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Soutien des sciences humaines et sociales
Polla Barbara · Conseil national · Genève · Groupe libéral
Nous allons donc travailler de manière concrète! Les sciences humaines et sociales ont un rôle fondamental à jouer dans notre société. Dans notre pays, ce rôle est largement sous-estimé, tant du point de vue de la formation que du point de vue plus général du bien de la société. Car une société durable ne peut se construire que dans la recherche permanente d'un équilibre, et les sciences humaines et sociales, leur excellence, leur enseignement et leur transmission contribuent à cette recherche d'équilibre.
Les sciences humaines ont aussi une valeur fondamentale de science et de savoir que notre pays se doit de soutenir plus que tout autre et le groupe libéral est très inquiet, car on entend: "Oui, oui on soutient", et puis il y a les faits, à savoir les moyens. Nous avons entendu les mots, mais nous n'avons pas vu les moyens!
Voyez-vous, il y a parfois un certain intérêt à ce que les interpellations parlementaires soient traitées au minimum un an après leur dépôt, car en mars 2002, à l'époque où cette interpellation a été déposée, on n'avait pas encore enterré les motions Plattner (01.3159) et Eymann (01.3140) - votées, je vous le rappelle, par nos deux Conseils - qui exigeaient une croissance minimale de 6,5 pour cent du budget de la recherche pour 2004-2007; motions contraignantes donc. Pourquoi 6,5 pour cent? Parce que seul ce taux de croissance pouvait assurer un soutien adéquat des sciences humaines et sociales.
Alors, Monsieur le Président de la Confédération, foin de la langue de bois de la réponse du Conseil fédéral! qui dit que "le Conseil fédéral est conscient que la situation est critique", qu'il "a conscience du fait que les universités ont besoin de moyens supplémentaires pour garantir la qualité", qu'il "a constitué un groupe de travail" et qu'il "décidera le moment venu". Alors, foin de cette langue de bois qui n'est pas la vôtre, Monsieur le Président de la Confédération, et dites-nous vraiment si vous entendez, oui ou non, soutenir les sciences humaines et sociales parce que, oui ou non, vous les jugez, comme nous, fondamentales pour nous et pour les étudiants dont vous avez parlé tout à l'heure. Sans oublier bien sûr de répondre à la question du "Comment?", en sachant que le taux de croissance de 4 pour cent dont vous avez reparlé ne permettrait justement pas de soutenir de façon adéquate les sciences humaines et sociales, ce qui nous dirigerait vers un nouveau sacrifice de cette partie si importante de la qualité de notre savoir.
Couchepin Pascal · BPR-M · Conseil fédéral · Valais
Oui, Madame Polla, nous aimons les sciences humaines, dans la mesure où on peut parler d'amour dans un domaine comme celui-là. Nous estimons la nécessité d'avoir des sciences humaines qui poursuivent des recherches et qui contribuent à résoudre les problèmes de notre société. Nous en parlons dans le message FRT.
Un des problèmes essentiels des sciences humaines, c'est le faible taux d'encadrement. Par la mise à disposition de moyens supplémentaires, nous espérons contribuer à améliorer l'encadrement. Les sciences humaines sont enseignées dans les universités qui dépendent d'abord des cantons et ce sont eux qui doivent mener la politique de leurs universités. Avec eux, mais sans rien imposer, nous sommes décidés à faire davantage pour les sciences humaines. Au niveau de chaque canton universitaire, il y a aussi un certain nombre de choses à entreprendre pour que les moyens à disposition des universités s'améliorent et qu'ils soient dirigés aussi vers les sciences humaines.
Je vois que certains cantons sont en train de faire des regroupements. Je pense à Neuchâtel et à Lausanne. C'est probablement un moyen de concentrer les faibles disponibilités financières que l'on a et, à long terme, d'assurer la survie des sciences humaines, dont je constate qu'elles n'ont pas en Suisse actuellement un renom aussi grand que les sciences naturelles et physiques. Il fut un temps où les grands noms des sciences humaines suisses étaient connus dans le monde entier. Il me semble qu'il y a un petit fléchissement et c'est quelque chose qui doit alimenter notre inquiétude et renforcer notre volonté d'agir avec les cantons, sans prendre leur place.