Informations générales à propos du sol
Informations générales à propos du sol
Informations générales à propos du sol
Remarque : Cette publication est un extrait des explications et informations générales du guide de l’environnement n° 10 « Construire en préservant les sols » de l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage (OFEFP, 2001) sur le thème du sol. Le guide de l’environnement n° 10 « Construire en préservant les sols » a été remplacé en 2022 par le module « Gestion respectueuse des sols lors de travaux de génie civil » de la nouvelle aide à l’exécution « Construire en préservant les sols ».
2 Sommaire
2.3 Les vers de terre
Le ver de terre (lombric) est considéré comme le travailleur de force parmi les animaux vivant dans le sol. En se basant sur des fouilles, Darwin a pu constater qu’en 2000 ans, l’activité des vers de terre ont permis de déplacer une couche de terre de plus d’un mètre d’épaisseur. En digérant, le ver de terre mélange intensivement la matière organique avec les plus petites particules minérales du sol pour former des complexes argilo-humiques stables, et contribue ainsi de manière importante à la formation de la structure du sol.
Les vers de terre sont hermaphrodites. Dans le clitelium (renflement circulaire de couleur claire chez les adultes), il se forme un cocon, ensuite déposé dans le sol, duquel écloront plus tard des vers de terre.
La cinquantaine d’espèces de vers de terre qu’on trouve chez nous sont classées en trois catégories selon leur mode de vie. Fig. 12 : Carabes avec leur larve (Taille entre 7 et 33 mm). Espèces épigées (p. ex. Dendrobeanea, Eiseniella, Mégafaune, Ø > 20 mm Eisenia foetida) (= cailloux = fentes de retrait, crevasses) Elles vivent dans la couche de litière peu décomposée, dans le compost et le fumier. Les On compte dans cette catégorie les gros ani- vers sont plutôt petits et minces, très vifs, maux, des gros coléoptères, escargots d’une couleur rougeâtre ou orange. L’élevage et vers de terre. Les petits mammifères vivant en masse de ces vers ne pose pas de problème. dans le sol (campagnols, taupes) appartiennent également à cette catégorie. Espèces endogènes (p. ex. Allolobophora, Octolasium, Nicodrilus au stade juvénile)
Elles vivent principalement dans la couche supérieure du sol et montent rarement à la surface. Ils se frayent un chemin de çi et de là en creusant et en avalant la terre. Le labour les ramène souvent en masse à la surface. Aussi des espèces anéciques comme le Lombric passent en partie leur stade juvénile sous forme endogène.
2 Le sol vit 9
Espèces vivant dans des galeries verticales (anéciques) (principalement les espèces Lumbricus et Nicodrilus)
Vers de grande taille et à forte pigmentation. Ils vivent dans une galerie verticale, qui atteint de très grandes profondeurs dans le soussol. Ces animaux se caractérisent par le fait qu’ils vont chercher leur nourriture (généralement de nuit) à la surface du sol pour la ramener dans leur galerie d’habitation.
Fig. 14 : L’étonnante activité de bioturbation des vers de terre. Lors d’inondations (24/25 août 1987), la Reuss à Seedorf (UR) a déposé une épaisse couche de sable. En quelques jours, des vers se sont frayé un chemin vers la surface à travers 1 mètre de sable. Les turricules sombres provenant du sol recouvert, riche en humus, se détachent nettement sur le sable clair.
Les vers sont actifs surtout pendant le printemps et l’automne, périodes fraîches et humides. Pendant la période sèche de l’été, ils s’enfoncent profondément dans le sous-sol qui reste humide. Durant cette saison, les inter- Fig. 13 : Ver de terre entraînant un fétu de paille. ventions culturales ont moins de prise sur eux.
Là, les parties coriaces et fibreuses des végétaux sont d’abord prédigérées par des microorganismes, puis consommées et digérées par le ver de terre à un stade partiellement décomposé. La substance organique avalée et mélangée intensivement avec la terre fine est excrétée sous forme de turricules.
Les vers de terre apportent donc la contribution la plus importante aussi bien pour la formation que pour l’aération et le drainage du sol. Leurs galeries forment des cheminements Pour plus de détails : prioritaires, riches en éléments nutritifs pour les racines. Les populations de vers de terre Consulter : peuvent être ménagées et favorisées surtout en Le sol vivant, J.-M. Gobat et al. collection Gérenonçant à épandre du purin non dilué cor- rer l’environnement, n° 14, PPUR, 1998. rosif et des herbicides, en laissant les restes de récolte au champ, ainsi qu’en pratiquant le travail du sol sans labour (semis direct).
10 3. Les types de sols
3 Les types de sols
Les facteurs de formation du sol : la roche- Coeffi- Vitesse Régime mère, la topographie, le climat, la végétation cient k d’écoulement hydrique et les organismes vivants dans le sol, ainsi que l’utilisation du sol par l’homme ont produit 10-1 cm/sec 3600 mm/h une grande variété de types de sol, qui for- 10-2 cm/sec 360 mm/h sec ment la mince couche intermédiaire entre la 10-3 cm/sec 36 mm/h partie minérale du globe terrestre (p. ex. la ro- 10-4 cm/sec 3,6 mm/h humecté che ou un sédiment meuble) et l’atmosphère. 10-5 cm/sec 0,36 mm/h Les types de sol sont définis selon des caracté- 10-7 cm/sec 0,0036 mm/h ristiques précises : matériau originel, succes- 10-8 cm/sec 0,00036 mm/h engorgé sion des horizons et régime hydrique identiques. Lorsqu’on parle dans un rapport d’un sol brun, d’un sol brun calcaire ou d’un podzol, Fig. 15 : Ce tableau présente les relations entre on indique le type de sol. En revanche, les ter- le coefficient K, la vitesse d’écoulement et le régime mes de sableux ou d’argileux qualifient la hydrique. nature granulométrique du sol [cf. chapitre 4 «la nature du sol»]. Le type de sol est donc déterminé largement par la pédogenèse du sol, 3.1 Les sols perla nature du sol et la roche-mère. méables Sous nos conditions climatiques, le régime de Les sols sont considérés comme perméables l’eau (classe I) joue le rôle principal dans la lorsque leur vitesse d’écoulement dépasse formation des sols (pédogenèse). Il est caractéri- 100 mm par jour, c’est-à-dire une valeur K de sé par la perméabilité. Il constitue donc le 10-4 cm/sec. Les sols perméables (lessivés) premier des sept degrés du système de classifi- se caractérisent généralement par un profil de cation des sols en Suisse. Les degrés suivants couleur uniforme brune à jaunâtre. Même de la classification sont déterminés par la quand les horizons («couches») du sol présenroche-mère (classe II), les constituants chimi- tent des couleurs différentes, des taches de ques et minéralogiques (classe III), le lessivage rouille ou des colorations grises sont absentes. d’éléments et de particules (classe IV) et le degré d’expression des caractéristiques du Les sols bruns profil (classe V). Finalement, la classification tient compte des caractéristiques importantes sont de coloration jaunâtre à brune. Ces colopour la croissance des plantes, telles que la rations proviennent du fer oxydé. L’oxydation
profondeur utilisable par les racines, la capaci- n’est possible qu’en présence d’oxygène. Les té de stockage de l’eau et la teneur en éléments sols bruns sont donc bien aérés, généralement nutritifs (classe VI). La dernière étape (classe profonds. Ils sont très répandus dans les zones VII) tient compte de facteurs du milieu climatiques tempérées de notre Plateau et de comme l’exposition, la végétation et l’utilisa- nos Préalpes et font partie des terres arables tion du sol. fertiles.
La perméabilité d’un sol est indiquée par Les régosols (sols bruts) le coefficient de perméabilité K (voir fig. 15 et chapitre 8). sont moins développés que les sols bruns. Ils sont plutôt superficiels. Par sa couleur, l’horizon supérieur (horizon A) se distingue clairement du matériau originel non altéré (horizon C). Il manque une couche de transition ou couche d’altération intermédiaire (horizon B). C’est pourquoi, ce type de sol est également qualifié de sol A/C.
3 Les types de sols 11
Les sols bruns lessivés
3.3 Les sols
se distinguent des sols bruns par le lessivage et l’accumulation des particules d’argile dans hydromorphes les couches profondes du sol (horizons d’élu- Les sols hydromorphes sont soumis de manièviation et d’illuviation). re périodique ou constante à l’influence d’apports d’eau extérieure. Cet apport peut Les podzols s’effectuer latéralement dans une pente (gleys de pente) ou par l’élévation du niveau de sont des sols acides fortement lessivés, qui ne la nappe phréatique (battement) dans les plaifixent pratiquement pas d’éléments nutritifs; nes. ils sont par conséquent des sols pauvres. On trouve les podzols principalement sur des Les gleys roches à base de silice (granite ou gneiss) sous les forêts de résineux des Alpes. sont des sols qui sont engorgés par des écoulements latéraux ou des fluctuations des nappes phréatiques. L’eau amenant également du
3.2 Les sols engorgés calcaire dans la plupart des cas, les gleys, contrairement aux pseudogleys, ne s’acidifient
pas. La couche supérieure est souvent de cou- Les sols engorgés, ou insuffisamment perméa- leur sombre (paratourbeuse) tandis que le bles, se caractérisent par une perméabilité frei- sous-sol saturé d’eau présente des tons allant née à très restreinte. Des taches de couleur du gris-noir et gris-vert au bleuâtre, en raison peuvent indiquer une percolation légèrement de la réduction des fers. entravée, tandis que les sols imperméables, dans des climats très pluvieux, sont saturés Du fait qu’ils se trouvent constamment saturés d’eau pratiquement jusqu’à la surface. L’hori- d’eau, les gleys sont des sols très délicats. zon engorgé se trouve dans la couche du profil Les éléments nutritifs aboutissent très rapidecolonisable par les racines. ment dans un milieu saturé d’eau et peuvent ainsi mettre en danger la nappe phréatique. Les pseudogleys Une utilisation agricole intensive de ces sols est toujours problématique. sont des sols qui sont momentanément gorgés d’eau d’infiltration en raison d’une couche colmatée ou d’une granulation fine. La zone 3.4 Les sols alluviaux d’engorgement temporaire peut être repérée dans le profil grâce aux taches de gley typiques (taches de rouille) et aux concrétions noires de Les sols alluviaux manganèse. Les pseudogleys se rencontrent fréquemment dans les régions pluvieuses. Leur sont limités à de petites zones proches des mise en valeur par l’agriculture n’est possible cours d’eau qui sont périodiquement inondées que de manière limitée. par des cours d’eau non-corrigés. Dans les sols alluviaux, les couches de matériaux amenés par chaque inondation sont identifiables dans le profil. On ne trouve pratiquement plus en Suisse de sols alluviaux régulièrement inondés, excepté dans les forêts riveraines.
12 3. Les types de sols
3.5 Les sols hydromorphes organiques
Les sols tourbeux sont bien de couleur noire, mais ne sont pas à confondre avec les chernozems (terres noires), qui n’existent pas en Suisse. Les sols organiques doivent leur teinte foncée à la présence des humines. En l’absence d’oxygène, la décomposition des débris végétaux ne peut pratiquement pas se faire, ce qui provoque la formation de la tourbe. Dans ce milieu acide et pauvre en oxygène, des fragments de plantes et des arbres entiers se sont conservés pendant des siècles. Les bas-marais et les tourbières élevées dans leur état naturel ne se rencontrent plus que rarement chez nous.
Lorsque les sols organiques sont drainés, ils sont faciles à mettre en culture et ils sont généralement exploités de manière intensive (cultures maraîchères). Suite au drainage et à l’aération qui en résulte, la masse organique se met à se décomposer rapidement. Ce processus entraîne le tassement de la tourbe (affaissement des tourbes) et la mise en circulation de grandes quantités de nitrates par minéralisation.
Pour plus de détails :
Consulter :
Cartographie et estimations des sols agricoles, les cahiers de la FAL, n° 24, 1997. Cartographie des sols, J.-P. Legros, PPUR, 1996.
4 La nature du sol 13
4 La nature du sol
Lorsqu’on classifie le matériau dont est consti- Répartition simplifiée de la nature tué le sol, comme par exemple un limon très des sols dans le triangle de texture sableux ou une argile limoneuse moyennement silteuse, on caractérise la nature du sol. Celle-ci est définie par les proportions exprimées en pour-cent d’argile, de silt et de sable, c.-à-d. par la granulométrie de la terre fine minérale. Il s’agit de toutes les particules du Argiles sol ayant un diamètre inférieur à 2 mm. Les particules minérales du sol ayant un diamètre de plus de 2 mm font partie de la pierrosité (sables fins et grossiers, cailloux, pierres). La nature du sol influence les caractéristiques tac- Sols argileux lourds tiles d’un sol. Sols limoneux Sols Pour caractériser la nature du sol, sur la base moyens silteux moyens de la répartition des fractions granulométri- Sols sableux ques de la terre fine, on utilise ce qu’on appel- Sable légers Silt le le triangle de texture. Les pourcentages des fractions suivantes sont placées sur la grille de lecture : Classification de la nature du sol: Argiles % Silts % Argiles (A) (Ø de la particule < 0,2 µm) Silt (U) (Ø de la particule 0,002 - 0,05 mm) Sols argileux lourds Sable (S) (Ø de la particule 0,05 - 2 mm) Argile limoneuse 50 - 40 < 50 Ces pourcentages ont été préalablement mesu- Limon argileux 40 - 30 < 50 rés au laboratoire ou évalués par le test tactile. Silt argileux 50 - 30 > 50 Sols silteux moyens 100 % Argiles Silt limoneuse 30 - 10 > 50 0 % Silt Silt sableux < 10 50 - 70 0 % Sable s ile Sols limoneux moyens Arg ilts nS Limon 30 - 20 < 50 ee en Limon sableux moyen 20 - 15 < 50 ant te iss san % Sols sableux légers cro 50 % roi eur s rc Limon sableux léger 15 - 10 < 50 ten eu ten Sable limoneux 10 - 05 < 50 Sable silteux 10 - 05 15 - 50 ble 0 % Si Sa les 50 % 0 % Argi 0 %% Ar lt Selon la teneur en Silt, on peut encore subdiviser 10 0 % Silt teneur croissante en Sables Sa giles 0% ble les types de sols en: Faiblement silteux < 15 Moyennement silteux 15 - 35 Fig. 16 : Triangle de texture [3]. Le point d’inter- Fortement silteux 35 - 50 section des lignes de pourcentage permet de définir la nature du sol selon une classification simplifiée. Fig. 17: Le schéma et le tableau ci-dessus permet- Dans l’exemple (•), il s’agit donc d’un sol li- tent une caractérisation plus détaillée de la nature
moneux moyen. Classification détaillée: sol limo- du sol sur la base de la répartition des fractions neux moyennement silteux. granulométriques.
14 4. La nature du sol
L’argile est un constituant important du sol.
4.1 L’argile (A) Avec la substance organique décomposée, elle
forme ce qu’on appelle les complexes argilohumiques (grumeaux), qui jouent un rôle im- Sous le terme d’argile dans le sens pédologi- portant pour la nutrition des plantes et pour la que, on comprend la fraction minérale la plus stabilité structurale. En raison de sa capacité à fine du sol. Le diamètre de ses particules se gonfler et à se rétracter, l’argile contribue à situe au-dessous de 2 µm, c.-à-d. au-dessous de l’ameublissement naturel du sol et à son aéra- 0,002 mm. Cette définition ne doit pas être tion. Les racines empruntent de préférence ces confondue avec les termes de géologie et de fentes de retrait pour cheminer vers les prominéralogie décrivant soit des minéraux argi- fondeurs. Malgré leur apparence compacte, les leux, soit des roches argileuses sous les termes sols argileux sont biologiquement actifs et aéd’ «argile(s)». L’argile a la propriété de gonfler rés en profondeur. avec l’eau et de se rétracter en séchant (fentes de retrait). De plus, l’argile peut, grâce à sa Une proportion trop élevée d’argile pénalise grande surface spécifique et à ses charges néga- le travail du sol et limite les utilisations. En sétives, retenir et échanger des ions de différents chant, la terre argileuse durcit rapidement et éléments (cations). L’argile peut migrer dans forme des mottes compactes. Pour faciliter le l’horizon B; cela se manifeste par des envelop- travail du sol, il faut assurer le développement pes d’argile autour des pierres et aux surfaces d’une structure adéquate par l’entretien de la de rupture des agrégats du sol (caractéristique teneur en humus et la stimulation de l’activité typique des sols bruns lessivés). biologique. Un travail trop intensif du sol, particulièrement avec des instruments animés qui brisent ou émiettent les mottes, accentue les effets négatifs des sols argileux sur la croissance des plantes.
Fig. 18 : Une particule d’argile sous microscope électronique (grossie env. 10’000 fois). La structure en plaquettes des argiles est parfaitement reconnaissable. Fig.19 : Des mottes grossières et compactes d’un sol argileux labouré en automne sont exposées au gel hivernal (émiettement par effet de gel).
4 La nature du sol 15
Propriétés mécaniques Les sols argileux ressuyés sont extrêmement durs et portants. Avec l’augmentation de l’humidité, les sols argileux deviennent plastiques et déformables et sont très sensibles aux atteintes mécaniques (sensibilité à la compaction).
Test tactile Détrempée, l’argile donne une sensation collante. Humide, elle est plastique et modelable. Plus les dépôts adhérants sur la paume de la main sont faibles, plus la teneur en argile est élevée.
Test du modelage Si l’échantillon humide peut être modelé en Fig. 20 : Particules de silt vues au microscope, un boudin de diamètre inférieur à 2 mm sans grossies env. 1000 fois. se briser, la teneur en argile est alors supérieure à 30%. A l’état sec, il est plus difficile d’estimer Propriétés mécaniques la teneur en argile des sols. Des agrégats très argileux sont difficiles à défaire lorsqu’ils sont Les sols silteux couverts de végétation sont resecs. lativement stables et bien perméables. Lorsqu’ils sont détrempés, ils sont sensibles au pas- Test à l’ongle sage des machines. Les sols riches en silt sont généralement sensibles à l’érosion, dès qu’ils Si en étalant la terre, on obtient une surfa- sont excavés ou entassés. Ils sont également ce lisse et brillante, elle contient plus de 40% souvent pauvres en humus et en argile. Le d’argile. manque de stabilité de la structure qui en résulte doit être compensé par une stabilisation biologique adéquate (couverture permanente,
4.2 Le silt (U) fixation par les racines). Le travail du sol doit
être réduit au minimum.
Le silt est également un constituant fin du sol. Le diamètre des particules se situe entre 2 et 50 µm, ou 0,002 et 0,05 mm. Par exemple, les loess contiennent en règle générale beaucoup de silt, car ils ont été déposés par le vent (dépôt éolien). Les régions de loess typiques en Suisses ont : Möhlinerfeld (BL) et les collines de Wallbach (AG). Des sédiments meubles peuvent être également riches en silt (Vallée du Rhin saint-galloise).
Le silt n’a pas les propriétés physiques du gonflement et du retrait, ainsi que dans une large mesure les propriétés chimiques (échange d’ions) caractéristiques de l’argile.
16 4. La nature du sol
4.3 Le sable (S)
Le sable est la fraction minérale granulométrique la plus grossière de la terre fine (Ø 0,05 à 2 mm). Les sols sableux sont meubles et perméables, peu stables et peu structurés. Grâce à la taille des particules, les sols sableux sont rarement menacés d’asphyxie, même en cas de pressions élevées, car les espaces interstitiels (pores grossiers) sont à peine modifiés. Les sols sableux ressuyent vite, même après une forte sollicitation mécanique; c’est pour cela qu’ils sont très appréciés, en particulier pour les cultures maraîchères précoces, malgré leurs propriétés négatives (sensibilité à la sécheresse, pertes en éléments nutritifs).
Fig. 21 : Sol de loess sous maïs conventionnel, sol nu (couverture végétale partielle) et croûté. Avec une pente faible, le risque d’érosion est déjà élevé.
Test tactile Détrempé, le silt donne une sensation glissante et savonneuse. Humide, le silt n’est plastique et déformable que de façon limitée. Il est graisseux sur la paume de la main.
Test du modelage Humide, le silt peut être modelé en une boule de 2 à 5 mm de diamètre qui se désagrège lorsqu’on exerce une légère pression. A l’état sec, le silt est mou, velouté au toucher (comme de la farine fleur). Les agrégats contenant du silt sont relativement faciles à défaire. Fig. 22 : Sable (divers minéraux mélangés). Test à l’ongle L’image est grossie env. 10 fois.
La surface étalée est lisse à fendillée, mais pas granuleuse.
4 La nature du sol 17
Propriétés mécaniques Test du modelage Les sols sableux sont, comparés à d’autres sols, Si l’échantillon humide ne peut pas être momoins sensibles à des opérations de génie civil delé pour former une boule d’env. 10 mm de et des travaux d’excavation. L’effet d’un ameu- diamètre, la proportion d’argile est inférieure à blissement mécanique (par un sous-solage) 10%. La boule se défait rapidement, même de sols sableux compactés est de courte durée, sans pression. lorsque la proportion d’argile est inférieure à 12-15%. C’est pourquoi il faut toujours l’asso- Test à l’ongle cier à une mise en herbe qui les stabilise. La surface étalée se présente sous forme plus ou moins rugueuse et granuleuse suivant l’importance de la fraction sableuse. Cette surface est toujours matte.
Fig. 23 : Sol sableux (alluvial) à l’état naturel. La stratification des sables plus grossiers ou plus fins, résultant des épisodes successifs de déposition, est nettement reconnaissable.
Test tactile Pour plus de détails : Qu’il soit détrempé ou sec, le sable donne généralement une sensation rugueuse. Une Consulter : proportion importante de sable dans le sol li- FAL, IUL, FAW et RAC, Méthodes de référence mite la cohésion de sorte que les agrégats sont des stations fédérales de recherches agropeu ou pas présents. nomiques, Zurich - Reckenholz (mise à jour annuelle). Au toucher, à l’état humide, la fraction de silt grossier peut à peine être distinguée de la Guide des analyses en pédologie, Denis Baize, fraction de sable fin. INRA Editions, 2000.
Un truc pratique: le sable de plus de 0,05 mm de Ø crisse fortement sous les dents.
18 5. La structure du sol
5 La structure
du sol Les différentes particules (sable, silt et argile) de la fraction minérale fine du sol sont arrangées et liées entre elles plus ou moins fortement dans chaque sol. La structure résulte toujours des facteurs de formation du sol, en particulier du type de sédiments, du climat, du régime hydrique et des réactions chimiques.
Le terme de structure du sol se rapporte donc toujours à la couche meuble du sol, mais jamais à la roche-mère ou aux matériaux non altérés.
5.1 Structures primaires (structures au Fig. 24 : Structure prismatique, typique
sens étroit du terme) des sols argileux.
Chaque sol présente une structure qui lui est La structure polyédrique propre, surtout dans ses horizons non travaillés. Nous distinguons trois types de struc- résulte également de processus de fissuration. ture : La structure polyédrique est difficile à différencier de la structure prismatique. Elle est fré-
Structures différenciées : particules agré- quente dans la couche supérieure travaillée gées et for- des sols riches en argile. Si les fragments polyémes distinctes driques sont de petite taille, la structure est bonne.
Structures compactes : formes compactes et soudées La structure en feuillets
• Structures particulaires : particules non liées, juxtaposées (non structurées)
Les structures différenciées La structure prismatique
L’apparition de fentes de retrait induit la formation continuelle de nouveaux fragments, clairement délimités, avec des angles vifs.
Fig. 25 : Ce sont surtout les sols silteux qui présentent une structure en feuillets, avec des fentes horizontales.
5 La structure du sol 19
Les structures massives et compactes se distinguent des structures particulaires par le fait que les particules (surtout le sable et le silt) sont soudées ensemble plus ou moins fortement, et forment des blocs lorsqu’on travaille le sol. Les couches ayant une structure compacte sont difficilement colonisées par les racines (mauvais état structural, cf. p. 59).
Fig. 27 : Structure particulaire
5.2 Mottes et assemblages (structure
secondaire) Une structure secondaire (mottes) plus ou moins marquée apparaît dans la couche superficielle du sol, grâce à l’action des racines et de Fig. 26 : Les structures compactes peuvent être ac- la pédofaune, à celle du travail du sol, de la tives du point de vue biologique et très fertiles transformation de la matière organique et de lorsque leur texture et leur assemblage sont favora- la formation de l’humus, et grâce à la formables (régions de loess). tion de complexes argilo-humiques. Cette structure exerce une influence positive ou né- Les structures particulaires gative en tant que support pour la croissance des plantes et contribue ainsi à déterminer sa sont caractéristiques des sols sableux légers, fertilité. pauvres en argile et en humus. Le sol se défait naturellement en petites particules même Les mottes lorsqu’il est encore légèrement humide (dépend de la taille des particules). Une bonne structure améliore l’aération du sol, ce qui favorise entre autres un réchauffement rapide du sol, de même qu’une meilleure infiltration de l’eau, permettant une meilleure migration des éléments nutritifs. De plus, une structure saine offre des niches et un cadre de vie à la pédofaune. Une structure grumeleuse favorise la croissance des racines. Le travail du sol est plus facile. Plus la structure des mottes est développée, plus grande est sa surface interne et par là sa capacité de rétention.
20 5. La structure du sol
Le grumeau
Ce type de motte caractérise les sols légers à moyens; les grumeaux arrondis ont un diamètre de 2 - 5 mm.
Fig. 29 : Fragments polyédriques
Les assemblages Le travail intensif du sol pour les cultures donne naissance à un mélange de mottes, de Fig. 28 : Grumeaux fragments et de blocs qui évolue d’année en année. Les fragments polyédriques et anguleux
ont des angles vifs et une surface de rupture lisse. C’est la forme de mottes typique aux sols argileux. Elle est due au gonflement et au retrait de l’argile. La prédominance de fragments polyédriques de petite taille dans des sols argileux est un signe de bon état structural.
En revanche, la prédominance des fragments anguleux est signe d’un mauvais état structural. On distingue le fragment anguleux par l’absence d’enveloppe humique, sa surface toujours lisse et sa résistance à la rupture.
Fig. 30 : Les assemblages avec grumeaux prédominants présentent de nombreuses biocavités et ils sont à classer dans les bonnes structures.
5 La structure du sol 21
Les structures compactes en blocs
Les blocs sont durcis et compacts et, en raison de l’absence de pores, dépourvus d’activité biologique à l’intérieur. Les efforts nécessaires au travail du sol augmentent parallèlement avec la dégradation de la structure du sol.
Fig. 31 : Les assemblages avec des fragments grumeleux dominants contiennent moins de cavités bioactives, et par conséquent en général une moins bonne distribution des cavités. Les fragments grumeleux se forment sous l’action des outils de travail du sol dans un sol mal ressuyé. L’état structural est tout juste satisfaisant.
Mauvais état structural Fig. 32 : Les blocs résultent souvent de l’émiettement par les machines d’un sol trop mouillé. Les structures anguleuses fines résultant d’un travail du sol trop intensif et inadéquat ne Les structures spéciales sont pas favorables et elles réduisent la fertilité du sol. Elles favorisent la battance, la forma- Elles sont souvent le signe d’erreurs d’exploition de croûtes, l’érosion et le colmatage. Elles tation, principalement d’un affinement mécasont dépourvues d’enveloppes humiques. nique (émiettage, tamisage) trop prononcé. Elles favorisent la battance, le croûtage, l’éro- Les assemblages avec fragments an- sion et le colmatage. Les particules fines n’ont guleux prédominants pas d’enveloppe humique.
Ces assemblages de taille et de forme fortement variables ne présentent quasiment aucune biocavité. Les cavités sont mal réparties. Ce mauvais état structural est caractérisé par l’absence des enveloppes humiques et l’apparence des fragments (collages).
Pour plus de détails :
Consulter : Le sol, R. Flückiger et al. Centrale des moyens d’enseignement agricole, Zollikofen, 1994.
22 6. Les pores du sol et la porosité
6 Les pores du sol
et la porosité Les espaces vides entre les particules solides du sol sont au moins aussi importants que ses 6.1 Masse volumique particules. On parle donc de système poral du sol et on mesure la porosité d’un sol exprimée apparente et densité en pourcentage du volume total. réelle En fonction de la nature du sol, le volume oc- On obtient la masse volumique apparente cupé par les composants solides croit avec d’un sol (A) en prélevant dans le sol, avec un l’augmentation de la grosseur des particules. cylindre dont le volume est connu, un échan- En revanche le volume poral total décroît. tillon intact, en le séchant au four à 105°C et en le pesant [cf. chapitre 8]. La masse volumi- Volume des composants : que apparente, dénommée également en pé- Sable ≥ Limon ≥ Silt ≥ Argile dologie «densité apparente» et autrefois couramment utilisée, dépend de l’espace poral Volume poral total : d’un sol à l’état humide (volume poral). En rè- Argile ≥ Silt ≥ Limon ≥ Sable gle générale, elle s’accroît avec la profondeur.
La densité réelle (Dr) est le rapport entre la masse volumique sèche des constituants solides du sol et la masse volumique d’un volume d’eau égal au volume des constituants solides séchés du sol considéré. La densité réelle dépend donc de la granulométrie de la fraction minérale, ainsi que de la teneur en humus du sol.
La masse volumique s’exprime en g/cm3 ou Mg/m3 de sol et la densité est un nombre sans dimension; elles se situent dans les limites suivantes :
Masse volumique apparente A/Densité apparente : Sols minéraux 1.10 - 1.80 Mg/m3 Valeurs courantes 1.30 - 1.50 Mg/m3 Sols tourbeux entière- env. 0.15 Mg/m3 ment organiques Fig. 33 : Lame mince d’un grumeau en lumière incidente sous microscope. Les espaces poraux ap- Masse volumique réelle/Densité réelle : paraissent en blanc. Sols minéraux 2.60 - 2.75 Mg/m3 Sols moyennement à 2.40 - 2.65 Mg/m3 Dans la couche non travaillée du sol, c.-à-d. faiblement humiques au-dessous de 25-30 cm, la porosité totale, Quartz 2.65 Mg/m3 le volume des pores varie entre 35% (dans les Substance organique env. 1.40 Mg/m3 sols minéraux pauvres en humus et tassés), humifiée et plus de 80% du volume du sol (tourbe). Un Matière organique non < 1.50 Mg/m3 sol sain devrait avoir un volume poral de 50%. décomposée (sols tourbeux) Des atteintes résultant de l’exploitation du sol (semelle de labour, compactages par des machines de récolte) ou suite à des interventions de génie civil peuvent exercer une influence considérable sur le volume et la répartition des pores.
6 Les pores du sol et la porosité 23
La reconstitution du réseau de pores est assu-
6.2 Espace poral: les rée dans les sols biologiquement actifs et se
pores et leur répartition met en place immédiatement après le travail du sol (p. ex. labour) avec le processus du rafdans le sol fermissement. L’activité de la faune du sol est un facteur central de la création des pores. Ce Chaque sol, en fonction de son type (pédo- sont surtout les vers de terre qui créent des pogenèse), de sa texture (nature du sol) et de sa res grossiers qui sont utilisés préférentiellestructure, est caractérisé par un espace poral ment par les racines. Dans les sols argileux, ils et une répartition des pores en classes de po- se forment grâce à l’assèchement qui provoque rosité. la formation des fentes de retrait.
0 cm
Profondeur
100 cm 0% Volume 100%
Substance minérale Matière organique Pores fins < 0,2 m = Eau liée (pas disponible pour les plantes) Fig. 35 : Les galeries des vers de terre représentent Pores moyens-fins des cheminements préférentiels pour les racines. 0,2 - 10 m = Eau difficilement disponible pour Une partie importante de ces pores précieuses sont les plantes (Capacité au champ utile) cependant détruites par le passage de machines Pores moyens-grossiers lourdes sur un sol trop humide. 10 - 50 m = Eau disponible pour les plantes (Capacité au champ utile) La formation de nouveaux pores se concentre dans la couche superficielle, biologiquement Pores grossiers active, c.-à-d. dans la couche du sol habitée par les organismes et colonisée par les racines. Cette couche présente donc une bonne capa- Fig. 34 : Le schéma représente la répartition des cité de régénération, contrairement au sous-sol pores par classe de grandeur à différentes profon- qui est biologiquement moins actif. deurs pour un sol limoneux humique, labouré, et leurs parts au volume du sol. Le volume des pores grossiers (>50 µm) correspond au volume disponible pour l’air (dans la couche labourée 0 à 20 cm, ce volume est plus élevé). La somme des pores moyens-grossiers et fins correspond à la capacité au champ utile, c.-à-d. à la quantité d’eau disponible pour les plantes, soit à l’eau s’infiltrant lentement et à l’eau stockée.
24 6. Les pores du sol et la porosité
Pour assurer une bonne perméabilité et l’aération d’un sol, il est nécessaire qu’une certaine continuité de l’espace poral (connectivité) existe, et ceci jusque dans les couches profondes du sol. Les sols biologiquement actifs en profondeur sont souvent très fertiles.
La taille des pores encore colonisables par les racines s’étend jusqu’au bas du domaine des pores grossiers fins. Les pores moyens grossiers peuvent être encore explorés par les mycèles, des mycorhizes ou des actinomycètes par exemple, mais plus par le système racinaire des plantes vasculaires.
Fig. 37 : Les traces de passage sur le sol sont certes inesthétiques, mais de loin pas aussi graves que des compactages du sous-sol.
Le compactage concerne en premier lieu le réseau des pores grossiers. Les couches du soussol étant plus compactes et par conséquent présentant moins de pores grossiers à comprimer, le sous-sol paraît plus portant, parce que les machines lourdes y laissent moins de traces. Les compactages en sous-sol ne se régénèrent pratiquement pas. La portance d’un sous-sol est réduite, ceci d’autant plus si l’humidité du sol est élevée; il est alors fortement menacé de compactage. Fig. 36 : Flexion horizontale des racines suite à un compactage dû au labour d’un sol trop humide. Les semelles de labour peuvent empêcher totalement la progression des racines. Elles sont souvent si compactées que leur régénération naturelle prend plus d’une année.
6 Les pores du sol et la porosité 25
Tant que l’eau se déplace par gravité, elle se
6.3 Régimes de l’eau trouve dans le domaine des pores grossiers. Les
ports grossiers fins freinent l’écoulement de et de l’air: la taille des l’eau gravitaire. pores Pores moyens Les pores naturels d’un sol sont en règle générale classés selon leur taille en trois classes Les pores moyens, Ø 0,2 - 50 µm, retiennent principales: les pores grossiers, moyens et fins. l’eau en s’opposant à son infiltration par gra- La porosité totale et les parts de chaque classe vitation dans le sol. Le volume des pores de taille au volume total des pores varient moyens forme ce qu’on appelle la capacité au en fonction de la nature et de la structure du champ (utile) d’un sol, le réservoir d’eau des sol, de la pierrosité, de l’activité biologique, plantes. de la masse volumique et de la végétation en place. La proportion de pores moyens d’un sol est déterminée d’une part par la nature du sol Ce système de pores est modifié par le travail (granulométrie). D’autre part, ces pores sont du sol, le décapage et la manutention des créés et renouvelés par l’activité de la faune et matériaux terreux. Les galeries verticales conti- microfaune, ainsi que des radicelles des plannues formées par les vers de terre, par exem- tes. ple, ainsi que les fentes de retrait, sont détruites; d’autres, en particulier si le sol est très La compaction du sol peut augmenter la prohumide, sont écrasées. A court terme, il se portion des pores moyens au détriment des forme une structure appelée secondaire, avec pores grossiers. C’est pourquoi les sols comune grande part de cavités artificielles, qui pactés se ressuyent en règle générale beaucoup s’effondrent de nouveau en grande partie en plus lentement. raison du phénomène de raffermissement naturel qui suit, en particulier dans les sols sa- Les sols sableux forment une exception. Dans bleux et silteux, pauvres en argile. Ces cavités ce cas, la taille des espaces intermédiaires est ne sont pas des pores dans le sens décrit ci- déterminée par la taille des particules du sol dessous. (granulométrie). Les sols de sables grossiers ne peuvent par conséquent pas devenir imper- Pores grossiers méables suite à un compactage. Etant donné qu’ils ne contiennent que peu ou pas du tout Grâce à la taille des pores grossiers (> 50 µm), de pores moyens, ils ne peuvent retenir l’eau l’eau peut s’infiltrer dans le sol. L’eau excéden- et forment un type de sol séchard et peu fertile
taire est évacuée gravitairement (force de pour les plantes. succion < 0,1 bar) des couches supérieures du sol par le réseau des pores grossiers pour re- Dans les pores moyens, l’eau est retenue comjoindre ainsi la nappe phréatique. Par les pores me dans une éponge, avec une force de sucgrossiers, l’eau peut s’infiltrer rapidement et cion entre 0,1-15 bars; ces pores servent de entraîne de l’air dans le sol. Les pores grossiers réservoir à eau pour les plantes. L’eau est alors ont une fonction d’aération identique aux facilement disponible avec une force de sucpoumons. cion de 0,1-1,0 bar. A partir de 1-15 bars, sa disponibilité est faible et elle est appelée eau Ce sont surtout les pores grossiers créés natu- d’absorption ou eau capillaire. rellement (galeries des vers de terre, canaux des racines, fentes de retrait), qui pénètrent verticalement très profondément, qui sont à l’origine de la fertilité naturelle élevée des sols profonds.
26 6. Les pores du sol et la porosité
Pores fins Dans les pores fins, Ø < 0,2 µm, se trouvent d’une part l’eau hygroscopique, c.-à-d. l’eau en équilibre avec la pression atmosphérique de l’air ambiant, et d’autre part l’eau liée chimiquement ou de manière cristalline, qui peut être extraite du sol uniquement au four à des températures supérieures au point d’ébullition. Ces eaux résiduelles inutilisables sont fixées trop fortement pour être disponible pour les racines des plantes cultivées (force de succion supérieure à 15 bars).
Niveau
Ménisques d’eau Zone aérée
Eau capillaire Fig. 38 : Représentation
Frange schématique des formes de l’eau stockée dans le sol.
Dans la zone du sol saturée par une nappe
Nappe Eau libre phréatique, quasiment tous les pores du sol sont remplis d’eau (eau du sol sans tension).
Dans la frange capillai- Particules du sol avec pores moyens et fins re, l’eau remonte audessus du niveau de la nappe phréatique dans Pores grossiers remplis d’air le sol, grâce à la force capillaire (eau capillaire Pores remplis d’eau sous tension).
Dans la zone supérieure aérée du sol, l’eau est maintenue dans les espaces vides entre les particules les plus fines, grâce à sa propre tension super- Pour plus de détails : ficielle (ménisques). Consulter : Physique du sol, Musy et Soutter, PPUR, 1991
7 La portance du sol 27
7 La portance
du sol La portance d’un sol dépend fortement de son Le comportement au état d’humidité. Plus un sol est humide, moins ressuyage d’un sol grande est sa capacité de charge maximale mécanique. Plus les particules d’un sol sont fi- Pour juger de la portance d’un sol, on doit nes, plus ce sol se prête à une déformation tenir compte de son comportement au resplastique. Une perte notable en pores grossiers suyage. est liée à cette déformation. Plus le sol est compacté profondément, moins cette atteinte à la structure peut se régénérer. A Etant donné que la proportion de pores dans le volume du sol varie fortement selon la nature du sol, la mesure de la masse volumétrique d’eau n’est pas un instrument valable pour juger de la portance d’un sol. Il vaut beaucoup mieux observer l’état de ressuyage d’un sol avant de pratiquer une intervention planifiée B ou d’y passer avec des machines.
7.1 Conductivité
ou perméabilité du sol La rapidité avec laquelle un sol se draine dépend en premier lieu du volume des pores C grossiers et de leur distribution. Les sols situés sur un matériau sous-jacent très perméable (p. ex. du gravier) sont par leur nature déjà très perméables, et sont également classés en tant que sols lessivés verticalement [cf. aussi Fig. 39 : Différence de comportement au ressuyachapitre 3 «Type de sol»]. ge entre un sol perméable (à gauche) et un sol engorgé (à droite). La perméabilité (K), également nommée conductivité, est la plus élevée lorsque le sol est A Après une période de sécheresse : la couche susaturé d’eau. C’est pourquoi le processus perficielle du sol est ressuyée dans les deux cas. de drainage se ralentit à mesure que le sol se Le sous-sol (à droite) est engorgé par l’acressuie. La perméabilité (K) ne dépend pas seu- cumulation de l’eau dans sa partie inférieure. lement de la proportion de pores grossiers, mais également de leur continuité jusque dans B Après une période de pluie : la couche superfiles couches profondes du sol. Ces pores d’aé- cielle du sol est saturée dans les deux cas. A ration et d’infiltration sont certes toujours gauche, le sous-sol se met à recevoir de l’eau par reformés par les vers, les racines et les fentes le haut, tandis qu’à droite, il est déjà complède retrait, mais ils sont détruits ou du moins ment saturé. A gauche, l’eau excédentaire pénèinterrompus par le compactage du sous-sol, tre par les pores grossiers dans le sous-sol, tanpar lissage, en particulier lors d’un labour dans dis qu’à droite le niveau de la nappe s’élève. un sol trop mouillé. C Le soleil reparaît : l’eau s’évapore. A gauche comme à droite, la couche superficielle du sol paraît ressuyée. Dans le cas d’un sol perméable (à gauche), l’eau continue de s’écouler dans les profondeurs, de sorte que le sous-sol commence à se ressuyer. A droite, le sol reste humide, car il est engorgé.
28 7. La portance du sol
Unité de mesure
7.2 Mesure de la force
de succion ( ⌿) dans le La tension est indiquée en cm de colonne sol en Pascal ou en bar.
Le degré de ressuyage peut être mesuré avec 1Cb (Centibar) = ce qu’on appelle la force de succion. L’appareil 10-2 bar = 1 kPA = 10 hPa = 10 cm H2O = pF 1 de mesure le plus répandu est le tensiomètre, qui est aussi utilisé p. ex. pour le pilotage automatique de systèmes d’irrigation et d’installations d’arrosage.
10 Cb
Il n’y a pas de tension Eau à écoulement dans un sol en état de gravitaire rapide saturation hydrique (comme c’est le cas Eau facilement par exemple dans Pores grossiers disponible à la nappe phréatique). Ø > 50 m écoulement lent Dès que l’eau s’écoule 60 Cb en profondeur, s’éva- Pores moyens- Eau difficilement grossiers disponible pore ou est utilisée Ø 10 - 50 m par les plantes, en résumé que des cavités du sol (pores) se sont Pores moyens-fins vidées de leur eau, Ø 0.2 - 50 m
1500 Cb
il se forme un phéno- Pores fins Eau liée mène physique dit Ø < 0.2 m indisponible force de succion (pression inférieure à la Fig. 40 : La zone ombrée pression atmosphéri- indique que les pores que). pF 1 pF 1.8 pF 2.5 pF 4.2 sont remplis d’eau. La zone ressuyée comprend Cette force de succion le domaine allant de (⌿) est souvent mesurée de manière unitaire pF 1,0 (saturée) à pF 4,2 (point de flétrissement à une profondeur de 35 cm pour la détermina- permanent), elle figure en gris clair et son étendue tion de la portance. [Des détails pratiques sur varie avec le diamètre des pores. L’eau de la zone la mise en service du tensiomètre se trouvent dans située < 6 cbar est appelée eau gravitaire. Entre le chapitre 8, ainsi que sous (4) et (5)]. 6 et 60 cbar, l’eau est facilement disponible pour les plantes. De 60 cbar à 1500 cbar environ (= point de flétrissement permanent), l’eau retenue est difficilement disponible pour les plantes.
7 La portance du sol 29
7.3 Relation entre le
poids, la surface de portance et la transmission Poids: 2 t Pneus: 40 cm Poids: 4 t Pneus: 80 cm de la pression [5] de largeur Pression: de largeur Pression: La pression sur la surface de portance (pres- 1 bar 1 bar sion au sol) d’un véhicule à chenilles se calcule à partir de son poids total divisé par la surface de contact. Dans des cas particuliers (p.ex. surfaces irrégulières du sol), on peut mesurer des pressions à la surface de contact sous les chenilles qui peuvent s’élever à 1,5 fois celles qui ont été estimées.
Pour un véhicule à pneus, l’approximation suivante pour 2 bars de pression intérieure des pneus est applicable: Fig. 41 : Le modèle simplifié des rouleaux montre la transmission de la pression des roues dans la Charge des roues (kg) x 100 profondeur du sol. Les particules du sol affectées Pression à la surface de contact (kPa) = d’une unité de poids sont indiquées en gris de manière à démontrer la propagation de la pression Diamètre des jantes (cm) x largeur des pneus (cm) en profondeur. Malgré une pression au sol identique, la propagation de la pression atteint à droite Pour des pneus radiaux, la surface de contact une plus grande profondeur en raison d’une charge peut être estimée avec la formule suivante: (poids total) plus élevée.
Surface de contact (cm 2 ) = diamètre des pneus (cm) x largeur des pneus (cm)
7.4 Force de succion
x 0,27 (⌿ ) et intervention des machines [4, 5] Règle applicable pour tous les types de vé- Au-dessous d’une force de succion de 10 cbar hicules : la pression au sol (= poids total/sur- (= pF 1), on ne peut plus circuler sur le sol. A face de contact) est supportable pour le sol partir d’un pF de 2,5, on peut circuler sur le lorsqu’elle se trouve au-dessous de 50 kPa = sol avec des machines de chantier équipées de 0,5 bar. chenilles, légères à moyennement lourdes. Des machines particulièrement lourdes peuvent être mises en service sans mesures de protection particulières uniquement à partir d’un pF de 2,8.
La limite exacte de mise en service, c.-à-d. la force de succion admissible à partir de laquelle on peut circuler sur un sol, peut être calculée pour un véhicule à chenilles de la manière suivante :
Limite d’utilisation (Cb) = Poids total (t) x Pression au sol (bar) x 1,25
30 7. La portance du sol
Nomogramme: Limites d’utilisation des machines de chantier
60 centibars 30 centibars Limite d’utilisation (Cb) 15 centibars
Pression au sol (bar) 80 centibars 0.40 40 centibars 20 centibars 0.1 10 centibars
0.01 1 10 30 100 Poids total (t) Limite d’utilisation [Cb] = Poids total [t] x Surface de contact [bar] x 1.25
Exemple: Poids total 30 Tonnes Pression au sol 0.4 bar Limite d’utilisation 15 centibars
Fig. 42 : On peut lire la force de succion minimum directement sur ce nomogramme. Exemple : une machine d’un poids total de 30 t et d’une pression au sol de 0,4 bar peut être mise Charge des roues > 3.5 t dommageable en service sans mesure particulière de protection à au sol partir d’une force de succion de 15 cbar. Charge des roues 2.5 - 3.5 t critique pour le sol Une mise en service de véhicules à pneus Charge des roues < 2.5 t ménage le sol, légers qui ménage le sol n’est garantie qu’à à condition que la partir d’une force de succion >25 cbar. force de succion Pour les véhicules à pneus, on peut évaluer pression à la surle risque des atteintes portées aux sols en te- face de contact nant compte de la charge de la roue: < 0,5 bar.
8 Les méthodes d’analyse 31
8 Les méthodes
d’analyse Ce chapitre décrit quelques méthodes de ter- tration sur le terrain prend au moins 4 heures rain relativement faciles à appliquer. La plu- dans le cas où le sol est déjà pratiquement part d’entreelles ont fait leurs preuves depuis saturé avant la mesure. Quelques infiltromèlongtemps. Dans la pratique, elles sont sou- tres sont décrits ci-après. vent décriées au lieu d’être utilisées correctement. Comme le sol est tout autre qu’homo- L’infiltromètre à double gène et que dans l’espace le plus restreint cylindre on trouve les compositions et les consistances les plus diverses, on doit procéder à plusieurs Le double cylindre est fiché verticalement mesures, resp. prélever plusieurs échantillons dans le sol à une profondeur de 10 cm et rempar site et/ou par horizon pédologique pour pli d’eau. On mesure un temps d’infiltration obtenir des valeurs fiables. constant (après que le taux de saturation ait été atteint) pour un niveau d’eau défini dans Ce chapitre offre en premier lieu une vue d’en- l’anneau central, à l’aide d’une tige graduée, semble. Il ne prétend en aucun cas être ex- montée sur un flotteur. L’anneau externe haustif. L’application des méthodes est l’affaire rempli d’eau est destiné à limiter la diffusion des spécialistes du sol et d’un laboratoire du latérale et permet de maintenir un flux vertical sol reconnu. Les méthodes sont normées et dé- de l’eau du cylindre central, en particulier crites en détail dans des manuels de référence dans les sols peu homogènes. [4, 5, 6, 7, 8, 9]. Tige graduée Outre les instruments de contrôle classiques, Niveau d’eau avec flotteur nous présentons et décrivons brièvement au point 8.5 quelques expériences de terrain simples et démonstratives. Ces méthodes se prêtent surtout à des démonstrations lors d’exercices pratiques sur le terrain.
8.1 Mesure de la
capacité d’infiltration La capacité d’infiltration d’un sol donne des renseignements importants sur sa qualité en externe Zone centrale externe tant que support pour les végétaux. Elle est très fortement influencée par des atteintes mécaniques, en particulier par le compactage. Fig. 43 : Coupe d’un infiltromètre à double cylindre L’observation de la capacité d’infiltration prend toute son importance lorsqu’il s’agit L’infiltromètre LBL d’évaluer d’éventuels dégâts du sol avant (état initial) et après (contrôle ultérieur) des inter- Cet appareil facile d’emploi se prête particuventions de génie civil. Elle sert à contrôler la lièrement à la démonstration de l’hétérobonne facture de la remise en place des sols généité de la perméabilité au champ. Grâce au (remblais, remises en culture). diamètre fortement réduit du tube de mesure par rapport au tube enfoncé dans le sol, on Au champ : peut mettre en évidence la rapidité d’infiltration également pour des taux d’infiltration La mesure des taux d’infiltration, c.-à-d. de la faibles. quantité d’eau qui s’infiltre dans le sol pour une durée donnée prend beaucoup de temps. Comme les taux constants ne sont obtenus qu’à saturation d’eau du sol, un essai d’infil-
32 8. Les méthodes d’analyse
Le perméamètre de Guelph Cet appareil est originaire du Canada et son utilisation pratique est peu répandue chez nous. Tube de plexiglas gradué
Pièce de réduction avec manchon de raccordement Fig. 44 : Schéma d’un infiltromètre LBL pour la démonstration au Tuyau d’acier à bord champ inférieur aiguisé
Lors de l’utilisation de cet appareil, il faut veiller aux points énumérés ci-dessous : Fig. 45 : Contrôle de la perméabilité d’un rehaussement de terrain important à l’occasion d’une
1 Le sol doit être préalablement saturé, soit le campagne de terrain de l’IATE/EPFL (Al Carcale
jour avant d’effectuer la mesure, ainsi 1994) près de Gordola (TI). qu’env. une heure avant de faire la mesure au champ. Un système à deux chambres permet de maintenir constante la pression d’accumulation
2 Le tuyau d’acier doit être enfoncé verticale- entre le réservoir d’eau et la zone de lecture
ment, ce qui peut poser des problèmes des résultats, laquelle montée sur un trépied, dans un sol caillouteux. On couvre le tuyau se trouve à une hauteur commode. Le tube d’une planchette solide en bois dur et on d’infiltration est maintenu à une profondeur l’enfonce à au moins 5 cm de profondeur constante. Toutefois celle-ci peut être modifiée. dans le sol, si possible en tapant avec un maillet. Une tarière spéciale permet de forer la couche du sol qu’on veut étudier. Des différences 3. Colorer l’eau à l’aide de colorants alimen- de perméabilité dans le profil peuvent être aintaires pour améliorer la démonstration (visi- si mises en évidence. L’utilisation de cet insbilité dans le tube de verre). trument nécessite également un investissement en temps élevé pour sa mise en place et On estime qu’une compaction est avérée lors- pour les mesures. De plus ces instruments sont que la valeur médiane de 5 mesures pour coûteux à l’achat et fragiles. (sondage à la tarière) En sol ressuyé, on creuse à la tarière un trou (p.ex. 8 cm de diamètre et 50 cm de profondeur). Ce faisant, il faut éviter de lisser la paroi et le fond du trou. Le trou est rempli d’eau. Suite à cela, le niveau d’eau dans le trou est
8 Les méthodes d’analyse 33
mesuré à certains intervalles (p.ex. après 5, 10, Un sol est considéré comme étant compacté 15, 20, 25 et 30 minutes). A l’aide de la loi lorsque la valeur médiane de cinq mesures ksat de Darcy (1856) on peut calculer sur la base de sont inférieures à 10-6 m/s ~10-4 cm/s ~ 4mm/ ces mesures faites au champ la conductivité h ~ 10 cm/ jour [5]. hydraulique (valeur K). Selon la loi de Darcy, la quantité d’eau écoulée q, également appelée En laboratoire : vitesse de filtration, est proportionnelle au gradient hydraulique i du potentiel hydrauli- La mesure de la conductivité que total : hydraulique saturée (ksat) q=-ki On prélève au champ plusieurs échantillons de sol non remaniés dans ce qu’on appelle des Le signe négatif signifie que le flux hydrauli- cylindres de prélèvement (voir ci-après 8.3). que a lieu dans le sens contraire du gradient. Les échantillons sont saturés au labora-toire. Le facteur de proportionnalité K s’appelle Ensuite, on détermine la quantité d’eau conductibilité hydraulique, il est désigné par écoulée à l’aide de ce qu’on appelle un perksat en cas de saturation. On calcule le gradient méamètre pendant une durée de mesure déterà partir de la modification du potentiel total minée, à partir de laquelle on peut déduire la hydraulique H sur la distance prise en considé- conductibilité hydraulique saturée (ksat). ration dz :
dH dz Cette conductibilité est évaluée selon les classes suivantes [6,8] : Classification selon la méthode Autre classification adaptée PYZYL-WD - FAL (6) selon proposition FaBo ZH (8) ksat ksat Classe de Etat Type de sol m/s mm/h perméablité d’humidité Selon l’horizon le moins perméable
> 3.5 10 -5 > 126 très extrêmement sol totalement Classe de perméabilité élevée, élevée perméable aéré perméabilité rapide 3.5 10 -5 126 très très sol totalement à à élevée perméable aéré 1.2 10 -5 43 1.2 10 -5 43 élevée assez sol totalement Classe de perméabilité normale, à à perméable aéré perméabilité normale 4.6 10 -6 17 (10 -5 à 10-6 m/s; 4 à 40 mm/h) 4.6 10 17 normale perméable sol totalement à à aéré 2.9 10 -6 10 2.9 10-6 10 ralentie perméable sol totalement à à avec aéré 1.2 10 -6 4 retard 1.2 10 -6 4 entravée faiblement sol à Classe de perméabilité entravée, à à mouillé pseudogley perméabilité ralentie 4.6 10-7 1.7 (10 -6 à 10 -7 m/s; 0.4 à 4 mm/h) 4.6 10 -7 1.7 faible mouillé pseudogley à à 1.2 10 -7 0.4 < 1.2 10 -7 <0.4 très très gley pâle Classe de perméabilité faible, faible mouillé perméabilité très faible
34 8. Les méthodes d’analyse
Les tensiomètres se trouvent sur le marché
8.2 Mesure de la force dans les exécutions les plus diverses. Mais le
de succion principe de fonctionnement est le même pour tous. Si le sol n’est pas saturé, la tension entre l’intérieur de la bougie en céramique et le Le tensiomètre sol qui l’entoure crée une dépression qui peut être lue sur un manomètre (force de succion Contrairement à toutes les autres méthodes de en centibars). Les appareils équipés d’une comesure sur le terrain tels que la résistance à lonne de mercure sont certes plus précis, mais la pénétration, la résistance au cisaillement et représentent un risque potentiel pour l’envila teneur en eau, la force de succion permet ronnement (bris de l’appareil) et sont plus déindirectement une estimation fiable de la por- licats à installer. tance d’un sol. La chute de pression peut être relevée égale- Couvercle vissé ment de manière très précise à l’aide d’instruments digitaux. On introduit une aiguille Joint étanche d’injection à travers la membrane de fermeture. La dépression se transmet par la canule à l’appareil de mesure. Après un certain nombre de piqûres, la coiffe de caoutchouc perd de son étanchéité et doit être remplacée. C’est pourquoi ce type d’instruments est surtout Manomètre adapté aux études scientifiques.
Normes d’emploi
Colonne d‘eau En Suisse, la mesure de la force de succion a été fixée à la profondeur de 35 cm [4, 5]. On installe 5 tensiomètres en ligne par placette de mesure, à env. 50 cm les uns des autres. Il est préférable de relever les valeurs tôt le ma- Tube tin, simultanément sur les divers sites d’obser- Fig. 46 : Sché- vation. La valeur médiane du site est détermima d’un née chaque fois à partir des 5 mesures. tensiomètre à manomètre Installation des tensiomètres Bougie de céramique Il est capital que la bougie du tensiomètre ait un bon contact avec le sol qui l’entoure et que ni l’eau ni l’air ne puissent pénétrer le long du tube. Pour le mettre en place, on fore au préalable un trou ayant exactement le diamètre du tensiomètre à l’aide d’une tarière ou d’un extracteur, en particulier dans les sols pierreux. On utilisera un peu de terre fine excavée et humectée pour faciliter l’insertion du tube et le contact de la bougie avec le sol. Le sol est ensuite pressé à la main en surface autour du tube pour prévenir les infiltrations.
8 Les méthodes d’analyse 35
Sources d’erreur (une réaction lente peut indiquer des dégâts dus au gel), ainsi que le retour complet de Il est possible que dans la zone de la bougie il l’aiguille du manomètre sur zéro lorsque la se forme une accumulation locale d’eau bougie est plongée dans l’eau. ou que l’air pénètre par une fente de retrait ou entre des cailloux. Dans les deux cas, la valeur relevée sur cet appareil serait fort différente de celles des autres appareils. Dans ce cas, l’appareil incriminé doit être réinstallé. Le gel dans le sol cause généralement des dégâts au manomètre. C’est pourquoi il faut ajouter de l’antigel pour de courtes périodes de transition.
Entretien correct
Outre la lecture quotidienne des valeurs, on doit surveiller le niveau d’eau dans le tube. En particulier l’été, par force de succion élevée, il faut en général remettre de l’eau chaque jour. C’est de l’eau dégazée, c.-à-d. portée à ébullition, qui convient le mieux. Pour améliorer le contrôle, on ajoute volontiers un Fig. 47 : Tensiomètres à manomètre de différentes colorant très soluble et inoffensif, comme la longueurs. fluorescéine. Contrôles complémentaires A la fin de la période de mesure, les instru- au champ ments sont soigneusement nettoyés et débarrassés du mucus des algues et des bactéries En plus des tensiomètres installés à des points qui se trouve à l’intérieur du tube et dans la fixes, on peut aussi tester à n’importe quel zone du couvercle. Les bouchons de fermeture endroit la force de succion à l’aide d’un appafendillés doivent être remplacés et les bougies reil manuel à lecture rapide (Quick-Draw). Il endommagées changées. faut utiliser ces mesures rapides non pas en remplacement, mais en complément du réseau A l’aide d’un appareil de contrôle (pompe à de mesure fixe existant. L’utilisation du vide équipée d’un manomètre), on vérifie soi- Quick-Draw exige un entretien minutieux (engneusement le fonctionnement du mano- lever l’air tous les jours) et ne donne des rémètre. Il est important que la réaction soit vive sultats fiables que s’il l’on respecte les intervalles de temps prescrits par le fabricant. Non utilisé, l’appareil doit être toujours conservé dans un récipient de protection saturé d’eau. On recommande de n’utiliser que de l’eau distillée ou déminéralisée, bien dégazée.
36 8. Les méthodes d’analyse
Une fois le cylindre retiré, on ôte la terre qui
8.3 Mesure de dépasse du cylindre en la tranchant avec
la masse volumique un couteau, et on pèse le sol resté dans le cyapparente ( A) lindre. S’il faut déterminer seulement la densité et la teneur en eau, l’échantillon peut être p. ex. pris également horizontalement dans Pour obtenir la masse volumique apparente la paroi d’un profil. En revanche, il est impéradu sol (également appelée en pédologie densi- tif de ne pas prendre l’échantillon horizontaté apparente f) au champ, différentes métho- lement pour la mesure de la perméabilité, resp. des sont à disposition. de la répartition des pores [voir 8.1].
L’échantillonnage avec Prise d’échantillons un cylindre (échantillon non re- verticale (prise d’échantillons en manié) escalier) Le système le plus simple consiste à prélever de la terre avec un cylindre de volume connu (p. ex. 100/500/1000 ml), équipé d’une gaine Prise d’échantillons de direction, qui est enfoncé verticalement horizontale (prise dans le sol avec un marteau et ensuite retiré d’échantillons dans la paroi du profil) soigneusement du sol avec son contenu, sans colmater la surface de l’échantillon.
Surface du sol
Anneau de support, équipé d’une gaine de guidage et poignée servant à enfoncer le cylindre.
Fig. 49 : Représentation schématique de la prise d’échantillons dans un profil creusé en escalier. En pratique, il faut naturellement prendre plusieurs échantillons au niveau de chaque horizon. Les Gaine de guidage compactages et les lissages éventuellement causés montée sur par l’excavation mécanique du profil doivent être la plaque à poser au préalable soigneusement éliminés. sur le sol. Traitements ultérieurs en laboratoire Fig. 48 : L’illustration représente un équipement L’échantillon non remanié peut être soumis d’échantillonnage de 100 ml. à d’autres mesures en laboratoire (p. ex. volume poral total, répartition des pores, conductivité hydraulique saturée, etc). Dans ce cas, l’échantillon doit être conservé dans le cylindre (en règle générale, il s’agit de cylindres de volume plus petit et fermés hermétiquement pour que les échantillons ne sèchent pas).
8 Les méthodes d’analyse 37
Détermination de A
La masse volumique apparente se calcule à partir du poids sec pour le volume du cylindre 3 et est exprimée en règle générale en g/cm3. Pour la détermination du poids sec, l’échantillon est séché pendant plusieurs heures à Pesée du sol 1 34 567 105 o C au four. prélevé Inconvénients
Cette méthode n’est utilisable que dans des 1 sols à faible pierrosité ou dépourvus de Plaque de cailloux. Pour obtenir des résultats valables, il sol à ouverture faut examiner un grand nombre d’échan- circulaire tillons (hétérogénéité du sol). C’est pourquoi 2 cette méthode demande passablement de temps et de matériel.
Le densitomètre à membrane La densité apparente humide d’un sol peut être déterminée au champ avec la méthode dite du densitomètre à membrane. L’avantage de cette méthode réside dans le fait qu’elle livre immédiatement des résultats relativement Mesure du précis. volume d’eau déplacé Densité apparente avec l’humidité au 4 champ = le rapport entre le poids de l’échantillon de terre extrait et le volume d’eau dé- Eau placé dans l’appareil. excédentaire
Volume d’eau remplissant l’excavation Membrane
Fig. 50 : Illustration des étapes d’un prélèvement avec un densitomètre à membrane.
38 8. Les méthodes d’analyse
Procédure
8.4 Mesure de la
1 On fixe une plaque (plaque à ouverture circulaire) sur la surface à échantillonner, bien
résistance à préparée et égalisée. la pénétration
2 On prélève un peu de terre par l’ouverture La résistance à la pénétration d’un sol peut
ronde. se mesurer de différentes manières. Il existe un grand choix d’appareils à lecture directe 3. L’échantillon de terre ainsi prélevé est dépo- comme à enregistrement graphique, ou digisé sur un plateau de balance et pesé. tal, des valeurs.
4 Le densitomètre à membrane rempli d’eau Le système
et fermé à sa base par une membrane statique (pénétromètre en caoutchouc est installé sur la plaque à à dynamomètre) ouverture circulaire. On enfonce dans le sol, en s’efforçant de
5 L’eau est chassée du cylindre à l’aide de la maintenir une pression constante, la tige de
pompe. Lorsque la pression prescrite est mesure, à l’extrémité de laquelle est vissée une atteinte, on relève le volume d’eau déplacé. pointe avec un angle d’incidence et une section connue. Le dynamomètre met en mou- On exécute souvent encore au champ, en vement une roulette graduée sur laquelle les même temps que la prise et la pesée du maté- valeurs doivent être relevées. Des appareils riel d’extraction, le tamisage grossier (Ø > 2 plus sophistiqués disposent d’un mécanisme mm) pour déterminer la fraction des pierres et d’inscription, qui enregistre continuellement du gravier, de sorte qu’on n’apporte au labo- la résistance d’après la charge du dynamomèratoire que la fraction de terre fine pour des tre, sur une bande de papier se déroulant au examens complémentaires (granulométrie, pa- fur et à mesure. ramètres chimiques).
Le poids de l’échantillon peut également être déterminé au laboratoire, c’est pour cela que les échantillons sont soigneusement emballés.
La reproductibilité des conditions d’échantillonnage est assurée à l’aide du manomètre monté dans l’appareil. La méthode est relativement simple à maîtriser. La limite de son emploi se trouve dans les horizons très minces (épaisseur inférieure à 5 cm).
Inconvénient de la méthode
Prend passablement de temps (env. 1 jour/ profil).
8 Les méthodes d’analyse 39
Percuteur
Enclume Nombre de coups
Mesure métrique Profondeur
Fig. 51 : Voici un exemple de deux bandes de Pointe mesure (pénétrogrammes) directement enregistrées avec quelques mesures. A gauche : Champ labouré dans une région de loess, la zone de com- Fig. 52 : Le schéma présente une sonde à percuspactage due au travail du sol (15-25 cm de pro- sion simple. La représentation de la résistance à la fondeur) est clairement reconnaissable. A droite : pénétration se fait sous la forme d’histogrammes. pénétrogramme effectué dans une prairie naturelle. La résistance à la pénétration de la surface du On remonte le percuteur le long d’une tige sol est considérablement plus élevée. A partir de métal jusqu’au butoir et on le laisse retomde 15 cm, les pierres empêchent de continuer les ber sur l’enclume. Le nombre de coups némesures. cessaires pour une unité de pénétration définie (p. ex. 2 cm) est enregistré. La représentation Le système dynamique graphique s’appelle un histogramme. Comme (sonde à percussion) l’énergie dépensée à chaque coup (poids du percuteur x hauteur de chute) et le poids de la Ce test repose sur le principe connu et éprou- partie immobile de l’appareil sont connus, le vé de longue date de la foreuse à percussion résultat peut être également transformé et [7], la sonde étant simplement beaucoup plus indiqué en unités tirées de la mécanique des petite. Ce système réagit de manière moins sols comme le STP (Standart Penetration Test) sensible aux pierres et à la sécheresse. [7]. Des appareils à percuteur fixe existent également.
La sonde dite PANDA [9] représente encore un autre système. Il s’agit d’un appareil de mesure au champ portable (fig. 53).
40 8. Les méthodes d’analyse
On procède à dix mesures par site, à des intervalles de 10 cm, jusqu’à une profondeur de 0,5 Marteau m. Les mesures se font dans un sol ressuyé, à des forces de succion d’au moins 15 à 55 centibars au maximum. Le taux d’humidité du sol Unité supérieure pour la au moment des mesures est déterminé avec un mesure de la vitesse de frappe tensiomètre (cf. 8.2). Câble Le degré de compaction jusqu’à une profondeur de 0,5 m est évalué à l’aide de la courbe de la valeur médiane ou de la valeur moyenne Ruban des résistances à la pénétration obtenues, exde mesure primées en mégapascals (MPa) [5]. Tige Ordinateur Résistance à Degré de compaction, Glissières la pénétration : densité : < 2 MPa non compacté, densité normale Unité inférieure pour la 2.0 - 3.5 MPa compacté, densité élevée mesure de la profondeur > 3.5 MPa fortement compacté, de pénétration densité très élevée
Lorsque la courbe dépasse à une certaine profondeur ou sur une certaine zone de profondeur les valeurs limites de 2,0, resp. Pointe de la sonde Sol 3,5 Mpa, le sol est considéré comme étant compacté, resp. fortement compacté.
Fig. 53 : Représentation schématique de la sonde PANDA et de ses composants [9]. 8.5 Démonstrations Le principe de base repose sur une tige de sonau champ dage enfoncée dans le sol à coups de percu- Outre les méthodes de terrain décrites ci-desteur. On obtient la résistance à la pénétration sus, qui traitent principalement de la physique en déterminant la vitesse de frappe. Dans des sols, il existe toute une série d’expériences l’unité supérieure du système, la durée de par- qui sont particulièrement adaptées à la décours d’un aimant se déplaçant entre deux monstration au champ. senseurs entre chaque coup de percuteur est mesurée. L’indication de la profondeur de pé- Influence de la pression nétration est mesurée dans l’unité inférieure des pneus du système, ce qui permet de calculer la résistance à la pénétration pour chaque coup de On fait passer un tracteur sur un champ qui percuteur, la section du cône et la masse du vient d’être labouré. Une des roues de arrière percuteur, de la tige et du cône étant connues, est normalement gonflée, la pression de l’autre grâce à une formule programmée dans la mé- est réduite d’env. 1/3. Puis on enfonce dans moire active incorporée. Ces valeurs sont éga- le sol perpendiculairement à la trace du traclement automatiquement enregistrées et mé- teur une plaque de tôle et on décalque la forme morisées. de la trace sur la tôle en sprayant. La différence de forme et de profondeur des deux traces est généralement considérable. Du côté de la roue gonflée, c’est le sol qui cède; en re-
8 Les méthodes d’analyse 41
vanche le pneu dégonflé est «plus tendre des mottes de la couche supérieure du sol apque le sol», il s’étale et répartit le même poids proximativement de la même dimension. sur une surface beaucoup plus grande. Les blocs de sous-sol sont en général plus durs et plus difficiles à briser. On dépose simultané- Semelle de labour ment une motte de chaque couche dans un et perméabilité verre rempli d’eau. Le sous-sol se désagrège généralement en peu de temps, tandis que le La mécanisation toujours plus poussée a des sol supérieur reste en bloc. Le comportement à conséquences visibles sur bien des sols. On la désagrégation varie selon le type de sol, les rencontre souvent ce qu’on appelle des semel- teneurs en humus et en argile. La stabilité des les de labour dans les sols lourds labourés turricules est particulièrement frappante. chaque année. On installe des cylindres d’infiltromètres (de préférence du modèle LBL, Les vers de terre cf. 8.1) à la surface du sol et au fond du sillon en les remplissant d’eau. Dans la mesure où les Les vers de terre sont des organismes im portubes sont installés correctement et qu’une tants du sol qui sont actifs particulièrement importante galerie de vers de terre ou une fen- pendant les saisons humides et fraîches (au te de retrait ne fausse pas l’expérience, on printemps et en automne). peut souvent observer un temps d’infiltration beaucoup plus long au niveau de la semelle de Test du piétinement labour. Lorsque le sol est saturé d’eau, une expérien- Asphyxie ce simple peut servir à démontrer la présence de ces animaux : Suite au compactage, et particulièrement dans les sols engorgés, on peut observer une as- Pénétrer doucement et délicatement dans phyxie due au manque d’oxygène. En creu- une prairie et sauter à pieds joints. En retomsant, ou même en prenant des échantillons à bant sur le sol, on provoque une vibration la tarière, on est frappé par la couleur grise qui est perçue par les vers de terre dans un lar- et l’odeur souvent pénétrante de boue d’épu- ge rayon et qui les fait se retirer immédiaration de ces couches réduites. Cette odeur tement dans leurs galeries. Ce faisant, ils aspiprovient du développement du méthane lors rent de l’eau et de l’air, ce qui provoque un de la putréfaction de la substance organique bruit de succion crépitant tout à fait percepdans le sol. C’est pourquoi il vaut la peine tible.
de contrôler régulièrement les dépôts de matériaux terreux riches en humus, en particulier Test des brindilles s’ils sont trop humides ou entassés sur une trop grande hauteur. Pendant les périodes favorables, la présence des espèces actives en profondeur peut être ob- Stabilité servée dans une parcelle agricole de la manière suivante : On confond souvent stabilité avec résistance. C’est ainsi par exemple que les passages sont Sur une surface de sol auparavant nettoyée et beaucoup moins marqués lorsqu’on circule sur entourée d’un carton, on aligne des brins le sous-sol. Alors que la vie du sous-sol est de paille humides ou de fines branches vertes moins développée, ce dernier est donc moins provenant de feuillus (de la taille d’une alstable. Le test de désintégration dans un lumette). L’ensemble est saupoudré d’une fine verre d’eau en est une démonstration specta- couche de craie moulue. Au matin, les brinculaire. On sèche deux jours environ à tempé- dilles que le ver a eu de la peine à faire entrer rature ambiante quelques blocs de sous-sol et dans les galeries sont déplacées de manière visible. Le test des brindilles est, comme toutes les expériences décrites ci-dessus, peu scientifique, mais en revanche très démonstratif.
Littérature citée 43
Littérature citée
1 Ordonnance du 1er juillet 1998 sur les atteintes
portées aux sols (OSol), RS 814.12.
2 Société suisse de pédologie SSP/BGS, Protection
des sols contres les atteintes physiques – stratégie pour la mise en œuvre de l’OSol, Document SSP n° 9, Dietikon, 1999.
3. VSS, SN 640 581a, Terrassement, sol – Bases, 1998.
4 OFEN, Directives pour la protection des sols lors
de la création de conduites souterraines de transport, 1997.
5 VSS, SN 640 583, Terrassement, sol – Emprises et
terrassements, entreposage, mesures de protection, remise en place et restitution, 1999.
6 FAL, IUL, FAW et RAC, Méthodes de référence
des stations fédérales de recherches agronomiques, Zurich - Reckenholz (mise à jour annuelle).
7 H. Otto, «Geotechnik für die Praxis», 4. erweiterte
Auflage, Aarau, 1990.
Amt für Landschaft und Natur des Kantons Zürich, «Interne Berichte zur Messung der gesättigten Wasserleitfähigkeit (ksat.)», Fachstelle Bodenschutz, Zürich, 1998, 1999, 2000.
Fachstelle Bodenschutz des Kantons Zürich, «Fachberichte zur Messung von Bodenverdichtungen im Feld», Zürich, 1997, 1998, 1999.
44 Illustrations
Illustrations
Source Fig. n°
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R. Wenger, Land- und hauswirtschaftliche Schulen Ebenrain, Sissach 03
Honegger/Bodmer in U. Gisi, «Bodenökologie», Thieme Verlag, 1990 04
F. Scheffer/P. Schachtschabel, «Lehrbuch der Bodenkunde», Enke 05 Verlag, 1992
S.T. Williams, «Forum Mikrobiologie 6», 1983 06
J.C.G. Ottow, «Bild der Wissenschaft 3», 1985 07/08
G. Bruckner, «Lebensraum Boden», Frankh-Kosmos Verlag, 1988 11/12
R. Giovanoli, Laboratorium für Elektronenmikroskopie, Universität Bern 18/20/22
Th. Diez/H. Weigelt, Bayerische Landesanstalt für Bodenkultur und 21/24-32/36 Pflanzenbau
E. Frei, «Agrarpedologie», Geographisches Institut der Universität Bern, 1983 33
OFEN, Directives pour la protection des sols lors de la création de 42 conduites souterraines de transport, 1997.
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Impressum 45
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