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Prairies et pâturages secs d’importance nationale

BAFU -G22FxcrNj20 · Office fédéral de l’environnement (OFEV)

Du 14 oct. 2010

https://lexipedia.io/fr/docs/ch/bafu-ofev-ufam/g22fxcrnj20/fr/prairies-et-paturages-secs-d-importance-nationale

Consulté le 4 sept. 2026

  1. Documents
  2. Confédération
  3. Office fédéral de l’environnement (OFEV)
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Prairies et pâturages secs d’importance nationale

2010 > L’environnement pratique > Biotopes

> Prairies et pâturages secs d’importance nationale Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches

> L’environnement pratique > Biotopes

> Prairies et pâturages secs d’importance nationale Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches

Publié par l’Office fédéral de l’environnement OFEV Berne, 2010

Valeur juridique Impressum La présente publication est une aide à l’exécution élaborée par l’OFEV en tant qu’autorité de surveillance. Destinée en premier lieu aux autorités d’exécution, Editeur elle concrétise des notions juridiques indéterminées provenant de lois et Office fédéral de l’environnement (OFEV) d’ordonnances et favorise ainsi une application uniforme de la législation. Si les L’OFEV est un office du Département fédéral de l’environnement, des transports, autorités d’exécution en tiennent compte, elles peuvent partir du principe que de l’énergie et de la communication (DETEC). leurs décisions seront conformes au droit fédéral. D’autres solutions sont aussi licites dans la mesure où elles sont conformes au droit en vigueur. Les aides à Auteurs l’exécution de l’OFEV (appelées aussi directives, instructions, recommandations, Christine Gubser, OFEV, 3003 Berne manuels, aides pratiques) paraissent dans la collection «l’environnement Gaby Volkart, atena, Rue de la Fonderie 8c, 1700 Fribourg pratique». Michael Dipner-Gerber, oekoskop, Dornacherstrasse 192, 4053 Bâle Stefan Eggenberg, UNA, Schwarzenburgstrasse 11, 3007 Berne Christian Hedinger, UNA, Schwarzenburgstrasse 11, 3007 Berne Monika Martin, oekoskop, Dornacherstrasse 192, 4053 Bâle Thomas Walter, Agroscope Reckenholz Willy Schmid, Schinznach Dorf

Traduction Robert Gogel, 1446 Baulmes; Marina Magnin, atena, 1700 Fribourg

Référence bibliographique Dipner, M., Volkart, G. et al. 2010: Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches. L’environne - ment pratique n o 1017, Office fédéral de l’environnement, Berne. 83 p.

Accompagnement OFEV Christine Gubser, division Gestion des espèces; Christoph Fisch, division Droit 1; Nicola Indermühle, division Gestion des espèces; Benoît Magnin, division Nature et paysage

Accompagnement OFAG Andreas Schild, secteur Améliorations foncières; Patricia Steinmann, secteur Programmes écologiques et éthologiques; Conrad Widmer, secteur Programmes écologiques et éthologiques

Accompagnement groupe d’experts Pascale Aubert, Pro Natura; Christina Blank, OFAG; Hansjörg Christ, Alpwirtschaft ­ licher Verband (Société suisse d’économie alpestre), Unterseen, BE; Francesca Cheda, Bureau de protection de la nature et du paysage, FR; Hans-Ulrich Gujer, OFEV; Bernard Jeangros, ACW; Bertil Krüsi, WSL; Sarah Pearson, OFEV; Corina Schiess, AGRIDEA Lindau; Thomas Schmid, USP; Willy Schmid, Schinznach Dorf, AG; Erika Schwab, Lignières, NE; Peter Tresoldi, Landwirtschaftliche Schule Seedorf, UR; Thomas Walter, ART Reckenholz; Jean-Bruno Wettstein, Ste-Croix, VD; expert s sur le thème Economie d’entreprise: Sylvie Aubert, AGRIDEA Lausanne; Hansjörg Meyer, AGRIDEA Lindau; Josef Schmidlin, AGROFUTURA.

Graphisme et rédaction Monika Martin, oekoskop

Photo de couverture Guido Masé, oekoskop

Commande de la version imprimée et téléchargement au format PDF OFCL, Diffusion des publications fédérales, CH-3003 Berne Tél. +41 (0)31 325 50 50, fax +41 (0)31 325 50 58 verkauf.zivil@bbl.admin.ch Numéro de commande: 810.100.087f www.environnement-suisse.ch/uv-1017-f Cette publication est également disponible en allemand et en italien.

© OFEV 2010

> Table des matières

> Abstracts 5 > Prestations de la Confédération 71 > Avant-propos 7 1 Conseil de la Confédération 71 > Résumé 8 2 Contributions financières de la Confédération 71

> L’inventaire 11 > Index 72 Index I: Bases légales de référence 73 Index II: Bibliographie et recherches en cours 74 > Objectifs de protection des PPS 13 Index III: Documents pour l’exécution 79

> Abstracts Dry meadows and pastures are habitats which are very rich in species. As they are Dry grassland, dry pasture, DGS, biotope conservation,

also highly endangered, the Federal Council has recorded them in an inventory, as DGS target species, structural element, extensive land

required under article 18a of the Federal Act on the Protection of Nature and Cul­ use, management, maintenance, priority area

tural Heritage (NCHA; SR 451). The implementation of this law is laid out in the Ordinance on the Protection of Dry Meadows and Pastures of National Importance. The pres­ent execution aid specifies the provisions of this ordinance, in particular concerning the appropriate ways of farming and maintaining these habitats. It also sets out the essential facts concerning the inventory of dry meadows and pastures and the protection aims applying to them, as well as the frame conditions for a successful implementation by the cantons.

Trockenwiesen und -weiden (Tww) sind sehr artenreiche Lebensräume. Da sie stark Trockenwiese, Trockenweide, Tww, Biotopschutz,

gefährdet sind, hat sie der Bundesrat in ein Inventar nach Artikel 18a des Bundesge­ Tww-Zielart, Strukturelement, extensive Nutzung,

setzes über den Natur- und Heimatschutz (NHG; SR 451) aufgenommen. In der Bewirtschaftung, Pflege, Vorranggebiet

Verordnung über den Schutz der Trockenwiesen und -weiden von nationaler Bedeutung werden die Umsetzung und der Vollzug festgelegt. Die vorliegende Vollzugshilfe präzisiert diese Verordnung vor allem im Bereich der angepassten Bewirtschaftung und Nutzung dieses Lebensraums. Ergänzend werden die wichtigsten Angaben zum Inventar und zu den Zielen des Tww-Schutzes dargelegt sowie die Rahmenbedingungen für die Umsetzung durch die Kantone detailliert erläutert.

Les prairies et pâturages secs (PPS) sont des milieux très riches en espèces. Comme Prairie sèche, pâturage sec, PPS, protection des biotopes,

ils sont fortement menacés, le Conseil fédéral les a admis dans un inventaire selon espèce cible PPS, élément structurel, utilisation extensive,

l’article 18a de la loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN; RS 451). exploitation, entretien, site prioritaire

L’ordonnance sur la protection des prairies et pâturages secs d’importance nationale en fixe la mise en œuvre et l’exécution. La présente aide à l’exécution précise l’ordonnance, en particulier en ce qui concerne l’exploitation et l’utilisation adaptées de ce type de milieu. Y figurent en outre les principales informations sur l’inventaire et sur les objectifs de protection des PPS ainsi que les conditions­cadre pour la mise en œuvre par les cantons.

I prati e pascoli secchi (PPS) sono habitat naturali ricchi di specie. Poiché sono Prato secco, pascolo secco, PPS, protezione dei biotopi,

particolarmente minacciati, il Consiglio federale li ha recensiti in un inventario se­ specie bersaglio dei PPS, elementi strutturali, sfruttamento

condo l’articolo 18a della legge federale sulla protezione della natura e del paesag­ estensivo, gestione agricola, manutenzione dei PPS,

gio (LPN; RS 451). Le modalità d’applicazione della legge sono stabilite dall’ordi­ comprensori di valorizzazione

nanza sulla protezione dei prati e pascoli secchi d’importanza nazionale. Il presente aiuto all’esecuzione precisa il contenuto dell’ordinanza, soprattutto per quanto concerne l’adeguata gestione di questi habitat. Si riportano inoltre le principali informazioni riguardanti l’inventario e gli obiettivi della protezione dei PPS, nonché le condizioni quadro necessarie per una protezione efficace dei PPS da parte dei Cantoni.

> Avant-propos L’inventaire des prairies et pâturages secs d’importance nationale constitue une étape importante dans l’engagement pris par la Confédération pour la conservation des principaux habitats d’importance nationale. Ces dernières années, les prairies et pâturages de grande valeur des milieux secs ont été systématiquement relevés et évalués. La comparaison avec les inventaires cantonaux existants montre que la situation est alarmante et qu’il est urgent d’agir, si l’on veut éviter que d’autres surfaces ne soient victimes d’une intensification ou de l’abandon de l’exploitation.

Les prairies et les pâturages secs sont presque toujours des surfaces utilisées par l’agriculture. C’est pourquoi les deux aspects, protection et utilisation, sont expressément pris en compte ici. Ainsi les enseignements provenant aussi bien de la protection de la nature que de l’agriculture trouvent place dans cette aide à l’exécution, afin de répondre au mieux aux diverses demandes et de proposer des solutions lors d’éventuels conflits.

Par l’intermédiaire de cette aide à l’exécution, la Confédération souhaite soutenir les cantons dans la tâche exigeante que représente la mise en œuvre et l’exécution du récent inventaire des prairies et pâturages secs. Cette aide à l’exécution tient lieu de recommandations aux services concernés pour leur permettre de garantir la conservation de ces biotopes ainsi que de leur flore et de leur faune spécifiques. Ainsi nous pourrons continuer d’apprécier à l’avenir la diversité colorée des prairies et pâturages retenus.

Willy Geiger Vice­directeur

8 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

> Résumé Afin de conserver et de valoriser à long terme la biodiversité dépendant des prairies et pâturages secs, le Conseil fédéral a désigné, dans un inventaire de biotopes, les objets d’importance nationale. L’inventaire des prairies et pâturages secs (PPS), selon l’ordonnance sur les prairies sèches (OPPS; RS 451.37) comprend en tout 23 648 hectares, soit 1,48 % de la surface exploitée en Suisse par l’agriculture et l’économie alpestre. Selon l’art. 16 OPPS, l’OFEV édicte d’entente avec l’Office fédéral de l’agriculture une aide à l’exécution des mesures de protection et d’entretien conformes à la présente ordonnance. Avec la présente aide à l’exécution, ce mandat du Conseil fédéral est rempli.

Les prairies et pâturages secs résultent d’une exploitation séculaire. Des pratiques agricoles et sylvicoles adaptées au milieu et respectueuses des principes du développement durable sont les conditions essentielles à la conservation des PPS, et ce tant dans leur superficie que dans leur qualité. En s’appuyant sur le paysage rural traditionnel, on entend conserver et valoriser les spécificités régionales, les structures typiques et la dynamique propre aux biotopes.

Les cantons sont les acteurs principaux de la mise en œuvre de l’inventaire; ils sont responsables de la protection et de l’entretien des biotopes. Les périmètres désignés par la Confédération sont basés sur une cartographie scientifique détaillée. Lors de la délimitation exacte, dans le cadre de l’exécution, les cantons disposent d’une certaine latitude notamment dans l’intégration d’éléments limitrophes et de surfaces potentielles ainsi que dans la prise en compte des conditions concrètes d’exploitation. La protection légale se fait en coordination avec les plans et prescriptions selon la loi sur l’aménagement du territoire ainsi qu’au moyen d’accords conclus avec les exploitants. Y sont notamment précisées les mesures d’exploitation, d’entretien et de valorisation de même que les indemnités correspondantes.

L’OPPS offre, en plus de la protection classique de l’objet, une deuxième variante de mise en œuvre, dite des «sites prioritaires». Dans les sites prioritaires, la promotion, la revalorisation ainsi que la mise en réseau des objets PPS prennent une importance particulière. Ce sont principalement les espèces cibles PPS rares, dont les exigences vis­à­vis du milieu sont complexes, qui devraient en bénéficier. En cas de conflits, il est admis de déroger à l’objectif de protection de conserver l’objet intact dans les sites prioritaires. Ceci lorsque le projet remplit les conditions de la loi sur l’aménagement du territoire et lorsque la superficie et la qualité des PPS, à l’intérieur du site prioritaire, sont globalement rétablies, voire accrues.

En règle générale, l’exploitation traditionnelle d’une prairie ou d’un pâturage sec peut être maintenue. Elle est adaptée à la productivité du site et a finalement conduit à l’apparition d’espèces PPS typiques et rares. Il convient d’éviter une surexploitation ou une sous­exploitation. Les mosaïques locales et régionales de modes d’ex­

9 > Résumé

ploitation et de structures sont optimales; elles offrent tout au long de l’année, principalement aux espèces mobiles, les conditions de milieu nécessaires à leur cycle de développement.

La fumure et l’irrigation modifient les conditions de station de manière telle que les espèces PPS typiques s’en trouvent menacées; en règle générale, elles ne sont donc pas compatibles avec l’objectif de protection. Pour les prairies, les prescriptions à observer concernent la date et la fréquence de la fauche ainsi que le maintien de zones refuges pour la petite faune; pour les pâturages, elles concernent le type de bétail, la gestion de la pâture, la proportion de structures ainsi que les mesures mécaniques d’entretien. Les surfaces à très faible croissance, telles les steppes des Alpes internes, ne devraient être exploitées que très extensivement, voire pas du tout.

Les prairies et pâturages secs sont généralement très riches en structures. Les structures boisées, telles que lisières forestières, bosquets et haies, les pierres et les sols nus, de même que les ruisseaux et les stations humides confèrent une plus­value exceptionnelle aux objets PPS. Il importe d’assurer un entretien et une revalorisation adaptés de ces éléments structurels.

Afin de faciliter l’exécution, l’OFEV met à disposition, en plus d’un service conseil Biotopes, d’autres documents de base et aides techniques.

10 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 1 > Végétation PPS Illustr. 2 > Végétation non PPS Association herbacée, zone alluviale de l’Allondon, Végétation non PPS, falaises d’Haldenstein, canton des GR. canton de GE.

Source: Guido Masé, oekoskop; Christian Hedinger, UNA

Illustr. 3 > Végétation PPS Illustr. 4 > Végétation non PPS Prairie mésophile typique utilisée par l’agriculture, Prairie grasse riche en espèces, Luzein, canton des GR. canton de TI.

Source: Saskia Godat, atena; Franziska Andres, Trifolium

Illustr. 5 > Menace pour les prairies et pâturages secs L’illustration représente les surfaces des inventaires cantonaux confirmées et infirmées dans le cadre de la cartographie PPS. 100 % équivalent à 9800 hectares de 9 cantons.

Surfaces PPS confirmées Les surfaces non confirmées se répartissent ainsi: Perte certaine Perte probable Différence méthodologique Autres 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100%

Source: Rieder et al. 2007: Suivi de la protection des prairies et pâturages secs. Mesure de l’état initial

11 > L’inventaire

> L’inventaire Les prairies et les pâturages secs sont des milieux extraordinairement riches en espèces. La loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage, selon l’art. 18 al. 1bis LPN, les place, sous la dénomination de «pelouses sèches», parmi les biotopes particulièrement dignes de protection. L’admission des objets les plus précieux dans l’inventaire fédéral permet de reconnaître l’importance de ce type de milieu pour la biodiversité en Suisse.

L’inventaire des prairies et pâturages secs d’importance natio­ considération. Les prairies à fromental typiques sont nale (PPS) est un inventaire des biotopes de la Confédération notamment exclues. au sens de l’art. 18a LPN. Il désigne les surfaces PPS les plus précieuses qui subsistent en Suisse. Il a pour but de les conser­ Le degré de menace étant le critère décisif pour la prise en ver et de les valoriser. considération d’un type d’herbage par l’OPPS, les types d’uti­ Avec cet inventaire, on crée les conditions permettant lisation sont relevés de façon différenciée:2 d’offrir à long terme des milieux naturels suffisants en nom­ > prairies: toutes les surfaces fauchées indépendamment de bre et en qualité aux espèces d’animaux, de plantes et de leur altitude, champignons tributaires des prairies et pâturages secs. Beau­ > pâturages: les surfaces pâturées jusqu’à la limite de la coup de ces espèces sont devenues rares ou sont fortement forêt, menacées. > friches: toutes les surfaces de basse altitude inutilisées, les friches récentes (jusqu’à 10 ans max.) dans la région Définition de la végétation PPS d’estivage. La notion de prairies et pâturages secs ainsi que son abréviation PPS, utilisées dans l’OPPS et l’aide à l’exécution, corres­ Sont exclues les surfaces pondent à la notion de pelouses sèches selon l’art. 18 al. 1bis > qui ne sont pas atteignables, LPN. > dont le recouvrement par la végétation PPS est inférieur à Les prairies et pâturages secs exploités les plus menacés 25 %, sont au centre de l’OPPS. Les associations herbagères natu­ > dont le recouvrement par de la végétation refusée ou des relles (souvent désignées comme des stations sèches primai­ arbres est supérieur à 50 %. res), comme p. ex. les crêtes et les bandes rocheuses ainsi que les pelouses alpines ne sont pas concernées par l’inventaire. Informations complémentaires Leur protection relève cependant de l’art. 18 al. 1bis et 1ter LPN. > Eggenberg, S. et al. 2001: Cartographie et évaluation des Trois formations végétales et de nombreuses alliances phyto­ prairies et pâturages secs d’importance nationale. sociologiques1 sont concernées par l’inventaire: > formation des pelouses maigres des milieux secs avec les pelouses sèches subatlantiques (Xerobromion), les pelouses sèches intra-alpines (Stipo-Poion), les prairies mésophiles d’Europe centrale (Mesobromion) et d’Europe

orientale (Cirsio-Brachypodion), > formation des pelouses d’altitude avec les pelouses à seslérie (Seslerion variae), les pelouses à carex ferrugineux (Caricion ferrugineae), les pelouses à fétuque bigarrée (Festucion variae) et les variantes de nardaie riches en espèces (Nardion strictae), > formation des herbages exploités avec les prairies grasses (Arrhenatheretalia) et les prairies humides (Molinietalia). Dans ces deux ordres, seuls les milieux qui présentent 1 Wilmanns, O. 1998; Ellenberg, H. 1996; Delarze, R. et al. 2008 suffisamment d’indicateurs de sécheresse sont pris en 2 Eggenberg, S. et al. 2001, p. 87 ss.

12 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 6 > Conserver et favoriser la spécificité de l’objet Illustr. 7 > Conserver et favoriser les structures de l’objet Récolte de foin sauvage sur le Schildberg, canton d’OW: entassé Tas d’épierrage parsemés d’épineux, communs de Brinzauls, dans des filets, le foin est transporté vers la vallée au moyen canton des GR. d’un câble.

Source: Mary Leibundgut, UNA; Monika Martin, oekoskop

Illustr. 8 > Promouvoir un paysage rural traditionnel Illustr. 9 > Conserver et favoriser la dynamique de l’objet Pâturage bovin dans un verger à Herbetswil, canton de SO. Structuration optimale des vieux arbres d’un pâturage boisé au Marchairuz, canton de VD.

Source: Monika Martin, Michael Dipner, oekoskop

13 > Objectifs de protection des PPS

> Objectifs de protection des PPS L’art. 6 OPPS exige la conservation des objets PPS dans leur intégralité. En ce sens, les bases écologiques qui garantissent la pérennité des espèces d’animaux, de plantes et de champignons dépendant de ces milieux doivent être conservées et valorisées. Une agriculture et une sylviculture respectant les principes du développement durable sont importantes dans la perspective de cet objectif de protection.

1 Effets visés Si les structures ont une qualité correspondant aux exi­

Par sa stratégie de protection des PPS, la Confédération vise gences de la biodiversité qui y vit et en dépend, il convient de les effets suivants: les conserver. Si elles ne correspondent pas aux exigences, il faut les améliorer. Conserver et augmenter la quantité La mise en réseau des PPS vise à créer des corridors de Les milieux naturels nécessaires au maintien des espèces déplacement pour les espèces des milieux chauds et secs. d’animaux, de plantes et de champignons indigènes sauvages dépendant des prairies et pâturages secs (espèces PPS) sont Conserver et valoriser la dynamique naturelle disponibles dans toutes les régions de Suisse. Les objets PPS d’importance nationale conservent ou amélio­ La superficie totale des PPS de Suisse et des objets d’im­ rent les aspects stationnels et régionaux de leur dynamique. portance nationale est au moins maintenue dans les six régions Sont considérés comme éléments dynamiques typiques des biogéographiques. Les conditions permettant de doubler les PPS: surfaces PPS sont créées dans la région bio­géographique du > les mosaïques structurelles à arbres ou buissons, Plateau. > les mosaïques d’exploitation (p. ex. division en zones fauchées ou pâturées, échelonnement des périodes Conserver et valoriser la qualité d’utilisation), Les objets PPS d’importance nationale conservent ou amélio­ > les mosaïques de succession (p. ex. développement rent leur qualité, selon les six critères qui déterminent leur contrôlé de stades initiaux d’enfrichement pour augmenter valeur totale: végétation, agrégation, éléments structurels, po­ la diversité des espèces). tentiel floristique, diversité botanique, connexion.1 Le paysage rural traditionnel comme référence Conserver et valoriser les particularités biogéographiques Les PPS sont le produit d’exploitations traditionnelles sécu­ et culturelles laires et hautement différenciées selon les régions. Ils exer­ Les objets PPS d’importance nationale conservent ou amélio­ cent leur fonction dans l’équilibre naturel grâce à leurs partirent leurs particularités stationnelles et régionales. cularités, leurs structures, leurs connexions et leur dynamique Sont considérées comme particularités les différences naturelle. Seule la prise de conscience de cette complémentarégionales déterminées par des facteurs biogéographiques et rité écologique, historique, culturelle et sociale permet la

culturels. Les facteurs biogéographiques peuvent être des fac­ création de conditions favorables pour la conservation ou le teurs de station tels que le sous-sol géologique, le sol, le cli­ rétablissement de certaines biocénoses d’animaux, de plantes mat et le microclimat, le relief, etc. Les facteurs culturels sont et de champignons. des formes d’exploitation régionales, l’histoire de l’exploitation, des aspects socio-économiques spécifiques, etc. Axer la protection sur la durabilité La protection des prairies et pâturages secs est réalisée en te­ Conserver et valoriser les structures et les connexions nant compte d’une agriculture et d’une sylviculture qui res­ Les objets PPS d’importance nationale conservent ou amélio­ pectent les principes du développement durable (art. 1 OPPS). rent les aspects stationnels et régionaux de leurs structures, Cette orientation rend possible: définies dans le rapport technique,2 ainsi que leurs connexions. et 2 Eggenberg, S. et al. 2001

14 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 10 > Végétation et éléments limitrophes Illustr. 11 > Singularité Prairie mésophile avec indicateurs d’eutrophisation (MBAE) et La singularité de «Wildenstein», canton de BL. lisière au Mueterschwanderberg, canton de NW.

La protection de l’objet comprend la conservation intacte de la Ici, la mise en œuvre a pour but la conservation de la forme surface PPS et de la lisière forestière limitrophe. d’exploitation particulière de cette chênaie historique et de l’objet paysager dont elle fait partie. Source: Gaby Volkart, atena; archives cantonales de Bâle-Campagne

Illustr. 12 > Site prioritaire Illustr. 13 > Espèce cible PPS Site prioritaire de Scheidhalde, canton des GR. Dracocéphale d’Autriche (Dracocephalum austriacum)

Ici, le but de la mise en œuvre est d’éclaircir et de pâturer la Cette espèce des Alpes orientales n’est plus représentée en forêt limitrophe afin d’y favoriser diverses espèces cibles comme Suisse que par des populations relictuelles de Basse-Engadine et la pulsatille des montagnes (Pulsatilla montana). du Bas-Valais. Source: Christian Hedinger, UNA

15 > Objectifs de protection des PPS

> un développement mesuré de l’infrastructure nécessaire à potentiel de valorisation écologique peuvent être préservées l’exploitation et qui ne peut pas être réalisé ailleurs, ou améliorées. Les objectifs suivants doivent être atteints: > le développement de formes d’exploitation respectueuses > conservation et valorisation écologique des mosaïques de du milieu. biotopes (objets PPS et autres types de biotopes), > promotion d’un mode et d’une intensité d’utilisation Axer la protection sur la durabilité permet d’asseoir la recher­ adaptés aux objectifs, che de formes d’exploitation et d’entretien d’avenir, et ce tant > mise en réseau de structures et d’autres milieux naturels du point de vue écologique qu’économique. ou proches de l’état naturel, > promotion ciblée d’espèces à hautes exigences, > promotion de solutions globales, à grande échelle,

2 Objectifs de protection de l’objet > promotion d’un développement territorial ciblé et durable

Les objectifs de protection de l’objet sont adaptés à la situa­ et de la coordination avec d’autres politiques territoriales. tion (menaces concrètes) et aux particularités régionales du lieu. Dans un site prioritaire, ces objectifs de protection ne doivent pas être réalisés dans chacun des objets, mais peuvent être Les objets doivent être conservés intacts appliqués à un ensemble d’objets judicieusement choisis, sur Cette prescription signifie que les objets PPS ne peuvent per­ la base d’un concept global. dre de leur qualité en tant que milieu naturel pour les espèces spécifiques des prairies et pâturages secs, ni perdre une partie de leur superficie. Cela implique la conservation de leurs ca­ 4 Objectifs de protection des espèces ractéristiques, de leurs structures typiques (inclusions et élé­ Lorsque des espèces cibles sont présentes dans un objet, elles ments limitrophes) ainsi que de leur dynamique propre. Dans doivent être conservées et valorisées en priorité. Cela peut se de rares cas, des influences négatives de surfaces voisines doi­ faire p. ex. au travers de programmes spécifiques de protecvent être empêchées par la création de zones-tampon. tion des espèces. Les mesures de protection et de promotion doivent, dans tous les cas, être fixées en fonction des espèces Les singularités doivent être conservées intactes les plus menacées. Selon les exigences des espèces, certaines Les singularités sont des objets présentant des particularités mesures de protection sont à prendre à une échelle dépassant exceptionnelles désignés par un processus d’expertise spé­ celle du biotope. cial.1 Les particularités principales et les objectifs de protection spécifiques sont fixés dans des fiches d’objets disponibles Les documents suivants sont à disposition des cantons comme sous forme électronique (art. 19 al. 2 OPPS). On peut y trou­ bases de mise en œuvre: ver les objectifs suivants: > liste des espèces cibles, > Les espèces menacées ou protégées sont conservées. > liste informatisée des observations d’espèces cibles avec > La diversité des espèces menacées ou protégées est des informations par objet partiel sur les espèces. conservée. Les sources en sont la cartographie PPS et les banques de

> La forme d’utilisation particulière ou la diversité des données nationales2. En complément, des mesures préconimodes d’utilisation sont conservées. sées sont indiquées pour chaque espèce. > La diversité particulière des habitats est conservée. Informations complémentaires Pour chaque singularité, la description détaillée des caracté­ > Huber, C. 2006: Fiche thématique PPS «Singularités». ristiques spécifiques figure, avec les indications de mise en > Eggenberg, S. 2006: Fiche thématique PPS «Protection œuvre, dans un dossier distinct à disposition des autorités des espèces». chargées de l’exécution. > OFEV 2008: Fiche thématique PPS «Sites prioritaires» (en préparation).

3 Objectifs dans les sites prioritaires

Dans les sites prioritaires, la superficie et la qualité des objets PPS doivent être conservées ou augmentées dans leur ensemble Par la création de sites prioritaires, des régions importantes 1 Eggenberg, S. et al. 2001 pour les milieux chauds et secs ainsi que des régions à haut 2 CRSF, CSCF (voir liste d’adresses)

16 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Trockenwiesen und -weiden der Schweiz Bewertungseinheit Prairies et pâturages secs de Suisse Unité d’évaluation Prati e pascoli secchi della Svizzera Teilobjekt Prads e pastgiras sitgas da la Svizra Objet partiel 102.6 Gemeinde Küttigen Commune Lokalität Acheberg Localité Illustr. 14 > Exemple d’un périmètre d’objet partiel et d’un périmètre d’objet à Merishausen, canton de SH La délimitation du périmètre d’un objet ou d’un objet partiel a été effectuée avec la plus grande précision et peut généralement être directement reprise pour la mise en œuvre.

4503 102.12 253000 102.10 102.9 102.8 102.13 102.6 102.5 302.20 102.4

102.3 102.14 102.11 102.7 102.15 302.21 252500 102.2 102.16 302.22

4503 Numéro d’objet PPS

102.6 Numéro d’objet partiel PPS

213.107 102.1

Source: Projet prairies et pâturages secs de Suisse

645000 645500 646000 646500 1:10’000 Illustr. 15 > Exemple d’un périmètre de mise en œuvre Soyhières, canton de JU

Kartenblatt Uebersichtskarte Carte Vue d’ensemble

4503 Bewertungseinheit / Unité d’évaluation

Objet PPS

102.6 Teilobjekt / Objet partiel

— Périmètre de l’objet selon l’inventaire cantonal

123.456 Weitere Teilobjekte / Autres objets

partiels — Périmètre de mise en œuvre 2 envisa­ge­able

Kartengrundlage Uebersichtsplan 1:5’000 des Kantons Aargau 1 Adaptation à la zone à bâtir Fond topographique Kantonales Vermessungsamt Aarau 2 Prise en compte de la lisière 5 4 3 Eclaircie/débroussaillage pour agrandir 2 3 les milieux PPS Luftbild(er) 4 Prise en compte du bosquet TWW-Archiv,

1 Nr 1089.12.8

6 5 Prise en compte de la végétation PPS Photo(s) aérienne(s) potentielle (surface de l’objet cantonal sans végétation-clé) Herkunft, Produktion 6 Prise en compte de la végétation PPS Bundesamt für Landestopographie, Flugdienst/KSL Source potentielle (surface embuissonnée de l’objet cantonal)

Source: Office des eaux et de la protection de la nature, canton du JU

c  BAFU / OFEV (Prov. Version / Version prov.) Datenbankstand / Etat base de données 06.12.05 TWW/PPS GmbH, Maillefer & Hunziker, 27.02.06

17 > Protection de l’objet

> Protection de l’objet En vertu de l’art. 18a al. 2 LPN, les cantons règlent la protection et l’entretien des biotopes d’importance nationale. Dans l’OPPS, la protection de l’objet s’inspire largement des autres ordonnances sur les biotopes. On recommande le principe d’une mise en œuvre globale qui prenne en compte les éléments écologiques particuliers des PPS, comme les éléments structurels et limitrophes.

Selon l’art. 18a al. 1 LPN, le Conseil fédéral désigne les ob­ l’objet est relativement élevée (échelle 1:5000 ou 1:10 000). jets d’importance nationale, détermine leur situation et préci­ Ainsi la délimitation parcellaire des objets par les cantons, se les objectifs visés par la protection. Ainsi, la protection des selon l’art. 4 al. 1 OPPS, devrait normalement être réalisable biotopes pour les objets d’importance nationale est dans une avec relativement peu de moyens. grande mesure régie par le droit fédéral. Sa mise en œuvre est toutefois déléguée aux cantons en vertu de l’art. 18a al. 2 Périmètre de mise en œuvre LPN. Après consultation des propriétaires et des détenteurs Le périmètre de mise en œuvre correspond au tracé précis des effectifs (exploitants), les cantons doivent fixer les limites limites de l’objet établi par les cantons, selon l’art. 4 al. 1 précises des objets et ordonner en temps utile les mesures ap­ OPPS. Dans des cas justifiés, il peut s’écarter du périmètre de propriées de protection et d’entretien (art. 4 al. 2 OPPS). l’objet établi par la Confédération. Lorsque la forêt ou une Le choix des instruments et leur développement sont lisière sont concernées, la LFo reste déterminante. l’affaire des cantons. Ces instruments doivent être adaptés à la situation et aux besoins. Si un canton, malgré des avertisse­ 2 Etablissement du périmètre de mise en œuvre ments, ne prescrit pas à temps les mesures de protection qui Lors de l’établissement du périmètre de mise en œuvre, les s’imposent, la Confédération est habilitée à prendre à sa place cantons, selon l’art. 4 al. 1 OPPS, sont dans une large mesure les mesures nécessaires et à mettre à sa charge une part équi­ liés au périmètre d’objet fixé par la Confédération. Les points table des frais correspondants (art. 18a al. 3 LPN). suivants méritent une attention particulière: Contrairement aux autres inventaires des biotopes, les > Situation, périmètre et description des objets sont établis cantons ont ici le choix entre deux variantes de mise en œuvre par la Confédération avec la qualité d’une cartographie pour la protection de l’objet: d’une part la voie classique qui détaillée. En règle générale, une nouvelle cartographie par consiste à conserver chaque objet intact, d’autre part la voie les cantons ne devrait pas être nécessaire (exception: dans

des sites prioritaires qui permet une protection un peu plus les sites prioritaires). flexible. > Inclusions (surfaces à végétation non PPS) et éléments limitrophes (tels que haies, lisières, etc.) contribuent pour une part non négligeable à la valeur de l’objet et devraient

1 Définitions si possible être inclus lors de l’établissement du périmètre

Les objets protégés sont définis par leur périmètre et font par­ de mise en œuvre. tie intégrante de l’OPPS, selon l’art. 19 al. 2 OPPS ainsi que > Il existe dans la nature de nombreuses zones de transition selon l’annexe 1 OPPS. où les PPS ne peuvent pas être délimités exactement sur le terrain (la végétation ne permet pas de tracer une limite Périmètre de l’objet précise). L’indication de la situation et du périmètre des objets se fonde sur des relevés scientifiques effectués par la Confédération. Le périmètre de l’objet délimite une surface PPS à laquelle est attribuée une importance nationale sur la base des informations réunies ainsi que des principes et critères d’évaluation. Comparée à celle d’inventaires fédéraux précédents (p. ex. zones alluviales et bas-marais), la précision des données géométriques et des données portant sur le contenu de

18 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 16 > Délimitation détaillée des objets Ligne verte: périmètre de l’objet; surface hachurée en vert: objet; ligne bleue: périmètre de mise en œuvre

30 m

Périmètre de mise en œuvre en présence d’une haie: il doit comporter un ourlet Périmètre de mise en œuvre en présence d’une lisière compacte: il y a lieu de d’au moins 3 mètres de largeur. prévoir une bande d’au moins 7 mètres de largeur pour le manteau, 30 mètres dans un cas optimal. 1

Périmètre de mise en œuvre dans un cas de forêt clairsemée: d’autres surfaces Périmètre de mise en œuvre en présence de rochers: les milieux rocheux présentant un potentiel PPS peuvent être incluses. présentant une végétation sèche peuvent être inclus.

Sources: 1Garnier, M. 1994

Illustr. 17 > Exploitation à proximité de PPS (zones-tampon) Prairie sèche à La Villette, canton de FR.

La prairie en pente, fauchée une fois par année, est située directement au-dessous d’une prairie exploitée intensivement. Dans la partie supérieure de l’objet PPS, on distingue une bande plus eutrophe. La surface affectée est large de 2 à 6 mètres. L’apport en fertilisants (directement lors de l’épandage ou par infiltration à travers la couche superficielle du sol) conduit à une banalisation de la végétation. Source: Gaby Volkart, atena

19 > Protection de l’objet

> Lors des relevés de terrain, il existe une marge d’interpré­ tion, et l’exposition est favorable à la biodiversité spécifitation et de précision non négligeable dans l’application que aux PPS (S, SO, O, SE, E). des règles cartographiques.1 La précision des relevés est donc aussi tributaire d’influences humaines, malgré Délimitation par rapport à des haies et des bosquets l’application d’un système d’assurance-qualité différen­ Dans le périmètre de mise en œuvre, il est judicieux de tenir cié. compte de toute la haie, de l’ensemble du bosquet et de tous Les problèmes de délimitation se posent principalement dans les ourlets (min. 3 à 6 mètres). les zones de transition vers une forêt claire, vers des surfaces rocheuses et vers des herbages plus riches en nutriments (qui Délimitation par rapport à une forêt fermée comportent des implications particulières pour la mise en Dans le cas d’une forêt fermée, il est indiqué d’intégrer une œuvre). bande d’au moins 7 mètres de largeur lors de la fixation de la limite précise. L’intégration d’une lisière large de 15 à 30 Prise en compte de la situation d’exploitation mètres peut être considérée comme optimale.3 Pour l’exécu­ Les objets étant en règle générale fortement tributaires de tion, la législation forestière reste déterminante. l’exploitation agricole, il est recommandé aux cantons de tenir compte de manière appropriée de la situation concrète des Délimitation par rapport à une forêt clairsemée unités d’exploitation concernées lors de la fixation précise des Dans le cas d’une forêt clairsemée (p. ex. pâturage boisé), il limites. Les objets situés dans ou hors de la surface agricole est recommandé d’appliquer les mêmes règles de délimitation utile (SAU, définition voir art. 14 OTerm) doivent être traités que par rapport aux prairies grasses. Dans le périmètre de séparément. mise en œuvre, cela permet de prendre en considération des S’il s’agit d’un objet situé en SAU, la parcelle concernée surfaces de bonne qualité ou potentiellement précieuses. Pour peut p. ex. être attribuée entièrement à l’objet; mais de petites l’exécution, la législation forestière reste déterminante. parties de l’objet (quelques mètres carrés) situées sur des parcelles voisines peuvent à l’inverse être exclues du périmètre Délimitation par rapport à d’autres objets PPS, à des

de mise en œuvre. marais, à des zones alluviales et à des sites de reproduction Pour les objets en région d’estivage, qui concernent de batraciens souvent de très vastes parcelles, des solutions adaptées doi­ Si d’autres biotopes d’importance nationale se trouvent dans vent être prévues en fonction des diverses situations. Pour le voisinage immédiat d’objets PPS, le périmètre de mise en les objets situés en région d’estivage (RE), il est recom­ œuvre en tiendra compte. Si les espaces entre les différents mandé d’établir un plan d’exploitation selon l’OCest. biotopes ont une largeur de moins de 50 mètres et sont déjà exploités extensivement, ils peuvent être inclus au périmètre Délimitation par rapport à des herbages eutrophes de mise en œuvre de l’objet PPS. Sur l’ensemble de la surface Si, sur la base de la situation (exploitation réelle), le périmètre supplémentaire, les objectifs de protection ainsi que les mesude mise en œuvre s’écarte du périmètre de l’objet et s’il en­ res de protection et d’entretien doivent être coordonnés avec globe par conséquent des herbages plus eutrophes, les condi­ les exigences des divers types de biotopes. tions suivantes doivent être prises en compte: > la surface retenue au-delà du périmètre de l’objet devrait Délimitation par rapport aux mégaphorbiaies ainsi qu’aux présenter un potentiel élevé d’extensification ou surfaces rudérales et rocheuses > la surface supplémentaire, exploitée en prairie, remplit les Le périmètre de mise en œuvre doit être établi au cas par cas conditions minimales de qualité selon l’art. 3 OQE. en fonction des objectifs de protection.

Les mesures de protection et d’entretien sont valables pour l’ensemble de la surface comprise dans le périmètre de mise en œuvre et sont à régler au moyen d’accords, selon l’art. 18c al. 1 LPN et l’art. 8 al. 2 OPPS. Une surface offre un potentiel d’extensification lorsque: > elle abritait autrefois une végétation PPS2 ou > les caractéristiques du sol (sol peu profond, faible teneur en éléments nutritifs, pourcentage élevé de pierrosi­té ou forte porosité) indiquent un potentiel élevé de valorisa­ 1 et 2 Eggenberg, S. et al. 2001 Garnier, M. 1994

20 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 18 > Récolte de foin sauvage au Stanserhorn Ilustr. 19 > Irrigation par un bisse à Ausserberg Les accords doivent notamment prévoir le dédommagement des surcoûts occasionnés par une exploitation respectueuse de l’environnement.

Source: Christian Hedinger, UNA; Regula Waldner, oekoskop

Illustr. 20 > Transport du foin à Ausserberg Illustr. 21 > Fauche avec une machine spéciale à Schiers En plus des exploitants agricoles, les organisations ou les lobbys Des machines spéciales rendent possible une exploitation plus d’agriculteurs entrent également en ligne de compte comme rationnelle des pentes abruptes. partenaire de contrat.

Source: Emanuel Jenny, Monika Martin, oekoskop

21 > Protection de l’objet

Exploitation à proximité immédiate des objets (zones- canton est la condition préalable à l’octroi de contributions de tampon) compensation écologique selon l’art. 3 al. 3 OQE. Les mesu­ Le but des zones-tampon est de préserver les milieux dignes res selon le droit agricole constituent un instrument optimal de protection vis-à-vis des exploitations environnantes et des pour l’extensification à proximité des objets. Cela est valable atteintes qu’elles produisent.1 Les zones-tampon font partie, aussi pour les zones-tampon. selon l’art. 14 al. 2, let. d OPN, du périmètre de mise en œu­ Il est recommandé de fixer la durée des contrats à 6 ou 12 vre. Elles sont nécessaires quand les objets sont menacés par ans. des atteintes dues à l’exploitation de parcelles voisines. Ont notamment des influences négatives: Si aucun contrat ne peut être conclu et que l’objet est menacé, > les apports de fertilisants, les cantons sont tenus d’assurer subsidiairement sa protection > les apports de produits phytosanitaires, par d’autres moyens (art. 18a al. 2 LPN, resp. art. 18c al. 3 et > l’apport d’eau, 4 LPN). > la colonisation par des plantes indésirables. Protection légale à l’aide de la loi sur l’aménagement du En comparaison avec les zones humides, les PPS sont territoire moins exposés au risque d’apport de fertilisants.2 Un tel ris­ Selon l’art. 8 al. 2, let. a OPPS, les cantons veillent à ce que que existe notamment quand une surface intensivement ex­ les plans et prescriptions régissant l’utilisation du sol autoriploitée et engraissée (prairie intensive, champ) se trouve en sée par le droit sur l’aménagement du territoire (LAT) s’acamont de l’objet. En outre, la présence d’un système d’irriga­ cordent avec les dispositions de l’OPPS. La LAT définit divertion en amont de l’objet constitue un problème délicat auquel ses mesures et exigences minimales. La conception de chaque il convient d’accorder une attention particulière, de même que mesure est de la compétence des cantons. la présence dans le voisinage d’installations d’épandage de Plans directeurs: il y a lieu de tenir compte le plus tôt produits phytosanitaires. possible des objets à protéger dans les plans directeurs canto­ Lors des relevés de terrain, la nécessité de prévoir des naux. Cela garantit une synergie suffisante entre les différents

zones-tampon pour les objets a été sommairement évaluée. La intérêts privés et publics. La Conception Paysage suisse nécessité d’une zone-tampon devrait être examinée pour près (CPS3) fixe au niveau fédéral les domaines politiques et les de 500 objets partiels. Les indications à ce sujet sont mises à programmes susceptibles de toucher les PPS. disposition des cantons sous forme de listes séparées. Une Plans d’affectation: les plans d’affectation régissent zone-tampon d’une largeur maximale de 10 mètres devrait en l’utilisation admise du sol et distinguent des zones à bâtir, des règle générale être suffisante. zones agricoles et des zones à protéger. Ils ont force obligatoire pour les propriétaires fonciers (art. 14 et art. 21 LAT). A) Zone agricole: la zone agricole comprend notamment

3 Protection légale les terrains qui, dans l’intérêt général, doivent être exploités

Accords par l’agriculture (art. 16 al. 1, let. b LAT). Elle convient aux Selon l’art. 18c al. 1 LPN, il est recommandé aux cantons de objets PPS. Une étroite correspondance entre la zone agricole fixer si possible par des accords conclus avec les propriétaires et les exigences spécifiques des PPS est optimale et recomfonciers et les exploitants les mesures d’exploitation, d’entre­ mandée. tien et de valorisation nécessaires pour atteindre les objectifs B) Zone à protéger: l’affectation d’objets PPS à une zone de protection. Les éventuelles prestations supplémentaires et à protéger sur la base de l’art. 17 al. 1, let. b et d LAT constila renonciation à certaines formes d’utilisation donnent droit tue également une solution optimale. à des indemnités (art. 18c al. 2 LPN). C) Zones réservées: pour pouvoir agir rapidement par Les mesures soumises à la législation agricole (OPD ou des mesures transitoires au sens de l’art. 29 OPN, les cantons OQE) reposent sur le principe de l’engagement volontaire, sont habilités selon l’art. 27 LAT à créer des zones réservées contrairement à celles qui se réfèrent à la protection de la na­ ou à prendre d’autres dispositions provisoires. Dans les zones ture et du paysage. Alors que dans la législation agricole, ce réservées, rien ne doit être entrepris – durant une période pousont les exploitants qui doivent prendre l’initiative, les indem­ vant atteindre 5 ans – qui entrave l’établissement du plan d’afnités fixées par convention concernant des restrictions d’ex­ fectation. ploitation ou des prestations sans avantage lucratif correspondant sont obligatoires (art. 18c al. 2 LPN). 1 Marti, K. et al. 2002 Une coordination avec les mesures selon le droit agri­ 2 Hegg, O. 1984 cole est à rechercher. Une convention entre l’exploitant et le 3 OFEFP/OFAT (Ed.) 1998

22 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 22 > Objets dans l’aire forestière Illustr. 23 > Zones de protection Pour les surfaces PPS situées dans l’aire forestière, il est né- Des zones de protection permettent de définir clairement et à cessaire d’adapter les objectifs de protection à la planification long terme un statut de protection. forestière.

Source: Michael Dipner, oekoskop; Pro Natura

Illustr. 24 > Abandon de l’utilisation Illustr. 25 > Alternatives à l’exploitation agricole L’abandon de l’utilisation a généralement pour conséquence un Lorsque l’exploitation agricole ou forestière traditionnelle ne embuissonnement excessif et une perte de qualité. peut être conservée, des alternatives sont possibles. L’engagement du service civil permet de maintenir la qualité écologique.

Source: Regina Joehl, Michel Dipner, oekoskop

23 > Protection de l’objet

Aire forestière: l’aire forestière est définie par la législa­ > analyse écologique: examen des conditions stationnelles, tion sur les forêts (LFo). L’art. 20 LFo et l’art. 18 OFo noti­ des types de végétation et des espèces cibles présentes, fient l’obligation pour les cantons de planifier la gestion des description de l’entretien minimal au cas par cas, forêts. Elles prévoient la prise en compte, par la planification > analyse de l’exploitation: consultation de l’actuel/dernier forestière, également de la protection de la nature. Dans ce exploitant/propriétaire foncier, contexte, les documents de planification forestière (p. ex. plan > examen d’un changement possible d’exploitant pour d’aménagement et plan directeur forestiers) doivent assurer optimiser l’utilisation, selon l’art. 18c al. 3 LPN et art. 71 l’exercice durable de toutes ses fonctions par la forêt et les LAgr,3 relations avec les autres planifications (p. ex. l’aménagement > examen d’une réduction de l’utilisation par l’actuel/ du territoire).1 Les objectifs de protection des PPS doivent y dernier exploitant, être adaptés et mis en œuvre dans des plans d’exploitation, > examen d’une réduction de l’utilisation par un autre des projets, etc. Lorsque des objets PPS et l’aire forestière se exploitant, recoupent, la législation forestière reste déterminante. Les > assurance d’un entretien minimal adapté à la station. services forestiers cantonaux sont compétents pour la fixation de la limite forestière. Une coordination entre les contributions de l’agriculture et de la protection de la nature est également nécessaire dans le cas Ne sont pas conciliables avec la protection des PPS, les zones d’un entretien minimal. En principe, des contributions ne deà bâtir, les zones de gravières et décharges, ainsi que de nou­ vraient être versées que lors des années d’exploitation. Cevelles zones dévolues au tourisme hivernal. pendant, dans des cas motivés du point de vue écologique (p. ex. surfaces de foin sauvage, espèces cibles), le versement Mise sous protection de contributions pour une exploitation non annuelle est à exa­ Equivalent notamment à une zone de protection inscrite dans miner (selon art. 4 al. 5 OPD). le plan d’affectation: > des zones cantonales de protection de la nature contrai­ Radiation d’un objet

gnantes pour les propriétaires fonciers, La radiation d’un objet, suite à un abandon de l’exploitation, > des arrêtés de protection. selon l’art. 17 OPPS, n’est appliquée que lorsqu’aucune des mesures préconisées ne s’est révélée efficace. Elle est à examiner au cas par cas.

4 Abandon de l’exploitation et radiation d’un objet Lorsqu’il n’est plus possible, pour d’autres raisons, de

Lorsqu’un objet se trouve menacé suite à une exploitation né­ garantir la protection d’un objet, la loi prévoit une mesure de gligeant les objectifs de protection ou suite à un abandon pur remplacement obligatoire. Celle-ci peut être réalisée dans le et simple de celle-ci, il est possible dans certains cas de déro­ cadre d’un site prioritaire. ger aux objectifs définis ci-dessous. Plutôt qu’une utilisation optimale qui, du point de vue de la qualité écologique géné­ Informations complémentaires rale et de l’atteinte des objectifs de protection, cible le meilleur > OFEV 2006: contrat type et commentaires. résultat, l’objectif est de conserver l’objet le mieux possible > Huber, C. et al. 2007: Fallstudie «Nutzungsalternativen en tenant compte des conditions de situation. zur herkömmlichen Bewirtschaftung von Biotopen».

Entretien minimal Lorsqu’un objet est menacé d’enfrichement, on envisagera un entretien minimal. L’entretien minimal constitue une alternative à un abandon complet de l’exploitation. Il permet le maintien d’une surface dans l’inventaire à des coûts moindres mais s’accompagne d’une certaine baisse de qualité. Celle-ci ne doit cependant pas le faire passer en dessous d’une certaine valeur seuil2 de l’inventaire. Un entretien minimal intervient exceptionnellement, 1 OFEFP (Ed.) 1996 dans le cas où l’exploitant actuel renonce à l’exploitation ou 2 voir à ce sujet, Eggenberg S. et al. 2001 lorsque celle-ci a été abandonnée au cours des dernières an­ 3 Art. 18c al. 3 LPN: si, contrairement à ce qui serait indispensable à la réalisation nées. Avant de recourir à l’entretien minimal, une série de me­ des buts visés par la protection, un propriétaire néglige d’exploiter son bien-fonds, il doit en tolérer l’exploitation par des tiers ordonnée par les autorités. Egalement: sures devraient être examinées par le canton: art. 71 L Agr sur l’obligation de tolérer l’exploitation

24 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 26 > Exemples de politique coordonnée dans des sites prioritaires PPS

Surface hachurée = périmètre du site prioritaire: coordination avec l’aménagement du territoire (adaptation aux plans directeurs, plans sectoriels et plans d’affectation)

1 Prairie sèche dans la surface agricole

utile: coordination avec l’exécution de l’OPD (prestation écologique requise, prairie extensive) et de l’OQE (qualité et mise en réseau)

2 Pâturage sec dans la surface agricole

utile: coordination avec l’exécution de l’OPD (prestation écologique requise) et de l’OQE (qualité et mise en réseau) 2 3 Surface soumise à extensification dans la surface agricole utile: coordination avec 3 l’exécution de l’OPD et de l’OQE

4 Verger haute-tige: coordination avec

l’exécution de l’OPD et de l’OQE

5 Herbages dans une zone de protection

1 des eaux souterraines: coordination avec la protection des eaux 3 6 Biotope alluvial: coordination avec la 7 protection des zones alluviales

7 Aire forestière: coordination avec l’exécu-

4 tion de la LFo

Source: Stefan Eggenberg, UNA; Michael Dipner, oekoskop

Illustr. 27 > Exemple de carte de concept – site prioritaire de Glattfelden La carte de concept montre comment les surfaces PPS isolées devraient être mises en réseau. Dans les régions où les surfaces de qualité PPS sont rares (p. ex. sur le Plateau), un site prioritaire peut être constitué de plusieurs surfaces disjointes.

Talus d’autoroute Eclaircir les bosquets, agrandir les prairies maigres et y entreprendre des mesures d’entretien ciblées Aire forestière Eclaircir la forêt, entretenir les lisières, faucher des surfaces en forêt Zone agricole Conserver les PPS existants, revaloriser Créer de nouveaux PPS, revaloriser Améliorer, revaloriser les corridors de mise en réseau, en créer de nouveaux Espèces emblématiques Orchis à odeur de bouc (Himantoglossum hircinum): habitat prairies maigres sèches Mélitée des scabieuses (Melithaea parthenoides): habitat prairies fauchées deux fois par an Oedipode turquoise (Oedipoda caerulescens): habitat prairies maigres rudérales Ascalaphe (Libelloides coccajus): habitat prairies bien exposées, arbres et arbustes en clairière

Source: Projet prairies et pâturages secs de Suisse

25 > Sites prioritaires

> Sites prioritaires Afin de régler la protection et l’entretien des biotopes d’importance nationale selon l’art. 18a al. 2 LPN, l’OPPS offre en plus de la protection classique de l’objet une deuxième variante de mise en œuvre, dite des «sites prioritaires». Celle-ci offre une plus grande flexibilité aux cantons et devrait permettre de trouver pour chaque situation concrète des solutions adaptées.

Selon l’art. 5 al. 1 OPPS, les cantons peuvent désigner des > En règle générale, le site prioritaire constitue une surface sites prioritaires pour les PPS si ce moyen permet d’améliorer cohérente et une unité paysagère. la mise en œuvre des objectifs et l’efficacité des mesures de > De plus, les sites prioritaires présentent soit une forte protection et d’entretien. Dans les sites prioritaires, selon proportion de milieux secs et chauds, soit un potentiel de l’art. 6 al. 2 OPPS, la valorisation des PPS et leur mise en ré­ valorisation élevé. seau prennent une importance particulière. Dans les sites > Les autres biotopes d’importance nationale selon prioritaires, il est admis de déroger à l’objectif de protection l’art. 18a LPN doivent y être inclus et les objectifs de de conserver l’objet intact, lorsque le projet remplit les condi­ protection coordonnés les uns aux autres. tions du droit sur l’aménagement du territoire et lorsque la > Les surfaces forestières sont incluses si les objectifs de superficie et la qualité des prairies sèches à l’intérieur du site protection peuvent ainsi être atteints de manière plus prioritaire sont globalement rétablies à long terme, voire ac­ efficace et que les mesures préconisées sont compatibles crues (art. 7 al. 2 OPPS). avec la législation forestière. Lorsqu’un objet est intégré à un site prioritaire, il conti­ > Les zones rocheuses et les éboulis sont inclus si les nue de représenter une surface de très grande valeur objectifs de protection peuvent ainsi être atteints de natu­relle – donc toujours d’intérêt national. Dans le site prio­ manière plus efficace. ritaire, il fait partie des surfaces sur lesquelles doivent être > En règle générale, les sites prioritaires ne comprennent réunies les conditions nécessaires à l’atteinte des objectifs de pas de zone à bâtir, de gravière ni de décharge. On peut protection. Avant de désigner des sites prioritaires, les cantons s’écarter ponctuellement de cette condition-cadre, lorsque consultent l’OFEV (art. 5 al. 1 OPPS). Les cantons déclarent des PPS situés dans des stations particulières (p. ex. les sites prioritaires à l’OFEV qui en publie la liste (art. 5 al. 4 infrastructures ferroviaires, talus, places d’armes, etc.) OPPS). doivent être revalorisés dans le cadre de sites prioritaires. Les conflits éventuels sont à régler lors de l’établissement du concept.

1 Délimitation précise des sites prioritaires

La délimitation précise des sites prioritaires est effectuée par Dans le calcul de la proportion minimale des surfaces PPS, les les cantons. Lors de cette délimitation, les conditions-cadre objets d’importance nationale peuvent être complétés par de suivantes doivent être respectées afin d’y garantir une haute petites surfaces PPS. Cela peut nécessiter une cartographie valeur écologique pour les espèces d’animaux, de plantes et complémentaire. de champignons (art. 5 al. 1 OPPS) ainsi que pour atteindre les objectifs de protection selon l’art. 6 al. 2 OPPS: > Le site prioritaire comprend un ou plusieurs objets PPS d’importance nationale, y compris les zones-tampon éventuellement nécessaires au sens du chapitre Protection de l’objet (p. 17). > Il peut aussi englober des PPS d’importance régionale ou locale. > La surface à végétation PPS1 couvre au moins 30 % de la surface agricole utile. 1 Eggenberg, S. et al. 2001

26 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 28 > Sites prioritaires et mesures de remplacement Le site prioritaire de Tschlin, canton des GR.

Dans le cadre d’une amélioration foncière, une nouvelle desserte qui porte atteinte aux surfaces PPS a été réalisée. Comme mesure de remplacement, il est prévu de débroussailler et de reprendre l’exploitation extensive de surfaces actuellement abandonnées et présentant un important potentiel pour les espèces PPS, à proximité de la zone touchée. Source: Michael Dipner, oekoskop

Illustr. 29 > Sites prioritaires et mesures de revalorisation Le site prioritaire de Rophaien, Flüelen, canton d’UR.

Parallèlement aux contrats d’exploitation avec les agriculteurs et au maintien des infrastructures (câble pour le transport du foin), des mesures sont également prévues pour l’entretien de la pinède claire ainsi que dans le domaine du tourisme et des relations publiques afin de permettre la conservation à long terme des foins sauvages du Rophaien. Les mesures seront mises en œuvre de façon coordonnée dans le cadre du site prioritaire. Source: Michael Dipner, oekoskop

27 > Sites prioritaires

2 Protection légale toire et de la protection des eaux, ainsi que les propriétaires ou

Une prestation active de particuliers étant le plus souvent né­ exploitants concernés et les communes (approche bottom-up). cessaire pour mettre en œuvre les objectifs de protection dans La participation active des personnes directement concernées les sites prioritaires – comme pour la protection des objets – la amène des solutions bien fondées et par conséquent acceptaconclusion d’accords est ici également à prévoir en priorité. bles. Comme les objets, les sites prioritaires sont pris en compte de manière appropriée dans les plans et prescriptions Informations complémentaires qui régissent l’utilisation du sol autorisée par la législation sur > Hochschule für Technik, HSR Rapperswil, (Hrsg.) 2002: l’aménagement du territoire (art. 5 al. 3 OPPS). Dans ce Werkzeugkasten LEK. contexte, c’est surtout l’adaptation du plan directeur au site > Jenny, M. et al. 2002: Projets de mise en réseau à la prioritaire projeté qui prend une grande importance, divers in­ portée de tous. térêts étant pesés et coordonnés à cet échelon supérieur. > OFEV, en préparation: Fiche thématique PPS «Sites Selon l’objectif de protection, les sites prioritaires peu­ prioritaires». vent englober des surfaces forestières assez vastes; il est indispensable dans ce cas qu’il y ait concordance avec la planification forestière.

3 Recommandations sur concept et coordination

Pour garantir les conditions d’un site prioritaire, selon l’art. 5 et l’art. 6 al. 2 OPPS, il est recommandé de présenter, dans un concept, la situation actuelle, les objets PPS concernés, les effets visés et les objectifs de mise en œuvre, ainsi que les mesures prévues et le coût estimé pour l’ensemble du site. Le concept devrait en particulier décrire: > l’état actuel des valeurs naturelles et des particularités, > les lacunes et le potentiel de valorisation, > les objectifs concrets, > les interventions nécessaires et le programme de mise en œuvre avec les mesures de protection, d’entretien et/ou de valorisation, > l’organisation et les responsabilités, > le programme de suivi, > les délais et les coûts, > sur un plan d’ensemble, les mesures projetées et le périmètre.

Si le site prioritaire est situé en région d’estivage, il est recommandé de réaliser la coordination nécessaire avec l’agriculture au moyen d’un plan d’exploitation (art. 4 OCest). Celui-ci tient compte des besoins des espèces présentes dans les biotopes et de leurs habitats. Si le site prioritaire est situé en surface agricole utile (SAU), il est recommandé d’harmoniser le plan d’exploitation avec les projets de réseau selon l’OQE existants ou planifiés.

La prise en compte précoce et la collaboration institutionnalisée avec les services cantonaux de l’agriculture et des forêts ainsi que des services de vulgarisation agricole peuvent être considérées comme l’un des principaux facteurs de succès des sites prioritaires. Il est également recommandé d’associer aussi tôt que possible les services de l’aménagement du terri­

28 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 30 > Biodiversité grâce à l’agriculture Prairie sèche dans le Rheintal près de Sargans, canton de SG, et pâturage sec avec petite surface de culture à Visperterminen, canton du VS.

Les prairies et pâturages secs sont le résultat de l’utilisation agricole. Leur maintien ne peut être assuré qu’avec le concours des agriculteurs. Source: Christian Hedinger, UNA; Emanuel Jenny, oekoskop

Illustr. 31 > Mosaïque d’utilisation optimale Complexe PPS à Küttigen, canton d’AG.

5 1

3 2

1 Manteau forestier

9 7 2 Ourlet forestier

3 Arbustes à baies

4 Bois mort

5 Arbres isolés

6 Bande refuge pour la petite faune

7 Fauche échelonnée

8 Pâturage

9 Buissons et haies

Recommandations: diverses mesures permettent de créer une mosaïque d’utilisation: une exploitation et des mesures d’entretien différenciées dans le temps et l’espace (utilisation échelonnée, bandes refuges pour la petite faune); des surfaces pâturées jouxtant des prairies de fauche et des friches temporaires; des éléments tels que terrains ouverts, zones rudérales et buissons de toutes tailles. Plus le milieu est diversifié, plus il offre d’habitats pour des espèces animales. On veillera cependant à ce que la végétation sèche demeure suffisamment ouverte. Beaucoup de papillons diurnes ne se déplacent que sur de courtes distances, la mosaïque est donc aussi nécessaire à petite échelle qu’à l’échelle régionale. Source: Willy Schmid, Schinznach Dorf

29 > Recommandations d’exploitation

> Recommandations d’exploitation La conservation et la valorisation des prairies et pâturages secs, selon l’art. 6 al. 1, let. c OPPS, dépendent d’une agriculture et d’une sylviculture pratiquées selon les principes du développement durable.

Les prairies et pâturages secs sont des milieux semi-naturels Mosaïques de formes d’exploitation qui résultent généralement d’une exploitation agricole exten­ Il faut favoriser aux plans local et régional les mosaïques résive. La gamme d’espèces typiques des PPS résulte d’une fai­ sultant de formes d’exploitation diversifiées, surtout dans les ble teneur du sol en azote et en phosphore, d’une pénurie objets PPS de grandes dimensions et les régions riches en d’eau au moins temporaire et du prélèvement régulier de la PPS (notamment dans les sites prioritaires au sens de masse végétale aérienne. L’exploitation est dans la plupart des l’OPPS). cas indispensable.1 Elle est judicieuse quand la qualité et la superficie des objets demeurent constantes ou s’accroissent. La meilleure stratégie pour la conservation d’une grande di­ En règle générale, l’exploitation traditionnelle doit être versité d’espèces consiste en une mosaïque de formes d’exmaintenue. Les lieux naturellement secs dépourvus d’arbres ploitation sur une surface relativement restreinte.3 C’est sur­ et de buissons, qui ne s’embuissonnent pas à la longue (p. ex. tout la faune qui profite des conditions de vie diversifiées milieux rocheux, steppes), ne nécessitent généralement pas créées par l’exploitation différenciée de parcelles voisines. d’entretien. Mais il faut toujours vérifier d’abord que les objectifs de Tout l’art d’une exploitation optimale et durable consiste protection sont compatibles avec chaque mesure envisagée à «doser» l’intervention humaine de manière à conserver la (p. ex. en ce qui concerne les espèces rares). diversité des espèces et les espèces spécifiques des PPS. Il s’agit en particulier de trouver un équilibre entre sous- Informations complémentaires exploitation et surexploitation. L’action doit être adaptée no­ > Niemeyer, L. et al. 2001: Veränderung der botanischen tamment à la productivité du site et à ses objectifs de protec­ Zusammensetzung von Wiesen im Alpenraum als Indikation spécifiques.2 Une prairie grasse riche en espèces exige tor für die Nachhaltigkeit der Bewirtschaftung. une exploitation plus fréquente qu’une prairie mésophile plus > Pearson, S. et al. 2006: Fiche thématique PPS «Exploitamaigre, la productivité de la première étant plus élevée. Mais tion». si des objectifs faunistiques sont au premier plan, une prairie

grasse riche en espèces peut aussi, le cas échéant, être exploitée moins souvent. L’idéal consiste en une exploitation qui se conforme à la fois à la station et aux objectifs. Dans tous les cas, l’évolution des espèces est à surveiller, chaque site réagissant différemment. Chaque objet PPS constitue ainsi un cas unique et l’exploitation doit être adaptée à chaque objet partiel. Une approche régionale et locale permet de répondre aux objectifs de durabilité. La fiche thématique PPS «Exploitation» décrit les composantes d’une exploitation durable des prairies et pâturages secs.

1 Entre autres, Hegg, O. et al. 1992; Maag, S. et al. 2001; Nösberger, J. et al. 1998

Roxburgh, S. H. et al. 2004

3 Entre autres, Köhler, B. 2001; Antognoli, C. et al. 1995; Völkl, W. et al. 1993

30 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 32 > Critères de détermination de la date de coupe en zones de plaine et de collines

Quel est le niveau Y a-t-il des plantes à Certaines espèces doiventnutritionnel? problèmes? elles être favorisées?

Oui: p. ex. surfaces herbagères peu Coupe précoce diversifiées, rhinanthes (Rhinanthus Favoriser les plantes basses à (mai-juin) alectorolophus), fougères aigles faible capacité de rétention (Pteridium aquilinum). (p. ex. épervière piloselle [Hieracium pilosella], hippocrépide à toupet [Hippocrepis comosa], Coupe estivale anthyllide vulnéraire [Anthyllis (juillet) vulneraria] ).

Coupe automnale ou Favoriser les espèces à floraison bisannuelle tardive; espèces des ourlets (septembre-octobre) (p. ex. œillet [ Dianthus sp.], aster amelle [ Aster amellus]  ); oiseaux nichant au sol (p. ex. alouette lulu [ Lullula arborea ], pipit des arbres [Anthus trivialis]  ); araignées et papillons diurnes.

Source: Projet prairies et pâturages secs de Suisse

Illustr. 33 > Les avantages de la fauche et de la friche peuvent être combinés grâce aux zones refuges pour la petite faune

Survivent sur une prairie fauchée: > les punaises vivant à la surface du sol, > les criquets thermophiles qui déposent leurs œufs dans ou sur le sol (p. ex. conocéphale gracieux [Ruspolia nitidula] ), > les papillons diurnes au vol précoce, > les espèces connaissant plusieurs générations annuelles (p. ex. argus bleu-nacré [Lysandra coridon] ).

Sont favorisés par des zones refuges temporaires pour la petite faune: > les orthoptères et les punaises qui pondent sur une végétation plus haute (p. ex. phanéroptère commun [Phaneroptera falcata] ou decticelle bicolore [Metrioptera bicolor] ) et d’autres qui préfèrent un microclimat plus humide, > diverses araignées tisseuses et la guêpe poliste (Polistes gallicus), > des punaises suceuses d’herbe, > des papillons diurnes au vol tardif (p. ex. mélitée orangée [Melitaea didyma], demideuil [Melanargia galatea], myrtil [Maniola jurtina] ), > des décomposeurs (p. ex. mille-pattes) et des reptiles (p. ex. coronelle lisse [Coronella austriaca] ).

Recommandations pour le choix des zones refuges pour la petite faune: > ne laisser des zones refuges pour la petite faune que dans les endroits où il n’existe pas de plantes rares sensibles à l’enfrichement, > choisir de préférence des emplacements avec des plantes à floraison tardive (ressources alimentaires pour la faune), > ne pas laisser comme zones refuges des surfaces de mauvaises herbes, > rotation: ne laisser la même surface comme zone refuge qu’au plus une fois tous les 5 ans, > largeur minimale: 3-5 m, > tenir compte de la technique de fauche: disposer les bandes herbeuses de manière à ce que la coupe et l’enlèvement de la récolte soient le moins possible entravés.

Source: Guido Masé, oekoskop; contenu: Antognoli, C. et al. 1995; Pozzi, S. et al. 1998

31 > Recommandations d’exploitation

1 Fauche refuge pour la petite faune peut aussi être considéré

Un échelonnement des dates de fauche est approprié pour at- comme un enrichissement du paysage. Une information teindre les objectifs de protection (art. 8 al. 3, let. c OPPS). s’impose, p. ex. au moyen de panneaux. > Attention: l’exploitation bisannuelle peut favoriser la Environ 25 % des objets PPS cartographiés sont des prairies prolifération des rongeurs. Un sol inégal et l’enchevêtre­ ou des pâturages fauchés. Le choix de la date de fauche doit ment de la végétation peuvent aussi entraver la fauche. permettre la présence tout au long de l’année de peuplements > L’évolution des peuplements dans les objets qui ne sont non exploités servant de refuge et de réserve alimentaire à la pas fauchés chaque année est à surveiller, afin de pouvoir faune. Les dates et intervalles de coupe doivent être fixés en adapter la fréquence des interventions à un éventuel tenant compte des environs immédiats. appauvrissement de la diversité des espèces.

Date de fauche Bandes refuges pour la petite faune La date de fauche doit être choisie en fonction de la producti­ Le maintien de bandes refuges pour la petite faune exploitées vité de la surface, de la flore, de la faune et de la mosaïque bisannuellement est recommandé, notamment dans les praid’exploitation régionale: ries sèches de grande dimension et pauvres en éléments struc­ > L’idéal est de fixer ces dates dans des contrats individuels turels.4 Elles augmentent la valeur de la surface pour de nomsur la base d’un concept régional d’échelonnement de la breuses espèces en offrant refuge et nourriture et servent parfauche (p. ex. pour une commune ou une unité paysagère fois de milieu de substitution aux reptiles. telle qu’un versant de vallée). Méthode: certaines parties des prairies sèches ne sont > Dates selon art. 45 al. 3bis l’OPD:1 dans la perspective de pas fauchées mais laissées en l’état durant l’hiver. L’année favoriser une mosaïque d’exploitation, il peut être suivante, elles sont de nouveau exploitées, tandis que d’autres judicieux de s’écarter des dates recommandées par l’OPD. sont laissées comme bandes refuges. Cette méthode exige > Le contrôle des différentes dates d’exploitation exige moins de travail qu’une fauche échelonnée sur la saison. davantage de travail et doit être adapté aux capacités du service cantonal. Une alternative délicate à tester serait le Foins sauvages libre choix de la date de fauche par l’exploitant, le La gamme et la diversité d’espèces des foins sauvages ne peucontrôle portant sur le développement de la végétation. vent être conservées à moyen terme que par la fauche.

Fréquences de coupes Les fanages d’altitude sont des prairies sèches fauchées si­ Les prairies sèches doivent en règle générale être fauchées tuées en région d’estivage. L’inventaire PPS ne comporte que une fois l’an – deux fois en cas de forte productivité. Une se­ les prairies riches en espèces remplissant les critères de la clé conde exploitation est recommandée quand la végétation est des seuils. Ainsi les prairies de fauche plus eutrophes de la trop haute à l’approche de l’hiver et qu’elle risque de s’enche­ région d’estivage n’ont pas été admises dans l’inventaire. vêtrer. La deuxième coupe doit être fixée par contrat. Pour ces prairies d’altitude, une exploitation pluriannuelle est souvent suffisante. La fiche thématique PPS «Wild­ Coupe bisannuelle: des essais ont montré qu’une prairie mé­ heu» (disponible en allemand) décrit l’importance, la répartisophile peut être fauchée tous les deux ans sans perdre de sa tion et l’exploitation des prairies sèches en région d’estivage. diversité,2 dans la mesure où cela n’affecte pas d’espèces rares spécialement sensibles. De telles «jachères tempo­raires» sont Informations complémentaires à recommander sur des surfaces moins productives.3 Elles of­ > Fiche technique ASPO/BirdLife Suisse 2003: Bandes et frent des refuges et des ressources alimentaires aux petits ani­ bordures herbeuses. maux. Dans ce cas, on tiendra compte des aspects suivants: > Hedinger, Ch. 2006: Fiche thématique PPS «Wildheu». > Dans des cas fondés du point de vue écologique, des > Volkart G., Martin M. 2007: Fallstudie «Artenarme contributions selon l’OPD/OQE et la LPN sont possibles Trockenwiesen und -weiden». également pour des surfaces qui ne sont exploitées que tous les deux ans (art. 4 al. 5 OPD; art. 19 al. 5 et 6 Les surfaces dont l’utilisation ou la protection font l’objet d’un accord écrit avec le OTerm). Les années sans exploitation, les contributions service cantonal de la protection de la nature sont soumises aux prescriptions écologiques sont versées en totalité ainsi que les deux suivantes en ce qui concerne les dates ou intervalles d’exploitation. Keel, A. 1995 tiers des contributions à la surface. 3 Bischof, N. 1981 recommande de ne faucher que tous les 2 ans les prairies maigres > L’aspect esthétique des surfaces inexploitées peut être des versants sud – et même tous les 3 à 5 ans seulement sur sol peu profond.

source de problèmes. Mais le «désordre» d’une zone 4 Völkl, W. et al. 1993

32 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 34 > Impacts de la fauche sur les criquets Illustr. 35 > Faucheuse à barre de coupe Impacts sur les criquets selon la technique de fauche. Idéal: la faux ou la faucheuse à barre de coupe.

Cause de dégâts en %

Faucheuse à disques Faucheuse Faucheuse à barres avec rotor ramasseur rotative de coupe

Des études réalisées en Allemagne1 font état, parmi les amphibiens et les reptiles, de pertes de 30 à 40 % dues aux machines rotatives (faucheuses à tambour et à disques). Avec les faucheuses à barre de coupe, les pertes sont en général inférieures de moitié. La mécanique de compression des faucheuses-conditionneuses tue en outre 15 % des insectes restés dans l’herbe fauchée. Si une population de criquets n’est présente qu’en faible effectif, le choix du type de machine peut être déterminant pour sa survie. Source: 1 Oppermann, R. 1998; photo: Christian Purro, atena

Illustr. 36 > Faucheuse à tambour Illustr. 37 > Faucheuse à fléaux Nuisible pour la faune, mais admise: la faucheuse à tambour. Ne sont pas compatibles avec l’objectif de protection: la faucheuse à fléaux ou la faucheuse-­conditionneuse qui détruisent une grande partie de la faune.

Source: Monika Martin, oekoskop

33 > Recommandations d’exploitation

Pacage d’automne sur prairies tes mobiles et autres petits animaux de s’écarter à temps des En automne, un bref pacage des prairies sèches est approprié endroits dangereux; ce sont la faux ou la faucheuse à barre de pour autant que la mise en œuvre des objectifs de protection coupe qui conviennent le mieux à cet effet. A cause des roues, ne soit pas compromise (art. 8 al. 3, let. c OPPS). les machines de fauche couplées à un tracteur entraînent également une mortalité plus élevée de la petite faune. L’impact Du point de vue de la gestion de l’exploitation, le pacage de le plus important est cependant le fait des faucheuses-condiprairie en automne – quand le bétail redescend des alpages – tionneuses qui occasionnent un doublement des pertes, comme représente une solution judicieuse et souvent utilisée. Elle des études l’ont montré.2 permet de raccourcir la végétation avant l’hiver et d’éviter La débroussailleuse à main détruit aussi un grand nomqu’elle ne s’enchevêtre. Du point de vue de la protection de la bre d’insectes. On ne l’utilisera donc pas à grande échelle, nature, un court pacage en automne (art. 45 al. 3 OPD)1 est mais seulement pour faucher des surfaces restantes. également judicieux, car les trouées produites dans la végéta­ Hauteur de coupe: la hauteur de coupe recommandée est tion par le bétail constituent pour les insectes un précieux en­ de 10 à 15 centimètres. Une hauteur inférieure prive la faune richissement du milieu naturel. Mais il y a lieu de veiller à ce de ses bases vitales et peut arracher par endroits la couverture que: végétale. > le pacage n’ait lieu que si les conditions pédologiques sont favorables afin d’éviter les dégâts dus au piétinement, Produit de la coupe > la surface ne soit pas entièrement broutée après la période L’herbe coupée doit être sèche au moment de l’évacuation. de pâture et qu’il subsiste des refus, De ce fait, le broyage, la récolte d’herbe fraîche et l’ensilage > le cas échéant, la présence d’espèces rares soit compatible ne sont en règle générale pas compatibles avec l’objectif de avec le pacage automnal (p. ex. sensibilité des ophrys au protection (art. 8 al. 3, let. c et e OPPS). pacage). Exception: sur des surfaces qui sèchent extrêmement mal, l’herbe peut être évacuée à l’état humide. Mais on laissera Pacage de printemps sur prairies subsister quelques tas de branches et d’herbe pour que la

Le pacage printanier est inapproprié dans les prairies sèches faune puisse s’y réfugier et s’y reproduire. (art. 8 al. 3, let. c OPPS). Exception: pour autant que la mise en œuvre des objectifs de La production de foin séché au sol permet à des animaux peu protection ne soit pas compromise, un court pacage printa- mobiles (chenilles, etc.) de s’éloigner de la zone fauchée. nier traditionnel peut être maintenu. Les surfaces sensibles à Quand l’herbe sèche sur place durant un jour ou deux, le nomvégétation particulière devront le cas échéant être clôturées bre d’insectes qui périssent est nettement inférieur que (p. ex. les zones humides et les zones de sources en cas de lorsqu’elle est immédiatement emportée ou comprimée en pacage par des moutons). balles d’ensilage. Le broyage est à éviter, cette technique de coupe rotative Un pacage très précoce peut porter atteinte à la végétation ca­ détruisant les petits animaux. De plus, l’abandon sur place de ractéristique et aux espèces typiques des prairies de fauche. Il la matière végétale contribue à augmenter les réserves en nuarrive parfois – surtout dans les Grisons et les Préalpes – que triments de la surface. des prairies sèches soient pâturées avant la fauche estivale. Pour des raisons de gestion de l’exploitation, cette étape qui Informations complémentaires précède la montée à l’alpage est souvent indispensable. Il peut > AGRIDEA 2003: Fiche technique «Fauche et diversité donc s’avérer judicieux de poursuivre ce type de pacage prin­ des espèces». tanier traditionnel et extensif, mais en tenant compte des > Köhler, B. 2001; Gerster, A. et al. 2001: Effet de difféconditions pédologiques. Il importe cependant que la période rents régimes de coupe sur la flore. de pacage soit courte et qu’il subsiste des refus de pâture. > Oppermann, R. et al. 1997, 1998, 2001: Techniques de coupe. Technique de fauche L’utilisation de faucheuses-conditionneuses et de faucheuses à fléaux, ainsi que l’aspiration de l’herbe, ne sont pas compatibles avec l’objectif de protection (art. 8 al. 3, let. e OPPS). Date du pacage d’automne 1.9-30.11, seulement si les conditions pédologiques sont La technique de fauche a une grande influence sur la faune. favorables L’idéal est de progresser lentement, ce qui permet aux insec­ 2 Humbert, J.-Y. et al. 2009

34 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 38 > Adaptation à la pâture de la faune et de la flore

Beaucoup de plantes typiques contribuent à la valeur particulière des pâturages exten- Les animaux sauvages typiques des pâturages (qui contribuent à leur valeur particusifs. Leur adapation à la pâture prend diverses formes: lière) appartiennent aux espèces suivantes: > espèces à aiguilles ou épines: bugrane épineuse (Ononis spinosa), églantiers, > espèces xérothermophiles (p. ex. caloptène italien), chardons; plantes ligneuses, > espèces se nourrissant de plantes des pâturages (azuré du serpolet [ Maculinea > plantes rêches, velues, peu appréciées par le bétail: vipérine (Echium vulgare), arion] et azuré de la sariette [Pseudophilotes baton ] dépendant du thym serpolet molène (Verbascum sp.), [Thymus sp.] ), > plantes toxiques ou très aromatiques: euphorbe (Euphorbia sp.), thym serpolet > espèces liées à une végétation basse permanente (de nombreuses espèces d’arai- (Thymus sp.), sariette (Clinopodium sp.), gnées tisseuses), > plantes à stolons: diverses fétuques (Festuca sp.), crételle (Cynosurus cristatus), > espèces qui ont besoin de surfaces de sol nu (nombre d’abeilles sauvages), certains trèfles (Trifolium sp.); plantes héliophiles: certains géraniums > espèces coprophages (p. ex. bousiers et espèces apparentées). (Geranium sp.), > plantes basses à feuilles en rosette: porcelle (Hypochaeris sp.), certaines épervières (Hieracium sp.), > espèces xérophiles: épiaire droite (Stachis recta), œillet des chartreux (Dianthus carthusianorum), > espèces nitrophiles des reposoirs: orties, > espèces annuelles des emplacements ouverts: passerages (Lepidium sp.), lin purgatif (Linum carthaticum).

Source: Projet prairies et pâturages secs de Suisse

Illustr. 39 > Pâturage diversifié Illustr. 40 > Pâturage uniforme Des buissons, des arbres et des murs de pierres sèches enrichis- Les sols ouverts, visibles de loin, témoignent d’une pâture très sent ce pâturage bovin à Ausserberg, canton du VS. intensive, voire d’une surpâture, Altstätten, canton de SG.

Les pâturages présentant une grande valeur écologique se caractérisent par une végétation spécifique et diversifiée ainsi que par de nombreux éléments structurels. Source: Willy Schmid, Schinznach Dorf; Mary Leibundgut, UNA

35 > Recommandations d’exploitation

2 Pâturages Pacage continu ou pacage tournant: l’établissement des

La gestion des pâturages PPS doit valoriser leurs caractéris- propriétés typiques d’un pâturage riche en espèces est favorisé tiques et fonctions typiques. par un pacage continu ou un pacage tournant extensif avec peu de passages (1 à 3) et de longues périodes d’occupation3, Les pâturages peuvent avoir une grande valeur écologique. Ils par une faible charge, de grandes surfaces et une bonne diveracquièrent une importance croissante dans l’optique de la ges­ sité topographique et structurelle (zones planes et escarpées, tion d’entreprise et de la protection des animaux. Leur faune ensoleillées et ombragées, etc.). De longues périodes de repos et leur flore se distinguent nettement de celles des prairies de entre les passages ont un effet positif. Dans les pâturages exfauche. Ils ne constituent donc pas des alternatives, mais tensifs, des mesures régulières de débroussaillage sont généd’importants compléments aux prairies. Les recommanda­ ralement nécessaires. tions d’exploitation présentées ici, qui se rapportent principalement à la valeur naturelle des pâturages, s’appliquent égale­ Période de pacage ment aux pâturages de la région d’estivage. Dans les objets PPS, le pacage en dehors de la période de végétation (pacage d’hiver) est inapproprié (art. 8 al. 3, let. c Caractéristiques et fonctions OPPS). Les pâturages sont des milieux naturels très marqués par le comportement du bétail, l’abroutissement et le piétinement. La période de pacage recommandée se situe entre début avril Le bétail s’alimente de manière sélective, ce qui conduit selon et fin octobre (en fonction de l’altitude). Les refus de pâture les endroits à des sous-exploitations ou des surexploitations, qui subsistent à la fin de la période de pacage offrent à la fau­ et à un embuissonnement ponctuel. Les bêtes ruminent sur ne des abris et des réserves alimentaires. des «reposoirs» et le piétinement crée des paliers et des trouées En principe, le pacage peut et doit débuter assez tôt. dans la végétation. Dans certains cas, ces dernières facilitent Mais quand un concept vise la protection de certaines espèces l’érosion. Les nombreuses petites structures (tas de pierres, (p. ex. orchidées, plantes à floraison précoce), il peut être inbuissons et arbres) constituent des éléments importants. La diqué de renoncer à un pacage précoce. Sur sol très humide,

gestion des pâturages contribue ainsi fortement à la conserva­ un pacage prolongé peut réduire la porosité et favoriser l’érotion et à l’amélioration des éléments structurels dans les ob­ sion. Une charge en bétail trop forte au début de la période de jets PPS ainsi que l’exige l’art. 8 al. 3, let. d OPPS. végétation risque en outre d’endommager les plantes et de réduire le nombre de fleurs. Mais elle peut constituer une me­ Gestion du pâturage sure d’entretien utile dans certains cas particuliers (p. ex. pour La charge maximale admise sur un pâturage est à fixer combattre le brachypode penné). contractuellement pour chaque objet PPS sur la base du four- Un premier pacage tardif présente le risque que la végérage disponible, de l’utilisation antérieure, des objectifs de tation haute soit piétinée et peu broutée. Il se justifie en préprotection et des contraintes. Les indications chiffrées (p. ex. sence d’oiseaux nichant au sol (tarier des prés, pipit des artaille optimale des éléments structurels, dimensions maxima- bres). les des surfaces soumises à l’érosion) donnent un cadre pour la conduite de l’exploitation. Glossaire

> Pacage continu: le bétail reste sur la même surface pendant toute la période de Des paramètres simples tels que le nombre d’animaux par végétation. rapport à la surface se prêtent mal à la définition d’une exploi­ > Pacage tournant: exploitation du pâturage basée sur la division en parcelles, de façon à ce qu’elles puissent être broutées l’une après l’autre pendant une période donnée. tation extensive du pâturage. Les variations annuelles sont > Période d’occupation: nombre de jours durant lesquels une même parcelle est pâtutrop importantes. Mais la charge doit être en rapport avec la rée au cours de la rotation. productivité, pour prévenir une surexploitation ou un embuis­ > Charge en bétail: nombre moyen d’unités de gros bétail (UGB) par hectare sur une surface donnée. sonnement excessif. > Intensité de la pâture: nombre d’unités de gros bétail (UGB) par hectare et nombre de Les données disponibles sur la productivité fourragère jours par année durant lesquels le pâturage est brouté. normale fournissent des indications sommaires (données empiriques1 tirées de projets). Elles doivent être corrigées par d’autres critères (embuissonnement, proportion de refus de pâture et de zones surexploitées). Il est judicieux de disposer de valeurs cibles pour la flore et la faune, caractérisant un pâ­ 1 Beinlich, B. et al. 1995 turage extensif riche en espèces (p. ex. liste d’espèces PPS2). 2 Eggenberg, S. 2001 Wermeille, E. 1996

36 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 41 > Nombre d’espèces des pâturages bovins et ovins Comparaison du nombre moyen d’espèces ainsi que du nombre d’espèces-clés PPS positives des pâturages bovins et ovins, pour les différents groupements de végétation (PSC=pelouses sèches caractéristiques, PMP=prairies mésophiles, PGM=prairies grasses avec indicateurs de maigreur, PMM=pelouses maigres des régions de montagne, PSR=pelouses sèches semi-rudérales, ASO=associations sèches des ourlets. Comparaison appariée: n.s.= non signifiant; p>0,05 = *; p<0,05 = **; p<0,01 = ***).

Nombre général d’espèces Nombre d’espèces-clés pos. 45 *** 45 *** *** n.s. 40 *** 40 35 ** 35 30 30 ** 25 25 n.s. n.s. 20 20 *** n.s. 15 15 * 10 10 5 5 0 0 PSC PMP PGM PMM PSR ASO PSC PMP PGM PMM PSR ASO Pâturages bovins Pâturages ovins Pâturages bovins Pâturages ovins

Les prairies mésophiles (PMP) et les pelouses sèches caractéristiques (PSC) pâturées par des bovins présentent un nombre d’espèces significativement plus élevé (nombre total d’espèces et espèces-clés positives) que celles pâturées par des ovins. Source: Martin, M. et al. 2007

Tab. 1 > Caractéristiques de pâture de différentes espèces animales

Bovins Chevaux Moutons Chèvres

Sélectivité alimentaire Peu sélectifs: ils arrachent Relativement sélectifs Les races ordinaires sont très Sélectives, avec une préférence des touffes avec la langue sélectives, les races robustes pour les buissons le sont moins Convenance aux PPS Très bonne Plutôt faible Seulement aux endroits à Surtout sur les surfaces faible croissance végétale; embuissonnées et les pâturages sur sols plus riches, ils mixtes réduisent la diversité Inconvénients pour les PPS Aux endroits escarpés: les Le poids élevé et le broutage Si la pâture est trop intensive, Exigent beaucoup de travail, car il paliers rendent impossible à ras du sol augmentent le la diversité est rapidement faut de solides clôtures une fauche ultérieure; risque risque d’érosion et la baisse menacée d’érosion de diversité; le piétinement endommage le tapis végétal Hauteur de broutage Elevée Très basse Basse à très basse Basse Comportement sur le Reposoirs sur des replats et Crottin souvent concentré Préfèrent les zones les plus Ne consomment pas systématiquepâturage près des étables, sur une dans certaines zones élevées exposées au nord ment les plantes surface sinon accidentée Recommandations pour Généralement appropriés; Seulement pour les surfaces Préférer les races robustes; Appropriées aux endroits escarpés l’exploitation de pâturages préférer les races légères et peu pentues; plutôt des également appropriés aux et en friche: action pionnière dans riches en espèces robustes; production de animaux légers, à faible endroits escarpés; en raison les surfaces embuissonnées ou viande plutôt que de lait rentabilité; si possible de leur alimentation sélective, avec des mauvaises herbes; à long pâturer en alternance avec contrôler la pâture terme, prévoir une pâture par une des bovins autre espèce

Source: Commission d’experts PPS

37 > Recommandations d’exploitation

Type de bétail son moutons/chèvres ou bovins/chèvres sur les pâturages for­ Pour le pacage des pâturages secs, les bovins sont en règle tement embuissonnés: les moutons ou les bovins broutent générale à préférer aux autres espèces. Le pacage de porcs, l’herbe, les chèvres réduisent l’embuissonnement. de cervidés et de volaille sur les pâturages secs n’est pas compatible avec l’objectif de protection (art. 8 al. 3, let. c Pâturages ovins diversifiés OPPS). Près de 10 % des surfaces PPS admises dans l’inventaire sont Dans des conditions particulières, le pacage de moutons, che- pâturées par des moutons. Les pâturages extensifs à moutons vaux, chèvres, lamas et alpagas sur des pâturages secs peut peuvent présenter une haute valeur de protection sur des surcontribuer à la réalisation des objectifs de protection. faces à faible croissance de végétation. Les pâturages à moutons à haute valeur floristique montrent souvent des signes de Par son comportement et son mode d’alimentation, chaque sous-exploitation (végétation d’ourlet).3 La fiche thématique espèce animale (voir tableau ci-contre) a un impact spécifique PPS «Moutons et pâturages secs» fournit des conseils en masur la composition de la couverture végétale. La race et l’ac­ tière de pâture ovine. coutumance des animaux à un fourrage spécifique ont également une influence sur la végétation. Les races robustes sont Utilisation de chèvres pour le débroussaillage souvent mieux adaptées que celles à haute productivité. Moins Plusieurs projets de lutte contre l’embuissonnement à l’aide sélectifs, les bovins conviennent généralement le mieux pour de chèvres ont démarré ces dernières années. Les premières l’exploitation des pâturages riches en espèces. expériences sont prometteuses. La fiche thématique PPS «En­ Dans la gestion du pâturage, l’objectif est de tenir comp­ tretien avec des chèvres» fournit des conseils en matière de te de ces effets et d’orienter l’exploitation comme il se doit pâture caprine. pour maintenir la couverture végétale. Pour certaines espèces toutefois, cela n’est guère possible. Elles ne sont donc pas Informations complémentaires compatibles avec l’objectif de protection sur les pâturages > Perrenoud, A. et al. 2006: Fiche thématique PPS «Entresecs:1 tien avec des chèvres». > Schiess-Bühler, C. et al. 2008: Fiche thématique PPS

Les cerfs sont généralement affouragés, ce qui enrichit le sol. «Moutons et pâturages secs». De plus, les hautes clôtures constituent des barrières infran­ > Martin, M. et al. 2008: Fallstudie «Schafe auf chissables pour la faune sauvage. Trockenweiden». > Troxler, J. et al. 1990: Utilisation et entretien des zones Les porcs dégradent fortement le tapis végétal. Toutefois, un marginales sèches par la pâture des ovins et des vaches petit nombre de porcs sur un vaste alpage ne pose guère de allaitantes. II. Influence sur la végétation. problèmes.

Les volailles souvent prédatrices, exterminent les insectes et autres petits animaux.

Concernant les lamas et les alpagas, nous manquons d’expériences systématiques sous nos latitudes. Une éventuelle adéquation aux pâturages riches en espèces est envisageable.

Pâturages mixtes Les pâturages mixtes (p. ex. bovins et chevaux ou moutons et chèvres) étaient autrefois répandus. En cas de pacage relativement intensif, les différences de comportement entre les espèces (broutage, sélection du fourrage) conduisent à une meilleure exploitation de la couverture végétale2 et donc à une diminution de la diversité structurelle, ce qui n’est généralement pas souhaitable pour des objets PPS. Mais sur des pâturages très étendus – souvent faiblement 1 Commission d’experts PPS occupés – le pacage par plusieurs espèces animales peut être 2 Troxler, J. et al. 1998 intéressant. On recommandera particulièrement la combinai­ 3 Martin, M. 2002: rapport interne PPS

38 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 42 > Bénéficiaire des refus de pâture: l’épeire fasciée Illustr. 43 > Pâturage sec richement structuré L’épeire fasciée (Argiope brüennichi) tisse sa toile dans les refus Steppe sur rochers, pâturée par des moutons, canton du VS. de pâture.

Source: Patrick Wiedemeier, Sternenberg; Christian Hedinger, UNA

Illustr. 44 > Proportion de buissons dépassant 20 % Illustr. 45 > Proportion de buissons jusqu’à 10 %

Source: Stefan Eggenberg, UNA; Monika Martin, oekoskop

Illustr. 46 > Débroussaillage par des chèvres Illustr. 47 > Débroussaillage mécanique Les chèvres permettent de lutter efficacement contre l’avancée de Lorsque la proportion de buissons est trop élevée, des mesures la forêt, Val Malvaglia, canton de TI. de débroussaillage mécanique sont indispensables.

Source: Michael Dipner, oekoskop; Christian Hedinger, UNA

39 > Recommandations d’exploitation

Affouragement mécaniques sont en général nécessaires et doivent être défi- L’affouragement sur les pâturages n’est en règle générale pas nies dans le contrat. L’utilisation de gyrobroyeurs forestiers compatible avec l’objectif de protection (art. 8 al. 3, let. c n’est en règle générale pas compatible avec l’objectif de pro- OPPS). tection (art. 8 al. 3, let. c et e OPPS). Exception: sels minéraux; affouragement en étable, pour autant que les engrais de ferme qui en résultent soient épan- Une mosaïque de surfaces ouvertes et de surfaces embuissondus sur d’autres surfaces. Dans ce cas, il convient de veiller à nées est idéale pour diverses espèces d’oiseaux. Ainsi, la piece que les animaux défèquent suffisamment à l’étable (temps grièche écorcheur niche dans les buissons et chasse de gros de repos). insectes dans les surfaces ouvertes du pâturage. D’autres groupes d’animaux tirent aussi parti de cette situation, p. ex. L’apport de substances nutritives supplémentaires n’est pas les papillons: ainsi, le flambé, très menacé, qui pond ses œufs souhaitable sur les pâturages: il a une influence négative sur le de préférence sur des prunelliers ou des pruniers sauvages fornombre d’espèces et sur les espèces spécifiques. tement abroutis par le bétail. Au-dessus d’un certain seuil, la proportion de buissons Coupe d’entretien devient difficilement contrôlable par la pâture. A basse alti­ La combinaison coupe et pacage est inappropriée (art. 8 al. 3, tude, une proportion de 3 à 10 % est optimale. Sur les pâturalet. c OPPS). ges plus élevés, on visera la même proportion s’il s’agit d’es­ Exception: en cas de prolifération de plantes problématiques, pèces problématiques (p. ex. ronces, églantiers, prunellier, on peut au besoin recommander une coupe d’entretien. Mais argousier) et un taux de 10 à 20 % pour les autres espèces. autant que possible, celle-ci doit se limiter à une partie de la Il importe de tenir compte également de la proportion de surface. buissons dans le calcul de la superficie donnant droit aux subventions, car elle contribue pour une grande part à la valeur du On veillera à opérer des distinctions parmi les mauvaises her­ milieu naturel. bes: les chardons par exemple constituent un enrichissement écologique des pâturages. Du point de vue agronomique, ils ne posent aucun problème (à l’exception du cirse des champs),

car ils ne forment pas de colonies compactes et on s’en débarrasse facilement au besoin. Les refus de pâture sont d’une grande importance pour la faune (réserves alimentaires et abris).

Proportion d’éléments structurels Les éléments structurels doivent être conservés en quantité et en qualité optimales et si possible valorisés (art. 8 al. 3, let. d OPPS).

Favorables à une diversification de la faune, les éléments structurels sont souhaitables jusqu’à une proportion de 50 % de la surface. Ils sont divisés en deux catégories relevées lors de la cartographie: les inclusions (éléments situés à l’intérieur du périmètre de l’objet) et les éléments limitrophes (structures situées le long des limites de l’objet). Plus la diversité en éléments structurels variés est grande, plus les espèces animales qui en profitent sont nombreuses. Mais ils doivent être typiques des lieux et du paysage environnant, sans élément étranger.

Proportion de buissons La proportion optimale de buissons se situe entre 3 et 20 %. Dans les pâturages extensifs, la pression du pacage équilibre rarement la tendance à l’embuissonnement. Des interventions

40 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 48 > Les pâturages boisés secs selon le taux de Illustr. 49 > Superposition des domaines politiques dans les boisement Patubois pâturages boisés PPS (exemple fictif)

Les pâturages boisés sont assimilés aux forêts En dehors de la zone d’estivage, les herbages des pâturages boi- (art. 2 LFo). sés font partie de la surface agricole utile (SAU) et sont en même temps soumis à la législation forestière et à l’OPPS.

Prairies et pâturages secs

Diversité de l’herbage Pâturage non boisé Pâturage peu boisé Pâturage très boisé Bois pâturé

1% 20 % 50 % 75 % 100 % Objet PPS Législ. forestière (LFo, OFo) Ord. sur les prairies sèches Ord. sur les paiements directs Taux de boisement selon les catégories Patubois, Gallandat et al. 1995

Le projet PPS ne concerne que les pâturages boisés les plus A l’intérieur de la surface agricole utile, seule la partie non riches en espèces et dont le taux de boisement n’excède pas boisée donne droit à des paiements directs (OPD). 50 %. Source: Projet prairies et pâturages secs de Suisse Source: Projet prairies et pâturages secs de Suisse

Illustr. 50 > Projet de mise en lumière Vercorin, Chalais, Illustr. 51 > Projet de mise en lumière, Sparberg, Remigen, canton du VS canton d’AG

Divers cantons rétablissent actuellement des pâturages boisés en mettant en lumière la forêt, ce qui favorise la biodiversité.1 A Chalais, les surfaces sont pâturées par des ânes et à Sparberg par des vaches Galloway. Photos: Regina Joehl, oekoskop; creaNatira GmbH, Ennetbaden; source des données: 1 Gerster, A. et al. 2001; Leutert, F. 2001

41 > Recommandations d’exploitation

3 Pâturages boisés Informations complémentaires

La diversité et les espèces particulières des pâturages boisés > Perrenoud, A. et al. 2003: Exploitation durable des doivent être maintenues par un pacage extensif régulier visant pâturages boisés. le maintien d’une dynamique forestière équilibrée. > Barbezat, V. 2002: Aspects forestiers du zonage et de la dynamique du taux de boisement en pâturage boisé Les pâturages boisés forment des unités de végétation com­ jurassien. plexes, résultant à la fois d’une utilisation forestière et pasto­ > Gotsch, N. et al. 2002: Waldweiden im Schweizer rale du territoire. L’ensemble de la surface est considéré Alpenraum. comme aire forestière et est soumis à la législation forestière. > Stuber, M. et al. 2001: Agrarische Waldnutzungen in der Sur la base de la clé de végétation PPS,1 l’inventaire PPS ad­ Schweiz 1800–1950. met les pâturages boisés secs et maigres particulièrement di­ > Dipner, M. 2006: Fiche thématique PPS «Les PPS et la versifiés. Il ne prend en compte que les pâturages dont le taux forêt». de boisement n’excède pas 50 %. Si le taux est plus élevé, l’ombrage empêche généralement le développement d’une végétation herbacée riche en espèces. Glossaire Les principes d’exploitation des pâturages secs, mentionnés dans les pages précédentes, sont en général également > Pâturages permanents (art. 19 al. 3 OTerm): par pâturages permavalables pour les pâturages boisés secs. Mais à cela s’ajoute, nents, on entend les surfaces servant exclusivement au pacage du comme objectif prioritaire, le maintien d’un boisé équilibré. bétail. Les parties embroussaillées ou improductives Des arbres de tous âges doivent être présents dans la surface. ne sont pas imputables à ces surfaces.

> Pâturages boisés (art. 2 OFo): les pâturages boisés sont des surfaces La fiche thématique «Les PPS et la forêt» fournit des conseils sur lesquelles alternent, en forme de mosaïque, des peuplements en matière d’aménagement et d’exploitation de pâturages boiboisés et des pâturages sans couvert et qui servent aussi bien à la sés et de forêts claires. production animale qu’à l’économie forestière.

Les bases légales suivantes sont valables pour les pâturages boisés PPS: > ordonnance sur les prairies sèches (OPPS), > ordonnance sur les paiements directs (OPD), > ordonnance sur la qualité écologique (OQE), > législation forestière (LFo, OFo).

Dans la région d’estivage, les pâturages secs sont soumis à: > l’ordonnance sur les prairies sèches (OPPS), > l’ordonnance sur les contributions d’estivage (OCest), > la législation forestière (LFo, OFo).

Eggenberg, S. et al. 2001

42 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 52 > Evolution des friches Effet de l’embuissonnement: chances et risques

Prairies et pâturages secs

Retour à une richesse en PPS facile si: > la part de graminées et de buissons est faible, > le feutrage (litière) est faible, > la friche est récente, > les semences PPS sont abondantes dans les environs.

Forêt

Retour accéléré de la forêt si: > le peuplement est lacunaire, > le terrain est productif, > des ligneux sont présents sur la surface ou dans le voisinage, > des essences à drageons ou à graines légères, supportant la lumière, sont présentes [p. ex. bouleaux (Betula sp.), peupliers (Populus sp.)].

Evolution de la flore en cas d’enfrichement: lente diminution des populations d’espèces typiques des PPS; dominance des graminées, des espèces élevées, des espèces à forte capacité de rétention ou des espèces à stolons (p. ex. brachypode penné, bugrane, origan); disparition des plantes basses. Evolution de la faune en cas d’enfrichement: accroissement rapide des populations d’araignées et d’orthoptères dans les jeunes friches grâce à la disponibilité des ressources et à l’absence de dérangements, diminution à l’approche de l’état forestier. Photos: Cora Schibli, oekoskop; Christian Hedinger, UNA; source des données: Antognoli, C. et al. 1995; Köhler, B. 2001

Illustr. 53 > Dans quelles conditions faut-il intervenir?

Herbages primaires très faible surtout pelouses sèches steppiques (SP) et subatlantiques (XB). Productivité du pâturage? sols très super- > Pas d’exploitation, surveiller un éventuel embuissonnement ou la progression des ficiels plantes indicatrices d’eutrophisation. faible à forte fort Embuissonnement? débroussailler

faible

Friches pauvres en espèces oui surtout friches dominées par des graminées MBLL (p. ex. > 50 % brachypode penné, mais Dominance d’une espèce végétale? aussi ombellifères ou fougères). > Permettre l’établissement de nouvelles espèces par une exploitation régulière. non Friche équilibrée Présence équilibrée d’herbages, notamment d’associations d’ourlets séchards (OR), mais également de pelouses sèches semi-rudérales (AI) et d’autres groupements végétaux. > Conserver une représentation équilibrée de la palette d’espèces grâce à une exploitation extensive adaptée à la productivité et des dates d’utilisation tardives.

Source: Projet prairies et pâturages secs de Suisse

43 > Recommandations d’exploitation

4 Friches, PPS inutilisés nes races de moutons robustes (p. ex. skudde), car les

Un entretien régulier des objets PPS permet d’empêcher l’ap- races ordinaires refusent le brachypode penné. pauvrissement en espèces par embuissonnement. Mais sur de > Mise en œuvre tournante, par secteurs, des mesures petites surfaces, les friches temporaires sont souhaitables, décidées (refus de pâture/bandes refuges pour la petite surtout dans le cadre de mosaïques d’exploitation. faune). Selon les possibilités, la fauche doit être préférée au pacage en cas de reprise de l’exploitation. Friches équilibrées Les friches à hautes herbes et à flore d’ourlet sont souvent très Les herbages non exploités sont considérés comme des fri­ riches en espèces. Aux stades initiaux, elles offrent un milieu ches. Les surfaces sous-exploitées présentent parfois les naturel à de nombreuses espèces rares. Fréquemment situées mêmes caractéristiques et doivent donc être gérées comme en périphérie de prairies et pâturages secs, elles sont particudes friches. L’inventaire PPS cartographie toutes les friches lièrement menacées par l’embuissonnement. Une exploitation situées en dessous de la limite d’estivage pour autant qu’elles extensive doit permettre la conservation de l’équilibre végétal abritent des types de végétation PPS. En région d’estivage, (gamme d’espèces): seules d’anciennes prairies, en friche depuis moins de 10 ans, > Exploitation extensive, éventuellement seulement tous les font l’objet d’un relevé. deux ans. > Coupe: une fois à la fin de l’été ou en automne (nombreu­ Importance ses espèces à floraison tardive). Selon le stade de succession atteint, les friches (surtout récen­ > Pacage: une à deux fois par année, passage bref et faible tes) peuvent être de très haute valeur floristique et faunistique. charge. Elles constituent des refuges bienvenus et des réserves de > Lutte mécanique contre l’embuissonnement. nourriture pour les reptiles, les araignées et nombre d’insectes. La solution idéale est l’association sur un espace restreint Contributions de surfaces exploitées et de friches temporaires.1 Dans des cas fondés du point de vue écologique, des contribu­ A long terme cependant, la diversité des espèces des fri­ tions selon l’OPD/OQE et la LPN sont possibles également ches permanentes – si l’on fait abstraction des herbages natu­ pour des surfaces qui ne sont exploitées que tous les deux ou

rels (steppes rocheuses, couloirs à avalanches, etc.) – est me­ trois ans (art. 4 al. 5 OPD; art. 19 al. 5 et 6 OTerm). Les annacée par leur dynamique naturelle.2 Les friches présentent en nées sans exploitation, les contributions écologiques sont veroutre un risque accru de déclenchement d’avalanches et de sées en totalité de même que les deux tiers des contributions à glissements de terrain. Pour les objets PPS en friche, il est par la surface, selon l’art. 4 al. 5 OPD. conséquent recommandé de procéder ainsi:

1 En présence d’espèces rares: prendre des mesures Informations complémentaires

spécifiques (selon l’espèce, avec le concours d’experts). > Antognoli, C. et al. 1995: Tessiner Magerwiesen im 2. Plan d’action en fonction de la productivité de la surface Wandel. (voir graphique). > Bischof, N. 1984: Pflanzensoziologische Untersuchungen von Sukzessionen aus gemähten Magerrasen in der Surfaces pauvres en espèces subalpinen Stufe der Zentralalpen. Dans les surfaces sous-exploitées, des plantes dominantes comme le brome dressé (Bromus erectus) et le brachypode penné (Brachypodium pinnatum3) forment souvent un tapis dense au détriment de la diversité des espèces. Il peut s’agir aussi de fougères, d’ombellifères ou d’autres plantes dominantes. Une exploitation extensive doit rendre possible l’installation de nouvelles espèces:4 > Première exploitation en mai/juin (avant le stockage des produits d’assimilation dans les racines5). 1 Pozzi, S. et al. 1998; Stampfli, A. et al. 1999; Balmer, O. et al. 2000 Köhler, B. 2001 > Exploiter deux ou trois fois par an durant les deux à cinq 3 Antognoli, C. et al. 1995: autres espèces: Bromus erectus, Agropyron intermedii, premières années. Molinia coerulea, Festuca ovina > Eventuellement passer la herse étrille (et rouler) au 4 Maubert, P. et al. 1995, recommandent d’intervenir dès que le recouvrement atteint 50 %, les espèces dominantes étant difficiles à contenir (voir aussi Antognoli, C. et printemps pour disloquer la litière. al. 1995). > Pacage d’intensité moyenne par des bovins ou d’ancien­ 5 Bobbink, R. 1989

44 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 54 > Pâturage avec petit bétail Illustr. 55 > Fauche bisannuelle Steppes pâturées par des chèvres à col noir et des moutons nez Une rareté: les steppes fauchées tous les deux ans, occupant noir au-dessus de Lalden, canton du VS. d’anciennes terrasses de culture à Zeneggen, canton du VS.

Source: Gaby Volkart, atena

Illustr. 56 > Armoise du Valais (Artemisia vallesiaca) Illustr. 57 > Centaurée stoebé (Centaurea stoebe)

Les steppes sont extraordinairement riches en espèces menacées qui ne sont souvent plus présentes, en Suisse, que dans ce milieu. Elles abritent de nombreuses espèces cibles PPS comme la pulsatille de Haller (Pulsatilla halleri), l’armoise du Valais (Artemisia vallesiaca) ou la centaurée stoebé (Centaurea stoebe). Le dracocéphale d’Autriche (Dracocephalum austriacum) est menacé à l’échelle européenne. L’ascalaphe qui vole par beau temps (Libelloides sp.) représente un de leurs attraits faunistiques, tout comme le lézard vert (Lacerta bilineata) et la mante religieuse (Mantis religiosa). Source: Stefan Eggenberg, UNA; Christian Purro, atena

45 > Recommandations d’exploitation

5 Steppes ries mésophiles de type steppique pendant 1½ mois au prin­

Seules les steppes situées sur des sols extrêmement superfi- temps (du 15 mai au 30 juin) et 1½ mois en automne (du 1er ciels ne nécessitent aucune exploitation. Il convient cependant octobre au 15 novembre) avec une quarantaine de brebis allaid’y suivre l’évolution de l’embuissonnement et, au besoin, de tantes et leurs petits (charge: 92 UGB*jour/ha par année). A le freiner. Sur les autres steppes, il est impératif d’assurer une Eisten (Ried-Brigue; 1580 mètres), une trentaine de moutons pâture très extensive. et leurs petits pâturent 3,4 hectares de steppes sur rochers pendant un mois au printemps (14 jours à partir du 21 mai et, Les pelouses steppiques naturelles (ou primaires, c.-à-d. qui après 2 semaines de pause, encore 12 jours) et en automne (3 ne dépendent pas de l’exploitation humaine) constituent une semaines à partir du 25 septembre) (charge: 72 UGB*jour/ha toute petite part de l’inventaire PPS (<1 % de la surface). La par année). La longue pause estivale est sans conteste favoratransition entre steppes primaires et steppes issues de la pâ­ ble à la diversité des espèces. ture est floue. La plupart des steppes de l’inventaire PPS résultent d’une ancienne exploitation humaine (parfois aban­ Embuissonnement des steppes donnée depuis très longtemps) ou quelquefois d’incendies. Il L’analyse de la dynamique du boisement dans diverses stepest souvent difficile d’y reconnaître l’utilisation antérieure. pes valaisannes de l’inventaire montre que, sans exploitation, la plupart s’embuissonnent lentement. L’embuissonnement Steppes sur rochers et steppes inventoriées des surfaces étudiées a augmenté de 8 % dans les surfaces de La plupart des steppes inventoriées se situent en Valais, où l’inventaire au cours des 50 dernières années et de 24 % dans elles représentent près d’un tiers de la surface de l’inventaire les steppes qui les entourent. Ce sont principalement les step­ (env. 1300 des 4 300 hectares). Pour le canton des Grisons, on pes qui ont commencé à s’embuissonner au milieu du XXe siène compte par contre que 88 hectares de pelouses steppiques. cle qui sont aujourd’hui presque entièrement reboisées. En plus des steppes sur rochers classiques, à stipe pennée (Stipa pennata) ou à stipe chevelue (Stipa capillata), les Informations complémentaires

groupements végétaux PPS «steppiques» comprennent égale­ > Dipner M. et al. 2008: Fallstudie «Entwicklung von ment des prairies mésophiles de type steppique et des peuple­ Walliser Steppen seit Mitte des 20. Jahrhunderts». ments dominés par la fétuque du Valais (Festuca valesiaca). Il > Martin M. et al. 2007: Fallstudie «Schafe auf Trockenweiexiste enfin d’autres steppes sur rochers qui n’ont pas été ad­ den – Vergleich von Rinder- und Schafweiden». mises dans l’inventaire en raison de leur pente, d’un fort embuissonnement ou d’une proportion trop élevée de rochers.

Pâture très extensive Pour conserver la diversité des espèces des steppes valaisannes, les surfaces ne devraient être pâturées que très extensivement, avec une très faible charge en bétail et de longues pauses entre les passages. Une pâture trop intensive (trop de bétail et période de pâture trop longue) entraîne en peu d’années la formation d’un peuplement monotone, dominé par les graminées. Dans les endroits escarpés, une pâture trop intensive favorise en outre l’érosion. Traditionnellement, les steppes étaient pâturées par du petit bétail. Souvent on faisait paître d’abord les chèvres, puis les moutons de façon à exploiter tout ce qui était utilisable. Avec la diminution des troupeaux de chèvres et la productivité croissante de l’élevage ovin, de plus en plus de paysans ont renoncé au pacage des steppes. Aujourd’hui, beaucoup ne sont plus exploitées. D’autres sont au contraire pâturées trop intensivement (principalement pâture continue). L’analyse de deux pâturages à moutons riches en espèces du Valais montre que le pacage de steppes visant le long terme est possible: aux Haudères (Evolène, val d’Hérens; 1560 mètres), un paysan exploite environ 8 hectares de prai­

46 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

6 Indications d’exploitation pour les différents groupements de végétation

Tab. 2 > Indication d’exploitation selon le groupement de végétation Le tableau fournit des indications pour l’exploitation minimale et optimale des différents groupements de végétation des objets PPS.1 L’exploitation optimale ne s’applique qu’aux prairies. L’objectif général de l’exploitation d’un objet est de conserver ou d’optimiser sa végétation. Les espèces typiques sont tirées de la clé de végétation PPS. La date idéale d’exploitation dépend de l’altitude. La courbe correspondante aide à la fixer pour des altitudes supérieures. Il s’agit de valeurs indicatives qu’il convient d’examiner au cas par cas.

Groupement Objectif Flore: espèces Risque Risque Entretien Fauche Dates d’exploitation des Remarques de végétation typiques d’em- d’eutro- minimal optimale prairies en fonction de (appropriées) buisson- phisa- l’altitude nement tion AE: La proportion Salvia Fort Très fort Coupe tous les 2 coupes Milieux particulièrement Prairies et (recouvrement) pratensis, 2 ans ou menacés par de nouvelles pâturages secs des plantes de Sanguisorba pacage annuel dessertes. Pacage d’automne et gras, riches prairies grasses minor, extensif (le possible. en espèces reste constante ou Ranunculus plus tôt (prairies à diminue. bulbosus possible dans fromental) la saison). MBAE: La proportion Onobrychis Fort Fort Coupe tous les 1-2 Pacage d’automne possible. Prairies (recouvrement) viciifolia, 2 ans ou coupes mésophiles des plantes de Primula veris, pacage annuel avec prairies grasses Scabiosa extensif (le indicateurs reste constante ou columbaria plus tôt d’eutrophisa- diminue. possible dans tion la saison). MB: Le nombre Campanula Moyen, Moyen, Coupe tous les ½-1 La meilleure végétation sèche Prairies d’espèces des glomerata, fort en fort en 2 ans ou coupe du Plateau. mésophiles groupements MB1 Dianthus VS VS pacage annuel (VS et GR: Pacage d’automne possible. caractéristi- et MB2 reste carthusiano- extensif (le 1-2 ques constant ou rum, plus tôt coupes) augmente. Helianthemum possible dans nummularium la saison). MBXB, MBSP: Le nombre Asperula Moyen, Moyen, Coupe tous les ½-1 Pacage d’automne à éviter. Prairies d’espèces des cynanchica, fort en fort en 2 ans ou coupe mésophiles groupements XB Teucrium VS VS pacage annuel (VS et GR: caractéristi- et SP reste chamaedrys extensif (le 1-2 ques avec constant ou plus tôt coupes) indicateurs de augmente. possible dans sécheresse la saison).

XB, SP: Le recouvrement Dianthus Faible Faible Aucun Fauche Exploitation généralement Les prairies mésophiles Pelouses reste constant ou sylvestris, (observer inutile inutile. caractéristiques sont sèches et augmente. Les Erysimum l’embuisson- sensibles au piétinement et pelouses espèces rares sont rhaeticum, nement). s’appauvrissent si elles sont steppiques conservées. Astragalus surexploitées. Dans les Alpes onobrychis internes, une exploitation très extensive peut être utile dans certains cas (forte pression de l’embuissonnement). CB: Le nombre et le Hypochaeris Moyen Fort, Coupe tous les ½-1 Pacage d’automne non Pelouses recouvrement des maculata, surtout 2 ans ou coupe autorisé. Veiller à la diversité sèches espèces du Oxytropis en cas pacage annuel des espèces rares. Menacé subcontinenta- groupement CB halleri, Inula d’irriga- extensif (le par l’irrigation. les restent constants hirta tion plus tôt ou augmentent. possible dans la saison).

Eggenberg, S. et al. 2001, p. 177 ss.

47 > Recommandations d’exploitation

Groupement Objectif Flore: espèces Risque Risque Entretien Fauche Dates d’exploitation des Remarques de végétation typiques d’em- d’eutro- minimal optimale prairies en fonction de appropriées buisson- phisa- l’altitude nement tion LL: Le nombre et le Anthyllis Fort Fort 1 coupe ou 1-2 La pauvreté en espèces est Pelouses recouvrement des vulneraria, pacage par coupes due à la surexploitation ou à sèches pauvres espèces des Hippocrepis année. la sous-exploitation. Adapter en espèces groupements comosa, l’exploitation en conséquence. MB1et MB2 Ononis repens Exceptionnellement, on peut augmentent. envisager un ensemencement.

OR: La part de Anthericum Très fort Moyen Observer ½ coupe Ce type de végétation est Associations buis­­sons reste ramosum, l’embuisson- particulièrement précieux en d’ourlets inférieure à 50 %. Geranium nement; combinaison avec d’autres séchards Celle des sanguineum, faucher tous pelouses sèches. indicateurs de Lilium les 3-5 ans, ou sécheresse est bulbiferum pâturer inchangée ou occasionnelleaugmente. ment. AI: Le nombre et le Anchusa Fort Faible Débroussailler Fauche --- Surtout Alpes internes, avec Pelouses recouvrement des officinalis, et pâturer inutile de nombreuses fleurs rares. sèches espèces du Chondrilla occasionnelle- Abroutissement et piétinesemi-rudérales groupement AI juncea, ment. ment souhaitables. (souvent sur restent constants Tragopogon d’anciennes ou augmentent. dubius terrasses de culture) CF: Le nombre et le Anemone Fort Moyen Coupe tous les ¼-½ Le foin sauvage est souvent Pelouses à recouvrement des narcissiflora, 3 ans coupe lié à ces types de végétation. carex espèces du Centaurea (anciennes Dès que ces pelouses sont ferrugineux groupement CF montana, prairies). accessibles, fort risque restent constants Traunsteinera d’eutrophisation. ou augmentent. globosa

SV, CA: Le nombre et le Coronilla Faible Faible Pâturer Fauche --- CA est un groupement Pelouses à recouvrement des vaginata, extensivement inutile relictuel rare du sud des seslérie espèces des Daphne striata, et débrous- Alpes. groupements SV Phyteuma sailler ou CA restent orbiculare occasionnelleconstants ou ment. augmentent. FV: Le nombre et le Laserpitium Moyen Moyen Coupe tous les ½ coupe Particulièrement précieux Pelouses à recouvrement des halleri, (fort, si 3 ans (surtout (pelou- sous forme de prairie (avec fétuque espèces du Potentilla indica- anciennes ses à Poa variegata). bigarrée (y incl. groupement FV2 grandiflora, teurs prairies) ou pâturin pelouses à restent constants Aster alpinus d’eutro- pâture violacé) pâturin violacé) ou augmentent. phisa- extensive. tion)

NS: La part des Arnica Fort Faible Coupe tous les ¼-½- Pour l’inventaire PPS, seules Nardaies indicateurs d’une montana, 3 ans ou coupe les nardaies riches en nardaie riche en Nigritella pâture espèces ont été cartograespèces rhellicani, extensive (le phiées. Les nardaies fauchées (groupement NS2) Pseudorchis plus tôt ont une valeur particulièrereste constante ou albida possible dans ment élevée. Risque augmente. la saison). d’embuissonnement (surtout arbrisseaux nains). LH: La richesse en Fort Moyen Coupe tous les ½-1 La pauvreté en espèces est Pelouses espèces s’accroît, 3 ans ou coupe due à la surexploitation ou à sèches pauvres surtout avec pâture la sous-exploitation. Adapter en espèces des l’arrivée d’espèces extensive (le l’exploitation en conséquence. altitudes des groupements plus tôt Risque d’embuissonnement supérieures SV, CF, FV et NS2. possible dans (surtout arbrisseaux nains). la saison).

48 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 58 > Les herbages de Suisse abritent 170 espèces de Illustr. 59 > Papillons diurnes menacés par la fauche papillons diurnes Le graphique montre que la plupart des espèces sont présentes Nombre d’espèces menacées de papillons diurnes des prairies dans les prairies sèches (prairies mésophiles, pelouses sèches sèches et mésophiles, touchées chaque mois par la fauche. et garrigues), 84 espèces le sont même exclusivement dans ces milieux, 23 espèces sont présentes aussi bien dans les milieux Nombre d’espèces concernées humides et frais que dans les milieux secs. humide 30 7 25 frais 15 10 23 10 Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc sec Exportation du Séchage du foin au sol produit de la fauche

84 Si le produit de la fauche est laissé sur place, une partie des chenilles peuvent fuir et survivre. D’octobre à avril, les chenilles en

repos hivernal ne sont pas assez mobiles pour se déplacer après la fauche. Les colonnes d’octobre à avril montrent l’importance des zones refuges et des herbages laissés sur pied en hiver pour les papillons diurnes hivernants, p. ex. l’argus bleu nacré (Lysandra coridon). Sa chenille passe l’hiver sur une scabieuse commune ou une gentiane jaune. Source: Thomas Walter, ART Reckenholz Source: Thomas Walter, ART Reckenholz

Illustr. 60 > Petite violette (Clossiana dia) Illustr. 61 > Criquet de la palène (Stenobothrus lineatus) Espèce typique des prairies mésophiles (Mesobromion). A Rafz, Espèce des prairies et pâturages à végétation basse bien ensoil semble qu’elle se plaise également dans les jachères florales. leillés. Ses stridulations qui rappellent une sirène sont aisément reconnaissables.

Source: David Jutzeler, Effretikon; Ulrich Pfändler, oekoinfo

49 > Recommandations d’exploitation

7 Aspects faunistiques Quand faucher?

Par une exploitation extensive, mais diversifiée au plan régio- Du point de vue faunistique, une application souple des dates nal et national, les espèces animales essentiellement ou exclu- de coupe constitue la meilleure solution. Entre mai et septemsivement répandues dans les PPS doivent, selon l’art. 6 al. 1, bre, des espèces différentes sont touchées selon la date de let. a OPPS, être conservées et privilégiées. Selon l’art. 8 coupe.2 Pour préserver la ponte des oiseaux nichant au sol, al. 3, let. e OPPS, celles qui sont dignes de protection doivent l’exploitation ne devrait pas intervenir avant mi-juin à basse pouvoir prospérer dans les objets PPS en bénéficiant de me- altitude et avant mi-juillet en montagne. sures prioritaires. Structures? Tout mode d’exploitation avantage certaines espèces et nuit à L’idéal est d’avoir des surfaces et des paysages structurés de d’autres. Il importe donc de connaître les espèces présentes et manière aussi variée que possible mais sans embuissonnement de savoir lesquelles doivent être favorisées. Une prudence ni érosion excessifs. La «juste mesure» est celle qui est adapparticulière est de mise quand une surface exploitée de la tée aux espèces cibles présentes. Ainsi, l’alouette des champs même manière durant de nombreuses années est soumise à un et (dans une moindre mesure) le tarier des prés évitent les changement, p. ex. conversion d’un pâturage en prairie de paysages riches en buissons et en arbres,3 tandis que le pipit fauche ou remplacement d’une faucheuse à barre de coupe par des arbres atteint sa plus forte densité dans un paysage où les une faucheuse rotative. Afin d’adapter l’exploitation aux es­ arbres couvrent 10 % de la surface. Lorsque le boisement dépèces présentes, il convient de consulter, au cas par cas, la passe 15 %, c’est la pie-grièche grise qui connaît une densité liste des observations d’espèces cibles. Les espèces observées supérieure à la moyenne. ainsi que leurs exigences vis-à-vis du milieu y sont décrites. Le débroussaillage ne doit pas intervenir avant fin juin (oiseaux nichant dans les haies). Les surfaces d’herbe laissée Importance sur pied sont utilisées par les reptiles pour la reproduction. Le Les PPS représentent un habitat important pour la faune de tarier des prés y niche également. Les guêpes maçonnes

Suisse. Un tiers des espèces de papillons diurnes et des or­ construisent leur nid sur des pierres et des rochers. Les larves thoptères du pays vivent essentiellement ou exclusivement de cérambycidés et de buprestidés vivent dans le bois mort, dans des PPS; un autre tiers peut également y être observé. La tandis que les adultes de ces espèces se nourrissent du nectar moitié des 600 espèces d’abeilles sauvages se rencontrent et du pollen des fleurs de prairies sèches. dans les PPS. Comme pollinisatrices, elles jouent un rôle important pour l’agriculture. Par ailleurs, les PPS sont les quar­ Informations complémentaires tiers d’hivernage d’autres espèces utiles, notamment cocci­ > Antognoli, C. et al. 1995: Tessiner Magerwiesen im nelles, chrysopes, syrphes, araignées, carabidés et guêpes Wandel. parasites (p. ex. guêpe du méligèthe du colza). > Schneider, K. et al. 2001: Fauna artenreicher Wiesen. > Birrer, S. et al. 2001: Welche Wiesen nutzen Vögel? Recommandations > Graf, R. et al. 1997: Trockenwiesen und Avifauna im De manière générale, il y a lieu de conserver les modes d’ex­ Engadin. ploitation traditionnels, en usage depuis longtemps et qui ont permis à de précieuses communautés animales de prospérer.

Fauche ou pâture? Les pâturages extensifs abritent souvent un nombre plus élevé d’espèces animales que les prairies. Certains exemples montrent qu’une surface combinant prairie et pâturage peut compter 1½ à 2 fois plus d’espèces qu’une prairie ou un pâturage isolé.1

Bovins, moutons, chèvres ou chevaux? Les connaissances sur l’influence de ces animaux sur la diversité sont très lacunaires. Chaque type de pacage conduit à la 1 Schmid, W. et al. 2001 formation d’une communauté vivante différente. Le pacage 2 En juin/juillet p. ex., la fauche condamne aussi bien les orthoptères adultes que leurs larves. Une coupe tardive favorise généralement les araignées (Pozzi, S. doit être aussi extensif que possible, mais suffisamment inten­ 1998). sif pour éviter l’embuissonnement. 3 Schifferli, L. 1997

50 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 62 > Entretien des haies Coupe de la haie en fonction du boisement.

coupe coupe coupe coupe coupe coupe

Recépage: noisetier, Coupe modérée pour Coupe pour buissons à Coupe pour épineux Coupe pour la formation Coupe pour saules charme, saule, cornouiller espèces à croissance rejets et à forte denses (favorisant la de hautes tiges têtards: scier complètesanguin, bourdaine, lente: troène, aubépine, croissance: noisetier, nidification): aubépine, (perchoirs): érable, saule ment les baguettes du sureau à grappes, frêne. cornouiller mâle, merisier cornouiller sanguin, prunellier, nerprun, marsault, charme, chêne, sommet tous les 5 ans. à grappes, sorbier des sureau noir, viorne argousier, églantier. tilleul, orme, frêne, oiseleurs. mancienne, fusain. merisier à grappes.

Source: Jenny, M. et al. 2001 «Les haies – comment les entretenir»

Illustr. 63 > Fonction écologique des haies et bosquets

1 Poste d’observation, poste de chant, lieu de rencontre

2 Couvert et protection

(exploitation, intempéries, prédateurs)

3 Relais et couloir de

déplacement

4 Quartier d’hiver pour les

animaux des champs

5 Compartimentation du

paysage, diversification des structures

6 Habitat, habitat

temporaire, réservoir de nourriture, etc.

Source: Blab, J. 1988

51 > Recommandations d’exploitation

8 Entretien des éléments structurels > Favoriser les structures en bois également au sol (tas de

Les structures situées en limite et à l’intérieur des PPS contri- branches, piquets de clôtures). buent pour une bonne part à la valeur faunistique et floristi- > Recouvrement idéal par des buissons: 3 à 20 % de la que d’un objet. Elles doivent être conservées ou améliorées, superficie de l’objet. Sont particulièrement utiles: le voire (re)créées si elles sont utiles à la réalisation de l’objectif genévrier, l’épine-vinette, l’églantier, le prunellier et le de protection. Une suppression sans mesure de remplacement nerprun. ou une banalisation ne sont pas compatibles avec l’objectif de > Prudence avec la callune vulgaire, la myrtille, les ronces, protection (art. 8 al. 3, let. d OPPS). L’utilisation de gyro- le prunellier et l’argousier: ils peuvent se répandre broyeurs n’est en règle générale pas compatible avec l’objec- rapidement par stolons. tif de protection. Non seulement le broyage mais également le > A partir du mois de juin, tailler les haies annuellement sur fraisage du sol, possible avec ce type de machines, peuvent au maximum un tiers de leur longueur, de manière à ce occasionner des dommages importants à la faune et à la que la faune conserve des refuges. flore. > Rajeunir régulièrement les peuplements arborés en s’y Exception: une utilisation ciblée est possible pour combattre prenant assez tôt. les plantes problématiques et lors de premières interventions > Les chênes, saules et fruitiers sauvages, ainsi que les sur des surfaces embuissonnées. Dans ces cas, il est indispen- vergers haute-tige de 30 à 50 arbres par hectare sont sable de respecter une hauteur de coupe de plus de 10 centi- particulièrement précieux. mètres et d’éviter le fraisage. De plus, le travail ne devrait se > Des lisières étagées doivent former un large milieu de faire que sur une partie de la surface à la fois. transition entre la forêt et les espaces ouverts (jusqu’à 30 m), de manière à ce que les zones herbagères et les Des indications sur la présence d’éléments structurels pré­ zones buissonnantes alternent de manière dynamique. cieux dans les objets PPS figurent sur les fiches d’objets par­ > Les landes subalpines pauvres en espèces ne doivent tiels. couvrir que de petites surfaces (au maximum 25 %). Si

Sur l’importance des différents éléments, voir le Guide elles ont tendance à s’étendre, il est nécessaire d’entredes milieux naturels de Suisse de Delarze, R. et al. 2008. prendre des coupes d’entretien. > Sur le Plateau, les landes n’existent plus que sous forme Structures ligneuses de petites surfaces résiduelles; elles sont à conserver par > Viser une variété d’essences, uniquement indigènes, aussi un pacage extensif. grande que possible. > Conserver de vieux arbres et du bois mort pour favoriser les insectes dépendant du bois mort.

52 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 64 > Flambé (Iphiclides podalirius) Illustr. 65 > Apollon (Parnassius apollo)

Illustr. 66 > Abeille sauvage dans une coquille d’escargot Illustr. 67 > Abeille sauvage vivant dans le bois mort

Illustr. 68 > Coronelle lisse (Coronella austriaca) Illustr. 69 > Larve de fourmilion (Myrmeleo sp.)

Les structures favorisent la diversification de la faune. Quelques exemples: les prunelliers (Prunus spinosa) sont des plantes hôtes pour les chenilles du flambé (en haut à gauche) et les murs de pierres à orpins blancs (Sedum album) jouent un rôle important pour l’apollon (en haut à droite). Des abeilles sauvages trouvent à se loger dans des trous du bois, entre les pierres et même dans des coquilles vides (photos du milieu). Les tas de pierres bien ensoleillés abritent la coronelle lisse (en bas à gauche) et les zones abritées à substrat fin et meuble des pâturages et des bords de chemin servent de terrain de chasse au fourmilion (en bas à droite). Source: Albin Krebs, agasul; Christian Purro, atena

53 > Recommandations d’exploitation

Structures herbacées Structures peu ou pas végétalisées Il s’agit de la végétation herbacée non PPS située dans ou à > Créer de nouveaux murs de pierres sèches, de préférence proximité de l’objet (herbages permanents). dans l’axe est-ouest (ensoleillement optimal du côté sud). > Exploiter aussi extensivement que possible aux limites de Ne pas jointoyer les pierres au moyen de mortier ou de l’objet PPS. ciment. > Laisser des bandes refuges pour la petite faune. > Le long des murs et autour des grands tas de pierres, > Toujours enlever l’herbe fauchée mais, le cas échéant, laisser un ourlet végétal de 3 mètres de largeur. laisser des tas de foin à disposition des reptiles. > Tailler les arbustes qui ombragent les murs et tas de > Mettre en place des jachères florales sur les zones de pierres. transition avec les surfaces intensivement exploitées ou > Laisser en place les tas d’épierrage (murgiers) et en créer favoriser le développement d’ourlets à mégaphorbiaie. de nouveaux. > Durant l’hiver, laisser sur pied des groupes de hautes > Ne pas asphalter les chemins agricoles. herbes. > Laisser se créer de petites niches d’érosion, surtout sur les pentes orientées au sud. Structures humides > Indemniser les petits glissements de terrain: selon le > Ne pas drainer les stations humides. modèle cantonal correspondant. > N’assainir les drainages existants que dans des cas > Ne pas taluter les niches d’arrachement: plus la surface exceptionnels. est pentue plus elle mérite protection. > La valeur naturelle peut être augmentée par la création de > Ne pas mettre d’humus sur les rochers et les grosses petites mares et autres éléments structurels (tas de pierres pierres; les laisser au soleil. et de branches, bandes refuges pour la petite faune). > Laisser sur pied l’ourlet riverain (1 à 3 mètres). Le Informations complémentaires faucher en alternance tous les deux ans et enlever l’herbe > Delarze, R. et al. 2008: Guide des milieux naturels de coupée. Suisse. Ecologie – Menaces – Espèces caractéristiques. > La végétation riveraine (peuplements de roseaux et de > DLG-Merkblatt für Heckenschneidwerke Nr. 327, joncs, végétation alluviale ainsi que les autres associations info@DGL-Frankfurt.de végétales naturelles) ne doit pas être essartée (art. 21 et 22 > Zaric, N. et al. 2002: Guide des buissons et arbres des

LPN). Mesures d’entretien analogues à celles des haies. haies et lisières. > Jenny, M. et al. 2001: Les haies – comment les entretenir.

54 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Tab. 3 > Mesures spécifiques de régulation des principales plantes problématiques

Plante problématique Aspect biologique, causes Mesures Tolérance

Plantes herbacées Fougère aigle Favorisée par un pacage printanier suivi d’un été > Pendant 3 ans, faucher 2 à 3 fois par année juste avant que les Très faible Pteridium aquilinum sans exploitation; rhizomes; toxique! crosses ne se déplient; 1 pacage régulier. Cirse des champs Plante robuste qui se multiplie par graines et par > Coupe d’entretien quand les pousses atteigent 5 à 10 cm; Très faible Cirsium arvense rhizomes (2 à 3 cm). empêcher l’égrainage, éviter les espaces nus. Attention à la ressemblance avec C. vulgare (espèce bisannuelle sans problème). Ortie dioïque Sols riches en azote; souvent dédaignée quand elle > Coupe d’entretien; laisser au sol; 2 le recours aux herbicides est Urtica dioica est verte; plante hôte pour diverses chenilles de inutile. papillons. Vératre blanc Plante robuste des sols profonds, fertilisés mais > Fauche annuelle précoce (15 au 30 mai, avant l’assimilation des Veratrum album sous-exploités; se multiplie par graines; toxique! nutriments, 3 hauteur de pousse 20 à 30 cm); pacage contrôlé. Séneçon jacobée Pâturages maigres, peu engraissés, exploités > Coupe d’entretien avant la floraison, exporter et composter Très faible Senecio jacobaea tardivement, surtout Jura; très toxique! l’herbe (malgré sa toxicité, les animaux la consomment, même fanée). Séneçon des Alpes Sols riches en substances nutritives, reposoirs; > Coupe d’entretien avant la floraison, exporter et composter Senecio alpinus graines disséminées par le vent; toxique! l’herbe, car les animaux la consomment même fanée. Verge d’or Seulement en dessous de 900 m d’altitude; se > Faucher 2 fois le plus près possible de la base, fin mai et Très faible Solidago canadensis multiplie par graines et rhizomes, souvent dans les mi-août, durant plusieurs années; exporter l’herbe. zones débroussaillées. Rhinanthe Annuel, se multiplie par graines; semi-parasite. > Peut être contrôlé par une coupe intervenant avant la maturité Rhinanthus sp. des graines. 4 Brachypode penné Sous-exploitation, favorisé par le broutage sélectif > Faucher en juin (ou avant l’épiaison). Brachypodium pinnatum du bétail; fleurit tardivement. Plantes ligneuses Prunellier Sols calcaires; rôle écologique important (oiseaux, > Si possible, pâturer avec des chèvres qui le broutent volontiers. 5

Prunus spinosa papillons); croissance 20 à 30 cm/an sur souche. > Tailler 1 fois par an durant la période de végétation. Epine-vinette Sols peu profonds. > Tailler annuellement durant la période de végétation. Berberis vulgaris Tremble Fréquent dans les Alpes internes et méridionales, se > Coupe d’entretien durant plusieurs années. Populus tremula multiplie par graines et par la souche. > Eliminer les porteurs de graines dans le voisinage. Genêt à balais Fréquent au sud des Alpes, sur sol siliceux; > Coupe d’entretien; les moutons et les chèvres le consomment Cytisus scoparius croissance rapide, multiplication par graines. volontiers. Ronces Sols riches en éléments nutritifs; des racines se > Tailler à plusieurs reprises en période de végétation (Rubus: Rubus sp. forment à l’extrémité des pousses. surtout quand les pousses sont encore jeunes); pacage intensif; Eglantiers arracher, éliminer la partie végétale située juste sous la surface Rosa sp. Sols peu profonds, versant sud; rejets de racines. du sol.

Source: 1 Expérience de l’inspection de la protection de nature BE; 2 ADCF (Association pour le développement de la culture fourragère) [Ed.], 1990/1997; 3 Treier, U., Müller, H. 2001; 4 Caputa, J. 1984; ADCF 1994

55 > Recommandations d’exploitation

9 Régulation des plantes problématiques > Intervenir durant la période de repos de la végétation. L’envahissement par les mauvaises herbes et l’embuissonne- N’intervenir dans la période de végétation qu’en cas ment excessif des objets PPS doivent être contrôlés par une d’expansion très rapide. gestion appropriée. Les moyens de lutte chimique se fondent sur l' art. 3 et l' annexe 2.5 chiffre 1 en part. 1.1 ORRChim. Brûlis Les buissons doivent être périodiquement taillés ou – en cas Le brûlis de surfaces n’est pas autorisé (art. 8 al. 3, let. c et e d’embuissonnement avancé – leur recouvrement réduit à 20 % OPPS; art. 18 al. 1, let. g LChP). au maximum de la surface. Les essais de ces dernières années ont montré qu’après un Les plantes qui, dans les objets PPS, se multiplient excessive­ brûlis, le brachypode penné (Brachypodium pinnatum) augment au détriment des unités de végétation précieuses sont mente dans de telles proportions que la diversité des espèces considérées comme des plantes problématiques. Il peut s’agir recule nettement.1 De plus, selon la méthode utilisée, le feu de plantes herbacées, d’arbustes ou de jeunes arbres. porte atteinte à diverses espèces animales. Les raisons de l’expansion excessive d’une espèce végétale sont souvent une exploitation réduite, voire abandonnée, Néophytes envahissantes la création de trouées par débroussaillage, le changement de Les néophytes envahissantes sont des espèces étrangères à la conditions (sol, nutriments) ou une exploitation identique sur région qui colonisent de précieux habitats, évincent facilele long terme, qui favorise des espèces particulières. ment les plantes indigènes et modifient le caractère du pay­ Les plantes problématiques ne se multiplient pas partout sage par leur forte dominance (d’après la définition de au point d’engendrer une situation critique. Comme beaucoup l’UICN2). L’utilisation dans l’environnement d’organismes d’entre elles remplissent simultanément une importante fonc­ exotiques est réglée par l’ordonnance sur la dissémination tion écologique (p. ex. les chardons sont une ressource ali­ dans l’environnement (art. 15 al. 2 ODE) et la liste des orgamentaire pour divers insectes et oiseaux – notamment le char­ nismes exotiques envahissants interdits (art. 15 al. 2, annexe 2

donneret), on peut les tolérer quand elles sont présentes en ODE). Une liste scientifique des espèces envahissantes établie petit nombre. par la Commission suisse pour la conservation des plantes cultivées («Liste noire»3) comporte, entre autres, le robinier. Recommandations pour la lutte contre les plantes problématiques: Informations complémentaires > Prévention grâce à une exploitation adaptée aux condi­ > Fachstelle Naturschutz Kt. ZH, 2006: Merkblatt zu tions de l’endroit, éviter les emplacements ouverts, «Problempflanzen» (www.naturschutz.zh.ch). combattre sans délai les populations même petites (voir > ADCF – fiches techniques 1990/1997: Régulation des tableau). mauvaises herbes dans les prairies naturelles. > En cas de problème majeur, consulter les services de > Siegrist-Maag, S. et al. 2002: Jakobskreuzkraut – eine vulgarisation agricole et de protection de la nature. Giftpflanze auf Vormarsch!

Recommandations relatives au débroussaillage: > Objectif: un taux d’embuissonnement de 3 à 20 %. > Débroussaillage sélectif. > Les chèvres conviennent au débroussaillage. > Préférer la faucille, la cisaille, etc. à la faucheuse frontale (moins sélective). Evacuer les excédents de matière végétale (pas d’apport de nutriments). > De manière générale, l’arrachage est plus efficace que la coupe. > Dans de rares cas, de grandes surfaces débroussaillées peuvent être revégétalisées au moyen d’un mélange de graines approprié pour empêcher l’installation de plantes problématiques. > Après le débroussaillage, l’entretien (pâture/fauche) doit 1 Beinlich, B. et al. 1995 intervenir dès la période de végétation suivante. 2 Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), http://cms.iucn.org/ www.cps-skew.ch

56 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 70 > Sols ouverts Illustr. 71 > Niche d’arrachement Prairie sèche avec molinie bleue (Molina caerulea) présentant Niche d’arrachement le long d’un chemin, ici dans un élément de vastes espaces sans végétation, canton d’AG. limitrophe d’une prairie sèche, Antagnes, canton de VD.

Souhaitable: les emplacements sans végétation en terrain plat ou les petites zones affaissées ou érodées, lorsqu’elles sont clairement délimitées, favorisent la biodiversité et sont p. ex. utilisés par les abeilles sauvages. Source: Monika Martin, oekoskop; Saskia Godat, atena

Illustr. 72 > Zones érodées de moyenne dimension Illustr. 73 > Zones érodées de grande dimension Niche d’érosion provoquée par le glissement de la neige dans Glissement de terrain dans une prairie sèche après de violentes une zone d’exploitation de foin sauvage, Erstfeldertal, UR. précipitations, région du Napf, LU.

A surveiller ou à éviter à tout prix: dans de tels cas, il existe un danger manifeste de glissements de terrain plus importants (voir photo de droite), et la situation peut rapidement devenir incontrôlable. Il faut maintenir un tapis herbeux dense grâce à une exploitation appropriée. Le cas échéant, faire obstacle à l’érosion (p. ex. en réparant les murs de pierres sèches ou en plantant des buissons). Les glissements de grande ampleur sont le plus souvent le résultat de précipitations exceptionnelles et ont des conséquences pratiquement irréversibles. Source: Michael Dipner, Monika Martin, oekoskop

57 > Recommandations d’exploitation

10 Erosion graissées), de même que les zones ombragées et humides, no­

L’érosion (notamment les glissements de terrain) doit être tamment les terrains à flysch. évitée dans la mesure du possible (art. 6 al. 1 OPPS; art. 8 Recommandations pour diminuer l’érosion: al. 3, let. c OPPS). > Eviter toute augmentation de la teneur en nutriments des sols menacés (pas de fumure; pacage extensif). Les PPS se trouvent fréquemment dans des endroits à forte > De préférence, faucher les surfaces à très forte déclivité déclivité. Une gestion inappropriée peut conduire à des glisse­ (>60 %). N’y laisser paître que des chèvres et des moutons ments de terrain qui leur portent durablement atteinte. L’éro­ en pâture tournante. Faucher aussi les pentes de 40 à 60 % sion incontrôlée doit être combattue, car elle peut porter at­ ou y laisser paître du petit bétail ou des bovins légers. teinte à l’ensemble de la végétation et rendre l’exploitation > Réduire le risque d’érosion par une compartimentation très difficile. Elle doit être évitée aussi pour satisfaire aux adaptée du pâturage (attention en cas de pâture continue!), prestations écologiques requises (PER) selon l’art. 9 al. 1 et 2 une charge et une durée d’occupation adéquates. OPD. > En cas d’utilisation inappropriée, l’irrigation augmente le risque d’érosion. Dans les objets PPS, elle n’est d’ailleurs Structures souhaitées en règle générale pas compatible avec l’objectif de Les petites zones d’érosion bien délimitées représentent par protection (art. 6 al. 1 OPPS; art. 8 al. 3, let. c OPPS). contre des éléments structurels intéressants. Les surfaces de > Ne pâturer les surfaces menacées par l’érosion que par sol nu augmentent en effet la diversité faunistique de l’objet. conditions favorables (sol sec). > Choisir l’emplacement des abreuvoirs en fonction du La déclivité et le sous-sol comme facteurs de risque risque d’érosion. Dans les zones escarpées (au-delà de 50 à 60 %1), il convient > Sur les terrains susceptibles de glisser, mettre en place ou de ne laisser aucune prise à l’érosion, car dans ces conditions, conserver des éléments structurels horizontaux tels que elle devient vite incontrôlable. Dès que le tapis végétal est rangées d’arbustes et d’arbres ou haies, afin de limiter entamé, l’eau s’infiltre davantage et peut, dans certains cas, l’érosion. mettre en mouvement toute la pente.

Les surfaces non fauchées sont souvent davantage sujettes à l’érosion2 car, en hiver, les hautes herbes sont prises dans la masse neigeuse qui peut ainsi emporter l’ensemble du tapis végétal si elle se met en mouvement. Mais si ces surfaces sont fortement colonisées par une végétation de lande, l’effet stabilisateur du système racinaire réduit la vulnérabilité. Une gestion incorrecte du pacage par des moutons accentue le risque d’érosion: la forte pression sur la pâture modifie la palette des espèces et affaiblit le système racinaire.

Les prairies maigres plus résistantes à l’érosion On constate que les prairies maigres sont moins vulnérables à l’érosion que les prairies engraissées.3 Des études réalisées en Suisse centrale4 montrent que les surfaces pauvres en éléments nutritifs sont moins affectées par les glissements de terrain, et cela pour les raisons suivantes: > racines plus résistantes, plus ligneuses et plus denses, > résistance accrue à la sécheresse: les radicelles survivent aux périodes sèches, > couverture végétale inchangée, même après une période de sécheresse, > sol faiblement crevassé.

1 Von Wyl, B. 1987; Maag, S. et al. 2001

Les versants engraissés sont les plus menacés par l’érosion 2 Maag, S. et al. 2001 (les pentes de plus de 60 à 70 % ne devraient jamais être en­ 3 Dietl, W. et al. 1981; Von Wyl, B. 1987

4 Von Wyl, B. 1987

58 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 74 > Travail à la main Illustr. 75 > Travail mécanisé Ratelage à la main, Wiggen, LU. Fanage mécanisé (andainage), Wiggen, LU.

L’épandage du foin à la main représente 7 fois plus de travail qu’avec une machine, l’andainage manuel même 10 fois plus. Photos: Stefan Eggenberg, UNA; source des données: calculs de coûts 1996

Illustr. 76 > Coûts de production du foin (travail, machines) Coûts de production en fonction des obstacles et de la pente: les coûts augmentent selon le nombre d’obstacles et la déclivité du terrain. Dans la catégorie «nombreux obstacles», le coût supplémentaire dû à une pente de 50 à 80 % s’explique par les frais élevés engendrés par l’utilisation des machines (recoupements, demi-tours). Sur les pentes de 80 %, le travail est essentiellement manuel.

Fr./ha et utilisation

Obstacles: aucun peu nombreux moyennement nombreux nombreux

Pente: <18% 18-25% 25-35% 35-50% 50-80% >80%

Source: LBL /SRVA, Milieux naturels et agriculture, état 2002; coûts des machines selon FAT 1996, travail compté à 35 Fr./h.

59 > Recommandations d’exploitation

11 Gestion de l’exploitation Part du biotope trop grande

Il convient de tenir compte des conditions-cadre globales de Si les prairies extensives (PPS et autres) représentent plus de l’entreprise. Les exploitants doivent être associés, en tant que 20 % de la surface agricole utile, il faut s’assurer que les parpartenaires, aux efforts de protection. celles restantes ne sont pas surengraissées. Selon les conditions-cadre de l’exploitation, des changements s’imposent Lors de négociations avec les exploitants, les conditions-cadre dans son organisation. de l’entreprise doivent être prises en considération, selon Dans ces cas, il est indiqué de faire appel à des consull’art. 8 al. 2 OPPS. Il convient d’être attentif notamment aux tants spécialisés. facteurs suivants, parfois perçus comme des obstacles. Utilisation du foin des prairies maigres2 Bilan de fumure > Vaches laitières: vers la fin de la période de lactation et Pour les exploitations possédant beaucoup de bétail, il peut dans la phase de tarissement (compléter par du phosphore être problématique d’équilibrer le bilan de fumure si l’on re­ et du sodium). Vaches laitières à haute productivité: nonce à fertiliser des prairies peu engraissées jusqu’ici. Afin 1 à 2 kg par jour (pour améliorer la structure physique du d’éviter une surfumure des autres surfaces de l’exploitation, il fourrage). est alors nécessaire de réduire le cheptel ou d’exporter une > Bovins d’élevage: en complétant la ration par un mélange partie des engrais de ferme. de sels minéraux riche en phosphore et du sel. > Vaches allaitantes: au moment du tarissement et dans la Charge de travail importante phase initiale avec des protéines, du phosphore, du Les surfaces PPS sont souvent situées loin de la ferme, dans magnésium et du sel. des zones escarpées et d’accès difficile. Sur une partie d’entre > Brebis et chèvres laitières: animaux taris, du 1er au 3e mois elles, les moyens mécaniques ne peuvent être utilisés, si bien de gestation. qu’elles requièrent un important travail manuel. L’investisse­ > Chevaux, élevage extensif de chèvres et de moutons: ment est disproportionné par rapport au résultat.1 Or, en raison pratiquement sans limites. des changements structurels dans l’agriculture, il faut exploiter de plus en plus de surfaces avec de moins en moins de Informations complémentaires main-d’œuvre. Les exploitants sont donc placés devant le > LBL/SRVA 2002: Naturnahe Lebensräume: Leitfaden zur

choix suivant: faucher, utiliser comme pâturage (ce qui repré­ Berechnung von Naturschutzleistungen der Landwirtsente moins de travail) ou abandonner l’exploitation. schaft. Les surfaces PPS sont souvent les seules prairies de fau­ > LBL/SRVA 2001: Lehrmittel Betriebsplanung che exploitées et les paysans ne disposent pas des machines appropriées à leur pente. Sans aide extérieure, ils sont donc souvent tentés de les convertir en pâturages. L’objet n’en est pas moins protégé et doit donc être exploité, ainsi que l’exige la protection.

Collision des pointes de travail Si la date de fauche tombe sur une période de forte activité, il est recommandé de la repousser à une période plus favorable: l’herbe des PPS peut très bien attendre.

Trop de fourrage peu nutritif La quantité utilisable de fourrage pauvre en éléments nutritifs dépend de l’espèce animale et de la productivité espérée (lait, viande). Dans les exploitations avec des vaches allaitantes et leur remonte, le foin des PPS peut être utilisé sans problème – jusqu’à constituer 20 % du fourrage – pour autant qu’il soit possible de l’entreposer et de le distribuer séparément. Dans les exploitations spécialisées dans la production de lait, cette proportion est de 10 à 15 %. Moutons, chèvres et che­ 1 Pezzatti, M. et al. 2001 vaux supportent une plus grande proportion de foin extensif. 2 Stoll, W. et al. 2001

60 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 77 > Revalorisation de lisière Lisière avant et après intervention, Küttigen, canton d’AG.

Le milieu reçoit sensiblement plus de lumière, ce qui permet une colonisation rapide par les espèces xérophiles. En outre, la lisière bien structurée a clairement une fonction de connexion entre les surfaces PPS isolées. La mise en lumière a été réalisée en accord avec le service forestier cantonal. Il peut être nécessaire de matérialiser clairement la lisière de la forêt par des piquets. Source: André Seippel, Zulauf Seippel Schweingruber, Baden

Illustr. 78 > Trafic Illustr. 79 > Tabac d’Espagne Objet PPS sur un talus de voie ferrée (Elsässerbahn, canton de Le tabac d’Espagne (Argynnis paphia) est un papillon diurne BS): en plus de la valeur intrinsèque de biotope, les talus présen- des lisières forestières et des prairies sèches bien structurées. tent souvent une valeur de connexion élevée.

Source: Guido Masé, oekoskop

61 > Recommandations d’exploitation

12 Autres formes d’exploitation Tourisme/loisirs

Selon l’art. 8 al. 3, let. c OPPS, les utilisations existantes ou Il convient de vérifier la compatibilité des formes d’utilisation nouvelles doivent être conformes à l’objectif de protection. et des installations existantes avec les objectifs de protection Selon l’art. 11 OPPS, les cantons doivent veiller, chaque fois des PPS. En cas de conflit (végétation endommagée, dérangeque l’occasion se présente, à ce que les atteintes déjà subies ment de la faune), des solutions spécifiques doivent être repar les objets soient réparées dans la mesure du possible. cherchées et appliquées (art. 8 al. 3 OPPS). Si un conflit porte sur des tâches de la défense nationale, on procédera à une Les utilisations qui peuvent affecter les PPS sont soumises à pesée des intérêts, selon l’art. 7 OPPS. différents domaines politiques ou dispositions légales. Les Dans le cadre de l’exploitation touristique des PPS, les principales formes d’utilisation, leur admissibilité et le poten­ installations liées à la pratique du ski représentent un protiel de valorisation sont présentés dans le tab. 4. blème très concret. Il a été démontré que,2 sous les pistes (de neige naturelle ou artificielle), la végétation est plus pauvre en Forêt/protection contre les dangers naturels espèces et que les concentrations en éléments nutritifs sont Après l’agriculture, c’est la sylviculture qui influence le plus plus élevées. On y observe un changement de composition de fortement et le plus directement les objets PPS. Dans la plu­ la végétation (davantage de plantes tardives au détriment des part des cas, on s’efforce en premier lieu de maintenir une fleurs printanières). Pour ces raisons, l’enneigement artificiel exploitation conforme à l’objectif de protection. Cela con­ (canons à neige) et l’aménagement de nouvelles pistes de ski cerne spécialement les pâturages boisés et les forêts pâturées sur les objets PPS ne sont en règle générale pas compatibles de même que les boisements qui servent d’éléments structu­ avec les objectifs de protection (art. 8 al. 3, let. b et c OPPS). rels ou limitrophes. L’importance écologique de la forêt, dans Des atteintes importantes comme le nivellement de pissa relation aux objets PPS, ainsi que des indications concrètes tes et les installations d’enneigement ne sont pas compatibles

de mise en œuvre sont décrites dans la fiche thématique «Les avec l’objectif de protection (art. 8 al. 3, let. b et c OPPS). PPS et la forêt». Cela vaut également pour les produits additifs, en raison de En règle générale, le reboisement de surfaces PPS dans leur effet fertilisant, selon l’annexe 2.6 chiffre 3.3 ORRle cadre de la lutte contre les dangers naturels contrevient aux Chim. objectifs de protection des PPS. Si des PPS existent dans le périmètre de mise en œuvre de tels projets, il y a lieu de pro­ Autres domaines céder à une pesée des intérêts. Il n’est possible de s’écarter D’autres domaines de la politique, qui n’impliquent pas direcdes objectifs de protection PPS, selon l’art. 7 OPPS, que si les tement une utilisation de l’objet, doivent également être pris projets destinés à la protection humaine ne peuvent être réali­ en considération au cas par cas, surtout en relation avec les sés ailleurs. sites prioritaires. Il s’agit de: > la protection des eaux en relation avec le bilan de fumure Transports/accès des exploitations agricoles et dans le cadre de concepts de Quelques objets PPS sont situés le long de routes ou de voies protection des eaux, ferrées. Les talus sont généralement exploités par des agricul­ > l’aménagement des cours d’eau dans le cadre de projets teurs ou entretenus en même temps que les autres surfaces de revitalisation et de protection contre les crues. vertes liées à ces voies de communication. Cet entretien doit en principe être mené selon les directives de l’exploitation Informations complémentaires agricole. Il est judicieux de fixer les règles d’entretien de ces > Jenny, H.-P. 1993: Pour que les arbres ne cachent pas la surfaces PPS dans des directives1 et des plans de gestion. forêt. Il y a lieu d’examiner très soigneusement les projets de > Buser, H. et al. 1988: Pflegerichtlinien für Grünflächen an nouveaux accès aux surfaces PPS destinés au maintien de la Strassen. forme d’exploitation existante. A proximité des objets, il fau­ > Dipner, M. 2006: Fiche thématique PPS «Les PPS et la drait en principe y renoncer en raison des risques d’atteintes forêt». directes et indirectes que cela représente (qualité paysagère, > Huber, C. et al. 2007: Fallstudie «Erschliessung und changement d’affectation, etc.). La décision à ce sujet devrait Bewirtschaftung von Biotopen».

se baser sur des concepts d’exploitation régionaux (p. ex. > AGPN, 1996: Protection de la nature et entretien des talus CEP), sur l’examen des infrastructures existantes et des tech­ de bord de route et des cours d’eau. nologies actuelles, des possibilités d’utilisation alternative, enfin de l’importance et de la qualité des PPS concernés. 1 Par exemple: directives des CFF 1998 Wipf, S. et al. 2005

62 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 80 > Prairie ou pâturage? Illustr. 81 > Pâturage ou friche? Clôture traditionnelle délimitant des surfaces fauchées et pâtu- Pâturage ovin au col de Jaman, canton de VD: les surfaces trop rées, Bürglen, canton d’UR. pentues sont clôturées et ne sont plus utilisées.

Prairies et pâturages présentent des compositions d’espèces distinctes et devraient coexister autant que possible dans des espaces restreints d’une même région. On n’oubliera pas, cependant, que l’intensité du pacage est plus difficile à définir et à contrôler que l’exploitation des prairies. De plus dans le contexte agropolitique actuel, les prairies sont davantage soumises à la pression de la rentabilité. Si l’on compare le nombre d’espèces spécifiques des prairies sèches à celui des pâturages secs, on ne constate pas de différence significative à l’échelle du pays. Mais on a pu établir que dans les Grisons et au Tessin, les prairies abritent un nombre d’espèces nettement plus grand que les pâturages alors que c’est exactement l’inverse dans le Jura et les Alpes septentrionales. Il est donc recommandé de se baser sur les conditions régionales. Source: Michael Dipner, Monika Martin, oekoskop

Illustr. 82 > Formes d’exploitation à préférer en cas de changement d’affectation inévitable

Priorité la plus haute Priorité décroissante

Prairie

Entretien minimal prairie Pâturage

Bovins Pâturage Entretien minimal Moutons pâturage Chevaux Friche Chèvres pas d’utilisation

Avec la baisse de rentabilité de la production agricole, la pression augmente sur les formes d’exploitation exigeant plus de travail. Les prairies de fauche (qui sont dans ce cas) ont donc régressé au cours des dernières années, alors que les pâturages ont progressé. L’augmentation est particulièrement marquée pour les pâturages à moutons: en 30 ans, cette forme d’exploitation a crû de 25 %.1 Source: Projet prairies et pâturages secs de Suisse; 1 Gotsch, N. et al. 2002

63 > Recommandations d’exploitation

13 Restrictions d’exploitation ces non spécifiques (ubiquistes). Mais le but de la protection

des PPS n’est pas d’augmenter le nombre d’espèces de fleurs Changement d’exploitation ou de couleurs d’une surface: il consiste, selon l’art. 6 al. 1, Le changement d’exploitation (prairie, pâturage, genre de bé- let. a OPPS, à conserver et à privilégier les espèces spécifitail) est à éviter autant que possible dans les objets PPS. ques et menacées des prairies et pâturages secs. Exception: le remplacement de moutons, chèvres ou chevaux Dans divers cantons, des expériences ont montré qu’un par des bovins est souhaitable. faible apport de nutriments peut déjà conduire à la disparition des indicateurs typiques de sol maigre.4 Les apports de chaux, La spécificité des prairies et pâturages secs ne peut être qui mobilisent des substances nutritives, ne sont pas souhaitaconservée que par une exploitation adéquate et stable à long bles non plus. terme ainsi que l’exige l’art. 6 al. 1, let. a OPPS. Si une prairie est utilisée différemment, la concurrence entre les espèces vé­ Recommandations pour les exceptions mentionnées: gétales s’en trouve modifiée. Dans une ancienne prairie > Epandre de préférence un fumier ancien (l’azote agit plus convertie en pâturage, le piétinement et l’abroutissement sé­ lentement). lectif sont des éléments nouveaux. En premier lieu, il s’ensuit > Déposer le fumier sous forme de petits tas sur la surface le plus souvent une diminution du nombre d’espèces. Celles (renforcement de la mosaïque structurelle). qui ne supportent pas le pacage disparaissent et l’installation de nouvelles espèces peut prendre des années.1 Ce type de Herse étrille/roulage transformation est en outre fréquemment irréversible: le piéti­ La herse étrille et le roulage sont inappropriés dans les objets nement occasionne l’apparition de paliers sur les pentes, ce PPS (art. 8 al. 3, let. c et e OPPS; art. 6 al. 1, let. b OPPS). qui rend la reprise de la fauche impossible. Exception: si la végétation d’une prairie est enchevêtrée ou dominée par des mousses, si son sol est très inégal ou ravagé Recommandations: par des rongeurs, un passage de la herse étrille combiné à un > L’exploitation des prairies existantes doit être maintenue. roulage peut être utile tôt au printemps. > Lorsque qu’un changement d’affectation ne peut être évité, le passage à un autre type d’exploitation est Le traitement de surfaces PPS au moyen d’une herse étrille

généralement préférable à un enfrichement durable des peut arracher des plantes dignes de protection et détruire des objets PPS (voir illustr. 82). microstructures importantes pour la faune (p. ex. fourmiliè­ > Si un tel changement s’impose pour des raisons qui ont res). Le roulage porte en outre préjudice à certains groupes trait à la gestion de l’entreprise, il convient d’examiner au d’animaux (p. ex. escargots). Pour ces raisons, la herse étrille préalable la possibilité d’un entretien minimal de la et le roulage ne peuvent convenir que sur une partie de la surprairie, sans changement d’exploitation. face et dans des cas exceptionnels. > Lorsqu’un changement d’exploitation est inévitable, il faut tenir compte de la diversité régionale des exploitations.

Fumure En règle générale, la fumure n’est pas compatible avec l’objectif de protection et est interdite (annexe 2.6 chiffre 3.3.1 ORRChim). Exception: dans des cas justifiés, une fumure traditionnelle au moyen de fumier, effectuée depuis au moins 10 ans, peut être poursuivie.

En peu d’années, la fumure d’une pelouse sèche évince les espèces PPS typiques au profit d’espèces nitrophiles banales.2 Schmid, W. et al. 2001; Briemle, G. et al. 1998 L’apport croissant d’azote de l’atmosphère accroît encore la 2 Willems, J. H. et al. 1993; Bobbink, R. et al. 1987; Braakhekke, W. G. et al. 1999; teneur en nutriments du sol.3 Nösberger, J. et al. 1998 Une légère fumure peut entraîner temporairement une 3 Rhim, B. et al. 2000 augmentation de la diversité (nombre d’espèces par rapport à Canton de Berne: Etude suivi et observations des contrôleurs; canton du Jura: Observations des contrôleurs; canton de Soleure: Programme pluriannuel Nature et la surface) en permettant l’établissement de nombreuses espè­ Paysage 2001

64 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 83 > Installations d’irrigation modernes Abb. 84 > Mosaïque résultant de l’irrigation traditionnelle Installation fixe d’irrigation dans une steppe sur rochers à Aus- Des langues de végétation typiques résultent de l’irrigation traserberg, canton du VS. ditionnelle par ruissellement, Ausserberg, canton du VS.

Source: Guido Masé, oekoskop; Martin Urech, puls

Illustr. 85 > Bisse Illustr. 86 > Fossé de drainage comblé par des pierres

Source: Monika Martin, oekoskop

Illustr. 87 > Problématique du vératre Illustr. 88 > Ensemencement On peut combattre mécaniquement le vérâtre (Veratrum album) Ensemencement: on recommande généralement d’utiliser la fleur par l’arrachage (mai) puis par un pacage régulé. de foin d’une surface proche.

Source: Stefan Eggenberg, UNA; Monika Martin, oekoskop

65 > Recommandations d’exploitation

Irrigation Produits phytosanitaires Les cantons veillent à ce que les utilisations existantes ou L'épandage de produits phytosanitaires dans les objets PPS nouvelles soient en concordance avec les objectifs de protec- se fond sur l'art 3 et l'annexe 2.5 chiffre 1.1 ORRChim. tion (art. 8 al. 3, let. c OPPS). L’irrigation d’objets PPS n’est en règle générale pas compatible avec l’objectif de protec- L’utilisation à grande échelle de produits phytosanitaires met tion. en péril la microfaune des objets PPS et peut endommager Exception: dans le cas de surfaces traditionnellement irri- durablement la végétation. Sur la base des dispositions de guées, la poursuite de l’irrigation existante ainsi que la réno- l’ORRChim et dans l’optique de la conservation et du dévevation et l’entretien des installations d’irrigation sont admi- loppement d’une flore et d’une faune spécifiques (art. 6 al. 1, ses. Pour les surfaces qui ne sont plus irriguées depuis let. a OPPS), d’éventuels problèmes dus aux mauvaises herlongtemps de même que pour le remplacement d’une irriga- bes ou à l’embuissonnement doivent être prévenus, autant que tion gravitaire par des installations d’aspersion, l’examen possible par une exploitation appropriée ou par des méthodes doit se faire au cas par cas. Les steppes sur sols profonds ne mécaniques (coupe ou arrachage). doivent pas être irriguées, car elles sont rapidement détruites par l’apport d’eau. Ensemencement et réensemencement L’ensemencement et le réensemencement sont inappropriés C’est surtout dans le canton du Valais – et par endroits dans dans les objets PPS (art. 8 al. 3, let. c OPPS; art. 6 al. 1, let. a les Grisons – que des prairies permanentes sont arrosées pour et b OPPS). améliorer la valeur du fourrage et la productivité. Autrefois Exception: dans de rares cas et dans le cadre d’un plan d’asassurée par des réseaux de bisses qui amenaient l’eau par gra­ sainissement à long terme, un ensemencement avec des sevité, l’irrigation se fait souvent aujourd’hui à l’aide d’asper­ mences locales peut être judicieux pour prévenir l’installation seurs fixes ou mobiles. L’arrosage intensif et homogène ainsi de mauvaises herbes si des surfaces d’une certaine étendue obtenu peut en cas d’utilisation inadéquate détruire des peu­ sont dépourvues de végétation (p. ex. après des mesures de

plements végétaux diversifiés,1 raison pour laquelle, selon débroussaillage). l’art. 6 al. 1, let. b OPPS, il n’est pas souhaitable dans les objets PPS.2 Dans une prairie sèche, l’ensemencement naturel suffit à com­ La fiche thématique PPS «Irrigation» présente les bler les trous dans le peuplement. En règle générale, l’enseconnaissances actuelles sur l’effet de l’aspersion sur les prai­ mencement et le réensemencement sont donc inutiles. De ries et pâturages secs. plus, l’ensemencement artificiel comporte toujours le risque d’altérer les peuplements par des écotypes étrangers à la sta­ Drainage tion. Si, à proximité d’objets PPS, on doit ensemencer des Le drainage de surfaces humides dans les objets PPS n’est surfaces d’une certaine étendue dans le cadre d’une revégétapas compatible avec l’objectif de protection (art. 8 al. 3, let. c lisation ou d’une revalorisation, il convient d’utiliser des se­ OPPS; art. 6 al. 1, let. b OPPS). mences d’un foin3 provenant de la même région.4

Des stations humides, grandes ou petites, dans les objets PPS Informations complémentaires ou des zones où s’interpénètrent des bas-marais et des prairies > Volkart, G. 2008: Fiche thématique PPS «Irrigation». ou pâturages secs sont particulièrement riches en espèces et très précieuses. On y trouve un nombre extrêmement élevé d’espèces végétales en raison de la juxtaposition de conditions humides et sèches, ce qui stimule la diversification de la faune. Différentes espèces de lycénidés (argus, théclas, cuivrés, etc.) par exemple vivent dans des prairies sèches et utilisent des points d’eau comme abreuvoirs. Pour ces raisons, l’installation de nouveaux systèmes de drainage n’est pas autorisée dans les objets PPS. L’entretien des fossés et drains existants est admis pour autant qu’ils ne 1 Commission d’experts PPS contreviennent pas aux objectifs de protection. Il peut s’avé­ 2 Voir aussi «Ordonnance sur l’octroi de contributions à l’exploitation agricole du sol pour des prestations en faveur de la nature et du paysage» du canton du VS du rer nécessaire, notamment sur des pentes instables, pour pré­ 20.9.2000 (451.102), art. 13 al. 4 venir des glissements de terrain dus à des systèmes de drai­ 3 Lehmann, J. et al. 1995 nage non fonctionnels. 4 Recommandations de la CPS (www.cps-skew.ch)

66 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Tab. 4 > Liste des formes d’utilisation non admises

Les formes d’utilisation existantes et nouvelles doivent être en accord Ces indications constituent des directives dont l’opportunité est à avec les objectifs de protection (art. 8 al. 3, let. c OPPS). Le tableau évaluer au cas par cas. Si l’objectif de protection peut être atteint plus ci-dessous présente, en fonction des domaines concernés, les efficacement par d’autres mesures, ces directives devront, le cas utilisations et interventions en rapport avec les PPS et leurs éléments échéant, être adaptées. La liste n’est pas exhaustive. Elle sera structurels, qui sont admises, qui ne sont pas compatibles avec complétée en fonction des expériences acquises au cours de la mise en l’objectif de protection, qui ne sont en règle générale pas compatibles œuvre. Les présentes directives sont aussi applicables dans le cadre avec l’objectif de protection, qui sont inappropriées ou à éviter. Le des dispositions transitoires de l’art. 29 OPN. tableau indique en outre quelles valorisations sont souhaitables – ou, le cas échéant, obligatoires. Agriculture

Sont admis Ne sont pas autorisés Ne sont pas compatibles Ne sont en règle Sont inappropriés Valorisations avec l’objectif de générale pas compatiprotection bles avec l’objectif de protection Pour prairies sèches ou > Traitement par > Mise en culture ou en > Engrais > Pacage printanier > Maintien en alternance friches (codes d’utilisation hélicoptère vigne > Irrigation > Changement de zones non fauchées I et B): exploitation en > Irrigation de steppes > Drainages > Produits d’utilisation > Echelonnement des prairies extensives selon sur sols profonds > Faucheuses-condition- phytosanitaires > Etrillage, roulage dates de fauche art. 45 OPD > Brûlis neuses, faucheuses à > Ensilage, récolte > Ensemencement, fléaux et aspiration de d’herbe fraîche réensemencement l’herbe coupée > Friches > Broyage > Entreposage de balles d’ensilage, fumier, compost et bois sur la surface PPS ou en amont de celle-ci Pour pâturages secs ou > Traitement par > Mise en culture ou en > Affouragement > Changement > Degré d’embuissonnefriches (codes E et B): hélicoptère vigne > Fumure d’utilisation ment visé: 10-20 % > Exploitation comme > Brûlis > Drainages > Irrigation > Etrillage, roulage > Part visée de refus de pâturages extensifs et > Pacage de cerfs, porcs > Produits > Ensemencement, pâture: 10-20 % pâturages boisés selon et volailles phytosanitaires réensemencement > Application d’un plan annexe OPD: règles > Entreposage de balles > Friches > Pacage en dehors de la d’exploitation techniques pour d’ensilage, fumier, période de végétation conforme aux objectifs prestations écologiques compost et bois sur ou > Coupe d’entretien de protection (art. 9 requises en amont de la surface OCest) > Estivage selon OCest Entretien et rénovation des > Nouveaux systèmes de Nouvelles constructions et Démantèlement des infrastructures agricoles et drainage infrastructures agricoles installations gênantes bâtiments existants > Modifications du (exception: développe- (chemins, systèmes terrain (remblais, exca- ment mesuré nécessaire d’irrigation et de drainage) vations) à l’exploitation et ne pour autant que ceux-ci, pouvant pas être réalisé de même que leur ailleurs) maintien, n’entraînent pas une dépréciation de l’état de l’objet (art. 8 al. 3, let. c OPPS) Traversée occasionnelle Formation d’ornières

Entretien adapté des Epandage d’engrais > Elimination sans > Utilisation de gyro- Valorisation des éléments éléments structurels compensation broyeurs forestiers structurels et création de d’éléments structurels > Produits phytosanitaires nouveaux éléments > Banalisation des structurels et de liaison élé­m ents structurels (rectifications, réfections en dur, introduction d’espèces étrangères à la station)

67 > Recommandations d’exploitation

Sylviculture

Sont admis Ne sont pas autorisés Ne sont pas compatibles Ne sont en règle Sont inappropriés Valorisations avec l’objectif de générale pas compatiprotection bles avec l’objectif de protection Sylviculture proche de la Epandange d’engrais et > Reboisements > Plantations > Optimisation de la nature de produits phytosanitai- > Introduction et > Utilisation de structure du res promotion d’espèces gyrobroyeurs forestiers peuplement et de la étrangères à la station composition des essences > Mises en lumière pour favoriser les espèces héliophiles et thermophiles Entretien périodique, par > Rectification de la Création de lisières tronçons, du manteau lisière étagées et irrégulières forestier > Introduction et promotion d’espèces étrangères à la station Entretien des installations > Nouveaux bâtiments et Démantèlement de et bâtiments existants liés installations (y compris dessertes et d’aménageà l’exploitation forestière les dessertes) ments gênants (y compris les dessertes), > Modifications du pour autant que ceux-ci et terrain (remblais, excaleur entretien ne portent vations) pas atteinte à l’état du biotope Transport de bois sur sol > Transport de bois à gelé s’il n’y a pas travers des surfaces d’alternative PPS sur sol non gelé > Entreposage de bois sur sol non gelé

Tourisme, délassement et activités récréatives

Sont admis Ne sont pas autorisés Ne sont pas compatibles Ne sont en règle Sont inappropriés Valorisations avec l’objectif de générale pas compatiprotection bles avec l’objectif de protection > Utilisation et entretien Nouvelles constructions et > Enneigement artificiel > Démantèlement de des installations et installations touristiques > Nouvelles pistes de ski constructions et bâtiments existants telles que: (sans nivellement) d’installations pour autant que ceux-ci > Installations gênantes et leur entretien ne d’enneigement > Optimisation des portent pas atteinte à artificiel infrastructures existanl’état du biotope > Pistes de ski avec tes et canalisation des > Aménagements pour nivellement visiteurs l’information du public > Chemins, places de pique-nique et de barbecue > Emplacements pour ailes delta, parapentes, modèles réduits > Pistes pour VTT et équitation > Adjonction de PTX à la neige Chiens tenus en laisse sur Chiens en liberté les chemins existants

68 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Prévention contre les dangers naturels

Sont admis Ne sont pas autorisés Ne sont pas compatibles Ne sont en règle Sont inappropriés Valorisations avec l’objectif de générale pas compatiprotection bles avec l’objectif de protection Ouvrages de protection et Conversion de surfaces reboisements pour la pâturées ou en friche en protection de l’homme et prairies régulièrement dont l’emplacement est fauchées imposé

Constructions et installations

Sont admis Ne sont pas autorisés Ne sont pas compatibles Ne sont en règle Sont inappropriés Valorisations avec l’objectif de générale pas compatiprotection bles avec l’objectif de protection Utilisation et entretien des Nouveaux bâtiments et > Démantèlement de installations existantes installations constructions et pour autant que celles-ci installations gênantes et leur entretien ne portent > Optimisation de pas atteinte à l’état du l’intégration biotope écologique des constructions et installations existantes Entretien des talus de Modes d’entretien des Optimisation de routes et de voies ferrées, talus de routes, voies l’entretien pour une digues de protection, etc. ferrées, digues de meilleure mise en œuvre conforme aux objectifs de protection, etc. qui des mesures de protection portent atteinte à la faune protection, notamment et à la flore (voir par la création de petites ci-dessus: agriculture et structures sylviculture)

Utilisation militaire

Sont admis Ne sont pas autorisés Ne sont pas compatibles Ne sont en règle Sont inappropriés Valorisations avec l’objectif de générale pas compatiprotection bles avec l’objectif de protection Utilisation et entretien des Nouveaux bâtiments et > Démantèlement de installations existantes, installations constructions et pour autant que celles-ci installations gênantes et leur entretien ne portent > Optimisation de pas atteinte à l’état du l’intégration biotope écologique des constructions et installations existantes Entretien des surfaces PPS Modes d’entretien des Optimisation de des terrains militaires terrains militaires qui l’entretien pour une conforme aux objectifs de portent atteinte à la faune meilleure mise en œuvre protection et à la flore (voir des mesures de ci-dessus: agriculture et protection, notamment sylviculture) par la création de petites structures

70 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Illustr. 89 > Prairies sans qualité OQE Illustr. 90 > Prairies avec qualité OQE Illustr. 91 > Prairie avec qualité du point de vue de la protection de la nature Prairie intensive, Val Müstair, Prairie peu intensive, Marbach, Prairie extensive, Luzein, canton des GR canton des GR canton de LU

Explication: une exploitation graduelle des prairies se justifie tant du point de vue écologique qu’économique. Source: Monika Martin, oekoskop, Franziska Andres, trifolium

Illustr. 92 > PPS et surface agricole utile (SAU) Selon leur utilisation, les objets PPS sont attribués à différentes catégories de surfaces qui déterminent le système de contribution. Remarque: dans l’illustration ci-dessous, seules les catégories de surfaces concernées par les PPS sont représentées.

Surface agricole utile (SAU) (art. 14 OTerm) Ne font pas partie de la surface agricole utile Surfaces herbagères permanentes (art. 19 OTerm): Forêt (à l’exception des pâturages boisés) > Prairies extensives (art. 45 OPD) Surfaces d’estivage (art. 24 OTerm) > Prairies peu intensives (art. 46 OPD) > Pâturages extensifs (annexe chiffre 3.1.2.1 OPD) Surfaces qui ne sont pas utilisées chaque année, les années sans utilisation (art. 4 al. 5 > Pâturages boisés 1 (annexe chiffre 3.1.2.2 OPD) OPD et art. 19 al. 5 à 6 OTerm) Cas particuliers: Surfaces improductives (art. 13, let. c à e OTerm), p. ex.: > Surfaces qui ne sont pas utilisées chaque année, les années d’utilisation > Surfaces rudérales, tas d’épierrage et affleurements rocheux (annexe > Foin sauvage dans la région d’estivage chiffre 3.1.2.6 OPD) 3 Surfaces avec haies, bosquets et berges boisées2 (art. 23 OTerm et art. 48 OPD) > Murs de pierres sèches (annexe chiffre 3.1.2.7 OPD) 4

Source: OFAG et OFEV; 1 surface pacagère selon art. 13, let. b OTerm, 2 qui ne font pas partie de la forêt selon la LFo du 4.10.1991, 3 et 4 imputables à la compensation écologique dans l’agriculture

Illustr. 93 > Contributions octroyées selon les différentes catégories de surface Les contributions octroyées varient selon les catégories de surfaces. Pour les surfaces situées en SAU, qui sont utilisées par des exploitants ayant droit aux contributions OPD, les contributions agricoles et LPN se complètent. (Les autres contributions, attribuables selon le cas, sont signalées en gris clair.)

Surface agricole utile (SAU) N’appartenant pas à la surface agricole utile

Exploitant n’ayant pas droit Région d’estivage (sans les Autres surfaces n’appartenant Utilisation pluriannuelle Surfaces herbagères permaaux contributions selon l’OPD prairies de fauche dans la pas à la surface agricole utile (contributions les années sans nentes (art. 2 OPD) région d’estivage) (SAU) utilisation)5 Eventuellement LPN Eventuellement LPN Eventuellement contributions pour terrains en pente (art. 35 Eventuellement réseau OQE et 36 OPD) Qualité OQE Eventuellement réseau OQE LPN Contributions écologiques Qualité OQE Contributions écologiques /3 des contributions à la surface (art. 4 al. 5 OPD et art. 19 Contributions à la surface al. 5 à 6 OTerm)

Source: OFAG et OFEV; 5 Convention selon art. 45 al. 3 bis OPD

71 > Prestations de la Confédération

> Prestations de la Confédération Selon l’art. 14 al. 1 OPPS, l’OFEV conseille et soutient les cantons dans l’accomplissement de leurs tâches, en mettant à leur disposition un service-conseil et de la documentation. Les indemnisations de la Confédération pour la protection et l’entretien des PPS (art. 18 let. d LPN) sont octroyées sur la base des art. 18 et 19 OPN (art. 14 al. 2 OPPS). Pour les prairies et pâturages secs appartenant à la surface agricole utile (SAU), les contributions sont octroyées sur la base de l’OQE en tant que contributions agricoles (art. 14 al. 3 OPPS).

1 Conseil de la Confédération de tâches de droit public déléguées par la Confédération (art. Le conseil et le soutien sont fixés, en tant que prestations de la 3 LSu). Confédération, dans l’OPPS. Le champ d’action, selon l’art. 14 al. 1 OPPS, va de la mise à disposition des documents Domaine de l’agriculture et données scientifiques aux prestations de services et activités Pour les surfaces situées à l’intérieur d’objets PPS donnant permettant d’atteindre l’objectif de protection. Figurent parmi droit aux contributions OPD (art. 4 OPD), des contributions les destinataires, en premier lieu les services cantonaux res­ selon l’art. 3 al. 3 OQE sont octroyées pour une exploitation ponsables de la mise en œuvre, mais également les offices fé­ conventionnée à la place des contributions à l’entretien selon déraux et d’autres cercles concernés par la protection des bio­ les art. 18 et 19 OPN. Les prairies sèches qui sont situées dans topes. la surface agricole utile sont considérées comme des surfaces La Confédération met à disposition des instructions pra­ de compensation écologique et leurs coûts d’entretien sont intiques et basées sur des connaissances scientifiques, contri­ demnisés à ce titre. Les PPS situés dans la surface agricole buant ainsi à la qualité de la mise en œuvre dans les cantons. utile et qui sont entretenus par des exploitants n’ayant pas Elle tient compte du contexte régional et optimise les condi­ droit aux paiements directs, les PPS qui se situent hors de la tions-cadre de la protection des biotopes à travers un réseau SAU, les mesures spéciales de promotion des espèces ainsi réunissant Confédération, cantons et autres partenaires. que les mesures de revalorisation sont indemnisés par la LPN. Lorsque des surfaces donnant droit aux contributions se­

2 Contributions financières de la Confédération lon les bases légales de l’agriculture (OPD, OQE, OCest) et

La réforme de la péréquation financière et de la répartition des selon celles de la protection de la nature (LPN, OPN) se chetâches entre la Confédération et les cantons (RPT1) a pour vauchent, une double indemnisation pour la même prestation principal objectif, outre le désenchevêtrement des tâches et du sur la même surface agricole utile (SAU) doit être évitée par le financement, d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des res­ canton (art. 12 LSu). sources. Celles-ci seront fixées pour quatre ans dans le cadre de conventions-programmes, de même que l’organisation Domaine de la forêt concrète de la collaboration dans les différents domaines. La Confédération peut accorder des aides financières pour la La RPT est également valable dans le domaine de la na­ revalorisation de lisières, selon l’art. 38 LFo, sur la base de la ture et du paysage dont la protection reste une tâche commune convention-programme pour la biodiversité en forêt. de la Confédération et des cantons. Le subventionnement de mesures dans les domaines espèces, biotopes et compensation écologique, selon les art. 18 ss. LPN, est principalement constitué d’indemnités, c.-à-d. de prestations accordées à des bénéficiaires étrangers à l’administration fédérale et destinées à atténuer ou à compenser les charges financières découlant de l’accomplissement de tâches prescrites par le droit fédéral ou 1 Manuel RPT dans le domaine de l’environnement à télécharger sous www.environnement-suisse.ch/uv-0808-f, OFEV 2008

72 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

> Index

73 > Index

Index I: Bases légales de référence

Numéro Abréviation Bases légales

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RS 910.1 LAgr Loi fédérale du 29.04.1998 sur l’agriculture (loi sur l’agriculture) RS 910.13 OPD Ordonnance du 07.12.1998 sur les paiements directs versés dans l’agriculture (ordonnance sur les paiements directs) RS 910.133 OCest Ordonnance du 29.03.2000 sur les contributions d’estivage RS 910.133.2 Ordonnance de l’OFAG du 29.03.2000 sur la gestion des exploitations d’estivage RS 910.14 OQE Ordonnance du 04.04.2001 sur la promotion régionale de la qualité et de la mise en réseau des surfaces de compensation écologique dans l’agriculture (ordonnance sur la qualité écologique) RS 910.91 OTerm Ordonnance du 07.12.1998 sur la terminologie agricole et la reconnaissance des formes d’exploitation (ordonnance sur la terminologie agricole) RS 912.1 Ordonnance du 07.12.1998 sur le cadastre de la production agricole et la délimitation de zones (ordonnance sur les zones agricoles) RS 913.1 OAS Ordonnance du 07.12.1998 sur les améliorations structurelles dans l’agriculture (ordonnance sur les améliorations structurelles) RS 919.118 Ordonnance du 07.12.1998 sur l’évaluation de la durabilité de l’agriculture RS 921.0 LFo Loi fédérale du 04.10.1991 sur les forêts (loi sur les forêts) RS 921.01 OFo Ordonnance du 30.11.1992 sur les forêts RS 922.0 LChP Loi fédérale du 20.06.1986 sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (loi sur la chasse) Canton du VS Ordonnance du 20.09.2000 sur l’octroi de contributions à l’exploitation agricole du sol pour des prestations en faveur de la nature et du paysage du canton du VS (451.102), art. 13 al. 4

74 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

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77 > Index

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Oppermann, R., Krismann, A. (2001): Naturverträgliche Mähtechnik und Roxburgh, S. H., Shea, K., Wilson, J. B. (2004): The intermediate Populationssicherung. BfN-Skripten 54, Bonn. 76 S. disturbance hypothesis: Patch dynamics and mechanisms of species coexistence. Ecology 85 (2): 359–371. Oppermann, R., Liczner, Y., Classen, A. (1997): Auswirkungen von Landmaschinen auf Amphibien und Handlungsempfehlungen für SBB (1998): Unterhalt der Grünflächen: Gräser und Gebüsche, Bern. 9 S. Naturschutz und Landwirtschaft. ILN-Werkstattreihe, Heft 4, ILN Singen.

119 S. Schenk, A. (2002): Akzeptanz von Bewirtschaftungsverträgen für

Trockenstandorte. Agrarforschung 9 (2): 44–49. Pearson, S., Schiess-Bühler, C., Hedinger, Ch., Martin, M., Volkart, G. (2006): Prairies et pâturages secs: exploitation. Fiche thématique. OFEV Schiess-Bühler, C. und H. (1995): Fördermassnahmen für Tagfalter im & AGRIDEA [(Ed.], Berne et Lindau. 8 p. Schaffhauser Randen. Schlussbericht des Tagfalterprojekts 1991–1995. Zoologisches Institut Zürich. 196 S. Pearson, S., Koller, N., Zürcher, D. (2002): Kantonale Beiträge für Natur­s chutzleistungen der Landwirtschaft nach Art. 18d NHG. BUWAL, Schiess-Bühler, C., Martin, M. (2008): Prairies et pâturages secs: Vollzug Umwelt. 93 S. Moutons et pâturages secs. Fiche thématique. OFEV & AGRIDEA [Ed.], Berne et Lindau. 8 p. Perrenoud, A., Känzig-Schoch, U., Wettstein, J.-B., Schneider, O. (2002): Vorschläge zur nachhaltigen Bewirtschaftung der Wytweiden des Schifferli, L. (1997): Brutvögel in unterschiedlich genutzten Kulturland­ Leubringenbergs BE (Les Prés-d’Orvin, Berner Jura). Technischer schaften. Mitteilungen der Naturforschenden Gesellschaft in Bern. Bericht. Arbeitsgemeinschaft «Gestion intégrée des pâturages boisés», Symposium «Naturschutz und Landwirtschaft»: 185–189. Biel, Ste-Croix, Corcelles. 51 S. Schlaepfer, F. (1995): Die Fiederzwenke (Brachypodium pinnatum Perrenoud, A., Känzig-Schoch, U., Schneider, O., Wettstein, J.-B. (2003): Beauv.) in Halbtrockenrasen. Aspekte des Lebenszyklus und Bestandes- Exploitation durable des pâturages boisés. Un exemple appliqué du Jura dynamik bei unterschiedlicher Bewirtschaftung. Diplomarbeit des suisse. Nachhaltige Bewirtschaftung von Wytweiden. Ein Fallbeispiel aus Instituts für systematische Botanik der Universität Zürich. 131 S. dem Schweizer Jura. Haupt, Berne. 235 p. Schlaepfer, F. (1997): Influence of management on cover and seed Perrenoud, A., Godat, S. (2006): Prairies et pâturages secs: entretien production of Brachypodium pinnatum (L.) Beauv. in a calcareous avec des chèvres. Fiche thématique. OFEV & AGRIDEA [Ed.], Berne et grassland. Bulletin of the Geobotanical Institute ETH 63: 3–10. Lindau. 4 p. Schläpfer, M., Zoller, H., Körner, Ch. (1998): Influences of mowing and Pezzatti, M., Rieder, P. (2001): Einfluss der Erschliessung auf die grazing on plant species composition in calcareous grassland. Botanica Agrarstrukturen im Alpenraum. Agrarforschung 8 (7): 282–287. Helvetica 108/1: 57–67.

78 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Schmid, W., Wiedemeier, P., Stäubli, A. (2001): Extensive Weiden und Von Wyl, B. (1987): Beitrag naturnaher Nutzungsformen zur Stabilisie- Artenvielfalt. Synthesebericht z. Hd. BLW/BUWAL. Agrofutura, Frick und rung von Ökosystemen im Berggebiet, insbesondere zur Verhinderung Sternenberg. 116 S. von Bodenerosion, Schweiz. Landw. For./Recherche agronom. en Suisse 26 (4): 405–464. Schneider, K., Walter, T. (2001): Fauna artenreicher Wiesen: Zielarten, Potenzial und Realität am Beispiel der Tagfalter und Heuschrecken. Walter, T., Schneider, K. (2000): Faunistische Grundlagen für Nutzungs-, FAL SR 39: 34–44. Schutz- und Unterhaltspläne von Trockenwiesen. Entwicklung einer Datenbank zur Ermittlung von Zoozoenosen. Im Auftrag des BUWAL und Scholl, G., Zundel, R. (1985): Brachland als Lebensraum. AID 91. 23 S. der ETH Zürich, Professur für Natur- und Landschaftsschutz.

Schumacher, W., Münzel, M., Riemer, S. (1995): Die Pflege der Kalkma- Wermeille, E. (1996): Entretien/exploitation des pelouses maigres gerrasen. Beihefte zu den Veröffentlichungen für Naturschutz und (Rhopaloceres). Rapport non publié sur mandat de l’OFEFP, Berne. 35 p. Landschaftspflege in Baden-Württemberg, 83: 37–63. Wilmanns, O. (1998): Ökologische Pflanzensoziologie. Eine Einführung in Siegrist-Maag, S., Suter, M., Lüscher, A. (2005): Bewirtschaftung und die Vegetation Mitteleuropas. UTB Uni-Taschenbücher Bd. 269. 5. Aufl. Jakobskreuzkraut – ein Zusammenhang? Agrarforschung 12 (09): Quelle & Meyer, Stuttgart. 479 S. 398–403. Willems, J.H., Peet, R.K., Bik, L. (1993): Changes in chalk-grassland Stampfli, A., Zeiter, M. (1999): Plant species decline due to abandon- structure and species richness resulting from selective nutrient ment of meadows cannot easily be reversed by mowing. A case study additions. Journal of Vegetation Science 4: 203–212. from the southern Alps. Journal of Vegetation Science 10: 151–164. Wipf, S. et al. (2005): Effects of ski piste preparation on alpine Stoll, W., Arrigo, Y., Chassot, A., Daccord, R., Kessler, J., Wyss, U. (2001): vegetation. Journal of Applied Ecology, 42: 306–316. Bedeutung artenreicher Wiesen als Futter. Schriftenreihe FAL Nr. 39: 108–114. Zaric, N., Koller, N., Détraz-Méroz, J. (2002): Guide des buissons et arbres des haies et lisières. Identification et entretien. SRVA Lausanne. Stuber, M., Bürgi, M. (2001): Agrarische Waldnutzungen in der Schweiz 114 p. 1800–1950. Waldweide, Waldheu, Nadel- und Laubfutter. Schweiz. Z. Forstwes. 152 (12) Zürich: 490–508. Zettel, J. (1997): Landwirtschaftlich genutztes Grünland als Lebensraum für Insekten. Mitteilungen der Naturforschenden Gesellschaft Bern, Feb. SVS, Schweizer Vogelschutz: Extensive Weiden. Landwirtschaft und 1997: 169–174. Natur-/Vogelschutz gemeinsam für einen vielfältigen Lebensraum. Broschüre des SVS, 8036 Zürich. 15 S. Zimmermann, R. (1979): Der Einfluss des kontrollierten Brennens auf Esparsetten-Halbtrockenrasen und Folgegesellschaften im Kaiserstuhl. Treier, U., Müller, H. (2001): Aspects of the population biology of Phytocoenologia, 5: 447–524. Veratrum album, University Fribourg.

Troxler, J. et al. (1998): La pâture mixte avec des ovins et des bovins. RAC. Revue suisse Agric. 30 (2): 53–56.

Troxler, J., Jans, F., Floch, C. (1990): Utilisation et entretien des zones marginales sèches par la pâture des ovins et des vaches allaitantes. II. Influence sur la végétation. Station fédérale de recherches agronomiques de Changins. Revue suisse Agric. 22 (4): 231–238.

Verbeke, W. (1990): Expériences de gestion dans un milieu naturel: Les pelouses calcaires de la partie belge de la Montagne Saint-Pierre. Dans: Actes du colloque «Gérer la nature?» Trav. Cons. de la Nat., Région Wallonne: 113–126.

Volkart, G. (2008): Prairies et pâturages secs: irrigation. Fiche thématique. OFEV & AGRIDEA [Ed.], Berne et Lindau. 4 p.

Volkart, G., Martin, M., Joehl, R. (2008): Fallstudie «Artenarme Trockenwiesen und -weiden: Wert und Aufwertung». BAFU, Bern. 52 S.

Völkl, W., Zwölfer, H., Romstöck-Völkl, M., Schmelzer, C. (1993): Habitat management in calcareous grasslands: effects on the insect community developing in flower heads of Cynarea. Journal of Applied Ecology, 30: 307–315.

79 > Index

Index III: Documents pour l’exécution

Documents Utilisations possibles

Fiche d’objet Disponibilité et valeur juridique Accessible sous forme électronique (www.bafu.admin.ch/pps-f), fait partie intégrante de l’ordonnance, selon l’art. 3 OPPS.

Contenu Le contenu des fiches d’objets concerne les informations de portée juridique des fiches d’objets partiels (voir ci-dessous). Les indications les plus importantes sont: > le plan détaillé avec le périmètre de l’objet et de l’objet partiel à l’échelle 1:10 000, > la proportion des groupements végétaux présents, > des indications relatives à des objectifs de protection spécifiques (particularités, espèces végétales).

Utilisation possible Base juridiquement contraignante pour l’exécution cantonale. Fiche d’objet partiel Disponibilité Les fiches d’objet partiel de chaque objet PPS ont été fournies aux services N+P dans l’année suivant la cartographie. Elles sont disponibles en format PDF.

Contenu Les informations des fiches d’objet partiel sont très détaillées. Ces fiches se distinguent des fiches d’objet PPS par: > la localisation et la description de la végétation: la végétation principale et la végétation adventice sont détaillées sur la base des espèces caractéristiques du point de vue écologique, > l’indication des espèces des LR observées, > la précision du type d’exploitation, > l’indication du degré d’embuissonnement, > l’indication des éléments structurels et limitrophes, de leur nombre et, partiellement, de leur qualité, > dans certains cantons, le plan d’ensemble cantonal sert de base à la carte. Certains plans d’ensemble comprennent aussi le parcellaire.

Utilisation possible Pour la mise en œuvre de mesures de protection et d’entretien spécifiques, p. ex. optimisation et entretien d’éléments structurels, description de la faune sur la base du degré d’embuissonnement, définition du périmètre de mise en œuvre avec prise en compte des unités d’exploitation, corapports, suivi cantonal, etc. Les fiches d’objets partiels ne sont pas juridiquement contraignantes. Elles n’ont qu’un caractère de recommandation. Vue d’ensemble au 1:25 000 Disponibilité Après l’achèvement de la cartographie dans un canton, les cartes de vue d’ensemble ont été remises au service cantonal N+P. Elles sont disponibles en format PDF.

Contenu Les cartes de vue d’ensemble se basent sur la carte topographique fédérale au 1:25 000. Elles présentent le périmètre de tous les objets cartographiés dans un canton dans le cadre du projet PPS de la Confédération. Les zones prospectées lors de la cartographie PPS ainsi que les objets cantonaux sélectionnés y sont indiqués.

Utilisation possible Les cartes offrent une bonne vue d’ensemble régionale. Elles peuvent être utilisées dans le cadre du processus de mise en œuvre, p. ex. lors de séances d’information. Banques de données Disponibilité Selon les directives de l’OFEV, les banques de données (Access/GIS) sont livrées sur demande avec une fiche technique et un contrat d’utilisation.

Contenu Toutes les données relevées et interprétées lors de la cartographie PPS.

Utilisation possible Les banques de données permettent de faire des mises en valeur comparatives spécifiques au canton. Avec la banque de données GIS, on peut faire des superpositions (p. ex. avec les contrats existants ou les zones protégées) et orienter la démarche de mise en œuvre de l’inventaire PPS.

80 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Documents Utilisations possibles

Liste des espèces cibles Disponibilité Version imprimée ou numérique.

Contenu Définition: espèces qui représentent l’objectif prioritaire des mesures de protection et d’entretien. Le choix des espèces cibles se fonde sur la liste des espèces prioritaires de la Confédération; ce sont des espèces pour lesquelles la Suisse porte une responsabilité internationale. La liste des espèces cibles comporte tous les groupes d’organismes pertinents (plantes vasculaires, bryophytes, lichens, abeilles, mantes religieuses, grillons, coléoptères, papillons, orthoptères, ascalaphes, reptiles, escargots, oiseaux). Il existe une banque de données nationale des espèces cibles ainsi qu’un extrait pour chaque canton. Celui-ci se base sur la division biogéographique de la Suisse.

Utilisation possible Instrument de protection des espèces. Une priorisation des espèces est possible. Listes des observations d’espèces Disponibilité cibles Les listes des observations d’espèces cibles ont été mises à disposition des services N+P sous forme numérique.

Contenu Liste des observations de toutes les espèces cibles signalées dans les objets PPS: > lors des relevés de terrain de la cartographie PPS, > dans les banques de données nationales (uniquement les espèces de la liste d’espèces cibles PPS signalées depuis 1980). La banque de données comporte des indications sur chacune des espèces et précise les mesures spécifiques de protection des espèces. Les mesures spécifiques de protection des espèces sont des mesures de valorisation d’une espèce cible qui vont plus loin que les mesures normales de protection du biotope. Pour chaque espèce cible, la liste précise si des mesures spécifiques de protection sont nécessaires et quelles sont les mesures recommandées.

Utilisation possible Les listes d’observations sont un instrument important pour la définition de mesures concrètes de protection et d’entretien, et plus particulièrement pour la définition des objectifs dans les sites prioritaires selon l’OPPS. Les listes permettent de fixer des priorités dans la planification de la mise en œuvre. Liste des observations de la Disponibilité cartographie PPS Les listes numériques des observations de la cartographie PPS ont été mises à disposition des services cantonaux N+P.

Contenu La liste des observations de la cartographie PPS rassemble toutes les plantes vasculaires relevées lors de la cartographie. Une telle liste est disponible pour chaque objet partiel.

Utilisation possible Base exhaustive pour le suivi et la mise en valeur. Indications sur la mise en œuvre Disponibilité Présentées sous forme de tableau, les indications sur la mise en œuvre ont été remises aux services cantonaux N+P dans l’année suivant la cartographie.

Contenu Ces indications ont été rédigées par les cartographes. Elles ne sont ni systématiques, ni exhaustives. Elles ont trait aux aspects suivants: > espèces animales observées, > sous-exploitation ou surexploitation, > plantes problématiques.

Utilisation possible Il est recommandé de consulter ces indications dans la phase de mise en œuvre et, le cas échéant, d’en tirer parti.

81 > Index

Documents Utilisations possibles

Indications sur les zones-tampon Disponibilité Les indications sur les zones-tampon de chaque objet partiel ont été mises à disposition des services cantonaux N+P sous forme de tableau au moment de l’entrée en vigueur de l’inventaire fédéral.

Contenu Recommandation donnée par les cartographes dans le cadre des relevés de terrain, portant sur la création, lors de la mise en œuvre, d’une zone-tampon pas exactement délimitée ou quantifiée à côté d’un objet partiel.

Utilisation possible Base pour la délimitation précise des objets. Le tableau portant ces indications ne libère pas les cantons du devoir d’examiner la nécessité d’une zone-tampon pour l’ensemble des objets. Dossier de singularité Disponibilité Un dossier a été établi pour chaque singularité et communiqué au service cantonal N+P.

Contenu Le contenu varie pour chaque singularité, selon les données disponibles. Le dossier contient généralement les informations suivantes: > données relevées par les cartographes et évaluation, > indications et évaluation complémentaires du service cantonal N+P, > extraits des banques de données CSCF et CRSF, > documentation et références bibliographiques, > copie des vues aériennes, > objectifs de protection, > recommandations pour la mise en œuvre, > recommandations pour le suivi.

Utilisation possible Pour les singularités, la Confédération prescrit des objectifs de protection très concrets, d’où découlent des indications précises pour la mise en œuvre. Les dossiers servent à concrétiser et à compléter ces indications. Ils sont également utiles pour le suivi. Copies des vues aériennes Disponibilité Le plus souvent, des vues aériennes de haute qualité ont été utilisées pour la cartographie des objets PPS. Les reproductions annotées de ces vues sont classées dans les archives centrales et des copies peuvent être commandées par les intéressés au prix coûtant (travail et matériel).

Contenu Les vues aériennes annotées sont des documents originaux issus de la cartographie. Elles donnent une vision optimale des conditions d’utilisation et de connexion des objets. Les limites (périmètres des objets partiels) y sont reportées, et si la cartographie n’a pas été effectuée, les raisons y sont indiquées.

Utilisation possible Les copies des vues aériennes donnent de précieuses indications pour définir le périmètre de mise en œuvre des objets et des sites prioritaires. De plus, elles servent à l’évaluation du potentiel de connexion et d’extensification. Liste d’évaluation Disponibilité Les données de l’évaluation et du classement ont été mises à disposition des services cantonaux N+P dans le cadre de l’audition.

Contenu La liste d’évaluation offre une vue d’ensemble de la valeur des objets d’un canton et de toutes les valeurs des évaluations partielles.

Utilisation possible La liste est un instrument précieux pour fixer des priorités lors de la planification de la mise en œuvre. Par ailleurs, les mesures de protection et de mise en œuvre peuvent s’inspirer des évaluations partielles. Ainsi, les points forts des objets peuvent être conservés de manière ciblée, les points faibles améliorés de la même façon. Enfin, les valeurs servent de références pour le suivi.

82 > Prairies et pâturages secs d’importance nationale. Aide à l’exécution de l’ordonnance sur les prairies sèches.

Documents Utilisations possibles

Rapport cantonal Disponibilité Après l’achèvement de la cartographie et de l’évaluation des objets d’un canton, la description de la procédure et les résultats ont été regroupés dans un rapport, remis au service cantonal N+P au cours de l’année suivant la fin des travaux.

Contenu Le rapport livre les principales données spatiales relatives à la nature et à l’exploitation, ainsi que des indications sur la procédure cantonale. Au premier plan figurent les résultats d’une exploitation statistique des données du relevé.

Utilisation possible Le rapport sert avant tout à informer les milieux politiques et les offices partenaires cantonaux. Il sert de base à l’information du public. Site internet PPS Disponibilité www.environnement-suisse.ch/pps

Contenu: > présentation du milieu naturel PPS, > menaces et protection, > résultats et statistiques de la cartographie PPS, > exemples de mise en œuvre de la protection des PPS, > rapports et articles à télécharger.

Utilisation possible Le site propose une bonne vue d’ensemble de la protection des PPS. Il convient en particulier à la formation et à l’information. Il permet en outre de consulter et d’imprimer les principaux rapports. Autres documents Méthode de cartographie PPS Publiée dans: Eggenberg S., Dalang T., Dipner M., Mayer C., (2001): Cartographie et évaluation des prairies et pâturages secs d’importance nationale. Rapport technique. Cahier de l’environnement n° 325. Ed.: Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP), Berne. 252 p. (a/f/i/angl.). Description de la méthode de cartographie, du concept des singularités et de 18 groupements végétaux.

Méthode d’évaluation PPS Publiée dans: Eggenberg S., Dalang T., Dipner M., Mayer C., (2001): Cartographie et évaluation des prairies et pâturages secs d’importance nationale. Rapport technique. Cahier de l’environnement n° 325. Ed.: Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP), Berne. 252 p. (a/f/i/angl.). Description de la méthode d’évaluation.

Fiches sur les thèmes suivants (disponibles sous www.bafu.admin.ch/publications) > protection des espèces, > lichens et champignons, > moutons et pâturages secs, > entretien avec des chèvres, > les PPS et la forêt, > Wildheu (uniquement en allemand), > singularités, > irrigation. Publications à paraître > lignes directrices pour les sites prioritaires

83 > Index

Index IV: Adresses Organisations agricoles

Offices fédéraux AGRIDEA (ancien LBL) Eschikon 28, 8315 Lindau Office fédéral de l’agriculture (OFAG) Tél. +41 (0)52 354 97 00 www.agridea.ch Secteur Programmes écologiques et éthologiques Mattenhofstrasse 5, 3003 Berne AGRIDEA (ancien SRVA) Tél. +41 (0)31 322 25 88 Jordils 1, Case postale 128, 1000 Lausanne 6 www.blw.admin.ch Tél. +41 (0)21 619 44 00 www.agridea.ch Office fédéral de l’environnement (OFEV) Association pour le développement de la culture fourragère (ADCF/AGFF) Service juridique 1 Reckenholzstrasse 191, 8046 Zurich (forêt, nature, paysage, chasse) Tél. +41 (0)44 377 72 53 Responsable du domaine: Christian Kilchhofer www.agff.ch Worblentalstrasse 68 Case postale, 3003 Berne Tél. +41 (0)31 324 93 06 Instituts de recherches www.environnement-suisse.ch Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) Section Espèces et biotopes Zürcherstrasse 111, 8903 Birmensdorf Nicola Indermühle Tél. +41 (0)44 739 21 11 Case postale, 3003 Berne www.wsl.ch Tél. +41 (0)31 325 06 12 E-mail: nicola.indermuehle@bafu.admin.ch Station de recherche Agroscope Changins-Wädenswil ACW (ancien RAC) Case postale 1012, 1260 Nyon 1 Tél. +41 (0)22 363 44 44 Banques de données / Coordination www.acw.admin.ch

Centre du réseau suisse de floristique (CRSF/ZDSF) Station de recherche Agroscope Changins-Wädenswil ACW (ancien RAC) CRSF-Genève Schloss, Case postale 185, 8820 Wädenswil Case postale 60, 1 chemin de l’Impératrice, 1292 Chambésy Tél. +41 (0)44 783 61 11 Tél. +41 (0)22 418 51 98 www.acw.admin.ch www.crsf.ch Station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF) (ancien RAP) Passage Maximilien-de-Meuron 6, 2000 Neuchâtel Rte de la Tioleyre 4, 1725 Posieux Tél. +41 (0)32 725 72 57 Tél. +41 (0)26 407 71 11 www.cscf.ch www.alp.admin.ch

Commission suisse pour la conservation des plantes sauvages (CPS) Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART (ancien FAL) CPS/SKEW Reckenholzstrasse 191, 8046 Zurich Domaine de Changins, Case postale 1012, 1260 Nyon 1 Tél. + 41 (0)44 377 71 11 Tél. +41 (0)22 363 47 28 www.art.admin.ch www.cps-skew.ch Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART (ancien FAT) Schweizerisches Zentrum für die Kartierung der Fauna (SZKF/CSCF) Tänikon, 8356 Ettenhausen voir CSCF (Centre Suisse de Cartographie de la Faune) Tél. +41 (0)52 368 31 31 www.art.admin.ch Zentrum des Datenverbundnetzes der Schweizer Flora (ZDSF) ZDSF-Bern Altenbergrain 21, 3013 Berne Tél. +41 (0)31 631 49 28 www. zdsf.ch