17.3222
Economie numérique. Identifier les emplois de demain et la manière de stimuler leur émergence en Suisse
Derder Fathi · Mit-M · Conseil national · Vaud · Groupe libéral-radical
Je ne vais pas être très long. Mon postulat, intitulé "Economie numérique. Identifier les emplois de demain et la manière de stimuler leur émergence en Suisse", vise à prolonger et à approfondir en quelque sorte le travail que fait déjà le Conseil fédéral. C'est la raison pour laquelle il soutient le postulat, qui va dans le sens d'une adaptation de nos lois et de nos conditions-cadres à la profonde révolution numérique que nous connaissons.
Je trouve assez intéressant d'arriver juste après le débat sur Booking.com, où l'on a pu réentendre que c'était une entreprise qui était arrivée en Suisse il y a plus de vingt ans - on parle de révolution numérique mais cela fait plus de vingt ans qu'elle est là. Or, nous n'avons toujours pas réussi à adopter des lois qui fassent l'unanimité et c'est un débat visiblement encore très sensible. Donc, il nous revient aujourd'hui d'éviter d'arriver dans vingt ans avec vingt ans de retard par rapport aux nouvelles révolutions qui sont en cours et qui sont autrement plus profondes que celles que des plates-formes comme Booking.com ont pu instaurer il y a vingt ans. Booking.com est simplement une plate-forme numérique, alors qu'aujourd'hui nous faisons face à des systèmes de traitement de données et à des modifications numériques qui transforment non seulement l'économie mais aussi, fondamentalement, la manière dont la société est construite. Cela constitue un certain nombre de menaces pour un certain nombre d'emplois et un certain nombre de métiers vont disparaître. On en parle souvent, on médiatise souvent cette problématique, à juste titre. Si des métiers disparaissent, c'est à l'Etat d'anticiper ces mutations, mais cela veut également dire que de nouveaux métiers vont émerger, que de nouvelles compétences doivent émerger et doivent être entretenues, notamment dans nos systèmes de formation.
Un des points les plus importants par rapport à cela, c'est tout ce qui a trait au traitement des données. On voit que certaines professions, telles que "data scientist", n'étaient absolument pas existantes il y a dix ou quinze ans dans l'inconscient ni dans le conscient collectif et qu'aujourd'hui une telle profession devient clairement une des professions principales, cruciales, dans lesquelles les hautes écoles doivent se positionner pour assurer un tissu économique vivant.
Donc, ce postulat devrait, entre autres, pour le traitement des données, par exemple, permettre, pour être très concret, d'identifier des priorités dans le domaine de la formation, que ce soit pour l'école obligatoire, l'enseignement du "computational thinking" et de tout ce qui a trait au numérique, pour la formation supérieure également, ainsi que la formation continue, bien entendu, qui est extrêmement touchée. Les carrières évoluant très rapidement, il faut donner aux personnes les moyens d'évoluer dans leur carrière en gardant des compétences pour rester actives sur le marché de l'emploi.
Donc, on le voit, on a tout un tas de domaines dans lesquels il faut identifier ces nouvelles professions et les manières de les encourager, non pas pour régler les problèmes passés - comme nous venons d'essayer de le faire pendant de longues minutes en traitant des plates-formes de réservation en ligne -, mais pour arriver à anticiper les mutations qui vont arriver d'ici vingt à trente ans et qui ouvrent de formidables perspectives. Si on parlait des menaces tout à l'heure, les opportunités, notamment dans le domaine de la santé et du traitement des données - pour les citer à nouveau - ouvrent des perspectives de thérapies totalement inestimables.
Je souligne en conclusion - parce que je sens que c'est un des arguments que soulèvera Monsieur Tuena, membre de l'UDC -, et le Conseil fédéral l'a bien précisé dans sa réponse, que je ne demande pas un rapport supplémentaire. Il n'y aura pas de rapport supplémentaire qui sera rédigé, mais il y aura, simplement, une attention à porter, de la part de l'administration et du Conseil fédéral, dans le cadre de la réponse qu'il a prévu de donner au postulat Reynard 15.3854, "Automatisation. Risques et opportunités", sur les opportunités qu'offre la digitalisation dans les domaines du marché de l'emploi et de la formation ainsi que sur les compétences nouvelles qu'elle permet d'encourager. Il n'y aura donc pas de rapport supplémentaire, mais un accent sera mis sur un domaine nouveau. Et j'insiste de nouveau sur ce point, à l'attention de Monsieur Tuena, parce que je sens que ce sera un des arguments qu'il soulèvera: je ne fais pas la demande d'un rapport supplémentaire, il n'y aura pas de travail en plus de l'administration, mais il s'agira simplement de mettre l'accent sur un domaine absolument essentiel pour l'avenir.
Pour toutes ces raisons, je vous demande d'accepter le postulat.
Tuena Mauro · Mit-M · Conseil national · Zurich · Groupe de l'Union démocratique du Centre
Die Digitalisierung ist ja ein Steckenpferd von Kollege Derder. Wir wissen das aufgrund seiner Anträge in der WBK. Ich muss Ihnen sagen, die Digitalisierung in den Unternehmen findet statt, ohne dass Sie solche Anträge in diesem Parlament einreichen. Ich bin mir auch nicht sicher, ob es richtig ist, dass sich der Bund, Herr Bundesrat Schneider-Ammann, überall einmischen soll. Wir sind nicht dagegen, dass die Digitalisierung stattfindet, um Himmels willen! Es ist im Moment die Zeit der Digitalisierung, alle sprechen davon. Es ist ein regelrechter Digitalisierungshype. Aber wenn in einem Vorstoss steht, man solle die Digitalisierung seitens des Bundes fördern, dann wissen Sie genau, was das heisst. In dem Moment, wo der Bund etwas fördern soll, stehen Gelder dahinter, Bundesgelder. Da bin ich mir nicht ganz sicher, ob das wirklich nötig ist.
Wir müssen auch aufpassen. Wenn ich mich in der Bevölkerung umhöre, gerade bei der etwas älteren Generation und bei der Generation, die vielleicht nicht so eine hohe Schulbildung hat, dann stelle ich fest, dass in Bezug auf die Digitalisierung grosse Ängste vorhanden sind. Ich mache Ihnen ein kleines Beispiel: die Kassen in den Läden der Grossverteiler Migros oder Coop. Bis vor Kurzem hatte es hier eine Frau oder einen Mann, der einkassierte. Das war ein Job, den ein Mensch hatte, der vielleicht nicht so eine hohe Bildung hatte. Heute sind Scanner im Einsatz, und man kann die Lebensmittel selber scannen. Das mag ja schön und gut sein für die Grossverteiler, das mag vielleicht auch für die Leute schön und gut sein, indem sie es lässig finden, mit so einem Scanner einzukaufen. Aber ich muss Ihnen sagen: Genau solche Jobs, Herr Schneider-Ammann, fehlen jetzt. Genau gleich sieht es aus mit den Roboteranlagen in den grossen Lagerzentren. Wir müssen wahnsinnig aufpassen, dass wir durch die Digitalisierung die niederschwelligen Jobs nicht plötzlich eliminieren.
Ich möchte Sie bitten, diesen Vorstoss abzulehnen und der Wirtschaft einmal freie Hand zu geben und es ihr zu überlassen, wie weit sie selber gehen will, ohne irgendwelche Nachhilfe des Bundes.
Schneider-Ammann Johann N. · BR-M · Conseil fédéral · Berne
Herr Derder ist ein Protagonist der ersten Stunde, wenn es um die Digitalisierung geht. Ich teile natürlich seine Euphorie, ein Stück weit zumindest. Ich bin froh, dass er mit seinem Vorstoss nicht Interventionismus anregt. Wir haben schon viele Berichte gemacht, ich erinnere an den Bericht aus dem Jahr 2016, der "Strategie 'Digitale Schweiz'" geheissen hat. Dann haben wir im laufenden Jahr schon zwei Berichte veröffentlicht: erstens den Bericht "Zentrale Rahmenbedingungen für die digitale Wirtschaft" und zweitens den Bericht "Herausforderungen der Digitalisierung für Bildung und Forschung in der Schweiz". Und im Herbst, also in wenigen Wochen, kommt dann ein Bericht zu den Auswirkungen der Digitalisierung auf Beschäftigung und Arbeitsbedingungen, Chancen und Risiken.
Herr Tuena spricht mir dann natürlich auch aus dem Herzen, wenn er sagt, wir dürften die niederschwelligen Berufe nicht vergessen. Ich selbst vertrete aus gesellschaftspolitischen Gründen die Überzeugung, dass es uns gelingen muss, durch die Digitalisierung hindurchzukommen, ohne dass wir die Voll- oder Quasi-Vollbeschäftigung riskieren. Damit sind eben die schulisch weniger Qualifizierten auch mitgemeint.
Dass der Bund sich nicht aufdrängen soll, ist mir sehr bewusst. Dass der Bund aufmerksam die Szene beobachtet und seine Schlüsse zieht, wird wohl erwartet - die vorherige Diskussion liess das erkennen. Wenn es einen Beweis bräuchte, dass der Bund nicht den Führungsanspruch an sich zieht und von sich aus sagen will, was gut ist und was weniger gut ist, dann lieferte ich den, indem ich Ihnen sage, dass ich gar nicht wusste, dass es ein Crypto Valley im Kanton Zug gibt! Ich wusste das lange Zeit nicht. Ich habe es vor ein paar Tagen besucht. Es ist eindrücklich, was dort auf die Beine gestellt worden ist, und es ist auch eindrücklich, dort zu sehen, wie die Zuger dieses Projekt nicht nur digital vorantreiben, sondern auch sozial- und gesellschaftspolitisch. Bei alledem ist der Wettbewerb entscheidend. Wir müssen den Wettbewerb ermöglichen. Das ist die Chance, um die Wertschöpfung und mit der Wertschöpfung die Jobs bei uns zu halten.
Ich empfehle Ihnen, das Postulat Derder anzunehmen.
Vote
Präsident (Stahl Jürg, Präsident): Das Postulat wird von Herrn Tuena bekämpft.
Abstimmung - Vote
Für Annahme des Postulates ... 120 Stimmen
Dagegen ... 64 Stimmen
(0 Enthaltungen)