dans des parages où ils peuvent gêner l’utilisation des routes maritimes régulières indispensables à la navigation internationale.

L’Etat riverain est tenu de prendre dans les zones de sécurité toutes les mesures propres à protéger les ressources biologiques de la mer contre les agents nuisibles.

Le consentement de l’Etat riverain doit être obtenu pour toutes recherches touchant le plateau continental entreprises sur place. Toutefois, l’Etat riverain ne refusera normalement pas son consentement lorsque la demande sera présentée par une institution qualifiée, en vue de recherches de nature purement scientifique concernant les caractéristiques physiques ou biologiques du plateau continental, à condition que l’Etat riverain puisse, s’il le souhaite, participer à ces recherches ou s’y faire représenter, et qu’en tout cas les résultats en soient publiés. Art. 6

Dans le cas où un même plateau continental est adjacent aux territoires de deux ou plusieurs Etats dont les côtes se font face, la délimitation du plateau continental entre ces Etats est déterminée par accord entre ces Etats. A défaut d’accord, et à moins que des circonstances spéciales ne justifient une autre délimitation, celle-ci est constituée par la ligne médiane dont tous les points sont équidistants des points les plus proches des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale de chacun de ces Etats.

Dans le cas où même le plateau continental est adjacent aux territoires de deux Etats limitrophes, la délimitation du plateau continental est déterminée par accord entre ces Etats. A défaut d’accord, et à moins que des circonstances spéciales ne justifient une autre délimitation, celle-ci s’opère par application du principe de l’équidistance des points les plus proches des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale de chacun de ces Etats.

Lors de la délimitation du plateau continental, toute ligne de démarcation établie conformément aux principes mentionnés dans les par. 1 et 2 du présent article devrait être définie par référence aux cartes et aux caractéristiques géographiques existant à une date donnée, et il devrait être fait mention de points de repères fixes et permanents à terre.

Art. 7

Les dispositions des présents articles n’affectent en rien le droit de l’Etat riverain d’exploiter le sous-sol en recourant au percement de tunnels, quelle que soit la hauteur des eaux au-dessus du sous-sol.

Art. 8

La présente Convention sera, jusqu’au 31 octobre 1958, ouverte à la signature de tous les Etats Membres de l’Organisation des Nations Unies ou d’une institution spécialisée, ainsi que de tout autre Etat invité par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies à devenir partie à la Convention.

Art. 9

La présente Convention sera ratifiée. Les instruments de ratification seront déposés auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

Art. 10

La présente Convention sera ouverte à l’adhésion de tout Etat appartenant à l’une des catégories mentionnées à l’art. 8. Les instruments d’adhésion seront déposés auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

Art. 11

La présente Convention entrera en vigueur le trentième jour qui suivra la date du dépôt auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies du vingt-deuxième instrument de ratification ou d’adhésion.

Pour chacun des Etats qui ratifieront la convention ou y adhéreront après le dépôt du vingt-deuxième instrument de ratification ou d’adhésion, la Convention entrera en vigueur le trentième jour après le dépôt par cet Etat de son instrument de ratification ou d’adhésion.

Art. 12

Au moment de la signature, de la ratification ou de l’adhésion, tout Etat pourra formuler des réserves aux articles de la Convention autres que les art. 1 à 3 inclus.

Tout Etat contractant ayant formulé des réserves conformément au paragraphe précédent pourra à tout moment les retirer par une communication à cet effet adressée au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

Art. 13

Après expiration d’une période de cinq ans à partir de la date à laquelle la présente Convention entrera en vigueur, une demande de révision de la Convention peur être formulée en tout temps, par toute partie contractante, par voie de notification écrite adressée au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

L’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies statue sur les mesures à prendre, le cas échéant, au sujet de cette demande.

Art. 14

Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies notifie à tous les Etats Membres de l’Organisation des Nations Unies et aux autres Etats visés à l’art. 8:

  1. Les signatures apposées à la présente Convention et le dépôt des instruments de ratification ou d’adhésion, conformément aux art. 8, 9 et 10;
  2. La date à laquelle la présente Convention entrera en vigueur, conformément à l’art. 11;
  3. Les demandes de révision présentées conformément à l’art. 13;
  4. Les réserves à la présente Convention présentées conformément à l’art. 12.

Art. 15

L’original de la présente Convention, dont les textes anglais, chinois, espagnol, français et russe font également foi, sera déposé auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, qui en fera tenir copie certifiée conforme à tous les Etats visés à l’art. 8.

En foi de quoi , les plénipotentiaires soussignés, dûment autorisés par leurs gouvernements respectifs, ont signé la présente Convention.

Fait à Genève, le vingt-neuf avril mil neuf cent cinquante-huit.

(Suivent les signatures)

0.747.305.13

Champ d’application le 23 septembre 20162

Etats parties

Ratification

Adhésion (A)

Déclaration de succession (S)

Entrée en vigueur

Afrique du Sud

9 avril

1963 A

10 juin

1964

Albanie

7 décembre

1964 A

6 janvier

1964

Australie

14 mai

1963

10 juin

1964

Bélarus

27 février

1961

10 juin

1964

Bosnie et Herzégovine

12 janvier

1994 S

6 mars

1992

Bulgarie

31 août

1962 A

10 juin

1964

Cambodge

18 mars

1960 A

10 juin

1964

Canada* **

6 février

1970

8 mars

1970

Chypre

11 avril

1974 A

11 mai

1974

Colombie

8 janvier

1962

10 juin

1964

Costa Rica

16 février

1972

17 mars

1972

Croatie

3 août

1992 S

8 octobre

1991

Danemark

12 juin

1963

10 juin

1964

Espagne* **

25 février

1971 A

27 mars

1971

Etats-Unis**

12 avril

1961

10 juin

1964

Fidji**

25 mars

1971

10 octobre

1970

Finlande

16 février

1965

18 mars

1965

France* **

14 juin

1965 A

14 juillet

1965

Grèce*

6 novembre

1972 A

6 décembre

1972

Guatemala

27 novembre

1961

10 juin

1964

Haïti

29 mars

1960

10 juin

1964

Israël

6 septembre

1961

10 juin

1964

Jamaïque

8 octobre

1965 A

7 novembre

1965

Kenya

20 juin

1969 A

20 juillet

1969

Lesotho

23 octobre

1973

4 octobre

1966

Lettonie

2 décembre

1992 A

1er janvier

1993

Madagascar

31 juillet

1962 A

10 juin

1964

Malaisie

21 décembre

1960 A

10 juin

1964

Malawi

3 novembre

1965 A

3 décembre

1965

Malte

19 mai

1966

21 septembre

1964

Maurice

5 octobre

1970

12 mars

1968

Mexique

2 août

1966 A

1er septembre

1966

Monténégro* **

23 octobre

2006 S

3 juin

2006

Nigéria

28 avril

1971 A

28 mai

1971

Norvège**

9 septembre

1971 A

9 octobre

1971

Nouvelle-Zélande

18 janvier

1965

17 février

1965

Ouganda

14 septembre

1964 A

14 octobre

1964

Pays-Bas** a

18 février

1966

20 mars

1966

Curaçao

18 février

1966

20 mars

1966

Partie caraïbe (Bonaire, Sint Eustatius et Saba)

18 février

1966

20 mars

1966

Sint Maarten

18 février

1966

20 mars

1966

Pologne

29 juin

1962

10 juin

1964

Portugal

8 janvier

1963

10 juin

1964

République dominicaine

11 août

1964

10 septembre

1964

République tchèque

22 février

1993 S

1er janvier

1993

Roumanie

12 décembre

1961 A

10 juin

1964

Royaume-Uni** b

11 mai

1964

10 juin

1964

Russie

22 novembre

1960

10 juin

1964

Salomon, Iles

3 septembre

1981

7 juillet

1978

Serbie* **

12 mars

2001 S

27 avril

1992

Sierra Leone

25 novembre

1966 A

25 décembre

1966

Slovaquie

28 mai

1993 S

1er janvier

1993

Suède

1er juin

1966 A

1er juillet

1966

Suisse

18 mai

1966

17 juin

1966

Swaziland

16 octobre

1970 A

15 novembre

1970

Thaïlande**

2 juillet

1968

1er août

1968

Taïwan (Taipei chinois)*

12 octobre

1970

11 novembre

1970

Tonga**

29 juin

1971 S

4 juin

1970

Trinité-et-Tobago

11 juillet

1968 A

10 août

1968

Ukraine

12 janvier

1961

10 juin

1964

Venezuela*

15 août

1961

10 juin

1964

  1. Réserves et déclarations.
  2. Objections.
  3. Les réserves, déclarations et objections ne sont pas publiées au RO. Les textes originaux peuvent être consultés sous: www.untreaty.un.org/ ou obtenus à la DDIP/DFAE, Section des traités internationaux, 3003 Berne.
  1. Pour le Royaume en Europe.
  1. Jusqu’au 30 juin 1997, la Convention était applicable à Hong Kong sur la base d'une déclaration d'extension territoriale du Royaume-Uni. A partir du 1er juillet 1997,
    Hong Kong est devenue une Région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine. La Convention n'est plus applicable à la RAS Hong Kong.