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La réouverture du bureau de la DDC à Pyongyang est-elle vraiment opportune ?
Texte déposé
Je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes :
1. Quand prévoit-il de rouvrir le bureau de la DDC à Pyongyang ?
2. Quel est le montant des coûts estimés ?
3. Quelles sont les raisons de cette décision ?
4. Quels sont les critères permettant d'évaluer les activités de la DDC en Corée du Nord ?
Développement
Selon les médias sud-coréens, la DDC prévoit de rouvrir son bureau à Pyongyang. Dans ce contexte, les raisons de ce choix, les objectifs poursuivis, l’efficacité de la mesure et surtout la stratégie adoptée soulèvent des questions. La coopération au développement de la Suisse s'appuie, à juste titre, sur une stratégie axée sur des pays prioritaires. On peut se demander si la Corée du Nord est réellement un pays pour lequel il convient de dépenser l'argent des contribuables.
Avis du Conseil fédéral
1. et 4. Il n’est pas prévu de rouvrir le bureau de coopération de la DDC à Pyongyang. Il est en revanche prévu d’y ouvrir un « bureau suisse en République populaire démocratique de Corée (RPDC) », qui serait placé sous l’autorité de l’Ambassade de Suisse à Pékin et fonctionnerait avec un effectif réduit de personnel diplomatique. Le début de son activité dépendra de la décision des autorités compétentes de la RPDC.
2. Pour la remise en état des locaux à Pyongyang, le DFAE prévoit un investissement unique d’un montant compris entre 200 000 et 500 000 francs. Les frais de fonctionnement d’une présence réduite sont estimés à environ 900 000 francs par an. Ceux-ci comprennent le salaire d’un collaborateur suisse soumis à la discipline des transferts résidant à Pyongyang et de deux collaborateurs locaux, ainsi que les frais courants de fonctionnement, de déplacement, d’entretien et de représentation.
3. Depuis 1953, la Suisse contribue activement à la stabilité de la péninsule coréenne grâce à son engagement au sein de la Commission de supervision des nations neutres en Corée (www.nnsc-korea.org) et à ses bons offices. Elle figure par ailleurs parmi les rares pays occidentaux à entretenir un dialogue politique direct avec la RPDC.
Comme la RPDC s’ouvre à nouveau progressivement aux représentations étrangères depuis l’été 2024 et qu’elle a envoyé à la Suisse des signaux positifs en vue d’un retour à Pyongyang, l’occasion se présente de renforcer le dialogue par une présence suisse sur place.
Compte tenu notamment de la situation sécuritaire tendue, ce retour contribue au dialogue, aux mesures de confiance et aux bons offices de la Suisse dans la péninsule coréenne.