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Sauver la pêche professionnelle en Suisse
Hurni Baptiste · Mit-M · Conseil national · Neuchâtel · Groupe socialiste
La pêche professionnelle est une branche en crise en Suisse, qui est menacée dans son existence même. Malgré la demande en poissons lacustres locaux en très nette augmentation, les pêcheurs professionnels ne peuvent plus y satisfaire complètement, faute de poissons en suffisance dans les lacs suisses.
Le rapport en réponse au postulat 15.3795, "Etat des lieux de la situation des lacs et cours d'eau de Suisse en matière de pêche", publié le 30 janvier 2019, dresse un constat alarmant sur cette profession, qui fait pourtant intrinsèquement partie de notre culture gastronomique et professionnelle. Malheureusement, les causes sont multiples et les problèmes ne sauraient être résolus d'un coup de baguette magique. Il y a évidemment la question des espèces invasives, notamment la prolifération du cormoran, mais il serait très réducteur de penser que la diminution de la quantité de poissons dans nos lacs n'est pas liée à d'autres facteurs. Parmi ceux-ci, on citera notamment le réchauffement des eaux - conséquence directe du réchauffement climatique -, la modification chimique de la composition des eaux et la présence de micro et de macropolluants.
Pour tous ces éléments, le Conseil fédéral propose un certain nombre de mesures qui nous semblent intéressantes. Néanmoins, la diminution du nombre de poissons a pour conséquence immédiate et drastique la diminution alarmante du nombre de pêcheurs. On l'a déjà dit, la pêche professionnelle est pourtant importante dans notre paysage gastronomique helvétique, mais aussi pour son offre touristique. Plus encore, il s'agit d'une garantie pour le consommateur d'un produit régional obtenu en conformité avec des normes environnementales strictes. Il s'agit donc ni plus ni moins que d'un patrimoine historique et culturel pour nos régions lacustres.
La disparition de la pêche professionnelle est pourtant quasiment programmée si l'on ne fait rien. Aujourd'hui, plus de la moitié des pêcheurs professionnels a plus de 60 ans et les jeunes renoncent à exercer cette profession, car les revenus sont trop faibles.
La présente motion propose au Conseil fédéral d'agir rapidement pour offrir un avenir à ce métier séculaire en Suisse. Il convient, à l'instar de l'agriculture, de soutenir financièrement la pêche professionnelle par le truchement d'une aide d'urgence, et uniquement d'urgence, en premier lieu pour que les pêcheurs en situation de crise ne se voient pas contraints de cesser une activité qui relève aujourd'hui plus du sacerdoce que du simple métier.
Par ailleurs, on doit tenir compte du rôle des pêcheurs en tant que sentinelles des lacs dont les observations nous renseignent rapidement sur la biodiversité et les effets du changement climatique. On pourrait d'ailleurs imaginer la création d'une veille scientifique devant être financée et coordonnée au niveau national en rassemblant le monde scientifique, les pêcheurs, qui sont sur le terrain, ainsi que les inspecteurs cantonaux. Ainsi, des mesures plus incisives pourraient être prises pour revitaliser les lacs suisses et ne pas laisser la pêche aux seuls mers et océans. Si nous ne faisons rien, demain nous n'aurons plus de pêche professionnelle en Suisse, et ce serait regrettable.
Sommaruga Simonetta · BR-F · Conseil fédéral · Berne
Die Motion von Herrn Nationalrat Hurni fordert, dass die Berufsfischerei mittels Einführung einer finanziellen Nothilfe langfristig erhalten wird. Die Nothilfe soll ökonomisch bedürftige Betriebe unterstützen und könnte aus Abgaben auf Fischimporten finanziert werden.
Der Bundesrat hat vor rund zwei Jahren den Bericht mit dem Titel "Standortbestimmung zur Fischerei" in Erfüllung des gleichlautenden Postulates 15.3795 der UREK-N verabschiedet. Wir sind uns daher sehr bewusst, dass die Berufsfischerei grossen Veränderungen und Herausforderungen unterworfen ist, und der Klimawandel erhöht natürlich diesen Druck noch zusätzlich. Lebensfreundliche Gewässer bilden nach wie vor die zentrale Existenzgrundlage der Fischerei überhaupt, und deshalb müssen die Verbesserung der Wasserqualität, die Gewässerrevitalisierungen und die ökologische Sanierung der Wasserkraft weiterhin vorangetrieben werden.
Wichtig sind auch die aktive Steuerung der Fischerei und der Wissensaustausch. Auf Basis des Berichtes des Bundesrates haben ja die Kantone eine nationale Plattform Seenfischerei ins Leben gerufen. Diese dient dem Dialog, dem Wissenstransfer und der gemeinsamen Lösungssuche durch die betroffenen Akteure. Zudem arbeiten interkantonale Konkordate und internationale Kommissionen am Bodensee an der Optimierung des Fischereimanagements.
Unabhängig davon können Berufsfischerinnen und Berufsfischer bereits heute auf finanzielle Unterstützung zurückgreifen. Sie können Investitionshilfen beantragen, sie haben Anspruch auf Familienzulagen für landwirtschaftliche Arbeitnehmer, sie können von den Kantonen auch in Forschungsarbeiten einbezogen und dafür entschädigt werden. Berufsfischer und -fischerinnen, die im Haupterwerb tätig sind, können, wie gesagt, Investitionshilfen beantragen, sie haben Anspruch auf Kinderzulagen, und der Mineralölsteuerzuschlag wird der Berufsfischerei gemäss Mineralölsteuergesetz rückerstattet.
Sie sehen, es gibt diese Massnahmen, aber ich denke - das haben Sie schon richtig gesagt, Herr Hurni -, es ist ein ganzes Zusammenspiel. Das betrifft überhaupt die Grundlagen für die Berufsfischerei; der Klimawandel verändert die Situation noch einmal und verstärkt den Druck, hinzu kommt die sicher sehr schwierige wirtschaftliche Situation. Ich denke, im Zusammenspiel haben wir doch bereits darauf reagiert. Wir versuchen zusammen mit den Kantonen, mit der Wissenschaft und mittels der Massnahmen, die bereits beschlossen sind, diesen wichtigen Berufsstand in unserem Land auch weiterhin zu erhalten.
Vote
Präsidentin (Kälin Irène, Präsidentin): Der Bundesrat beantragt die Ablehnung der Motion.
Abstimmung - Vote
Für Annahme der Motion ... 85 Stimmen
Dagegen ... 97 Stimmen
(5 Enthaltungen)